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Adolescences tardives

/Papa. Dis, pourquoi on ne va jamais voir papi?/ /Scorpius, qui t'a foutu ces idioties dans le crâne?/ /Rose Weasley./ Drago soupira. Il avait fallu qu'elle tienne de sa mère. Il devrait aller parler à Granger, ceci ne devait pas se propager. Post T7

Disclaimer: Tout à JKR, sauf les personnages sortis de mon imagination...

Pairing: HGDM, what else?

Wahhh, un quatrième chapitre d'écrit... Mmh, je savoure, vraiment. Bon je ne vais pas blablater longtemps, et surtout risquer de laisser échapper des indices sur le chapitre, et la suite aussi. M'enfin... En tout cas, je vous remercie de votre soutien. :D J'ai remarqué que les reviews étaient plus rares au dernier chapitre, sans doute dues à l'absence de ce cher Drago, aussi j'espère que ce chapitre vous reboostera! :) (nan, nan, je ne donne pas de spoilers... ) Malgré tout, je fais jusqu'à présent un beau score total avec mes reviews des trois chapitres précédents. J'en suis ravie! (je crois que j'utilise relativement souvent cette expression, non?). Bref bref. Sinon, il faut que je me remette à écrire. J'ai un peu de taff d'avance mais tout de même! Ce n'est point là une raison. Puis avec le Bac, je dois m'avancer.

Ah, aussi avec les fêtes qui s'anoncent... Bref, vive l'été !(manque juste le soleil.. No comment)

Donc encore merci and enjoy your read!

Réponses aux reviews anonymes:

lou29 : Mercii pour ta review! Je suis contente que tu sois de mon avis concernant la lenteur avec laquelle doit démarrer la relation d'Hermione et Drago (enfin, pas trop lentement, hein, mais assez pour que les persos soient respectés!). Sinon, de fait, Drago a bien quelques idées machiavéliques derrière la tête. Bref, c'est digne de lui, non? Quoique peut-être se fera-t-il prendre à son propre jeu... Qui sait? (moi, certes, mais pas encore tout à fait! :s) Pour finir, je suis très contente que tu compare mes petite répliques à celles de VM, c'est à mon sens un grand compliment! Bref, bisouss à toi et bonne lecture!

MiladyMoOn : Ma Capuuu! :) Mmh, long et agréable travail que de répondre à ta longue review... ' Bon sachant qu'on a déjà débattu via le bidulephone, je risque vaguement de me répéter! Alors oui, un dernier hommage à mon cher porte-clef. Paix à son âme. Quoique je crois que je l'avais toujours quand j'ai écrit cette partie... Passons! Enfin, j'espère bien qu'il continue à veiller sur ma petite personne. Hmpf. Sinon, je suis contente de réussir à te faire apprécier tous mes petits persos. Que veux-tu, je suis une humaniste, dans mon monde personne n'est méchant juste... Tourmenté? (t'as vu j'ai pas trop démonté Ron!) Mouais. Puis bon je m'amuse bien à faire rentrer et sortir des persos par des petites portes, ça enrichit le fond de l'histoire. Puis c'est toujours agréable de faire varier son écriture, et de s'essayer à différents caractères. Bref. Et c'est bien que tu aies aimé Pansy, car je compte bien la réutiliser un peu. J'apprécie ce personnage, en fait. Puis pour Drago, retour dans ce chapitre (il faut bien! Il me (nous?) manque trop sinon!). D'autre part (pour changer du "puis" :p), (re)-merci pour tes petits compliments. Mon petit coeur parfois sensible se serre... Hem. Et certes je laisse voir mes opinions (vaguement, très vaguement) mais... Enfin. Bref. C'est pas forcément par rapport à toi! :) (bon Morgy est rouquin, heiiin! Ok ma gueule. Maiiis. Bon certes, je le conçois, j'en suis encore à mes vieux sentiments collégiens et j'ai encore du mal à l'apprécier. Faudra l'temps! Ben oui, tu vaux beaucouup!). Bref, pour finir joliment, vive le rugbyy, mais oui t'es la premièèère et te n'aime aussi! :) Et promis pour le chapitre 6... Sur ce, lis bien!

