Adolescences tardives
/Papa. Dis, pourquoi on ne va jamais voir papi?/ /Scorpius, qui t'a foutu ces idioties dans le crâne?/ /Rose Weasley./ Drago soupira. Il avait fallu qu'elle tienne de sa mère. Il devrait aller parler à Granger, ceci ne devait pas se propager. Post T7
Disclaimer: Tout à JKR, sauf les personnages sortis de mon imagination...
Pairing: HGDM, what else?
Bonjour tout le monde! :) Tout d'abord, mille excuses pour mon léger retard. Faute de fin de semaine, je ne poste qu'au début de la suivante... Je m'en veux un peu. Enfin, il faut avouer que j'étais un peu exténuée. Eh oui, le Bac. Enfin, ce n'est pas fini, je dois encore passer l'oral. Il faut que je commence à réviser... Arrgh. Ce n'est pas de ma faute, il fait définitivement trop chaud, tous les matins je me réveille vers 7h30 car il y a déjà trop de soleil. :( Enfin, j'aime bien ça hein, moi qui me plaignais de la pluie en mai. Mais bon, avec une piscine, c'est quand même mieux. Allez donc habiter en Provence dans un appart'. C'est un plan de suicidaire.
Sinon, pour ceux que ça intéresse (enfin, je vous force pas à lire, hein, vous pouvez sauter directement vers le chapitre, là j'me thérapise un peu, c'est tout), mon Bac s'est relativement bien passé. Bon, très sincèrement, les maths, en L, c'est drôle (oui, j'vous assure, ça arrive. N'empêche que là c'est fini, j'en fais plus de toute ma vie! :D J'attends ça au moins depuis l'CP.), et pour les sciences... Bon, ça allait, excepté qu'il y avait des cours qu'on n'avait pas fait (merci messieurs les profs qui se disent : "bah, ils sont en L, classe de merde, j'veux pas venir faire le travail pour lequel je suis payé"). Il faut avouer que mon prof de physique ne savait pas faire cours : il lisait les fiches. Puis pour nous expliquer, il les relisait! Dingue, non? Sinon, il nous parlait de la fontaine qu'il avait créée avec une classe de S, et qui trône au centre de la cour. C'est cool pour toi vieux. Ou sinon, il causait de son chameau. Oui, mon prof a un chameau. Sigh. Bon, limite, il est marrant (à ses dépends), pas comme le prof de bio, qui lui nous hait, c'est clair (en plus c'est pas comme si on ne venait pas aux cours, nous ;p). Bref, adios messieurs, on s'reverra pas.
Pour le français... hem. On est tombé sur le roman. Jusque-là pas de problèmes. Mais pourquoi s'obstinent-t-ils à nous refiler des textes de corpus très étranges? Pourquoi pas un peu de Balzac? Parce que je veux pas dire moi, mais Balzac au moins tu sais où il veut en venir. Pas comme ces pseudos machins modernes. Bref, résultats le 9 juillet (ça les tuerait de nous les filer plus tôt?). J'suis pas pessimiste, hein, je touche juste du bois.
Vous êtes allés à la fête de la musique? Ok, ma gueule, vous voulez le chapitre. N'empêche, c'est marrant, on croise des gens bizarres. Y'avait même un groupe de rock chrétien. J'ai rien contre, hein, mais je préfère que les "Montre nous le chemin Jésus" restent à l'intérieur des églises. Il y avait aussi un groupe de musiques folkloriques. Très drôle. Pire, des gens dansaient. Failli me faire percuter, au passage. Sinon, un joyeux mélange de bourrés, de drogués, de gamines déguisées en barbie poufiasse, de mères de familles accompagnées des gosses (petits, hein) qui affichaient un tee-shirt "bad girl". Ouais. Pis des tektoniqueurs. Aah, mes amis, par pitié, pendez-les. Brefouille, ce fut joyeux. Bon, là, j'arrête vraiment, j'ai dépassé mon quota de blablatage; :) Bonne lectuure!
Réponses aux reviews anonymes:
lou29 : Coucou ! Contente de revoir tes reviews ! :) Qui s'allongent… (Bon, c'est vrai, tu avais tout de même deux chapitres à commenter !). Alors réponse au cas par cas. Pour le chapitre 5, c'est vrai que j'abandonne un peu les dialogues, très rythmés, pour un peu d'introspection. Il faut savoir que j'avais commencé à écrire la fic en novembre dernier, et que j'avançais petit bout par petit bout (même si je suis loin de la fin), selon mon humeur, et ce jusqu'à ce que je commence à publier, ce qui explique peut-être cela. Mais il faut avouer que je me laisse bien porter par l'introspection. Puis ça permet d'amener des éléments qui auraient pu sembler boiteux dans une conversation. Et je suis contente que tu apprécies Molly (bon, elle va pas être super importante, hein, mais j'aime bien varier les personnages). Sinon pour le chapitre 6. Ah, je redoutais bien de me faire choper. Bon, ce n'était pas voulu, (enfin si, mais non), c'est juste que quand j'écrivais la scène, cette chanson s'est mise sur mon iPod, et elle m'a tellement inspirée que je l'ai mise en boucle. Enfin, c'est vrai qu'il y a une ressemblance, mais en même temps on n'a pas vraiment les mêmes caractères et persos. Pour finir, oui, Hermione va arrêter de boire un jour (ça devient récurrent ! xD), et pour la suite, la voilà ! Bisous !
