Adolescences tardives

/Papa. Dis, pourquoi on ne va jamais voir papi?/ /Scorpius, qui t'a foutu ces idioties dans le crâne?/ /Rose Weasley./ Drago soupira. Il avait fallu qu'elle tienne de sa mère. Il devrait aller parler à Granger, ceci ne devait pas se propager. Post T7

Disclaimer: Tout à JKR, sauf les personnages sortis de mon imagination...

Pairing: HGDM, what else?

Holà! Todo el mundo va bien? Perfecto. Reprenons donc en français. :) Je m'en vais les gens ! Enfin, non pas définitivement, mais pas de post avant le 26 juillet minimum, je ne serai point là. Mais n'affichez pas ces mines tristounettes, enfin ! Certes, je vous dois des explications : je vais dans les Alpes, dans une maison de famille paumée, sans Internet ni téléphone (hormis le portable qui ne passe qu'avec modération). Là vous me comprenez mieux, non ? Dans le genre « je passe des vacances dignes d'une mamie qui mate Inspecteur Derrick », y'a moi. Mais soyez heureux, je vais avancer dans l'écriture de l'histoire (seule solution pour ne pas me pendre). Erf. Breffons. Je serais bien obligé de faire ça, car il n'y a que des pseudos kékés dans le village en bas de ma montagne. Youpla boum. C'est trop funky la vie. Sinon y'a les soldes pour se consoler (bon pas au village, hein, je profite tant que je suis encore en contact avec un semblant de civilisation). J'aime les soldes. :) C'est une merveilleuse invention de l'homme pour l'homme. Mais bon, je n'ai plus un rond. Mais je suis heureeeuse (paradoxe à étudier). Mmh… Je suis en manque d'inspiration (c'est rare, je vous l'assure). Pourtant j'aime bien blablater sur ma vie. Mais bon, il ne se passe rien à rien. C'est désespérant. Donc je ne vous retiens pas plus et vous souhaite une bonne lectuure ! :) Ps : Pourquoi à chaque fois que je croise mon voisin super canon il faut qu'il m'arrive une tuile ? Quand ce n'est pas mon père, à mes côtés, qui chante « Prince Ali » (oui, mon père fait ça), la dernière fois j'étais en larmes en train de piquer une crise toute seule en promenant mon chien, mon mascara ayant bien entendu coulé joyeusement. Me console pas surtout ! Pff… Bon, il ne me connaît pas non plus, hein. Bon voilà, ça y est, c'est fini. Promis.

Réponses aux reviews anonymes:

Phoebé : Wow quelle longue review ! Mercii ! Ça m'a fait plaisir de lire tout ça ! :) (et puis si à chaque fois que tu manques un chapitre tu m'envoies une review aussi longue, je suis prenante !). Donc bon, j'espère que tu profites bien de tes vacances ! Passons à la réponse. Alors je suis contente de lire que tu partages mon avis sur la réaction d'Harry. Il est selon moi bien trop mature pour prendre parti de façon radicale. Et puis le choix est dur : Ron, son meilleur ami, ou Hermione, qu'il considère comme une sœur ? C'est impossible, le mieux qu'il puisse faire c'est de composer entre les deux. Sinon pour Rose et Scorpius, je me fais plaisir. C'est tout de même bien agréable de prendre un point de vue enfantin, après tous les dilemmes des adultes ! ;) Et c'est sûr qu'ils tiennent de leurs parents ! (Merlin, qu'est-ce que ça va donner quand ils auront grandi ?! oO). Au sujet de la « pseudo-réconcialiation » entre Ron et Hermione, je ne la considère pas réellement comme telle. Ils n'arrivent plus à communiquer, ce qui n'est pas vraiment de bonne augure. Puis comme tu l'as souligné, la jalousie arrive… Spoiler : elle explosera un peu à ce chapitre ! :) Sinon Luna… Ah, elle me manquait. Il faudra que je la fasse revenir ponctuellement. Maintenant, abordons l'affaire Lucius. Je fais planer le suspense (d'ailleurs je n'ai pas encore choisi entre différentes versions sur son état, donc mystère à tous les étages, hein ?). Puis Pansy qui va bientôt attaquer (pas encore à ce chapitre, toutefois), avec toute la classe qui lui incombe. Pour finir, merci de m'avoir raconté ce qu'il s'était passé avec ton « meilleur ennemi ». Je ne te demandais pas tant de détails, mais c'est en tout cas instructif. Et je trouve ça bien que ma version de cette situation soit vraisemblable ! En tout cas, de mon humble point de vue, c'est dommage qu'il ne se soit rien passé. Ç'aurait été mignon (enfin, l'histoire, hein, après je ne le ni te connais pas ;p). En tout cas merci pour ce luxe de détails, autant pour ton anecdote que pour le commentaire des chapitres ! Tu es invitée chaleureusement à recommencer ! :) Et merci aussi pour tous ces adorables compliments… Puis bonne lecture ! Bisous

Liaco : Merci d'avoir pris le temps de reviewer ! Je suis contente que tu sois toujours satisfaite des chapitres, vu que les choses se corsent ! Enfin, je tente d'être régulière, mais là, avec la période estivale, ça va être plus compliqué. Au moins la fic est largement lancée ! Et merci aussi pour tes encouragements pour le Bac. Je passais moi aussi les épreuves anticipées (je suis en première L), et j'espère que ça s'est bien passé pour toi. Les résultats le 9, hein ? ;) Allez, bisous.

lou29 : Aah, ma petite revieweuse que je commence à reconnaître ! (et dont j'attends à chaque fois le message ! :D) Certes oui, la réaction des parents face à l'affection qu'ont l'un pour l'autre Rose et Scorpius (même si ce n'est qu'enfantin) serait amusante. Je n'avais pas prévu d'écrire ça mais qui sait… Histoire d'introduire une pointe comique. En tout cas je suis ravie que le chapitre t'ait plu ! Eh oui, Drago tente encore une fois de corrompre Hermione aux joies de l'ivresse (c'est aussi parce qu'un bar est bien plus pratique pour la faire tourner en bourrique que la salle des archives !). Mais enfin, n'est-il pas supposé représenter une part de tentation ? ;) Par contre, c'est sûr que pour Ron, cette partie-là était peu agréable (j'ai pensé au dernier moment à le faire intervenir). Il va encore en prendre dans ce chapitre (et pas forcément dans la voie à laquelle tu penses… Je me comprends !). En tout cas, tu auras effectivement droit aux réveillons. Joyeux Noël, n'est-ce pas ? (Dur dur d'écrire ces scènes quand je ne pense qu'à m'enfoncer dans l'eau d'une piscine) Allez, bonne lecture et de gros bisous !

