Adolescences tardives
/Papa. Dis, pourquoi on ne va jamais voir papi?/ /Scorpius, qui t'a foutu ces idioties dans le crâne?/ /Rose Weasley./ Drago soupira. Il avait fallu qu'elle tienne de sa mère. Il devrait aller parler à Granger, ceci ne devait pas se propager. Post T7
Disclaimer: Tout à JKR, sauf les personnages sortis de mon imagination...
Pairing: HGDM, what else?
Oh yeah, je bats tous les records en terme de retard… Youhouhou, l'est où le trophée ?
Non, vraiment, désoléée, j'ai fait de mon mieux… (je sais que vous devez penser « tu parles, Charles » mais je vous assure que ce n'était pas évident :s) Je ne sais pas si mon micro-post sur ma page de profil, annonçant mon retard, a été remarqué… Maybe baby, mais sans doute pas autant que je l'aurai voulu. Enfin bon, je réitère donc mon explication : je suis donc partie en voyage avec mon lycée, et le nouveau chapitre était relativement avancé mais… Je n'en étais pas satisfaite. J'ai donc choisi d'en repousser l'envoi, et cela s'est prolongé plus que je ne le pensais. Car bon, je me disais que je pourrais profiter des vacances pour écrire… Mais le fait est que j'ai du passer deux jours sur toutes les vacances chez moi, et ces deux jours-là étaient consacrés à une étude comparée du film « Roméo+Juliette » de Luhrmann avec l'œuvre originale. Ma prof de lettre n'a pas compris le sens du mot « vacances ». Mais je pense qu'elle le prendrait mal si je lui offrais un dico.
Breffons, j'ai joyeusement fait le pont du 11 (bon, je n'ai manqué que trois heures de cours, parce que franchement, le sport… ;p), et là, j'ai écrit. Le temps de passer la fin de la semaine à préparer mon DST de philo – accrochez-vous bien, c'était du costaud : Exister, est-ce agir ? Euh, si je dis oui, ça va ? Quand je vous dis que je peine à trouver le temps pour écrire, je ne baratine pas ! D'autant que six jours sur sept de cours, mercredis aprem' inclus… Arf, je me plains pas, mais ce serait cool que l'inspiration puisse se caser dans les cases horaires que je lui réserve, et non en plein cours d'Espagnol xD. Enfin, voilà le chapitre ! Donc, j'espère éviter la lapidation… Pitiéé… Enfin, je veux dire en même temps je fais de mon mieux, c'est du temps que je vous consacre mes p'tits lecteurs ! ;)
Et puis… J'ai fais dans la générosité. Je voulais couper plus tôt le chapitre, mais non, étant une Grande Dame (faute de Grand Seigneur), je l'ai prolongé. Pour vos beaux yeux. 16 pages word de chapitre, ça en jette, non ? Enfin, il ne faudra pas s'y habituer, sinon je ne gage plus d'aucun délai…
Puis j'espère qu'il vous plaira, hein ? Et que j'aurai beaucoup beaucoup de reviews, car qu'est-ce que je les aime… :)
Et que ceux qui me mettent dans leurs favoris et/ou alertes sans reviewer songent à laisser un message. Car il y en a quelques uns, et c'est un peu frustrant de se donner tout ce mal, de voir qu'apparemment la fic plait mais que… Ah ben non, pourquoi reviewer ? Voilà le léger coup de « je râle », et je pense que je ne suis pas la seule, ayant vu d'autres auteurs protester à ce sujet. Donc signalez-vous, n'écrivez pas non plus juste « la suite », soignez un minimum votre orthographe, car sinon je ne vois pas pourquoi moi-même je devrais me relire une demi-douzaine de fois avant de publier…
Mais surtout, gardez le sourire, et lisez bien !
Réponses aux reviews anonymes:
Liaco : Hulloo ! Merci pour ces compliments ! ;) C'est super gentil, même si je ne prétends pas avoir l'imagination quasi-miraculeuse de JKR ! J'ai un peu tardé pour la suite, mais j'espère qu'elle te plaira… Je ne peux que promettre une relance d'HgDm, histoire de te remettre en appétit… :) Allez, gros bisous et bonne lecture !
MiladyMoOn : Mon p'tit bélier à six jours près d'être parfait (tu as comme une ressemblance avec moi-même sur ce point ! ;p), merci pour ta reviewette chérie d'amùùr. En tout cas je suis contente de lire que la dernière scène… T'inspire ! Sinon, pour Lulu… Muahaha. No spoiler, même pour toi. Histoire de ne pas me compromettre si je change d'avis en cours de route ! :s Enfin bon, ça devrait avancer dans le prochain chapitre, ici c'est le dîner… (Je ne pensais pas le faire tenir un chapitre durant, mais les idées ont surgi) J'attends également un peu de la « chaleur » estivale d'une certaine fiction fort rouquine… Apparemment, pas de nouveauté. Trop dur. Bref, de gros Bisous ma belle, lis bien !
lou29 : Hey hey ! Contente de te revoir ! Eeh oui, depuis la rentrée, le temps pour écrire est beaucoup moins large, année de Terminale oblige. (et je pends haut et court le prochain S qui me dit qu'en L, on ne bosse pas. Maraud.) Donc, je surmonte ma sur-fatigue pour écrire laborieusement, mais écrire tout de même, ligne par ligne. Bref, Lulu, ne cesse d'intriguer les lecteurs, tant mieux ! Mais bon, le récit d'Ellery donne au moins un contexte à l'affaire, et un personnage nouveau ! Plus d'infos au prochain chapitre, sans doute. Bref, pour le moment, il faudra te contenter du dîner... Bonne lecture et dis moi ce que tu en as pensé! ;)
" You said there
Was a nagging lack of smiles
Went dancing on your back
Tenderness a plenty book
That wasn't what you craved
His whole thin heart desire
Start to make demands
And he adored you
Would be a fool
To make your plans with her" (1)
The Last Shadow Puppets, Black Plant
oOo
Chapitre XVI
/Les astres intermittents décident de nos vies depuis leurs hautes sphères, qui sommes-nous donc pour lutter ? Ita diis placuit. /
(Ainsi l'ont voulu les dieux)
oOo
Le bruit des couverts rythmait de doux tintements les rires des convives, le halo vaporeux des bougies projetait une flatteuse lueur dorée sur les visages. Le dîner se déroulait à merveille. Drago Malefoy éprouvait cette si agréable satisfaction emplie de plénitudes, ce sentiment de pouvoir tout faire, en un claquement de doigt, à sa guise, parce que c'était lui. Les Américains leur avaient mangé dans la main, quasiment au sens propre du terme. Il faisait confiance à ses collègues des autres bureaux de coopération pour en faire de même avec les autres pays conviés à ériger ces lois, qui étaient de loin bien moins coriaces que ces vaniteux Yankees. Pourtant, autant étaient-ils toujours relativement méprisants à l'égard des européens, autant le sang bleu de Drago semblait les avoir subjugués. Possible que le charisme de Granger y ait également été pour quelque chose, elle avait été étonnante. Tous deux formaient en apparence un tandem séduisant, en accord avec leurs costumes qui s'étaient par l'effet du hasard assortis en les enveloppant l'un comme l'autre de divers tons bleutés.
Le maître des lieux but délicatement une gorgée à sa coupe et se tourna vers son voisin direct, un préposé du secteur judicaire de Ministère de la Magie américain, nommé Neil Dodge, qu'il avait déjà eu l'occasion de croiser avant cette soirée.
.- Je suis enchanté de constater que nous avons pu régler nos affaires dans une aussi grande convivialité. Il me tarde de signer les accords officiels au bureau, qu'ainsi nous n'ayons plus à traîner en longueur et puissions songer à une date d'application, remarqua laconiquement le blond.
.- Moi de même, acquiesça son vis-à-vis, mais ceci n'est qu'un dîner n'est-ce pas? D'ici aux signatures, la voie est longue...
Neil Dodge sourit gracieusement, semblant ravi de voir son voisin se figer. De fait, à l'entente de ces mots, Drago n'avait pu réprimer un froncement de sourcils plus qu'équivoque.