MiladyMoOn: :) Ma petite Capu! Je suis ravie de voir que tu as aimé le chapitre ! Bon, en fait, je me disais bien que ce genre de scène te plairait… ;) Vu qu'on a déjà un peu débriefé via le téléphone, je te dis juste bonne lecture et… Je t'aime trèès fort ! 3
Phoebé : Hullo ! Merci pour ta review ! Je suis ravie de voir que tu partages ma vision des choses, quant aux couples choisis par notre très respectable propriétaire d'Hp. (Je ne suis qu'une petite exploitante !) Ça me fait plaisir de lire que tu aimes ma façon de mener l'histoire, mais aussi le fond politique, sans lequel, les aventures de nos petits chéris ne seraient pas aussi amusantes (ou pas ;p). Simple question, quand tu parles d'expérience niveau recherche de réconfort avec un ennemi, que dirais-tu de me tuyauter pour la fic ? (si tu veux bien). Car personnellement, je n'ai pas encore testé (quoique la vie soit surprenante.) Bref, j'espère que tu aimeras ce chapitre ! Bisous !
L3a: Merci pour ta review! Simple mais concise ;). Voici la suite !
Liaco : Coucou ! Je suis ravie de lire que je fais partie de tes exceptions de revieweuse ! C'est valorisant. En tout cas que de compliments… merci ! Par contre, je regrette de ne pas pouvoir répondre à ta question… Car je me la pose à chaque fois que je me laisse songer à la fic. Je ne sais pas vraiment comment la fic va finir, mais sache que je vais exploiter l'épilogue du T7, sans qu'il soit fatalement une fin en soi. Bref, j'espère que ce chapitre te plaira !
A winters day in a deep and dark December,
I am alone, gazing from my window to the streets below on a freshly fallen silent shroud of snow.
I am a rock, I am an island.
I've built walls, a fortress deep and mighty, that none may penetrate.
I have no need of friendship: friendship causes pain.
Its laughter and its loving I disdain.
I am a rock, I am an island.Simon & Garfunkel, I'm a rock. (1)
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Chapitre VII
/ Parfois, notre cœur reflète le temps extérieur, ou celui-ci réfléchit notre cœur. Sans doute dans notre souffrance battent-ils à l'unisson./
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Lettre de Drago Malefoy à Blkaise Zabini.
Manoir Malefoy, le 17 décembre 2012.
Blaise,
Pourrais-tu m'expliquer le sujet de ta missive ? Car je ne comprends pas ta véhémence. Tes propos semblaient sous-entendre une suspicion… D'adultère ? Es-tu fou ? Et as-tu si peu de considération envers moi et mon éducation, et envers Astoria elle-même, pour imaginer qu'elle est une femme que l'on trompe ? Certes, notre mariage est plus fragile qu'un fétu de paille. Pourtant Astoria y croit. Moi j'attends. Quand elle cessera d'y apposer le moindre espoir, alors nous agirons. Mais en attendant, sache que j'accepte d'attendre, de l'attendre elle. Car vois-tu, Astoria est bien plus qu'une épouse. Durant ces quinze années passées en un tunnel noir, elle était là. Et toi, Blaise, où étais-tu ? Certes, tu devais toi-même te sauver. Mais je te somme de cesser de me juger tel un grand maitre impartial. Tu n'es pas le meilleur d'entre nous.
Tu veux savoir avec qui je parlais ? Granger, Blaise, c'était Granger. Tu l'avais vu toi-même au restaurant, il y a peu. Pourquoi je m'entretiens avec elle, cela me regarde. Mais la simple connaissance de son identité devrait apaiser tes esprits.
A présent cesse de m'importuner, et passe le bonjour à Selene. Je te verrais vendredi, de toute façon, mais tu serais aimable de ne plus m'agresser de la sorte.
Drago
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.- ... Un autre exemple, Cliodna qui était une druidesse irlandaise du Moyen-Âge. La belle druidesse avait trois oiseaux magiques, peut-être des phénix, qui chantaient auprès des malades pour les endormir et ensuite les soigner. La légende dit qu'elle-même pouvait prendre la forme d'un oiseau marin ou se changer en vague. Son passe-temps favori était de voler. Elle découvrit aussi les propriétés de la rosée de lune, laquelle permet...
N'écoutant que d'une oreille les explications de leur professeur d'éveil aux légendes, Rose Weasley était penchée sur sa feuille. D'un air concentré, elle s'appliquait à esquisser les traits d'un dragon, puisant l'image en grande partie dans les souvenirs de sa dernière visite à son oncle Charlie. Bien qu'élève studieuse, Rose s'ennuyait un peu à l'école et ne se sentait plus d'impatience de commencer enfin ses études à Poudlard. En avance sur son âge, elle avait déjà mémorisé une petite dizaine de sorts qu'elle ne pouvait à son grand désarroi pas tester, faute de matériel. De même, les légendes que déblatérait de façon édulcorée leur professeur, Rose les connaissait déjà et en intégralité. Avoir une mère boulimique de lecture n'y était pas étranger, et la fillette était en bonne voie pour poursuivre la coutume.
