Adolescences tardives
/Papa. Dis, pourquoi on ne va jamais voir papi?/ /Scorpius, qui t'a foutu ces idioties dans le crâne?/ /Rose Weasley./ Drago soupira. Il avait fallu qu'elle tienne de sa mère. Il devrait aller parler à Granger, ceci ne devait pas se propager. Post T7
Disclaimer: Tout à JKR, sauf les personnages sortis de mon imagination...
Pairing: HGDM, what else?
Salutations. :) Un huitième chapitre un peu moins espacé du septième, niveau jours d'intervalles. M'enfin, ça me plait, parfois je râle de devoir attendre pour poster un chapitre, mais il faut bien que j'ai une marge de temps pour écrire, sinon j'accumulerai les retards... Well, comment allez-vous tous? Dorés comme des pains d'épices, gouttant de l'eau de vos piscines ou le cas échéant de vos douches, qui sont depuis peu devenues vos meilleurs potes. C'est cool la vie.
Bon moi de mon côté, je ne suis toujours pas débarrassée de mon satané Bac. Ces scélérats m'ont collé l'oral le 30 juin. Oh yeah babe, et après tu sautes de joie tellement haut que tu fais un trou dans ton plancher. Et à force de côtoyer la section "provence" de la bibliothèque, t'es presque tenté de te faire un pistou. Sauf que t'aimes pas ça. Ah, aussi, tu en as marre de connaître tous les chauffeurs de bus de ta ligne à force de te taper le chemin jusqu'à la bibliothèque. Et bien sûr le soleil essaie de te crever, ton sac aussi, tellement il est lourd de Don Juan, Candide, Mme Bovary et autres Fleurs du Mal. Allez tous mourir (les bouquins, hein, pas vous!). Bref, j'expérimente l'écran total (oui en plus ma peau n'est pas faite pour le soleil. Expliquez-moi un peu pourquoi j'habite dans le sud) et le thé glacé made by me. Au moins un truc que je réussis.
Breffons, je risque de m'étaler une fois encore sur moi-même. Voilà quelque chose qui me plait. J'ai remarqué la dernière fois qu'il y avait même des inconscients qui avaient lu mon blablatage insipide. Waouh. Bon ben, pas de raison d'arrêter alors. Mmh, y'a-t-il des lecteurs de Philipp Pullman ici? Car ils ont passé la version télé de Sally Lockhart sur arte (oui, j'regarde arte. Je me culture, puis bon, ça change des autres Secret Story. De toute façon, en comparaison à ça, tout est incroyablement cultivé.), et moi, comme un espèce de machin trop émotif, ça m'a rendue ultra triste de voir la mort de Fred. Pfiouu, je déprimais hier soir. Et vous savez ce qui m'a un peu consolé? D'avancer dans la fic! Je ne m'en lasse pas. En fait j'y pense bien plus qu'à l'oral, j'imagine plein de pistes, de scènes, de dialogues... En gros vous êtes chanceux, j'avance bien.
Enfin, trêve de discussion, place au chapitre. Et un gros MERCI pour vos reviews... C'est génial de les lire! Certaines me font bien rire. Puis merci aussi à tous ceux qui me lisent, même sans reviewer, ça veut bien dire que mon histoire en vaut le coup! Allez, Bisous et bonne lecture!
Réponses aux reviews anonymes:
Lipschytz : Coucou ! Merci pour ta review ! :) C'est sympa de voir de nouvelles lectrices ! Et puis tous ces compliments… En tout cas ils me vont droit au cœur, j'essaie un maximum de respecter les persos, leurs caractères, l'histoire de Rowling… Tout en essayant de mener la mienne ! Sinon, tu l'as bien deviné, j'aime beaucoup le couple Drago-Hermione. C'est certes l'un des plus utilisés, mais il est vraiment agréable d'écrire sur eux ! En tout cas j'espère que la suite te plaira ! Bisous
lou29 : Helloo ! Aah, je l'ai déjà dit, mille excuses pour mon retard du chapitre sept. Mais enfin, je suis tout de même plus ponctuelle cette fois-ci ! :) Tu dis que la lettre de Drago te fait rire ? Euuh, ce n'était pas le but escompté, mais bon il faut avouer que son autoritarisme surdéveloppé a une part de ridicule. Sinon pour Rose et Scorpius, ce ne sont que des ébauches, après tout ils n'ont que six ans, c'est juste distrayant. En tout cas ce n'est pas déterminant ! Enfin pour Lucius… Patience ! Je ne dévoile rien… (En fait je ne suis pas encore sûre de la version que je vais choisir, pour son histoire… Je me tâte ! ;p). Bref, bisous et bonne lecture !
