Adolescences tardives
/Papa. Dis, pourquoi on ne va jamais voir papi?/ /Scorpius, qui t'a foutu ces idioties dans le crâne?/ /Rose Weasley./ Drago soupira. Il avait fallu qu'elle tienne de sa mère. Il devrait aller parler à Granger, ceci ne devait pas se propager. Post T7
Disclaimer: Tout à JKR, sauf les personnages sortis de mon imagination...
Pairing: HGDM, what else?
Me revoilà, à peu près dans les temps, c'est un miracle! Beaucoup m'ont reproché ma coupure dans le chapitre précédent, mais n'est-ce pas plus savoureux là, maintenant, tout de suite, d'aller le lire alors que vous vous rongez les sangs (ou pas) depuis plus d'une semaine ? ;) Breffons, j'espère que vous aimerez, j'ai pas mal planché sur ce petit quinzième chapitre !
( - j'ai sué sang et eau, j'ai cru mourir… - ) (- puis je me suis souvenue de tout le boulot que je devais faire par ailleurs. Là, j'suis limite un zombie -)
Bon, je ne blablaterai pas beaucoup, préférant faire court, et languissant mon lit avec une certaine impatience ! Néanmoins je vous remercie beaucoup tous tous toutES pour vos reviews récurrentes qui ne diminuent pas : vous êtes géniaux !
Allez, allez, Bonne lectuure !
Ps : comment ça mon Post est minable ? Mais j'suis crevééée…
IMPORTANT: PPs2: J'ai beau re-suer sang et eau, mon mail bug et je n'arrive pas à "Replyer" aux reviews signées. Vu que je suppose que vous préférez avoir le chapitre maintenant plutôt que d'attendre que le problème soit résolu, je l'envois ce soir, sans avoir répondu - pardon pardon, en plus elle sont trop cool vos reviews - et je m'attellerai au réponses dès que ce satané mail décidera de ne plus bloquer tous les liens. Raclure de fond d'égout, va.
Réponses aux reviews anonymes:
Malefoyeuse: Wow, quelle review, merci! :) J'ai beaucoup apprécié ta franchise qui, même si elle m'a fait m'en vouloir, m'a donné un bon coup là où il le faut, et m'a forcée – ego surdimensionné oblige ;p – à me mettre un peu plus au boulot. Enfin bon, tu n'as pas détesté le dernier chapitre, c'est déjà bien ! C'est vrai que j'ai coupé vraiment au mauvais endroit, et que l'ensemble était moins riche que celui d'autres chapitres. Enfin bon, ce n'est pas entièrement ma faute : j'écris la fic sur un unique document word, qui commence d'ailleurs à devenir sacrément long, et je découpe toutes les 10-11 pages. Mais dans un sens ça m'arrangeait, ça me laissait le temps de prendre de l'avance. Mea culpa ! Maintenant, réponse point par point. En ce qui concerne le rêve, pour l'instant, c'était juste un rêve, point barre. Non, sérieusement j'hésite à lancer un côté onirique, donc on dira juste que c'était une compensation d'HgDm, et une manière de faire une introspection un peu différente de d'habitude pour Monette. Puis si elle rampe par terre eux… Ne t'es-t-il jamais arrivé de faire des choses franchement étranges dans les rêves ? :s Ou bien c'est juste moi… Mince alors ! Pour Astoria, certes, c'est étrange de vouloir un enfant d'un homme avec qui tout est fini, mais l'amour n'était pas toujours de mise dans les mariages de sang purs, et Astoria a aimé plus que de raison et aimerait pouvoir continuer ainsi. Enfin, selon moi, l'envie d'un enfant est aussi une démonstration de son besoin d'affection, de son besoin d'attaches. Après tout, elle est perdue, et comme je l'ai dit, on ne lui a pas appris à envisager le divorce. Pour finir, Lulu… Ahah, je n'en dis pas plus, tu vas être servie dans ce chapitre ! ;) Enfin j'espère que ce n'est pas trop tiré par les cheveux, même si il reste, encore et toujours des choses à découvrir… Eeh oui ! Enfin bon, j'adore tes romans et t'invite chaleureusement à m'en laisser un nouveau dès que tu le pourras ! En plus je sais que Mister « go » adore ta conversation ! ;) De gros bisous et bonne lecture !
Liaco: Hullo! Mercii de ta review! Eh oui, j'ai fait une fin pas vraiment sympa lors du dernier chapitre… Enfin bon, j'espère que celui-là comblera tes attentes! Quant à l'éventuel futur enfant d'Astoria… Je ne le sais pas moi-même. C'est surtout une manière de montrer qu'elle n'est pas encore vraiment prête pour la fin de son mariage. Breffons, je te souhaite une bonne lecture ! Gros bisous
Papillon Bleue : Coucou ! Merci d'avoir laissé une review, je suis contente que tu aies aimé le chapitre, qui était un peu moins trépidant – il faut l'avouer. Et pardon d'avoir coupé au mauvais endroit, mais c'était une question d'équilibre dans la longueur des chapitres, et puis surtout de suspense ! Enfin bon, j'espère que ce chapitre te satisfera ! Bisous
MiladyMoOn : Hihi… La malédiction des reviews coupées… Mercii pour la review ma Capu ! Quelques (oui seulement quelques) clefs quant au mystère Lulu seront dans ce chapitre ! Profites-en. Enfin, je n'en dis pas plus, je te laisserai le découvrir ! Puis je veux ton avis, j'espère que ce n'est pas trop… alambiqué ? La difficulté de traduire une pensée en écrit… Erf. Sinon, oui les enfants ne voient pas l'intérêt de se haïr, d'ailleurs à leur âge on ne hait pas, on est juste « pas copains ». ;) Bref, bref, je te laisse lire, j'espère que tu aimeras… Je t'aime fort, et vive les low cost ! :D Gros Bisouss
Mathou : Mmh… Désolée d'avoir coupé au mauvais endroit… Et merci pour la review! ;) Je suis contente que tu trouves que je reste ancrée dans l'histoire. Quant à l'épilogue… Je ne le sais pas moi-même, mes deux consciences (tu sais comme dans les dessins animés) débattent encore entre elles ! xD Bref, bonne lecture ! Bisous
"It's not an habit, it's cool, I feel alive
If you don"t have it, you're on the other side
I'm not an addict maybe it's a lie
Free me, leave me
Watch me as I'm going down
And free me, see me
Look at me, I'm failing, I'm failing" K's Choice, Not an Addict
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Chapitre XV
/ L'attirance, l'envie tout ça... C'est juste pour nous embêter, non? /
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.- Comme vous le savez, j'étais l'avocat en charge de la défense de Lucius Malefoy, mais, et ceci, vous l'ignorez peut-être, j'étais également l'avocat en charge de l'ensemble de la famille Malefoy. Je n'étais pas alors commis d'office, ainsi que vous me voyez à présent – cette situation n'est que l'une des multiples conséquences de ce que je vais vous raconter.