Un mouvement à sa gauche attira son attention. Relevant la tête d'un air agacé, elle fronça les sourcils en reconnaissant ce fanfaron de Scorpius Malefoy qui s'ingéniait à envoyer le plus discrètement possible des avions en papier. Ce garçon lui semblait des plus puérils. Un peu plus loin vers le fond de la classe, elle intercepta le regard ennuyé d'Al', son cousin. Elle lui sourit d'un air encourageant, lui indiquant la petite horloge accrochée au mur, dont la plus grande aiguille s'approchait dangereusement de l'axe vertical. Il leva légèrement les mains, un air de fausse adoration peint sur ma face, mimant le bonheur de la délivrance. La fillette partit en une série de toussotements pour cacher le rire qui lui encombrait la gorge, prêt à jaillir.
.- Vous allez bien Miss Weasley ?
.- Oui, oui Miss Bones, juste une poussière.
L'institutrice se désintéressa aussitôt de son cas et repris son long monologue, les yeux plongés dans les pages colorées de son livre, ignorante du monde extérieur. Rose souffla légèrement et retourna à son dessin. Elle était bloquée quant à la façon de tracer la patte du dragon. Celle-ci s'obstinait à être trop courte et disproportionnée par rapport à l'ensemble de la bête. Elle s'apprêtait à opter pour le tracé d'un buisson qui dissimulerait le membre récalcitrant quand elle reçut quelque chose dans l'arrière de la tête. Se détournant, furieuse, elle se saisit de l'avion en papier qui avait volé jusqu'à elle. Deux tables plus loin, Scorpius Malefoy et son acolyte, Nero Zabini, se tordaient de rire, leurs mains empoignant fermement leurs bouches pour en étouffer le bruit. Énervée par ce manège, Rose glissa silencieusement sur le siège voisin et saisit prestement entre deux doigts acérés un bout de la cuisse de son agresseur, le pinçant violemment. Scorpius serra fortement les dents et, dégageant d'un geste leste la main de la rouquine, siffla discrètement entre ses dents :
.- T'es tombée sur la tête ? Qu'est-ce qui te prend ?
.- Et toi, pourquoi me lance-tu un avion dessus ?
.- J'aime pas les rousses.
.- Ok, alors on dira que je n'aime pas les blonds.
Ledit blond haussa un sourcil, guère rancunier.
.- Allez, Rosy, je suis désolé. Mais ce n'est pas si grave un avion.
.- Tu es insupportable Scorpius. J'espère que je ne serai pas dans ta maison à Poudlard.
.- Pour sûr non, tu serais une parfaite griffy.
.- Qui te dit que je ne suis pas plutôt un petit serpent ? Ne te fie pas aux apparences Scorpius.
.- Tes parents te décapiteraient.
.- Oh… Eux, il faudrait déjà qu'ils s'occupent d'eux-mêmes.
Scorpius sourit doucement. Il aimait bien Rose, elle était toujours gentille avec lui, à sa manière. Il ne pouvait en tout cas se plaindre ni de stupidité latente ni d'attitude irritante de sa part. Il est vrai qu'elle s'énervait, mais elle le faisait rire.
.- Allez, ça va s'arranger.
.- Peut-être, je…
.- Mr Malefoy, Miss Weasley, enfin ? Cessez ces bavardages ! hulula Mrs Abbot.
Cependant elle fut rapidement interrompue, pour le soulagement des deux concernés mais aussi du reste de la classe, par la sonnerie stridente annonçant à la fois la fin des cours et le début des vacances de Noël. Tous les écoliers se levèrent d'un même bond, faisant glisser leurs affaires pêle-mêle dans leurs sacoches, commençant tous à bavarder et à pousser des hurlements de joie. Rose elle-même, ne put s'empêcher de se joindre à la liesse générale. Les vacances de Noël étaient, après les vacances d'été, les plus chéries. La perspective des veillées au coin de la cheminée de sa grand-mère, avec tous ses nombreux cousins, des cadeaux et des réjouissances, lui mettait le baume au cœur. À l'exemple des autres, elle jeta négligemment crayons et papiers par l'ouverture de son sac. Alors qu'elle l'ajustait sur son dos, elle remarqua que Scorpius s'était attardé à ses côtés, Nero l'attendant sur le pas de la porte.
.- Oui ? demanda-t-elle, incertaine.
.- Je voulais juste savoir ce que tu faisais pendant les vacances. Nero et moi on pensait peut-être vous inviter un après-midi, Albus et toi, pour faire du balai.
.- Du balai ? hoqueta-t-elle, horrifiée.
.- Ben oui. Mon père en a acheté des petits formats pour que je puisse m'entraîner. Ce serait sympa que vous veniez.
.- On… On y pensera. J'en parlerai à Al'. Tu ne fais rien d'autre pendant les fêtes ?
.- Ben non. Je vais voir un peu de famille sans doute.
.- Tu verras ton grand-père? s'enquit-elle, curieuse.
.- Ce n'est pas prévu, répondit tristement le garçonnet.
Rose grimaça légèrement. Le sujet de Lucius Malefoy la passionnait, elle était fascinée par ce personnage sombre et tortueux depuis qu'elle était tombée sur une biographie à son sujet à la librairie. Le cœur pris d'une soudaine compassion pour le garçonnet, elle se hissa sur la pointe des pieds et lui posa un baiser sur la joue. Puis elle s'enfuit en courant, laissant en plan Scorpius qui, d'ordinaire si pâle, avait viré au rose saumon.