MiladyMoOn : En attendant ta review plus consistante :), voici le huitième chapitre ! En tout cas je suis ravie de lire que le précédent t'a plu (même si j'aimerai un peu plus de ton avis, tu sais qu'il m'importe !). Bref, bref, appelle-moi, quand tu as le temps (c'est vrai que toi tu es déjà en vacances… Grr..). Enfin bon, pour moi c'est également bientôt fini. En tout cas bonne lecture et de gros gros bisous !
Il faut réparer, recoller, me recoudre à la foudre super glu des cieux
Messieurs Dames, je ne vais peut-être pas y arriver
Mais allez neige tombe comme avant! Éclaire-moi,
Envoie-moi tes flacons d'éclairs tendres
Tombe sur moi, avalanche avale-moi
Come home little mamma
Come home little bird
Don't stay alone in the rain Dionysos, Neige
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Chapitre VIII
/ Cette impression malsaine, cette nausée, le vide autour de nous, on ne sait ni comment avancer ni s'il le faut vraiment, et l'on reste prisonnier de la nasse. Au risque de laisser notre corps glacé se recouvrir de cette neige de l'esprit. /
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Hermione ne parvenait pas à dormir. Noël était dans deux jours, et elle anticipait anxieusement ce rassemblement. Mais elle savait bien que ce n'était pas uniquement ça qui forçait sa conscience à rester alerte, trop alerte. Sa visite à Azkaban n'avait de cesse de repasser dans sa mémoire. Elle en était partie dans un état second, vaincue par la surprise de sa découverte, mais aussi par les miasmes moribonds du lieu. Ils avaient pris un chemin différent pour le retour et elle avait eu le loisir de traverser la cour de la forteresse: Aride et humide, des engins d'exécution y étaient rassemblés, se faisant doucement givrer par la neige sèche et drue qui tombait, tourbillonnante dans un vent sifflant. Quelques prisonniers décharnés et absents effectuaient leur promenade hebdomadaire. La jeune femme avait eu envie de vomir. Leurs visages décharnés lui évoquaient avec une force bien trop crue les documentaires sur la seconde guerre moldue qu'elle avait vus, dans son enfance. Elle avait baissé les yeux, plissant les paupières au point de ne plus voir qu'au travers d'une fine fente, ne se sentant pas le courage de croiser un regard. C'est avec soulagement qu'elle avait atterri au Ministère avec Kingsley. L'auror avait eu la décence de ne pas lui poser de questions, comprenant le malaise de la jeune femme. Il lui avait toutefois mentionné qu'il était là, si elle voulait se confier. Toutefois la jeune femme était dans un état bien trop brumeux et nauséeux pour prendre à ce moment-là une quelconque décision. Hermione ignorait si c'était dû uniquement à l'atmosphère empoisonnée de la prison, ou si les chamboulements qu'elle avait subis dernièrement étaient aussi en cause, mais elle avait été malade deux jours durant.
La poitrine oppressée, Hermione avait les deux yeux ouverts, pupilles dilatées, et elle fixait le plafond du salon de Jenny en un vain espoir de faire le vide en son esprit. Sa tête s'enfonçait dans l'oreiller qu'elle avait réussi à caler contre l'accoudoir du canapé. D'ordinaire Hermione dormait dans un lit d'appoint, mais celui-ci avait à son grand malheur rendu l'âme. La respiration sifflante, elle sentit une vague de fièvre la prendre. Cela n'allait pas arranger le désordre ambiant dans ses pensées. Elle se sentait partagée entre différents extrêmes. Pour changer. Elle n'avait pas encore mis Pansy au courant de sa découverte. Peut-être parce qu'elle-même ignorait ce qu'elle pouvait en tirer. Elle avait beau retourner cette information en tous sens dans sa tête fatiguée, nulle logique ne semblait découler des différents éléments qu'elle tentait vainement de mettre bout à bout. Demain. Oui, le lendemain, elle irait au Ministère chercher des documents retraçant les procès. Puisqu'elle ne trouvait rien d'où elle était, il lui faudrait se replonger à la source.
