Adolescences tardives

Disclaimer: Tout à JKR, sauf les personnages sortis de mon imagination...

Pairing: HGDM, what else?

Yippeeeeeh, vous n'y croyiez plus, et pourtant… OUI, un nouveau chapitre ! C'est fou, incroyable, j'en doute moi-même.

Là, certains feront la remarque : « eh hoo, mais il est court là, ça ne va plus !!! ». Nan, m'sieurs-dames, il fait quinze pages. Et en fait, j'ai coupé le chapitre en question, sinon on était parti pour 30. Ce qui fait que la suite est presque prête (à remanier encore, je ne suis pas satisfaite), ce qui veut dire que vous ne l'attendrez pas trop, et que là, au lieu d'attendre (encore) pour un bloc trop gros par rapport aux autres chapitre, vous avez tout de même quinze pages. Tant mieux, ça coupait très bien là où je l'ai fait.

Enfin voilà. Oui, j'ai pris du retard. Aussi préciserais-je que pendant les vacances, première semaine, je suis partie en Pologne (là où il fait froid) et j'ai eu une grippe carabinée. Dois-je ajouter que je suis partie seule ? Logique, sinon, ça n'aurait pas été rigolo. Ensuite, j'ai révisé mon bac blanc. Ensuite, rentrée, et ai fait ledit Bac blanc. Et enfin cette semaine, j'ai fignolé le chapitre. Voilà donc. Certes, un mois d'absence, mais les meilleures raisons du monde ! ;)


Sinon, je veux vous remercier…. Merci Mercii MERCI pour vos reviews ! Wow, quelle avalanche, je ne pensais pas être autant entendue ! Je vous aime, je vous adule, et vous n'imaginez pas quel bonheur c'est pour moi de voir « review alert » dans mon mail et de lire que vous aimez, de voir ce que vous en pensez, de… De me dire qu'on lit ce que j'écris ! Et c'est formidable. Merci. :)

Et je tiens à dire, car on m'en a fait la remarque, que je ne réclame pas de reviews en faisant des reproches, et que je suis désolée que ça ait pu être perçu de cette façon. Je ne pensais pas m'être montrée insistante, et j'étais mal à l'aise de laisser cette note, mais je me suis dit « ce sont de grandes filles et de grands garçons, ils ne vont pas prendre mouche, ils se doutent bien que tu te donnes du mal et que en général, les auteurs aiment les reviews ». Apparemment, la remarque à été trop dure pour certains, mille excuses, je me censurerai à présent … xD


Enfin, deux dernière choses à ajouter :

!!! Tout d'abord, il m'apparaît de plus en plus clairement que je m'en sortirais mieux, au niveau du temps et tout, si j'avais un/une bêta lecteur/lectrice. La correction et les multiples relectures me prennent un temps fou !

Donc voilà, je lance un appel : si vous êtes vous-mêmes ou si vous connaissez un bon correcteur (si il/elle lit ma fic, ce n'en est que mieux !), envoyez moi un message via mon profile ! !!!

Pour finir, je voudrais juste faire de la pub pour une fiction que j'aime beaucoup, beaucoup, et qui vous plaira sans doute puisque vous êtes tous férus d'HGDM : allez donc lire Sang Pour Sang de Lil's M. La miss écrit extrêmement bien, et son histoire est vraiment chouette ! Cette fiction vaut vraiment le coup, elle est très bien menée, elle possède une tension sous-jacente absolument hallucinante, et c'est sans doute une de celles qui sort du lot parmi les romances entre nos deux personnages favoris en tant qu'adolescents ! Bref, n'hésitez pas ! :)

Et sur ce, bonne lecture à tous !

Réponses aux reviews anonymes:

Sandrine : Hey ! Merci beaucoup pour toutes tes reviews, c'est gentil d'avoir pris le temps de me laisser ton avis ! :) Je suis contente que tu aimes mon histoire, et mon intrigue ! Je suis plutôt ravie de soulever les questions, car je n'avais encore jamais essayé le genre de l'enquête, et franchement, je m'amuse bien. Et puis bien sûr, il y a les quelques histoires d'amour pour se faire plaisir … Surtout lorsqu'il s'agit d'Hermione et Drago ! J'espère que la suite te plaira !

MiladyMoOn : Ma p'tite Capuu.. ! Quel plaisir de lire ces quelques lignes, malgré ta bataille effrénée contre le système de reviews qui se borne à couper tes commentaires… Arf, c'est que je veux ton avis, à chaud, après lecture ! En tout cas je suis contente que tu aimes et… J'espère que la suite te plaira ! Gros Bisous la Belle ! Et moi aussi je me morfonds de nos gaufres… Vivement ta lettre !

