Adolescences tardives

/Papa. Dis, pourquoi on ne va jamais voir papi?/ /Scorpius, qui t'a foutu ces idioties dans le crâne?/ /Rose Weasley./ Drago soupira. Il avait fallu qu'elle tienne de sa mère. Il devrait aller parler à Granger, ceci ne devait pas se propager. Post T7

Disclaimer: Tout à JKR, sauf les personnages sortis de mon imagination...

Pairing: HGDM, what else?

Bzz Bzzz Bzz, me revoilà. Oui, j'imite l'abeille si je veux ! ;) Alouurs, en espérant que quelques personnes aillent encore braver la lenteur tragique de leur ordi en cette fin de mois de juillet assommante (comment ça, ça se voit que je viens de descendre de ma montagne ? Mais noon… Enfin, oui peut-être. Choc climatique… xx), je vais tenter de vous contenter avec la suite de la fic. Dur dur de reprendre après le Noël apocalyptique du chapitre 9 (et j'en ai marre d'écrire des scènes de mois de décembre… J'suis pas dans l'ambiance là…). Mais bon, j'espère que ça vous plaira ! :) Bon, je préviens direct que là, c'est déprimant, et il y a des passages pas nets, mais bon, c'est ça ou rien. Puis le chapitre 11 devrait être plus drôle. Il faut alterner.

Bonne nouvelle, hirondelle (ma gueule, oui), j'ai beaucoup avancé dans l'histoire. Mais il me reste encore davantage à écrire (en plus j'arrête pas d'avoir des idées. C'est fatiguant… xD). Mauvaise nouvelle, tourterelle (re ma gueule), je repars à peu près le 6 août. Et vi. Ça arrive, en été (surtout). De toute façon, je doute que vous soyez trop là… Mais bon, vous aurez deux chapitres avant la date fatidique (ou pas, il ne faut point exagérer la chose).

A présent, session de blablatage. Déjà, à force de vous avoir assommé avec ce sujet, sachez le, j'ai eu les résultats du Bac… Et c'est pas mal du tout, je suis ravie ! (Finirai pas au chômage!). Non, vraiment, j'ai de très bon résultats (19 à l'écrit, 20 à l'oral… Me suis sentie Powerful). Bref, passons sur ce regain de joie (en plus maintenant ça date ;p). Comme je l'ai dit, j'ai beaucoup écrit, mais aussi moins lu que je ne l'espérais (pourtant c'est la seule période de l'année où je peux lire de gros bouquins, choisis par moi-même… Erf). J'ai fait du glandage en quantité industrielle, des grasses mat' à n'en plus finir (Enfin ! J'attends que ça, moi, pendant l'année), je me suis fidélisée à Ugly Betty (honte à moi… J'adore ça !), je me fais des séances de boulimique d'épisodes de Veronica Mars le dimanche, et je découvre la série The Tudors via Daily Motion (maintenant que j'ai Internet). Mais soyez fiers : je ne regarde pas Secret Story (Youhouu), ni Lost, ni Koh-lanta. Je suis trop une warrior dans ma vie. Bon, c'est déjà ça, après un mois de juillet relativement plat. Mais, mais, mais… Je suis allée voir Dionysos en concert (mit les Têtes Raides, mais sincèrement, même si c'est sympa, moi j'étais là pour Dionysos :p) !! Aahahaa, c'est énorme. J'avais l'impression d'avoir tous mes os cassés (bon, en même temps j'suis maline, j'y vais en solo (bon je connais personne là bas), et je me fous dans la fosse. Résultat…). Bref, je vous recommande, c'est juste hallucinant (est-il besoin de préciser qu'ils sont complètement jetés quand ils sont sur scène ? Surtout Mathias Malzieux. Lui il n'est pas que jeté, il se jette littéralement sur le public. Et moi j'suis en dessous. Sigh.) !

Bref rien de plus, à ce qu'il me semble… Ma gentille cousine canadienne anglophone arrive demain. Ça risque d'être intéressant. En tout cas j'ai hâte ! Puis je reprends mes leçons de conduite. Je ne veux tuer personne, mais bon. Je suis un danger public, un australopithèque boiteux. C'est funky. Je crois que ma prof de conduite veut juste que je finisse enfin mes leçons. Pauvre petite…

Bon je vous laisse et bonne lecture pour ce chapitre qui arrive enfin ! (il faut bien)

Réponses aux reviews anonymes:

Liaco: Coucou toi ! :) Merci beaucoup pour les compliments sur l'écriture, j'apprends, j'apprends, et je tente de m'améliorer. Mais c'est vrai que ce n'est pas pour rien que j'ai choisi d'aller en L. J'espère que tu as eu de bons résultats au Bac, moi ça c'est très bien passé ! ;) En tout cas, j'espère que tu aimeras le chapitre (il est louche, de mon avis, mais bon…) Bisous !

MiladyMoOn: Hem… Tu n'as pas exterminé Ron assez diligemment, je le vois encore pointer son nez dans les pages de ma fic! ;) Au moins ais-je eu l'effet escompté ! Il fallait bien détruire un peu son image auprès de Monette, elle est trop gentille pour le faire seule. Sinon, pour les passages où tu te retrouves… Je prends ça du point de vue que c'est bien que ce que j'écris parle aux lecteurs, car je ne m'inspire pas du tout… Puis bon, T et Malefoy, c'est des univers différents. Quant à M, ce n'est pas comme si je le connaissais trop. Mais bon, peut-être que je m'inspire indirectement de ce que je sais ! :) En tout cas, si tu es revenue de Barcelona, j'espère que le chapitre te plaira ! Et merci pour ta lettre… Bisous, te n'aime toujours trèèès fort !