"Comme des bibliothèques aux multiples rayons que l'on classe, déplace, aménage, lentement nos identités se recomposent." Viviane Chocas

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Chapitre IV

/ Ou l'art de tomber tel un cheveu dans la soupe. Belle expression. /

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Hermione attendait impatiemment son mari devant la façade camouflée du ministère. Tous deux avaient prévu de sortir ce soir-là, chose n'étant pas arrivée depuis un temps plus que considérable. Elle avait exigé que leur sortie se fasse du côté moldu, avec lequel elle avait toujours gardé un certain attachement. Et un amour des restaurants. Se souvenant de ce détail, Ron l'avait surprise en lui suggérant cette sortie plus qu'inattendue. Enfin, un « pop » étouffé se fit entendre derrière un muret et elle put bientôt voir apparaître son mari.

.- Ron, tu en as mis du…

.- Wow.

.- Quoi « wow » ? Ne cherche pas à te faire excuser, ça va faire vingt minutes que je poireaute, alors que tu me promets un resto et que…

.- Non, ce n'est pas ça. Tu es juste… Très jolie ce soir.

Le visage d'Hermione se teinta d'un léger fard de plaisir. Ces compliments avaient cessé depuis longtemps d'être courants, aussi fut-elle ravie de l'attention. Mais il fallait dire qu'elle avait mis de son côté beaucoup de temps à se parer. Elle portait une élégante robe noire à bustier carré et manches courtes, conçue par un grand couturier moldu, robe qu'elle tenait de sa mère. Un gracieux pendentif d'opale décorait sa gorge et ses cheveux étaient relevés en un chignon flou, révélant deux admirables boucles en perles irisées. Enfin, un manteau gris chiné et une écharpe de soie moire la protégeaient du froid.

.- M… Merci. C'est gentil, balbutia-t-elle.

Ron sourit, attendri. Il avait lui aussi fait un effort, portant sans trop de ridicule un costume moldu. Il s'approcha presque timidement et embrassa avec douceur sa femme. Celle-ci, charmée, passa ses bras autour de son cou et se laissa aller à cette douce étreinte, re-découvrant des sensations perdues. Elle prit l'initiative d'approfondir le baiser et les deux conjoints, comme de simples amants, se laissèrent porter par le jeu étourdissant du ballet de leurs lèvres.

Un moment plus tard, tous deux se séparèrent, le regard brillant. Le cœur d'Hermione battait la chamade. Elle aurait presque pleuré de bonheur du fait de retrouver cette sensation. Elle glissa sa main dans celle de Ron. Celui-ci, réajustant un peu ses habits, lui murmura :

.- Je t'aime 'Mione, tu le sais ?

Hermione lui renvoya un sourire éclatant. Elle savait avoir pris la bonne décision. Peut-être dans le simple fait d'avoir accepté de faire un sacrifice le destin changeait-il déjà pour elle. Si ce n'était pas le cas, elle se demandait vraiment quelle intensité pouvait avoir le bonheur, car elle se sentait à présent à des lieues du simple sentiment de joie.

Se faufilant enlacé entre les passants, le couple remonta avec plaisir les élégantes rues de la City. Ils contemplèrent avidement nombre de boutiques huppées, puis s'extasièrent des débuts d'illuminations de Noël, fête ayant toujours eu une valeur forte à leurs yeux. Les guirlandes chatoyantes et autres boules lumineuses étaient déjà bien présentes en cette fin Novembre. La faim seule eut raison de leur balade, aussi décidèrent-ils d'aller dans un restaurant de grand renom, même par-delà les frontières sorcières. Ils n'étaient après tout pas pauvres, elle travaillant au ministère et lui étant auror. Ce fut donc avec un certain plaisir qu'ils pénétrèrent dans la chaleur réconfortante du Canard Replet, restaurant situé dans une ancienne bâtisse, dont les fondations avaient des origines remontant jusqu'au Moyen-Âge. Une douce lumière projetée par des myriades de chandelles éclairait le lieu d'une lueur dorée, et le son grave de violoncelles jouait en sourdine une douce romance pré-victorienne.