MiladyMoOn : Ma Capuchinette d'amùùùr. Aah, j'étais ra-vie de pouvoir parler aussi longtemps avec toi la dernière fois, vraiment. Et merci pour ton message sur face ! :) C'est dommage que tu n'aies pas pu voir la version de la BBC de Sally Lockhart. C'était pas mal. (zieute peut-être Dailymotion) Toutefois, ç'aurait peut-être été mieux s'ils avaient décomposé comme pour Orgueil et Préjugé 3. Mais enfin, comme je le dis, c'était tout de même bien agréable. Pour en revenir à la fic… (oui, il faut !) Tu ne me tireras point les vers du nez concernant Lulu. Muaha. Brefouille, c'est sûr que c'est une histoire pour le moins tordue… Sinon, pour les anecdotes historiques… Mouais, on va dire que c'est pour faire des effets de réel. Et puis j'ai toujours aimé les livres qui instruisaient tout en divertissant, et même si je n'ai pas la prétention de le faire, je tente au moins quelques références. Puis Drago… Il ne peut pas s'en empêcher, hein ? De toute façon, Ron commence à être encombrant ! xD Et enfin, au sujet des lettres, j'essaie de situer les états d'esprit des personnages, ce par quoi ils sont passés, et cela par le regard de personnages qui n'interviendront pas forcément mais qui enrichissent le panel de personnalités avec lequel je dois jouer (et avec lequel je m'amuse !). Puis bon, ça m'agace un peu les flash-back brutaux, pour tout t'avouer. Pour finir, Loufoca le retour. Elle me plait infiniment. Elle pourra toujours servir pour remarquer ce que personne ne voit (je voue une admiration profonde à ce personnage !). Et oui, elle se marie (JKR l'a précisé, même si c'est avec un autre perso, mais je n'avais pas envie de l'ajouter ;p). Voili voilà, j'espère que le chapitre te plaira ! De gros bisouss ma Capuche ! :)

Santa Claus won't come tonight, he is never late;

The reindeer may have been shot in the skies, of the USA;

For a long time, I have been told lies;

Am I dumb? Am I blind? I am feeling so fine...

Good news: I won't see your faces

Round the cold turkey

So come back home and hug your neightbours

You have saved the tree (1) Cocoon, Christmas Song

oOo

Chapitre IX

/ Où la neige n'éclaircit pas vraiment l'atmosphère. /

oOo

Drago Malefoy s'essuya délicatement le coin de la bouche avec une serviette d'un blanc immaculé. Une fois encore, le festin de Noël tenait ses promesses et honorait dignement le nom de sa famille. Point de repas intime et amical, bien sûr, ceci n'était réservé qu'au lendemain. Le réveillon, lui, était un jour faste servant à augmenter le rayonnement du nom des Malefoy. Les plus dignes familles, triées sur le volet, veillaient à fournir au moins l'un de leurs représentants à ce dîner. Différentes tables étaient apprêtées, les plus éloignées comportant des représentants d'œuvres caritatives et des membres du Ministère - un bon point pour l'image - et les plus proches composées de la crème de la société, et surtout de celle qui avait la chance immense d'être dans les petits papiers ou mieux - et plus rare - dans les amitiés des Malefoy. Un véritable cérémonial, le mot n'était pas de trop. Tellement, même, que la honte était grande quand, en signe de disgrâce, on manquait à envoyer une invitation à telle ou telle famille. Cette coutume pouvait sembler bien austère, mais elle illustrait relativement bien la réalité de la société sorcière britannique : tiraillée entre les coutumes des anciens et l'ouverture d'esprit du siècle. Pourtant nul ne songeait à remettre en question une telle tradition où l'on rivalisait de prestige et de paillettes. Il était bien le propre de tout être humain - moldu ou sorcier - d'aimer se parer et parader à sa propre gloire, n'en déplaise aux penseurs.

Le maître des lieux ne sentait jamais aussi bien bouillonner le sang et l'assurance de ses ancêtres en ses veines que lorsqu'il promenait ainsi son regard conquérant sur cette assemblée de sorciers prêts à tout pour admis et approuvés, tous réunis en ce lieu renfermant tant d'usages voir de légende. Il savait bien, à présent, qu'il n'y avait guère de degré de pureté de sang, mais le lignage restait un précepte important à ses yeux. Car c'était sans doute la trace la plus immuable de tous ceux qui avaient été avant lui, bien plus que les forteresses et richesses amassées, ou que le nom imposé d'autorité comme celui d'un souverain. Sans son sang, il n'avait plus rien.

Drago se renfonça dans son siège brodé de velours, se laissant entraîner par le doux menuet qu'égrenaient les musiciens alors que le ballet des plats s'activait sur les tables, débarrassant prestement les assiettes vides afin de laisser la place libre aux innombrables desserts. Une main fraîche vint serrer la sienne. Imperturbable il tourna la tête et haussa un sourcil. Astoria lui sourit gentiment, les yeux égayés par le vin français qui avait coulé en abondance.

.- La soirée est un délice, tu ne trouves pas? observa-t-elle, la voix soyeuse.

.- Comme toutes nos soirées, ma chère épouse.