.- Que voulez-vous dire, Dodge? Vous savez tout aussi bien que moi que le but de cette soirée, que j'ai eu l'obligeance de vous offrir, est tout sauf que récréatif. Ne pensez même pas pouvoir vous jouer de moi, ou il vous en coûterait.
Le ton de Drago était glacial, déployant tout un pan de l'éventail d'apparences qu'il maîtrisait parfaitement. Toute personne ayant un peu de sens commun en aurait regretté son effronterie. Pourtant, Dodge ne cilla pas.
.- Je ne me joue pas de vous Malefoy, se contenta-t-il de répondre d'une voix extrêmement posée. Mais avouez que le jeu, pour reprendre votre métaphore, serait bien trop facile si tout s'arrangeait à votre guise, n'est-ce pas? Certes, vous êtes un Malefoy, et le monde se plait à vous complaire, pourtant je crois savoir que vous êtes un battant, peut-être même un tueur, qui sait? Ce sont les bruits qui courent, chuchota l'Américain.
.- Dodge... - la bouche de Drago se figea dans un rictus de mépris. Osez encore un seul mot de ce genre, un seul mot, et vous pourrez vérifier de vous-même la véracité de ladites rumeurs.
Neil Dodge sourit complaisamment, se resservant à boire un peu de liqueur de groseille, comme si leur conversation était dénuée de toute tension.
.- Je ne désire rien de tel, juste vous faire savoir que... Le monde ne vous appartient pas Malefoy. Ne croyez pas que tout vous est dû et que l'on doit s'incliner en votre présence. Que l'on doit se plier à votre malignité et que tous se laissent aveugler par votre aura perfide. Ce temps-là est révolu.
.- Je ne prétends à rien de tel, Dodge, trancha Drago. Je tiens juste à ce que vous ne perdiez pas de vue votre insignifiance.
.- Ah, les grands mots! - s'exclama-t-il, faisant rebondir son accent de la côte Est - Vous ne pouvez donc pas vous en passer. De quoi avez-vous peur, enfin? Soyez plus humain, puisque ce sont des lois devant régenter la vie de nos concitoyens dont il est question. Et il est de mon avis qu'un peu d'adversité ne vous ferait pas de mal.
Drago souffla légèrement, s'impatientant. Son voisin lui tapait désespérément sur les nerfs.
.- Typiquement américain. Cessez de considérer la vie comme un jeu, où l'aventure et l'adversité mèneraient la danse.
.- La vie n'est qu'une loterie, Malefoy, toujours. Vous devriez le savoir non, car sinon selon quelle logique votre existence en particulier s'est-elle dessinée? Il faut miser gros, prendre des risques, se faire battre, mais toujours se relever. Non, ne voyez pas ça comme une loterie, mais comme un poker. Cela vous correspondrait plus. De la concentration, des atouts, des feintes, et de la chance. Et des verres de Whisky - il leva sa coupe - pour ne pas fausser la donne. Car après tout nous ne voyons pas toujours de façon très nette.
Drago roula des yeux. Sa confiance en l'avenir des accords s'envolait de concert avec sa satisfaction. Cet Américain l'irritait, d'ailleurs tout ce qu'il représentait l'horripilait. Il avait bien envie de lui ôter son sourire assuré et compatissant d'un savant et cruel coup de baguette... Mais il fallait se contenir. Toujours.
.- Votre métaphore est d'une poésie qui me dépasse. Et pardonnez-moi de ne pas partager votre vision de la vie. D'ailleurs, la mienne me contente.
.- En ce cas, mille excuses. Pourtant il m'avait semblé que vous étiez plus vivant, dans le temps. Un peu plus extrême. Cruel aussi. Enfin, je suppose que vous l'êtes toujours. Vous étiez comme cette flamme qui attire les papillons, trop séduisante et ô combien destructrice. À moins que ce ne soit qu'une autre part de cette ridicule légende qui entoure votre nom, acheva Neil d'un air railleur.
.- Sans doute. Maintenant excusez-moi, mais il me semble que nous ne soyons pas suffisamment intimes - d'ailleurs nous ne le serons jamais - pour partager une discussion de ce genre, ou de quelque autre genre que ce soit. De plus, cela est totalement hors de propos, nous ne nous fréquentons que pour la bonne et simple raison que nous sommes supposés arriver à un accord. But que nous atteindrons bientôt, je l'espère.
Le blond commença à détourner la tête, pensant avoir cloué le bec à cet ersatz de diplomate et montrant ainsi clairement que l'entretien était terminé, quand Neil reprit la parole, semblant savourer chacun de ses mots.
.- Tout vu, Malefoy. Cependant, juste pour vous faire enrager, sachez que je n'ai rien contre notre consensus, ses termes me semblent on ne peut plus corrects - votre Ministre comme le nôtre ont des visions relativement similaires. Toutefois je veux vous rendre la tâche plus difficile, voir ce qu'un Malefoy peut véritablement faire, quand il déploie toute sa splendeur et ses moyens, et pas seulement l'aura de son nom. Voir si vous valez vraiment le coup. J'aimerais vous voir sortir hors de vos plans préétablis et lâcher bride. Cela est mon but, et croyez bien que je suis au moins aussi tenace que vous.
Et, sans attendre une quelconque réponse, l'Américain se détourna et, se relevant, rejoignit plus loin le bavardage de deux de ses coéquipiers en mission en Grande-Bretagne. Drago Malefoy bouillait sur place. Il avait envie d'écorcher cet homme, de l'empêcher à jamais de parler. Retarder le traité, et pourquoi? Par jeu. Son impertinence et sa gouaille étaient tout bonnement insupportables, comme si tout ce qu'il souhaitait était le faire rager. Lui faire payer d'être celui qu'il était. Pourtant, il avait dû tout reconstruire de lui-même... Lui qui pensait que l'affaire était dans la poche, mieux même, dans sa poche, voyait tous ses plans perdre de leur solidité. Tout semblait être à reconquérir. Encore. Pourtant, Dodge était d'accord avec le consensus. De toute façon, ce n'était pas comme si son avis pouvait peser bien lourd. N'est-ce pas?
Tout à ses considérations, Drago croisa soudain le regard hilare de Granger. Lui mimant un "Quoi?" silencieux, il lui fit signe d'approcher. Conciliante, elle quitta le côté opposé de la salle à manger où elle conversait précédemment avec l'ambassadeur américain en Grande-Bretagne. Alors qu'elle contournait la large table d'acajou pour le rejoindre, Drago perdit son regard dans les ondulations innocentes de sa silhouette. Si sensuelle... Sa mémoire comme son corps ne se souvenaient que trop du bref moment qu'ils avaient presque partagé dans le petit salon, avant l'arrivée des invités. Il ne l'avait pas prémédité, à l'inverse de tout ce qu'il avait l'habitude de faire, pourtant il avait aimé, et en redemandait. Était-ce cela, se mettre en péril? Contrairement à ce que venait de lui ricaner Neil Dodge, il prenait des risques. Il se sentait vivant, chaque parcelle de son être plus éveillée que jamais... Quand elle était là.
Cette constatation le frappa alors que Granger tirait une chaise et s'asseyait à ses côtés, un peu en travers de celle-ci, le fixant entre ses cils bruns.
.- Qu'y a-t-il Malefoy, tu sembles perturbé? Énervé serait le mot juste. Pourtant, Neil a une conversation tout à fait charmante.
.- Pourquoi riais-tu autant en me fixant, à l'abri de ta coupe?
.- Tu es drôle lorsque tu t'énerves. L'on dirait un vieux chat auquel on aurait lancé un Aqua.
.- Je... Pardon?!
Hermione éclata d'un rire enjoué. Elle n'avait pas trop bu, mais était d'excellente humeur. Sa décision de ne pas laisser Malefoy avoir le dessus semblait tenir... Pourvu que ce soit dans la durée.
.- C'était de l'humour, mon bien cher ennemi. Dis-moi tout, qu'est-ce qui te marri à tel point que j'en sois venu à faire cette infructueuse comparaison?
.- Tu m'agaces, Granger.
