Adolescences tardives

/Papa. Dis, pourquoi on ne va jamais voir papi?/ /Scorpius, qui t'a foutu ces idioties dans le crâne?/ /Rose Weasley./ Drago soupira. Il avait fallu qu'elle tienne de sa mère. Il devrait aller parler à Granger, ceci ne devait pas se propager. Post T7

Disclaimer: Tout à JKR, sauf les personnages sortis de mon imagination...

Pairing: HGDM, what else?

Oyez, oyez chers lecteurs, un sixième chapitre, un! J'espère qu'il vous enthousiasmera plus que le précédent (Arrgh, damned, j'ai noté une baisse de review... Pas assez de romance à votre goût? :p). Brefouille, j'aime beaucoup ce nouveau chapitre. J'étais dans un état d'émotivité intense quand je l'ai écrit (Ceux qui écrivent des fics ont peut-être déjà senti ça... Du genre un peu de fébrilité, les doigts qui tapent à toute vitesse sur les touches sans pouvoir s'arrêter, foutant des tas de mots à l'envers? Oui, c'est ça!). En tout cas, n'hésitez pas, ne soyez pas timides, reviewez mes chers amis... :) (naan, j'me vends pas. Enfin, il faut bien ce qu'il faut! )

Et puis, et puis, je dédicace solennellement et très amicalement ce chapitre à MiladyMoOn, ma petite Charentaise d'amùrr, avec qui, un jour, je gouvernerai le monde!! (Ou pas, hein. J'ai pas l'ambition d'être super utile à l'humanité, dans ma vie. Écrire des bêtises, ça me suffit!).

Sinon… Concernant la chanson mise en extrait… Ecoutez-la vers la fin du chapitre ! ;) (vous pouvez l'écouter sur deezer(.)com )

Ah, et... Souhaitez-moi una buena suerte : 'cause de Bac de Maths lundi. Bon, les maths en filière littéraire, c'est pas non plus des graviers à avaler, mais tout de même, c'est la Bac. Avec la carte d'identité et la table étiquettée avec notre nom. Ouais, enfin, je préfère avoir moins de chance lundi, et un max vendredi (français et sciences... sigh). Allez, Lisez bien, sinon, et mention spéciale aux futurs bacheliers (encore plus ceux qui passent la philo. Moi j'ai encore un an... Héhé.)

Réponses aux reviews anonymes:

MiladyMoOn : Enfin, review anonyme, pas si anonyme que ça, hein ! Brefouille, Mer-ci pour ta review ! Voilà le chapitre que je t'avais promis… Bien que tu ne saches rien, si ce n'est que si tu écoutes la chanson mise en extrait vers la fin du chapitre, c'est cool. Mystère… Sinon, c'est sûr, l'histoire devient un peu plus sombre. Je ne vais pas la faire virer trop dramatique non plus, mais bon, tu sais bien que je préfère les demi-teintes. Alors, le passé… Ah, cet amas insondable qui nous compose tous ! Qui contient bien des clefs mais rechigne à les délivrer… ça me plait. Sinon introduction de Daphné, un peu de Pansy (j'laime beaucoup, elle). Sinon, j'espère qu'un nouveau chapitre te remettra le moral d'aplomb, et fera une pause salvatrice dans tes révisions… J'te soutiens ! (En faisant la même chose. Triste mois de juin.) Bref, Bisous, je te n'aime très fort ! :)

I don't wanna hurt you, I don't wanna make you sway

Like I know I've done before, I will not do it anymore

I've always been a dreamer, I've had my head among the clouds,

Now that I'm coming down, won't you be my solid ground? (1) The Perishers, Sway

oOo

Chapitre VI

/ Où les effluves de la vie les effleurent enfin. /

oOo

Drago sortait du bureau de son supérieur. Il aimait toujours recevoir des félicitations pour une affaire bien menée. Ainsi qu'il avait menée la sienne. Quel brio! Toutefois le vieux Bones l'agaçait un peu, il faisait partie de ces irréductibles de l'arrière-garde. Il s'écrasait devant lui et le complimentait à propos de tout, fidèle aux attitudes vassales que, dans le temps, on avait usées sans parcimonie face aux représentants de la famille Malefoy. Le jeune homme aurait aimé un avis plus impartial. Il détestait tous ces vieux croulants qui, incapables d'évoluer et de s'imprégner des nouvelles valeurs, s'obstinaient à diriger le monde sorcier.

S'appuyant contre le mur du couloir, il sortit négligemment un porte-cigarette d'argent de sa poche. Il avait, au gré de ses échanges de ces derniers mois avec l'Amérique, repris ses mauvaises habitudes d'adolescent. Tant pis ! Il se contentait de le faire au bureau, il évitait toujours de ramener ces odeurs âcres chez lui le soir. À coup sûr Astoria lui ferait une remarque acide. Et puis il ne voulait pas donner de mauvaises idées à Scorpius. Beaucoup trop malléable ce garçon. Voilà-t-il pas qu'il lui racontait qu'il avait fait équipe avec Albus Severus Potter – quel nom exécrable et ridicule – pour leur visite pédagogique - enfin, Drago doutait que ce soit là l'adjectif approprié - des ateliers Zonko. Vraiment, Drago commençait à être impatient que son fils entre à Poudlard, être chez les serpentards lui remettrait les idées en place.