.- Ne sois pas si guindé, enfin. C'est Noël!

.- Certes.

Drago serra légèrement la main de sa femme, qui à ce contact ourla plus largement ses lèvres en une exquise moue heureuse.

.- Toutefois, j'ai hâte que tous ces gens soient partis, ajouta-t-elle, un ton plus bas.

.- Pourquoi donc?

Drago sourit à voir sa femme rougir confusément. Il avait, bien entendu, compris à quoi elle faisait allusion.

.- Non, rien.

.- Vas-y, dis-le.

.- Drago... Hum, j'ai hâte que - elle murmura très bas - nous puissions enfin nous retrouver.

.- Mmh, Mrs Malefoy aurait-elle retrouvé ses élans matrimoniaux?

Astoria pinça ses lèvres. La voix de son mari était clairement sarcastique. Elle voulait pourtant faire des efforts.

.- Pourquoi faut-il que tu gâches tout?

.- Moi? Je ne gâche rien. Je n'ai juste pas envie.

.- Pas envie? Laisse-moi rire, Drago, je te connais trop.

.- Qui n'a pas envie?

La voix nonchalante de Théodore Nott, placé de l'autre côté d'Astoria, vint interrompre l'échange. Pansy,elle, était placée de l'autre côté de Drago, mais semblait en pleine conversation sur les nouveaux sorts de défense autorisés par le Ministère avec Narcissa, qu'elle connaissait et estimait depuis l'enfance. Théodore tendit flegmatiquement son bras vers un panier d'oranges, fruit symbolique de Noël, avant de commencer à l'éplucher. Il ne semblait avoir posé la question que par pure inadvertance, saisissant les derniers mots de l'échange au vol.

.- Hum. Drago et moi réfléchissions à ce que l'on pourrait faire pour le Nouvel An. Il faudrait en profiter largement, pour compenser le sacerdoce de cette soirée.

.- Sacerdoce, toi seule le dit, ma chère, répondit Draco, railleur. N'étais-tu pas en train de savourer le moment présent il n'y a pas une minute? Personnellement, ces redondances de protocole et de jeux de masque me mettent en joie.

.- Toujours égal à toi-même, Drake, commenta Théodore. Concernant la Saint Sylvestre, ne vous en faites pas, je suis d'avis que nous pouvons nous en remettre les yeux fermés à Blaise.

.- Excellente initiative, Théo. Une idée sur son projet?

.- Pas la moindre. Tu sais que j'aime me laisser surprendre. Enfin, Pansy - tu sais qu'elle aime s'encanailler avec Blaise, elle adore ce genre de plans - m'a laissé entendre que ce serait "du feu de Dieu". Je t'avoue que j'ignore qui est ce "Dieu", mais enfin, je veux bien la croire. Je crois bien que l'on va avoir droit à du sensationnel.

.- Comme toujours. Merlin, comment font-ils donc pour parvenir à nous surprendre chaque année? Ne vont-ils jamais être à court d'idées? Déjà l'Alhambra la dernière fois... soupira Drago, mimant exécrablement l'exaspération.

.- Concernant "Dieu", intervint Astoria, qui jusque-là avait mis un point d'honneur à sembler indifférente, c'est une sorte de divinité ou idole qu'adorent les moldus. Tu sais, un peu comme les peuples primitifs le faisaient. Peut-être Pan' a-t-elle laissé sous-entendre que ce serait quelque chose de... moldu?

Théodore et Drago haussèrent de concert leurs sourcils en une très aristocratique mine dédaigneuse.

.- Si c'est le cas, marmonna le maître de céans, Blaise aura à compter au moins un échec dans ses soirées.

.- Pauvre chéri, il risque de ne pas s'en remettre! plaisanta allègrement Théodore.

.- Quoi qu'il en soit, concéda Astoria, plus indulgente, ce sera au moins une soirée où l'on pourra au minimum s'amuser. Il suffit d'apporter...

.- Le matériel? Théodore hocha la tête en un signe de connivence. Ne t'en fais pas ma jolie Asto, je pense bien que Flint saura nous dénicher un peu de... disons, de l'herbe à joie d'ici-là.

.- Voilà qui est parfait, conclut Drago.

L'idée d'arrêter ces consommations ne lui avait que rarement traversé l'esprit. Il était jeune, riche, père certes, mais il se savait en mesure de tout maîtriser. L'âge de la maturité n'avait pas encore sonné. Avant la naissance de leur fils, Astoria et lui avaient vécu huit années de jeunesse dorée. Avec leurs anciens condisciples, ils sortaient, buvaient et exploraient nombre de vices, tentant ainsi de nier les procès et perquisitions qui les encombraient, cherchant dans ces extrêmes de quoi sortir la tête hors de l'eau. Curieuse époque que cette époque-là. Tous ambitionnaient tout et n'importe quoi, sans vraiment savoir quoi, voir qui, voulant juste vivre, rayer le passé mais aussi le rattraper, le rattacher, oublier les crimes ou assouvir les vengeances. Confuses périodes, oui, que celles-là. Puis les esprits s'étaient calmés. De nouvelles générations avaient été engendrées. Les procès, achevés. Le reste, étouffé. Il fallait bien reprendre une vie plus équilibrée. C'était pourtant cet équilibre qui avait brisé tant de choses. Les relations qui s'étaient nouées dans cette effervescence peinaient à subsister. Selon ce même principe se dégradait son couple avec Astoria. Il l'avait aimée, oui, tellement, c'était bien la première à l'avoir ainsi touché. Il l'avait épousée avec le frisson des premiers émois, et l'illusion avait subsisté grâce à l'écran de cette agitation. Pourtant à présent... Ces rares soirées où l'ivresse les gagnait à nouveau avaient été jusque-là profondément salvatrices.

