Itachi POV

Hidan. Je ne le supporte pas celui-là. Toujours à se plaindre, à râler et à se montrer irrespectueux envers les autres, tout ça parce que monsieur est immortel, il croit que rien ne peut lui arriver. Si ça ne tenais qu'à moi, je lui aurais fait goûter au mangekyou sharingan depuis bien longtemps.

Et puis il y a cette gamine, Matagot. Elle est comme lui en fait. Tête brulée et provocatrice. Il y a néanmoins une différence fondamentale entre eux deux. La fille n'est pas immortelle, elle. Avec une attitude pareille, elle mourra jeune, cela va sans dire.

- Itachi-san ?

- Que veux-tu, Kisame-san ?

- Un coup de main, pour dénicher Samehada. Si cela ne te dérange pas, évidemment.

Kisame. Mon partenaire et…un ami…je crois. Certes, son amitié n'égale pas celle que j'ai connu par le passé, celle de Shisui, mais parmi tous ces ninja dérangés, je ne pense pas que je puisse trouver mieux. Je dois m'estimer heureux, je suppose. Pas d'avare, de masochiste, d'excité ou de cannibale. Juste un requin qui rêve d'un monde d'honnêteté.

- Ha ! trouvée !

La voix de mon comparse me fit relever la tête. Perdu dans mes pensées, je n'avais pas fait attention au lieu vers lequel on allait : la piscine.

- Elle est dans l'eau, au fond du bassin.

- Il te faudra attendre de retrouver forme humaine, Kisame-san.

- Ouais. Quelle plaie. Ce corps est d'une faiblesse. Je regarderais les chats d'un autre œil, après cette expérience. En espérant qu'elle ait une fin. Les gosses prétendent vouloir nous aider, mais elles n'ont pas l'air de faire beaucoup d'effort.

- HIIIIIIIIIIII !

Le cri nous mis automatiquement sur le qui-vive. Les oreilles pointées vers les fenêtres du deuxième étage. La tension qu'avais fait naitre ce bref instant retomba bien vite lorsque je compris que ce fus simplement Matagot qui venait d'utiliser son seau d'eau.

- Matagot ! Si je t'attrape, tu vas passer un sale quart d'heure !

- Comme si t'en était capable.

Le manoir a la forme d'un U à l'intérieur duquel se trouve le bassin. Avec un bon élan, il est tout à fait possible d'y plonger à partir d'une des fenêtres. Ce que Matagot fit, à mon grand étonnement. Elle atterrit au milieu du bassin, heureusement pour elle. Si son saut avait été mal calculé, ç'aurait été la mort assurée, vu la hauteur.

- Et bien quoi, Lizzie ? Tu n'oses pas sauter ?

- Un de ses jours, tu te briseras la nuque, casse-cou !

Lizzie s'éloigna de la fenêtre. Sans doute pour prendre le chemin habituel pour rejoindre le rez-de-chaussée : les escaliers. Matagot faisait du surplace dans la piscine, ses vêtements imprégnés d'eau ne semblant pas la gêner.

- Hu-ho. Y'a des requins dans la piscine maintenant ? Ou alors c'est Samehada. Je vais la chercher.

Elle plongea bien rapidement en direction du fond et de l'épée. Il me semblait pourtant que ces deux adolescentes étaient au courant de tout sur notre monde d'origine. Ne sait-elle pas que la peau de requin n'obéi qu'à son maitre ?

- Cette idiote va se faire déchiqueter les mains dès qu'elle empoignera Samehada, confirma Kisame à mes côtés. Elle lâchera prise bien avant de pouvoir la ramener à la surface.

Ce qui ne fut pas le cas. Samehada avais sorti ses pic et ceux-ci s'enfoncèrent dans les paumes de la jeune femme mais cela ne semblait pas la déranger outre mesure. Une grimace apparue néanmoins sur ses traits lorsqu'elle observa les dégâts. Une expression oscillant entre de l'inquiétude et du dégout.

- Merde ! C'est plus profond que je ne le pensais.

- Elle s'attendait à quoi ? Une caresse ?, s'indigna mon collègue vaguement surpris.

- C'est ce qu'elle semble avoir ressenti en tout cas, Je lui fais remarquer.

- Oui, c'est une première je dois dire. Que quelqu'un arrive à tenir samehada malgré ses pics hérissés.

J'acquiesçais en silence. Jusqu'à présent, ce monde et nos hôtes ce sont révélés plein de surprise. Que nous réserve-t-on encore ?

Lizzie Pov

Assise à la salle à manger, je soupire, agacée. J'ai moyennement apprécié le réveil de ce matin. Tout ça parce que madame avait faim. Elle peut manger sans moi, non ? Je ne me vexerais pas. Mon lit est trempé maintenant. J'ai séché mes cheveux en vitesse mais ils dégoulinent encore, imbibés d'eau. Pouha, que je déteste ça.

- Matagot ! Tu viens manger ou pas ?

- Une minute, j'arrive bientôt !, crie-t-elle depuis le hall en commençant l'ascension des escaliers vers je-ne-sais-où.

De mauvais poil, je tapote la table en l'attendant. L'akatsuki mange déjà. Du pâté, préparer par le cuisinier. J'ai laissé tomber la nourriture pour chat, c'est la moindre des choses à faire pour eux. Sasori me regarde, il ne mange jamais. Il serait resté une marionnette malgré son apparence féline ? C'est la seule explication que je vois à ça.

- Elle me réveille avec de l'eau glacée parce qu'elle a faim pour me laisser un blanc par après. Franchement…

- Me voilà ! Désolée, j'ai été me changer vite fait et panser mes mains.