Dehors, les parents attendaient leurs bambins. Hermione se tenait à l'écart, incertaine. Elle avait remarqué le couple Potter près des portes, accompagné de son mari. Et elle était restée tétanisée. Elle n'osait les rejoindre, pressentant avec vivacité le malaise atroce que cela provoquerait. Pourtant elle voulait voir ses enfants. Elle restait donc debout en plein vent, grelotant légèrement, n'osant faire un pas de plus. De mous flocons de neige l'enveloppaient avec tendresse, formant un cocon sécuritaire autour d'elle, qui voulait la protéger de cet affrontement.
C'est alors qu'elle sentit un regard peser sur sa nuque, la vrillant. Elle tenta quelque temps d'en faire abstraction, mais les picotements l'incommodaient et elle finit par tenter un regard en coin, agacée. Ses cheveux bloquant sa vision, elle releva totalement la tête, se tassant paradoxalement un peu plus le visage dans les creux tièdes de son écharpe. À une dizaine de mètres, majestueux en leurs manteaux, se tenait le couple Malefoy, attendant sans doute l'arrivée imminente de Scorpius. Si Astoria ne quittait pas des yeux l'entrée, Malefoy l'avait lui bien remarquée. Ses yeux limpides la scrutaient avec une hardiesse provocante. Un mince sourire flottait sur ses lèvres. Hermione se sentit aussitôt assaillie, son sang se mit à battre plus fort dans ses tempes, l'assourdissant. Prévoyant le reflux de rouge sur son visage, mais aussi car elle était déconcertée par le comportement de l'ancien serpentard, qu'elle trouvait un peu dérangeant, elle se déroba à son regard, trouvant enfin une motivation pour aller de l'avant. Elle fit donc quelques pas, s'approchant du petit groupe qu'elle avait cherché à esquiver. Rose était déjà là, qui babillait d'un air volubile, les joues rosies, argumentant avec Albus Severus. James était aussi sorti, et l'on n'attendait plus que l'arrivée de Lily et Hugo. Ce fut son fils qui, dès le premier pied hors du bâtiment, l'aperçut. Il se précipita vers elle et Hermione s'accroupit pour le recevoir dans ses bras, attirant l'attention de tout le groupe vers elle.
.- Maman ! J'suis content d'te voir ! marmotta-t-il dans son cou.
.- Je t'ai tant manqué, mon cœur ?
.- Ben voui.
Une ombre la couvrit bientôt, accompagnée d'un crissement de pas dans la neige. Hermione reconnut aussitôt Harry. Ron était resté avec Ginny en retrait. Elle n'avait plus reparlé avec la rousse depuis son lendemain de cuite. Elle ignorait donc si elle lui était beaucoup hostile. Les enfants, eux, s'étaient écartés, bien conscients du malaise existant entre leurs parents pour en avoir directement vu les conséquences. James, l'aîné, invectiva Hugo pour qu'il les rejoigne. Le garçonnet obéit après avoir collé un baiser humide sur la joue de sa mère. Elle se releva lentement, rechignant à faire face à son meilleur ami.
.- Harry… Bonsoir.
.- Hermione.
Silence. La jeune femme tordit légèrement la pointe de sa chaussure sur la neige.
.- Il ne veut pas me parler, hein ?
.- Compréhensible, non ?
.- Ne sois pas si partial ! Tu n'as qu'une version de l'histoire.
.- Je vois les effets. Et puis, tu n'avais qu'à me la donner, ta version.
.- Excuse-moi si, quand je suis montée à votre étage, mon mari s'est enfui et tu n'as rien trouvé de mieux à faire que de le suivre. Deux fois.
.- Tu venais pour lui.
Pour toi aussi… Oh, Harry, tu es tout de même mon meilleur ami. Je t'en prie, ne te détourne pas de moi. J'ai moi aussi besoin de ton épaule et de ton écoute. Je sais que ce que je te demande n'est pas facile pour toi.
Le brun plissa les yeux, le visage fermé. Hermione sentit son cœur se serrer face à cette vision. Elle sentit ses yeux s'humecter.
.- Je te promets, Harry, d'essayer d'arranger les choses. Mais si quelque chose ne va pas entre Ron et moi, nous ne pouvons l'ignorer, tu sais. Je vais profiter des vacances et de ce que j'ai moins de boulot pour m'en occuper.
Il rouvrit les yeux et regarda avec tristesse son amie. Un semblant de sourire sembla fleurir sur ses lèvres, mais mourut avant même de se concrétiser.
.- C'est juste que cette histoire me bouleverse moi aussi. Ne t'inquiète pas, Hermione, on trouvera le temps d'en parler. Je sais que Ron est blessé, mais si tu souffres, ainsi que j'ai cru le comprendre, on ne va tout de même pas te laisser t'enfoncer.
.- …
.- Et on compte sur toi pour Noël, hein 'Mione ?
Hermione laissa un sourire éclater sous ces mots alors que de grosses larmes chaudes se pressaient au bord de sa paupière. Elles commencèrent à rouler doucement sur ses joues jusqu'à ce qu'elle puisse gouter à cette saveur salée, libératrice. Elle se rendit compte qu'elle n'avait pas pleuré depuis très longtemps. Que toutes ces larmes, symbole de ses frustrations, ses souffrances, sa douleur, elle les laissait enfin s'échapper. Se sentant de façon très paradoxale faible et puissante dans cette action, elle sanglota de plus belle, de plus en plus fort, son corps commençant à trembler dans le vent glacé de décembre. Telle une flammèche fragile, luttant pour ne pas s'éteindre, pour se maintenir droite et fière, toujours, elle vacilla légèrement.