Drago jeta un coup d'oeil nonchalant à sa montre. Minuit moins une. Le dîner allait enfin pouvoir être desservi, et le bal commencer. L'ostentatoire dans toute son ampleur et ses excès. Il se leva et tous les regards convergèrent vers cet être si policé qui représentait l'une des plus anciennes familles du monde sorcier. Le silence se fit et ce n'est que par habitude que le jeune Malefoy fit délicatement tinter son couteau contre sa coupe de cristal.

.- Sorcières, sorciers, représentants des valeurs de notre monde et bâtisseurs de son avenir, je vous remercie tous d'être venus. J'espère que l'annuel banquet de Noël que se contente d'offrir ma modeste demeure vous a satisfaits et que l'alliance entre sorciers, que vous représentez, n'a fait que s'accroître. De longs discours pompeux ne sont guère de circonstance en ce jour de fête, aussi je déclare le bal ouvert et...

Il s'interrompit en un silence théâtral. Aussitôt, les multiples horloges du manoir carillonnèrent les douze coups de minuit. Alors que la dernière pendule résonnait encore, le jeune Lord Malefoy reprit la parole:

.- Et ainsi que j'allais le dire, je vous souhaite un très joyeux Noël!

Des applaudissements crépitèrent dans toute la salle sitôt ses paroles achevées. Astoria se leva et, gracieusement, il lui tendit son bras. Marchant d'un pas aérien, ils allèrent se placer au centre de la salle de bal, alors que les tables dégageaient la piste en glissant magiquement sur le pourtour. Il plaça une main ferme dans le dos de sa partenaire, l'autre accueillant sa main. Doucement, alors qu'une valse viennoise entamait ses premiers accords, ils commencèrent à ondoyer avec élégance sous les regards de tous, superbes en leur blondeur, rappelant de façon troublante pour les plus âgés la même perfection que dégageaient des années plus tôt Lucius Malefoy et Narcissa Black, lors de l'annonce de leurs fiançailles. Pourtant, contrairement à l'ancien couple, ce n'était pas l'amour qui brillait dans les pupilles. Juste le reflet des chandelles.

Drago avait conscience d'avoir blessé sa femme. Elle évitait son regard, affichant un visage gracieux pour la société réunie pour l'occasion. Mais Drago était passé maître en cet art de la dissimulation, aussi la perçait-il à jour. Et il voyait bien qu'elle souffrait. Les tics discrets qui agitaient ses lèvres révélaient tout de sa gorge nouée de larmes. Pourtant il ne ferait rien. Il ne savait plus. Il avait essayé, avant, de colmater les brèches avec des baisers, avec le plaisir charnel. Mais cela faisait longtemps qu'il avait conscience que le naufrage était irréversible. Aussi, résigné, laissait-il couler son couple. Attendant le récif sous-marin duquel viendrait la libération.

Le son du violoncelle ramena en ses pensées errantes un autre violon, qui distillait une ambiance chaleureuse dans un certain restaurant. Il se souvenait... Il avait alors rencontré Granger, éplorée, son rouquin de mari venant de la laisser en plan avec toute les égards au monde. D'autres souvenirs vinrent se superposer à celui-là. L'autre soirée au bar. Où ils avaient dansé. C'était autrement plus intense que cette danse qu'il exécutait à présent, presque mécaniquement. Cette fois-là, ç'avait été plus qu'intéressant. Il s'était senti tellement bien, et pourtant un peu vulnérable. Le feu des yeux de Granger le déstabilisait, il fallait l'avouer. Sans doute sa mâchoire se souvenait encore d'un certain coup de poing qu'elle lui avait gracieusement administré lors de leur troisième année. Pourtant... Il était vrai qu'il la rencontrait souvent depuis quelque temps. Étaient-ce de simples hasards ou bien provoquait-il inconsciemment ces rencontres? Son opinion à ce propos était incertaine, car force lui était de reconnaître qu'il appréciait les instants passés avec la brunette. Il ne le comprenait pas, et ne cherchait pas vraiment à savoir le comment du pourquoi. Il se contentait de reconnaître qu'il aimait ça, vraiment, et qu'apparemment elle aussi. Il songea alors à leur dernière rencontre, à la salle des archives. Il avait bien vu que son mari se trouvait là, pourquoi l'avait-il provoqué? Certes, c'était Weasley, et il se devait de lui mettre des bâtons dans les roues, mais pourquoi de cette manière? Parce qu'il le voulait. Peut-être. Pour rendre Weasley jaloux? Ou parce qu'il voulait ce que détenait encore légalement la belette? N'importe quoi. Drago chassa ces pensées trop faramineuses. Il ne faisait cela que par simple esprit d'aventure, et tout était pour le mieux. Point. Il n'empêchait, il avait quand même très envie de revoir Granger.

oOo

Lettre de Jane Rosier à Hermione Weasley-Granger

Covent Garden, le 24 Décembre

Monette!

Hum. Oui, je suis enthousiaste. Mais enfin, accroche-toi bien: je t'embarque pour le Nouvel An! Je vais te replonger dans la folie estudiantine, tu vas adorer. Avec les internes en médecine moldus comme sorciers!! Avoue, là tu en trembles. Merci qui? J'ai contacté Luna - elle m'avait semblé très sympathique dans son genre l'autre jour - et elle serait partante pour venir avec nous. Entre filles, vu qu'apparemment son fiancé a ses projets. Enfin, on le croisera sans doute en début de soirée. J'hésitais à inviter Ginny, vu que je ne la connais pas vraiment, à toi de voir. Bref, il te reste juste à dénicher une baby-sitter! Et pitié, mets une robe! (oui, c'est un ordre déguisé en supplique).

Allez, Bisous, et Joyeux Noël au fait!