Ils furent assez vite installés par le maître d'hôtel et pris en charge par un serveur relativement jovial. Ils avaient été placés dans un agréable renfoncement, intime, leur offrant cependant une large vue sur le reste de la salle. Dans une cheminée gargantuesque brûlait un odorant bois de cèdre et le feu ronflant dispensait une chaleur qui réveillait les membres transis par le froid hivernal – Hermione suspectait le feu d'avoir subit un sort d'accommodation. C'était bien l'un des rares endroits en harmonie entre les mondes sorcier et moldu, ce qui en soit n'était pas un mal. Malgré sa très haute classe, le restaurant était parvenu à conserver ce côté de taverne qui le caractérisait, préservant tous ses anciens atours et mettant tout à son aise le client, à condition d'oublier le prix d'une si parfaite soirée. Une fois servi, le couple commença à manger, se tenant avec affection la main par-dessus la table.

.- Ça faisait longtemps… murmura tendrement Hermione.

.- Oui, je suis heureux qu'on puisse se retrouver. Enfin.

Hermione esquissa un fin sourire. La chandelle suspendue près d'eux jetait des ombres sur le visage de son mari. Visage qu'elle n'avait plus réellement exploré depuis trop longtemps, constata-t-elle avec honte. Ses taches de rousseur étaient toujours présentes, immuables. La jeune femme se rappela avec plaisir les premiers temps de leur couple, où tous deux s'éclipsaient du monde, pouvant passer des journées allongés sans se lasser, rassasiés par la présence de l'autre, avec une foi immense dans le futur, au sortir de ces années de tourmente. Elle ne se souvenait que trop bien du jeu auquel Ron se pliait de bonne grâce, qui consistait à relier les taches de rousseur du rouquin entre elles de façon à former des dessins. Puis des soirées passées à tenter de faire partir le feutre dans la salle de bains, se terminant souvent par des inondations et des moments de tendresse. Comme leur couple était beau et fort en ce temps-là ! Oublieux du monde, les deux adolescents se sentaient, comme tous leurs semblables, pousser des ailes et les contrecoups de la bataille finale ne faisaient que les effleurer. Le retour sur terre avait été brutal, cruel même, mais leur couple était toujours rayonnant. Puis le temps avait passé. Les habitudes s'étaient installées. Les morts et les sacrifices étaient devenus moins pesants, et l'urgence avait disparu. Une tranquillité bienfaisante pour certains, mais trop souvent lassante pour la plupart de ces enfants de la guerre. On s'en accommodait sans mal mais… Il était dur de vivre sans se soucier quand n'on n'en avait pas l'habitude. Dur de ralentir la cadence des sentiments, émotions et besoins quand ceux-ci se télescopaient par habitude.

Hermione sortit de ces pensées, qui étaient ses compagnes ordinaires depuis bien des années, au sentir de la pression de la main de son mari. Il la contemplait avec douceur, un sourire malicieux aux lèvres.

.- Quoi ?

.- Rien. Tu as toujours cette habitude de laisser paraître toutes tes émotions sur ton visage quand tu es perdue dans tes pensées. Juste avant, tu fronçais le nez de façon très mignonne.

Hermione rit légèrement.

.- Ah oui ? Et ça te fait quel effet ? demanda-t-elle d'un air canaille.

.- Comment dire ? J'hésite entre le « Miss granger, cessez donc de vous préoccuper » de nos années collège et un baiser ardant pour effacer ces ennuis.

.- Mmh… Le baiser est plus que tentant – pour une fois, nul enfant à surveiller – !

.- Ô bonheur, joie instense.

.- Mais nous sommes au restaurant. Donc je me contenterai d'une remise à plus tard.

.- Chose promise, chose due.

Le rouquin caressa affectueusement sa joue du bout des doigts. Hermione en frissonna presque, retrouvant ses sensations d'adolescente, lorsqu'elle passait autant de temps à abhorrer qu'à adorer son futur mari. Elle sirota quelques instants un verre de vin blanc, repassant encore les images de la semaine passée dans sa tête. Pas bien.

.- Ron, tu sais… Je voulais m'excuser.

.- De quoi ?

.- De ne plus avoir été vraiment là. Je sais à présent que tu l'as remarqué – chose qui m'a fait plaisir – mais j'avais comme une crise de spleen.

.- Oui, j'avais cru comprendre. Tu étais lointaine.