.- Car… Vous savez des choses, n'est-ce pas ? s'enquit Hermione.
Ellery se repoussa un peu dans son siège, un sourire un brin arrogant aux lèvres.
.- C'est peu dire, j'étais aux premières loges. J'étais l'avocat choisi par la famille Malefoy.
.- Pourtant, objecta la jeune femme, c'était il y a une dizaine d'années, vous ne deviez pas être un avocat si fameux que ça – pardonnez-moi l'expression . Selon toute vraisemblance, vous deviez être à l'époque novice, dans le meilleur des cas.
.- Je comprends votre scepticisme. Et je vais y répondre, même si je déteste évoquer ces faits concernant ma personne. Vous avez tout à fait raison, j'avais vingt-cinq ans lorsque le procès de mon client a débuté. Pourquoi m'avait-il choisi, moi plutôt que l'un de ces paons aux multiples victoires qui se pavanent au barreau ? Déjà parce que je n'étais pas un paon, ce qui voulait dire qu'il était de mon intérêt de réussir, car un échec d'une ampleur aussi grande que celle de ce procès aurait marqué d'une tache rouge mon curriculum vitae : si j'échouais, je signais mon arrêt de mort professionnel. De plus je n'étais pas n'importe quel novice : j'étais sorti major de ma promotion, et j'avais deux années d'avance sur mes futurs collègues. J'étais un petit prodige du Droit, si vous préférez. Enfin, je suppose que le fait que ma famille soit puissante, du moins celle de ma mère – le nom d'Ellery n'est par contre que peu connu –, a pesé dans la balance. Ma mère fut de sa vie la fille de Devlin Whitehorn, patron de la Société des Balais de Course Nimbus, dont il est le fondateur. Du fait de son influence dans la société sorcière et de sa puissance économique, je suppose que Mr Malefoy imaginait s'offrir un atout de choix.
L'avocat avait adopté un air blasé en énonçant ces faits, comme s'ils sortaient mécaniquement de sa bouche. Comme s'il ne les avaient que trop prononcés, pour justifier un choix qui ne dépendait pas de lui. Comme s'il devait supporter son nom, et la volonté des Malefoy. Car on ne pouvait pas résister à une décision de cette famille.
Hermione frotta ses mains l'une contre l'autre. Elle avait froid, l'appartement était glacial. Willehm Ellery ne devait pas rouler sur l'or. Et elle avait à la fois peur et envie d'entendre la suite de son récit. Il sembla le remarquer et lui adressa un maigre sourire.
.- Non, vraiment, je ne devrais pas vous dire… souffla-t-il. Peut-être vaut-il mieux que vous oubliiez. Vous êtes une personne que j'admire, Hermione Granger, et je n'aimerais pas que vous vous retrouviez noyée par tout ça…
.- Comme vous l'avez dit, je suis Hermione Granger. Ça ne m'effraie pas, le rassura-t-elle. Les ennuis, j'ai l'habitude de foncer dedans, en contredisant en tous points ma raison, puis d'aviser ensuite. Ce n'est pas exactement l'attitude que je souhaiterais avoir, mais la force de l'habitude est puissante...
.- En ce cas, nous sommes deux. Voyez comme cela m'a réussi, grimaça le jeune homme, montrant les pyramides de dossiers qui formaient des remparts autour de lui.
.- Willehm Ellery, parlez-moi. Racontez-moi votre histoire, et nous serons deux, si vous voulez retourner dans cette affaire, à affronter ce qui adviendra.
.- Proposition tentante. J'y réfléchirai. Car il y a matière à réfléchir. Malgré tout, je reprends mon récit, puisque vous semblez si impatiente de connaître mes malheureux déboires. Je me suis naturellement précipité sur l'affaire, acceptant joyeusement de défendre le grand Lucius Malefoy, meurtrier, tortionnaire, mangemort. Pas que je l'approuvais, ni que j'éprouvasse la moindre sympathie pour la cause qu'il avait défendue, mais simplement pour ma gloire personnelle. Et je l'adulais presque. Cet homme me captivait. Pas seulement lui, sa famille également. Narcissa, brillante stratège des audiences, le fils, Drago, qui était mon cadet mais qui m'éblouissait, et même sa future épouse, laquelle, habitée d'un jeune Malefoy, honorait avec grâce la prestance de la famille. Et j'étais imbu, extrêmement imbu de moi-même. Prétentieux. Je pensais réellement que, puisque c'était moi, je pouvais le faire. Je pouvais gagner. N'étais-je pas génial ? Tout le monde me le disait. Et j'avais la bêtise d'y croire éperdument.
Willehm pinça l'arête de son nez, fronçant les sourcils. Il avait l'air furieux contre lui-même, son ton était amer.
.- Je vous passe les détails du procès, vous avez dû le suivre. À ma décharge, ma défense n'était pas mauvaise, et les Malefoy étaient les clients les plus appréciables qui soit, conjuguant leurs talents aux miens. Ils avaient d'ailleurs l'air satisfaits de mon travail : j'avais réussi à éviter la peine à perpétuité, qui était devenue la peine maximale depuis que les détraqueurs avaient quitté Azkaban. L'appel fut convenu. Et c'est là que tout s'est compliqué. Pour tout le monde.
