Adolescences tardives

/Papa. Dis, pourquoi on ne va jamais voir papi?/ /Scorpius, qui t'a foutu ces idioties dans le crâne?/ /Rose Weasley./ Drago soupira. Il avait fallu qu'elle tienne de sa mère. Il devrait aller parler à Granger, ceci ne devait pas se propager. Post T7

Disclaimer:Tout à JKR, sauf les personnages sortis de mon imagination...

Pairing: HGDM, what else?

Welcome back on my fanfiction! :) Me revoici donc, et à l'instar des séries dont les nouvelles saisons ne reprennent qu'à la rentrée (comment ça j'attends les nouveaux "Gossip Girl" et "OTH"? Meuh non, je ne passe pas mon temps à essayer de dénicher les nouveaux épisodes, au risque de perdre une aprem'... Du tout ;p). Bon, il faut vraiment que je me remette au boulot, mon avance en écriture commence à se tasser, et la chose est des plus agaçantes. J'aime ne pas avoir à m'inquiéter (alors pourquoi planifie-je donc quasiment tous les soirs ce que je pourrais bien écrire? Allez savoir!). Bon, et puis avec la rentrée qui arrive (où ça? Jamais entendu parler, moi), j'aurais moins de temps alors il faut vraiment que je tapote un peu mon clavier durant ces dernières funestes journées au paradis de la farniente. Voilà, c'est dit. Reste à l'appliquer... :s

Breffons, je vous offre à tous un énorme: Waouuh!! La fic a dépassé le stade des 100 reviews! Vous savez que vous êtes tous trop des géants géniaux et que je vous aime fort de tout mon cœur ? ;) Et puis pour le dernier chapitre, wow, 14 reviews! Ça, c'est de la patate frite. Bon, je risque de prendre l'habitude, alors n'hésitez pas à continuer! :) Puis sinon, merci à celles qui ont laissé de très longues reviews, détaillées et tout, presque des romans... Vous assurez! Et mention à la centième revieweuse, j'ai nommée : Mione2509 ! Ben oui, 100, c'est 100, c'est carrément énorme. Voili voilà. Je vous aime.

Sinon, ces petites vacances... J'ai refait un tour dans les alpes, mais c'était tout de même plus sympa avec ma couz'. Je deviens une spécialiste en Backgammon, (on a du y jouer une centaine de fois en un mois), puis j'ai refait des crises d'achat compulsif à Grenoble. Pas grave, c'est la collection automne-hiver (super joli) et je suis bien contente. Ah, et j'ai vu Wall-E, aussi ("Wall-Eeeee" "Eveuuuu". Muark. Trop trop chou!). Brefouille. Après ça, je suis revenue chez moi le temps de changer de valise (donc rien pu envoyer), et je suis allée vers Fréjus dans un camping (caravane infestée de fourmis... Arrrgh. "T'as des piqûres de moustiques?" "naaan, allergie aux fourmis... xx). Et j'ai même un peu bronzé (c'est un miracle chez moi! Si si, j'vous assure), après moult coups de soleil (dont hein au cou o.O). Puis j'ai plongé dans les vagues et tout, bref j'étais contente, je nageais avec la grâce d'un écureuil (penser à reprendre des cours de natation, ça ne va plus du tout). Anecdote: une fois, j'ai poussé trop loin ma ballade plagière, résultat... "Ben, pourquoi le monsieur il est tout nu?" Forcément.

Voilà en peu de mots (ou pas) un aperçu de mes vacances. Ah oui, je suis aussi allée à Grasse, où y'a la manufacture des parfums "fragonard", et j'ai acheté plein de trucs pas cher du tout. Mouhahahahha. Et maintenant je pense vaguement que la rentrée approche. Vade retro philo. Me suis acheté un joli agenda turquoise, que j'ai décoré. Il est canon. Bref, après tout vivement la rentrée. Finalement, c'est toujours assez cool. Puis comme ça je reverrai ma meilleure amie (elle est partie un mois au Viet-nam sans voyage groupé, juste avec sa mère. J'ai peur moi. ). Maintenant ça commence à faire long (pensez-vous, dur d'être sevrée de discussions téléphoniques onéreuses et inutiles xD), et elle me manque, puis comme ça je culpabiliserai moins si on partage la tablette de choco plutôt que si je me l'enfile seule. L'amitié, c'est sacré.

Allez, tchuss, je vous laisse, et bonne lecture, j'espère que vous aimerez... :) Et re-Waouuh à vous!


NOTE 1 : Sondage important: Pensez-vous que je dois changer le résumé de ma fic? Car plusieurs personnes m'ont dit qu'elles croyaient qu'il s'agissait d'un Rose-Scorpius. Ben non en fait. Et si je dois changer, envoyez-moi vos suggestions, j'ai vraiment la phobie des résumés... A la clef, Drago Malefoy livré chez vous dans un papier cadeau (et que avec ça). Ou plutôt un chapitre dédicacé pour la personne dont le résumé m'aura le plus plu (n'oubliez pas, nombre de mots restreint pour le résumé...) A vous de jouer!

NOTE 2 : Je me suis rendue compte, mortifiée, au début du mois d'août, alors que déjà Internet m'étais inaccessible, que j'avais oublié de répondre aux « reviews-avec-lien » (signées, quoi) du chapitre X. Mea culpa, je suis impardonnable. Toute pressée que j'étais de poster, j'ai juste… zappé. Sorry, sorry sorry. Bon, je le fais maintenant, un peu rapidement, certes : merci à AlyssaJK (je n'aime pas « Secret story » et je l'assume :p), Caella (oui, moi aussi je me demande quel est la clef du mystère Lulu… lol), hermy94 (Ouh, c'est super gentil tout ça ! Mercii. Ben pour les sentiments, euuh… Je ne sais pas. Beaucoup (trop) d'imagination ? ;p) et Rebecca-Black (La remarque qui tue. Oui, c'est triste pour les cookies. Une minute de silence, s'vous plait !). Voilà, j'espère qu'avec ça j'ai fait amende honorable. Et encore une fois désoléééé


Réponses aux reviews anonymes:

Liaco : Hullo ! :) Mmh, apparemment mon incartade comique avec Blaise a plu ! J'aime Blaise ! ;) Ainsi que le baiser (bah, depuis le temps que je fais durer l'attente…) ! Pour la révolte des littéraires, je t'avoue que je suis plutôt pacifiste dans mon genre, faisons-le à la Gandhi : créons une élite de gens qui tous seraient issus de… L. Preuve que la S n'est point une voie si royale que ça! Bref, merci pour ton assiduité dans les reviews, et de gros bisous !