Le visage de Ron s'était un peu fermé. Il avait sans doute plus souffert qu'elle ne le pensait de la situation, elle qui était toute à l'analyse de ses propres sentiments.

.- Pardonne-moi.

.- Tu veux dire que ça va mieux maintenant ?

Hermione baissa involontairement le regard. Ce qui déplut quelque peu à Ron.

.- Apparemment, non. Tu sais que... Nous passions une bonne soirée, et si tu n'en avais pas parlé, j'aurais été prêt à oublier. Mais c'est dur tu sais, 'Mione. Pense un peu aux enfants, à moi. Je ne sais même pas à cause de quoi tu déprimes. Tu peux me le dire, ça au moins ?

.- J'aimerais. Mais sincèrement je ne sais pas avec exactitude. C'est plein de choses. Une accumulation de faits.

.- Mais quoi ? Tu sais, c'est difficile de devoir ainsi se remettre en question. Car moi je me dis que puisque ça peut être tout et n'importe quoi, ça peut très bien venir de moi. Dis-moi.

Pour toute réponse, Hermione baissa la tête, voilant sa face d'une mèche de ses cheveux. Elle savait bien que Ron n'apprécierait pas. Mais elle était prise de court. La soirée avait pourtant merveilleusement débuté. Elle fixa les ornements de la nappe, fins et délicats. Ceux-ci formaient des arabesques qui ne cessaient de s'entrecroiser. Comme ses pensées. Sauf que celles-ci, plutôt que d'être pleines de grâce tendaient à zigzaguer. Laissant ses épaules s'affaisser, elle murmura :

.- Pourtant, je suis restée.

.- Pardon ?

.- Je… Je ne sais pas comment le dire, ni pourquoi, mais j'ai le sentiment d'étouffer.

Elle laissa couler une larme sur sa joue, tandis que Ron l'observait, l'air choqué.

.- Tu étouffes ? Tu ne m'aim…

.- Non !

Son cri avait été puissant. Plus qu'elle ne l'imaginait, du moins. Plusieurs clients se retournèrent, agacés. Hermione vira au rouge brique. Une vieille dame au regard courroucé ne se gêna pas pour la réprimander :

.- Un peu de tenue, que diable. Vous faites preuve d'une impolitesse…

Gênée, Hermione se confondit en excuses tandis que Ron la fixait toujours d'un air presque… froid. À ce constat, elle ressentit comme un coup en pleine poitrine. La situation était à des lieues de la joie éprouvée un peu plus tôt. Les yeux toujours brouillés par les larmes, Hermione laissa voguer son regard. Elle faillit tomber à la renverse en reconnaissant une chevelure blonde.

Drago Malefoy se trouvait là. Encore et toujours sur son chemin. Prêt à ramasser ses miettes comme lors de leur dernière rencontre. Elle eut une violente envie de lui arracher son crâne de riche prétentieux. De lui éviscérer les yeux à coup de petite cuillère. Il gâchait tout. Il devait jubiler de la voir aussi mal. Même s'il n'était plus l'arrogant adolescent qu'elle avait connu. Lui la fixait avec morgue, observant chacun de ses mouvements, le sourire aux lèvres. Pourtant, il n'était pas étonnant de le rencontrer ici du fait du renom du restaurant. Il ne dînait pas en compagnie de sa femme mais de deux de ses anciens acolytes de serpentard, Blaise Zabini et Théodore Nott. Ce dernier chuchotait quelque chose à l'oreille du grand noir, qui lui lança un regard bref mais perçant. Malefoy, lui, l'observait toujours.

Hermione détourna le regard, ses larmes effacées par sa soudaine fureur. La fouine possédait peut-être quelques vertus bénéfiques. Ron, lui, fouillait dans sa bourse, comme déterminé à s'en aller au plus vite.

.- Ron…

.- Ne me parle pas.

.- Je n'ai jamais dit que je ne t'aimais pas. La preuve, alors que j'en ai eu l'occasion…

.- Ah oui ? Et laquelle ?

