Adolescences tardives

Adolescences tardives

/Papa. Dis, pourquoi on ne va jamais voir papi?/ /Scorpius, qui t'a foutu ces idioties dans le crâne?/ /Rose Weasley./ Drago soupira. Il avait fallu qu'elle tienne de sa mère. Il devrait aller parler à Granger, ceci ne devait pas se propager. Post T7

Disclaimer: Tout à JKR, sauf les personnages sortis de mon imagination...

Pairing: HGDM, what else?

Hé, hé... Je poste à la date prévue! Bon, soit, chez certains auteurs, c'est normal, mais mes anciens lecteurs conviendront du contraire. Chez moi, ça pouvait varier jusqu'à cinq mois parfois. Et ouais. Nan, ne prenez pas peur, je vais m'appliquer, promis. Je veux la réussir comme il faut, celle-là!

J'sacrifierai mes révisions pour les épreuves anticipées de sciences et de maths. Trop dur. Bon, ok, le sacrifice n'est pas déchirant, j'en conviens. Mais faites comme si. Puis je bosserai le français en traumatisant gentiment nos deux gentils (ou pas) personnages préférés. Life is marvellous. (et qu'on ose encore rire de mon anglais, non mais! p On dirait pas, mais je fais de l'anglais euro (et spé aussi). J'y arriverai)

Réponses aux reviews anonymes:

Cecile: (Re) Merci beaucoup pour ta review. Vu que je t'ai déjà répondu par mail (j'espère que tu l'as reçu), je n'ai plus qu'à te souhaiter une bonne lecture!

Spleen: Comment ça mon anglais est nul? Mais bon, j'ai ton aval, c'est cool! Je suis contente que tu aimes mon histoire, ainsi que mon petit Drago.. J'espère que la suite te plaira tout autant.

BBL: Wow, que d'enthousiasme pour mon résumé! :) Bon, au moins je ne me suis pas plantée. Je suis ravie que tu aimes ma petite fiction!

Rinaly: Merci beaucoup pour tous ces gentils compliments! Cela fait vraiment plaisir. J'espère que la suite te conviendra!

Et à tout le monde, un grand Merci pour ce formidable accueil pour ma fic! Ça m'a fait extrêment plaisir, d'autant plus que je ne m'était pas lancée dans une nouvelle entreprise depuis très longtemps! J'espère que ce chapitre ne vous décevra pas! :D

"C'était l'heure où l'essaim des rêves malfaisants tord sur leurs oreillers les bruns adolescents."

Charles Baudelaire, Les fleurs du mal.

oOo

Chapitre II

/ Ou les temps des retrouvailles avec son passé, parce que c'était quand même dommage d'oublier. /

oOo

L'atrium était généralement désert vers sept heures du soir. Seuls quelques acharnés du travail ou pauvres victimes patronales traînaient encore sous la représentation en cristal d'un phénix, ayant remplacé l'indécente statue du pouvoir totalitaire de Lord Voldemort, du temps où il avait la main mise sur le Ministère, avec son slogan dictatorial : « La Magie est puissance ». Parmi les quelques retardataires, la chevelure lunaire brillant sous les quelques chandelles éclairant le gigantesque hall, mollement adossé à une cheminée, attendait Drago Malefoy. Il se redressa légèrement à l'entente de bruits de pas en provenance des ascenseurs, et bien vite, deux jeunes femmes s'approchèrent de lui.

.- Granger. Je vois que malgré ta tendance au mépris, tu tiens au moins tes paroles.

.- Bonsoir à toi aussi, fouine de mon cœur, rétorqua Hermione, apparemment revigorée.

Le fier sang-pur baissa légèrement la tête alors que ses joues se teintaient d'un fard de contrariété. Puis, avisant la personne accompagnant sa Némésis, il demanda, un brin plus civil :

.- Et vous êtes ?

.- Jane Rosier, une amie d'Hermione.