Sarah : Coucou toi ! Arf, ce n'est pas grave de ne pas avoir reviewé au chap 19, puisque tu le fais ici ! Je suis contente que ça t'ait plu, et que tu me laisses un message, même si tu n'as pas beaucoup de temps ! Alors je suis soulagée de ne pas me faire lapider par le peu de Drago (ouuf), et je suis ravie de lire que tu as beaucoup aimé ! Peut-être devrai-je mettre plus souvent Pansy ! :p En tout cas, j'espère que la suite te plaira ! De gros Bisous

lou29 : Salut toi ! Mercii pour la review, toujours agréablement accueillie ! Oui, c'est sûr, l'affaire Lucius est sur le point de se révéler, encore quelques chapitres et… ;) Je n'en dis pas plus. Sinon, je suis contente que tu aies aimé le passage avec Pansy, je trouve agréable de pouvoir changer de point de vue, car rester tout le temps dans la tête de Monette, ce n'est pas facile non plus! Et j'aime bien Pansy aussi, et j'avais là une occasion de montrer un peu Théo. Pour la phrase qui te parait bizarre, non il ne manque pas de mot, mais c'est sûr que hors contexte, elle peut étonner. C'est juste que comme c'est un dialogue, Théodore ne reprécise pas ce qu'il a dit avant, c'est-à-dire que ça a un rapport avec « leur réputation et leur rang ». Mais c'est sûr qu'à présent ma phrase me semble boiteuse ! Enfin les petites romances, avec une pincée de Drago dans un ascenseur, et la fin du mariage Weasley. J'ai essayé d'y consacrer du temps, pour que ça soit vraisemblable et colle aux persos, mais je t'avoue que c'était un peu une corvée ! Lol. Bref, j'espère que la suite te plaira ! Bisous

Marie : Hey ! Ravie de voir une nouvelle revieweuse. :) Je suis contente que mon histoire te plaise, et merci de prendre le temps de commenter ! J'espère que tu aimeras la suite.

lily5910 : Ravie de voir une nouvelle revieweuse ! Mercii :) Ce n'est pas tant que je tienne à ce que mon « compteur augmente » (enfin si, un peu quand même), mais c'est juste que je constatais qu'entre les stats et les reviews, il y avait comme un fossé, et que je voulais rappeler aux lecteurs que s'ils prenaient le temps de suivre ma fic, l'appréciaient, un petit mot serait aimable ! Et tu as entendu mon appel ;) Alors je suis ravie de lire que tu aimes ma fic, et son intrigue, ma façon d'amener le couple entre Hermione et Drago (je vous fais un peu mariner, il faut dire). J'espère sincèrement que la suite de mon histoire te plaira ! Bonne lecture :)

mayrine : Hello ! Merci beaucoup pour ta review, elle me fait vraiment plaisir ! Je suis contente que tu aimes mon histoire, et que le parti pris de tenter de faire quelque chose des dix-neuf années de vide suggérées par JKR ne te rebute pas ! J'espère que tu aimeras la suite !

crayoline : Coucou : Merci d'avoir reviewé, je suis contente que tu aimes mon histoire ! Je suis heureuse de lire que tu la trouve réaliste, pas trop rose (j'ai veillé à ce que tout ne soit pas trop aisé… ;p). Apparemment, ma trame correspond à ta vision : moi aussi j'avais beaucoup de mal à imaginer cette « happy end » sirupeuse sur laquelle se finissait la saga de nos héros. En tout cas, j'espère que la suite te plaira tout autant !

Elisendre : Mercii pour la review ! Je suis contente que tu commentes que tu apprécies mon histoire, d'autant plus que tu dis qu'elle s'éloigne des clichés habituels (et là j'ai envie de sauter de joie en me disant « yeah, j'ai réussi ! » xD). J'espère que la suite te plaira !

liaco : Coucou, toi ! Mercii pour ta review, et pour ta ténacité pour lire mon chapitre ! Je suis contente que tu aies aimé mes introspections, et forcément, la fin du ménage Weasley fait plaisir (à toi comme à moi, j'en suis enfin débarrassée dans l'écriture ! ;p). Enfin, j'espère que tu aimeras la suite ! Bisous

Clem : Hullo ! Merci beaucoup pour la review, je suis enchantée de lire que tu aimes ma fic ! Wow, que de compliments ! Ne t'inquiète pas, la fic est loin d'être finie (et là je sens l'angoisse m'envahir en songeant à tout ce que je dois écrire, encore), mais je ne vais pas non plus en faire un roman-fleuve ! 30 chapitre tout au plus. Ça me semble être un bon score ;) En tout cas, tu auras bientôt toutes les réponses à tes questions, un peu de patience ! J'espère que ce chapitre te plaira ! Bonne lecture !