MiladyMoOn : Ma choisisseuse de citation préférée… :) Raah, que d'éloges en ta review… Faut pas tu sais, j'suis pas si bien que ça, je sais pas faire la roue (hors sujet). C'est le lot de consolation xD (comment ça il est tard et je suis fatiguée, seule solution possible pour que j'écrive des choses de ce genre ?.. Euh oui en fait…). Ces derniers jours, j'ai relu la fic sur l'ordi, histoire de voir ce que ça donnait. Ai eu envie de me pendre à la vue les fautes de frappes et d'orthographe oubliées après moult relectures. Arrgh. Puis bon, mon style est encore fort trop « gnian-gnian » à mon goût (c'est dit et écrit. Point. ;p) Mais bon l'histoire te plait alors… :) Bon, je l'aime beaucoup quand même, elle est bien plus aboutie et définie, on va dire, que OTT. Puis je vais tenter de la finir avant 100 ans. Alors pour revenir à la fic, oui, une page se tourne, j'ai bouclé l'axe 1, mais point le reste… Courage, tu vas encore supporter longtemps mes gribouillages ! Bisouss, je t'aime, puis à mardi ma Capuchh !Ps : pour le livre… Euh. Un jour peut-être… Ou une autre histoire courte pour Noël. On verra (surtout toi :D) !

Phoebe : Aah… Comment te remercier pour tes merveilleuses reviews ? J'aime, j'adore, je défaille en voyant les pavés qui m'attendent. Merci, merci… Pour tout t'avouer, j'avais hâte d'avoir ton avis sur ce chapitre-là (et l'autre aussi, hein !). Je vais te répondre dans le même ordre que ta review. Merci pour les compliments pour le journal (en fait je ne pensais pas l'avoir si bien réussi, mais si tu le dis… ;p), et pour le passage avec Fleur, qui était très dur à rédiger. J'ai passé pas mal de temps là-dessus, je voulais que l'on ressente le désespoir d'Hermione, mais que la note reste juste, sans verser dans le mélo… J'espère que ce n'est pas le cas ! Puis pour l'Eglise, ce n'était pas du tout prémédité, je voulais l'insérer dans le décor (genre les cloches qui sonnent au loin), puis je me suis laissée embarquer, et de fil en aiguille les questions sont venues. J'ai tenté de ne pas trop m'emporter, car sinon j'aurais risqué de vraiment dériver du sujet… xx Mais tu l'as toi-même très bien exploré ! Sinon pour répondre à ta question, je suis baptisée, mais me qualifie d'agnostique à tendance athée, vu que je ne prends guère le temps de vraiment m'interroger… Gageons sur le bonheur terrestre ! Ravie de lire que ma Pansy te plait, je dois t'avouer que j'adore « l'écrire ». Quant au secret… Patience, tout vient à point pour qui sait attendre. xD Quant au dialogue téléphonique… Je ne peux rien te dire pour Ron, désolée, et la scène du dîner Granger (d'ailleurs passée à ce stade de la fic) ne sera pas décrite... Comme tu le sais, je tente de distiller un décor. Maintenant le chapitre XI ! ;) Merci d'aimer Jenny ! J'ai toujours une appréhension pour les personnages qui n'existent pas « préalablement ». Donc c'est super que tu l'apprécies ! C'est vrai qu'elle rajoute une touche d'humour… Je pense tenter de l'épaissir un peu. Luna remporte aussi beaucoup de votes, il faut avouer que c'est un perso plein de ressources. Quant aux serpys et à la limousine… Ambiance fêtarde de circonstance, il fallait bien. Puis j'essaie d'alterner les longues descriptions psychologiques blablabla, avec des dialogues plus vifs, pour raviver un peu. Pour finir Astoria… Plus je dois l'éjecter, plus je m'y attache, c'est dur… Mais apparemment, je ne suis pas la seule ! Bref, tu verras bien l'évolution (et, oui, ton discours était fort mélodramatique, mais vision assez nette des choses. Même si tout ne sera pas exactement ainsi (peut-être ?) ;p) En tout cas, merci pour ces reviews, et continue ainsi ! J'adore… De gros bisous !

papillon bleue: Hello ! Une nouvelles revieweuse, c'est génial ! Merci de prendre le temps… :) Et merci pour tous les gentils compliments… Oui c'est un pari risqué que je prends, surtout que j'ai une mémoire de poisson rouge, donc il y aura sans doute des incohérences avec les livres… Mais je reste vigilante ! En tout cas, j'espère que tu aimeras le chapitre ! Bisous !

lou29 : Une revenante ! :p Ravie de te revoir ! Narnia powaa, hein ? ;) Alors je vois que l'affaire Lulu te titille… Bien ! Il faut faire durer les suspense (Spoiler : je livrerai quelques éléments dans les chapitres à venir ! Muahaha). Quant au 31… Au risque de faire cliché, j'ai placé le baiser là… Après tout, je pouvais bien me le permettre, après un Noël plus qu'atypique (pour Monette en tout cas). Oui, le gravier qui est au bas de l'édifice est posé… xD En tout cas tu as l'air d'avoir aimé, c'est super ! Quant à Pansy, je ne pense pas qu'elle ait été fan des cours de Trelawney, je dirais plutôt qu'elle a une connaissance de longue date, un savoir pointu des jeux de masque et un amour de l'étude. Pour finir, merci pour le « no-critique ». Mais bon, j'en réclamerai toujours… Les interrogations des revieweurs me font progresser, révèlent des maladresses. C'est vraiment quelque chose qui m'aide, donc n'hésite pas. Et à présent bonne lecture ! De gros bisous !