Coinçant sa cigarette entre ses lèvres, il fouilla ses poches, exaspéré par le peu de succès de ses recherches. Il dénicha finalement sa baguette et l'accolant au bout de sa cigarette, l'embrasa. Tirant un long coup, il soupira de satisfaction, laissant la fumée bleutée embrumer sa tête. Ainsi qu'il n'hésitait plus à le dire concernant certains objets, les moldus étaient pleins de ressources. Laissant ses pensées voguer, il se traîna nonchalamment vers l'une des fenêtres artificielles du Ministère, à laquelle il s'accouda, regardant les fins flocons de neige tourbillonner. Ce serait sûrement un hiver glacial. Faisant craquer sa nuque, les coins de sa bouche se relevèrent à la pensée des congés de Noël approchant. Ce serait vraiment agréable de se retrouver en famille. Narcissa viendrait passer deux semaines chez eux, et les tensions existant entre Astoria et lui se détendraient. Elle et Narcissa s'aimaient bien. Il prendrait peut-être une journée pour rendre visite à sa tante Andromeda. Ça ferait plaisir à sa mère. Et puis que risquait-il à le faire ? De toute façon son fils serait bien conduit à croiser le jeune Teddy Lupin, son cousin, un jour ou l'autre. Peut-être pas à Poudlard, car il lui semblait bien que son neveu aurait fini ses études lorsque son fils entrerait à l'école de sorcellerie, mais enfin, le monde sorcier n'était pas si vaste. Retournant ses pensées vers ses futurs congés, il se souvint que Daphné viendrait leur rendre visite, et cela aussi rendrait Astoria heureuse. Elle adorait sa sœur. Drago l'appréciait aussi, même si ils n'avaient jamais eu suffisamment d'affinités à Poudlard pour se considérer comme amis proches. Et puis pour le Nouvel An, ils confieraient leur fils à Narcissa et sortiraient sans doute avec leurs amis écumer quelques bars à la mode. Oui, l'avenir semblait souriant.

Tout à ses pensées, il se recula lentement de la fenêtre, inconscient du monde extérieur, tant et si bien qu'il se heurta à quelqu'un qui se hâtait dans le couloir.

.- Par les caleçons de Merlin ! grogna une voix.

Drago vit une baguette rouler jusqu'à ses pieds. Se massant l'épaule qui avait été frappée, il se pencha pour la ramasser.

.- Vraiment Monsieur, je suis désolé, je ne regardai pas où…

Le blond releva la tête en tendant la baguette et s'interrompit brusquement. Face à lui, un rouquin qu'il n'avait pas eu le plaisir de voir depuis bien longtemps.

.- Weasley.

.- Malefoy. Ça faisait longtemps.

.- Pas assez.

.- Je suis d'accord.

Drago regarda d'un air ennuyé sur le côté. La simple présence de ce griffondor-là, en particulier, l'exaspérait. Relevant la figure, il le scruta d'un air hautain. Il n'avait pas vraiment changé. Toujours…Orange. Il paraissait soucieux. Ça le vieillissait, se plut à remarquer l'ancien serpentard.

.- Bon, Malefoy, tu me la rends ma baguette ou tu veux t'en servir pour te curer le nez?

Drago esquissa un rictus à l'entente de cette remarque... de très bas étage, selon lui.

.- Sans façon Weasel. Mais je te remercie pour la proposition, je sais que c'est la l'essentielle fonction de ta baguette, faire de la magie avec doit te sembler trop improbable.

.- Ta gentillesse m'avait manqué, vraiment. Il faut croire que te voir est un signe du Destin pour me dire de retourner me coucher, que la journée n'en vaudra pas le coup. À moins que ce soit pour m'encourager en me signalant qu'elle ne pourra pas continuer plus mal que ça. Je veux dire, tomber sur toi, c'est vraiment tout en bas dans l'échelle de la poisse.

.- Cesse un peu de discourir, Weasel. Du vent, tout ce que tu dis n'est que du vent. Épargne-toi au moins ce ridicule.

Le serpentard leva ses lèvres en un demi-sourire sarcastique, qu'il savait être parfaitement insupportable. Face à lui Weasley serra les dents et se détourna, reprenant sa route.

.- Bonne journée la fouine, je te laisse te complaire dans ta vie insipide.

.- Pas autant que la tienne, n'en doute surtout pas. Bonne journée à toi aussi, en toute sincérité. Et passe le bonjour à ta femme, m'engueuler avec elle me manque.

Son sourire s'agrandit alors que le dos de son ennemi, qui se voûta légèrement à la mention de Granger, tournait un coin de couloir. Granger. Ça faisait longtemps qu'il ne l'avait pas vue. Enfin, un peu plus d'une semaine. Quand elle était totalement éplorée dans son restaurant. Il avait trouvé cela distrayant. Peut-être était-il temps de tenter une nouvelle charge ? Il trouvait ce jeu follement distrayant. Et puis elle n'avait, vu l'état de son mari, pas encore recollé les morceaux. Tant pis pour Weasel, tant mieux pour lui.

oOo

.- Comment cela est-il possible ?

Les sourcils exagérément épilés de Miranda étaient comiquement relevés en deux grands arcs, rappelant une chouette. Sa bouche rosâtre légèrement entrouverte, elle semblait pour le moins surprise.