« Il n'y a que les esprits légers pour ne pas juger sur les apparences. Le vrai mystère du monde est le visible, et non l'invisible. »

[Oscar Wilde_ Extrait de Le Portrait de Dorian Gray]


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Chapitre XXI

// L'attente, la tension, le bonheur de savoir, enfin, et l'attente de nouveau ne sont que les obstacles auxquels chaque chevalier et dame doivent éprouver leur amour//

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Hermione était chez elle, à demi étendue sur le confortable canapé du salon dont les teintes ocre conféraient une agréable chaleur à la pièce, en accord avec le feu qui ne cessait de ronfler dans la cheminée. Rangés en petites piles de moleskine rouge, ses nombreux journaux l'entouraient comme une muraille. Certains étaient ouverts ou retournés de manière à ce qu'elle en retrouve rapidement les pages importantes, d'autres débordaient de marque-pages. Hermione ne s'était pas attendue à éprouver tant de plaisir à la redécouverte de son passé, des idées, opinions et émotions qui l'avaient traversée. Tout en cherchant la source de l'intuition qui la poussait à croire si ce n'était pas en l'innocence, tout du moins au fond de bonté et de grandeur qu'elle soupçonnait en Malefoy et qui ne cessait de la troubler, elle se redécouvrait et se retrouvait elle-même. Elle faisait face à ses fondamentaux, distinguait les évolutions en bien ou en mal qui avaient eu lieu en elle, et pour une fois se reconnaissait. Elle retrouvait la jeune fille qui si elle doutait, du moins ne doutait pas de sa vie entière, qui restait fidèle à ses idéaux, qui avait le courage de la franchise, cette Hermione Granger qu'elle aimait et qu'elle avait trop rapidement sacrifiée au cours des évènements. Elle l'avait lâchement laissée se faire emporter par le quotidien, l'indolence d'une vie qu'elle peinait à ébaucher et qui se remettait mal du deuil d'une existence passée. Hermione était reconnaissante de cette redécouverte, et peut-être la savourait-elle d'autant plus qu'elle était mêlée à la découverte non sans frissons et agitation de Drago Malefoy.

Elle avait dévoré de nombreux carnets, affrontant certaines pages aux écrits délavés, d'autres aux pages détachées qui avaient été fourrées à la hâte dans un autre carnet, se gorgeant de ce jeu de piste. La ténacité de la jeune femme avait outrepassé son écriture parfois malaisée, l'encre qui avait transpercé les pages, rendant parfois indéchiffrables les écrits qui suivaient. Elle semblait enfin toucher au but. Lentement, avec délectation, Hermione fit tourner entre ses doigts deux bouts de pages racornis et, plissant les yeux, se mordant les lèvres, elle s'enfonça un peu plus entre les coussins, bloquant son souffle avant de lire, le cœur battant, ce qu'elle soupçonnait déjà.

« … Lorsque nous sommes arrivés au manoir, Lucius Malefoy a demandé à Malefoy – fils – de confirmer nos identités, commençant par Harry, puis par moi. Naturellement, je pensais qu'il allait s'empresser d'acquiescer. Ç'aurait été dans la logique des choses. Mais non. Certes, le visage d'Harry était bien tuméfié. Mais moi, je veux dire, j'étais sale, pleine de boue, mais lui m'aurait sans aucun doute reconnue. Il s'acharne après tout tellement à me faire souffrir…

La jeune femme enroula une mèche de cheveux autour de son index, se retenant pour ne pas lire en diagonale, mais pour au contraire savourer chacun de ces mots, sentant intensément qu'elle touchait au but. Déjà des bribes de souvenirs émergeaient dans sa pensée confuse, et elle ne pouvait que se remémorer la singularité de ces terribles heures au manoir Malefoy.

J'ai donc voulu soutenir son regard, l'écraser de mon mépris, sachant que j'étais plus ou moins condamnée. Mais il s'est contenté de me regarder, je pouvais tout voir de ses yeux. J'aurai été incapable de regarder ailleurs, ils sont si captivants…

Hermione se permit un sourire amusé. Ce n'était pas faux, Malefoy savait déjà à l'époque se servir de la curieuse pâleur de son regard, qui pouvait mettre n'importe qui mal à l'aise, et ce autant à Poudlard pour terroriser les plus jeunes élèves que lorsqu'il cherchait à les irriter, les garçons et elle, en affichant clairement son dégoût et son mépris.