Jenny

oOo

Hermione referma doucement la porte de cèdre qui avait dans le temps renfermé la chambre de Ron. Quelques autocollants d'un orange rutilant célébrant les Canons de Chudley restaient encore vaillamment accrochés au panneau de bois, ayant peut-être subi un sort de glue perpétuelle. Elle venait de coucher les garçons, qui avaient été bien moins dociles que les filles à coopérer, dans leur joie de se retrouver entre cousins. Toutefois, l'impatience et l'excitation que provoquait la perspective de cadeaux semblaient devoir les tenir éveillés encore longtemps. La jeune femme se détourna sur le palier sombre et un peu frais, tirant sur les manches de son chandail pour se réchauffer les mains. L'isolation des couloirs semblait se dégrader, et cela se sentait d'autant plus que l'hiver était rigoureux. Étonnant après tant de réchauffements climatiques.

Le réveillon s'était étonnamment bien passé. Certes, Ron ne lui avait adressé la parole que pour lui dire bonjour, mais tous les autres membres de la famille semblaient avoir décidé de faire comme si de rien n'était, ce dont elle leur savait gré. Charlie, Bill et George l'avaient à maintes reprises faite rire aux éclats, chose qui l'avait passablement détendue. Quant à Molly et à Arthur, s'ils lui gardaient rancune, elle l'ignorait, car ils semblaient bien décidés à préserver cette fête institutionnelle à leurs yeux. Même Ginny avait paru naturelle quand elle se penchait vers elle pour lui murmurer des plaisanteries. Les enfants bien sûr avaient aidé à détendre l'atmosphère. Et ils étaient nombreux! C'était en vérité impressionnant de voir toute cette cousinade assemblée. Seul Percy manquait à l'appel, même si son épouse et ses enfants étaient là, une soirée officielle le retenant autre part. Toutefois il comptait les rejoindre plus tard.

Hermione commença à descendre l'étroit escalier, allant rejoindre les autres adultes pour prolonger la soirée, sans doute jusqu'au petit matin, entre commérage et plaisir de se retrouver tous ensemble. Car elle ne pouvait le nier, une euphorie l'emplissait à la pensée d'être membre de cette famille si chérie. À mi-hauteur des marches, elle croisa Teddy et Victoire, la fille de Fleur et Bill, qui montaient en chuchotant. Ils s'immobilisèrent en la voyant.

.- Vous êtes encore là, vous? Je vous croyais couchés, remarqua Hermione.

.- On est tout de même un petit peu plus âgés, fit remarquer Teddy, se redressant discrètement.

.- Je vous l'accorde, concéda Hermione en souriant. En tout cas, je le dis maintenant que j'ai l'occasion de te saisir, je suis ravie de te voir Ted', ainsi que Dromeda bien sûr. Ça faisait longtemps.

.- C'est vrai. Et encore on était invité ce soir à aller chez les Malefoy. Tante Narcissa voulait nous convier, mais Mamie a préféré aller les voir le vingt-cinq, quand il n'y aura pas tous les invités, car ils organisent ce soir un grand gala.

.- Ah.

Le nom Malefoy avait un doux écho aux oreilles d'Hermione. Trop de vin sans doute. Elle se demanda comment se passait la soirée pour ce petit gosse riche et désabusé qu'était Drago Malefoy.

.- Et tu aimes bien ta Tante Narcissa?

.- Oui ça va. Elle est singulière. Par contre je me demande comment seront son fils et sa belle-fille. Drago Malefoy est un sacré personnage paraît-il, et pas forcément dans le bon sens du terme.

.- Tu m'en diras tant... murmura Hermione. Enfin, j'espère pour toi que ce sera bien, peut-être quelques beaux cadeaux?

.- Je l'espère! s'exclama l'adolescent, enthousiaste.

.- Et toi Victoire, tu restes demain?

.- Oui, on ne va en France que pour la Saint Sylvestre. Mais, tante Hermione, comment se fait-il que... pardon si je suis indiscrète, mais vu que nous deux nous sommes à Poudlard, nous n'avons que les vacances pour nous rendre compte. Enfin, il y a un problème avec oncle Ron? demanda la jeune fille, d'une voix hésitante.

Hermione sentit ses joues chauffer sous la demande. Elle n'était pas prête à y répondre. Pourtant... Elle se mordilla légèrement les lèvres, hésitante. Elle n'avait pas vraiment envie de créer un buzz autour de ses soucis. Enfin, il s'agissait surtout de protéger les enfants, car tous les adultes étaient au courant. Et puis Teddy et Victoire n'étaient plus aussi petits que ça. De plus, elle s'était toujours bien entendue avec eux, et elle était à leurs yeux une tante privilégiée. Elle regarda attentivement sa nièce. Celle-ci promettait d'être une vraie beauté. Elle ressemblait à sa mère, mais possédait beaucoup du feu de son père. Et une grande vivacité d'esprit.

.- Je suppose que je peux vous le dire, mais n'allez pas ébruiter ça du côté de vos cousins. En quelques mots, notre couple ne fonctionne plus. Je ne sais pas s'il s'agit d'une rupture définitive, mais je dois l'avouer, nous sommes en ce moment séparés.

Sa voix était désagréablement enrouée en prononçant ces mots. D'ailleurs ces paroles elles-mêmes sonnaient étrangement à ses oreilles, comme si quelqu'un d'autre les avait prononcées et qu'elle n'était concernée en rien. Elle fit un sourire maladroit à ses neveux, qui la serrèrent avec tendresse dans leurs bras. Un brin de chaleur vint réchauffer le coeur d'Hermione. Se recomposant un sourire, elle leur fit signe de filer. Ce n'était pas le moment de s'effondrer, elle était supposée tenir au vin pour la soirée. Le meilleur ami de la dépression, ainsi qu'elle le pensait ce soir-là. Les deux lui collèrent un dernier baiser chacun sur une joue puis montèrent avec fracas le reste de l'escalier. Hermione se passa ses mains fraîches sur les tempes, et repoussa machinalement une mèche de cheveux vers l'arrière. Aussitôt deux yeux gris confondants s'imposèrent dans son esprit. Pourquoi fallait-il qu'elle pense à cet empêcheur de tourner en rond? Pourquoi fallait-il qu'il vienne obstruer ses pensées alors qu'elle était triste à cause de Ron? Hermione grimaça. Elle détestait les questions sans réponse.