.- C'est ce que je me tue à vous dire Miranda, on a cherché à étouffer l'affaire. Les médias eux-mêmes semblent avoir été enrôlés. Si vous saviez les complications que j'ai du affronter pour parvenir à mettre la main sur cette fameuse annulation d'appel. Il est certain qu'avec ce document, certaines choses s'éclaircissent, car je ne comprenais pas pourquoi je ne trouvais aucun papier faisant état de cet acte de justice. Toutefois le fond de l'affaire reste incompréhensible.

.- En effet Hermione, pour une fois je suis d'accord avec vous.

Hermione souffla légèrement. Enfin cette vieille pimbêche de Miranda Howitt comprenait, après plus d'une heure dans son bureau à lui expliquer le cas Malefoy de long en large. La quadragénaire, outrageusement maquillée en des teintes pastel assez insupportables à la vue, pianota longuement sur son bureau de ses ongles laqués de près d'une couleur corail. Rajustant sa monture de lunettes sur son nez légèrement retroussé, elle saisit brusquement un papier à en-tête et, plongeant une plume d'aigle finement ciselée dans un pot d'encre, elle commença à écrire.

.- Bien que cela ne relève pas exactement de notre domaine, je dois vous avouer, Hermione, que comme vous cette affaire m'intrigue. Je vais vous mettre en relation avec une jeune magistrate qui commence à faire ses preuves et qui pourrait vous être de quelque appui.

.- Merci Miranda, je suis ravie de voir que vous me soutenez.

.- Naturellement, vous gardez cette affaire en main. Pas question d'en laisser l'éclaircissement et donc le privilège qui en découlera, entre d'autres mains, ajouta Miranda, ses lèvres formant un sourire entendu.

Hermione se retint elle-même de sourire. Elle avait beau ne pas supporter sa patronne les trois-quarts du temps, elle avait en elle quelque chose qui l'attendrissait. Elle lui évoquait curieusement à la fois le professeur McGonagall et Rita Skeeter. Si une parfaite symbiose des deux était seulement possible, Miranda Howitt l'incarnait à la perfection, aussi invraisemblable que cela pouvait paraître.

.- Oh, encore une chose Miss Granger. Je suppose qu'une petite enquête sur le terrain ne serait pas à exclure.

.- Que voulez-vous dire ?

.- Je vais me débrouiller pour vous procurer un pass pour Azkaban. Il y a plus intéressant comme excursion, je vous l'accorde, mais le boulot reste le boulot, il n'est pas supposé être agréable. Voyez comme je m'épuise !

.- Je le sais Miranda, vous sacrifiez beaucoup à votre fonction.

.- Ne vous forcez pas à susurrer de faux compliments, s'il vous plait. Je sais tout de même ce que vous pensez de moi. Enfin, voilà bien longtemps que je vous reçois et d'autres affaires m'appellent, retournez donc à votre bureau. Et bien sûr, tenez-moi un peu au courant.

La jeune femme regagna son bureau avec un air rayonnant, le dossier et le mot de Miranda soigneusement serrés dans ses bras. Les déposant sur son bureau avec fracas, elle alla s'effondrer dans son fauteuil. Miranda n'aurait même pas songé à lui proposer un siège ! Hermione roula des yeux à cette pensée. Qu'importait, elle avait la bénédiction de sa patronne pour ses recherches, et de nouveaux moyens à disposition. Elle saisit le papier à en-tête et le déplia. Elle n'avait même pas songé à le lire, tellement elle se sentait engoncée dans le bureau patronal. Sans grande surprise, l'écriture était acérée, à l'image de sa propriétaire. Après les habituelles politesses et autres formules d'usage, la jeune femme tressaillit à la lecture des mots qui s'ensuivaient :

vous serions reconnaissants de nous faire bénéficier de l'aide et collaboration sur une certaine affaire relevant de notre département d'un de vos nouveaux magistrats, Mrs Pansy Nott, à propos de laquelle des échos laudatifs nous sont parvenus. Elle appuierait dans ses démarches notre chargée de dossier, elle-même prometteuse. En espérant instamment une réponse positive, votre sincèrement (etc...),

Miranda Howitt

.- Et… Mince! grogna Hermione. Oh non…

Elle ne put poursuivre plus loin ses lamentations car la porte de son bureau s'ouvrit en un crissement. La tête de Jenny apparut dans l'ouverture.

.- Monette ! Eh, je peux entrer ?

.- Mais oui, voyons, depuis quand te gênes-tu ?

.- Je ne sais pas, j'expérimente la politesse. Ce serait bon pour mon karma, répondit tranquillement la brunette en refermant la porte. Alors, qu'a dit la vieille pie-grièche ?

.- Elle suit.

.- Non ! C'est pas vrai ? Mais c'est génial ! Avoue, tu lui as jeté un Impero.

.- C'était même pas la peine, répondit Hermione en levant les yeux au ciel. Tu sais, son boulot prime avant tout. Donc c'est plutôt son instinct naturel qui l'a poussée.

.- Pas faux.

.- En résultent deux bonnes choses et une mauvaise. Forcément. Elle m'a donné l'appui d'un magistrat et va m'arranger une visite à Azkaban.

.- Cool. Et la seconde bonne chose?

.- Là c'étaient les deux bonnes.