Et il a joué la carte de l'incertitude, arguant à son père qu'il n'était pas sûr que je sois... moi. En quelques sortes. Cela n'a pas pris longtemps, Bellatrix n'étant pas dupe, et je me suis vite retrouvée à la merci de sa baguette. Mais les coups de Doloris et autres maléfices sordides n'étaient pas si douloureux. J'ai crié, pour me donner contenance, et parce que réellement, ce n'était tout de même pas agréable - on s'évanouirait pour moins -, et j'ai quand même des séquelles mais je n'ai pas reconnu les symptômes de ces sorts…

C'était bien vrai, songea la jeune femme. Tout aussi cruellement douloureux qu'avaient pu être les sorts, ils n'avaient jamais atteint cette atroce intensité qui leur faisait mériter leur qualificatif d' « impardonnables ». Et tout aussi traumatisant qu'avait été pour elle l'épisode, elle ne se souvenait pas avoir été effleurée, ne serait-ce qu'un instant, par l'idée de sa mort.

Et… Oh, Merlin, c'est vraiment étrange ! Harry a embarqué la baguette de Malefoy dans notre fuite, et je me suis risquée à un sort révélant les derniers sorts lancés par celle-ci. Et j'ai découvert un sort de protection. Serait-ce donc lui qui m'a aidée, encore, alors que je subissais la fureur de sa tante ? Je ne veux pas avancer de conclusion, après tout c'est quand même très bizarre, et nous parlons de Malefoy ! Mais il me semblait intéressant de le noter… »

Hermione sentit ses lèvres s'étirer en un sourire de soulagement. C'était donc là, elle en était sûre, la source se son intuition. Malefoy l'avait sauvée, c'était presque indéniable, il avait tenté de la protéger, et alors même qu'il la détestait, il l'avait sauvé d'une mort qui aurait été plus que probable si l'on en jugeait par l'ardeur qu'avait mis sa tante à la torturer. Après tout, la séance de torture avait duré longtemps, et selon toute logique, d'après tout ce qu'elle pouvait savoir sur les effets des sorts utilisés, le temps qu'Harry et Ron arrivent pour la sauver, elle aurait du au moins être démente. Malefoy l'avait sauvée, il l'avait sauvée, alors même qu'aucune sympathie ne l'y poussait, au-delà même de la profonde discorde qui les séparait alors. Il n'était pas un meurtrier, il ne pouvait pas tuer. Qu'importait ce que lui avait dit Jenny, ce que tous pouvaient lui dire à propos des sangs purs ou des Malefoy en particulier, elle était presque convaincue que Malefoy n'était pas homme à passer à l'acte : il n'était pas un meurtrier. D'abord il n'avait pas tué Dumbledore, il ne l'avait pu, alors même qu'il mettait ainsi sa famille en péril, puis il l'avait sauvée, elle, d'une mort certaine. Il n'était pas un meurtrier. Au comble de la joie, Hermione dévora encore de nombreuses pages de ce carnet-là, qui avait depuis tant d'années renfermé une vérité qui aurait dû être mise à jour depuis longtemps. Tout du long, quelques autres réflexions que la jeune Hermione s'était faites à ce sujet vinrent la frapper et la conforter dans sa certitude :

« …Harry m'a confié ce que les Malefoy - enfin surtout Narcissa Malefoy - avaient fait pour lui. C'est très étrange, je ne sais qu'en penser. Cela m'a un peu chamboulée ... »

Encore un indice, encore quelque chose qui aurait dû lui rappeler cette incongruité de comportement de Malefoy...

« ... Et je me suis souvenue du détail que j'avais noté à propos de la baguette de Drago Malefoy, après notre détention et ma séance de torture dans son Manoir. Le sort de protection... ç'aurait pu être Harry qui me l'avait lancé, après avoir dérobé la baguette à la fouine, même si... Je lui ai demandé s'il m'avait jeté un sort et il m'a dit que non. Ce qui voudrait dire que c'est Malefoy qui l'a fait. C'est trop invraisemblable. Pourtant ce point me tracasse… »

Ça n'avait pas été Harry qui avait lancé le sort de protection avec la baguette du jeune Malefoy, et quand bien même ç'aurait été lui, il aurait été trop tard pour la jeune fille. C'était donc bel et bien Malefoy qui avait atténué le sort, l'avait entourée d'une protection telle qu'elle était sortie de l'épreuve sans trop de séquelles. C'était bien lui qui l'avait sauvée. Heureuse, le cœur apaisé et joyeux, Hermione ressentit soudain l'envie brûlante de voir le jeune homme. Deux jours ne s'étaient pas encore écoulés depuis qu'elle l'avait croisé dans l'ascenseur et lui avait à demi-mot donné des espoirs. Depuis qu'elle avait clairement mis les choses à plat avec Ron, brisant son cœur à lui et lacérant le sien par la même occasion. Deux jours de deuil, en quelque sorte, au cours desquels elle ne s'était pas sentie la force d'aller trouver Malefoy, bien que l'envie de le voir résonna en elle à chaque instant. Elle devait laisser passer les remous, observer ce temps mort par respect pour Ron, mais aussi pour apprendre à se mouvoir dans sa nouvelle vie, qui ne changeait en rien de l'ancienne, si ce n'était dans sa conception même. Elle avait parlé aux enfants, sans doute la famille avait été mise peu à peu au courant. Les choses se clarifiaient, et elle apprenait à aborder ce nouveau tournant, à tâtons certes, mais confiante, légèrement angoissé, mais pas apeurée.