Les lumières des lampadaires s'allumaient en d'incertains grésillements, la nuit devenait noire. Et alors deux bras la saisirent au corps, puissamment, l'enlaçant. Elle reconnut l'odeur d'Harry comme l'on reconnait une fragrance réconfortante de l'enfance. Saisissant à bras-le-corps son ami, elle serra de ses poings son manteau, se blottissant plus près, plus fort contre lui, pleurant sans imaginer pouvoir s'arrêter. Harry lui frottait doucement le dos. Sentant un liquide atteindre son cou, elle comprit que lui aussi pleurait. Elle en fut émue. Il ne pleurait pas souvent. Harry n'était pas de ceux qui se laissaient aller. Elle non plus, d'ailleurs. Hermione s'accrocha de la sorte à son meilleur ami longtemps, très longtemps, alors qu'il n'y avait plus personne devant la petite école depuis un bon moment, ils étaient là, tous deux enlacés sous la lumière orangée d'un lampadaire, entourés du vent hurlant et de la neige tourbillonnante, qui reconstituait son cocon.
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Journal d'Hermione Granger
18/04/1998
Nous avons été pris. Et relâchés, bien sûr, sinon je ne serais pas là en train de t'écrire, cher journal. Il faut avouer qu'Harry n'a pas été prudent. Mais il s'entête toujours tellement ! Apparemment, le nom de notre cher ennemi à faciès de serpent serait un moyen de détection pour les mangemorts. Un tabou. Et comme Harry s'obstine à l'utiliser…
En t'épargnant les détails, je t'expliquerai seulement que nous avons été faits prisonniers et, à cause de l'épée peu discrète que nous avons en notre possession, conduits au Manoir Malefoy. Nous y avons d'ailleurs retrouvé Luna et Dean – enfin, lui était dans le convoi de prisonniers, elle était sur place. Il s'est passé une chose vraiment étrange, et c'est sur celle-là que j'aimerais me pencher, analyser un peu. De toute façon, je ne risque pas d'oublier cette incursion de sitôt : les garçons emmenés, moi torturée, Ron qui hurle et accourt à ma rescousse – je lui ai enfin pardonné, il a été tellement adorable… –, les sorts qui fusent et la mort de Dobby. J'en éprouve d'ailleurs beaucoup de peine, mais le pire à voir est Harry : il semble dévasté. Ça m'inquiète, surtout vu sa prédisposition à culpabiliser.
Non, ce qui me titille est un détail, l'ombre d'un détail même. Lorsque nous sommes arrivés au manoir, Lucius Malefoy a demandé à Malefoy – fils – de confirmer nos identités, commençant par Harry, puis par moi. Naturellement, je pensais qu'il allait s'empresser d'acquiescer. Ç'aurait été dans la logique des choses. Mais non. Certes, le visage d'Harry était bien tuméfié. Mais moi, je veux dire, j'étais sale, pleine de boue, mais lui m'aurait sans aucun doute reconnue. Il s'acharne après tout tellement à me faire souffrir. J'ai donc voulu soutenir son regard, l'écraser de mon mépris, sachant que j'étais plus ou moins condamnée. Mais il s'est contenté de me regarder, je pouvais tout voir de ses yeux. J'aurai été incapable de regarder ailleurs, ils sont si captivants. Et il a joué la carte de l'incertitude, arguant à son père qu'il n'était pas sûr que je sois... moi. En quelques sortes. Cela n'a pas pris longtemps, Bellatrix n'étant pas dupe, et je me suis vite retrouvée à la merci de sa baguette. Mais les coups de Doloris et autres maléfices sordides n'étaient pas si douloureux. J'ai crié, pour me donner contenance, et parce que réellement, ce n'était tout de même pas agréable - on s'évanouirait pour moins -, et j'ai quand même des séquelles mais je n'ai pas reconnu les symptômes de ces sorts. Et… Oh, Merlin, c'est vraiment étrange ! Harry a embarqué la baguette de Malefoy dans notre fuite, et je me suis risquée à un sort révélant les derniers sorts lancés par celle-ci. Et j'ai découvert un sort de protection. Serait-ce donc lui qui m'a aidée, encore, alors que je subissais la fureur de sa tante ? Je ne veux pas avancer de conclusion, après tout c'est quand même très bizarre, et nous parlons de Malefoy ! Mais il me semblait intéressant de le noter.
Sur ce je te laisse et vais cogiter à tout ça. D'ailleurs Fleur m'appelle – on est chez elle et Bill. À plus tard.
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Pansy Parkinson était une jeune femme accomplie qui symbolisait tout ce dont on pouvait rêver dans le domaine de la réussite. Sa une beauté était singulière mais fascinante, et bien des hommes étaient subjugués par ses allures maniérées, en un attachant rappel des airs des cabarets des années trente. Elle gravissait les échelons de la Justice à une vitesse effrénée, et son nom était de plus en plus cité. Issue d'une famille relativement prestigieuse, elle était courue. Mais mariée. À Théodore Nott, un condisciple de serpentard de ses années d'études à Poudlard, aussi taciturne qu'elle était exubérante, aussi simple qu'elle était apprêtée. On l'aurait plutôt destinée, et on l'avait fait, à un homme partageant son goût des belles choses et des artifices, des intrigues et des jeux de masques, mais celui-ci s'était avéré devenir son meilleur ami et elle avait mis un point d'honneur à séduire cet étrange échalas qu'était Théodore. Mais avant même d'avoir accompli sa tâche, c'était elle qui s'était retrouvée entravée des liens que lui avait discrètement, mais avec une grande efficacité, apposés sa proie. Belle, mariée, riche et influente, Pansy Parkinson-Nott était une femme qui avait réussi. Et ce à la force de son poignet, car malgré son illustre lignage, elle et les siens étaient sortis fortement entachés de la seconde guerre.