Décidée, Hermione se tourna sur son flanc gauche et, tendant la main, elle agrippa son verre d'eau. Saisissant de l'autre un cachet, elle le mit dans sa bouche et l'avala à l'aide d'une gorgée. Alors que le sommeil artificiel l'emportait doucement, la mémoire d'Hermione lui fournit un souvenir lointain, si lointain, vieux de plus de dix ans. Une forme de manoir commença à se former dans son esprit, des cris étouffés ressurgirent en ses oreilles... Mais ces vagues chimères n'atteignirent cette nuit-là jamais le domaine du conscient de la jeune femme.
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La salle des archives du Ministère de la Magie de Grande-Bretagne était la plus grande et fortunée base de données du monde sorcier. Riche de plusieurs millions de documents dont certains remontaient à l'époque de Merlin lui-même, elle avait édifié sa richesse au gré de l'expansion colonialiste du pays, d'abord aux Amériques, puis dans les continents africain et asiatique durant l'époque victorienne. Elle offrait tout ce dont un chercheur pouvait avoir besoin, des renseignements généraux aux plus précises notions des multiples branches du monde magique, et le cas échéant possédait un réseau d'informateurs et de contacts disséminés partout dans le monde pour combler les manques.
En ces derniers jours de l'année 2012, Drago Malefoy y tapotait distraitement de ses doigts pâles le comptoir d'information, attendant que l'archiviste revienne avec les documents demandés. Il aurait bien flâné un peu dans le lieu, mais Astoria tenait à ce qu'il soit de retour au plus vite. Elle n'avait déjà pas tellement apprécié qu'il dût s'absenter durant les préparations de la réception de Noël. Et puis Narcissa allait arriver sous peu, et Drago, qui ne l'avait pas vue depuis deux semaines car elle était en séjour en Italie, était impatient de la retrouver. Apercevant du coin de l'œil la pauvre archiviste qui était en train de se faire assommer par des volumes en déséquilibre, le jeune homme déduisit qu'il avait encore un peu de temps devant lui. Cette bibliothèque était certes riche, mais également affreusement désorganisée.
S'éloignant du comptoir, il erra entre les tranchées d'étagères, s'arrêtant un instant au niveau de la section des potions, puis reprenant sa route. Ses pas le menant vers les tables de travail, il observa un peu les forcenés qui s'y trouvaient attablés en cette veille des fêtes de Noël. Son œil accrocha alors une touffe de cheveux bouclés remarquablement dense. Impossible. Mais pas si improbable. S'approchant d'un pas nonchalant, il contourna la table et son doute fut confirmé. Hermione Granger était bel et bien le genre de forcené à travailler la veille de Noël. Se glissant sans bruit sur un siège de l'autre côté de la table, il croisa ses jambes et observa par-dessus les piles de dossiers dressées comme des barricades le visage concentré de la jeune femme. Les cheveux amenés en un chignon lâche, d'irréductibles boucles venaient doucement effleurer son visage. L'éternelle mèche rebelle chatouillait une fois encore son nez sans que cela semblât la déranger. Un énorme volume ouvert devant elle, elle prenait des notes d'une plume nerveuse sur un calepin. De temps à autre, ses sourcils joliment dessinés se fronçaient et elle mordait sa lèvre inférieure, affichant une moue dubitative.
.- Vraiment, comment fais-tu, Granger ?
Elle releva vivement la tête, visiblement surprise. Ses joues pâles se colorèrent légèrement et elle détourna le regard.
.- Qu'est-ce que tu fous là Malefoy ?
.- J'emporte des documents. Mais ce que je te demande c'est comment tu parviens à trouver le courage de t'ensevelir sous une montagne de boulot alors que tu as une famille à reconstruire.
.- …
.- Alors ?
.- Ferme-la.
.- Pardon ? insista Drago, prenant un malin plaisir à la voir si hargneuse.
.- J'ai dit ferme-la, compris Malefoy ? répéta-t-elle, haussant le ton.