Et à présent, elle voulait voir Malefoy. Ne pas le laisser attendre plus encore. Savoir ce qu'il désirait réellement. Voir s'ils concordaient. Satisfaire son désir d'entendre sa voix, d'être en sa présence. Prendre le risque d'être chamboulée, encore. Elle avait délicieusement envie de la voir. Sans plus tarder, Hermione lui envoya un hibou, une courte missive qui exprimait son désir de le rencontrer, de continuer sur les pas qu'ils avaient amorcés.

Un message lui revient en retour quelques heures plus tard. Il venait du secrétaire de Malefoy, à son bureau du Ministère. Le jeune délégué n'était pas là, il avait dû s'absenter pour une huitaine en outre-atlantique pour répondre aux transactions entre son pays et la fédération des États Américains. Toutefois, le secrétaire prenait note du message et le transmettrait à son patron dès son retour. Extrêmement déçue, Hermione ne put s'empêcher de se féliciter d'avoir rédigé sa lettre dans un style si allusif : au moins, nul ne saurait pourquoi Hermione Weasley-Granger, au seuil du divorce et grande ennemie de Drago Malefoy, voulait avec un tel empressement le rencontrer.

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Lettre de Neil Dodge à Astoria Malefoy-Greengrass

Auberge de la Toison d'Or, Stonehenge, le 7 février 2013

Astoria,

Je te prie de ne pas refuser de lire au moins ces quelques mots. Après ce bref message, sois rassurée, je ne t'importunerai plus. Je voulais juste m'assurer que j'avais tout tenté avant de tirer ma révérence. Point de sarcasme en ces mots, crois-le bien, je ne saurais être plus sincère. Je m'apprête à repartir pour l'Amérique, une fois que j'aurais fait mes adieux aux quelques connaissances agréables qui me restent en Angleterre – aussi étonnant que cela puisse paraître, j'en ai quelques-unes. Je ne pense pas revenir un jour en ce pays, où tant de joie et de douceur se sont vues succéder par tant d'amère désillusion et de douleur. Je n'espère pas te voir me regretter, tu as été bien catégorique avec moi, l'autre jour, quand bien même nous ne nous étions pas revus en presque dix ans. Te rends-tu seulement compte, t'ais-je seulement un peu manqué ? Ou n'éprouves-tu plus que dédain pour moi ?.. Ma douce Astoria, laisse-moi croire que non, laisse-moi espérer, de ce foutu espoir qui me fait respirer plus vite à chaque élément qui m'évoque ta personne. Tu me manques. Ma cousine me manque, mon amie également, ma confidente. Je n'ose rien attendre de plus que le plaisir de ta présence, mais même cela, tu sembles me le refuser. Je ne suis pas sans défauts, je peux même être détestable, pourtant une telle sévérité de ta part est-elle nécessaire ? Ce que j'ai fait est condamnable, pour autant, faut-il que je sois le seul à en porter le blâme ? Le temps apaise tout dit-on, mais rien ne semble être trop dur pour moi. Je ne suis pas le seul en cause Astoria, souviens-t'en. Ton mari même a semblé accepter que je te parle – certes, je l'y ai un peu poussé, mais qu'importe, il avait tout de même la possibilité de se défiler. Pourtant, toi, tu ne cèdes pas. Tu n'as pour moi que dédain. J'espère que tu n'auras pas à le regretter, car je m'en vais dans quelques jours. Si la moindre tendresse te revenait, n'hésite pas…

Je te souhaite tout le bonheur qui soit, personnel et familial. Toujours tien,

Neil.