.- Savez-vous seulement le fond de l'histoire ? hésita Hermione.
.- Non bien sûr, ils le gardent jalousement.
.- Qui ça, ils ?
.- Le Ministère, ceux qui sont en haut. Ceux qui savent et qui dirigent.
.- Je dois avouer que je ne comprends pas tout, là.
Willehm croisa ses bras sur son torse et sourit d'un air entendu. Il avait l'air de gagner peu à peu en confiance.
.- C'est bien mon devoir de vous aider. Il me faut vous expliquer, lorsque l'appel fut annulé, j'étais encore la veille dans le parloir d'Azkaban à planifier l'audience avec mon client. Imaginez ma surprise… Non, n'imaginez pas, ce n'est pas exactement ça. Je n'ai pas su immédiatement l'annulation. J'étais dans mon bureau, en train de plancher sur les points de défense, quand les aurors personnels du Ministre – Amos Diggory à ce moment là - sont entrés dans mon bureau, et m'ont ordonné de les suivre. J'ai obtempéré, n'étant pas d'un tempérament rebelle, et les ai suivis, mais ils ne répondaient à aucune de mes questions. Ils m'ont placé dans une salle avec ordre de n'en pas bouger, et j'ai attendu. Longtemps. Combien de temps ? Je ne saurai le dire exactement, six, sept heures peut-être. Je ne comprenais pas, j'étais perdu, et ma belle assurance s'envolait. Malgré tout, j'étais outré : comment osait-on me faire ça, à moi ? Je songeais à ma prestigieuse famille maternelle : pour sûr, en apprenant les exigences éhontées auxquelles on m'avait astreint, les conséquences pleuvraient. Je ne pensais pas alors que ma quasi-détention avait quoi que ce soit à voir avec le procès que j'avais à ma charge. Quand, enfin, on me laissa sortir, je ne vis pas le Ministre, seulement son sous-secrétaire. Celui-ci me sourit mielleusement - je m'en souviens encore tant l'envie de lui arracher les yeux était tenace -, s'excusant de l'attente. L'attente ? Quel hypocrite. Il m'argua un cas d'urgence extraordinaire, des mesures exceptionnelles, sans m'expliquer l'urgence en question. Enfin il me fit pénétrer dans un petit bureau. Narcissa et Drago Malefoy se trouvaient là, relativement pâles. Narcissa, d'habitude amicale à mon égard, me sembla lointaine lorsqu'elle s'adressa à moi. Elle me remercia pour mon travail, mais me déclara qu'elle se passerait à présent de mes services. J'étais sous le choc, mais je remarquai quand même son bouleversement. Et la colère de son fils. Il ne disait mot, mais il semblait dans une rage sombre, une douleur qui ne s'exorciserait que par la violence. Il semblait vouloir tuer quelqu'un. Je dus accepter mon renvoi, et je revins dans mon bureau. Ma tête allait exploser. Tout cela n'avait pas de sens, aucun, que s'était-il passé ? J'avais vu Lucius la veille. Pourquoi m'avoir enfermé, durant tout ce temps ? Et pourquoi les Malefoy semblaient-ils si dévastés ? Et pourquoi cette haine ? Ces pourquoi m'assaillaient et je ne pouvais que les laisser me frapper en pleine face, impuissant que j'étais à leur répondre.
Willehm fit craquer les articulations de ses doigts. Sa voix s'enrouait et il semblait de plus en plus inquiet à mesure qu'il progressait dans son récit, qu'il replongeait en lui. Hermione laissa échapper son souffle de ses poumons, sa tension semblait monter de concert avec celle de son interlocuteur.
.- Willehm, osa-t-elle, je peux vous appeler ainsi, n'est-ce pas? – il hocha la tête. Je commence à peine à entrevoir ce par quoi vous avez pu passer.
.- Et mon récit n'est pas fini. Mais je sais que vous êtes intelligente, Hermione Granger, et apte à comprendre. Et puis vous avez vous-même vécu certaines horreurs.
.- Là n'est pas le sujet…
.- Certes. Excusez-moi de diverger, mais j'ai tant payé d'avoir répété encore et encore mon histoire, pour ensuite garder le silence durant tellement longtemps, que j'ai des difficultés à vous raconter ceci.
.- Faites à votre rythme, en ce cas.
.- Merci… Où en étais-je ? Oui, je revins dans mon office. Et là une de mes questions trouva sa réponse : mon bureau était dévasté, les chaises renversées, les tiroirs ouverts, les parchemins volaient : il avait été fouillé. Il en était de même pour mon appartement londonien, bien plus cossu que celui que vous voyez aujourd'hui, et également doté d'une certaine sécurité. Là était sans doute la raison de mon interminable attente. Et alors que je rangeais, me demandant ce que diable avait-il pu y avoir de si fondamental ici… Je compris. Tous les dossiers que je possédais sur Lucius Malefoy avaient disparu. Ils s'étaient envolés. Mais pour quelle raison ? Car le Ministère détenait déjà nombre de ces informations. L'évidence m'apparut dans les mois qui suivirent : il ne fallait pas qu'une seule copie du dossier de Lucius Malefoy d'avant la date fatidique où j'avais été en quelques sortes « arrêté » ne puisse exister. Seules les versions trafiquées et bricolées par le Ministère, celles-ci mêmes qui vous ont mis la puce à l'oreille, notamment grâce à des documents authentiques que j'y avais glissés et qui en infirmaient d'autres, avaient le droit d'exister. Car il me restait des documents, oubliés la veille chez ma petite amie de l'époque. Lorsque je les ai retrouvés, je les ai cachés, plus par paranoïa qu'autre chose. Car toutes les conclusions que je viens de vous livrer ne me sont venues à l'esprit que bien plus tard.
.- Il s'est donc passé quelque chose de fatidique, d'essentiel et de suffisamment grave le jour de votre arrestation pour pousser le haut lieu du Ministère à réécrire l'histoire.