La jeune femme se contenta d'afficher une moue qui montrait clairement le peu d'importance qu'avaient pour elle les états d'âme de l'ancien serpentard. Celui-ci soupira, tapotant de ses longs doigts nerveux le plat de la table. Il ne savait quelle mouche la piquait, mais Granger semblait décidée à ne point se soucier. Le jeune homme passa une main fatiguée sur son front, soulevant quelques cheveux.
.- Il faut que je te parle.
.- Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué... N'est-ce pas ce que tu fais?
.- En-dehors du salon.
.- ... Et pourquoi ça? demanda Hermione, la voix un peu plus aigue.
Elle se réajusta maladroitement dans son siège. Drago fronça les sourcils.
.- On a comme un souci dans les accords, et je préfèrerais t'exposer ceci maintenant, peut-être pourra-t-on sauver la situation avant la fin de la soirée.
.- Pour cela, je veux bien te suivre, souffla-t-elle, l'air un peu soulagée.
Les deux jeunes gens se levèrent, Drago laissant galamment Hermione le précéder. Il se surprit à se féliciter du léger trouble qu'il avait pu remarquer chez la jeune femme. Après s'être excusés auprès de leurs invités, tous deux quittèrent la salle à manger pour passer dans l'antichambre qu'ils avaient déjà visitée en début de soirée. Hermione se sentit un peu mal à l'aise à la vue du décor noyé dans la pénombre, mais ne laissa rien paraître. Et elle faisait confiance à Malefoy pour ne pas se laisser distraire quand il s'agissait d'un boulot où son nom était impliqué. Elle s'appuya du bout des reins contre une commode, préférant ne pas retourner sur les fauteuils, et croisa les bras sous sa poitrine.
.- Alors, que se passe-t-il?
.- Neil Dodge, que tu as vu discuter avec moi tout à l'heure... Il semble vouloir faire des difficultés quant aux accords.
.- Neil? Il m'avait pourtant semblé très favorable aux termes que nous proposions, non? s'étonna Hermione.
.- Nous avons eu comme un malentendu... lâcha le blond en roulant des yeux.
.- Malefoy!
.- Mais c'est sa faute... geignit Drago.
.- Cesse de gémir, ça ne te sied pas.
.- Que veux-tu Granger, tu me transformes... susurra Malefoy, charmeur.
Hermione bénit alors le peu de luminosité dans la pièce, car les mots de son coéquipier ravivèrent en elle sa gêne. Et son coeur. Voulant se ressaisir, elle agrippa dans son dos le bois vermoulu du meuble qui la soutenait, à la manière d'une rambarde de sécurité. Elle voulait se conformer à sa décision.
.- Malefoy, tu es un gamin immature, à croire que Poudlard te colle à la peau. Cesse de digresser - surtout de cette manière - et dis-moi ce que veut Neil.
.- Il m'a quelque peu provoqué, quoique je lui aie clairement montré à quel point son opinion était insignifiante à mes yeux. Suite à cela, il semble avoir décidé de m'offrir un peu d'adversité.
.- De... Quoi?!
.- De l'adv...
.- Non, j'ai bien entendu, mais - Hermione se décolla de la commode et se mit à arpenter la pièce - ... Ce n'est pas vrai, Merlin, vous n'êtes que d'immatures krills des montagnes.
.- Tu es dure...
.- Non mais je...
Hermione se détourna vivement et pointa un doigt accusateur vers Drago.
.- Que Neil te provoque, ça ne m'étonne pas, il n'aime pas les Malefoy, mais que tu répondes?! Non mais où avais-tu la tête?
.- Granger je...
.- Tu n'es qu'un immonde ronflack boursouflé d'orgueil! Et qui va devoir recoller vos stupides pots cassés?
.- Par Salazar tu...
.- Moi, bien sûr! Et dire que... On avait réussi à remporter la partie!
Hermione se passa une main sur son front, en une tentative vaine de se calmer.
.- Arrgh, je n'en reviens pas, mais quels... bubobulbs d'eau douce!
La jeune femme se remit à marcher à grands pas dans le petit salon, sous le regard un peu inquiet de Malefoy. Le spectacle avait en soi une légère part de comique, même s'il reconnaissait à contrecœur sa faute. Toutefois, il avait oublié que Granger pouvait être à ce point... Granger. De son côté, la jeune femme finit par aller se poster face à la fenêtre, serrant ses poings sur ses hanches, tentant à grand-peine de se contenir. Malefoy ne supporta pourtant pas longtemps d'être ainsi tour à tour accusé puis ignoré.
.- Bon, alors tu fais quoi?
Il n'aurait peut-être pas dû user d'une voix aussi brusque.
.- Je fais quoi? rétorqua Hermione d'une voix énervée. Bien sûr, c'est à moi de tout faire. Imbécile scroutt vaseux...
.- Pourrais-tu cesser de m'insulter de la sorte? grogna Drago. Je te signale que si nos tractations sont un échec, ça risque de beaucoup peser sur moi et sur ma carrière.
.- Mais c'est de ta faute! Et certes, ton nom est impliqué, mais moi je suis ici en lieu et place de Miranda. Si l'on échoue, c'est ma place que je perds. Mais comme tu n'es qu'un pauvre Troll d...
.- Hé hé, stop! Ok, je m'excuse, maintenant, calme-toi.
Drago s'approcha et posa sa main sur le bras de Granger, qui se figea instantanément. Elle retira sèchement son bras, lui jetant un regard mauvais, mais le jeune homme était satisfait: elle s'était enfin tue.
.- Je te promets de plaider en ta faveur, tu ne perdras pas ta place. Contente?.. - Hermione le fusilla du regard - Hum, bon, que faisons-nous alors? demanda-t-il plus gentiment.
.- Je... Toi, rien, retourne bavarder. Je me charge de tout, soupira-t-elle.
Elle se détourna et se dirigea d'un pas un peu las vers la porte de la salle à manger. Le maître des lieux la regarda s'éloigner avec un amusement mêlé d'envie, toujours fasciné par cette si étonnante jeune femme. Que pourtant il connaissait depuis longtemps. Qu'il avait haïe. Qu'il avait blessée. Qui le troublait. Pris d'un incontrôlable élan, Drago la rattrapa avant qu'elle ne franchisse la porte et, effleurant de ses doigts sa nuque, lui murmura:
.- Au fait, pourquoi avais-tu peur de venir au petit salon avec moi?
Le regard d'Hermione se troubla, aussi le détourna-t-elle vers la salle à manger et, chassant les doigts du blond de son échine, riposta sèchement:
.- Pourceau de Serpentard.
oOo
Lettre de Drago Malefoy à Blaise Zabini
Manoir Malefoy, le 1er Août 1998
Blaise,
J'ai appris les perquisitions qui avaient été faites chez toi. C'est tout bonnement indécent, abominable. J'espère que ta mère va mieux, mes parents passeront sans doute lui rendre visite à Ste Mangouste. N'ont-ils donc aucune pitié, ces supposés représentants des forces du "Bien"? La brutaliser à ce point... J'en suis écœuré. Je suis rassuré de savoir que tu as pu trouver refuge chez des amis de ta mère. D'autant que je sais que les Wright seront difficilement accusables de quoi que ce soit. Tu peux bien sûr venir au Manoir, je serais ravi de te voir, mais n'oublie pas que nous sommes sans doute les prochains sur la liste.