.- Ah… Parce que en ce qui me concerne Azkaban je ne trouve pas super rock'n'roll, marmonna la jeune fille en pointant du pouce son tee-shirt à l'effigie des Bizzar'Sisters.

Hermione retint un rire moqueur.

.- On parle de boulot Jen', enfin, où veux-tu trouver quoi que ce soit de rock'n'roll là-dedans ? Surtout en Justice. D'ailleurs c'est étonnant que tu ne te sois pas faite incendier pour ton haut.

.- Vivement l'an prochain, que je retente mon concours pour l'école de Médicomagie. Là au moins c'est…

.- On ne veut pas savoir !

.- Mais sii. Admets-le, t'es jalouse. Les beaux petits docteurs. Les internes… Tu m'envies !

.- Tu parles, je vais te manquer quand tu seras à Sainte Mangouste.

.- Sans doute. Bon, donc, quelle est la mauvaise chose ?

.- Le magistrat. C'est Pansy Nott, plus connue sous le nom de Pansy Parkinson. La meilleure amie de Malefoy, son ancienne fiancée aussi. Ah, et j'avais oublié, on se voue une haine viscérale.

.- La poisse.

.- Eh oui.

Jenny fronça les sourcils, jouant avec une Plume à Sucre – cadeau de George – posée sur le bureau d'Hermione.

.- En fait à la base j'étais venue te voir parce que quelqu'un veut avoir un entretien avec toi.

.- Pardon ? Et au lieu de m'avertir, tu bavardes et tente de me pervertir en me laissant songer à des médicomages.

.- Mmh... Oui.

.- Enfin, Jenny ! Bon, c'est qui ?

.- Tu vas rire, on dirait que quelqu'un là-haut s'acharne sur toi. C'est Astoria Malefoy.

Hermione faillit s'étouffer.

.- Mais mince, Merlin, qu'est-ce que tu as contre moi ? Je ne suis pas bien méchante, non ? Pourquoi il ne m'arrive que des bouses de dragon ? Bref, que veut-elle ?

.- Un entretien. Elle ne m'en a pas dit plus.

.- Bon, fais-là entrer. J'ai presque fini ma journée mais vu que c'est Ron qui est à la maison ce soir, je ne suis pas pressée. J'ai tes clefs après tout.

.- Tu ne penses pas que tu devrais lui parler un jour ?

.- À Ron ? Sans doute. Quand il arrêtera de s'enfuir à chaque fois que j'ai le malheur de me pointer au quartier général des aurors.

Jenny grimaça un sourire. Elle pressa la main de son amie, qui s'était crispée sur son bureau, d'une poigne réconfortante.

.- Courage 'Mione. Ça passera.

.- Ne parlons plus de ça, ok ?

La secrétaire hocha vaguement la tête, puis, tournant les talons, sortit de la pièce. Hermione réorganisa mollement les papiers devant elle. Qu'allait-elle pouvoir dire à cette Astoria ? Sans doute réagissait-elle au papier qu'elle avait été forcée d'envoyer au sujet du dossier de Lucius. Étonnant que ce ne soit pas Drago lui-même qui soit venu. Après tout cela le concernait davantage. Du reste, elle ne connaissait pas Astoria. Il serait toujours intéressant de prendre en note ses questions et d'étudier ses réactions. Elle entendit la porte grincer à nouveau et releva la tête.

Face à elle se tenait Astoria Malefoy, fidèle à l'image qu'on pouvait s'attendre d'une représentante de cette famille. Presque éthérée, sa carnation ferait pâlir d'envie bien des membres de la famille royale. On pouvait reconnaître quelques traits communs à sa sœur aînée, tel le petit nez fin ou la forme rieuse des yeux. Les cheveux d'un élégant blond vénitien étaient ramenés en un vaporeux chignon, et son manteau d'un brun sombre à col d'hermine resplendissait de richesse malgré la sobriété de sa coupe. Simple et efficace.

.- Hermione Granger ?

.- Weasley-Granger, oui, c'est moi. Et vous êtes Mrs Malefoy, si je ne m'abuse ?

.- De fait. Je vous remercie de me recevoir, j'ai ouï dire de la surcharge de travail que subissait votre département ces temps-ci.

.- Vous êtes mieux placée que bien d'autres pour en parler, si je devine bien la raison de votre visite. Mais je vous en prie, prenez un siège.

Astoria s'assit alors avec souplesse sur l'unique siège libre de l'office, face au bureau de la brunette. Celle-ci ne put s'empêcher d'être charmée par cette apparence féerique, remarquant que si ç'avait été elle, les plis du manteau ne se seraient jamais arrangés avec autant de perfection, ni en un frou-frou si doux. Malefoy avait décidemment bien choisi sa femme, il pouvait au moins ne pas s'inquiéter pour le nom de sa famille, Astoria ne semblait pas du genre à le salir.

.- Si vous faites mention du mot que j'ai reçu concernant le dossier de mon beau-père, alors oui, vous avez visé juste.

.- Vous m'en voyez ravie. Mais si je puis me permettre une question, pourquoi n'est-ce pas votre mari qui vient s'enquérir ici plutôt que vous ? Pas que vous ne le puissiez, bien au contraire, mais j'avais envoyé le mot à son nom.