.- Exactement. Ce jour-là, je vous le livre, était le 2 juin 2003. Mais je n'en sais pas plus. Aucun évènement particulier au sein de la presse, rien. Le calme plat. Je ne puis vous décrire comment je me sentais : perdu, terrifié, vexé, inquiet, curieux, furieux. Je cherchai alors à suivre de loin l'affaire Malefoy : après tout un appel devait avoir lieu, mais j'ai attendu en vain. Il n'y avait rien. Mes demandes de visites à Azkaban avaient toutes été refusées. J'ai alors interrogé les services de presse pour leur demander la date de l'appel. Ils n'avaient pas l'air d'être au courant. J'ai cherché dans les plannings des tribunaux. Rien de rien. Personne ne semblait au courant de rien. J'avais l'impression de devenir fou : je n'avais tout de même pas inventé toute cette histoire d'appel ! Et pourtant… Je suis alors allé voir mon puissant grand-père Whitehorn, pour lui demander son appui, et aller aux nouvelles. Il me promit d'y remédier et entreprit des démarches au Ministère dès le jour suivant. En revenant, il ne me dit rien, et me prescrivit des examens médicaux. L'on me diagnostiqua une dépression chronique et l'on m'interdit d'exercer pendant un certain temps. Voilà comment ma fin commença. Ceux d'en haut avaient vu que je m'obstinais. Ils tentèrent de m'amadouer: pendant un temps, ils m'offrirent de nombreux avantages. Mais l'époque de ma jeune pédanterie était révolue et je voulais savoir. Cela me torturait, je savais bien que je ne divaguais pas. Pourtant personne ne me parlait de l'appel, tout le monde semblait étonné dans le milieu. Les plus au courant étaient peut-être les sorciers plus communs, moins manipulables par le Ministère, mais peu à peu, eux aussi ils oublièrent. Eux aussi ils m'oublièrent. Car les dirigeants m'avaient remarqué, et commençaient à me couler. Cette prescription médicale… Je sais bien à présent pourquoi ils faisaient ça, c'était si simple... Me faire douter de moi, interrompre mon ascension. Me faire perdre des clients. De la crédibilité. Puis des rumeurs se répandirent … Je passais pour instable, pour forcené. Ma famille elle-même… Je n'ai plus de contact avec les Whitehorn depuis les prescriptions. Les gens tendaient à me fuir, aussi ne me parlaient-ils pas. Aussi ne pouvais-je leur en parler. De quoi ? Je ne savais pas. Seulement de ce qui manquait. De ce qui clochait. En désespoir de cause, je voulais laisser faire : je devenais réellement fou, j'étais seul, sans famille, sans renommée… Et je me suis rappelé de mon affection pour la famille Malefoy. Je voulus leur envoyer un mot. Après tout j'étais toujours l'avocat de la famille, et leurs procès, du fils et de la mère, ne sauraient tarder, n'est-ce pas ? Mais ce fut de trop. Non seulement ne me répondirent-ils pas, mais je pense que leur courrier était filtré. Et cela causa ma perte. On découvrit des « fautes graves » sur mon compte, je perdis mon permis d'exercer. Ce n'est que depuis peu que j'ai réussi à me hisser au niveau de commis d'office. J'ai tout perdu dans cette affaire… Tout.
Le silence plana quelques secondes. Hermione ne savait pas quoi dire, ni quoi faire. Willhem reprit alors.
.- Pourtant, je fis un ultime acte de bravoure, de liberté, de raison, appelez ça comme vous le souhaitez. J'avais toujours les quelques papiers qui me restaient. Et je les ai glissés, discrètement, dans certains dossiers. En espérant que les anomalies attireraient l'attention de quelqu'un, de la bonne personne peut-être, afin que je sache, que tout le monde sache enfin ce qu'il s'est passé ce 2 juin-là, et pourquoi, pourquoi donc le Ministère a pris ces mesures. Pour savoir pourquoi Drago et Narcissa n'ont pas du subir de procès. Car j'ai eu beau attendre, aucune audience ne pointait pour eux. Alors que les procès pleuvaient de façon drastique en ce temps-là, sur la moindre personne présumée ne serait-ce que de complicité. Et savoir pourquoi, par Merlin, Lucius se terre dans l'ombre. Ce que le Ministère couvre… Et pourquoi j'ai du subir tout ça.
Hermione se leva alors et s'avança jusqu'à son interlocuteur. Il avait les épaules voûtées, la tête baissée. Il avait l'air fatigué, comme vieilli trop tôt, surchargé d'épreuves, de fait, il avait l'air plus vieux que son âge. Brisé. Mais son regard effrayé rappelait un enfant. Hermione était choquée, offusquée, terrifiée par ce qu'elle venait d'entendre. Elle ne savait dans quoi elle s'était engagée, mais sa nature était trop forte. Elle s'accroupit aux côtés du jeune homme et posa sa main sur son épaule.
.- Willehm Ellery, je crois que l'heure de la vérité est proche en ce cas. Je suis avec vous.