Phoebé: Comment te dire ?.. Ta review m'a mis un de ces sourires en bananes ! Merci beaucoup ! :) D'avoir pris le temps et tout… Puis bon, je m'y habitue, moi ! En tout cas envoie autant de loongues reviews que tu le souhaites, je ne te blâmerai pas ! ;) Concernant ta petite parenthèse, j'ai toujours une malchance incroyable quand je tombe sur mon beau voisin, et quand j'essaie en vain de le croiser, il n'est pas là. It's a crual world. (Bon je ne vais tout de même pas tenter une amorce en parlant de la fic, je risquerai de lui faire peur xD) Pour revenir à ta review (moi aussi je m'égare), je suis contente de lire que ma vision du réveillon chez les Malefoy te convient. C'est vrai que j'ai beaucoup emprunté à ces différents milieux riches, et à leurs cérémonies pompeuses (bal des débutantes, soirées de charité, galas, etc…). De toute façon, sorciers ou moldus, ils restent humains et ont les mêmes penchants. Concernant la drogue et l'alcool, c'est vrai que c'est un peu déjà-vu, mais on ne peut pas dire qu'ils aient été entourés de leurs parents de la bonne manière. Et puis ma vision des procès est très sombre, j'en évoquerai des parties dans la fic, notamment au travers du journal d'Hermione ou des vieilles lettres. J'essaie vraiment de planter mon intrigue dans un décor, soutenu par un passé commun et particulier. On verra bien ce que ça donnera ! Pour la future soirée du Nouvel An, ce sera dans le prochain chapitre. Je pense que ça sera intéressant ! ;p Sinon, le Noël chez les Weasley… Hum, oui, pauvre Monette. Bon elle est soutenue, après tout, ils sont adultes, on ne va pas créer des camps, et puis la soirée est particulière. Pour Percy, je le vois moins strict qu'avant : il est père, toujours sérieux mais il a appris de ses erreurs, son comportement lui a valu de perdre un frère… Il ne pouvait pas ne pas en être affecté et rester immuable dans sa conduite. Quant à Harry et Hermione, c'est une amitié que j'aime beaucoup, même si elle n'a l'occasion de se voir que rarement dans la fic. Enfin pour Ronny… Je trouve tes insultes sublimes, Bravo ! Je prends note. Certes oui, il va regretter, mais le mal est fait. Je n'en dis pas plus… Brefouille, j'espère que tu seras bientôt près d'Internet, que je puisse lire une autre de tes reviews… Et que tu aimeras le chapitre, bien sûr ! Gros Bisous !

moi : Eh oui, la date était longue, mais voilà le chapitre 10 qui arrive ! Merci d'avoir pris le temps de reviewer, et bonne lecture ! Bisous

lou29 : Hellow ! Arrgh, oui, ça n'est pas terrible au niveau des dates, je suppose que je te « relirai » vers la fin des vacances ! Mais bon, ne t'inquiète pas, tu oublieras vite ma fic pendant ces deux mois, ça ne reviendra qu'à la rentrée (j'espère ! ;p) En tout cas je suis contente que tu aies apprécié le chapitre 9. Eh oui, le couple Malefoy sombre lentement, mais sûrement. De toute façon, la romance n'était depuis longtemps plus au rendez-vous. Ils me font un peu de peine, car je m'attache à tous les persos mais bon… Priorité pour le HGDM, bien sûr ! Quant à l'autre réveillon, chez les Weasley… J'avais prévu depuis un bout de temps une scène de ce genre mais ce n'était pas facile à écrire. J'suis pas violente dans ma vie, moi… Bref… ;) Au moins ça débloque les choses ! En tout cas de bonnes vacances et on se revoit en septembre ! J'espère que d'ici là, le(s) chapitre(s) t'aura/auront plu ! ;) Bisous


Well, maybe there's a god above
But all I've ever learned from love
Was how to shoot somebody who outdrew you
It's not a cry that you hear at night
It's not somebody who's seen the light
It's a cold and it's a broken hallelujah
(1)Jeff Buckley, Hallelujah (Leonard Cohen Lyrics)


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Chapitre X

/Où l'on cherche désespérément une lueur, un espoir, un roc auquel s'accrocher, quel qu'il soit, pourvu qu'il tienne./