.- Il n'était en fait pas en Angleterre quand j'ai reçu votre message. Une affaire à régler aux Amériques. Je pensais l'en avertir à son retour, mais je dois vous confesser qu'il n'en est rien. Il a eu beaucoup de tracas à ce sujet et j'ai songé qu'il serait peut-être mieux de venir voir de quoi il en retournait et l'importance de la question, plutôt que de le plonger dans de mauvais souvenirs inutilement.

.- C'est délicat de votre part.

.- Et puis je crois savoir que, du moins du temps du collège, mon mari et vous ne vous appréciiez pas beaucoup. La combinaison de ce dossier et de votre confrontation ne me semblait pas judicieuse, expliqua Astoria en s'accordant un sourire.

Hermione le lui rendit. Cette femme lui semblait avisée. Elle se sentit coupable vis-à-vis d'elle vu qu'elle avait passé plusieurs soirées à bavarder gaiement avec Drago Malefoy, supposé être son ennemi. Mais en soit, ça lui paraissait être un atout pour ses recherches de savoir que Malefoy n'était pas au courant de ses investigations. En embobinant adroitement Astoria, on pourrait l'empêcher de faire intervenir son mari.

.- Ce n'est pas faux. Vous vous attendez en gros à ce que je vous explique ce que l'on a trouvé d'irrégulier dans le dossier de Lucius Malefoy, c'est cela ?

.- Tout à fait.

.- Eh bien…

Hermione s'accorda une pause, essayant de trouver quelque mensonge à raconter.

.- Il semblerait qu'il soit incomplet. Une partie a dû disparaître lors du déplacement des archives dans la nouvelle salle. Mais c'est un peu problématique, un dossier incomplet, surtout celui de Lucius Malefoy… Comprenez.

.- Je saisis parfaitement.

.- En fait… Pardonnez-moi, mais l'idée m'a traversée. Peut-être pourriez-vous nous fournir des documents, qui traîneraient chez vous ? C'est que nous devons reconstituer un minimum le dossier, or nous sommes débordés.

.- Peut-être pourriez-vous me le confier, et je vous le rapporterai avec les différents éléments, ou au moins ce que j'aurai déniché. Car je comprends l'embarras dans lequel vous vous trouvez, proposa Astoria, complaisante.

.- C'est fort aimable à vous, et j'aimerais pouvoir accepter, mais les dossiers ne peuvent sortir du Ministère. Apportez-moi simplement les documents que vous jugerez à même de nous aider. Des stagiaires complèteront le reste, voilà qui les formera.

.- Tout est réglé dans ce cas. Vous m'en voyez soulagée, j'avais peur que ce ne soit plus grave ! s'exclama Astoria en se relevant.

.- Grave comme quoi ? sourit doucement Hermione.

Mrs Malefoy se figea en plein élan, le sourire un peu contrit. Hermione se mordit légèrement la lèvre, ayant peur d'avoir commis une bévue.

.- Je ne sais pas… répondit confusément la jeune femme, dégantant sa main pour reprendre contenance.

Elle la tendit à Hermione qui la serra. En la regardant de plus près, Astoria lui sembla vraiment jeune. Comme encore adolescente. Indiciblement, elle éprouvait de la sympathie pour elle. Si la jeune femme assumait son rang, au moins s'efforçait-elle d'être aimable. Lorsque Astoria l'eut quittée, Hermione resta un long moment plongée dans ses pensées. Elle se demandait quels documents Astoria allait apporter, s'ils révèleraient malgré eux quelque chose. Puis elle reporta sa pensée sur Pansy, qu'elle devrait bientôt revoir. Sans doute l'ancienne serpentard ne savait rien, mais Hermione espérait pouvoir compter sur sa curiosité pour la gagner à sa cause. Enfin elle songea à Drago Malefoy. Il allait définitivement falloir qu'elle le revoie.

oOo

Blaise Zabini venait de sortir d'un des nombreux ascenseurs du Ministère, soulagé d'échapper à la masse humaine qui s'y pressait. Il devait avoir quelques tendances claustrophobes. Et agoraphobes aussi. Décontractant avec désinvolture son dos une fois à l'extérieur, il se dirigeait vers l'atrium, savourant le fait que c'était l'avant-dernière fois avant quinze jours. De fait, les congés de Noël arrivaient enfin ! Et avec eux la promesse des tumultueuses fêtes de la nouvelle année. Car Blaise avait beau être marié et père de famille, il ne s'était pas rangé pour autant, savourant les plaisirs qu'offraient les divers bars new age.

Dépassant d'un pas alerte le nouvel ornement du hall, un immense phénix fait de cristal, le noir crut apercevoir une chevelure lunaire qu'il connaissait depuis fort longtemps. Se tordant le cou, il ne fut pas long à identifier Drago Malefoy, brillant diplomate, mais avant tout son meilleur ami. Il commença à s'avancer pour le rejoindre quand il stoppa net. Il venait d'apercevoir une jeune femme aux côtés de son ami. Châtaigne, les cheveux longs et ondulés tirés en arrière à l'aide d'une pince, il ne voyait qu'une petite partie de son visage. Ce n'était certainement pas Astoria, ni Pansy ou une quelconque connaissance. Pourtant elle semblait de leur âge, c'est pourquoi une impression de déjà-vu s'imposait à Blaise. Il l'avait sans doute croisée à Poudlard, puisque là se rencontraient un jour ou l'autre tous les sorciers anglais, mais il n'arrivait pas à mettre un nom sur le visage. Cela l'agaçait profondément, il était intimement persuadé que cela aurait dû lui sauter aux yeux. En son for intérieur, il savait la connaître, sans doute même lui avait-il déjà parlé. L'impression persistait, mais sa mémoire se refusait à lui délivrer la réponse attendue. Il hésitait sur la marche à suivre, quand il vit les joues de la fille s'empourprer légèrement à la suite d'une parole de Drago. Pas très net ça. Se promettant d'en toucher un mot à son meilleur ami, il tourna finalement les talons et s'en fut faire la queue devant l'une des cheminées, sa femme détestant qu'il transplane dans leur salon. Ce n'était pas le moment de la laisser faire une crise.