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Journal d'Hermione Granger
17/09/1998
Très cher et apprécié journal, je m'excuse bien bas, je ne suis pas un modèle de ponctualité. Ma foi, il faudra bien t'y habituer, car je n'ai que peu de temps pour moi-même. J'aime, j'adore, j'adule l'université: cet univers m'enchante et m'émerveille. Même si je ne cesse de faire des comparaisons avec Poudlard, son lac, son charme, cette merveilleuse entité que je chérirai toujours, j'ai l'impression à présent de m'épanouir. Enfin. Les cours m'intéressent, et ne sont pour l'instant pas encore trop axés sur la Justice: on perfectionne et affine nos connaissances dans toutes les matières fondamentales, la spécialisation ne viendra que l'an prochain. L'immense brassage culturel qu'est ce lieu est très intéressant, et comparer mes connaissances avec celles que possèdent les asiatiques, africains, orientaux, ou encore celles de nos proches voisins, les slaves (je m'étonne d'une telle diversité!) est très instructif. De plus, contrairement aux écoles de sorcellerie, l'université de La Haye n'est pas réservée aux seuls sorciers: rends-toi compte, je fréquente ici des vampires, loups-garous, elfes et centaures (il y a très peu de ces derniers, ils cultivent encore la tradition de l'éducation familiale). J'ai l'impression que la Hollande est plus ouverte que certains autres pays aux diversités. Je n'ai pas encore d'amis proches, car je ne cesse de courir entre les cours, les travaux, et l'Angleterre. Toutefois, j'ai pris l'habitude de rester avec un petit groupe assez hétéroclite composé de ma personne, de Sue Lee, une japonaise d'Hokkaïdo, issue d'une famille de vénérables samouraï (les vrais, ceux qui étaient sorciers en plus de guerriers), de Gonzague, qui vient de l'Instituto de Magia du Honduras, d'Edgar, un français un peu suffisant mais polyglotte (il sait parler anglais, mais aussi le roumain - pratique pour les vampires -, le latin - couramment - et même la langue des sirènes! Je pense qu'il ambitionne un poste d'ambassadeur.), et d'Emily, une américaine originaire de Cheyenne. Je n'ai croisé personne de ma promotion de Poudlard, peut-être ont-ils préféré intégrer les formations plus directes proposées par le Ministère. Quant à moi, ce lieu et l'esprit de mixité qui y règne me ravissent! Ah oui, j'ai tout de même croisé Cormac, avec qui j'étais (très) brièvement sortie, il y a deux ans, et qui lui est ici depuis un an. Nous nous sommes bien sûr vaguement... ignorés.
Je reviens régulièrement à Londres pour rendre visite à Harry et à Ron - ils sont parmi les meilleurs à la IFA! - et ce dernier me rejoint bien souvent... Il me manque beaucoup, je l'avoue, mais je déteste malgré tout quand il débarque sans prévenir! Ces derniers temps, il semble s'être assagit, je soupçonne Harry de lui en avoir touché un mot (ce qui serait la moindre des choses après que je l'ai accaparé une soirée durant à lui raconter ma vie. Pauvre Harry.). J'ai également revu mes parents le week-end dernier, les agents du Ministère leur ont complètement ôté le sort d'amnésie. Quel moment! Ah, ils m'en voulaient un peu c'est sûr, mais le bonheur de se revoir, enfin, et vivants! J'ai passé tout le week-end à leur coller aux basques, comme lorsque j'étais petite, et eux ne me lâchaient pas du regard. J'ai malgré tout du leur promettre de ne plus jamais leur lancer de sort... Je comprends qu'ils n'aient pas apprécié. Sinon, anecdote amusante, ils étaient extrêmement bronzés, Australie oblige, et le contraste avec ma peau somme toute relativement pâle a presque persuadé ma mère que je souffrais de malnutrition. Je t'aime maman. Sinon, le week-end prochain, Poudlard organise une sortie à Pré au Lard, je pourrai rendre visite à Ginny (à moins qu'Harry ne me devance). J'ai revu Viktor aussi, en un coup de vent, au Chaudron Baveur. Je ne l'ai toujours pas dit à Ron, j'ai honte de moi. Pourtant il n'y a pas de quoi: Viktor va bien et a une petite amie depuis six mois. Il vient de renouveler son contrat avec son équipe de Quidditch, laquelle va venir s'entraîner de temps à autre dans les environs de Londres, ce qui nous permettra de renouer. Une bonne nouvelle en soi.
Je pense t'avoir conté à présent toutes mes nouvelles les plus récentes... Ah oui, concernant l'actualité, il y a une grande effervescence dans la Justice magique, et même nos enseignants ne parlent que de ça: les procès s'organisent. J'ai hâte de voir ça, pour différentes raisons. La plus terre-à-terre: j'ai besoin de vengeance, je veux voir ces meurtriers écroués. Je veux que Sirius, Remus, Fred, Tonks, le professeur Dumbledore et tant d'autres encore soient vengés. Mais cela va être également passionnant à suivre, et ma formation n'en sera qu'enrichie. Qu'importe, je serai là, et j'observerai. Au sujet des mangemorts, Harry m'a confié ce que les Malefoy - enfin surtout Narcissa Malefoy - avaient fait pour lui. C'est très étrange, je ne sais qu'en penser. Cela m'a un peu chamboulée. Et je me suis souvenue du détail que j'avais noté à propos de la baguette de Drago Malefoy, après notre détention et ma séance de torture dans son Manoir. Le sort de protection... ç'aurait pu être Harry qui me l'avait lancé, après avoir dérobé la baguette de la fouine, même si... Je lui ai demandé s'il m'avait jeté ce sort avec et il m'a dit que non. Ce qui voudrait dire que c'est Malefoy qui l'a fait. C'est trop invraisemblable. Pourtant ce point me tracasse. Qu'importe, je l'aurai bientôt oublié...
Sur ce je te laisse, cher journal! Je te reprendrai quand j'en saurai plus, ou quand quoi que ce soit sera arrivé dans ma trépidante vie d'étudiante (note l'ironie: ma vie se résume au travail.)!
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.- Granny Cathy ... M'man ... Rosy ... Moi ... Papy Eddy.
La frimousse rousse d'Hugo émergea de sous la table de la salle à manger des Granger. Il huma avec délices l'odeur sucrée qui s'élevait de l'appétissante part de galette des rois qui se trouvait dans son assiette. Étant le plus jeune, il venait de distribuer à l'aveuglette les parts entre les cinq convives afin qu'une égalité des chances pour être couronné soit préservée. Il croqua dans la pâtisserie dorée à point avec un bonheur non feint, échangeant un regard gourmand avec sa grande soeur, ne se préoccupant plus que de mastiquer consciencieusement.
.- Je trouve ça bien que tu aies réussi à trouver le temps de passer avec les petits ma chérie, j'avais cru que tu délaissais tes vieux parents.
.- M'man! Cesse de te poser en victime, je n'avais pas le temps, tu le sais bien, grommela Hermione.