« Notre existence quotidienne est un mauvais feuilleton par lequel nous nous laissons envoûter. » Michel Butor


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Chapitre XII

/ Où la meilleure façon d'marcher, c'est encore la notre, c'est de courir rapidement, et puis d' s'échapper /

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Journal d'Hermione Granger

21/06/1998

On nous a remis les insignes de la reconnaissance de la communauté sorcière aujourd'hui. Ordre de Merlin, première classe pour nous trois, deuxième, troisième, Légion des Mages, Croix de Brocéliande et autres brocardes et babioles brillantes. Harry voulait refuser, mais le professeur McGonagall est parvenue à lui faire entendre raison. Il y a des fronts plus importants sur lesquels l'on doit se battre, encore, et gâcher ses forces en des combats futiles et n'ayant d'impact que sur le decorum n'en fait pas partie. Nous avons tous l'esprit lourd. Ce n'est pas là ce que l'on mérite. Tous les morts méritent cent fois plus ! Les enterrements ont été célébrés dans l'intimité nécessaire, sans grandes processions ni vulgarisation journalistique. C'était dur, si dur. Fred, le professeur Lupin, Tonks... le père de celle-ci, Ted, et encore d'autres, tellement. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai un peu manqué à tous mes devoirs, je ne t'ai guère alimenté, mon cher défouloir, ma pensine de papier. Je m'en excuse. Faut-il que je sois folle pour culpabiliser ainsi devant un carnet de papier. Pourtant tu sembles bien contenir nombre de parcelles de moi, que d'autres ne connaîtront sans doute jamais. Et qui sait si j'aurai un jour le courage d'abandonner ces épanchements ? Pour l'instant, j'en ai encore bien trop besoin.

Pour en revenir aux enterrements, une cérémonie de recueillement officielle est cependant prévue. Nous viendrons, bien entendu. Mais j'ai en mon for intérieur le sentiment que l'on gaspille bien du temps en célébrations. L'heure n'est pas encore au repos, le tyran est mort, mais une nation reste à reconstruire. Pourtant, peu semblent partager mon opinion. Harry bien sûr, Ron peut-être. Les frères Weasley, Arthur, Fleur... Au contraire, Molly et Ginny m'ont blâmée avec force lorsque j'ai osé exprimer ma pensée. Il ne me semble pourtant pas avoir fait preuve d'indélicatesse.

Néanmoins, toute cette frustration accumulée a malgré tout de bons effets. Je me suis enfin décidée pour une voie d'étude. Pas auror, malgré les suppliques de Ron – ne peut-il pas mener sa route seul ? De plus, je pense qu'il est plus sain que l'on ne fasse pas tout de concert -, pas médicomage ni spécialiste en métamorphose – je crois que le professeur McGonagall m'en veut un peu -, mais plutôt une carrière dans le Département de Justice. Je ne pense pas avoir la carrure d'une avocate, ni la présomption de me croire bon juge, même si je suivrai les bases de ces formations avec les autres aspirants. Je souhaite plutôt travailler sur les lois, légiférer, défendre, promulguer les décrets ; agir pour l'élévation de la société magique en son entier et faciliter son mélange avec le reste du monde. Cela m'inspire plus que tout, de plus je serais alors à un engrenage primordial du Ministère. Tirer les ficelles me sied plus que de faire la vitrine.

Enfin, il faut que je te confie des détails sur ma relation avec Ron. Ce fut houleux au début, je dois te l'avouer. Passé l'état de choc des lendemains de bataille, nous ne savions comment nous y prendre. Oscillant entre l'habitude, les rapports qu'entretiennent deux amis et la réalité du couple. Une gaucherie subsistait, une réserve, difficilement supportable. Certaines personnes n'avaient même pas remarqué que nous étions ensemble, tant nous passions notre temps à nous chamailler, comme avant. Alors nous avons mis les choses à plat. Et tout va mieux, tellement mieux. J'en rêvais, tu le sais, et ça y est, pleinement. Ron a compris que les remarques qu'il se permettait avec Hermione-la-bonne-copine étaient surannées, quant à moi, j'ai refréné mes instincts qui me poussaient trop souvent à me comporter comme une mère face à un enfant turbulent. Et maintenant, tout est pour le mieux. Nous nous aimons comme un homme et une femme, comme Ron et Hermione, mais en ayant accepté que d'autres facettes et réalités se cachent sous le masque de nos prénoms. Et ce fut un sacré boulot… Mais pour quel résultat !

Sur ce je te laisse, fière de t'avoir un peu noirci. À la prochaine alors !

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.- Granger !

Les pas précipités claquaient avec force sur le linoléum du couloir de service.

.- Granger ! Hey, arrête ! Mais arrête, merde !

Drago passa le revers de sa main sur son front. Cette peste de griffondor l'avait entraîné dans les parties de l'immeuble réservées au personnel. Fort heureusement pour eux, ils n'avaient croisé personne, tout le monde s'accordant une pause pour savourer une coupe. Il pouvait voir, vingt pas devant lui, le dos de la jeune femme, laquelle avait également pausé, indécise. Son souffle court faisait un écho dans le blanc du passage éclairé seulement par quelques néons électriques.

.- Reviens, ne sois pas ridicule...

.- J'suis pas ridicule !

La voix de Granger était perçante, comme si sa gorge était nouée.

.- Tu pleures ?

.- ... Nan.

.- Si, tu pleures, je l'entends bien. Oh merde arrête, tu ne vas pas chialer maintenant, si ?

.- Malefoy, tu es extrêmement grossier. Je t'emmerde.

