Matagot POV

Quand je dis que moi, au moins, je me lève avant midi, ce n'est pas des blagues. Sept heure du mat' et me voilà déjà debout et habillée. Par contre hors de question de remettre les vêtements d'hier ! L'odeur de la transpiration, non merci ! Beurk ! Restons simple aujourd'hui : un top noir moulant dévoilant les épaules et mon ventre avec un short tout aussi noir et tout aussi moulant et enfin une traine noire attachée à une ceinture qui me donne un style à la Tifa de Final Fantasy…mm, par contre, je mets tout de même des mitaines. Hier j'ai dû utiliser mon souffle un peu trop souvent, il m'en a brulé les paumes. Il vaut mieux ne pas le montrer à Lizzie, je tiens vraiment à la laisser en dehors de mes histoire de famille, moins elle en sait, mieux elle se porte.

Bon, je meurs littéralement de faim – j'aurais peut-être quand même dû manger ma glace finalement- Alors direction la cuisine. Je dévale les escaliers en courant – tant pis pour le bruit, de toute manière Lizzie a un sommeil de plomb et l'Akatsuki…je m'en fiche en fait- jusqu'à arriver dans le hall d'entrée où se trouve exposé la collection d'arme blanche du père de Lizzie et prends la porte de droite vers l'aile Est où le trouve la salle à manger et la cuisine. Je retrouve Miguel qui ne s'est même pas encore mis au fourneau. Celui-ci s'étonne de me voir.

- Matagot ? Ah oui, c'est vrai. J'avais oublié que toi tu étais une lève tôt. Désolé, je n'ai pas préparé ton déjeuner.

- Tu sais, tu n'as pas besoin de te déranger pour moi. Je déjeunerais avec Lizzie.

- Tu ne mangeras pas avant midi, tu le sais ça ?

- Dix heures et demie, pour être précise. C'est l'heure à laquelle j'estime que j'ai trop faim et qu'il est largement l'heure de se lever. Je compte la réveiller.

- Bonne chance.

- Je la jetterais dans la piscine du haut du toit s'il le faut, mais je la réveillerais !

- L'espoir fait vivre.

- Ça veut dire quoi ça ?

- Que miss Elizabeth est une vraie paillasse et que c'est toute une histoire de la faire se lever.

- Je n'ai pas souvenir que c'était aussi dure.

- Que veux-tu, beaucoup de chose peuvent changer en un an. Que comptes-tu faire ce matin ?

- Je vais descendre à la bijouterie en ville, j'ai une commande pour eux. Et ensuite, je ferais peut être du tir à l'arc ou du cheval.

- On a plus de cheval.

- Ah bon ?

- Il est mort il y a six mois et aucun n'est venu le remplacer.

- Lizzie n'a pas demandé à ses parents d'en racheter un ? A part la dance et le tennis, l'équitation est un des seuls sport qu'elle daigne à faire. En plus elle adore les chevaux.

- Penses-tu, évidemment qu'elle a demandé. Mais tu sais, avec ses parents, autant parler aux murs, t'as plus de chance de te faire entendre. La pauvre n'empêche, ce doit être dur d'être ignoré par ses propres parents.

- Des fois, j'aimerais que le miens m'ignore.

- A ce propos, j'ai tenu parole, je n'ai rien dit à Lizzie à ce sujet, mais tu ne pourras lui cacher éternellement, elle l'apprendra d'une manière ou d'une autre et il vaut mieux que ce soit par toi.

- Je sais, pas besoin de me le rappeler. Je n'ai pas envie que la vision qu'elle a de moi change. J'ai peur que…si elle l'apprend…elle me chasse.

- Elle est trop gentille pour le faire.

- Je risque de la mettre en danger.

- Elle est déjà en danger, la seule différence, c'est qu'elle l'ignore. Elle doit savoir à quoi elle s'expose en restant à tes cotés.

Miguel a raison, je le sais. Ces beaux jours ne peuvent durer. Et pourtant…pourtant j'en rêve.

- En parlant de danger, reprends Miguel, elle chante bien, Lizzie, une voix d'ange. Son professeur de chant lui a même proposé de l'inscrire à des concours de jeune talent ou un truc dans le genre pour se faire connaitre du grand public. Il estime qu'elle a beaucoup d'avenir dans le métier. Tu aurais dû la voir quand il lui a annoncé ça, elle en sautait de joie. Malheureusement, ses parents lui on interdit de s'inscrire. Tant qu'elle n'a pas ses dix-huit ans, ils ne la laisseront pas faire comme bon lui semble.

- C'est dégueulasse, en effet, mais…pardonne ma bêtise…quel rapport avec le danger ?

- Le rapport s'appelle dame Heboshi.

- Oh non.

- Hé si. Tu la connais. Grande amatrice d'art en tous genres, de la peinture au chant. C'est ce dernier qui l'intéresse. Il semblerait que dameHeboshi trouve le talent d'Elizabeth à son goût. Elle ne cracherait pas sur l'idée de faire d'elle son petit pinson.

- Comment diable connait-elle l'existence de Lizzie ?

- M'est avis qu'elle a encore fourré son nez dans tes affaires.

- Pfff. Quand donc me foutra-t-elle la paix ?

- Jamais tant qu'elle ne t'a pas toi. Tu es intelligente, belle et talentueuse dans ton métier. T'avoir serais non seulement un énorme gain pour son entreprise mais également une grande perte pour celle de ton grand-père, son concurrent. Elle a tout avantage à t'avoir à ses côtés.

- Sans doute espère-t-elle également m'appâter avec Lizzie.