Des regards outragés fusèrent des tables environnantes pour celle qui avait osé rompre si grossièrement le silence quasi-religieux du lieu. Mais Hermione ne semblait pas en avoir cure. Elle prit deux livres de taille conséquente et les rajouta sur une pile de façon à masquer le visage arrogant de l'ancien serpentard. Celui-ci, pas démonté pour deux Noises, saisit l'un des volumes qu'elle venait de poser et le feuilleta.
.- Que de haine, Granger, pourquoi donc ?
.- De toi à moi, ce n'est pas étonnant. Malefoy, écoute, je ne suis pas d'humeur à te voir. Aurais-tu l'obligeance de dégager ?
.- Tu étudies les Grands Procès ? Pas très joyeux comme sujet.
.- Je suis en Justice, ça n'a rien d'étonnant. Et le boulot n'est pas supposé être réjouissant. D'ailleurs j'en ai trop. Donc, toi qui te complais dans l'oisiveté, vas donc rejoindre ta famille. Et rend-moi ce livre.
Mais Drago n'avait plus vraiment envie de partir.
.- Allez, viens donc boire un verre.
.- Non, non et non, Malefoy ! Nom d'un hippogriffe, tu ne vas jamais t'en aller ?
Drago roula des yeux en souriant. Elle reprenait du poil de la bête, la petite lionne. Mais il ne voulait pas trop l'irriter. D'ailleurs il s'inquiétait un peu pour elle, elle avait la mine vraiment fatiguée. Mais il ne pouvait pas y faire grand-chose. Il allait se relever, quand il aperçut entre deux rangées de livres une silhouette connue. L'air pour le moins abasourdi, Ronald Weasley, tenant un livre de Défense contre les Forces du Mal dans un de ses bras ballant, semblait lui aussi avoir tout juste aperçu sa femme, attablée avec son ennemi. Le jeune Malefoy sourit en son for intérieur. Voilà qui était intéressant.
Il se releva avec souplesse, obéissant à la consigne de la jeune femme. Celle-ci, qui n'avait pas remarqué son mari, esquissa un léger sourire à le voir si docile. Il s'approcha lentement d'elle, et tendant la main, il saisit avec délicatesse la fameuse mèche et la remit en douceur derrière son oreille, effleurant sa joue au passage. Il sentit son souffle léger effleurer son poignet. Elle rougit légèrement et leva les yeux vers lui. Plongeant dans le tourbillon chocolat de ses yeux, Drago y remarqua des paillettes d'or. Ce regard était unique. Par-delà sa manigance, il se sentit troublé par ces yeux, par le velours de sa peau qu'il avait caressée. Sa main était toujours en suspens, chatouillée par les cheveux fous qui s'y accrochaient. Hermione la repoussa, agacée seulement à moitié.
.- Vas-tu partir maintenant ? souffla-t-elle.
Drago se contenta de relever la main et de refaire de son pouce le contour de la joue de la jeune femme. Celle-ci, tétanisée, n'osait bouger. Puis, après un léger hochement de tête, il partit, laissant Hermione désarçonnée, le regard dans le vide. Et Ron, caché derrière ses étagères, en proie à un désespoir muet.
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Lettre de Daphné Greengrass à Astoria Greengrass.
Manoir (...), le 18 avril 1998
Ma chère Astoria.
Je t'envoie ce court message pour t'avertir que je reviendrai à Poudlard pour les vacances de Pâques. Ma présence n'est plus requise au Manoir. Je t'expliquerai tout quand je serai ici. J'ai vraiment hâte.
Je voulais juste soulever un point : la rumeur d'un début de romance entre toi et Drago Malefoy. Es-tu folle ? As-tu la moindre idée du péril vers lequel tu cours ? De plus j'ai vu Drago, il y a peu, alors qu'il avait été appelé au Manoir Malefoy. Il m'a paru comme fou. Il paraît qu'il a été malade, assez gravement, mais je pense que ce n'est pas que ça. On raconte qu'on avait attrapé Potter et ses deux amis et qu'ils se sont enfuis, et la « maladie » de Drago coïncide étrangement. Je ne veux m'avancer en rien, mais ce garçon m'inquiète un peu : il ne se souvient de rien. Il ne pourrait me dire ce qu'il s'est passé ce jour-là. En tout cas, je t'en supplie, sois prudente. Je sais qu'il a du charisme, mais tu ne peux savoir par où il est passé, ni ses véritables intentions. Pourquoi ne t'intéresse-tu pas à Blaise pour changer ? Ou à un garçon de ton année ?