Lorsque Hermione pénétra dans son bureau, ce lundi-là, elle se demanda encore comment cela se faisait que Pansy l'invite à son bureau alors même qu'avaient lieu les vacances. Elle ne se souvenait pas de la jeune femme comme d'une travailleuse acharnée. Le bureau était décoré sobrement, mais avec goût, et tout semblait soigneusement rangé. La brune releva la tête en l'entendant entrer. Elle découvrit de ses lèvres carmines un sourire narquois.
.- Entre donc, Granger, puisque nous allons devoir traiter ensemble.
.- En effet, tu m'en vois plus qu'heureuse.
.- Tu t'améliores niveau hypocrisie.
Hermione prit place sur un petit siège en merisier et vissa son regard dans les prunelles d'un noir flamboyant du jeune magistrat.
.- Merci Parkinson –ou plutôt Nott.
.- Fais comme tu veux, j'aime cultiver les vieux souvenirs. Ne compte pas sur moi pour t'appeler Weasley.
.- Toi aussi ? Mais qu'est-ce que vous avec contre ce nom ? grommela Hermione.
.- Pardon ?
.- Non, rien… Bon, je suis donc aussi ravie que toi de cette collaboration, mais selon ma patronne, tu serais douée. J'espère donc pouvoir compter sur tes compétences en leur intégralité, sans mauvais esprit.
.- Ne t'inquiète pas Granger, je ne mélange pas boulot et privé. Je suis professionnelle. Que veux-tu, vu le nombre de personnes qui m'insupportent cela aurait été un peu compliqué.
.- À la bonne heure.
.- Donc quel est ce dossier ? On n'a rien voulu m'en dire. Apparemment vous gardez cela de façon très discrète.
.- Il vaut mieux. Donc, pour te résumer la chose, il y a anguille sous roche dans le dossier de Lucius Malefoy.
.- Il y a toujours anguille sous roche avec les Malefoy.
.- Je te l'accorde.
Pansy se renfonça souplement dans son siège, croisant une jambe sur l'autre.
.- Eh bien, explique donc. Je suis toute ouïe.
.- Au point où en sont mes recherches, je peux dire deux choses : Lucius Malefoy ayant écopé d'une peine de trente-cinq ans à la suite du procès a fait appel. Logique. Par contre, le tribunal reçut plus tard cette année-là une demande d'annulation d'audience. Moins banal. Pas le genre de la maison. Mais ça, personne ne l'a su. Les journaux ont l'air d'avoir étés muselés. Pas un mot à ce sujet. Et depuis… Ça m'étonnerait que Lucius Malefoy ou même sa famille accepte qu'il passe trente-cinq ans à l'ombre.
.- Wow. Ça fait beaucoup d'un coup.
.- Je ne te le fais pas dire.
.- Et tu insinues qu'il y a quelque tractations sordides, quelque complot ou fait affreux qui a suffisamment d'importance pour renoncer à un appel et acheter tous les journaux.
.- Oui.
.- Génial.
Hermione s'autorisa un sourire. Pansy avait l'air enthousiaste. Il était amusant d'observer son visage : toutes les émotions par lesquelles elle passait étaient visibles.
.- Bon Granger, je vais voir ce que je peux faire. Et mélanger un peu de privé au travail : creuser du côté de Drago et d'Astoria, aussi. Elle doit savoir quelque chose vu qu'elle était déjà mariée avec Drago à l'époque. S'il s'est passé quoique ce soit, elle le sait.
.- Je le pense aussi, c'est elle qui est venue me voir en réponse à mon mot d'usage pour l'avertir de la réouverture temporaire du dossier.
.- Tu lui as dit quoi ?
.- J'ai brodé, inventé une perte dans des transactions. Mieux, elle va nous fournir des documents. Naturellement je n'ai pas mentionné ton nom. Tu es libre d'agir. Tant mieux pour nous. Je t'ai apporté une copie du dossier – elle sortit une pochette bien remplie de son sac –, mais évite de le laisser traîner. Il ne faudrait pas que l'histoire se sache avant qu'on n'ait des éléments concrets.
.- En effet. Si jamais quelqu'un du haut de la hiérarchie l'apprenait, on pourrait être suspendues - du moins si l'affaire est aussi importante que ce que tu supposes, et je partage ton avis. Bon, durant ces quinze jours, je fouine et toi, va faire ta visite à Azkaban. On garde contact et on fait le point à la rentrée. Ça te va, Miss Granger ?
.- Parfaitement Miss Parkinson.
Simple, net et précis, tels étaient les adjectifs adéquats. L'entretien avait été expédié en dix minutes et pourtant Hermione ne s'était pas sentie aussi motivée depuis longtemps. À croire que la compagnie de serpentards lui réussissait.