Drago se passa les doigts sur les tempes. Il ne savait pas quoi faire. Il l'avait embrassée, certes. Il n'y pouvait rien, elle le provoquait clairement, avec ses airs de fausse ingénue ! Et puis il n'avait pas perdu son temps dans la tentative, ç'avait été agréable. Très. Certes, il était marié, elle aussi d'ailleurs – la chose venait de lui traverser l'esprit -, mais ils avaient toujours entretenu une relation particulière, non ? Ça rendait l'acte moins grave... Toujours était-il qu'alors que les lumières se remettaient à fonctionner et la musique à tonitruer, la jeune femme avait semblé émerger. Ce qui s'était passé dans la noirceur ne pouvait évidemment pas être éclairé. Elle s'était dérobée à son étreinte et, fuyant son regard, s'était éloignée, tentant de prendre un pas mesuré. Pourtant, quand Drago avait voulu la rejoindre, elle s'était mise à courir. Fatalement, il l'avait suivie. Et, il ne savait trop comment, ils étaient passés de l'autre côté du club, dans l'envers du décor. Et il tentait à présent de la faire revenir.

Il avança d'un pas. Celui-ci résonna longuement.

.- Je ... Je peux avancer, dis ? Tu ne vas pas me jeter ?

.- Je ne veux pas que tu t'approches, martela Hermione.

.- Tu es contradictoire, toi.

.- Tu m'énerves. Pourquoi tu veux toujours m'énerver ?

.- Moi ? Je ne fais pas toujours ça, ne sois pas stupide. Je pensais que l'on était d'accord pour dire que l'on avait dépassé les gamineries.

.- Alors pourquoi tu m'as embrassée ?

Elle avait crié. Drago ne savait pas trop quoi répondre. Il ne pensait pas qu'elle le percevrait ainsi. Il appuya son épaule contre le mur. Pourquoi l'avait-il embrassée ? Parce qu'il en avait envie. Alors il le lui dit.

.- Ce n'est pas une raison !

.- Et pourquoi ça ne serait pas une raison, Granger ? Depuis quand ?

.- Parce que maintenant il va toujours y avoir ce... baiser entre nous. Ce n'est pas effaçable.

Drago ferma les yeux. Il n'avait pas pensé à ça.

.- Je te l'accorde.

Hermione se retourna enfin. Elle avait effectivement pleuré. Ses grands yeux marron brillaient encore de larmes. Elle resserra ses bras sur sa poitrine et parcourut les quelques mètres qui la séparaient de son ennemi.

.- Bon tu vois maintenant...

.- Je n'avais pas pensé à ça. Mais de toute façon c'est clair entre nous, non ? Ce n'était pas sérieux, juste un incident. Ç'aurait pu nous arriver lorsque nous étions adolescents, seulement c'est maintenant. À croire que l'on n'a pas tellement grandi.

Hermione laissa échapper un petit rire humide. Drago ne savait pourquoi, mais à l'entendre il se sentit mieux. Il lui proposa son bras :

.- Allez, tu ne vas pas te priver de la fin de la soirée. Et puis je pense que notre présence en ces lieux n'est pas super légale.

.- Je pense que je vais rentrer. Je suis fatiguée et... J'ai fait quelques excès ce soir. Les fêtes ne soignent pas le mal de cœur...

.- Je veux bien te croire.

Voyant qu'elle dédaignait son bras, il mit les mains dans ses poches, et la raccompagna jusqu'à la porte de sortie. Juste avant de s'en aller vers les vestiaires, elle se retourna vers lui. Même avec son maquillage qui avait légèrement coulé, il ne put s'empêcher de remarquer à quel point elle possédait une troublante féminité.

.- Nous sommes d'accord, n'est-ce pas Malefoy ? On oublie cet écart.

.- Pas de problème. Je ne suis rien pour toi et vice-versa.

.- Le mieux serait qu'on arrête de se croiser sans cesse.

.- Oui, sans doute.

Le silence flotta quelques instants, chacun se remémorant peut-être leur récent et très proche tête-à-tête. Enfin, Hermione laissa un sourire ourler ses lèvres.

.- Bonne année, Drago Malefoy.

.- À toi aussi, Hermione Granger.

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Lettre de Rodolphus Lestrange à Narcissa Malefoy

Le 12 juillet à Brighton, Prince's Edward Alley.

Ma très chère sœur,

Je m'excuse bien humblement de ne pas avoir répondu à ta missive plus tôt. Je suis encore profondément affligé de la disparition de ma bien aimée Bellatrix, ainsi que tu te le figures. Néanmoins ton mot m'a fait chaud au cœur, et je t'en remercie le plus sincèrement au monde.

Je vais à présent répondre point par point à ta demande. J'ai moi aussi ouï les échos des procès qui se préparent. Bien que je n'en tremble pas, tu me connais, la chose m'inquiète, étant impliqué depuis fort longtemps dans notre affaire. Je me fais du souci pour Lucius, il n'est pas un nom des moins connus. Malgré votre... dérobade de dernière minute – je ne vous en tiens pas rancune, mais d'autres que moi risquent de le faire – je doute fort que les autorités vous laissent en paix. Je sais bien que l'envie de protéger votre famille et votre nom – et quel nom ! c'est là une priorité – a été décisive dans votre action. Concernant les charges d'accusations qui vont me tomber dessus d'un jour à l'autre, car j'ai eu l'audace de survivre, je ne m'en fais pas : un vieux loup roublard sait toujours se défendre, surtout lorsqu'il n'a plus que lui-même. Par contre pour vous trois...