En attendant de te revoir, je t'envoie toute ma tendresse. Tu me manques énormément, petite sœur. Les parents vont plutôt bien, et Maman me charge de te dire qu'elle te félicite pour ton permis de transplanage, mot pour mot : «… du premier coup ! Ma fille, ma petite Astoria … » Je t'épargne la suite !
Bises,
Daphné
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Jenny s'installa dans un coin renfoncé du Chaudron Baveur. Bien que renommé, le bar ne faisait décidément pas le moindre effort de présentation et le meilleur comme le pire de la population sorcière pouvait s'y croiser. Pourtant, à l'instar de nombre de ses semblables, elle ne s'imaginait pas abandonner un jour la fréquentation de ce lieu si connu. Sirotant une Bierraubeurre, elle promenait son regard autour d'elle. Quelques tables plus loin, un groupe de gobelins discutait âprement autour d'une bourse fermée qui paraissait joliment remplie. Des sorcières américaines en échange estudiantin depuis Salem riaient à gorge déployée aux côtés de garçons sans doute sortis depuis peu de Poudlard, vu les boutons qui subsistaient sur leurs visages. Près d'une fenêtre, une momie égyptienne buvait un diabolo menthe qui teintait ses bandelettes du thorax d'un vert d'herbe fraîche. Derrière le bar, Tom, imperturbable, siégeait. Vu son grand âge, il était assisté par Hannah Abbot, supposée prendre bientôt la relève de l'établissement. La porte donnant vers le côté moldu s'ouvrait et se refermait au gré des allées et venues. Jenny finit par fixer son regard dessus, et quelques minutes plus tard, Hermione entrait, apportant avec elle quelques flocons neigeux qui vinrent fondre sur le sol poussiéreux.
.- Amie du jour, bonjour, dit Jenny alors qu'elle s'asseyait. Une mouche t'a piquée ce matin pour que tu te sois levée si tôt que nous ne nous soyons pas vues ?
.- La mouche du boulot, répondit Hermione avec une moue bougonne. Et devine, devine, devine ce que j'ai trouvé dans la salle des archives ?
.- …
.- Allez, propose quelque chose au moins, sinon ce n'est même plus marrant.
Elle avait l'air d'un enfant ayant découvert la cachette du lapin de Pâques.
.- Je ne sais pas moi… Lulu Malefoy a séduit le Ministre qui l'a enlevé de sa cellule pour en faire son giton ?
.- Jenny !
.- C'est toi qui voulais que je propose quelque chose. Puis ça expliquerait pourquoi le petit ne peut pas voir Lucius.
.- Bon, vu que tu as l'air d'y attacher tellement d'importance, je ne dirai rien.
.- Oh non ! Allez Hermione.
Reniflement.
.- Je t'en supplie ô déesse des déesses, dévoile-moi la Vérité ultime !
.- Ce n'est pas exactement la vérité, mais en tout cas ça en vaut le coup, écoute : le mariage des époux Malefoy a été dissout entre le procès et le moment où devait advenir l'appel.
.- Tu as appris ça dans les comptes-rendus des procès ?
.- Non, ils sont d'ailleurs très fragmentaires. J'ai, en désespoir de cause recherché l'arbre généalogique des Malefoy.
.- Pourquoi ?
.- Ennui profond, ça te va comme explication ? Bon, on peut tirer de cette nouvelle deux idées : Soit Lucius est mort à Azkaban, ce qui ne serait pas étonnant vu le lieu, mais je ne vois vraiment pas pourquoi on aurait caché la chose. Soit ils ont divorcé. Or le divorce est impossible après ce type de mariage sorcier. La séparation physique à la rigueur, sur entente mutuelle des époux, mais un divorce non. Or seul ce cas peut conduire, avec un décès, à la dissolution d'un mariage, surtout dans ce genre de famille. Les deux hypothèses logiques sont donc sérieusement amputées.
.- Cette histoire sent de plus en plus le moisi.
.- Merci pour ton aide Jenny, ta réflexion change tout.
La jeune secrétaire, en appui sur un poignet, tira dédaigneusement la langue à son amie. Hélant un serveur, elle commanda deux Whisky Pur Feu.