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Azkaban. Ce nom avait toujours fait frémir et ne cesserait sans doute jamais. La forteresse, construite au XVI ème siècle pour les besoins de la Navy royale dans ses croisades contre la fameuse et supposée invincible Armada espagnole, était marquée des noms des deux monarques régnants lors de sa longue et ardue édification. Relevant de la grandeur et de l'aura intemporelle d'Elizabeth I, la reine vierge, la citadelle glaçait le cœur et constituait un rappel éternel des exécutions en séries que qu'avait perpétrées Marie I, dite Bloody Mary. Tout, autant son architecture que les connotations qu'elle portait, prédisposait l'édifice à sa fonction plus tardive de prison lorsque, abandonné des moldus du fait des contraintes d'entretien et d'accès qu'il posait, il fut choisi par les sorciers.
Tout cela, Hermione l'avait lu depuis bien longtemps, au chaud dans la confortable salle commune de sa maison à Poudlard. C'est pourquoi elle n'était pas très rassurée le matin de son excursion. Cependant, les mots couvrant les pages des livres d'histoire peinaient à décrire l'horreur de l'endroit. Suintant, noir, dans une mer en perpétuelle tempête parsemée de tourbillons furieux, au fond de laquelle était crocheté un tapis de roches saillantes et coupantes, le bâtiment inspirait un pur sentiment d'effroi. Énorme, voire colossal, il se dressait comme un géant noir sorti des eaux, si bien qu'on ne doutait pas un instant que Neptune eut pu en faire sa demeure à l'époque reculée des cruels dieux olympiens. Les seules ouvertures visibles étaient la porte, à l'échelle de la prison, et de minces orifices, sans doute d'anciennes meurtrières. La neige molle et gelée qui voletait par vague semblait elle-même se ternir à l'approche de la monstrueuse citadelle. Alors qu'elle rangeait le port-au-loin qui l'avait menée en ce lieu dans son sac, Hermione plaignit du plus profond de son cœur ceux qui devaient vivre ici. Une seule année en ce lieu lui paraissait à présent être amplement suffisante comme peine capitale.
Frissonnante, elle s'avança jusqu'à l'entrée où un auror, dépêché par le Ministère, l'attendait pour l'escorter dans ses recherches en ce lieu austère. Son visage se détendit un peu en reconnaissant la figure noire de Kingsley Shacklebolt, qu'elle avait bien connu durant la dernière guerre et avec qui Harry et Ron avaient gardé contact du fait de leur profession.
.- Kingsley ! Suis-je donc si importante que l'on m'envoie le chef des aurors ?
.- Vous êtes très importante, Hermione, voyons. Héroïne de guerre, membre haut placé du ministère et en plus de cela meilleure amie du Survivant…
.- Minute, rassurez-moi, ce n'est pas Harry qui vous envoie ?
.- Non, il n'est pas au courant. Compte tenu de la confidentialité de votre affaire, nous n'allions quand même pas lancer un appel en plein vent au quartier général des aurors, d'où l'on entre et sort comme d'un moulin. D'ailleurs moi-même ne sais-je pas de quoi il en retourne. Mais ayant entendu votre nom, je me suis dit qu'il serait agréable de vous escorter.
.- En ce cas, je vous suis fort gré, Kingsley. Je vous remercie.
Le noir lui répondit d'un léger sourire. Ensemble, ils s'avancèrent vers la porte qui s'ouvrit en silence à leur approche. Derrière, un hall tout aussi immense et obscur. Plusieurs gardes étaient en faction autour d'une table, et se levèrent en les apercevant. Kingsley leva alors son insigne :
.- Chef des Aurors. C'est pour l'autorisation spéciale faite à Hermione Weasley.
La jeune femme s'avança et, tremblante, sortit maladroitement un parchemin plié en quatre qu'elle étala sur la table de bois humide. Le plus âgé des gardes, aux sourcils grisonnants, se pencha en avant en ajustant ses petites lunettes d'écaille ronde sur son nez.
.- Tout me semble en règle, Mrs Weasley. Nous vous accordons… Disons deux heures, bien que je pense que vous aurez fui en courant bien avant.
.- Je n'en doute pas.
.- Pour vous accompagner tous les deux, poursuivit-il en posant son regard sur l'auror, je vous adjoins Aidan Smith. Il vaut mieux que vous ayez un guide, il ne serait pas très amusant que vous vous perdiez et qu'on ne retrouve vos corps que trois semaines plus tard.
Il conclut sa tirade en lâchant un petit rire grinçant, dévoilant ses dents jaunies. Hermione sourit d'un air crispé. Elle ne pensait pas partager son humour. Cet homme lui déplaisait, il avait l'air un peu fou. Ce qui n'était pas étonnant en soi. Un garde plus jeune et un peu bedonnant s'avança légèrement et elle en déduisit qu'il devait s'agir de leur guide. Sans dire un mot, il se mit à marcher et Hermione et Kingsley lui emboitèrent le pas. Les couloirs étaient bien plus petits et tortueux. Sombres et humides, ils rappelaient une taupinière. Hermione se demanda comment en un temps quelconque des souveraines et plus tard souverains avaient ici étés suffisamment à l'aise pour diriger leur flotte. Comment des soldats supposés être en état d'attaquer avaient pu attendre ici. Et comment des prisonniers, dont certains étaient supposés sortir un jour, pouvaient survivre entre ces murs. Elle soupçonnait les sorciers d'avoir ajouté des sorts à la forteresse, afin de la rendre encore plus sordide. Et même si l'usage de Détraqueurs en son sein avait été aboli, elle se doutait que d'autres souffrances morales avaient du être inventées, plus officieuses qu'officielles. Sur ce point-là, elle blâmerait toujours le monde sorcier pour son retard.