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Journal d'Hermione Granger

03/05/1998

Merlin! Merlin, Merlin... Hier, le 2 mai 1998, Tom Elvis Jedusort est mort. Je pause, je savoure ces mots. Ma gorge est nouée, ça me fait mal, mes yeux s'embrument. Te rends-tu compte? On a réussi! Harry a réussi. Il a tué Voldemort, il a vaincu le destin, il n'a même pas utilisé l'Avada. C'est... Mon estomac se noue, je n'en peux plus, je veux hurler ma joie, mon soulagement. J'ai eu tellement peur en le voyant inerte, je l'ai cru mort, je... Mon cœur a comme disparu de ma poitrine, je voyais le fait sans vraiment le voir, suffoquée par une douleur que mon cerveau se refusait à traduire, réfutant violemment ce que mes yeux lui indiquaient. Et il a bien fait... Harry Potter, celui qui a battu la fatalité. Comme je l'aime! Cette fin est digne d'un roman. Pourtant la joie n'est pas environnante. C'est un étrange mélange aigre-doux, tout en nuances. On pleure les morts, on embrasse les vivants. Le matin peut nous voir bondissants de joie, hurlants, et le soir nous recroqueviller contre un mur, tremblants, une souffrance muette nous saisissant. C'est incroyable, c'est inhumain. Je ne sais comment relater les faits, j'ai peur de sembler égoïste en plaçant certaines choses avant d'autres, mais pourtant l'ordre inverse me paraît tout aussi injuste. Je... J'ai embrassé Ron. Me voilà la pire des égocentriques à ranger ceci avant toute chose, mais le fait est là. On s'est embrassé. C'était bon, si bon. Nul temps d'en profiter, mais là, à présent, dès qu'il me voit, il m'enlace, je l'embrasse, je le serre, avec tant d'urgence que j'ai peur de ne plus savoir faire que ça. Je savais bien que le romantisme n'était pas fait pour moi, vois le, j'en perds la tête. Et pourtant j'aime ça... Il me faut bien cette tendresse pour ne pas m'écrouler. Morgane... Il y a eu tellement de morts. Une foule d'anonymes, bien sûr, mais aussi bien trop de visages qui vont rester gravés en nos cœur. Fred est mort. Il est mort, ne rira plus, n'arborera plus son air malicieux. Je ne le réalise pas. Dans tous les scénarios que je m'étais imaginés, quand dans la nuit l'inquiétude me tenaillait, il n'était jamais au nombre des défunts. Toujours vivant, peut-être moins souriant, mais présent. George est dévasté. Remus est mort, lui aussi. Ainsi que Tonks. Teddy est orphelin à présent. Un de plus... Je sais qu'Harry va s'occuper de lui, de concert avec Andromeda. Bien que ses rapports avec Lupin n'aient pas été au beau fixe dernièrement, Harry souffre. Le dernier des maraudeurs est mort. Nous souffrons tous. Le passé doit être enterré. Il faut ériger des sépultures, pour ne pas oublier tous ces noms sacrifiés, pleurer toutes nos larmes, mais surtout ne pas stagner. Il faut avancer, non? Car eux, ils sont morts pour ça. C'est bien beau de se le dire, seulement, je ne suis pas sûre de pouvoir l'appliquer.

Voilà mon parchemin tâché de mes larmes, c'est malin, de m'épancher ainsi. Je pourrais écrire des feuilles et des feuilles sur ce thème, mais je dois m'appliquer mon précepte. Avancer. M'activer. Et aider ceux qui en ont le plus besoin à se relever. Car après tout, je suis relativement chanceuse, si l'on fait les comptes: mes parents sont vivants, mes meilleurs amis de même et Ron m'aime. Je pourrais étaler mon bonheur. Mais je suis humaine, je souffre de même que les autres et mon humeur valse entre spleen et idéal, pour reprendre une jolie formule. De toute façon, je ne peux pas consigner mes pensées plus avant, Ginny m'appelle. Sais-tu qu'Harry est vraiment assidu auprès d'elle? C'est si adorable à voir. Mais pour l'instant, elle panse ses blessures et console Molly. Je pose ma plume et je te laisse. J'espère qu'à présent que cette guerre est finie, mes écrits ne pourront que gagner en joie.

Ps: Tout est fini! Enfin...

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Hermione passa ses mains sous le jet d'eau chaude, détendant ses doigts. Plus que deux tasses, et elle aurait fini. Reprenant son éponge imbibée de savon, elle frotta doucement la paire de tasses de thé restantes, faisant apparaître une légère mousse. Les replongeant dans l'eau, elle les fit tourner quelques secondes, puis les déposa sur l'égouttoir. Coupant le robinet avec son coude, la jeune femme épongea ses mains contre un torchon, y laissant deux traces humides.

Fleur était passée plus tôt dans l'après-midi, seule. Elle lui avait expliqué qu'après une consultation avec Molly et Ginny, elles avaient résolu qu'il serait mieux de permettre aux enfants de profiter de la joyeuse ambiance qui régnait entre cousins, et les laisser encore un peu dans l'ignorance de ce qui se tramait autour d'eux. Hermione n'avait pu qu'acquiescer. Elle se sentait déjà tellement mal qu'elle ignorait de quelle façon elle aurait pu garder une once de bonne humeur face à ses enfants, et ne désirait pas leur imposer sa détresse. Ils étaient encore si jeunes !

Hermione se recula et se laissa tomber sur un tabouret. Repliant ses genoux contre son buste, elle les enserra fortement, laissant sa tête se reposer contre leurs bosses tièdes. Fleur avait été adorable. Hermione ignorait si ses ascendances vélanes lui conféraient une empathie plus développée que la moyenne, mais elle était parvenue, tout en douceur et en tact, à la calmer, ce qui n'était même pas pensable dans la matinée. « Ce n'est pas parce que l'alcool fait parler qu'il le fait objectivement, Hermione. Ron a des griefs contre toi, mais il t'aime, tu le sais ? » Hermione le savait, mais était-ce encore suffisant ? Elle-même l'estimait beaucoup, énormément, mais un couple pouvait-il se baser sur une simple affection réciproque ? Ne fallait-il pas quelque chose de plus, une étincelle un peu plus unique ? Car de l'affection, elle en avait, pour Harry par exemple. Mais se elle refusait à croire que les sentiments qu'elle éprouvait pour Ron puissent être du même gabarit. Pourtant elle ne trouvait rien pour les distinguer. Pire même, à présent qu'il avait été tellement... Blessant. Elle avait un peu peur de lui, de ses réactions. Certes, il avait toujours été un peu excessif, mais là... Elle ne pourrait pas supporter qu'il la touche.