.- Il faut bien ce qu'il faut.
.- Je suis d'accord avec toi. Je pense que je vais tout simplement mettre cette histoire dans un coin bien reculé de ma tête pendant quelques jours. J'en ai besoin.
.- Je n'en doute pas.
Elles levèrent leurs verres et trinquèrent, complices. Alors qu'elles allaient boire, Jenny chuchota, malicieuse :
.- Et puis il vaudrait mieux ne pas trop songer au beau Drago Malefoy quand tu seras dans la famille de ton mari…
.- Jenny ! Enfin…
.- Il est superbe, admets-le.
.- Rien du tout. Tais-toi et bois.
.- Tu m'incites à l'ivresse ?
Souriante, Jenny trempa ses lèvres dans le breuvage alcoolisé. Hermione la fusillait du regard, mais petit à petit, à mesure que les secondes passaient, un rire nerveux les saisit. Elles furent rapidement écroulées à rire aussi discrètement et élégamment que des cachalots en rut. Essuyant les larmes qui perlaient au coin de ses yeux, Hermione se redressa, un peu rouge, sous les regards outrés d'une vieille sorcière assise une table plus loin. La douairière, enveloppée dans un châle en peau de renard, et affublée d'un chapeau des plus extravagants, évoqua curieusement à la jeune femme la terrible grand-mère de son ami Neville Longdubat. Et son épouvantard, personnifié en troisième année par leur sinistre maître de potions de l'époque, Severus Rogue. Elle allait reprendre la parole quand une voix rêveuse retentit derrière son épaule :
.- Hermione ! Oh, quelle surprise ! Je te croyais en pèlerinage à Irkoutsk pour rencontrer le Grand Singe du Baïkal.
La jeune femme se retourna et reconnut aussitôt Luna Lovegood, qu'elle n'avait pas vue depuis près d'un an. À croire que le simple fait d'avoir pensé à ses années de collégienne avait fait apparaitre l'excentrique Serdaigle. Toujours aussi blonde, quoique les cheveux plus courts, elle portait un chapeau de soutien à l'équipe d'Irlande en forme de trèfle et des lunettes de soleil en à monture en cœur étaient perchées sur son nez. Ses boucles d'oreille, détail saugrenu, étaient des poireaux miniatures, ce qui pouvait s'avérer polémique pour des fans de Quidditch sachant que c'était là le symbole du Pays de Galles.
.- Luna, quelle bonne surprise! Ça fait longtemps que je ne t'ai pas vue, même si je n'ai absolument aucun pèlerinage de prévu.
.- Oh, c'est pourtant dommage.
.- Je n'en doute pas. Veux-tu te joindre à nous ? Je te présente Jane Rosier, une amie qui est également collègue de bureau. Jenny, voici Luna Lovegood, je t'ai parlé d'elle, je crois.
.- Enchantée, dit vivement Jenny, complaisante.
Luna répondit d'un sourire éclatant et déplaça sa chaise pour atteindre la table des deux amies.
.- Alors, que fais-tu ici Luna ?
.- J'attendais Dean et son meilleur ami, tu sais, l'Irlandais. Ah oui Seamus. C'est lui qui m'a rapporté ce chapeau.
.- Très joli. C'est gentil de sa part. Ça fait longtemps que je ne les ai pas vus, eux non plus.
.- Oh, tu sais ils sont occupés. Seamus est en train de monter en grade au Chicaneur.
.- Il y travaille ? Pourtant il me semblait qu'il était pigiste pour la Gazette.
.- Il a changé d'avis. Mon père lui offrait un bien meilleur poste.
.- Je vois.
.- Et Dean occupe une grande part de son temps à fuir sa mère.
.- Comment ça ?
.- Eh bien, tu sais comment sont les mères avec les préparatifs de mariage.
.- Il va se marier, c'est vrai ? On connaît l'heureuse élue ?