.- Mais oui Cathy, tu le sais que notre Hermione a beaucoup de travail, de préoccupations aussi. Alors comment va ton boulot ma petite grenouille?
.- Comme toujours, je suis débordée. D'autant que je suis sur un dossier plus que délicat qui, pour tout t'avouer, me fascine littéralement.
.- À ce point? Une nouvelle loi à ériger?
.- Non, il s'agirait plutôt d'un vieux dossier riche... en découvertes et en déconvenues. Mais je ne peux pas t'en dire plus.
.- Hermione... Je me souviens que quand tu nous disais cela avant, à l'époque de Poudlard, c'était un Basilic ou un meurtrier qui se cachait derrière tes "je ne peux pas t'en dire plus". Dans quoi es-tu encore en train de t'embourber? marmonna Catherine, toutefois sans se départir de son sourire.
.- Dans rien M'man. Ou tout du moins dans quelque chose de nécessaire.
.- Bon, je te crois mais, fais attention, n'est-ce pas? Avant, nous nous inquiétions, c'était notre rôle. Ça l'est toujours mais... Maintenant, tu es mère et tu as tes propres enfants... Et compte tenu de te situation familiale...
.- ...
.- Cathy! Enfin, tu n'as pas pu t'en empêcher!
.- Désolée Edward, désolée Hermione. J'ai encore une fois parlé trop vite, mais vous savez, quand je m'inquiète...
Hermione sourit affectueusement à sa mère.
.- Je sais M'man, c'est pour ça que je t'aime. C'est parce que je sais que même si ce que tu fais m'agace, c'est toujours à partir de bonnes intentions.
Edward Granger passa un bras autour de la taille de son épouse et l'embrassa affectueusement sur le coin de la lèvre.
.- Ça c'est ma Kitty chérie.
.- ... M'man? Pourquoi Papy et Granny ils s'embrassent? demanda anxieusement la petite voix d'Hugo.
.- Mais parce que j'aime Papy! répondit avec aplomb Catherine alors qu'Hermione tentait d'étouffer son rire dans sa tasse de thé.
Le petit garçon observait d'un air grave ses grands-parents, la tête penchée de côté, comme face à un problème de la plus haute importance. Sa soeur, amusée, lui donna une petite tape sur le sommet de la tête.
.- Ne sois pas bête Hugo, le sermonna Rose, il n'y a pas d'âge pour ça. C'est très bien que Papy et Granny soient toujours romantiques et...
.- Tu dis qu'il y pas d'âge parce que Scorpius Malefoy veut t'embrasser?
.- Quoi?! Mais non, ne raconte pas n'importe quoi!
.- Alors pourquoi Al' il a dit ça à Jamesie?
.- Parce qu'il est jaloux parce que Scorpius voulait que je monte sur son nouveau balai mais qu'il n'a pas autorisé Al' à le faire, c'est tout.
.- Et pourquoi? En plus il te suit partout Scorpius...
.- Mais non je te dis.
.- Mais...
Hermione écarquilla les yeux à l'entente de ce bout de conversation, un sentiment d'irréalité s'emparant d'elle. Elle resta quelques instants figée, l'ignoble image d'un éventuel futur repas de famille en tête, et décida qu'il était essentiel voir vital d'empêcher ça. Mais une autre frayeur lui traversa alors l'esprit et tout ce qu'elle fut capable de prononcer, une fois remise de sa surprise, fut:
.- Rose, tu n'es quand même pas montée sur un balai, quand même?!
oOo
Le soir même, Hermione se tenait depuis déjà plusieurs frigorifiantes minutes, les bras ballants, sur le seuil du 7, Hampton's court. Elle n'était pas en retard, et n'avait nulle raison de se presser, mais le froid glaçant porté par un vent tenace aurait dû l'inciter à entrer. Pourtant, elle restait là, indécise, avec le sentiment de s'être faite avoir. C'était pour le boulot, elle le savait bien, aussi avait-elle dû écarter quelques peu ses pensées de "son" procès pour étudier la nouvelle proposition de loi. Et puis Miranda n'avait sans doute aucune mauvaise intention en l'envoyant ici, la preuve en était sa promesse de lui ramener des petits-fours de sa réunion d'anciennes élèves. D'ailleurs, sa gentillesse étonnait quelque peu Hermione, plus habituée à ses reproches. Peut-être avait-elle apprécié le travail exécuté pendant sa semaine d'absence?..
Toutefois, la jeune femme ne pouvait s'empêcher de se demander... Pourquoi elle? Pourquoi devait-elle revoir Malefoy? Elle n'en avait pas du tout envie. Ou plutôt oui mais... ça la dérangeait. Le rêve plus qu'équivoque qu'il l'avait éveillée quelques nuits plus tôt lui trottait dans la tête et elle doutait de sa propre volonté. Pourtant ça ne voulait rien dire, après tout elle était sevrée de relations avec des hommes depuis sa rupture avec Ron, et son étrange... moment passé avec Malefoy lors du Nouvel An ne pouvait qu'affoler son esprit. Mais ça ne voulait rien dire. Rien du tout.
Mais cette petite vague d'indécision et cette impression de lâcher prise ne pouvait pas se détacher de son esprit. Elle soupira de frustration. C'était trop tard, elle devrait faire avec. De toute façon elle était transie et les chaudes lumières qui filtraient des hautes fenêtres de l'hôtel particulier l'invitaient gracieusement. Elle appuya longuement sur la sonnette, et la lourde porte s'ouvrit quelques instants plus tard. Un majordome silencieux l'invita à l'intérieur et elle se sentit immédiatement enveloppée d'un réconfortant cocon de chaleur. De fait de majordome, elle se rendit vite compte que c'était en fait un elfe de maison dissimulé des yeux des moldus sous cette apparence humaine.
.- Miss est une invitée de mon maître?
.- Euh... Oui. Je suis Mrs Hermione Weasley-Granger. Il m'a demandé de venir pour un dîner d'affaires.
.- Oui, Mrs, un instant je vais le chercher.