Elle reprit sa descente et rejoignit bientôt le groupe relativement conséquent d'adultes, plus ou moins affalés entre salon et cuisine, sirotant quelque liqueur en écoutant d'autres discuter âprement.

.- Hum, toussota-t-elle, les enfants semblent être partis pour nous laisser en paix jusqu'à demain matin.

.- Parfait, répondit Ginny, lui souriant. Pas trop dur?

.- Ne m'en parle pas, plus ils grandissent, plus ils gagnent en volonté de rébellion. Heureusement qu'on ne les réunit pas trop souvent.

Elle avisa un pouf vert libre à quelques mètres de la cheminée. Il semblait bien confortable. Tendant la main, elle saisit sa coupe de vin à moitié vide abandonnée sur un secrétaire et acheva son trajet en s'affalant sur le siège si accueillant. Se délassant avec plaisir, la jeune femme scanna la pièce de son regard endormi. Les époux Weasley senior avaient du aller se coucher, il était après tout deux heures passées. Ces repas à rallonge avaient tendance à durer. Son regard accrocha une énième tignasse rousse, qu'elle n'avait pourtant pas vue plus tôt.

.- Perce! Tu es venu! Désolée de ne pas t'avoir salué plus tôt.

.- Pas de souci Hermione, je comprends. Ton travail de Tantale ne supportait aucune distraction.

.- De fait. Et ton dîner, alors?

.- Mmh... Comment te dire la chose... Somptueux, certes. Pompeux serait plus juste. Même moi je l'admets, vois-tu, dit-il d'une voix rieuse. C'est toutefois une des occasions où cinquante pour cent des contrats de l'année à venir se nouent, car il y a vraiment tout le gratin du monde sorcier. D'ailleurs, tout le monde veut y être.

.- Qu'est-ce donc comme dîner pour que ce soit si important?

Percy rajusta légèrement ses éternelles lunettes d'écailles sur son nez aquilin.

.- Tu n'en as pas entendu parler? Cela fait pourtant la une de bien des journaux. C'est le traditionnel dîner des Malefoy.

.- Ah, oui, je connais cet évènement, admit-elle, son coeur accélérant légèrement la cadence à l'entente du nom mentionné. Est-ce si important que ça?

.- Mmh... Oui. Vu les milliers de gallions qui passent dans l'évènement, ça a intérêt à l'être, vois-tu.

.- Eh, Perce, raconte-moi un peu, intervint George, relativement guilleret, ce qui pouvait aisément s'expliquer par la bouteille de muscat vide aux trois-quarts qu'il enserrait de son poing. Tu as vu le nouveau digne représentant de cette lignée de scélérats?

.- On ne pouvait guère le rater. Il siégeait, fier comme un paon, aux côtés de son épouse, à la table la mieux apprêtée, ce qui est un euphémisme, crois-moi. Comme toujours, il était entouré de tous ces fidèles acolytes. Zabini, Nott, l'épouse de ce dernier, tu sais? La petite Parkinson. Il y avait aussi Narcissa Malefoy. Elle se conserve bien. Enfin, ils donnent quand même un coup de jeune à la maison. De débauche, aussi, d'après certains bruits de couloir, mais je préfère ne pas trop y accorder foi.

.- Quand le Lucius est à Azkaban, les serpents dansent, plaisanta Charlie avec un rire de gorge.

Beaucoup le suivirent dans son calembour, n'hésitant pas à renchérir. Hermione, pour sa part, plongea le nez dans sa coupe, se voilant le visage de son éternelle mèche de cheveux. Elle sirota un peu de son vin, appréciant les effluves qui la grisaient de façon sécuritaire. Elle se sentait mieux, là. Elle n'appréciait pas vraiment les moqueries qui fusaient au sujet de Malefoy. De son père non plus. Elle savait qu'elle ne devrait pas prendre cette histoire trop à coeur pourtant... Elle le faisait. Griffondor au grand coeur, Malefoy n'hésiterait pas à se moquer d'elle s'il la voyait le prendre ainsi en compassion. C'était tout bonnement ridicule.

Elle releva la tête et constata avec soulagement que la conversation avait pris une autre tournure - les prochains mondiaux de Quidditch, cela allait de soi. Elle rencontra le regard scrutateur d'Harry. Comprenant qu'elle venait de le surprendre, il lui sourit tendrement.

.- Mmh, Harry, veux-tu bien me rejoindre accompagné de cette bouteille de vin qui sera je n'en doute pas d'excellente compagnie? le héla-t-elle.

Elle avait bien envie de bavarder avec lui. Ça faisait longtemps - surtout si on ne comptait pas la fois catastrophique où elle avait laissé toutes les larmes de son corps s'épancher sur son beau manteau. Elle lui fit une petite place à côté d'elle, qu'elle tapota avec un sourire malicieux quand il arriva à sa hauteur. S'effondrant à ses côtés, il délia ses longues jambes et lui vola un baiser sur la tempe.

.- Alors H.J.W, comment vas-tu?

.- Mieux quand tu m'auras passé la bouteille que tu tiens en main, H.J.P.

Rigolant mollement - ce qui était un rire caractéristique de ceux qui ont déjà trop bu, soupçonna Hermione - il lui passa ladite bouteille et s'étala un peu plus, croisant ses mains dans sa nuque.

.- Tu n'es qu'un gros pochard, H.J.P.

.- Et c'est pour me préserver que tu me piques mon bien? Ne dissimule pas, je sais que tu ambitionnes de m'égaler, H.J.W.

.- Sans doute.

Hermione but à même le goulot.

.- Alors, quoi de neuf sous le ciel glorieux du monde idyllique des Potter?

.- Ton mari qui apprend à faire lui-même sa lessive - Ginny sait être persuasive. La situation ne serait pas aussi grave, je t'avouerai que je comprends qu'il ait pu t'agacer, au moins sur ce point.