La jeune femme ignorait quel serait son plan d'attaque lorsqu'elle se retrouverait face à Lucius Malefoy. Elle était venue en ce lieu en improvisation totale, ne sachant même pas dans quel état elle allait retrouver son homme. Elle ne pouvait tout simplement pas songer à autre chose qu'à cette affaire qui l'obsédait, et à Malefoy fils aussi, et elle avait hâte que tout soit fini. Après plusieurs longues minutes de marche et plusieurs escaliers tour à tour montés, puis descendus, ils arrivèrent enfin devant la porte cloutée d'une cellule. Leur guide se tourna vers les deux visiteurs et, l'air méfiant, demanda d'une voix aigre :
.- C'est bien la cellule de Lucius Malefoy, immatriculé 1164-9645, que vous désirez ?
.- Oui-da, répondit calmement Kingsley de sa voix profonde.
.- Veuillez attendre dehors, s'il vous plait.
Et leur tournant son gros dos, il commença à trafiquer la serrure avec un jeu de clefs rouillées bien fourni. Lasse d'attendre, Hermione se laissa aller contre le mur, fermant légèrement les yeux. Elle entendait tous les bruits environnants avec une acuité nouvelle. Le cliquetis des clefs, sonore, de l'eau qui gouttait un peu plus loin dans le couloir, des gémissements éloignés et ponctuels et les lourdes respirations, semblant percer l'air humide d'un son éraillé et étouffé. Enfin elle entendit la porte s'ouvrir. Elle avait déjà hâte de partir. Ouvrant les yeux, elle vit Smith s'engouffrer dans la pièce et refermer la porte, marmonnant un :
.- Un instant je vous prie.
Elle leva un sourcil.
.- C'est quand même long, non ? souffla-t-elle à son compagnon.
.- Vous n'êtes jamais venue à Azkaban, n'est-ce pas Hermione ?
.- …
.- Cet espace est très codifié. C'est… Une affreuse microsociété. Les visiteurs sont rares, leur présence est un évènement. Dans cet univers malsain, les gardes eux-mêmes ne sont pas très probes, et n'ont pas le libre usage des ports-au-loin pour partir à leur gré. Ils ne peuvent s'en aller que suivant les roulements. Les règles de la société sont transposées ici, mais selon leurs propres valeurs.
Hermione déglutit difficilement tandis que Kingsley pinçait les lèvres, l'air profondément dégoûté par l'endroit. La jeune femme grelottait tout en ayant chaud, comme prise de fièvres. Il y avait réellement des trafics très obscurs entre ces murs. Enfin Aidan Smith réapparut. Il avait l'air embarrassé.
.- Je suis désolé, mais l'accès à cette cellule ne peut vous être permis.
.- Mais enfin ! protesta Hermione. J'ai une autorisation officielle. Délivrée par le Ministère de la Magie, insista-t-elle.
.- Même. Je vous assure que j'en suis embarrassé mais je dois vous refuser…
.- Qu'est-ce donc que cela ? tonna Kinglsey. Encore une de vos inventions excentriques de gardiens en manque d'évènements ? Nous voulons voir M. Lucius Malefoy, nous avons droit à deux heures, laissez-nous entrer !
.- Je ne peux pas.
Fronçant ses sourcils de telle façon que ses yeux ne soient plus que des fentes ivoirines, l'auror aguerri écarta sans ménagement le gardien et, d'un geste de la main, repoussa le battant de la porte qui alla cogner contre la cloison de pierre en un long écho. Hermione vit la surprise se peindre sur le visage de son compagnon.
.- Mais par quelle diablerie… murmura-t-il.
S'avançant à son tour, la jeune femme se glissa entre Kingsley et la porte et tendit son cou. Ses yeux au début ne virent rien, tant la pièce était sombre. Cependant au fur et à mesure que sa rétine s'habituait à l'obscurité, Hermione dut se rendre à l'évidence : il n'y avait rien. Rien de rien, pas de meubles, pas de Lucius Malefoy. Sa cellule était vide.
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1: "Un jour d'hiver d'un décembre profond et sombre,
Je suis seul, contemplant de ma fenêtre les rues en contrebas
Recouvertes d'un linceul silencieux de neige fraichement tombée.
Je suis un roc, je suis une île.
J'ai bâti des murs, une forteresse profonde et puissante,
Dans laquelle personne ne peut pénétrer.
Je n'ai nul besoin d'amitié ; l'amitié fait souffrir.
C'est son rire et son affection que je rejette.
Je suis un roc, Je suis une île." (Je vous conseille d'écouter la chanson, j'ai été étonnée d'entendre à quel point les paroles collaient avec Hermione. C'est assez fou... Bref.)
Tadaam! Petite fin en suspense... Encore une fois, on alterne les moments Hermione/Drago avec des chapitres peut-être plus introspectifs. Enfin, j'ai quand même laissé une légère incursion à notre blond préféré. Mais je ne vais pas non plus multiplier les rencontres impromptues, cela gâcherait la saveur des plus importantes.. ;) Enfin, il faut bien à Hermione quelque temps pour se remettre, elle est un personnage qui reste fidèle à elle-même, et plus encore aux autres. Quoique des changements puisse survenir... :p Quant à Lucius... Je vous laisse spéculer. Vous pouvez même me les envoyer, tiens, vos spéculations!
Sur ce je vous laisse et vous dis à la prochaine! En espérant que vous avez aimé...
Bisous,
Olivia, alias Stellmaria.