Il l'aida à se débarrasser de sa lourde et chaude capeline, qu'il fit disparaître en un claquement de doigts, et s'évanouit à son tour en un discret "pop". Hermione frotta légèrement ses bras encore glacés et observa l'arrangement du hall. Gracieux, riche, mais définitivement masculin. Il n'y avait pas vraiment d'âme dans le lieu, tout était parfaitement agencé, pour le plus grand plaisir des yeux mais... Aucune douceur conviviale ne se dégageait de l'endroit. La pensée qu'Astoria ne devait pas souvent venir ici traversa l'esprit d'Hermione. C'était comme... Une garçonnière. Ou tout du moins un pied-à-terre qui permettait de s'éloigner, ou comme dans le cas présent organiser des dîners d'affaires dépourvus du faste du manoir. Business is business.
.- Granger! Ah, te voilà enfin...
Hermione se retourna vivement, elle n'avait pas entendu le propriétaire des lieux arriver. Drago était sur sa droite, arrêté à mi-hauteur dans un escalier de bois sombre qui menait à l'étage supérieur. Sa main était nonchalamment laissée sur la rampe de cèdre ciselé, et un simulacre de sourire ornait son visage pâle, toujours aussi froid. Sa robe de sorcier était simple, d'un gris-bleu foncé, mais l'on pouvait deviner la richesse de la manufacture.
.- Comment cela, enfin? Je ne suis pas en retard Malefoy. D'ailleurs, je n'entends pas tes invités...
.- C'est parce qu'ils n'arrivent pas avant huit heures.
.- Pardon?! Mais pourquoi est-ce que tu m'as... bafouilla Hermione, sentant son coeur s'affoler et sa vague de doute l'emporter de sa déferlante.
.- Tu pensais que je t'inviterais à un dîner d'affaires sans te concerter avant? Granger, il ne s'agit pas de seulement faire bonne impression, mais d'être parfaits et de l'emporter. Pas de demi-mesure, c'est une notion qu'il faudra apparemment que je t'apprenne.
Il acheva sa descente et s'arrêta à moins d'un pas d'Hermione, la scrutant d'un regard aigu, ses lèvres s'étirant en une moue moqueuse.
.- Mais peut-être attendais-tu autre chose? susurra-t-il, une lueur rieuse dans le regard. Tu es tellement amusante...
.- Pas du tout, bredouilla la jeune femme. Je m'étonnais juste, car je pensais que tu avais conscience de mon... Implication dans mon travail. Je ne fais pas dans la demi-mesure, moi non plus, ne t'en fais pas pour tes affaires.
Hermione sentait que son souffle se raccourcissait, elle s'en était bien tirée pour cette fois-là mais qu'arriverait-il si Malefoy persistait dans son humeur joueuse?.. Elle avait l'impression de perdre pied, elle ne s'était jamais sentie aussi maladroite, du moins pas avec lui. Quant à Malefoy... Il semblait presque... Détendu? Heureux? Porté sur la plaisanterie? Elle n'arrivait plus à se fier à ses sens, tout cela lui semblait si insolite.
.- Eh bien, tu me suis Granger, ou tu persistes dans ta contemplation?
Malefoy s'était déjà éloigné de quelques pas, et semblait l'attendre. Hermione ne broncha pas, et lui emboîta le pas, préférant la sécurité du silence au son étrange qu'aurait pu émettre sa voix à l'instant présent. Pourquoi était-elle si peu assurée? Et pourquoi à cause de lui? Ce n'était pas ... Normal. Ses relations avec Malefoy n'avaient jamais été normales. Toujours trop poussées, violentes, passionnées. Ce n'était pas normal, et elle en avait assez. Pourtant elle se contenta de le suivre, muette, résignée à subir son anormal destin. Ils traversèrent un salon plus qu'accueillant éclairé par un feu ronflant dans l'âtre de la cheminée, et une salle à manger où le couvert rutilant était déjà dressé. Tout semblait parfait, luxueux, et prêt à détourner l'attention si une question trop pointilleuse surgissait en plein débat. Ils arrivèrent enfin dans une petite anti-chambre où la teinte vert d'eau dominait. Malefoy présenta un fauteuil à Hermione et s'installa souplement face à elle, après avoir sorti une bouteille de muscat.
.- Tu bois un verre, Granger?
.- Je préfère attendre l'apéritif, histoire de ne pas me servir deux fois. Je ne me fais plus tellement confiance sur ce point-là.
.- Ah bon? souligna le blond, rieur. Comment cela se fait-il donc?
.- Oh, tais-toi pour une fois, Malefoy.
Le silence régna quelques instants, le temps que le jeune homme sirote un peu du liquide qui pétillait doucement dans sa coupe.
.- As-tu pris connaissance du projet?
.- Bien sûr, répliqua Hermione en levant les sourcils d'un air excédé.
.- Bien alors dis-moi quels sont les enjeux de ce soir, que je vois si j'ai besoin de te préparer...
.- Insister sur le projet d'Éducation soutenu par notre Ministère et le faire passer, ainsi que régulariser et trouver un socle d'entente sur les "âges étapes" pour les différentes acquisitions comme la majorité, le permis de transplanage, et ce à notre faveur, bien entendu.
.- Exactement. Il faut les faire passer coûte que coûte, mais sans que nos vis-à-vis aient l'impression de se sentir lésés.
.- Je te fais confiance pour cette partie-là.
.- Au moins tu me fais confiance pour quelque chose... murmura le Lord, croisant le regard d'Hermione.
Ses yeux semblaient encore plus pâles que d'habitude. Deux perles de la pluie qui s'abattait au-dehors, sur le vieux Londres. Ils restèrent ainsi quelques secondes, se fixant mutuellement. Hermione sentait ses joues chauffer, le regard de Malefoy la transperçait littéralement, la déshabillait presque, elle avait le coeur qui battait la chamade, des souvenirs de son rêve mêlés à ceux de leur dernière rencontre repassant par saccades dans son esprit. La jeune femme détourna le regard la première. Elle entendit Malefoy se renfoncer dans son siège.