Cissa chérie, je crains fort que la justice, avide de coupables pour la plèbe, ne se contente pas de s'en prendre à Lucius. Oh, bien sûr, il sera le premier visé – mais avec une bonne défense, un peu de patience, des pots-de-vin et un appel, il pourrait s'en sortir avec cinq ans seulement –, mais ce ne sera pas suffisant. Je dois te le dire, Narcissa, on t'admire autant que l'on te craint. Tu fascines et on te jalouse. On te hait bien souvent d'avoir pu continuer à parader malgré les crimes de ton mari. Pourtant le monde d'habitude si magnanime en leçons philosophiques ne semble pas comprendre que ce que fait l'un ne doit pas être imputé à l'autre – même si tu as soutenu Lucius, cela va de soi, mais il n'est pas utile de le spécifier. Quoi qu'il en soit, je te mets en garde : on t'attaquera toi aussi, sois en sûre et prépare-toi. Les prochaines années seront longues et dures.

Enfin reste Drago, mon neveu. Son cas est très particulier et délicat, et même si son histoire n'est point encore connue du grand public sorcier, soit sûre que les journaux à scandales comme Sorcière-Hebdo, ou encore la plume venimeuse de Rita Skeeter de la Gazette, la mettront bien vite à leur une. Drago a été marqué. Durant toute une année, il préparé un plan en collaboration avec notre maître pour nous permettre d'infiltrer Poudlard. Il a espionné. Il a permis l'attaque du château, mettant en péril des vies. Et même s'il ne l'a pas tué, il était chargé de la mort d'Albus Dumbledore. Même s'il n'a commis aucun meurtre à proprement parler, son casier est loin d'être vierge. Il était, il faut l'avouer, mineur au moment des faits les plus graves, mais en ces temps troublés de reconstruction, je ne pense pas que cela pèsera bien lourd en circonstances atténuantes...

Voilà donc, ma chère belle-sœur. J'espère ne pas avoir trop ombragé ton beau regard par mes spéculations. Mais je préfère vous savoir armés pour la suite des évènements. De mon côté, je vais faire de mon mieux. Ne vous en faites pas pour moi, j'ai suffisamment côtoyé l'énergie de Bella pour tout donner de moi-même. Alea jacta est.

Salue Lucius et votre fils de ma part. Bien à toi,

Rodolphus Caligula Lestrange.

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Hermione entrouvrit un œil. Quelqu'un frappait à la porte. Elle se releva sur un coude et observa d'un regard brumeux son réveil. Onze heures. Elle devait bien s'avouer que la motivation n'avait pas été extrême pour se lever. Il était plus que temps, à présent. Les coups retentirent à nouveau. Alors qu'Hermione se redressait complètement et glissait ses pieds dans ses pantoufles, elle tenta de remettre ses idées en place. Attendait-elle quelqu'un ? De fait, Ginny devait passer avec les enfants et leurs trois cousins Potter. Hermione avait promis de les garder afin que le couple que formaient ses amis puisse s'offrir une parenthèse romantique.

La jeune femme enfila son peignoir et descendit l'escalier menant à l'entrée. Les coups se répétèrent, plus impatients.

.- J'arrive, du calme !

Elle resserra la ceinture de ruban qui laçait son habit d'intérieur. Jetant un coup d'œil au miroir ornant l'entrée – elle avait toujours songé que cet emplacement était hautement judicieux – elle examina sa figure. Petite mine, les yeux encore endormis, et une grandiose trace d'oreiller sur la joue gauche. Et bien sûr des cheveux plus anarchiques que jamais. Une parfaite séductrice, en somme. Hermione esquissa un sourire moqueur et déverrouilla la serrure. Aussitôt, le battant de la porte s'ouvrit avec fracas.

.- M'man !

Hugo était déjà agrippé à ses jambes. Derrière lui, Rose, plus calme, lui souriait largement. Et enfin un quatuor de Potter, James à l'air faussement mature, Albus survolté, Lily qui traînait de la patte, un nœud lilas dans ses cheveux roux, et enfin Ginny, encombrée de plusieurs sacs.

.- Laisse, je vais t'aider ! Bonjour tout le monde, fit Hermione, déchargeant sa meilleure amie de plusieurs sacs.

.- Merci 'Mione. C'est fou tout ce qu'ils prennent, on se croirait en train de partir en expédition en Tasmanie.

.- Bon-jour-Ta-tie-Her-mi-one !

.- Bonjour Maman, dit plus posément Rose.

.- Venez tous dans mes bras, que je vous embrasse ! Je suis ravie de vous revoir, vous le savez ?

Et la ronde des embrassades commença. Un long quart d'heure plus tard, les enfants étaient réunis entre les chambres et la salle de jeux, et Hermione et Ginny se faisaient face dans la cuisine, la première faisant griller des tranches de bacon sur une poêle.

.- Je suis impardonnable, vraiment, pardon Gin', je savais bien que tu devais venir. Mais j'étais tellement bien dans mon lit que la force me manquait...

.- Va, je ne t'en veux pas. De toute façon tu auras besoin de forces pour les deux jours à venir. Ils sont intenables. Plus ils bougent, plus ils dénichent de l'énergie.

.- Pitié, ne me fais pas peur !

Ginny sourit avec compassion. Elle saisit un morceau de sucre et le trempa du bout des doigts dans son café, jusqu'à ce qu'il devienne beige. Puis elle le lâcha et l'écrasa méticuleusement de sa petite cuillère, un air satisfait peint sur le visage.

.- Alors, qu'avez-vous prévu avec Harry ?

.- Pas grand-chose. Juste de profiter de la maison à deux. C'est déjà un luxe !

.- Je le sais bien.

.- Et puis nous avons déjà beaucoup voyagé ces derniers temps. Un peu de proximité n'est pas déplaisant. Nous passerons peut-être un après-midi à la campagne, je ne sais pas encore.

.- Ne pas avoir de plans organisés est également relaxant.

La rouquine acquiesça et avala une gorgée de l'âpre breuvage que lui avait servi son amie. Hermione éteignit le gaz et fit glisser les tranches de bacon, accompagnées d'œufs au plat sur son assiette. Elle s'assit à son tour et se servit une tasse de café.

.- Rien de tel qu'un véritable petit-déjeuner avant d'affronter les enfants.

.- Oui, conseil d'amie, prend des forces.