Lorsqu'elle était rentrée chez elle, tôt dans la matinée, toute raison semblait avoir quitté son corps. Longtemps, elle était restée prostrée, son manteau avachi sur le parquet de l'entrée, une botte seulement d'enlevée. Elle s'était écroulée dans son salon, tremblante, les larmes ruisselant sur ses joues sans même qu'elle ne les sente. Ses cheveux collaient à son visage trempé de tristesse comme de neige, son nez irrité la piquait, ses yeux n'étaient plus que deux orbes de douleur. De la Hermione Granger que tous connaissaient, qu'elle-même connaissait, il n'y avait plus rien. Rien si ce n'était cette forme effondrée sur le tapis du salon, dans le pavillon plongé dans la pénombre. Elle s'était roulée en boule, se recroquevillant en un cocon le plus serré possible, comme pour évincer tout ce qui pourrait l'atteindre. Hoquetante, elle avait ramené ses bras autour d'elle, se berçant nerveusement, ne voulant penser à rien, mais laissant cette douleur affreuse qui vrillait son être et son âme suinter hors d'elle. Cette même douleur qui l'avait achevée et laissée endormie, vaincue et épuisée, au milieu de la pièce, alors que les premiers rayons du soleil de ce froid matin hivernal pointaient enfin dans l'horizon rougeoyant.

Aux alentours de midi, Hermione avait enfin ouvert l'œil. Transie de froid, car elle n'avait pas pensé à rallumer le feu de sa cheminée, elle s'était redressée. Ses paupières s'ouvraient difficilement, meurtries de tant de larmes versées.

.- Ron...

Ce murmure lui avait échappé. Et sa gorge s'était nouée. Prenant sur elle, elle avait tenté de se mettre debout. Mais ce fut un échec, les forces lui manquaient. La jeune femme s'était donc traînée à quatre pattes jusqu'à sa salle de bains. Agenouillée sur le carrelage froid de la pièce, elle avait lentement ôté ses vêtements, un à un. Puis, par la seule force de ses bras, elle s'était hissée dans sa baignoire. Ce n'est qu'alors, sous le jet brûlant de l'eau qui lui nettoyait le visage et enveloppait son corps d'une agréable torpeur, que sa raison lui était revenue, et qu'elle s'était remise à penser. Les images de la veille étaient venues la percuter. Ces mains... Elle avait saisi un gant et avait commencé à se frotter, longuement, avec une fermeté presque violente, encore et encore. Comment avait-il pu ? Comment avait-il osé ? Et comment, elle, pourrait-elle à nouveau le regarder dans le yeux ? Hermione ne voulait plus voir Ron. Elle ne le pouvait pas. Et alors les larmes se remirent à couler en un flot constant. Plus de hoquets ni de sursauts. Juste la profonde tristesse d'une âme blessée et d'une page qui se tourne. Une tristesse résignée.

C'était ainsi que Fleur l'avait trouvée. Qu'elle l'avait aidée à se rhabiller, à se démaquiller. Comme une mère, elle lui avait préparé un repas, l'avait forcée à manger. L'avait dorlotée, et l'avait empêchée de s'emmurer dans le silence. Car il valait toujours mieux parler. La française l'avait enveloppée de toute sa douceur, lui consacrant son après-midi. Hermione et elle n'avaient pourtant jamais été extrêmement proches, bien qu'une certaine amitié se soit établie entre elles au fil des années. Pourtant là, c'était elle qui la soutenait. Qui la comprenait et la remettait sur pieds. Et Hermione, bien plus que par les conseils qu'elle lui prodiguait, était touchée par sa présence. Ses problèmes n'étaient pas résolus, mais la sensation de cette présence aimante et attentionnée lui fournissait les forces qui lui manquaient. La chaleur que lui provoquait une telle tendresse réchauffait ses entrailles transies. C'était pourquoi, quand Fleur avait pris congé de la jeune femme, devant rejoindre le Terrier, Hermione lui avait offert un sourire. Car c'était bien tout ce qu'elle pouvait faire. Mais elle savait que Fleur la comprendrait.

Entendant sonner le carillon de la cloche de l'église de ce quartier moldu, Hermione sortit de ses pensées. Elle ne devait pas se laisser submerger. Pas de nouveau. Déliant ses jambes, elle se releva et s'approcha de la fenêtre. Au travers des rideaux transparents, les illuminations décorant cette rue de Birmingham scintillaient en un joli ballet de couleurs festives. Quelques enfants échangeaient des boules de neige. Bon nombre de personnes se dirigeaient vers la coquette église catholique, chose rare en Angleterre, qui faisait l'angle de la rue. Hermione hésita quelques instants. Après tout, cela ne lui ferait nul mal de sortir. Elle saisit une écharpe qu'elle enserra autour de son cou, et se coula dans son manteau. Glissant les pieds dans une paire de bottines, elle referma sa porte d'entrée. L'air glacé et vif lui entra dans les narines et colora ses joues d'un rose soutenu. Son piquant lui vivifiait les sens. Hermione avança de quelques pas, écarquillant les yeux comme une chouette aveuglée. Comme lorsque l'on sort d'un tunnel. Quand donc sortirait-elle du sien ?