Un peu plus loin le couple tantôt observé se fusillait du regard.

.- Malefoy, enfin, comment peux-tu être aussi… Toi.

.- Un long entraînement Granger, trente-deux ans déjà.

.- Je te plaindrai presque.

Elle se remit à marcher.

.- Alors comme ça, il y a toujours de l'eau dans le gaz avec Weasel.

.- Et alors ?

Tu ne le nies pas.

.- Qu'est-ce que cela peut bien te faire à toi, engoncé dans ton monde merveilleux avec ton petit héritier et ta femme parfaite et adorable. Et comment sais-tu que j'ai encore des problèmes ? Je ne t'en ai rien dit.

.- Et comment sais-tu que ma femme est adorable ? Je ne me souviens pas t'en avoir touché mot, répondit du tac au tac son interlocuteur.

Hermione s'accorda un sourire face à la verve de celui qu'elle évitait autant qu'elle recherchait. Resserrant les pans de sa cape, elle tourna la tête, les yeux perdus dans le vague.

.- Tu es incroyablement insupportable, souffla-t-elle.

.- Je sais. Allez, dis-moi tout. Qu'est-ce qu'il se passe Granger ? Tu as l'air triste.

.- Allez, pousse un cri de joie, je t'en prie, fais-toi plaisir.

.- En fait je pensais plutôt t'inviter à boire un verre, généralement après tu vas mieux. Tu rigoles bêtement, c'est toujours préférable non ? Enfin, c'est ce qui s'est passé les deux dernières fois.

.- Et uniques fois Malefoy, uniques. Merlin, où va le monde si nous commençons tous deux à nous fréquenter de façon autre que pour nous insulter ?

.- En même temps les insultes n'ont pas eu lieu depuis à peu près…

.- Dix ans. Même plus. Là, d'un coup, je me sens vraiment vieille.

.- Alors, partante pour ce verre ?

.- Tu n'as pas une famille par hasard ? Qui t'attend, aimante.

.- Autant que toi. En fait Astoria doit dîner avec sa sœur et le petit est sous la garde de Pansy – c'est sa marraine.

.- Pansy…

.- Je t'assure qu'elle est très bien, rit doucement Drago.

Hermione fronça les sourcils, prise par d'autres pensées. Elle savait qu'elle devait tirer des informations de Malefoy et se demandait si, vraiment, elle utilisait la bonne méthode. Et s'il allait jamais laisser échapper quelque chose – après tout il avait appris la dissimulation à bonne enseigne. D'un autre côté elle était enthousiasmée par cette petite virée avec sa némésis. Relevant la tête, elle finit par accepter la proposition de l'ancien serpentard.

La soirée se déroulait agréablement. Ils étaient retournés au bar où ils avaient renoué, alors qu'une affaire concernant leurs enfants respectifs les préoccupait. Sans se douter alors que cela ferait ressortir une autre affaire, plus complexe et ombrageuse. Que cela dénouerait des inhibitions, précipiterait les choses et permettrait aux deux ennemis de longue date de s'apprécier, finalement. Les contacts entre deux éléments profondément antagonistes provoquaient après tout toujours des étincelles, à l'image de l'eau et du feu, les plus exubérants.

.- Et tu dis que le ministre américain est contre l'apprentissage des magies des peuples primitifs de son continent?

.- Oui! C'est fou, cet homme et l'archétype du parfait WASP. Vivement qu'on l'enterre, hein?

Deux verres emplis d'un liquide violet fluorescent les séparant, ils riaient doucement, se complaisant dans la présence de l'autre. Un léger silence se fit, au cours duquel ils laissèrent leur regard glisser sur les différents couples de la salle dont certains s'étaient risqués à danser. Beaucoup d'étudiants se trouvaient là, principalement des groupes, mais également un nombre non négligeable de trentenaires. Se lassant de cette observation, Drago fit revenir ses yeux sur sa compagne, qui était toujours plongée dans sa contemplation, sirotant à petites gorgées le liquide de son verre. Celui-ci lui avait décrispé les traits, tendus depuis quelques jours. Le jeune homme se surprit à la trouver jolie. Ce n'était pas vraiment une découverte en soi, il n'avait jamais nié avoir été ébloui lors de son apparition au Bal des trois sorciers ayant eu lieu dans le courant de leur quatrième année d'étude à Poudlard, mais il n'aurait pas imaginé s'approprier cette affirmation. Ce n'était plus le « elle est jolie » imposé tel une évidence, qu'il devait bien admettre alors. Il s'étonnait à présent à conjuguer cette affirmation à la première personne. Drago Malefoy trouvait Hermione Granger – ou Weasley, qu'importe ! – jolie. Et ça ne le dérangeait pas vraiment.