Luna sourit largement et avança sa main garnie à l'annuaire d'un anneau certes précieux mais qui avait la fantaisie de changer de couleurs. Forcément.
oOo
Ron remuait nerveusement sa petite cuillère dans sa tasse de café. Le breuvage brûlant dégageait de fins effluves de vapeur qui s'entrecroisaient en une flammèche ondoyante, avant d'atteindre le point de non-retour et de disparaître. Car plus haut, cette vapeur ne pouvait plus être. Tout comme son couple. Ron soupira et repoussa un peu plus loin sa tasse. Décidément tout était bon à le ramener à ses sombres pensées. N'y aurait-il donc aucune trêve? Son regard se reporta vers le bout de papier posé en post-it sur un coin de la table. L'écriture hachée d'Harry lui demandait de passer un coup de cheminette à Hermione pour l'inviter plus formellement au dîner du réveillon de Noël. Ce serait l'occasion de parler, précisait-il, même si ce n'était que pour cela. Il ne fallait pas laisser la situation s'enliser plus encore, il devait vaincre sa rancœur et son malaise, et accomplir son devoir. Ne serait-ce que pour éviter que la confrontation ne se fasse le jour de Noël. Il fallait penser aux enfants. Leurs ennuis maritaux ne devaient pas trop les perturber, ils devaient les protéger au mieux.
Il s'écarta de la table de la cuisine, se grattant la nuque. Devait-il?... Il ne s'en sentait absolument pas capable. Pourtant, Merlin qu'il avait envie de la voir. De la toucher aussi... Le souvenir de la salle des archives le percuta de plein fouet. Il avait beau repasser les bribes de scène qu'il avait vues en sa mémoire, cela n'avait aucun sens. Malefoy et Hermione discutaient... Certes, ils étaient adultes, la chose n'était donc pas si ubuesque que ça, et sans doute n'était-ce pas très important. Il lui semblait se souvenir qu'Hermione étudiait un dossier sur Azkaban. Les détails de celui-ci lui échappaient, mais cela justifiait qu'elle ait eu à s'entretenir avec lui. D'ailleurs Hermione s'était comportée normalement, elle exigeait de ce cancrelat qu'il parte. Pourtant... Certains gestes ne pouvaient être niés. Cette main qui s'égarait, cette peau qui rougissait. Les regards, appuyés et fuyants. Une sorte de complicité. Toutefois il lui semblait bien qu'Hermione n'avait eu aucun contact avec cette famille depuis l'époque de Poudlard... Et si..? Il secoua la tête et se leva, un peu trop brusquement peut-être car il se sentit vaciller. Il ne devait pas y réfléchir ainsi, dans l'état où il se trouvait. Chaque détail pouvait prendre des propensions énormes, et son esprit accablé était bien capable de le transformer de façon tellement imperceptible que...
Chassant ses pensées, il saisit brusquement sa tasse de café et avala le breuvage d'une traite. Le goût âcre du liquide lui remit en place ses idées. Tant mieux. Il s'approcha résolument de la cheminée et alluma un feu d'un coup de baguette. Saisissant un pot de céramique grecque - rapporté du dernier voyage des Potter - qui trônait sur le manteau de la cheminée, il pinça un peu de poudre charbonneuse et en saupoudra l'âtre. Les flammes prirent aussitôt une teinte verte. Serrant les dents, il se baissa et se mit à quatre pattes. Il était temps. Il passa sa tête dans les flammes.
.- Hermione Weasley-Granger, 24 Churchill road, Birmingham.
Bien vite les volutes des flammes se dissipèrent et il put apercevoir son salon. L'émotion ne fut pas trop poignante, vu qu'il alternait d'un accord tacite avec sa femme l'occupation des lieux, afin de voir les enfants, mais il se sentit comme en faute, comme un voleur espionnant effrontément. Énervé de subir ce genre de pensées, il héla peut-être un peu trop brusquement:
.- Hermione? Tu es là? Je dois te parler.
Il attendit quelques secondes avant d'entendre un vague remue-ménage. Moins d'une minute plus tard, il voyait Hermione, la mine confuse, s'encadrer au travers de la porte du salon. Elle ne portait qu'une mince serviette blanche en éponge nouée autour de la poitrine et ses cheveux gouttaient abondamment, laissant de fines perles d'eau rouler sur sa peau blanche. Elle resserra légèrement ses bras autour de sa poitrine en un geste pudique. Ron accusa douloureusement le coup. S'étaient-ils tant éloignés que cette bienséance dusse s'imposer? Hermione semblait surprise de le voir là.
.- Ron! Je... Que fais-tu là?
.- Je devais te parler, répondit sommairement le rouquin, se giflant mentalement au son de sa gaucherie.