.- Rosier, comme Evan Rosier ? On pactise avec l'ennemi Granger ?

.- Ma notion d'ennemi se limite au cercle des rongeurs.

.- Tu as bien épousé une belette.

Malefoy laissa échapper un fin sourire, et Hermione fut presque – presque ! – tentée de le suivre. Ce qu'elle ne fit pas.

.- Bon, finissons-en vite… soupira-t-elle.

.- Granger, je t'ai juste invitée pour te parler pas pour…

La jeune femme sentit une rougeur bouillante lui envahir les joues. Le serpentard, lui la fixait d'un regard malicieux. Jenny, quant à elle, se sentait mal-à-l'aise, amusée par leurs répliques acides, bien que gênée pour Hermione.

.- Ce que je veux dire, Malefoy, c'est que tu vas essayer de trouver un endroit pas trop malfamé, on discute, puis tu nous lâche, car on avait déjà prévu quelque chose.

.- Une gargote, rien que ça.

.- Malefoy.

.- Oui, c'est bon. T'as pas une famille, par hasard ?

.- Autant que toi Malefoy, donc cesse tes élans moralisateurs. De toute façon, ça ne te

sied pas.

.- Hum – voix timide – on pourrait déjà commencer à y aller, non ?

Jenny commençait déjà à se demander si elle avait bien fait de poursuivre ses idées de sortir son amie et collaboratrice. Elle le savait pourtant, il ne fallait pas mêler travail et privé. Pas bien. Elle était beaucoup trop sociable. La preuve, personne ne la croyait quand elle disait sortir de serpentard.

oOo

Des fumées âcres tourbillonnaient en un ballet fascinant dans les airs. Les effluves montaient en une longue courbe hypnotique, s'arquant en arabesque, pirouettant, avant de finalement s'évaser et rencontrer leurs consoeurs à l'approche du cellier. Parfois, lorsqu'une lumière colorée venait les percuter, celles-ci apparaissaient dans toute leur finesse, gracieuses ballerines des airs. Malefoy les avait finalement menées dans un petit club de jazz moldu fort agréable. Les musiques reposaient et n'étaient pas poussées à leur maximum, les boissons circulaient sans sombrer dans la décrépitude de l'ivresse, les gens se livraient et une chaude intimité, bien loin de cette fin de mois d'octobre, liait les esprits en une douce communion.

Hermione s'en était tout d'abord étonnée. L'endroit n'était en rien ce qu'elle avait pu imaginer venant de Malefoy, à commencer par son emplacement, pour finir par son genre. Elle avait plutôt pensé qu'ils auraient pris un verre au Chaudron Baveur, ce qui aurait été le temps d'un quart d'heure, une demi-heure tout au plus, puis qu'elle et Jenny auraient pu profiter de leur soirée. Après tout, cela n'avait pas été une mince affaire de convaincre Ron de la laisser aller pour seulement quelques heures de plus. Mais il avait accepté, comprenant son besoin, songea la jeune femme avec un sourire attendri.

.- C'est après moi que tu soupires ? demanda son vis-à-vis avec raillerie.

.- Ne te donne pas trop d'importance, répondit Hermione plus par habitude que par réelle animosité.

Il avait su se montrer courtois. Et Hermione était prête à le tolérer une soirée, vu qu'il semblait décidé à s'installer. D'autant que retrouver son ancien ennemi d'enfance, si différent d'elle mais avec qui elle avait finalement tant de souvenirs communs, lui faisait curieusement plaisir. Ce n'était pas comme les réunions d'amis – non, eux étaient tous griffondors, parfois serdaigles ou poufsouffles – où l'originalité n'était pas de mise. Ici, elle pouvait explorer un point de vue totalement différent. Et s'il y avait bien une chose qu'Hermione appréciait, c'était bien apprendre.