- Qu'est-ce que t'a encore fait ? Tu t'es coupée ? Sur quoi ? T'as désinfecté au moins ? T'as eu ton rappel pour le tétanos ?

- Du calme, Lizzie, du calme. J'ai sortis Samehada du fond de l'eau et..bon…je te fais pas un dessin, tu sais ce qu'il se passe quand c'est pas Kisame qui la tiens.

- Heiiiinnn ! T'es malade ! Montre-moi. Faut soigner ça.

- Mais non t'inquiète, je m'en suis occupée.

- Montre moi je te dis !

- Pas besoin.

- J'ai fait du secourisme.

- Chuis pas mourante.

- Ca va s'infecter.

- J'ai désinfecté.

- Cesse de faire l'enfant.

- Je ne fais pas l'enfant, c'est toi qui joues à la maman.

- Montre-moi.

- Ne touche pas à mes mains. C'est mes mains, bas les pattes on y touche pas.

- C'est quoi ton problème avec tes mains ? Tu ne veux jamais qu'on voit tes mains, tu les caches tout le temps. Même à la piscine tu mets des gants.

- Tu veux que je te serve du thé ?

- Tu éludes la question.

- Je suppose…que c'est parce que je n'ai pas envie d'y répondre.

- Montre-moi tes mains ou je te bassine avec ça toute la journée.

- C'est parce que je t'ai réveillée prématurément avec de l'eau froide que tu es si énervante ce matin ?

- Ca dois jouer un rôle, oui. Montre tes mains.

- Du sucre avec ton thé ?

- Deux, merci. Montre-moi tes mains.

- Tu peux me passer le Nutella ?

- A condition que tu me montre tes mains.

- C'est bon, j'ai compris…

- Tu vas me montrer tes mains, enfin ?

- …non, je vais me lever et prendre le pot moi-même.

- Sauf que c'est moi qui l'ai maintenant. Je te le rends si tu me montre tes mains.

- Pour finir la confiture de fraise c'est bien aussi.

- Tu peux me passer un des croissants juste à côté de toi ? Et me montrer tes mains ?

- Oui pour le croissant, non pour les mains. Attrape.

- Bas besoin de le lancer.

- Je craignais que tu ne m'attrape le poignet et ne regarde de force.

- C'était l'idée. Tu me montres tes mains ?

- Tu peux continuer très longtemps comme ça tu sais ? Je ne me lasse pas vite.

- Ça tombe bien moi non plus. Montre-moi tes mains.

- Mais va demander à Deidara de te montrer ses pattes avant pour voir s'il y a des bouches dessus, je suis sûre que ce sera plus impressionnant que mes mains brulées.

- Te mains sont brulées maintenant ? Depuis quand ?

- Boulette…Elles le sont depuis un moment. Le…boulot que me confie mon grand-père m'expose régulièrement à…du…métal chaud et il arrive que...régulièrement…je m'y crame les mains. A force j'y perds ma sensibilité, raison pour laquelle je n'ai pas senti les pics desamehada.

- Et c'est pour ça que tu caches tes mains ?

- Je sais pas si t'a déjà vu une brûlure du second degré mais ce n'est pas ce qu'ils y a de plus élégant.

- Mais on s'en fiche…c'est sur les mains.

- Oui mais bon. Quand on te demande trois fois par jours ce que tu t'es fait aux mains, t'es vite bassiné.

- Ben, ce n'est pas si terrible d'y répondre, si ?

- Ce n'est pas cette question-là qui m'ennuie en fait…

- C'est quoi ?

- Ho. Tu trouveras bien.

- …En fait… c'est quoi le boulot que te fais faire ton grand-père ?

- Voilà, c'est cette question-là. Qui viens indéniablement juste après. C'est pour ça que d'habitude je mens à la première question en disant que je me suis brûlée sur une plaque de cuisine étant petite.

- Ho. Et pourquoi tu n'as pas mentis ?

- T'es mon amie, les seuls mensonges que je te fais sont ceux par omission. C'est les moins…mensongés ?

- Je suis…touchée, vraiment.

- Je ressens comme une légère pointe de sarcasme.

- Et il te fait faire quoi ton grand-père ?

- …J'ai pas envie d'en parler.

- Pourquoi ?

- Parce que ces histoires ne te concernent pas. Il vaut mieux que tu restes en dehors de ça.

- Elle est en plein dedans mais elle l'ignore et, toi, tu le dénie ! crie le chef coq depuis la cuisine.

- On ne t'a pas sonné, Miguel ! Répond furieusement Matagot.

- Une minute. Dans quoi Je suis ? Qu'est-ce que tu dénies ?

Ma meilleur amie s'avachis sur sa chaise et pencha sa tête en arrière dans un long soupir, les bras croisé sur son torse. Elle le fait souvent quand quelque chose l'ennuie ou la fait hésiter. Sachant qu'il ne faut pas la déranger durant ces moments de réflexion elle, je me tais et attends. Mais sa langue ne se délie pas malgré les minutes qui s'écoulent. Mensonge par omission, hein ?

- Matagot…

- Ecoute. Je veux bien t'en parler mais… dans ta chambre, ok ? Et seul ! rajouta-t-elle en jetant un regard vers les félins qui suivaient la conversation, curieux. Par après, si tu veux le leur dire ou l'écrire sur Facebook, j'en ai rien à foutre mais je te le déconseille car tu comprendras assez vite que ça t'apportera pas mal d'ennuis. Le procès pour atteinte à la vie privée n'entre pas en ligne de compte, cela va de soi.