La maison est en effervescence, on tente de se débarrasser du plus grand nombre de preuves. Père craint que notre condamnation ne soit inéluctable. Comment pourrait-elle ne pas l'être? Avec mon oncle Rodolphus Lestrange qui s'est déjà fait enfermer dans l'attente de son procès... Mère n'est pas très loquace sur ce sujet, je pense qu'elle subit encore le contrecoup de la mort de Bellatrix. Elle semble avoir du mal à faire son deuil. Je sais ce que tu vas me répondre, que c'est normal, puisque c'était sa sœur. Néanmoins, je connais ma mère, et ses rapports avec Bellatrix avaient depuis longtemps perdu toute once de tendresse. Malgré tout, je pense que c'est plus ce lien de sœur à sœur qui lui manque, elle souffre de l'anéantissement de tous les bons souvenirs qu'elles avaient en commun. Je veux bien croire ma mère quand elle dit que Bellatrix fut une personne de valeur, avant. Mais je ne l'ai jamais connue qu'écrouée, folle et meurtrière. Donc, comprends bien que je ne parvienne pas à compatir. Mère semble s'être replongée dans des souvenirs de sa jeunesse, de son enfance, avec ses soeurs. Oui, ses, je t'avais confié une fois qu'il y en avait une troisième. Une troisième fille Black, Andromeda, qui avait trahi la famille de mes grands-parents en épousant un moldu. Il paraît que celui-ci vient de mourir. Sa fille également, qui était ma cousine. C'est étrange de voir cela sous cet angle. Elle-même aurait eu un enfant, avec ce Remus Lupin, qui a aussi été tué lors de la bataille. Je comprends bien le trouble de ma mère, mais je pense que l'heure n'est pas à ce genre de considérations. Il faut s'activer. Heureusement Père est efficace - comme toujours - et je l'aide de mon mieux. Je peux bien te le dire à toi, je suis très inquiet.
Dans tout ce chaos, la présence d'Astoria me réconforte. Je ne peux pas la voir souvent, ses parents ne veulent pas que son nom soit mêlé au nôtre. Daphné a la gentillesse de nous couvrir et de faire passer nos lettres, c'est étonnant de sa part. Je ne pensais pas qu'elle accepterait de faire ça pour moi. Elle était méfiante et froide depuis mon retour à Poudlard en avril. J'ai eu l'occasion de discuter avec elle, à l'occasion, et j'ai appris quelque chose de très intéressant. Te souviens-tu qu'elle était retenue chez elle, après les vacances de Noël? Nous jasions beaucoup à l'époque en croyant qu'elle allait se faire marquer - chose qui était tout de même étrange, elle n'avait dix-sept ans que depuis peu. Eh bien, figure-toi qu'elle est restée pendant une longue période au Manoir - le notre! Elle était plus ou moins otage, puisque ses parents tentaient de se détourner du Lord, et elle devait s'occuper du filtrage de la correspondance. Aussi a-t-elle appris, ayant conservé certaines prérogatives, ce qu'il m'était arrivé en avril, quand bien même elle était retournée à Poudlard.
Blaise, je t'en avais parlé, n'est-ce pas? De ce trou noir, deux jours entièrement effacés de ma mémoire. Figure-toi que peu à peu les souvenirs me reviennent. On avait pris Potter et sa bande, Weasley et Granger. Je sais que l'écho t'en est parvenu, la chose n'ayant pas réussi à rester secrète, mais mes parents avaient tenté de me faire oublier l'évènement pour ne pas que je sois victime moi aussi de la colère du Lord. Je vais te conter la scène de mon point de vue, car que puis-je risquer à présent? Ils étaient là, le trio de griffondor au complet, encerclés dans le grand salon du Manoir. Potter était défiguré, et je soupçonnais Granger d'avoir exercé ses talents pour ne pas qu'on le reconnaisse. On m'a alors demandé de les identifier. Et je ne voulais pas. Je sais ce que tu vas penser, que j'étais fou. Car après tout, je les hais tellement. Oui mais, il y avait un pas entre notre haine scolaire et adolescente, et cette dénonciation qui les mènerait à la mort. Je pense que je n'aurais pas hésité, en juin de notre sixième année, à acquiescer à la question que me posa mon père. Mais depuis... J'ai mûri comme qui dirait. J'ai hésité devant Dumbledore. J'ai ouvert les yeux. Et, de la même façon, j'ai hésité devant nos prisonniers. Pourtant ça n'a pas désarçonné ma tante: elle a envoyé Potter et le rouquin aux cachots, et a gardé Granger. Et l'a torturée. Au début, j'étais satisfait, cette sang de bourbe, cette erreur de la Nature, recevait enfin ce pour quoi elle était née. Pourtant... En la voyant hurler, souffrir, c'est idiot, tellement stupide... J'ai compris qu'elle n'était en fait qu'un être humain. Comme moi, comme toi. Son image brisée m'a renvoyé la mienne propre, lors des accès de colère de mon père, et plus souvent encore ces derniers temps quand le Lord s'acharnait contre notre famille. Et tu sais que je doutais un peu de la justesse de notre cause. Je sais que tu vas me désapprouver, mais j'ai lancé un sort de protection à Granger. Discrètement, de façon à ce que dans sa folie meurtrière, Bellatrix ne me remarque pas. Mais suffisamment fort pour que Granger ne meurt pas. Car je connais les sorts de ma tante, leur perfidie, elle l'aurait rendue folle, au minimum. Le Lord n'avait pas besoin de Granger, qui n'est qu'une sang de bourbe, aussi Bellatrix pouvait-elle l'éliminer. Le plus douloureusement possible. Donc, oui, j'ai sauvé Granger. Je m'en suis un peu voulu, constatant encore ma faiblesse, mais si tu savais le soulagement qui m'a envahi quand en recouvrant mes souvenirs, je me suis rendu compte qu'elle aurait pu être morte, mais qu'elle ne l'était pas. Car, laisse-moi être franc, cette fille, toute détestable qu'elle soit, aurait été une grande perte une fois morte.
La suite, tu dois t'en douter: Potter et Weasley qui débarquent avec quelques acolytes, les sorts qui fusent, leur fuite, et ma baguette dérobée. Tant mieux dans un sens, car si à ce moment-là le Lord avait trouvé l'emprunte de ma mansuétude sur ma baguette, je ne serais plus là pour te conter cette étrange anecdote. C'est pour cela que Daphné se méfiait de moi, elle avait entendu dire ce qu'il s'était passé, et m'ayant croisé peu de temps après, totalement vaseux du sort d'Oubliettes que j'avais reçu, elle m'avait cru instable. Ou traître. C'est aussi pour cela qu'elle me désapprouvait auprès d'Astoria. Heureusement que cette dernière n'a jamais tellement suivi l'avis du commun.
Voilà, je pose ma plume Blaise, après cette très longue lettre, un peu coupable de t'avoir ainsi abreuvé de tous mes doutes. Moi qui voulais te rassurer, j'ai bien digressé! Concernant tes ennuis, passe quand tu veux au Manoir, tu seras toujours le bienvenu. Invite aussi la fille Wright, comment s'appelle-t-elle? Selene. J'aimerais bien la rencontrer. Prends soin de toi, vieux.
Drago
oOo
.- Excusez-moi Neil, puis-je vous enlever quelques instants?
L'Américain releva la tête sous l'interpellation de la voix féminine. Hermione Granger, la représentante du service d'élaboration des lois du Ministère de la Magie britannique, se tenait derrière lui, délicieusement hésitante. Il fit un signe de poursuivre à ses compagnons et se leva, rejoignant la jeune femme.
.- Si vous pouvez m'enlever? En doutiez-vous seulement, Hermione? répondit-il avec un sourire enjôleur.
.- La jeune femme se permit un petit rire.
.- Bien sûr que non, je sais très bien que je vous ai en mon pouvoir, railla-t-elle.
.- Totalement et à jamais - il mima un baisemain. Alors donc, qu'aviez-vous de si urgent à me faire part qu'il vous fallut organiser mon quasi-enlèvement? s'enquit l'homme, tout en suivant la jeune femme dans le Grand Salon, où ils s'installèrent, revigorés par la puissante chaleur du feu de cheminée.
Hermione tritura ses doigts sur le plat de sa robe, ne sachant pas par quel bout engager la discussion. Elle aimait bien l'Américain, il possédait cette nonchalance si particulière de ceux de son étrange contrée. Par ses manières posées et dénuées de fioritures, il lui rappelait confusément Emily, une jeune étudiante de Cheyenne avec laquelle elle avait sympathisé de ses années d'études à La Haye, bien qu'elles aient peu à peu perdu contact, au fil des ans. Elle savait que Neil ne lui était pas hostile... Alors pourquoi douter? Décidant que de toute façon, il lui faudrait bien évoquer ce qu'elle lui reprochait, elle soupira et, plantant ses yeux dans la noisette des siens, parla.