Hermione se tut. Son souffle se fit irrégulier et elle sentit une boule lui nouer la gorge. Faisant fi de tous ces signes annonciateurs de la crise de larmes, elle poursuivit :

.- Peu importe. J'ai décidé de mon propre gré de rester. De me battre contre ce sentiment. Crois-tu que ça n'arrive qu'aux autres ? Que c'est égoïste de ma part d'éprouver quelque chose que je ne contrôle pas ?

.- Un peu, oui, quand tu oublies ta famille.

.- Mais c'est pour vous que je reste. Pour les enfants et pour toi que je me bats.

.- C'est donc ta seule raison ? Je vois bien qu'on t'empêche de vivre. Allez Madame, fais ta vie.

Il balança alors plusieurs billets de livres sterling sur la table et se leva.

.- Tu t'en vas ?

.- Oui. Je ne te force pas à venir, vu que tu étouffes.

Lui jetant un regard mauvais, mais aussi profondément blessé, Ron s'en alla. Hermione, quant à elle, restait tétanisée à sa table. Elle paraissait avoir essuyé la secousse d'une tempête. Longtemps, elle resta assise là, sans mot dire. Car à qui pouvait-elle parler? Elle se statufia presque en son siège, les mains crispées sur la nappe. En état de choc. Elle repassait en boucle ses bonnes résolutions. Qui finissaient ainsi. Qu'allait donc vouloir Ron ? Pas le divorce tout de même ? Pas pour cela, si ? Elle ne voulait pas y songer. Certes, elle s'était exprimée maladroitement. Elle n'était pas prête à prendre le large. Elle n'avait pas songé réellement à tout quitter. Mais l'envie de respirer un autre air était si oppressante… Qu'allait-elle faire maintenant ? Comment allait-elle tout arranger, s'expliquer encore, alors qu'elle ne parvenait pas à s'analyser elle-même ?

La jeune femme ne vit pas le temps passer, aussi quand quelqu'un prit place face à elle, elle sursauta. Elle releva la tête, espérant voir Ron, mais son espoir s'envola dès lors qu'elle reconnut…

.- Malefoy.

.- Encore et toujours ma chère Granger.

.- Qu'est-ce que tu viens faire ici ?

.- Je dîne vois-tu.

.- Ça c'est ma table. Et tes amis sont partis, ajouta-t-elle après un rapide coup d'œil.

.- Je te tiens compagnie.

.- Je n'en ai nul besoin.

Hermione se repoussa dans son siège, profondément lasse. Il fallait encore que cet énergumène de malheur vienne l'accaparer.

.- Vraiment, qu'est-ce que tu me veux ?

.- Je voulais juste te dire… Je ne connais pas vraiment Weasel mais… je sais qu'il s'emporte facilement, qu'il tend vers l'enfantillage et les bouderies. Aussi, quel que soit le motif de votre dispute, ça devrait aller.

La jeune femme écarquilla les yeux, surprise de ce discours de soutien.

.- Ok Malefoy, avoue tout. C'est quoi le pari?

.- Granger, ne sois pas ridicule. Tu as l'air paumée, je te réconforte. C'est le minimum syndical, comme on dit. Nous ne sommes plus...

.- Adolescents. Certes. En ce cas, c'est fort aimable mais… Tout de même, Malefoy, as-tu toute ta tête ? Qu'as-tu bu ? Tu n'es pas supposé être gentil avec moi.

.- On y est bien parvenu la dernière fois, répondit-il avec une voix narquoise.

Hermione leva les yeux au ciel. Mais plus d'amusement que d'exaspération. Sa Némésis était là, et au bout de quelques répliques, sa tristesse semblait déjà amoindrie. La jeune femme se demanda sérieusement si elle n'avait pas des tendances à aimer la souffrance, vu qu'elle était plus joyeuse en compagnie de son ennemi que de son mari. Ledit ennemi reprit :

.- Et puis ça va faire une heure que tu es là, dans ton coin, complètement azimutée. Tu fais peur aux autres clients.

.- Malefoy…

.- Si tu ne veux pas de moi, je m'en vais, tu sais.

Elle se mordit les lèvres sous la question piège. Si elle lui intimait de rester, Malefoy serait quelque part vainqueur. Elle ne pouvait le permettre. Mais elle avait justement besoin de sa présence. Hermione fut cependant sauvée de son dilemme par l'arrivée d'un hibou – invisible aux yeux moldus, cela va de soi.