- Aucun doute là-dessus, effectivement. Par ailleurs, je ne vois pas pourquoi tu refuses de travailler pour elle. On ne peut pas dire que tu sois des mieux traitées par ton grand père et Dame Heboshi serait prête à te chouchouter pour te garder à ses côtés. Certes, tu risques d'avoir des assassins envoyés par ton grand père mais je ne pense pas que ce soit ça qui te retienne, te connaissant.

- Mes raisons sont personnelles.

- Très bien, si tu estimes qu'un subordonné tel que moi n'a pas à savoir, ne me dit rien. Néanmoins, j'ai beaucoup travaillé pour toi par le passé, avant que tu me donnes cette…mission quelque peu spéciale, tu n'es pas du genre à cacher des choses, à moins qu'elle ne soit vraiment d'une importance vital. Du coup je me pose une question, tu n'es évidemment pas obliger de répondre, ta raison personnelle est-elle vitale pour toi ?

- …vitale…le mot n'est pas correct. Je ne saurais t'expliquer. Je ne peux pas te l'expliquer.

- Tu as utilisé le verbe « pouvoir » et non pas « vouloir » comme tu as toujours eu l'habitude de faire quand tu voulais cacher quelque chose. Cela signifie tu as envie de le dire mais que tu n'es pas autorisé. Ton grand père te l'interdit ? Qu'est-ce donc ? Un contrat ? Une menace ? Un chantage ?

- Tu poses trop de questions, Miguel, c'est mauvais pour la santé. Continue comme ça et tu vas te retrouver avec un excédent de plomb dans le sang.

- Du plomb, hein ? C'est une menace ?

- Effectivement, c'en est.

- Très bien, je ne cherche plus. Mais n'oublie pas de dire la vérité à Elisabeth, elle ne te chassera pas.

« Dire la vérité ». Plus facile à dire qu'à faire. Pourquoi il ne lui a pas dit, lui, sa vérité ? Lizzie n'en sait pas plus à mon sujet qu'au sujet de Miguel, j'en suis sûre. Bon en même temps, je sais, c'est pas pareille, je suis son amie et lui non. De plus j'ai une réputation un peu plus dangereuse que la sienne.

Quand je quitte la cuisine, Je croise Pein, Konan et Zetsu qui me dévisage. Ils ont entendus toute la discussion, cela ne fait aucun doute. Néanmoins, ils n'ont pas en leur possession les informations nécessaire pour arriver à mettre un sens à celle-ci.

- Zetsu, Pein, miss Konan, j'espère que vous avez passé une bonne nuit. Sur ce, je vous laisse, j'ai une course à faire en vile.

Je m'apprête à m'en aller mais Pein saute pour me barrer la route et me darde de ses rinnegans avec un air de « explique moi tout de suite ce qu'il vient de se passer » mais comme je n'ai aucune envie en ce moment d'aborder le sujet, je l'ignore et me sort de là avec un « désolé, je ne parle pas chat ».

Ma matinée fut plutôt tranquille : J'ai fait ma petite course à la bijouterie et fait comme prévu du tir à l'arc sous l'œil intéressé d'Itachi. C'est quand je suis rentrée dans le manoir qu'il y a eu comme qui dirait un petit imprévu. Sans gravité, je vous rassure, mais tout de même très interpellant et qui, à l'avenir, risque de devenir dangereux. Comment…est-il possible…que parmi toutes les armes blanches de la collection du père de Lizzie…se retrouve accroché…la faux à trois lames d'Hidan ?

- HIDAAAN ? TU PEUX VENIR UNE MINUTE ? J'AI UNE QUESTION A TE POSER.

Réponse : rien. Toute l'Akatsuki s'est amenée, par curiosité, sauf le principal concerné. Je regarde tour à tour chacun des neuf chats face à moi avant de lâcher négligemment un :

- Il m'ignore ou n'est-ce qu'une vague impression ?

Ce qui a le mérite de faire sourire Kisame…oui, oui, sourire. J'ai belle et bien un chat qui sourit face à moi.

- Bon, pas grave. De toute manière c'est lui le moins intelligent de votre organisation, Tobi mis à part, et je doute qu'il ait pu me répondre….enfin…vous non plus puisque vous ne savez pas parler pour le moment. Bref. Quelqu'un sait-il pourquoi il y a ça, là ?

Dans un synchronisme parfait, ils hochèrent tous la tête de droite à gauche en signe de négation.

- Tu m'étonnes. Kisame, tu devrais faire le tour de la maison. Si la faux d'Hidan est apparue ainsi, il y a fort à parier qu'il en soit de même pour Samehada.

Mon ventre gargouille soudainement me tirant quelques rougeurs. L'absence de petit déjeuner commence soudainement à se faire sentir et je regarde ma montre. Dix heures passées de presque dix minutes. Je la réveillerais quelque minutes plus tôt que prévu mais qu'importe, j'ai trop faim. Avant de tenter quoique ce soit, je vais préparer tout le matériel nécessaire à mon plan B. Certes, j'ai tout de même un plan A qui consiste à la secouer pour la réveiller mais, allez savoir pourquoi, je sais que celui-ci sera un échec. Alors je prépare déjà le plan B pour m'éviter un aller-retour inutile.

Je disais donc, plan B : le sceau d'eau glacé. Personne ne résiste au sceau d'eau. Simple, à la portée de tous et absolument infaillible. Mon arme de fortune à la main, je me dirige vers mon champ de bataille : la chambre de Lizzie, situé au deuxième étage dans l'aile ouest du manoir. Un sourire sadique plein d'appréhension, je l'appel d'une voix presque sirupeuse qui dévoile pleinement mes intentions.

- Elizabeth ?