Lui qui pensait surtout s'amuser un peu des déboires de son ennemie, se replonger dans cette observation de ses réactions qui lui avait été si chère à une époque, se sentait extrêmement bien en sa compagnie. Loin de tester sur elle les diverses manipulations qu'il affectionnait, il la traitait enfin comme une personne et non plus comme une proie. Sa conversation était intéressante, forcément intelligente, et surtout épicée, enjolivée de piques vives et impromptues dont il savourait la répartie. Oui, Granger était définitivement plus que captivante. L'alcool aidant, il se surprenait à la contempler avec une ardeur accrue, se sentant de nouveau comme l'adolescent qu'il n'avait pas encore totalement banni de son être. L'adolescent qui n'avait pas eu le temps peut-être, ni l'occasion, de découvrir et apprécier une précieuse perle posée pourtant à quelques pas de lui.

Hermione quant à elle sentait sa tête tourner dangereusement et riait intérieurement des divagations qu'elle s'autorisait. Elle ne s'était cependant jamais sentie aussi légère. Ron lui paraissait environné d'un brouillard à couper du couteau, tant et si bien qu'elle ne faisait même plus l'effort de rappeler ses pensées vers lui. D'ailleurs, elle en avait tant ri avec Malefoy. Dans son état d'esprit, les remarques piquantes du serpentard au sujet de son griffondor de mari la ravissaient, et son cœur ne se sentait nul courage pour s'en insurger. La jeune femme s'en voulait un peu de n'avoir absolument pas progressé dans ses recherches. Elle ne savait en fait absolument pas de quelle manière amener le sujet dans la conversation. Elle craignait qu'en en prononçant le nom, le dossier ne soit illuminé d'un phare puissant qui lui couperait l'herbe sous le pied dans sa prospection. Elle soupira, soulevant de son souffle une mèche de cheveux ondulés venue se balader au travers de son nez. Toute à sa rêverie rythmée par les néons tombant du plafond, elle sursauta quand elle sentit une main lui effleurer la joue. Relevant les yeux, son cœur accéléra le rythme de ses battements quand elle comprit que c'était Malefoy qui, un sourire taquin aux lèvres, lui ramenait doucement sa mèche derrière son oreille.

.- Merci, marmonna-t-elle, gênée, ses yeux allant par automatisme se fixer au fond de son verre.

.- Mais de rien Granger, ça me fait plaisir.

Le silence plana quelques secondes, épais. Inconsciemment, la jeune femme reprit la parole.

.- Tu m'appelleras donc toujours comme ça ?

.- Comment ça ?

.- Granger.

.- Oh… Si ça te dérange, je peux tenter le… Hermione. Mais j'ai l'impression que ça sonne faux.

.- C'est vrai, accorda la jeune femme avec un léger sourire.

.- Et puis ce n'est pas après trois verres pris ensemble que nous devons nous déclarer les meilleurs amis.

.- Certainement pas, enfin Malefoy, il me semblait que nous étions d'accord. Nous sommes des meilleurs ennemis, c'est ce qui était convenu, non ?

.- Oui, oui, de fait, je me souviens.

Ils se mirent à rire doucement, presque mal-à-l'aise à l'idée qu'une quelconque connexion puisse exister entre eux deux. Évitant de croiser le regard de l'autre, leurs yeux se percutèrent cependant. Noisette contre Acier. Glacier contre Flamme. Ou terre chaude contre air insaisissable. Deux éléments différents, au fond. Et fatalement, la réaction ne se fit pas attendre. Hermione avala nerveusement une nouvelle gorgée de sa boisson, avant de se rendre compte que son verre était vide.

.- Oulà, je commence à divaguer. Je devrais peut-être rentrer, sinon Jenny va s'inquiéter.

.- En ce cas, son couvre-feu n'est pas bien sévère. Tu sais qu'il est… Minuit neuf.

.- Eh… marguerite !

.- … ?

.- Je tente d'éviter de jurer - mes enfants ont la fâcheuse tendance de répéter -, mais c'est dur. Et Astoria, elle ne risque pas de t'accueillir à coups d'Endoloris en te voyant rentrer à cette heure-ci ?

.- Sans doute.

Roulant des yeux face à la placidité de son vis-à-vis, Hermione se leva de son siège.

.- Alors on ferait mieux de rentrer, souffla-t-elle.

.- Sans doute.

.- Malefoy !

.- Eh quoi… Granger ? Tu danses ?

.- P… Pardon ?

La jeune femme était choquée. Quelle était donc cette idée saugrenue et assez déplacée qui avait traversé la tête de Malefoy ? Par Merlin, l'hygiène du bar ne devait pas être terrible pour provoquer de telles réactions. Drago se leva à son tour et enlevant la cape à moitié enfilée des épaules d'Hermione, la prit par le bras.

.- Mais, enfin Malefoy ! C'est quoi cette idée foireuse ?

.- Vu l'heure qu'il est, on n'est pas à cinq minutes près. Et puis… Tu ne reconnais donc pas ? C'est le slow du bal de Noël.

.- En effet, accorda Hermione en tendant l'oreille, mais ça n'explique rien.