.- Hum... je prenais une douche.
.- Je vois.
Il s'autorisa un sourire. Elle lui répondit, quoi que sa mine fût bien plus crispée.
.- Tu aurais pu venir complètement, si tu voulais enfin qu'on s'explique.
Ron encaissa sans broncher le reproche dissimulé. Il devait admettre qu'il n'avait fait que la fuir.
.- Hum. Ce n'est pas pour ça que je suis là.
.- Ah. Eh bien... Pourquoi alors?
Une ombre venait de voiler le visage de la jeune femme. Cependant elle s'avança et se laissa mollement tomber sur le canapé faisant face à la cheminée, repliant ses jambes à ses côtés. Ron ne put empêcher son regard de voguer, aguiché, sur le corps de sa femme. Il se sentait comme un voyeur, pourtant, il était son mari, il en avait bien le droit! Mais cela faisait si longtemps... Elle était véritablement dans la fleur de l'âge, une sensualité innocente se dégageait de ce corps à peine couvert. Le rouquin sentit ses oreilles et ses joues chauffer. Il ne devait pas... Il tenta de détacher son regard de ces courbes appétissantes qu'il n'avait que trop négligées. De ces prunelles fondantes, qui le fixaient, en attente. De ces boucles humides, qui dégageaient un léger parfum d'iris. Ce n'était pas le moment.
.- Harry m'a chargé de te rappeler que tu es attendue pour le réveillon.
.- Je m'en souvenais.
.- Dans ce cas, ce sera toi qui amèneras les enfants. J'aiderai Maman dans la journée.
.- Oh, bien. Molly aura-t-elle besoin de moi?
.- Je ne pense pas.
.- ...
.- Vous serez attendus pour six heures et demie.
.- D'accord.
Ils baissèrent le regard, affreusement mal-à-l'aise. Avec l'impression à parler à des murs d'incompréhension. Même pour ces simples informations. Harry avait eu tort, cela ne l'avait pas aidé de prendre cette initiative. Il lui pressait à présent de se retirer.
.- Bon eh bien... Je vais y aller alors.
.- Soit.
.- À ... À demain, alors.
.- Oui, à samedi. Ron?
.- Oui?
.- Je voulais juste savoir, je sais que les enfants, bien sûr, restent dormir au Terrier mais... Merlin c'est bizarre de demander ça, mais, et moi?
Ses joues s'étaient furieusement embrasées. Il pouvait entendre sa voix, nouée. Cela lui serra le coeur. Toutefois, elle avait raison, il n'y avait pas pensé. Cela lui semblait si... naturel! Il avait juste oublié que ça ne l'était plus. Il plissa les yeux, réfléchissant à une alternative.
.- Tu sais, généralement, on ne se couche presque pas, on a tellement à se raconter entre parents. Il y aura vraiment tout le monde. Tu ne vas quand même pas passer Noël seule, c'est ta famille tu sais.
Hermione releva la tête, l'air surprise des mots de son mari. Celui-ci semblait tout aussi étonné qu'elle.
.- Ron, merci, vraiment.
.- De rien, c'est juste... normal.
Elle hocha la tête, lentement, à mi-chemin entre joie et consternation. Puis la tête de Ron disparut et elle reversa la sienne sur les coussins du sofa, des larmes roulant silencieusement hors de ses yeux sans même qu'elle ne s'en rende compte.
oOo
J'ai hésité à traduire le peu de mots en anglais de l'extrait de chanson, mais je me suis dit, "non quand même, ça ils le comprennent!" ;) J'espère ne pas m'être trompée... En tout cas, cette chanson est à écouter, je la recommande vivement. En fait je recommande le groupe tout court! :)
Alors ce chapitre? Un peu mélancolique certes, mais j'ai tenté de l'alléger par la présence de Jenny. Elle est bien utile celle-là... ;p Et puis Luna, ze return. Ahalala, elle est vraiment fantastique. J'ignore si je lui ménagerai une place dans l'intrigue. Qui elle-même avance, insensiblement. De petite découverte en petite découverte.
Puis je vous ai accordé une nouvelle scène avec Drago... Et ai distillé un peu de jalousie.
En tout cas, n'hésitez point, jugez, commentez, ou tout simplement lisez.
Bisous à tous!
Olivia, alias Stellmaria.