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Jane Rosier jeta un coup d'œil à la montre qu'elle avait autour du poignet. Cinq minutes, encore. Elle se surprenait à attendre avec impatience l'arrivée de Willehm Ellery. Non seulement les résolutions dont lui avait fait part Hermione à propos de l'enquête l'enchantaient, mais elle appréciait également beaucoup la présence du jeune avocat. Brillant, mal assuré mais possédant une force intérieure qu'elle se plaisait à entrevoir. Remettant vaguement en place ses courts cheveux châtains, elle jeta un coup d'œil par-dessus son épaule, dans le miroir mural de ce couloir du Ministère. Elle n'était pas extraordinairement belle, mignonne, sans doute. Menue, elle avait de grands yeux clairs, oscillant entre le brun et le vert, dont le seul atout était d'être bordés de longs cils. Ses cheveux raides d'un châtain médian étaient coupés au-dessus des épaules, très simplement. Elle n'était pas d'une coquetterie particulière, bien qu'elle sut s'habiller avec goût. Aujourd'hui peut-être avait-elle fait plus attention à sa tenue. Des couleurs plus vives, qui attiraient l'œil, une teinte rosée sur ses lèvres pleines. Quelques détails plaisants qui lui donnaient le rose aux joues lorsqu'elle s'observait ainsi apprêtée. Pas que la chose la gênât, le fait est qu'elle s'amusait plutôt de se surprendre légèrement nerveuse. Sans être extravagante, elle n'était pas timide, refusant de s'encombrer de ridicules inhibitions. Elle se contentait juste de vivoter tant bien que mal, de tenter d'être la plus heureuse possible, chose qui pouvait sembler ordinaire mais pour laquelle elle se consacrait avec joie. Aussi attendait-elle Willehm, le cœur battant pour le plaisir de l'enquête et pour le sourire qu'elle savait que l'avocat lui réserverait.

Penser qu'elle se sentait charmée par Willehm Ellery n'était point un euphémisme, Jenny attendait avec délectation chacune de leurs rencontres. Sa conversation, son esprit, son attitude et sa présence tout entière l'enveloppaient d'une douce quiétude, d'une espèce de plénitude joyeuse. Elle n'en avait pas encore parlé avec Hermione, elle préférait se passer de tout jugement qui pourrait l'influencer et savourer cette agréable révolution dans ses sentiments. Elle n'avait que rarement été amoureuse, et s'était généralement précipitée dans des relations plus charnelles qu'autre chose, se contentant de saisir l'occasion, de consommer rapidement, de brûler sa jeunesse, de conjuguer son peu de temps disponible avec les nombreuses occasions qui s'offraient à elle. Pourtant là, elle acceptait et appréciait d'attendre, de laisser le temps faire mûrir les émotions qu'elle commençait à éprouver. Aussi, avec une pointe de culpabilité, se réjouissait-elle de ce qu'Hermione n'ait pas pu venir ce jour-là. Elle serait seule avec Willehm, chose qui ne pourrait qu'être intéressante.

Enfin, l'avocat finit par arriver. Deux plaques rouges ornaient ses joues pâles, il semblait s'être pressé. Il serra avec douceur la main de Jenny, s'excusant :

.- J'espère que je ne suis pas en retard, ces audiences prennent toujours un temps fou.

.- Non, vous êtes pile à l'heure, ne vous inquiétez pas. Vous vous êtes pressé ?

.- J'étais à l'autre bout du Ministère et mes clients m'ont retenu un moment. Enfin, je leur ai promis de les voir dès demain, aussi m'ont-ils lâché.

.- C'est une affaire difficile ?

.- Un peu. Mon client est assez jeune, il a abandonné ses études et est impliqué dans un trafic de sang de dragon, ce qui est un sujet délicat. Nous pensons plaider la pression psychologique que lui faisaient subir les membres du réseau, ils le tenaient plus ou moins à la gorge.

Wiilehm agita vaguement la main, signifiant que le sujet était clos. Il sourit gentiment à Jenny et jeta un coup d'œil dans le couloir. Ils étaient seuls.

.- Hermione a-t-elle laissé un message ?

.- Elle nous a souhaité bonne chance et s'est excusée de ne pouvoir être là alors que nous commençons l'action. Il faut dire qu'elle ne pouvait échapper aux assauts de sa famille…

.- Pas trop dur pour elle ?

.- Elle le vit bien. Donc, nous faisons ce qui était prévu ?

.- Infiltrer les archives du Ministre? C'est comme si c'était fait. C'est tout de même embêtant que je sois fiché, grommela Willehm en se grattant la tête.

.- Je ne le suis pas, et puis, je peux toujours prétexter être envoyée par la Howitt. Après tout, elle a poussé Hermione vers cette enquête. En tant que secrétaire, je suis insignifiante, mais le nom de ma patronne fait impression.

.- Il faudra faire attention aux sorts de surveillance, aussi. L'accès n'est pas si difficile tant qu'on a l'air de devoir être là. Par contre, s'ils ont le moindre soupçon…

.- Cela deviendra difficile.