.- Alors tu n'auras pas d'explications. J'ai envie de danser, voilà tout. Et tu es là.

Et raffermissant sa prise, il fit glisser sa main jusqu'à celle de la jeune fille pour l'entraîner au milieu des danseurs. Trop choquée, Hermione ne parvint pas à protester avant de se retrouver bloquée entre les différents couples mouvants. Malefoy la saisit fermement à la taille et guida lentement sa main jusqu'à sa nuque où la jeune femme ne put faire grand-chose sinon s'y accrocher. Ondoyant légèrement son corps contre le sien, elle n'osait poser son regard nul part et le gardait fixé vers le cou lui faisant face, de beaucoup trop près d'ailleurs, ce qui n'arrangea en rien son malaise poignant.

.- Malefoy… Je te retiens, toi et tes idées stupides, et tes lubies, et tes abus de pouvoir et… commença-t-elle à récriminer, passant sa gêne en mauvaise humeur.

.- Chuut Granger, écoute un peu la musique. Ça ne va pas te tuer, c'est juste une danse. Je suis sûr que ça fait longtemps que tu ne t'es pas amusée comme ça.

Hermione voulait désespérément être en position d'ouvrir la bouche pour répliquer avec verve, mais elle savait parfaitement qu'alors elle mentirait. Cela faisait des années qu'elle ne s'était pas fait plaisir ni ne s'était divertie autant que ce soir-ci. Elle se tut alors. Écoutant les accords de la musique, elle se souvint du bal. Du début où elle avait été rayonnante, mais surtout de la fin, quand elle s'était violemment disputée avec Ron et avait fini la soirée en pleurs, sacrifiant ce qui aurait dû être son premier slow. Et même s'il y en avait eu d'autres depuis, elle lui en avait toujours un peu voulu pour ça. Elle l'aimait tant, mais il l'avait tellement fait souffrir, la dénigrant sans même ciller. Ce qui était certain, c'est qu'elle n'était pas tombée sur un homme passionné et avait toujours dû composer avec ses sautes d'humeur et son manque de romantisme. Mais malgré cela il restait Ron…

Se laissant bercer par les notes, elle se plut à imaginer qu'il s'agissait de son premier slow. Après tout, Malefoy était un homme qui faisait rêver, et comme figure, au moins extérieure, de prince, il remplissait bien son office. Ses pas se calant aux siens, sans jamais s'entraver, elle le laissa la rapprocher de lui, et alors que leurs poitrines se touchaient, elle releva les yeux. Il la regardait. Elle ne l'avait jamais vu de si près. Il portait jeune, très. Comme s'il devait pour toujours afficher cet air d'ange tombé. D'ange tombé. Hermione se mordit la lèvre. L'alcool lui faisait avoir de drôles de pensées. Elle pouvait sentir son souffle chaud lui caresser le visage. Levant un peu plus le regard, elle le plongea effrontément pour la seconde fois dans celui de Drago, le fixant tel un aimant. Ils ne se lâchèrent pas de tout le temps que dura la musique.

Alors que la stéréo égrenait les derniers accords de la chanson dans un silence feutré et qu'Hermione se préparait quelques phrases pour prendre congé, Malefoy baissa la tête et lui murmura au creux de l'oreille, la faisant frissonner toute entière de sentir sa bouche, ses lèvres et son souffle aux odeurs alcoolisées si proches de sa peau :

.- Il faut que je t'avoue, si je danse, ce n'est pas juste parce que j'en avais envie et que tu étais là. Non, j'avais envie de danser avec toi, parce que c'était toi, Granger. Et si je ne t'appelle pas par ton prénom, ni n'utilise ton nouveau nom, c'est parce que tous les autres les utilisent, les vulgarisent. Granger, c'est moi. Quand tu entendras « Granger », tu penseras à moi.

Agitée par ces mots, elle s'écarta brusquement. Elle le vit lui sourire dans un mélange d'ironie et de tristesse. Il releva la main et lui replaça sa mèche, de nouveau en travers de son front, derrière son oreille et retourna chercher ses affaires. Quand Hermione, revenue à ses esprits, vint de même à leur table reprendre les siennes, il était parti.

oOo

(1): Je ne veux pas te blesser, je ne veux pas t'influencer,

Comme je sais que je l'avais fait avant, je ne le ferai plus désormais,

J'ai toujours été un rêveur, j'ai eu ma tête parmi les nuages,

Maintenant que je descends, voudrais-tu être ma terre ferme?

Héhé... Aloors? Personnellement, j'ai savouré, j'ai adoré écrire cette fin de chapitre. Et pour info, quand ils donnent l'heure ("Minuit neuf"), c'était exactement l'heure qu'il était quand j'écrivais. Ok, vous vous en fichez mais bon. Voilà, hein. Sont-ils pas mignons tous les deux?

Sinon, pour ceux qui ne savent pas (ça vient de m'effleurer), les WASPs, dont Drago fait mention à propos du président américain, c'est l'abréviation pour désigner les "White Anglo-Saxon Protestant" aux US. Et ces gens-là sont des caricatures de tout ce que la bourgeoisie, les racistes et l'Église a comme travers. Charmant.

Bref, bref, soyons bref, en un mot: REVIEWS...

:)

See'ya!

Next week...

Bisous à tous les lecteurs!

Olivia, alias Stellmaria