.- Ferme ta grande bouche Potter, et parlons d'autre chose, veux-tu? C'est Noël.

.- Hallelujah, Christ est né.

.- Toi aussi, tu as eu droit au catéchisme?

.- Non, aux livres que Dudley n'a jamais lus.

.- Ah. Je vois.

.- Sinon, combien de dizaines de joujoux vas-tu offrir à mes chers neveux?

.- Mmh... Je ne sais pas trop, à force de craquer dans les magasins, j'ai emmagasiné de quoi leur suffire jusqu'à leurs entrées respectives à Poudlard, je crois bien.

.- Merlin ait pitié de tes armoires! plaida Harry, levant les mains aux cieux - enfin, au plafond dans le cas présent.

.- Mouais. À la limite, je suis d'avis que mes armoires se passeront de ta miséricorde.

Hermione se redressa sur un coude, afin de mieux se réinstaller sur son meilleur ami. Le salon s'était un peu vidé, George avait voulu montrer ses dernières inventions - dont une tondeuse à moquette -, qui traînaient dans le garage de son père. Ne restaient plus que Fleur, Ginny, Ron et Percy, peu emballés par une excursion dans le froid extérieur. Elle sentit un souffle contre son oreille. Du coin de l'oeil, elle vit qu'Harry s'était rapproché, comme pour lui murmurer quelque chose. Ce qu'il fit.

.- Eh... Mione? Comment ça va sinon?

.- Je ne sais pas.

.- ... Merde. Enfin, comment vois-tu l'avenir?

.- Nuageux. C'est M. Météo qui l'a annoncé dans la Gazette, ce matin.

Elle se retourna pour lui faire face, à cinq centimètres de son nez, un sourire stupide accroché aux lèvres. Harry lui donna une tape sur l'arrière de la tête.

.- Miss Granger, cessez un peu de faire votre écervelée. Cela ne vous sied guère. Enfin, tu as au moins gardé un peu d'humour.

.- Ouais, j'me perfectionne dans l'humour noir. Encore quelques mois et j'écris un bouquin. Ce sera Jackpot.

.- Hermione... Vraiment, ça va? As-tu décidé quelque chose? Ron m'a dit qu'il t'avait contactée...

.- Guère concluant. Monsieur n'était pas capable d'aligner deux mots. Et pour se borner à la tâche assignée, il est fort. Il n'a pas voulu discuter du véritable sujet. Quel butor.

.- On sait. Je veux juste savoir... Envisages-tu une séparation?

.- Une... Hermione hoqueta. Non. Enfin peut-être. Mais je ne peux rien envisager du tout puisque mon cher époux ne me parle pas. Remarque, il me manque un peu moins, maintenant. Je me suis résignée à ne plus lui courir après. Je commençais à être ridicule à sprinter dans les couloirs du Ministère. Et puis ce n'est pas bon pour l'espérance de vie de mes escarpins.

Sa voix était un peu laconique. Fronçant les sourcils, elle se reprit, et plongeant son regard noisette dans le vert de celui du jeune Potter, elle déclara:

.- Si dans... va savoir, quelques mois, il n'a toujours rien fait, ça voudra dire qu'il ne tient pas tant que ça à notre mariage, et à le sauver. Donc bon...

Hermione constata avec dépit que sa voix était légèrement enrouée. Harry lui serra tendrement la main. Il l'aurait volontiers fortement enserrée pour qu'elle n'ait plus à lever ce regard perdu vers lui, mais il comprenait que la jeune femme souhaitât rester discrète, sachant son mari, Ginny, Percy et Fleur non loin. Pourtant il semblait que ceux-ci avaient manifestement saisi leur conversation. Ron venait de se lever et esquissait un mouvement pour aller vers les deux amis. Harry fronça les sourcils à son intention, lui intimant de se raviser. Cependant Ron n'avait d'yeux que pour sa femme, qui murmurait son désespoir, accru par l'état avancé d'enivrement dans lequel elle était. D'ailleurs celle-ci, encore dans les bras de son meilleur ami, n'arrivait déjà plus à retenir les lourdes larmes qui commençaient à perler entre ses cils. Ron s'arrêta à quelques mètres d'eux.

.- Alors, mon coeur, on fait des projets?

Sa voix agressive fendit l'air avec une violence insoupçonnée, brisant la bienheureuse quiétude du lieu. Hermione se redressa, hébétée, regardant Ron avec des yeux semblables à des soucoupes, l'air profondément surprise de la présence de son mari, comme si elle ignorait jusqu'à sa présence dans la pièce.

.- P... Pardon?

.- Oui, alors, quand veux-tu que l'on aille voir un avocat? Ça pourrait être un de tes amis en plus, vu que tu bosses dans le milieu. Tu vois, tout pour toi, tu n'aurais pas à te plaindre.

.- M... Mais?

Une mine de peine profonde était peinte sur le visage d'Hermione. Elle ne reconnaissait pas son mari, il avait l'air enragé, les joues en feu. Derrière lui, Ginny, Fleur et Percy échangeaient des regards, mal-à-l'aise. Ginny tapotait nerveusement des doigts sur son accoudoir, regardant d'une anxiété mêlée d'inquiétude son frère et sa meilleure amie se tenir au centre de la pièce. Malgré son trouble, Hermione repéra rapidement un whisky intégralement vidé près de l'endroit où s'était tenu Ron dans la soirée.

.- Ron, arrête, tu n'es pas toi-même.

.- Si, je le suis. C'est ça ta nouvelle excuse? Ron n'est pas lui-même, c'est ça? Il ne faut l'écouter, tout ce qu'il dit, c'est des conneries. Pauvre Hermione, sainte Hermione, elle doit se taper un pauvre con comme lui. Il ne la comprend pas.

.- Ron...

.- Et après ça va flirter avec Malefoy! Tu crois que je ne t'ai pas vue? Mais il ne faut pas m'écouter, je ne suis pas moi-même.