Le sujet de leur « rendez-vous » n'avait pas encore été abordé. Pensant que Malefoy souhaitait peut-être un instant sans tierce présence pour s'expliquer, Hermione attendit que Jenny s'éloigne, ayant été invitée pour une danse par un jeune étudiant moldu bien fait de sa personne.

.- Alors Malefoy, vas-tu me dire qu'elle est la raison de… nos retrouvailles ?

.- … Je dois t'avouer que ça m'était sorti de l'esprit. Pourtant, c'est important.

Je t'écoute.

Malefoy se renfonça dans son siége, puis vissa son regard au sien.

.- Tu n'ignores pas que nos enfants – Scorpius et Rose - sont dans la même section d'éveil à la magie.

.- Évidemment. C'est une excellente école et cela m'aurait étonné que tu n'y aies pas placé ton fils. Quoi qu'Harry et moi avions songé que tu choisirais peut-être des précepteurs.

.- Tiens ? Vous pensez donc à moi.

.- Que veux-tu, une telle présence est difficilement occultable.

.- Dans le sens péjoratif du terme, je suppose.

.- Tout juste. Quoique teintée d'une certaine indifférence.

.- Soit. Je préfère cela.

Hermione se risqua à étirer les coins de sa bouche. Malefoy l'exaspérait autant qu'il ranimait en elle une flamme qu'elle pensait être éteinte.

.- Cela concerne donc nos enfants ?

.- Et perspicace avec ça.

.- Merci.

.- De rien.

.- Donc ?..

.- Eh bien… Il se trouve que ta fille fourre des idées vraiment stupides dans la caboche influençable de mon héritier.

.- Tu sais, héritier ça rend un peu comme « progéniture ». Allez, laisse-toi aller, appelle-le par son petit nom.

.- Hein ?

Oui, appelle-le Scorpy !

.- Tu es vraiment immature parfois. A moins que tu ne sois possédée. Ouais, ça doit être ça, car sinon tu n'aurais jamais réussi à sortir major de notre promotion.

.- Tu l'admets enfin. Pauvre éternel second...

.- Damn it ! Je me suis trahi.

Hermione pouffa vaguement de rire. Et se sentit vraiment stupide. Reprenant son sérieux, elle continua :

.- Nos enfants… Merlin, rassure-moi, ils ne sont pas du genre à avoir des amourettes ?!

.- Quoi ?!

Malefoy semblait profondément choqué. Toute couleur s'était retirée de son visage.

.- Je n'avais pas pensé à ça. Mais non, Morgane merci, rien de ça.

Hermione laissa enfin échapper sa respiration, son cœur reprenant un battement plus régulier. Bien sûr elle était pour l'idée d'alliance, de fraternité et tous ces beaux principes mais… Elle s'imaginait très mal jouer les beaux-parents d'un Malefoy. Et devoir assister aux repas de famille. Cela était tout simplement… Contre-nature. Scandaleux. Presque apocalyptique.

.- Bon. En ce cas, je pense que je peux tout entendre.

.- Tant mieux. Il se trouve que ta fille glisse perfidement des allusions comme quoi mon fils ne va jamais voir… Lucius. Son grand-père quoi.

.- Ah.

.- C'est tout ce que tu réponds ?!

.- Non. Enfin, je veux dire. Je connais ma fille. Elle n'est pas perfide, elle ne ferait pas sciemment de la peine à quelqu'un, même ton fils. Et puis comment une gamine de six ans pourrait savoir des choses de ce genre ?

.- Réfléchis.

Le regard de Malefoy semblait équivoque. Celui de la jeune femme broyait du vide.

.- Je ne vois pas.

.- Tu travailles au département de la Justice magique. Et si tes affaires chez toi sont dans le même état que dans ton bureau, je ne serai pas étonné que…

.- Oh ça va ! Je… Nous sommes débordés en ce moment. Cette révision des peines à Azkaban nous prend tout notre temps. D'ailleurs, nous devons dresser un rapport sur tous les prisonniers. J'ai écopé entre autres de ton paternel. Donc… Oui, tes soupçons se tiennent.