.- M. Malefoy m'a fait part de votre léger... désaccord? Que je trouve stupide et vain, permettez-moi d'être directe.
Neil s'installa plus confortablement dans le moelleux canapé, étendant son bras sur l'accoudoir. Un sourire gêné se dessina sur son visage tanné.
.- Vous aussi, vous trouvez? Je me disais bien que c'était relativement infantile et puéril.
.- Vous ne tentez même pas de défendre votre prise de position? balbutia Hermione, pensant trouver chez l'obstiné délégué plus de résistance.
.- Pourquoi le faire face à vous? Cela n'a de saveur pour moi que face à votre coéquipier, .
Il lui sourit d'un air entendu, lâchant un léger rire de gorge. Malgré cela, Hermione ne parvenait pas à croire que l'Américain se fut querellé par simple... puérilité. Neil Dodge n'avait rien de puérile, Malefoy peut-être, mais lui était bien trop réfléchi pour cela.
.- Et pourriez-vous, s'il vous plaît, m'expliquer pourquoi? Car il ne me semble pas très avisé de mettre nos accords en péril pour la simple saveur de mettre en colère, quoique entre nous, je puisse comprendre votre envie.
.- Vraiment? Vous me sembliez pourtant être un tandem des plus soudés et cohérents, tantôt.
Hermione grimaça légèrement. Elle ne pouvait nier que sa collaboration avec Malefoy s'était ce soir déroulée – presque – sans heurt ni fracas.
.- Que deux raisons et ambitions s'accordent n'annonce pas forcément la plus franche amitié, vous devriez le savoir, vous qui évoluez dans le milieu politique depuis tout de même quelques temps.
.- Je dois bien l'admettre.
Neil Dodge pausa, son regard se faisant évasif.
.- Neil? Pouvez-vous m'expliquer? Car ce n'est donc pas pour une raison politique que vous avez orchestré votre revirement de position...
.- Je déteste Malefoy, coupa l'Américain.
.- Il m'avait bien semblé le comprendre, rétorqua Hermione, moqueuse.
.- Pire même, je le hais. J'honnis ce que représente sa famille. Ils sont, tous comme... Une fleur à la beauté vénéneuse, toxique. Il faudrait les anéantir, déraciner cette plante pour qu'elle ne puisse plus refleurir. Pour qu'enfin ils obtiennent la punition qu'ils méritent.
La voix de Dodge s'était faite lointaine, comme si c'était plus son âme qui évoquait ce qui lui pesait plutôt qu'une réponse à la question d'Hermione. Le visage du jeune homme, d'habitude souriant et affable, s'était crispé, et son regard chaleureux ne dégageait plus qu'une dureté semblable à celle de ses paroles. La jeune femme se sentit frissonner, elle ne s'était pas préparée à un aussi austère ressentiment. D'ailleurs, rien ne laissait présager plus que de l'antipathie de la part du délégué américain. Neil semblait s'être replongé dans ses pensées et continua sur sa lancée:
.- Je supporte très difficilement de savoir leur existence.
.- Neil...
.- ... Leur chance, cette fameuse bonne fortune, me semble plus démoniaque qu'autre chose. Pourtant je suis un humaniste, aussi dois-je mettre toute ma hargne de côté. Je m'étonne moi-même d'être capable d'éprouver un tel flux de haine. De toute façon, la plupart du temps, toute pensée me rattachant à eux m'est épargnée. Néanmoins, depuis que je dois séjourner en Angleterre pour ce dossier... Les souvenirs me rattrapent.
.- Neil, peut-être devrions-nous arrêter notre entretien ici. Je ne sais ce qui vous préoccupe, mais vous ne tenez sans doute pas à me le confier, tenta Hermione, franchement mal-à-l'aise.
.- Connaissez-vous Astoria Greengrass-Malefoy?
Neil avait brusquement percuté son regard, revenant à la réalité et prenant la jeune femme de court.
.- Je... Euh, oui, j'ai eu l'occasion de la rencontrer, bredouilla-t-elle maladroitement.
.- Elle est charmante n'est-ce pas? Une étoile, si fragile, faite pour un monde de délicatesse et d'amour. Et voyez où ils l'ont mise...
L'Américain semblait de nouveau happé par quelque souvenir mélancolique. Hermione décida que c'en était assez, elle ne voulait pas en savoir plus. Elle n'était pas venue ici pour prêter oreille aux récriminations troublantes de ce délégué lunatique, tout sympathique qu'il puisse être le reste du temps. D'autant que l'entendre évoquer Astoria l'embarrassait franchement, elle devait bien se l'avouer. Elle ne tenait pas à s'enfoncer dans quelque autre histoire brumeuse. Elle se releva, surprenant Neil qui dirigea des yeux étonnés vers elle.
.- Qu'y a-t-il?
.- Je vous le répète, vous n'avez pas envie de vous épancher sur mon épaule, ressaisissez-vous. Je veux juste votre promesse de revenir sur vos propos sur et de maintenir les accords que nous sommes laborieusement arrivés à conclure, martela-t-elle d'une voix qu'elle voulait ferme.
Le jeune homme sembla surpris, comme ramené à la réalité. Semblant comprendre qu'il s'était dissipé, il sourit avec gentillesse à son hôtesse. Il semblait un peu embarrassé.
.- Je ne reviendrai pas sur mes propos sur Malefoy, Hermione, déclara Neil avec douceur.
.- Neil!
.- Mais je veux bien trouver un compromis avec pour sauver nos accords. Toutefois il devra mériter ma voix à la commission. Je veux... Saisir ma chance.
.- Votre chance?
Neil se contenta de sourire à nouveau de façon évasive, noyant son regard dans les flammes qui léchaient goulûment le manteau de la cheminée qui leur faisait face. Hermione resta sans mot dire durant quelques brèves secondes, ne sachant pas quoi opposer à l'étrange comportement de l'Américain. Toutefois il promettait de tout arranger, n'était-ce pas ce qu'elle désirait? Mais ces désaccords avec Malefoy... Cela l'intriguait. Et de quelle occasion parlait-il? Cependant, avant qu'elle n'ait pu statuer sur une éventuelle question à poser à Neil afin d'en savoir plus, celui-ci se releva et après un rapide baisemain couronné de son sempiternel sourire amusé, il lui tourna le dos et s'en retourna dans la salle à manger, d'où les bruits des conversations lui parvenaient par murmures étouffés, comme autant de relents du passé.
oOo
La soirée tirait sur sa fin, les discussions des invités se faisaient plus entrecoupées, les rires moins convaincus. Tout le monde était harassé, car si le dîner était un agrément en soi, il venait clôturer une semaine d'âpres palabres bureaucratiques, et avait lui-même été un bras de fer apprêté par le miel des convenances. Hermione ne s'en rendait que trop compte à présent, alors qu'elle étirait discrètement ses jambes endolories par ses chaussures aux talons trop hauts, trop hautains. Trop Malefoyens, ne put-elle s'empêcher de penser. Elle avait hâte de retourner chez elle, dans son monde, d'aller embrasser le front de ses enfants, de retrouver ce confort si cher qu'elle avait pourtant beaucoup fuit ces dernières semaines. Si elle se sentait plus vivante, en cette fin de semaine une lassitude invasive s'était emparée de son corps et de son esprit. Peut-être les semis confidences de Neil Dodge avaient été de trop. Ou bien encore était-ce la pression de celles d'Ellery… Lesquelles ne cessaient de poindre discrètement en son esprit, alors qu'elle se trouvait chez celui qui détenait sans nul doute les réponses attendues. Ou bien était-ce tout simplement la poids de la présence de plus en plus constante et empressée dudit Malefoy dans sa vie..?
Son esprit était assailli, et cette torpeur qui l'envahissait était peut-être l'unique rempart qu'il lui restait contre les attraits de l'introspection. Car elle avait peur de ce qu'il en résulterait, se souvenant des résultats déplorables de ses dernières divagations mentales. Un couple brisé, une enquête dangereuse, des manquements à son rôle de mère… Face à la fatigue qui l'accablait soudain, Hermione se sentait acculée par sa propre image. Elle n'aimait pas tellement la personne qu'elle avait été dernièrement. Pourtant, elle n'avait joué aucun rôle, elle s'était au contraire dévoilé la face, c'était bien elle qui avait pris toutes ses décisions, en toute connaissance de cause. Alors pourquoi se sentait-elle si mal ?