.- Ron, s'il te plait.

.- Tu crois que je ne l'ai pas vue, sa main sur ta joue? Ton regard... C'est sûr, il est mieux que ton pauvre stupide mari qui ne te comprend pas.

.- Ron!

Il se rapprocha plus près encore d'Hermione. Son haleine était chargée d'alcool. Il lui saisit durement le poignet et commença à en embrasser l'intérieur, violemment.

.- Ron, arrête, tu me fais mal! geignis Hermione, tentant de se dégager.

.- Pourquoi? Je ne suis pas aussi doux que Malefoy? Je n'ai jamais compris qu'on ne l'ait pas envoyé en prison comme son mangemort de père. Une bonne chose de faite, le vieux au moins, on ne le reverra pas de sitôt.

.- Ron, tais-toi, qu'est-ce que tu vas inventer? Tu es tellement jaloux, tu vas t'imaginer n'importe quoi! Je vois Malefoy dans le cadre du boulot!

Ron ne semblait pas entendre ses protestations. Harry se leva, prêt à aider son amie. Il était horrifié de devoir assister à un tel spectacle. C'est alors que le jeune Weasley empoigna Hermione plus brutalement, et colla son corps contre lui, laissant sa main se balader sur elle, toute once de respect et de tenue envolée.

.- Ron, pitié... Laisse-moi.

.- Ron arrête ça tout de suite! gronda Harry.

Il intervint et repoussa son meilleur ami au loin. Celui-ci, instable, s'écroula par terre, un mauvais sourire aux lèvres.

.- C'est encore ma femme, j'ai bien le droit de la baiser, si je veux.

Il n'avait pas fini de recomposer son sourire qu'Harry se rapprocha de son meilleur ami et lui envoya son poing dans la figure, un dégoût profond affiché sur son visage. Il ne pouvait pas croire que Ron puisse se comporter ainsi. Lorsque Ron releva la tête, du sang perlait de sa lèvre inférieure, fendue. Hermione étouffa un cri. Ginny et Percy se rapprochèrent de leur frère, alors que Fleur allait serrer Hermione dans ses bras. Toute vapeur d'alcool s'était envolée. Ginny se planta face à son frère, le surplombant de toute sa taille.

.- Ron, je te suggère vivement de te trouver un autre logement si tu comptes continuer dans cette voie-là. Tu me déçois. Beaucoup.

Alors que Percy renchérissait, Hermione s'éclipsa, tremblante, dans le hall d'entrée. Une profonde envie de vomir la tenaillait. Elle saisit d'une main fébrile son écharpe et la serra autour de son cou, grimaçant de répulsion au toucher des endroits où les doigts de son mari s'étaient posés. Décrochant son manteau, elle épongea quelques larmes qui s'échappaient malgré elle de ses yeux. Elle peinait à enchâsser les boutons entre eux quand deux mains fines vinrent à sa rescousse. Relevant le regard, elle vit Fleur qui, un sourire doux aux lèvres, boutonnait silencieusement son manteau. Elle lui sourit de reconnaissance. Le silence de la jeune femme lui fit du bien. Lorsqu'elle eut fini, la jolie Française lui demanda:

.- Tu t'en vas?

.- Je préfère, oui.

.- Je passerai chez toi, demain, si tu veux. Je te ramènerai les enfants, on ne va pas les réveiller maintenant. Et puis, tu ne mérites pas d'être condamnée à être seule pour Noël par sa faute.

.- Ne soyez pas trop durs avec lui. Il... Il souffre, je suppose.

.- C'est un immonde goujat.

Hermione rit légèrement sous la répartie narquoise de Fleur. Elle passa la tête dans le salon pour voir si elle pouvait prendre congé. Mais le premier regard qu'elle croisa fut celui de Ron, qui lui jeta:

.- C'est ça, fuis, va voir ton Lord. Tu me diras si l'argent change quelque cho...

Profondément humiliée et à bout de nerfs, Hermione avait franchi le peu de distance qui la séparait de son mari et lui avait administré une claque sèche contenant tout le grief qu'elle avait à son égard.

.- Pourquoi... souffla-t-elle. Pourquoi faut-il que tu gâches tout? Pourquoi? Ron, c'est Noël aujourd'hui, n'aurais-tu pas pu te contenir? J'avais peur, mais je suis venue. Ron, et les enfants? Et toi qui me traites de la sorte... Ron, maintenant, je ne sais plus si je pourrais. Tu me dégoûtes, tu es une épave, tu n'es certainement pas Ronald Billius Weasley.

Des sanglots étouffaient sa voix, l'étranglant en une complainte de désespoir. Ron, à ses pieds, semblait apathique. Elle détourna la tête et se dirigea vers la porte, nauséeuse. S'excusant d'un mot pour son départ, elle s'en fut sans guère plus attendre.

oOo

(1) : Le père Noël ne viendra pas ce soir, il n'est jamais en retard ;

Son rêne a peut-être été tué dans le ciel des Etats ;

Pendant longtemps, on m'a raconté des mensonges ;

Suis-je sourd ? Suis-je aveugle ? Je me sens si bien...

Bonnes nouvelles : je ne verrai pas vos têtes autour de la dinde froide ;

Donc rentrez chez vous et enlacez vous voisins, vous avez sauvé un arbre.

Et encore un nouveau chapitre d'achevé. Peut-être un peu plus violent, je vous l'accorde. Un peu rétrospectif aussi, du côté de Drago. En tout cas, j'attends vos avis, conseils et protestations, le tout pour vous offrir le meilleur de moi-même et de mon travail pour la suite ! ;)

Donc commentez, critiquez, lynchez Ronny (xD), mais appuyez sur « Go », s'il vous plait ! :)

De gros bisous à tous les lecteurs qui prennent la peine de lire ces quelques pages que je vous offre !

Et à la fin juillet !

Olivia, alias Stellmaria