.- Moi, souffla-t-il, je te fais confiance pour les séduire. Tu es très jolie ce soir Granger.
.- Arrête avec ça, ne recommence pas. En plus tu n'as bu qu'une coupe alors c'est un peu inquiétant ton comportement, non? rétorqua Hermione, retrouvant de sa gouaille.
.- Tu n'as pas écouté mon conseil...
.- Quoi encore? marmonna la jeune femme de mauvaise grâce.
Malefoy se releva de son siège et tendit sa main à Hermione.
.- Qu'est-ce que tu veux?.. soupira-t-elle.
Sans répondre, il retendit sa paume offerte avec insistance. Presque instinctivement, se demandant si elle n'était pas pour le coup réellement en train de perdre ses esprits, Hermione la saisit, et se retrouva debout, beaucoup trop proche de l'homme qui la fixait sans discontinuer. Elle se recula de quelques pas.
.- Quoi donc?
.- La robe... Tu ne l'as pas mise. Mais celle-ci me plait aussi. À croire que tout te va.
.- ...
Hermione eut l'impression faire un arrêt cardiaque. Elle avait totalement oublié. Elle se sentait rougir, ses joues devenant brûlantes. C'était pourtant vrai, elle avait pesté à ce sujet lors de la réception de la lettre de Malefoy... Mais elle se doutait qu'il n'avait écrit cela que pour la faire rager. Toutefois, à l'entendre parler ainsi... Elle se sentait impuissante, ne contrôlant pas ses émotions. Elle avait enfilé une jolie robe d'hiver achetée de ses années d'étudiante dans une friperie moldue d'Oxford Street, d'un bleu pétrole, longue et pour laquelle des talons étaient nécessaires. Elle avait des manches longues et un tout petit peu bouffantes, un col Mao légèrement ouvert sur la poitrine, décoré de perles bronze. Une fine ceinture de tissu soulignait sa taille. La robe se voulait simple, bien moins sulfureuse que celle de la Saint Sylvestre, mais sous les murmures de Malefoy Hermione ne se sentait pas plus couverte que si elle avait été nue.
.- Si jolie Granger... Tu es pleine de surprises.
Malefoy s'approcha et glissa un bras autour de la taille de la jeune femme. Celle-ci ne parvenait toujours pas à s'intimer l'ordre de s'écarter, elle était paralysée. La chaleur de la main de Malefoy dans le bas de son dos lui provoqua une série de frissons qui lui remontèrent toute l'échine. Elle pouvait sentir le souffle brûlant du blond.
.- Tu vois ce que tu me fais faire? Granger, pourquoi est-ce que tu me retournes ainsi?
La voix n'était plus qu'un filet d'air que seule Hermione pouvait entendre, étant suffisamment proche de la bouche ardente de son ennemi. Elle baissa les paupières, tentant de retrouver ses esprits, mais elle savait déjà ce qui allait arriver. Malefoy la collait plus fort contre lui et elle s'enivrait déjà de l'odeur si particulière de sa peau...
.- Malefoy, Monsieur, les invités sont arrivés.
La petite voix de l'elfe de maison les fit s'écarter brusquement l'un de l'autre. Malefoy avait l'air extrêmement contrarié. Pourtant, revêtant avec une vitesse formidable son habituel masque, il se tourna vers Hermione.
.- Je vais les accueillir. Rejoins-moi dans deux minutes dans le salon, et n'oublie pas le but de la soirée. On ne peut se permettre que de remporter l'accord.
Et il sortit de la pièce en quelques grandes enjambées, sans un regard en arrière. Hermione, elle, s'écroula sur son fauteuil, essoufflée et furieuse. Qu'est-ce qu'il lui prenait? Était-elle si... Stupide? C'était Malefoy, l'homme sans coeur, son tyran, comment pouvait-elle?... Elle devait se ressaisir. C'était l'homme interdit, il ne lui apporterait rien. Elle devait cesser de se laisser fabuler toute seule sur du vent, et revenir au statut quo d'avant. Voir à leur haine, ce serait plus simple. Après tout, il l'avait tellement fait pleurer, ce ne serait pas dur. N'importe quoi, il fallait qu'elle fasse quelque chose, ça ne pouvait plus durer ainsi.
Elle lissa les plis de sa robe et s'observa dans le miroir accroché sur un des murs. Fronçant les sourcils, elle se composa un visage décidé. Elle aussi s'y connaissait en masques, après tout. N'avait-elle pas caché son désarroi pendant des années? Malefoy n'était pas un dieu, encore moins un roi, et il n'abattrait pas Hermione Granger comme un vulgaire pion. Elle aussi savait se donner des airs royaux.
oOo
1: "Ce n'est pas une habitude, c'est cool, je me sens vivante
Si tu ne l'as pas, tu es de l'autre coté / Je ne suis pas dépendante ( peut être est-ce un mensonge)
Libère moi, quitte moi / Regarde moi sombrer
Libère moi, vois moi /Regarde moi, je suis en train de tomber, je suis en train de sombrer"
Lalala… Et là moi je suis contente car je sais qu'il y a au moins une scène qui vous a rassasiés, si Ellery ne vous a pas convaincus (enfin j'espère quand même, hein ! J'y tiens à mon explication super alambiquée.)
Juste deux petites notes avant de filer faire dodo.
Pour la galette des rois, je crois que la coutume est extrêmement française, mais comme JKR nous a moult fois précisé que les Granger tenaient à la France… Je me suis permise de penser que ce ne serait pas déplacé dans le contexte.
Sinon, je fais toujours des recherches très précises pour pas mal de notions et de noms que j'utilise dans la fic, et j'ai eu la honte extrême de remarquer que je n'ai pas cité la merveilleuse source qu'est (avec wiki) le site EHP : L'Encyclopédie Harry Potter. Passionnant et très bien construit !
Voilà voilà, Mister « go » vous attend, il a même fait des muffins (aux carottes, ma grande spécialité)
Pfiiou, je divague vraiment là.
ZzZzz
Allez, See'yah next week, buddies !
Bisous
Oliva, alias Stellmaria