Sa tête reposait mollement sur sa main recourbée, son corps se délassant dans l'un des sofas du Grand Salon, où tous les invités s'étaient rassemblés afin de savourer les dernières minutes de la soirée, qui s'égrenaient avec paresse. Elle avait perdu le fil des conversations depuis longtemps, et l'obscurité relative qui baignait l'endroit où elle s'était assise l'isolait en quelques sortes du reste de l'assemblée. Pourtant, son attention restait suffisamment éveillée pour voir Malefoy rentrer dans la pièce, accompagné de Neil Dodge, lequel arborait un sourire encore plus satisfait qu'à l'habitude. Le blond, lui, plissait de façon compulsive les recoins de sa bouche, signe d'une contrariété sourde. La jeune femme se demandait bien ce que l'Américain avait pu lui demander. Des accords sous-jacents, des arrangements privés ? Elle ne savait que penser, ne connaissant pas en détail les relations entre les deux hommes ni les griefs de Neil, ignorant même si ceux-ci s'adressaient davantage à la famille Malefoy en elle-même ou à son représentant en particulier. Hermione ne put aller plus avant dans ses considérations car l'objet de ses pensées s'avança vers elle, lui faisant signe qu'il était temps de clore le dîner et de congédier cérémonieusement les invités.
Elle se leva, acceptant le bras que lui offrait Malefoy, et tous deux se tournèrent vers l'assemblée réunie dans le lieu.
.- L'heure plus qu'avancée nous pousse à nous séparer, commença le jeune homme, mais je tiens avant cela vous adresser ces quelques paroles. Je voudrai tout d'abord vous remercier d'avoir honoré ce dîner, lequel fut fructueux en accords. Ce fut pour moi extrêmement plaisant de traiter avec vous afin d'édifier le futur du monde sorcier. Plus encore, j'ai eu le bonheur de constater que nos vues se rejoignaient en divers points, et que l'appui mutuel de différentes contrées et civilisations pouvait nous élever à rédiger des accords dignes d'être retenus. Cet appui mutuel dont je parle, servira certainement à l'ensemble de la communauté sorcière une fois le projet appliqué, et participera à son élan. Enfin je tiens à vous donner en bonne et due forme rendez-vous jeudi prochain dans mon département du Ministère, afin de finaliser notre projet et d'achever la première étape de notre tache, qui est selon moi des plus nobles.
Hermione pouvait sentir la grandiloquence de Malefoy lorsqu'il parlait aux légères contractions de son bras, sur lequel sa main reposait. Elle se retint de rire sous l'avalanche de mondanités que son ennemi déblatérait, elle savait qu'il pouvait être plus piquant et vif que ça. Mais les hommes ayant créé les convenances, ils se devaient d'obéir au joug de leur diabolique invention, et le reste des invités sembla charmé et approuva la caresse flatteuse des paroles de l'héritier.
.- Je laisse la parole à ma brillante coéquipière, laquelle me fut précieuse ce soir, si elle veut elle aussi exprimer son point de vue. Mrs Hermione Weasley-Granger ?
La jeune femme tiqua sur son nom, comme impropre sortant de la bouche de Malefoy. Celui-ci ne cilla pas, semblant tout à fait naturel dans son apparente mondanité. Hermione se tourna vers les invités et leur sourit avec chaleur.
.- Je pense que Mr. Malefoy a tout dit, tant le contenu que la forme qu'il convenait d'y apporter. Je ne vais quant à moi que louer cette soirée, puisque je ne suis que la représentante de Mrs Howitt, que vous connaissez. J'ai bien entendu une connaissance avancée de dossier, et voir les compromis et les accords que nous avons pu supposer et promettre ce soir me rassurent quant à l'avancée du projet, et plus encore quant à ceux qui l'instituent. De fait, je vois bien que vous êtes tous investis profondément du bien-être et de la grandeur de la communauté sorcière dans son ensemble, et combattez la dictature des différences. Plus encore, j'ai pu constater que malgré quelques malentendus et inimitiés, les accords semblent sur le point d'être rédigés, et pour cela encore plus, je suis ravie d'avoir pu collaborer avec vous.
Elle ponctua sa dernière phrase d'un sourire plus large encore, qu'elle adressa avec insistance à Neil, lequel lui fit un clin d'œil. Il avait saisi l'allusion, et de toute évidence, il avait réglé son propre différend. Plusieurs hochements de tête satisfaits approuvèrent son propre discours, et Hermione sentit Malefoy la rapprocher insensiblement de lui. Elle le regarda à la dérobée, et vit qu'il rayonnait de cette si détestable et fascinante aura qui caractérisait sa famille, entre puissance et orgueil. De toute évidence, son attitude montrait aussi qu'elle, pauvre sang de bourbe méprisable, n'était pas dépareillée à son bras, puisqu'il ne semblait pas vouloir lâcher le sien. La vague boule d'appréhension qui la possédait plus tôt dans la soirée revint s'installer dans la gorge d'Hermione, mais de façons bien moins concrète, noyée par la joie malsaine de voir qu'apparemment, Malefoy avait été impressionné.
Une petite demi-heure plus tard, dans le silence de l'hôtel à présent presque vide, Hermione observait avec attention la longue et fébrile aiguille des secondes rejoindre ses sœurs minute et heure au point cardinal de la vieille horloge baroque qui cliquetait dans l'entrée. Le craquement de l'ancien plancher vermoulu lui annonça le retour de sa Némésis, mais elle ne se retourna pas, conservant son appui contre la rampe de l'escalier de chêne, noyant son regard dans les scènes galantes inscrites sur les délicates tapisseries. Une jeune fille romantique aux pommettes rougissantes, assise à l'ombre d'un arbre stylisé, se pâmait d'entendre un jouvenceau tournoyer autour d'elle, grattant des accords de mandoline. Une innocence vibrante rendue avec une telle justesse qu'on aurait pu s'attendre à voir les personnages s'animer. Pourtant, toute demeure magique que soit celle de Malefoy, cette illusion de vie se prêtait seulement aux tableaux, par crainte d'un charivari de personnages trop facilement querelleurs. A l'instar des humains.
L'ombre de Malefoy se dessina silencieusement aux côtés de la sienne. Il resta immobile, les mains semblant ramenées dans son dos. Sans doute l'observait-il, et Hermione ressentit poindre ce trouble qui commençait à l'habiter bien trop souvent à son goût. Néanmoins, ce sentiment n'était pas déplaisant, il s'accompagnait d'un certain bien-être, comme si, paradoxalement à tout ce qu'elle avait cru, la présence de l'ancien serpentard la rassérénait.
Elle vit son ombre grossir et comprit qu'il se rapprochait. Bientôt, sa silhouette dissimula dans la pénombre la cour des deux adolescents qu'elle avait observés, et elle put sentir dans son dos la présence du corps de son hôte. Une légère brûlure lui piqua les reins, douce et agréable. Hermione se retourna et se retrouva bloquée entre les yeux clairs malgré la pénombre de Malefoy et la rampe sculptée qu'elle sentait dans son dos. Ni l'un ni l'autre ne prononcèrent un mot, se contemplant avec un mélange de défiance et d'attirance. D'attirance, c'était le mot, elle ne pouvait le nier.