S'emmitouflant plus profondément dans son manteau, elle se joignit au mouvement des quelques personnes descendant sa rue et s'avança vers l'église carillonante. Elle n'était pas croyante, n'ayant même pas été élevée comme telle durant son enfance moldue. Ses parents étaient dentistes et relativement cartésiens, préférant investir dans un bonheur terrestre. Elle partageait bien leur avis. Pourtant elle se retrouvait aujourd'hui perdue, et voulait trouver une foi quelconque. Entrant à la suite d'une vieille femme dans l'ancien bâtiment, elle demeura quelques instants silencieuse. La solennité du lieu la troublait. Faiblement éclairée, l'église dégageait une aura mystique, presque magique aux yeux de la jeune sorcière. Cela était renforcé par la myriade de chandelles qui enchantait le lieu. Hermione avait pourtant vu, depuis son entrée dans le monde de la magie, mille et un lieux saisissants, Poudlard en tête de liste. Pourtant elle restait toujours troublée par la magie que pouvaient dégager la tradition, la force d'une foi commune, et demeurait envoûtée par l'apaisement que propageaient certains lieux. Comme pour donner du poids à sa pensée, ses pas résonnèrent sourdement sur les dalles ornant le sol, la faisant frissonner sans raison aucune. Elle approcha ses doigts tremblants du bénitier et les humidifia. Puis, traçant une croix sur son front, elle s'agenouilla.

Les gestes lui venaient mécaniquement, elle avait bien du les faire quelques fois lors des vacances qu'elle avait passées, étant petite, chez ses grand-parents, longtemps encore avant que ses parents ne s'isolent du reste des membres de sa famille. Hermione en avait toujours éprouvé une certaine nostalgie, mais les souvenirs plus que flous de cette époque ne se ravivaient à présent qu'au gré d'une sensation fugace, comme le sol gelé de cette église en ce soir de Noël. Entendant l'orgue perchée au-dessus de sa tête égrener ses premiers accords en des sons graves et vibrants, elle se redressa, et se glissa au dernier rang, vide. L'église n'était remplie qu'à moitié. La foi tendait à se perdre. Observant les volutes d'encens s'élever vers le tympan, Hermione laissa ses pensées s'envoler selon les accords de l'orgue. Elle n'avait jamais cru en la moindre divinité, même si ses parents lui avaient accordé une éducation religieuse, afin qu'elle ne soit pas ignorante de la société. Rationnelle comme pas deux, elle avait un jour découvert l'existence de tout un monde magique. Elle avait admis la véracité des récits sur Merlin, Morgane et les licornes. Et, bon gré, mal gré, elle avait accepté sa nature, et ce surnaturel qui l'entourait. Elle n'avait pourtant jamais songé à envisager sous un nouvel aspect la religion. Si tant de magie et de légendes s'étaient avérées véridiques, qu'en était-il de Dieu, de ses prophètes, de cette tradition transmise au fil des générations, des persécutions et des guerres ? Elle ne savait qu'en penser.

Relevant légèrement la tête, elle contempla entre ses cils les colonnes de granit taillé, entre ombre et lumière. Dans les alvéoles des murs, saints et anges se côtoyaient en un sublime travail de la pierre, partiellement recouverte de feuilles d'or. Les vitraux du chœur resplendissaient en un kaléidoscope merveilleux. Au loin, par-delà les têtes présentes, elle devinait la crèche et ses figurines installées pour l'occasion. Devant l'autel, le prêtre parlait. Tendant l'oreille, elle se laissa aller à écouter.

.- La religion, en ces temps troublés, ne doit point être oubliée. Car elle symbolise l'espoir. Saviez-vous que Noël était une exclamation de joie au Moyen-Âge ? Noël, Noël, criait-on. Noël, bonne nouvelle. La bonne nouvelle de la naissance du Christ pour nous chrétiens. Mais vous pouvez également, car il ne faut point se sectariser, prendre cela comme la nouvelle d'une année qui arrive. Pour repartir de zéro, ou encore faire des projets. Une année pour recommencer, en soi. Qui que vous soyez, si le paradis ne vous séduit point, songez alors à la possibilité de prendre un nouveau départ. Et gardez en vos cœurs cette légère note d'espoir, cette exclamation : Noël !