Willehm et Jenny échangèrent un regard de connivence. Vérifiant encore une fois qu'il n'y avait personne dans les couloirs, la jeune fille agrippa le coude de son coéquipier et lui fit passer la porte des toilettes des femmes. Elle avait veillé à ce que personne n'y entre. Verrouillant la poignée, elle se tourna vers l'avocat et esquissa différentes courbes avec sa baguette, marmonnant des incantations entre ses dents. C'était le moment de vérifier si tous les livres qu'elle avait travaillés pour son examen d'entrée en internat de médicomagie lui avaient été utiles : en effet, la transfiguration faciale humaine de premier niveau était certes accessible à n'importe quel septième année, mais elle ne durait pas et était très facilement repérable et annulable. Au contraire, les sorts qu'elle avait lancés nécessitaient une grande maîtrise et concentration, en plus d'une quantité peu commune d'énergie. Ils offraient l'avantage d'être pratiquement indétectables, et leur durée pouvait être modulable. Quelques dix minutes s'écoulèrent avant que Jenny ne s'écarte enfin, livide et essoufflée. Passant une main sur son front humide, elle observa son travail. Face à elle se trouvait Willehm et son contraire. Son nez s'était allongé et son front dégarni, ses cheveux n'avaient pas changé de teinte mais de texture, ils étaient devenus secs et ébouriffés. Ses yeux, plus étroits, s'étaient rapprochés et enfin sa bouche s'était élargie, alors que ses lèvres s'affaissaient et que de légères ridules apparaissaient. La jeune femme était stupéfaite et ravie par ce résultat : l'avocat persécuté était méconnaissable. Rien ne le laissait soupçonner, et elle savait qu'elle pouvait être confiante quant à la durée du sort : ce serait elle et elle seule qui serait à même de l'ôter, ou sinon les médicomages de Sainte Mangouste, mais il y avait peu à parier qu'ils aient à leur rendre visite. Willehm s'observait lui-même d'un air étonné, il paraissait déstabilisé par sa propre image, dubitatif quant à ce que lui renvoyait le miroir. Enfin, il sourit à l'aspirante médicomage.

.- Bravo Jenny, c'est saisissant. Vous avez fait un travail remarquable.

.- Merci, souffla-t-elle. Je suppose que nous pouvons y aller ?

Le jeune homme acquiesça. Il laissa Jenny déverrouiller la porte et s'assurer que la voie était libre, puis ils sortirent des toilettes des femmes. Vingt minutes plus tard, ils arrivaient sans encombre au premier étage du Ministère de la Magie, l'étage du Ministre. Tentant d'avoir l'air calme et assuré, ils franchirent les portes de l'ascenseur, montrèrent leur pass, et s'avancèrent dans les couloirs richement décorés, où de nombreux sorciers s'affairaient. Ils avaient une autorisation signée au nom de Miranda Howitt. En cas de problème, Willehm devait prétendre être là pour surveiller la jeune secrétaire écervelée de la directrice du Département de Justice magique, car elle risquait d'être trop impressionnée par l'étage le plus important du Ministère. Tout le monde savait l'aversion qu'avait la grande Howitt pour les secrétaires, et pour une majorité de gens en général, et peu de personnes seraient étonnés d'une telle précaution. En cas de problème, ils pouvaient toujours se séparer.

Jenny observa les noms gravés sur les portes des bureaux défiler. Tous deux cherchaient avec l'air le plus décontracté qui soit une indication de l'endroit où pouvaient se trouver les archives les plus confidentielles, voir le bureau du vieux ministre. Ils savaient que la tâche ne serait pas aisée, mais il leur fallait bien commencer : ils n'avaient aucune idée de l'endroit où pouvaient être rangées ces données extrêmement importantes, suffisamment cruciales pour les cacher du public. Ils savaient qu'elles existaient, car si c'était bien une chose que tout sorcier faisait, c'était de consigner les écrits : de toute manière, toute chose ayant été rédigée dans le monde magique ne pouvait totalement être détruite, car les mots eux-mêmes possédaient une force qui les poussait à rejaillir. Plutôt que de les brûler et de prendre le risque de les laisser réapparaître entre de mauvaises mains, il valait mieux les cacher, tout sorcier savait cela. Aussi avaient-ils supposé qu'il serait bon de commencer par cet étage car il serait logique que le pouvoir gardât ce genre d'objet le plus près de l'endroit où lui-même siégeait.

Échangeant un regard complice, Jenny et Willehm s'éloignèrent l'un de l'autre pour inspecter les alentours. Innocente et candide, la jeune fille fureta discrètement, laissant traîner une oreille curieuse. Personne ne semblait faire attention à elle. Elle s'approcha de façon ingénue de la secrétaire principale de cet étage que trônait à une sorte de table ronde faisant office d'accueil, espérant pouvoir établir un contact complice de part leur fonction commune.

.- Bonjour, dit-elle, je suis envoyée par le Département de Justice. Pourriez-vous m'informer, s'il vous plait ?