Sans lever les yeux, elle décacheta l'enveloppe. S'y trouvait un mot griffonné par Jenny.

Finalement, tu vas te garder le dossier Malefoy ! Pas de bol. Paraît qu'ils y ont trouvé des anomalies grosses comme un Ronflack. M'étonnerai pas qu'il y ait des trucs louches. Bref, courage, ne t'avada kedavrise pas. Puis t'es chanceuse, tu vas revoir ton meilleur ami. Je plaisante bien sûr.

Bises

Jen'

Hermione dut relire deux fois la lettre avant de véritablement en saisir l'information. Puis, alors que les rouages de son cerveau se remettaient en marche comme une machine bien huilée, elle laissa un sourire trancher son visage en deux et déclara d'une voix mielleuse :

.- En fait, c'est génial que tu sois là. J'ai vraiment besoin de toi.

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Le soleil pointait en lames acérées au-dessus des bâtiments ouvragés de Picadilly Street. L'air au contraire était glacial et les cristaux de verglas étincelaient telles des gemmes sur les pare-brise des voitures. Quelques individus étaient cependant déjà dans les rues, emmitouflés jusqu'aux yeux dans une écharpe, un bonnet abaissé aux sourcils. En une autre saison, ils auraient facilement pu sembler louches – des terroristes, qui sait ? Hermione plissa les yeux sous l'agression de la lumière matinale. Sa tête était lourde, sa nuque raide. Elle se promit une énième fois de ne plus toucher à de l'alcool. Surtout celui des caves des sorcières de Salem. De vraies hippies celles-là.

Elle venait juste de prendre congé de Malefoy. Une soirée de beuverie entre ennemis, rien de grave non ?

.- C'était pour le boulot… marmotta Hermione pour elle-même.

Mais force était de reconnaître que, de fait, ce n'était pas réellement le cas. Embrouillée en son esprit comme elle l'était, même sa fibre travailleuse n'avait pu reprendre le dessus. Et vu la tête de Malefoy, il n'avait sans doute eu aucune envie d'évoquer son bien-aimé paternel. Aussi, en brave serpent connaissant sa besogne, il ne lui avait été guère difficile de détourner le sujet. L'alcool aidant. Ils avaient donc fini dans un bar, plus morts que vifs, les verres s'accumulant. Elle racontant ses problèmes. Encore. Et lui écoutant. Ou pas. Un puissant sentiment de mortification commença à s'emparer d'elle.

Hermione se secoua. Elle ne pouvait pas continuer à vivre comme cela. Ce n'était tout simplement plus… sain. Être ainsi perdue l'épuisait et ses récentes initiatives ne semblaient pas devoir l'aider. Elle rassembla alors ses esprits en saisissant un couche de neige et en se l'administrant dans la face. Ce qui lui valu le regard effrayé des quelques passants. Mais au moins l'action fut efficace, et la jeune femme se sentit plus réveillée. Toutefois, elle ne pouvait pas aller travailler dans cet état. Mais elle ne pouvait pas non plus rentrer chez elle. Pas après ça. Pas à cette heure, non plus. En plus Ron serait encore là. Et malgré sa grande part de culpabilité dans leur mésentente actuelle, elle n'espérait que l'éviter le plus longtemps possible. Pas Griffondor pour deux mornilles. Où pouvait-elle donc aller ?

Elle s'assit pitoyablement sur le trottoir.

.- Si Malefoy me voyait…

Elle étouffa un rire nerveux à l'entente de ses paroles. Malefoy. C'était bien lui le problème. Tous ses problèmes avaient empiré depuis qu'elle avait eu le malheur de le revoir. Auparavant flous et intérieurs, ils s'étaient concrétisés avec la puissance d'un vif coup de poing dans la face. Merci la fouine. Et voilà qu'elle allait être obligée de travailler avec lui. À propos de lui.

.- Et merde…

Mais peut-être était-il une étape nécessaire dans sa lente purge personnelle. Peut-être devaient-ils tous deux se revoir, pour progresser. Mais vers où? Elle l'ignorait. Mais elle se doutait bien que lui-même n'était pas exempt d'ennuis. Déjà cette affaire avec Lucius. Affaire qu'elle avait sur les bras. Puis sa femme… Le peu qu'il avait dit d'elle suffisait à laisser imaginer à Hermione la brillante situation où était leur couple.