Hermione sourit. Elle s'en voulait de ne pas avoir convié sa meilleure amie à la soirée du nouvel an, mais elle était encore un peu mal à l'aise avec elle. Dernièrement, leurs relations avaient été pour le moins parasitées par nombre d'éléments extérieurs. De plus, elle se devait de respecter son statut de belle-sœur en plus de meilleure amie, ce qui n'était pas chose simple. Enfin, même si Ginny connaissait très bien Luna, et aurait sans doute voulu la revoir, elle ne connaissait Jenny que par le secrétariat et par ce qu'Hermione lui disait. Et la jeune femme aimait ce pouvoir qu'elle avait d'avoir d'autres relations qui n'étaient pas forcément liées à son cercle d'amis primaire. Comme Malefoy... et d'autres. Hermione évitait de trop penser à ce nom, et à tout ce qui pouvait la ramener à la fin de la fête du réveillon. Tout compte fait, il était vraiment plaisant que Ginny n'ait pas été là, au vu de ce qui s'était passé. Mais peut-être l'aurait-elle empêché ? Peut-être par sa présence aurait-elle évité à la jeune femme de se retrouver face aux serpentards, et ainsi tout ce qui avait suivi n'aurait pas eu lieu? Mais Hermione le regrettait-elle vraiment ? Oui, non, elle ne savait plus. Elle avait aimé, puis elle avait pleuré. Elle n'avait pas réellement détesté Malefoy pour son acte, mais beaucoup plus sa propre personne pour sa faiblesse. Elle n'avait pourtant pas ressenti cela quand elle flirtait avec d'autres hommes, plus tôt dans la soirée. Elle ne savait plus, et pour esquiver toute confusion, chassait de son mieux ces troubles loin de sa conscience. Mais ils étaient tenaces et revenaient régulièrement assaillir son esprit de leurs petites interrogations cuisantes.

.- Hermione... ? Tu rêves ?

Hermione revint à la réalité. Elle s'était un peu égarée.

.- Oui, désolée. Je ne suis pas très vigilante en ce moment.

.- C'est à cause de Ron ?

.- De R... Non, non, ce n'est pas à cause de lui, rit doucement Hermione, embarrassée.

.- Mais si, je sais bien que c'est ce sujet-là qui t'absorbe.

.- Si tu le dis.

La jeune femme n'avait en vérité pas tellement songé à son époux durant les deux jours précédents. Pourtant, face à l'insistance de son amie, son cœur se resserra douloureusement. Il était encore profondément meurtri. Et elle n'avait toujours pas de nouvelles de celui qui était envers et contre tout encore son époux.

.- Il s'est trouvé un appartement, tu sais ? tenta Ginny.

.- Ah ?

.- Oui. Je ne voulais plus de lui à la maison après... l'autre soir. Et puis avoir tout le temps son frère sur le dos n'est pas terrible.

.- ...

.- Bref, son appartement est un logement de fonction que le Ministère lui a mis à disposition.

.- Ok.

.- Tu... Tu as eu de ses nouvelles ?

.- Non.

.- Oh... De toute façon, je comprendrai que tu ne veuilles pas, mais là, quel couard !

.- Il doit avoir honte...

.- Il y a de quoi.

.- Je ne ferai rien tu sais. Je ne veux pas le voir, ce qu'il a fait, j'en cauchemarde parfois. C'est à lui de se démerder. Et la tâche sera dure.

.- Fleur m'a raconté. Je suis désolée de ne pas être venue, mais je devais me charger de Ron, ce qui n'était pas exactement ce que je préférais.

.- Ne t'inquiète pas, Fleur a été parfaite.

.- Oui, elle est très bien.

.- ...

.- Tu veux clore le sujet ?

Hermione acquiesça, les yeux dans la vague. Elle se rendait compte qu'elle se fichait pas mal de savoir où était Ron, ce qu'il faisait. Quelque chose s'était brisé, ce soir-là. Pourtant elle avait mal, atrocement mal. Car il restait Ron. Pourquoi ne pouvait-il pas se réduire à l'état de simple néant pour ses sentiments? Mais ceux-ci, vieux camarades de route entêtés, s'accrochaient aux moindres brindilles de son cœur lacéré. Ces foutus sentiments étaient toujours là. Elle voulait les chasser, mais avait encore tellement peur de perdre son couple, tout ce qu'elle avait bâti, elle craignait de faire une erreur. Pourtant ces sentiments la faisaient souffrir. Mais elle y tenait. Alors elle attendait éperdument le nouveau souffle d'air qui viendrait revigorer son couple, et le sauverait de sa chute. Mais s'il ne venait pas ? Et si au contraire, l'amour lui revenait après la séparation ? Devait-elle prendre le risque ou au contraire essayer encore, au péril de brasser du vide ? Hermione ne savait que faire et préférait attendre, se laissant guider par les autres, le temps. Elle était lasse, elle devait l'admettre, et ses dernières décisions et actions ne lui avaient que peu réussi, elle préférait dorénavant se protéger, rester passive, attendant que les éléments décident à sa place de l'issue de cette triste histoire.

.- Je ne vais pas tarder à y aller.

.- Je ne te retiens pas, profite de tes journées de vacances.

.- Tu devrais sortir. Allez, avoue, tu revois ton « ouvreur de perspective », notre mal-aimé Drago Malefoy !

Hermione sentit son cœur s'arrêter de battre. Elle écarquilla les yeux, effarée.

.- ...

.- Allez, avoue-le, Mione, après tout nous n'avons pas de secret entre nous!

.- Pardon, mais non, mais pas du tout, mais qu'est ce que tu racontes ?!

.- Quoi, tu ne l'embrassais pas allègrement à la fête de la nouvelle année ?

.- Non !

Soudain le visage de Ginny se fendit d'un sourire et elle explosa de rire, le regard mutin.

.- Déstresse 'Mione, je te chambre juste un peu.

Hermione laissa enfin son souffle s'échapper de ses poumons.