Hermione redressa complètement la tête, repoussant ses boucles pour regarder plus avant. L'espace d'un instant, elle eut l'impression que le prêtre, enveloppé de sa toge violette d'événement, lui souriait. Mais il se détourna bien vite vers un autre fidèle. Pourtant, Hermione, le cœur battant, continua d'écouter. Noël, c'était Noël, il lui fallait faire quelque chose. Briser ce moule infâme ou se laisser mourir, car elle n'en pouvait plus. Mais enfin, retrouver le bonheur, atteindre cet espoir qui semblait l'attendre à la fin du tunnel. Noël.

oOo

Pansy laissa courir ses doigts sur la tranche dorée des livres. La bibliothèque de la famille Malefoy l'avait toujours impressionnée. Peut-être parce que c'était là que dans le temps siégeait Lucius, vaquant à des activités plus ou moins légales, mais toujours avec cette grâce qui, indéniablement, le caractérisait. Gracieux, certes, Lucius l'avait été, mais également terrible, manipulateur et calculateur, ambitieux et fervent. Elle avait eu l'occasion, jusqu'à ses quinze ans, d'observer ses différents états d'esprit et d'attitude. Mais elle devait bien se l'avouer, à l'époque, l'étude de Drago la préoccupait d'avantage. Même si elle ne pouvait pas nier que, tel un papillon hypnotisé par la lumière, à l'instar de n'importe quelle autre personne devant le rencontrer, elle n'avait pu s'empêcher d'être fascinée par le personnage. Envoûtée lorsqu'il parlait et se mouvait. Horrifiée parfois, mais jamais assez pour que le charme se rompe. Drago tenait bien de lui pour certains de ces attributs.

Elle avait sollicité un peu de temps avec son ami d'enfance. Pansy n'avait pas oublié sa promesse à Granger, elle devait l'aider à avancer dans son enquête. Cette histoire la mettait en joie, qu'allait-elle donc découvrir ? Granger lui avait envoyé une missive la veille du réveillon de Noël, lui apprenant les découvertes qu'elle avait faites à Azkaban. Notamment la disparition de Lucius. Mais également le résultat de ses recherches en la salle des archives du Ministère. Pansy avait du mal à encaisser toutes ces nouvelles. Elle qui pensait pouvoir se vanter de bien connaître la famille Malefoy. Il semblait pourtant que la face immergée de l'iceberg qu'était cette famille soit plus importante qu'il n'y paraisse. Et cela l'excitait follement. Depuis toute petite, elle connaissait ce monde en demi-teinte dans lequel baignaient les Malefoy. Elle-même ne pouvait pas en dire autant concernant sa propre famille. Un père mangemort, mais peu brillant. Une mère se conformant à son rôle d'épouse. Des ancêtres au sang pur, certes, et ce sur plusieurs générations, mais peu illustres. Les plus renommés d'entre eux n'appartenaient jamais au nom des Parkinson. Souvent des beaux-frères, amants ou familles des épouses. Jamais de la branche directe. Sa famille était certes respectée, son nom reconnu, mais elle n'était pas de ces clans qui séduisaient. Sans doute était-ce pour cela qu'elle aimait passionnément la famille Malefoy. Ce n'était que récemment que l'idée de donner par ses propres accomplissements un peu de prestige à son nom l'avait effleurée. Elle avait alors tenté mais... Qu'importait ! Elle était la dernière à porter ce patronyme.

Une main tiède se glissa autour de sa taille. Se retournant souplement, elle se retrouva les yeux au niveau du menton de son cher ami. De cet ami qu'elle allait devoir espionner. Aussi se promit-elle de le protéger selon ce qu'elle découvrirait. Car elle ne supporterait pas de le voir souffrir. Le souvenir du temps des procès était encore trop vif... Les yeux d'un bleu d'acier de Drago la scrutèrent quelques instants, puis ses lèvres s'étirèrent en un tendre sourire moqueur.

.- Alors Pan', que me voulais-tu de si important qui me nécessitât tout entier ?

Il s'écarta d'un pas, tandis que Pansy accolait son dos contre une étagère.

.- Je ne sais pas encore, mais je vais bien trouver.

.- Un nouveau caprice de mademoiselle ?

.- De madame, enfin, je suis mariée.

.- Oui c'est vrai... Mais bon, mariée ou non tu resteras ma demoiselle, le sais-tu ?

.- Bien sûr Drago.

Sa gorge s'était légèrement enrouée. Par Salazar, ça faisait longtemps, en effet, qu'elle n'avait pas passé un peu de temps véritablement avec lui. Toujours en groupe, toujours en un coup de vent, ou dans un dîner. Pourtant la complicité était toujours là. Elle se laissa glisser le long du bois de cèdre, pour s'asseoir au sol. Drago suivit bientôt le mouvement, s'installant face à elle, les genoux repliés vers sa poitrine. Comme lorsqu'ils étaient petits. Entre la rangée de littérature et celle de l'histoire des potions.

.- Cela s'est bien passé, hier ? 'Cissa m'a dit que sa sœur et ton neveu devaient venir.

.- Pas trop mal. Ils sont gentils. Mais je me sentais mal. Tu sais que j'ai toujours détesté Lupin. Quant à ma cousine, je ne l'ai jamais connue.

La voix de Drago était laconique, mais Pansy sentit son trouble. Il devait un peu s'en vouloir. Pas trop, mais un peu malgré tout.

.- C'était un autre temps.

.- Oui.

Pansy se mordilla les lèvres. Elle devait mener son investigation, pourtant le calme ambiant lui ôtait tout courage. Elle était bloquée, toute son assurance durement acquise s'envolait. Elle n'osait pas.

.- Tu te souviens quant on s'installait ici ? Quand nous étions petits.

.- Oui, bien sûr Pan'. Nous nous cachions là, nous sentant importants, ainsi entourés de livres poussiéreux.

.- Nous étions bien pédants. Nous ne savions même pas encore nous servir d'une baguette et pourtant nous nous considérions déjà comme de grands mages.