Ses pensées tourbillonnaient à une vitesse phénoménale. Hermione avait l'impression de sombrer mentalement dans un puits sans fond. Elle décida qu'elle devait se confier. Mais à qui ? Jenny savait déjà beaucoup, mais elle ne connaissait pas les protagonistes de l'histoire suffisamment bien. D'ailleurs, elle ne connaissait d'Hermione que ce que celle-ci acceptait de montrer. Il lui fallait quelqu'un qui connaisse son vécu car en ayant fait partie, quelqu'un qui se soit construit de concert avec elle, qui puisse la comprendre en sachant qui elle était. Mais qui donc ? Harry ?...

Il était son meilleur ami. Son petit ou grand frère. Les deux parfois. Il connaissait Ron. Il détestait Drago. Enfin, un peu moins qu'avant. Disons que la haine adolescente s'était muée en froid mépris. Ce qui n'était pas mieux, à dire vrai. Mais tout de même. Mais… Harry restait…. Harry. Hermione secoua la tête. Ce n'était pas la solution. Automatiquement, ses pensées se redirigèrent vers Ginny. Ginerva Potter Weasley. N'était-elle pas son amie de longue date ? Une de ses plus proches confidentes ? Mais elles s'étaient éloignées. Toutefois, ce serait l'occasion de renouer. Ou de se perdre. Après tout, Ron était le frère de Ginny.

Hermione chassa de façon déterminée ces sombres pensées et se releva. Elle marcha un peu, et à la première ruelle déserte venue, elle se concentra sur la jolie résidence des Potter. À Gordic's Hollow bien sûr. Et elle transplana.

Elle atterrit avec un grand déplaisir dans un buisson de houx.

.- Par les caleçons de Merlin, plus jamais ! Plus d'alcool pour moi.

Elle se releva avec difficulté et arracha avec hargne une branche s'enhardissant à s'accrocher au col de son manteau. Rouge, soufflante, telle fut l'image qu'elle offrit à son hôtesse qui, alertée par le bruit de la chute, sortit sur le perron.

.- Hermione ! Mais… Que fais-tu là ? Tu vas bien au moins ?

.- Ouais, oui, on va dire. Un peu… En fait je suis là pour te raconter tout cela.

Ginny haussa ses fins sourcils roux, mais invita son amie à entrer d'un geste de la main. Vêtue d'un habit d'intérieur vert, elle ressemblait encore à une toute jeune fille. Elle s'effaça du cadre de la porte.

.- Par Morgane, Hermione, tu sens l'alcool… s'exclama-t-elle avec un moue mi-dégoûtée mi-inquiète lorsque celle-ci passa à ses côtés.

.- Je sais.

.- Et puis-je avoir le plaisir de savoir pourquoi ?

Hermione s'appliqua d'abord à ôter son manteau et ses bottines, puis fit enfin face à son amie. Elle avait un tel air abattu que la rouquine s'alarma tout de suite.

.- Hermione, que s'est-il passé ? Tu peux, non, tu dois tout me dire.

.- C'est pour cela que je suis venue mais… Sois gentille, laisse-moi prendre une douche d'abord.

Voyant l'état de la d'habitude battante griffondor, Ginny obtempéra sans discuter. Une vingtaine de minutes plus tard, Hermione entrait dans le salon, vêtue d'un vieux jogging et d'un tee-shirt vantant les vagues des îles Canari.

.- Merci, c'est gentil.

.- C'est normal. Assied-toi donc, je nous ai fait du thé.

Hermione prit place sur le canapé.

.- Que se passe-t-il ?

.- Si je devais résumer cela, je dirais… Mon mariage fout le camp.

Ginny arrêta l'ascension de sa tasse de porcelaine mauve jusqu'à ses lèvres pendant quelques secondes, avant de s'écrier :

.- C'est Ron qui… Je vais l'étriper.