La jeune femme avait l'impression de contempler Drago Malefoy pour la première fois. De le regarder véritablement. D'accepter son passé, qui constituait sa personne présente, et de concéder le temps qui s'était écoulé. D'accepter également son propre jugement à son égard, qui était définitivement aux antipodes de ce qu'il avait pu être par le passé. De ce qu'il avait été pendant toute sa vie, jusqu'à ces derniers mois. Elle ne pouvait plus dire qu'elle le haïssait, qu'il la dégoûtait, comme elle ne pouvait nier que ç'avait été l'état de ses sentiments à son égard durant de nombreuses années. Elle ne pouvait lui être indifférente, car elle le voyait bien trop pour parvenir à établir le statu quo souhaité. Toutefois, Hermione butait sur la suite de ses pensées. L'œil perçant, la bouche charnue qui lui faisaient face la troublaient. L'esprit acide et presque pervers qu'elle savait se cacher derrière ne la heurtait pas. Les instants de grâce dans toute cette mascarade corporelle que s'imposait l'héritier Malefoy, ces instants volés à l'âge adulte, aux convenances, la fascinaient. Alors qu'en était-il de ses sentiments ? Elle l'ignorait. Elle savait qu'elle appréciait Malefoy, au-delà du sens commun, car il était somme toute une personne détestable. Mais de là à dire que… C'était ridicule, impensable. Invivable.
Hermione se redressa légèrement, décollant sa croupe de la rambarde, pour tenter de masquer les combats de pensées qui l'étourdissaient. Malefoy, pendant ce temps, n'avait dit mot. Tout comme la jeune femme, il l'avait observée, détaillée avec une impudeur scandaleuse, et pourtant… Elle s'était laissée faire. Lui aussi le constatait, comme il se rendait bien compte du trouble dans ces yeux profonds, de leur chaleur si opposée à son propre regard. Il remarquait aussi, encore et toujours, la folie de ces cheveux, vivants épis brûlés qui se mêlaient en un amas d'une harmonie surprenante. Toujours une mèche de cheveux pour venir caresser, comme une provocation, le front laiteux de la Granger. Sa Granger. Il discernait à présent l'étrange magie qui les liait. Pourquoi dès lors qu'il l'avait en son pouvoir, il répugnait à la laisser aller, et les surprenantes pointes de tendresse qu'il pouvait éprouver pour l'agaçante jeune femme... Elle lui était nécessaire. C'était étrange et jubilatoire, mais tout au long de la soirée, alors que tous deux marchaient de concert, et plus encore à la fin des festivités, quand sa petite main avait reposé sur son bras, il avait eu la curieuse impression que tous deux formaient un couple. Un couple de vainqueurs, glorieux et nobles, sûrs de leur fait. Il avait aimé la sentir se tenir à ses côtés, et le léger froncement de sourcils de Neil Dodge, qui avait sans doute lui aussi été frappé par leur alchimie. Cela lui avait fait plaisir, tant de troubler cet Américain prétentieux que de voir que son impression n'était pas que le fruit de son imagination. Il l'avait haïe, pourtant. Elle l'avait dégoûtée, et il savait avoir voulu sa mort. Avec violence. Ou peut-être était-ce la mort de ce qu'elle était… Car Hermione Granger en elle-même… Si l'envie de la tuer l'avait par le passé effleuré, l'idée de sa mort, l'image de son corps sans vie, lui était inconcevable. Hermione Granger ne pouvait pas mourir, car il ne le voulait pas. Il avait besoin d'elle, grâce à sa présence il parvenait à se sentir vivant. Toutefois ce n'était plus la haine du passé qui le vivifiait, car dès lors, il n'aurait jamais eu ces gestes pour elle… Dès lors, il n'aurait pas été attiré par elle, par ses mimiques grimaçantes et son esprit lumineux. Par sa lumière, qui le réchauffait. Qui parvenait à le faire alors qu'il savait bien qu'elle-même était en pleine détresse. Un Ange.
Mu par un élan, il lui saisit la main. Elle tressaillit légèrement, fronçant les sourcils.
.- Malefoy ?
Il lui sourit moqueusement, amusé par son retour aux attitudes habituelles. Ces choses-là étaient solidement ancrées. Il leva son index et le posa sur ses lèvres, renonçant presque à avancer les siennes, chose qui le démangeait depuis plusieurs heures, et lui fit signe de le suivre. La méfiance de la jeune femme ne sembla pas s'atténuer, mais elle se laissa faire quand il commença à gravir les marches de l'escalier. Dépassant l'étage où le dîner s'était déroulé, ils montèrent encore plus haut dans les escaliers faiblement éclairés. Le pied-à-terre londonien tenait plus de la maison que de l'appartement. Hermione regarda défiler les paliers, curieuse de savoir ce que recelait chacun d'entre eux. Elle sentait sa main glacée se réchauffer de la brûlure de celle de Malefoy. Enfin, ils arrivèrent à une sorte de grenier, aménagé comme un observatoire. Un immense dôme vitré servait de plafond, et plusieurs télescopes rutilants siégeaient silencieusement, complices des étoiles, en des points stratégiques. Deux tables de travail complétaient le mobilier, ainsi qu'une étagère chargée de volumes d'astronomie comme d'astrologie, encadrée de cartes du ciel placardées sur les murs sertis de boiserie. Au centre de la pièce, sous le milieu même du dôme, une sorte de large coussin de velours indigo était installé, permettant à qui voulait de noyer son regard dans les contrées célestes.
.- Un observatoire, ici ? Malefoy, ose donc me dire que tu parviens à voir quoi que ce soit au travers du ciel pollué de Londres.
.- Bien sûr que je l'ose, ma chère Granger, car rien n'est impossible à l'astronome sorcier, répondit complaisamment le blond, s'avançant pour nettoyer la lunette d'un de ses instruments.
.- Et pourquoi voulais-tu me montrer cela ? Pour me prouver la sensiblerie du serpent Malefoy, sa part d'homme torturé, fasciné par les grandeurs astrales ?
.- Tu m'as deviné, ironisa Malefoy en roulant des yeux.
Hermione s'avança, curieuse malgré elle. Elle n'avait été que deux fois dans sa vie dans des observatoires, la première étant petite dans le Canterbury moldu, accompagnée de ses parents, la seconde fois plus ou moins régulièrement lors des cours du professeur Sinistra à Poudlard. Les brefs cours de divination du professeur Trelawney l'avaient malheureusement détournée trop hâtivement des astres, mais elle avait gardé un certain intérêt pour les recherches scientifiques les concernant. Voir ici un observatoire privé, sans doute de bon niveau car elle savait que les Malefoy avaient toujours été versés dans l'étude de l'espace céleste, n'était pas sans l'intriguer.
.- Ceci n'est que l'extension d'un observatoire plus complet que je possède au manoir, mais c'est suffisant pour suivre l'évolution des étoiles quand le temps me le permet, commenta Malefoy en allant replier un de ses télescopes, qui semblait détraqué.
Hermione continua son exploration de la pièce, son regard accrochant les quelques cartes étalées sur les murs. Certaines semblaient anciennes, et l'évolution des traits et des tracés étaient parfois radicaux d'un feuillet à l'autre. Toutes semblaient manuscrites avec soin, et le blason des Malefoy en ornait le coin supérieur gauche. De toute évidence, cette pratique était institutionnelle dans la vieille famille. Son pied buta contre le mou du coussin qui trônait au milieu de l'espace, et elle se laissa tomber dessus. Prenant appui sur ses coudes, elle renversa la tête et leva les yeux vers la voûte. La vue sur les étoiles était imprenable, pourtant elle n'avait pas le souvenir que l'immeuble fut si haut que ça. Les lueurs de la capitale semblaient avoir disparu, et si elle n'avait pas été sorcière, Hermione aurait cru à une panne, ou encore au prodige. Bien au contraire, laissant sa magie la porter, elle se laissa charmer par le spectacle des lumières lointaines et tenta de repérer les constellations dont elle avait depuis longtemps abandonné l'étude.
.- Alors, pourquoi m'as-tu amenée ici ? souffla-t-elle évasivement, la fatigue qui la rompait érodant sa curiosité tenace.
.- Pour que tu aies plus de mal à repartir, s'amusa Malefoy qui, ayant fini son rangement, prit place à ses côtés.
.- Tu mens, fredonna la jeune femme, mutine.
.- Je n'oserais pas ! Je me doutais juste que tu aimerais, et puis…
La phrase resta en suspens. Hermione tourna un visage intrigué vers son vis-à-vis. Celui-ci semblait chercher ses mots. Il se frotta le dessus de la tête, ébouriffant ses mèches blondes, ne semblant pas trouver quoi répondre. Percutant son regard, il lui sourit, et haussa les épaules.