.- Oui, bien sûr, j'avais deviné, grommela-t-elle, le regard noir. Pour ton information, ça n'était pas drôle.

.- Mais si je t'assure, tu aurais vu ta tête... Bon, là je dois vraiment y aller. Je monte dire au revoir aux enfants et je transplane !

Elle lui colla un baiser sur la joue et s'en fut vers les escaliers. Hermione, seule devant son petit-déjeuner à moitié entamé porta lentement sa main tremblante vers son cœur.

oOo

.- « Sorcières, sorciers, ici la RITM, c'est Glenda Chittock qui vous parle. C'est la rentrée ! Petits écoliers et collégiens s'en sont retournés étudier et chaudronner dans notre bien-aimé Poudlard. La vague de lettres par hibou qui circulait ces jours-ci n'est pas prête de s'apaiser. Et vous-même, chers auditeurs, qui retournez à votre labeur ou au contraire continuez vos métiers idylliques, du courage en cette grisaille qui n'annonce rien de joyeux avant le mois de février. Potionnez, enchantez, métamorphosez, volez, défendez ou simplement paperassez. Mais, bonne nouvelle, janvier est la seconde grande rentrée musicale de l'année. Et pour vous mettre l'eau à la bouche, le dernier tube des Bizarr'Sisters, Would you be my sweet unicorn ! ... »

.- Jenny, ne me dis pas que tu vas écouter en toute connaissance de cause ces idioties ?

.- Moi ?... Oui.

.- Jenny... Ce n'est pas parce que Miranda est au Concile des mages juristes que tu dois prendre tes aises. En son absence, c'est moi qui dirige la section, de quoi vais-je avoir l'air avec une secrétaire comme toi ?

.- Tu vas avoir l'air moins stricte que Miranda ?

.- Sans doute.

Hermione soupira. Son premier jour de boulot de la nouvelle année commençait bien : Miranda l'avait lâchée pour la semaine, Jenny avait décidé de ne fournir que le minimum nécessaire, et une tonne de paperasse s'était accumulée dans leur boîte aux lettres durant les quinze jours de vacances qu'ils avaient eus. Résultat, quatre ou cinq sacs de poste emplis à ras bord de lettres, colis et plis, qui encombraient l'accueil.

.- S'il te plait... Jenny, ne m'abandonne pas, ou je ne vais jamais y arriver. Miranda arrive à terroriser les stagiaires, mais moi je ne sais pas faire.

.- Bien sûr que si, laisse parler le lion qui est en toi.

.- Haha, très spirituel.

.- Va donc remettre leurs petites pendules à l'heure, je trie le courrier. Ça facilitera déjà la tâche un minimum, non ?

.- Voui... Merci.

.- De rien Monette. C'est bien parce que c'est toi.

Hermione sourit largement à Jenny. Elle lui sauvait littéralement la vie. La jeune femme tourna les talons et poussa avec vigueur le battant de la salle de formation. Elle ne fut guère surprise de découvrir les trois stagiaires affalés sur leurs tables de travail, faisant des mots croisés ou dessinant des moustaches dans des magazines. À l'entente du claquement de la porte, ils se redressèrent vivement, un peu trop peut-être, se tenant à la limite du garde-à-vous. Elle se composa une mine féroce et afficha un sourire empli de sarcasmes.

.- Vous reprenez doucement, à ce que je vois ?

.- Euh... Oui, nous nous familiarisions aux directives concernant ce mois-ci, balbutia l'un d'entre eux.

.- Cela fait donc deux heures que vous tentez de comprendre ce qui compose le recto d'une feuille.

Hermione leva les yeux au ciel. Elle concevait enfin les crises de nerfs de Miranda. Le cru de cette année n'était pas excellent. Loin de là même. Pourtant le concours d'entrée était dur, et les places très limitées. Elle scruta d'un regard qui se voulait critique les trois jeunes qui lui faisaient face. Une fille, deux garçons. Un autre trio ? Elle ignorait toutefois les relations qu'ils entretenaient. La fille, Rebecca, passait pour être travailleuse – c'était ce qu'elle avait retenu des dires de Jenny. Les deux garçons, Federico et Archibald, ne lui disaient pas grand-chose. Elle n'avait pas d'opinion déterminée à leur sujet. Mais ce n'était pas comme si elle avait excessivement tenté de se mêler à eux, préférant se consacrer aux sujets qui l'importaient.

.- Nous sommes désolés, Mrs Weasley, nous savons que notre comportement est blâmable, avança Federico, prenant l'initiative.

Hermione se détendit un peu.

.- Tout de même, deux heures ? Et vous prétendez vouloir appartenir au cercle de ceux qui légifèrent pour l'ordre et l'harmonie du monde magique ? Cela m'inquiète, je dois l'avouer.

Ils baissèrent un peu la tête, penauds. On aurait pu entendre une mouche voler.

.- Bon passons. Je viens vous annoncer que c'est sous mon autorité et non sous celle de Miranda que vous serez cette semaine. Mrs Howitt est retenue à un Concile.

.- Bien, qu'attendez-vous de nous ? s'enquit Rebecca.

.- Un peu de zèle, voilà qui fait du bien. Comme vous avez du le constater à l'accueil, nous sommes victimes d'un véritable raz-de-marée. J'ai chargé Jenny de trier un peu tous ces papiers – heureusement, nous ne semblons pas avoir trop de visites aujourd'hui. Je vous suggère vivement de l'aider et, une fois que vous aurez classé de façon claire les différents papiers, veuillez vous occuper de tout ce qui n'est pas administratif : les demandes, réclamations, dossiers, communiqués ... Vous tenterez de les lier avec les dossiers existants. Si enfin il s'agit d'un fait nouveau, ou d'une nouvelle d'importance, ou d'un nouveau cas, en bref quelque chose de capital, apportez-le moi. Vous aurez peut-être ainsi, sous ma coupelle, bien entendu, votre premier dossier à traiter.