Drago se laissa aller à un léger rire, bientôt suivi de Pansy.

.- Il n'empêche, c'était sympathique. Je ne sais pas si tu te souviens mais, parfois, quand mon père avait du temps, malgré toutes les affaires du ministère qui l'accaparaient, il nous accordait une petite heure.

.- Il nous détaillait l'histoire des différentes familles de notre monde, des grands sorciers. Il savait tellement de choses.

.- Cela lui tenait à cœur. C'est... dommage qu'il y ait eu cette guerre, et ces préjugés. Il aurait pu être un bon passeur de mémoire.

Le sourire de jeune Malefoy s'était un peu affaissé.

.- C'est sûr... Dis, Drago, je me sens bête de te demander ça, mais je n'y avais pas pensé depuis trop longtemps. D'ailleurs j'ai un peu honte mais... Quand sort-il ?

Le sang de Pansy résonna sourdement dans ses tempes. Elle s'efforça pourtant de garder une figure paisible. Elle avait toutefois pu remarquer un léger éclair dans le regard de Drago.

.- Oh... Eh bien ce n'est pas encore pour tout de suite.

.- Il en a pour trente ans, c'est ça ? Ne peut-il pas essayer de réduire sa peine ? Ça fait déjà plus de huit ans qu'il est enfermé.

.- Je ne pense pas. Je... ne pense plus.

Il détourna la tête et fixa obstinément son regard vers la haute fenêtre qui éclairait cette partie de la pièce. Une nouvelle tempête de neige lâchait ses gros tourbillons sur le parc du manoir. Pansy sentit son cœur s'affoler à le voir ainsi. Se redressant sur ses genoux, elle s'approcha de son ami. Glissant ses mains autour de ses épaules, elle le pressa contre lui. Comme avant.

.- Drago... Drago, parle-moi, tu peux me dire. Qu'y a-t-il ? chuchota-t-elle tendrement.

.- Parlons d'autre chose, veux-tu ?

.- Drago...

.- On devrait aller faire un tour en cuisine, si tu veux bien. J'ai entendu dire que les elfes préparaient un crumble. Je sais que tu aimes ça.

.- Pourquoi changes-tu de sujet ? Qu'est ce qui peut être si affreux que tu ne puisses me le confier, à moi ? murmura Pansy d'une voix dont elle tenta de cacher les tremblements.

Le jeune homme la fixa d'un regard terrible, brisé. Des larmes semblaient noyer le bleu de ses iris, mais comme toujours, elles ne tombèrent pas. Pourtant la jeune femme savait que ce genre de manifestation était rare chez son ami. Elle sentit sa respiration s'affoler. Pansy ne voulait plus rien savoir du tout, juste qu'il renvoie ce passé apparemment trop douloureux loin de lui.

.- Tu ne comprends pas, Pan', je ne peux pas te le dire, même à toi.

Il passa sa langue sur ses lèvres sèches, perdu. Agrippant la jeune femme de ses bras, il lui rendit son étreinte.

.- Je ne peux pas, ce serait terrible.

.- Drago, qu'y a-t-il avec Lucius ?

.- Ce n'est pas juste de lui dont il s'agit, je ne peux pas. Ce n'est même pas juste moi. Je t'en prie, ne m'en parle plus, c'est déjà assez dur de vivre en le sachant.

.- Ok, ok, d'accord Drago, n'en parlons plus à présent.

La voix de Pansy était paniquée. Elle n'avait jamais vu Drago Malefoy ainsi perdre le contrôle de lui-même. Elle blottit la tête de son ami contre son épaule et la serra doucement.

.- Je n'en parlerai pas, je te promets. mais j'espère qu'un jour toi tu le pourras.

.- Je ne peux pas...

La jeune femme ferma les yeux, déboussolée, tandis que ses mains continuaient de caresser le dos de Drago, tentant de l'apaiser. Que s'était-il passé ? À présent, en voyant son ami aussi désorienté, elle avait peur. Terriblement peur. Mais par-dessus tout elle voulait savoir. Elle le voulait tellement fort que cela lui brûlait la poitrine. Elle ne pouvait pas laisser ce besoin la consumer entièrement en obéissant aux directives de Drago. C'est pourquoi, discrètement, elle croisa son index et son majeur dans son dos, songeant « pardonne-moi, Dray, il faut que je sache... ».

oOo

Le téléphone se mit à sonner. Une fois, deux fois, Trois f...

.- Allô ?

.- Hermione ? Ma chérie, comment vas-tu ?

.- M... Maman ?

.- Mais oui bêtasse, qui veux-tu que ce soit ? A moins que le téléphone ne soit devenu à la mode dans ton monde.

.- Effectivement, c'était une question idiote. Hum, alors, comment ça va par chez toi ?

.- Comme toujours. Ton père ne comprend pas que la retraite a été établie pour une bonne et simple raison : après une vie de labeur, il est temps de se reposer. De plus, je ne suis pas sûre qu'il soit aussi opérationnel qu'avant.

.- Quoi ? Tu veux dire qu'il n'a toujours pas déposé son dossier ?

.- Bien sûr que non. Il est pire que toi certains jours.

.- Humpf. Merci du compliment, M'man.

.- De rien ma chérie, c'est de bon cœur. Mais ce n'est pas pour cela que je t'appelle.