.- Tu vois.

.- Oui.

.- Alors.

.- …

.- Heu, Granger, ta réaction n'est pas vraiment normale, là.

Hermione affichait un immense sourire béat.

.- Granger ?

.- Ma fille de six ans arrive à lire des procès d'une complexité incroyable… murmura-t-elle dans un souffle, le regard émerveillé.

.- Ben… Apparemment oui.

.- Ma fille est géniale.

.- …

.- C'est une surdouée.

.- C'est bizarre, tu prends ça comme une découverte ! la moqua ouvertement Malefoy, un poil impatient.

.- Désolée.

.- Mouais.

Elle fixa d'un air absent ses mains, soigneusement posées sur la table. Cette situation lui déplaisait un peu finalement. Pourquoi fallait-il qu'elle se retrouve mêlée aux affaires de cette famille alors qu'elle espérait en être dispensé jusqu'aux onze ans de son aînée. Elle décida alors d'expédier cela et de reprendre bien vite sa tranquillité, alarmée en elle-même par tant d'éléments nouveaux.

.- Bon… énonça-t-elle d'une voix lasse. Je lui fais la morale, ç'est ça. Et je range ma chambre, acheva-t-elle d'une voix un peu gamine.

.- Tu as tout compris Miss Granger. Cinq points pour les Gryffis.

.- C'est trop d'honneur.

.- Du tout.

Le silence se réinstalla, à la fois paisible et tendu, comme une attente. Leur affaire était traitée, terminée, plus rien ne les retenait ensemble. Plus rien ne retenait Hermione loin de son foyer. Cette constatation l'attrista quelque peu. Et cette tristesse la rendit honteuse. Elle n'était pas vraiment une mère ou épouse exemplaire. Pas vraiment de quoi être fière.

Un mouvement face à elle attira son attention. Malefoy fouillait son porte-monnaie pour en extraire quelques pièces moldues. Apparemment, cela était prévu d'avance. Comme promis, Malefoy l'avait invitée. Donc il payait. Et signifiait son prochain départ.

Hermione lança un regard en direction de Jenny. Celle-ci ne lui éclaircirait sans doute pas la soirée cette fois-ci. Elle était bien trop occupée à bécoter outrageusement son jeune galant. Bonne pêche cette fois-ci. Hermione se surprit par cette réflexion. Réflexion qui aurait dû faire partie de son adolescence et de sa jeunesse, mais qu'elle n'abordait qu'à présent. Pourtant, elle n'était pas vieille ! Elle n'affichait même pas sa trentaine. Et elle portait jeune.

Mue par une soudaine impulsion, comme un refus instinctif de la solitude, elle se racla la gorge.

.- Pourquoi ne veux-tu pas que Scorpius voit son grand-père ?

Malefoy sembla surpris.

.- En quoi cela te concerne?

.- En rien. Mais vu que c'est la cause qui nous a offert le bonheur des retrouvailles…

.- Je sens comme du sarcasme dans ta voix.

.- Tiens ? Je tentais pourtant de le dissimuler en une agréable politesse.

.- Hypocritement parlant, c'était réussi.

.- Tant mieux.

Le serpentard prit une gorgée de muscat, le coin des yeux plissés par un sourire. C'était la première fois qu'Hermione voyait son visage vraiment aimable. Car c'était sans doute la première fois qu'ils étaient un tant soit peu civils, et qu'elle le voyait sans la compagnie de ses intrépides Ron et Harry. Et la sensation d'avoir peut-être raté quelque chose l'effleura. Très légèrement.

.- Sérieusement Granger, et je te jure que je ne parle pas sous l'effet de l'imperium, je suis content de t'avoir revu. Même si j'ai l'impression que ça ne peut pas être toi. Tu… es intéressante.