Hermione sourit à la vue des airs avides qui se peignaient sur les visages de ses stagiaires. Elle s'était fourvoyée, c'était bien à des ambitieux qu'elle avait affaire. Elle allait partir quand soudain, quelque chose lui traversa l'esprit. Elle lança alors :

.- Je sais que vous êtes impatients de faire vos preuves, mais pas de vol de dossier ! Il y en aura bien assez à traiter pour que vous en ayez un chacun, restez honnêtes !

oOo

.- Mrs Weasley ?

Il était tard dans l'après-midi et Hermione releva la tête avec surprise, considérant déjà sa journée comme terminée. Dans l'embrasure de la porte apparaissait le visage timide d'Archibald McFadden, l'un des trois apprentis. D'origine écossaise, sa voix était reconnaissable à son accent rocailleux. La jeune femme l'invita à entrer.

.- Que veux-tu Archibald ? Vous avez fini de trier tout le courrier ?

.- Oh que non. Je pense que l'on ne finira pas avant demain, répondit-il avec un ton fataliste.

.- Tu as trouvé un dossier dont tu pourrais te charger, alors ?

.- Je ne sais pas. C'est un pli qui vous est adressé, mais ça m'a l'air chargé comme un dossier. On l'avait d'ailleurs classé dans ce tas.

Hermione arqua un sourcil. Elle désigna la chaise en face de son bureau et le jeune homme prit place. L'enveloppe de papier kraft marron était de taille conséquente, et elle semblait bien lourde. Elle tendit la main.

.- Fais-moi voir.

De fait, le poids de la missive était conséquent. Hermione jeta un regard au nom de l'expéditeur, et la raison lui en sauta aux yeux. C'était de la part d'Astoria Malefoy. Impatiente, Hermione renversa le paquet et fit glisser les documents qu'il contenait sur son bureau. Astoria n'avait pas pris la chose à la légère, le tout était imposant. Hermione fit couler ses doigts nerveux sur les papiers qui recouvraient le bois de son secrétaire. Ses yeux sautaient d'un feuillet à l'autre : acte de naissance, de mariage, diplômes scolaires, curriculum vitæ, compte-rendu du procès, extraits de journaux, actes d'accusation, photos, nom de l'avocat, du procureur, dossier médical... La jeune femme avait semblé savoir quoi prendre pour remplir un dossier judiciaire.

.- Mrs Weasley... Pardonnez-moi mais... est-ce que je pourrais faire mes débuts avec ce procès ?

Hermione releva la tête, semblant revenir de loin. De fait, depuis qu'elle avait compris la nature et l'importance du pli, elle avait totalement occulté la présence du stagiaire, assis face à elle dans son office. Il semblait nerveux et ses grands yeux d'un bleu très pâle brillaient d'agitation. Il paraissait avoir hâte de passer à la pratique active de son futur métier. Cependant... Ce dossier ne pouvait en aucun cas être mis sous les yeux d'un trop grand nombre de personnes. La jeune femme se composa un sourire.

.- C'est-à-dire, Archibald... Je suis désolée, crois-moi, et je comprends ta frustration, mais ce dossier est très particulier.

.- Pourquoi ? Parce qu'il concerne la famille Malefoy? Je sais bien que les dossiers concernant les grandes familles de notre monde sont toujours très hasardeux à traiter, je l'ai appris lors de la formation, protesta le jeune homme.

.-... Comment sais-tu qu'il s'agit de la famille Malefoy ?!

.- C'est bien Astoria Malefoy qui vous envoie les documents, non ? Je me suis laissé à penser que...

.- Oui. Ok, tu n'as pas tort. Écoute, Archibald, tu me sembles prometteur, et je m'en veux de te retirer cette affaire. Je me chargerai personnellement de t'en trouver une digne de toi. Mais... Ce dossier-là n'est même pas extrêmement légal, si tu vois ce que je veux dire.

.- Officiellement, il n'est pas ouvert.

.- Officiellement, il n'en est même pas question. Il est clôt et pour toujours. Mais...

.- Il y a anguille sous roche et vous enquêtez.

.- C'est cela. Tu m'en a fais dire plus que je ne le voulais. Dans un sens c'est bien, cela prouve que tu es perspicace, grommela Hermione, se mordant les lèvres d'en avoir tant dit.

Le jeune homme sourit vaguement, pas peu fier d'avoir été complimenté de la sorte. Il était un peu triste de laisser filer entre ses doigts un dossier qui semblait si alléchant mais... Peu importait. Il avait la sympathie de sa plaisante sous-chef de formation. Hermione rassembla les feuillets éparpillés et posa par-dessus l'enveloppe, signifiant clairement qu'Archibald n'avait plus rien à savoir sur cette missive. Elle se releva et lui tendit la main.

.- Je te remercie de ta compréhension. Je compte sur toi pour que rien ne s'ébruite, sinon je t'en tiendrais pour responsable.

Le jeune homme déglutit, mais accepta la poignée de main. Alors qu'il allait sortir de la pièce, elle ajouta.

.- Au fait, présente-toi demain dans mon office à neuf heure et demie. Je t'aurai trouvé quelque chose qui fera bien sur ta fiche de formation.

oOo

Voilàà! J'espère que vous avez apprécié! Suite au rythme infernal de la soirée du réveillon, un léger ralentissement, comme un interlude… Histoire de relancer un peu l'affaire Lulu !

Mais je ne vous ai point brimés, il y avait tout de même du Drago, du journal intime, des lettres et un petit retour de Ginny !

Voilà tout ce que je puis vous offrir à présent… Pfiouu, je suis crevée. Mine de rien, c'est tuant la rererelecture, les RAR, puis le blablatage, puis la mise en page. Maintenant, Dodo.

Puis n'oubliez pas de rendre visite à monsieur « go », il s'ennuie. Puis envoyez vos résumés, si mon concours vous dit !

De gros bisous à tous !

Olivia, alias Stellmaria