.- Pourquoi alors ? Je t'ai déjà dit que je ne pouvais pas passer avec les enfants avant la nouvelle année. Pour une fois que tous leurs cousins sont là... Attend encore deux jours.

.- Oui, ça je le sais bien. Toujours est-il que Rosy et Hugo sont à la maison. Ils sont dans la cuisine en train de préparer de la pâte à cookies.

.- Pardon ? Mais qu'est-ce qu'ils font là ?

.- Ton mari, Ron, les a déposés.

Hermione se laissa tomber sur l'accoudoir du canapé, situé près de la commode où trônait e téléphone.

.- ...

.- Hermione, tu es toujours là ?

.- Oui, oui M'man. Je suis juste...

.- Surprise ? Je m'en doute. Mais pas autant que moi. Image mon étonnement quand j'ai vu mon beau-fils débarquer et me mettre au parfum de votre... litige.

.- J'imagine.

.- Et... ? Tu n'as rien à me dire ?

.- Non. Écoute, M'man, c'est assez difficile comme ça, ne m'accule pas non plus de ton côté en me forçant à te donner des explications qui, fatalement, me feront encore souffrir.

.- Je suis ta mère.

.- Et c'est de mon couple qu'il s'agit. De ma vie, de mes ennuis, de mes enfants, s'énerva la jeune femme.

.- ...

.- Je te dirai tout plus tard, tu veux bien ? se radoucit-elle. Pour l'instant, laisse moi juste en paix et... Dis-moi, pourquoi Ron t'a apporté les enfants ? Je devais aller les prendre ce soir chez Molly.

.- J'ai cru comprendre qu'il avait passé l'après-midi avec eux. Et comme ils se trouvaient non loin de notre quartier, Hugo aurait exigé de voir ses grand-parents. Ton mari avait apparemment à faire au Ministère, il me les a donc laissés en m'indiquant de te prévenir.

.- Oh... Ok. Il m'a laissé un message ?

Malgré elle, la voix de la jeune femme était pleine d'espoir.

.- Non, rien.

.- ...

.- Hermione...

.- Ça va, je te dis. Je passe les prendre dans une demi-heure. On pourrait rester pour le dîner ? Il faut que je raisonne un peu P'pa, tu ne crois pas ?

.- Bonne idée. Mais, Hermione, dis-moi juste... C'est fini entre vous deux ?

.- Je pense qu'on va rester éloignés, quelque temps. De toute façon, nous n'en avons jamais réellement discuté.

.- Comment ça ? Hermione, Ron et toi, ça me paraissait si fort. Cela fait tellement longtemps que vous vous aimez, presque vingt ans. Vous avez vécu une guerre ensemble, vous avez affronté la mort, mais aussi toutes les épreuves de l'existence côte à côte, et ce alors que vous n'avez que trente ans. Je ne peux pas croire...

.- Essaie de te faire à l'idée, s'il te plait. Car si tout se termine comme je l'appréhende, c'est moi que tu devras ramasser à la petite cuillère et recoller. Je ne pourrai pas te consoler. Et j'ai très peur, tu sais. Car plus j'essaie d'y croire, plus nombreux sont les éléments qui semblent se vouer à me contredire.

.- Viens dès que tu peux à la maison, d'accord ? Je nous ferai un pot-au-feu.

.- C'est gentil, merci, M'man.

Silence.

.- Eh bien, à tout à l'heure.

.- D'accord. Je t'aime fort ma chérie, tu le sais.

.- Oui, M'man, moi aussi.

Des voix étouffées retentirent dans le combiné.

.- Mamie Cathy, je crois qu'il y a de la fumée dans la cuisine.

.- De la... Oh mon Dieu, c'est complètement noir, oui ! Hermione, je te laisse. A ce soir, n'est-ce pas ?

.- Oui, oui, rit Hermione.

.- Bip... Bip...

.- Oui...

Sa voix ne parvenait pas encore à conserver longtemps un ton joyeux.

oOo

(1): Eh bien peut être y a-t-il un Dieu là-haut
Mais tout ce que j'ai jamais appris de l'amour
Était comment blesser quelqu'un avant qu'il ne puisse le faire
Ce n'est pas un pleur que tu entends la nuit
Ce n'est pas quelqu'un qui a vu la lumière
C'est un Alléluia froid et brisé

Vi, après le petit passage « Hermione à l'église », les paroles prennent tout leur sens. Mais bon, c'est une merveilleuse chanson, même sans ça. Pour le plaisir des oreilles.

Donc bon, j'attends nerveusement vos avis. Déjà Monette en pleine crise (mais profond, quoi). Euuh, pour la partie « je me questionne sur Dieu », je sais pas, y'avait du Haendel sur la chaîne Hi-fi, et n'en déplaise à mon père (je cite « c'est un adagio »), pour moi ça a tout du requiem et de la musique d'Eglise. Toutefois, c'est magnifique, laissez-vous tenter.

Sinon Pansy enquête… Ne découvre pas grand-chose, mais l'importance de l'affaire s'épaissit. Puis des bouts de conversation, et de journal pour étoffer l'arrière-fond… A vous de me dire si vous avez aimé (j'ai vraiment peur pour ce chapitre, je le trouve bizarre, après coup. Un peu désespéré, peut-être… Breffons).

Allez, à la semaine prochaine ! See ya' !

Olivia, alias Stellmaria