.- Prenant cela comme un compliment, je te remercie. Mais souviens-toi, autre lieu, autre âge, autre situation, notre fragile entente n'est peut-être pas si étrange que ça.

.- Mouais.

Il laissa flotter son regard.

.- Qui sait, nous aurions peut-être pu nous connaître vraiment. Dans une autre vie.

oOo

Ce soir-là, Hermione ne parvint pas à dormir. Elle était tout bonnement survoltée. Allongée dans le lit conjugal, laissant pour une fois sans protester toute la couette à son mari, elle fixait le plafond.

Jamais elle n'aurait pensé que cette soirée la bouleverserait autant. Ce n'était pas Malefoy. Enfin, elle ne le pensait pas. C'était plutôt du à cette sensation tenace de vie qu'elle avait recouverte en elle. Elle avait alors complètement cessé d'être mère ou épouse. Et elle n'en avait, pour le coup, pas vraiment honte. L'impression de s'être, après tant d'années d'égarement, retrouvée, était enivrante.

Hermione n'avait plus pensé à rien mais à elle-même. Elle avait savouré le piquant de ses répliques. Elle avait redécouvert les jeux des sous-entendus qu'elle n'utilisait jamais avec Ron, les choses allant de soi. Elle avait recouvert le risque, le frisson, le nœud aux tripes qu'elle n'avait plus éprouvé depuis son mariage. Il y a huit ans de cela. Et elle avait adoré ça. Et avait l'impression de ne plus pouvoir s'en passer.

Hermione se retourna dans le lit, tournant le dos à son mari assoupi. Elle fixa de ses yeux brillants la lune qui continuait sa course dans le cadre de la fenêtre. Ronde, pleine et brillante. Une nuit de sabbat. Pour les sorcières. Elle avait eu son sabbat, et comptait le renouveler. Ce sentiment était trop précieux pour le laisser s'éteindre.

Bien entendu, elle ne comptait pas abandonner sa famille. Non, Hermione n'était pas de ce genre-là. Même dans les situations de crises, elle ne pouvait oublier de penser aux autres. Et de s'oublier elle-même. Mais pour une fois… Oui pour une fois, elle allait s'accorder une place plus importante sur sa liste de priorités, et relâcher un peu ses attaches. Pas les couper, non, mais les détendre doucement, afin de se donner une plus grande liberté d'action. Et de bonheur, aussi.

Satisfaite de ses projets, ses pensées dérivèrent une fois encore sur sa soirée. Jenny ne lui avait pas été de grande distraction. Si elle s'était souvenue de la présence d'Hermione et de ses projets de base, c'était pour venir s'excuser, lançant un regard fiévreux vers son compagnon d'un soir. Hermione avait, bien entendu, accepté ses excuses, amusée et attendrie par sa cadette. Et promettant de remettre leur soirée entre filles à une prochaine fois, sous les yeux étonnés de son amie. Qui d'un air entendu s'était déclarée ravie de ce changement d'attitude.

Puis elle était restée avec Malefoy. La situation était très étrange. Et la conversation hautement intéressante. Ils avaient abordé leur vie professionnelle tout d'abord. Malefoy se chargeait de la coopération magique internationale. Un job tout en apparence. Parfaitement son genre, avait-il précisé avec dérision. Puis ils avaient dérivé sur leurs vieilles années et leur inimitié. Qu'ils avaient déclarée à l'unanimité non achevée, car ce serait détruire une grande œuvre. Avant d'éclater de rire, le regard surpris. Et de se resservir un autre verre. C'est à partir de là qu'Hermione commença à craindre pour sa raison, les effluves d'alcool dont elle n'avait jamais eu l'habitude en grande quantité – autre triste constatation – lui faisant jovialement dodeliner la tête. Puis ils en étaient venus à des sujets plus intimes. Leurs familles. Leurs conjoints. La jeune femme apprit alors la placidité d'Astoria Malefoy-Greengrass. Malefoy se moqua de la vision un peu étriquée de la femme que possédait Ron. Nul ne protesta face aux accusations contre leurs moitiés réciproques. Après tout, ne s'en étaient-ils pas plaints eux-mêmes ?