.- Je ne sais pas pourquoi je t'ai amenée ici Granger, ce n'est ni pour te remercier de ta collaboration parfaite de ce soir, ni pour discuter astronomie, ni par une quelconque bienveillance, parce que j'aurais deviné que ce lieu te plairait. Cela ne me ressemblerait pas, et je sais bien que ce n'est pas pour ça.
.- Alors pourquoi ?
Hermione écarta ses coudes et laissa doucement sa tête rebondir sur le velours indigo. Les étoiles au-dessus de sa tête semblaient doucement clignoter, comme porteuses de signes qu'elles auraient voulu lui transmettre. Si la jeune fille avait été plus versée en astrologie, peut-être y aurait-elle vu quelque chose. Pour autant, c'est le visage de Malefoy qu'elle vit du coin de l'œil, songeur.
.- Je crois que tu avais raison, je t'ai sans doute amenée ici pour te charmer, te garder.
.- Malefoy !
La jeune femme sentit son cœur vaciller, soudainement affolé. Elle aurait voulu se relever, mais son corps ne voulait pas lui obéir. A la place elle vit la main de Malefoy, hésitante, qui se rapprochait de son visage. Elle sentit ses doigts sur sa peau, alors qu'il lui soulevait avec délicatesse une mèche de cheveux, la laissant glisser sous ses doigts. Presque instinctivement, elle attrapa cette main dont elle pouvait sentir la douceur. Son regard se fixa dans celui de Malefoy, dans ces deux orbes lunaires qui, insensiblement, se rapprochèrent. Ce regard d'onde qui s'approcha tellement qu'il ne fut bientôt qu'à quelques pouces du chocolat brillant de celui d'Hermione. Le jeune homme s'était penché, aimanté par l'attrait de la jeune femme, de son obsession étendue presque lascivement sur ce matelas improvisé, baignée de la lueur des étoiles. Un Ange. Il pouvait sentir son souffle court. Elle se sentait fondre sous sa chaleur. Timidement, comme les lèvres rougissantes d'adolescents, les leurs s'effleurèrent, biaisèrent, s'effeuillèrent. En une caresse plus appuyée, prélude de délices, elles s'unirent avec douceur, loin de la passion primaire de leur première rencontre. Elles se bercèrent mutuellement, se recueillant sans fin du contact de l'autre, brûlantes de cet échange trop longtemps réprimé, réprimant plus encore l'envie qu'elles suscitaient pour retenir infiniment ces quelques secondes de plénitude. Quant enfin, cédant à l'envie, elles s'entrouvrirent, ce ne fut que pour mieux unir les deux ennemis, amants, tout statut ayant disparu. Drago se plaça plus au-dessus de la jeune femme, joignant ses mains aux siennes, savourant chaque nuance de ce que tous deux partageaient. Hermione, elle, transie de délectation, se laissait faire tout en menant la danse, victime comme coupable, mais pleinement vivante. Son cœur battait fort, mais elle pouvait sentir celui de Malefoy non loin du sien. Le froissement des tissus de leurs vêtements entre eux, lorsqu'ils s'enlacèrent plus étroitement, lui fit monter le rouge aux joues. Comme à une adolescente.
Drago promena ses doigts sur le visage d'Hermione, caressa sa nuque, son épaule sa hanche, s'enivrant de cette peau douce à l'odeur de lys. Il se sentait presque maladroit, lui qui pourtant n'avait jamais été pris au dépourvu dans ce genre de rapports, avait le sentiment de renaître, de revenir à ses débuts quand, impressionné par la femme qu'il sentait dans ses bras, il perdait toute assurance. Pourtant, à présent, il ne manquait pas d'assurance ni de moyens, seul ce sentiment de préciosité dominait, qui sublimait cet échange. Se détachant des lèvres de l'ancienne griffondor, de l'ennemie de toujours, il se redressa au-dessus d'elle, la contemplant. Le souffle légèrement court, les cheveux éparpillés et la robe désajustée, Hermione le fixait d'un regard fiévreux, charnel. Doucement, il descendit sa main, entourant les contours de son visage, retraçant sa bouche, redessinant la ligne de son cou jusqu'aux monts de sa poitrine. Hermione se tendit sous la caresse, frissonnante, elle ferma les yeux de plaisir. La sensation de cette main, sur elle, cette vie qui l'envahissait… Ses baisers, son souffle, son odeur qui l'enivrait… Qu'était-ce ? Verveine, elle en était presque sûre. Une odeur simple, fraîche et fière. Une odeur qu'elle sentit se rapprocher d'elle. Elle entrouvrit les paupières et recueillit le baiser que Malefoy lui offrait. Passant ses bras autour de son cou, elle se perdit dans la luxure du moment. Son cœur qui s'affolait tellement… Leur communion silencieuse ponctuée de l'halo de leurs soupirs… Les mains de Malefoy qui remontaient sa robe sur ses cuisses, sensuelles… Et la pensée des conséquences de leurs actes.
S'arrachant à son doux rêve, Hermione se dégagea brusquement de l'étreinte du blond. Lui tournant le dos, elle se releva, se réajustant, tentant de remettre de l'ordre dans sa coiffure qui témoignait déjà de leur échange passé.
.- Granger.. ?
Elle se retourna. Malefoy la fixait d'un air hébété, l'aspect tout aussi révélateur que le sien, l'air surpris. Peut-être un peu troublé. Elle lissa nerveusement les pans de sa robe de ses mains encore tremblantes, et se força à sourire.
.- Je pense que je ferais mieux de partir…
.- Granger, je…
.- On a arrêté à temps, hein ? Je me demande ce qui nous a pris.
.- Arrête, tu…
.- Bon, je pense que c'était le champagne, tout ça, parce que franchement… Nous deux ? C'est ridicule. Je ferais vraiment mieux d'y aller, je me suis trop éternisée.
Elle sourit nerveusement. Le champagne ? N'avait-elle pas pu inventer de meilleure excuse ? Contrairement au nouvel an, ni l'un ni l'autre n'avait de prétexte pour expliquer rationnellement ce qui s'était passé. Restait l'irrationnel. Son cœur continuait son galop enragé. Elle était plus que tentée de retourner dans les bras de l'homme le plus haïssable de sa connaissance, mais ce n'était pas très sérieux, n'est ce pas ? Elle recula vers la porte, levant vaguement la main en guise de salut. Se maudissant pour son attitude. Alors qu'elle se détournait pour s'en aller, une voix retentit dans son dos. Une voix rauque et chargée de frustration.
.- Tu trouves qu'on a arrêté à temps ? Moi j'aurais voulu continuer, Hermione.
Elle se raidit, ses reins se piquant de désir. Mais ne céda pas, et quitta d'un pas rapide la pièce, l'escalier et la demeure de son forfait.
oOo
(1) : Tu disais qu'il y avait un manque harcelant de sourires / De la tendresse en abondance dansait derrière ton dos / Mais ce n'était pas ce que tu désirais au fond de toi /Son cœur fragile tout entier désire, commence à réclamer / Et il t'adorait / Il serait fou de faire des projets avec elle.
Voilàà, j'espère que le (long) chapitre vous a plu ! :) Et que tout naturellement vous me ferez savoir vos impressions, si tant est que vous soyez arrivés jusqu'au bout ! Alors, que pensez vous de Neil ? De Monette en mode insultes ? De la lettre, qui explique certaines choses… Et surtout de la fin… =D
Bref, bref, je ne donne pas de date pour le prochain chapitre, je ne veux pas me mettre de pression de cette manière là, mais je vous promets de faire de mon mieux. J'espère que vous continuerez de lire, et d'apprécier à l'occasion !
En tout cas je le répète, n'hésitez pas à élaborer vos reviews… Je n'en serai que plus heureuse ! De gros bisous à tous/tes !
Olivia, alias Stellmaria
PS : et allez donc sur deezer(.)com écouter the Last Shadow Puppets ! Aah, je meurs et remeurs, ils sont géniaux ! Quant à l'extrait de chanson, il est certes au féminin, mais pourrait très bien s'appliquer à Drago. Après tout, n'est-il pas un « Black plant » ? ;)