.- Non, non ce n'est pas lui. Enfin, je ne sais pas. Ou plutôt si. Mais ça doit venir de moi. Peut-être un peu de lui mais surtout de moi. Je ne suis plus heureuse Gin'. Je sais que c'est égoïste de dire ça, et que dans trente secondes tu vas me vouer une haine éternelle mais… Je n'aime plus ça. Être mariée, avoir des enfants, le train-train. Je ne peux plus.

.- Oh Hermione ma chérie… Tu traverses sans doute un gros coup de blues. Tout le monde en a. Même moi, c'est te dire… La groupie du Potter, comme tu m'as aimablement surnommée, a parfois un peu de mal avec la Vie. Avec le fait de grandir, de vieillir, de changer de rôle et de laisser le temps s'écouler. Tu te poses des questions, c'est bien normal, mais, dans quelques semaines, ce sera passé, et tu verras ta famille et ta vie de nouveau d'un œil heureux.

.- Non.

La rouquine fronça les sourcils, déstabilisée. Elle ne s'attendait pas à une telle détermination dans la réponse de son amie. Hermione baissa les yeux, gênée, puis finit pas les relever, le regard ferme.

.-Je sais qu'en te disant ça, c'est comme si je confirmais les choses. Je suis sans doute en train de foutre quelque chose d'important en l'air. C'est pourquoi je veux que tu gardes ça momentanément pour toi. Il faut que je réfléchisse là-dessus, car je ne veux pas tout faire exploser. Mais je ne suis vraiment plus heureuse. Rien, nada. Et ça fait plus de deux-trois ans que ça dure. Te rends-tu compte ?

.- Le contrecoup de la naissance d'Hugo…

.- Non, ça n'a rien à voir avec ça…

Une larme longtemps suspendue à un cil coula sur la joue d'Hermione.

.- Je l'ai supporté au début. Je me suis dit que ça allait passer. J'étais bien au courant de tous ces blues périodiques qui assaillent les mères. Puis je me suis mise à envisager ma vie si j'avais changé quelques infimes décisions. Et là… Quelqu'un m'a offert des perspectives. Des possibilités que je n'avais pas même imaginées. Et ça me tue Ginny, car si tu savais comme cela me tente…

.- Qui est ce quelqu'un ? Tu as… un amant ?

Son visage était consterné.

.- Non ! Non, ce n'est pas ça. C'est juste sa présence. Cette personne, que je n'aurais jamais imaginé apprécier – ce qui n'est toujours pas le cas, du moins dans le sens général de la chose – , eh bien, le fait de le voir ma rassure, m'apaise. Même si nos relations se basent sur de simples conversations, je me ressens vivre. Comme si j'avais une échappatoire – je n'aime pas dire ça mais le fait est bien là. Tu comprends ? Comme quand on a un énorme fou rire. Comme lorsqu'on part pour la première fois en vacances seule avec des amis. Cette sensation-là, si merveilleuse. D'avoir un futur dégagé et plein d'espoir, un avenir brillant. Je la ressens à chaque fois que je suis avec lui. L'excitation aussi. À cause du risque. Et ça me rend folle.

.- Hermione. Qui est cette personne ?

.- Ça ne va pas te plaire.

.- Je m'en doute déjà. Mais je te laisserai t'expliquer avant d'hurler, et essaierai de me placer de ton point de vue. Donc, qui est-ce ?

.- Drago Malefoy.

Alors la tasse de porcelaine que tenait Ginny tomba et se brisa.

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Et voilà encore un petit chapitre de fait! Alors? Vos avis? Le mariage Weasleyen semble sur une bien mauvaise pente. Et étrangement Malefoy se ramène... comme un cheveu dans la soupe! :) Mùark, je suis mauvaise. Sinon, apparemment l'affaire Lucius reprend un nouveau souffle... Je ne vous sens pas encore très intéressés par cette histoire, mais on verra bien dans les chapitres suivants... Surtout que c'est la raison principale pour laquelle nos deux personnages doivent se voir. Finalement, on l'aime mieux cette affaire, non? Surtout vu de ce point de vue-là. :D

Bref, pleins de prises de tête en perspective pour la Monette. Mais pas que, et heureusement.

Sur ce à la semaine prochaine et... Laissez-moi des petites (ou longues) reviews... ça me fait plaisir! Et vos avis m'intéressent!

Bisouss

Olivia, alias Stellmaria.