La jeune femme avait ressenti un étrange bonheur face à la présence de son compagnon. Qu'elle avait retenu de toutes ses forces. Son bien-être ne devait pas entraîner de dégâts. Malefoy devait avoir la même idée. De grands silences s'étaient instaurés, où force leur était de constater qu'ils étaient les seuls à ne pas être sur la piste de danse. Leurs regards flottaient alors d'un air gêné dans le vide. L'heure tardive les poussa à se relever pour partir. Malefoy raccompagna Hermione dehors pour la laisser transplaner.

Un instant de flottement s'était instauré entre eux. Se ressaisissant, ils s'étaient serré sobrement la main. Au nom de leur meilleure inimitié. Chose dont la fierté semblait encore plus profonde à cet instant. Comme pour appuyer sa véracité. Puis ils s'étaient quittés.

Hermione fronça les sourcils. Elle n'avait pas vraiment été elle-même. Elle préférait de loin quand ils étaient ennemis et planifiaient tout pour s'insupporter. État des choses auquel elle se promit de revenir. D'ailleurs, rien ne disait que leurs routes se recroiseraient. À moins que…

Frustrée, elle se sentit dupée. Malefoy ne lui avait pas dit pourquoi il refusait à son fils le droit de voir Lucius Malefoy.

oOo

Le lendemain matin, à son office, Hermione était plongée dans son dossier du moment. Un semblant d'ordre avait semblé être revenu dans le bureau. Un chemin pour le traverser de part en part en ne marchant que sur du parquet était presque possible. Un énorme progrès en soit.

Hermione n'était bien sûr pas le genre de personnes désordonnées. D'ailleurs, son bureau faisait office de modèle en comparaison aux autres du niveau deux du Ministère. Car il fallait bien l'avouer, la Justice magique, avec ses décrets, ses remaniements, ses procès et ses catégorisations, exigeait un volume impressionnant de paperasse. Presque démesuré.

La jeune femme était plongée jusqu'aux coudes dans un article. De trente pages, il fallait l'avouer. Mais pas n'importe lequel. Ledit article concernait Lucius Malefoy.

Hermione était profondément agacée. Une infinité de détails mal agencés étaient passés sous ses yeux sans rien y faire lors de sa première lecture. Mais à présent qu'elle se replongeait dedans, à la lumière de la réticence de Malefoy à permettre à Scorpius de visiter son grand-père, d'énormes incohérences lui apparaissaient. Certaines dates ne semblaient pas s'accorder aux jugements et lois en vigueur. Une année entière semblait avoir été effacée.

La jeune femme frotta ses poings contre ses yeux, irritée au plus haut point. Contre elle-même d'abord. Comment avait-elle pu laisser passer ça ? Cela relevait de véritables fautes judiciaires. Ou d'un complot. Et même si son cabinet se chargeait plutôt de l'application des lois, Hermione était furieuse, prenant la chose comme une insulte personnelle.

Ensuite, son irritation était dirigée… contre elle-même encore. Pourquoi s'intéressait-elle au cas de Malefoy? Ce n'était pas moral. Et malgré la repentance de la dernière heure de Lord Malefoy, celui-ci n'en restait pas moins un mangemort avec plusieurs dizaines de morts à son actif. Un vrai tueur. Alors pourquoi se montrer chatouilleuse sur son dossier ? Pourquoi s'y intéressait-elle depuis qu'elle avait revu son ennemi, et pourquoi cela la révoltait tant?

Enfin, sa colère était également pointée contre elle-même, appliquant le vieux proverbe du jamais deux sans trois. Merlin, que de haine ! Pourtant, la culpabilité la rongeait. Elle s'était levée tôt le matin même. Pour éviter Ron et les enfants. Ou plutôt Ron et ses questions. L'idée lui avait semblé logique, mais lorsqu'elle avait atteint son office, le doute l'avait submergée. Pourquoi se cacher, elle n'avait rien à dissimuler. Non ? Son esprit ne lui indiquait nulle conduite répréhensible. Et pourtant…

Jetant un regard fatigué à sa montre, elle constata qu'il était l'heure du déjeuner. Donc un rendez-vous avec son tendre époux. Hermione grogna. Chose qui n'était pas dans ses habitudes. Encore.

Elle se leva, rangea quelques dossiers, et sortit. Jenny était apparemment déjà partie. Tant pis, elle tenterait de la voir dans l'après-midi. Elle sortit dans le couloir et désespéra face à la foule attendant pour les ascenseurs. Trop de monde.

Prenant sur elle-même, arguant sur les supposés bienfaits du sport et sur le fait que six malheureux étages ne pouvaient pas la tuer, elle contourna l'amas humain pour prendre l'escalier de service. Qu'elle monta péniblement. Il fallait définitivement qu'elle s'inscrive quelque part. À un cours. Cela pourrait débuter son émancipation plus en douceur que ce qu'elle avait fait la veille, songea-t-elle, amèrement. Quand soudain, elle heurta quelqu'un.

Relevant la tête, elle eut le temps de reconnaître une chevelure flamboyante, un sourire éclatant et un maillot des Holyhead Harpies – vert avec une serre dorée sur la poitrine –, avant de se retrouver étouffée dans les bras de sa meilleure amie.

.- Ginny !

.- Hermione ! Comme je suis contente de te voir !

.- Pas autant que moi, répondit la jeune fille, ses soucis envolés. Alors, votre tour du monde s'est bien passé ?

.- Morgane, ce fut… un bonheur. Sur tous les plans. Et m'évader un peu des enfants était bénéfique.

.- Je t'en dirai tant…

.- Fatiguée ?

.- Très.

.- Bah, t'avais qu'à ne pas épouser mon frère, la taquina la rouquine en tirant la langue.

Hermione éclata de rire. Mais elle savait que Ginny disait cela par principe. Il fallait bien qu'elle critique ses frères. Et même si elle comprenait ses angoisses, elle n'aurait sans doute pas cautionné ses actions. C'est pourquoi l'amitié de Jenny lui était très importante. Une amitié cependant peu exposée. Pour pouvoir garder un côté inconnu à ses amis de griffondor.

.- Je descendais te saluer. J'étais impatiente de te revoir ! James, Albus et Lily également. Leur Tata préférée leur avait manqué. Car comme tu avais repris le travail et qu'eux étaient chez Bill, ils ne t'ont pas vraiment vue.

.- Leur Tata favorite. Par Salazar, je bats Fleurk. Jour de gloire.

.- Il t'en faut peu. Et arrête de jurer de cette façon. Jenny te pervertit, la menaça gentiment son amie.

Si elle savait, songea Hermione.

.- Bref, Harry est en haut avec Ron. Ils nous attendent. Alors, tu as pris sur toi pour monter ces escaliers ?

Hermione roula des yeux en reprenant sa montée.

.- Je m'entraîne pour monter la tour Eiffel, des fois que Ron ait enfin une passe romantique.

.- L'espoir fait vivre !

oOo

Me suis bien marrée toute seule à traumatiser les deux parents sur de supposées amourettes de leurs rejetons. Mùark. Je comprends qu'ils aient eu peur. Brefouille, satisfait(e)s de ce dîner? Et du reste? Ah oui, de fait, il y a aussi Ginny qui revient. Bon, on peut pas la zapper. Et puis, tout un chacun à son utilité.

En tout cas, laissez vos impressions... :) Moi je prends tout!

Allez, see'yah!

Olivia, alias Stellmaria.