L'autre secrétaire l'observa par-dessus ses lunettes rectangulaires. Ses cheveux blonds étaient ramenés en un chignon strict et elle était trop maquillée, pourtant le sourire qu'elle lui adressa fut aimable.

.- Vous êtes la secrétaire de Mrs Howitt ?

.- C'est cela.

.- Dure tâche, eh ? Je connais ça, mon patron à moi n'est pas très commode lui non plus. Je me demande comment sera le prochain, avec les élections qui approchent… babilla-t-elle, la bouche en cœur. Bien, que veut donc votre patronne ?

.- Elle a une demande assez spéciale à faire au Ministre. Elle voudrait consulter ses archives personnelles, pour vérifier un cas de législation très particulier… Je n'ai pas tout compris, mais bon, je ne suis que secrétaire hein ?

.- C'est sûr, ce n'est pas notre boulot de comprendre ce que trament ces grands, gloussa la blonde.

.- Tout à fait, renchérit Jenny avec un sourire jovial. Bon, le petit problème, c'est que j'ai totalement oublié de demander à Mrs. Howitt où se trouvaient ces archives, et… J'ai supposé que c'était ici, mais je ne trouve pas. Mais je me suis dit que vous, vous deviez certainement en savoir quelque chose.

.- Eh bien, se rengorgea la jeune femme, j'en ai quelque idée. Mais c'est étrange qu'Howitt ne vienne pas elle-même, car il faut demander directement au Ministre, et à vous, on vous fera des difficultés. En plus il faut chercher et tout, et bon, je doute que ce soit le boulot d'une secrétaire, souligna-t-elle, fronçant légèrement les sourcils en se rendant compte de la chose.

La châtaigne se crispa dans un sourire de convenance. Elle ne s'était pas attendue à ce que la secrétaire peinturlurée fasse preuve de discernement.

.- C'est bien ce que je me dis ! s'exclama Jenny, tentant de se rattraper. On me fait vraiment tout faire, c'est bien pratique, puisque je ne peux pas protester.

.- Arf, ma pauvre, compatit la secrétaire. Vous devriez dire à la Howitt que ce n'est pas possible. Entre les archives de cet étage, avec le Ministre qui vous surveillera avec des airs de Cerbère, et ceux du Département des Mystères…

Jenny tiqua. Comment n'y avait-elle pas pensé plus tôt ? Elle interrompit « Honey Tramp », ainsi que l'indiquait l'écriteau posé sur son bureau, et tenta d'en savoir plus.

.- Le Département des Mystères ?

.- Oui, mais oui, bien sûr, tous les documents confidentiels se trouvent là. Chez le Ministre, ce sont les documents en cours, encore confidentiels eux aussi.

.- Ce qui veut dire que tout ce qui est clos et ancien se trouve au Département des Mystères ? insista Jenny.

.- Bien entendu ! Mais je dois vous prévenir, il vous faut une autorisation spéciale, vous savez comment ils sont. C'est étrange qu'on vous ait envoyé comme ça, à l'improviste.

.- On me fait tout faire, je vous assure, ironisa Jenny. En tout cas merci pour toutes vos informations… Honey, vous m'offrez un sacré gain de temps. Vous êtes une secrétaire très efficace.

La-dite Honey Tramp battit des cils, et ses lèvres écarlates s'écartèrent en un sourire ravi.

.- Oh, merci beaucoup Miss, ce fut un plaisir. Bien du courage avec votre mission.

.- Merci.

Jenny s'éloigna sur un signe de main, jouant les bonnes amies avec son informatrice. Ses yeux cherchaient Willehm. Celui-ci l'observait de loin, alors qu'il paraissait consulter le tableau des rendez-vous dans la salle principale. Jenny lui fit signe de la rejoindre à la sortie. Ils montrèrent tous deux leur pass, et ne commencèrent à parler qu'une fois qu'ils furent isolés dans l'ascenseur.

.- Tout va bien Jenny ? Que vous a dit la secrétaire, et où va-t-on ? s'enquit Willehm, intrigué.

.- Honey, rit doucement la jeune femme, m'a rappelé ce qui aurait dû nous sembler évident. Le Département des Mystères. C'est là que se trouvent toutes les informations que nous recherchons, c'est logique.

.- Oh… Oui, terriblement, admit l'avocat avec dépit.

Ils laissèrent le silence flotter quelques instants, pendant que chacun considérait en son for intérieur cette nouvelle donne, tentant de concevoir un plan d'action.

.- Comment va-t-on entrer.. ? demanda Willehm.

.- Hermione y est déjà allée. Illégalement, bien sûr, mais c'est ce qui nous intéresse. Elle m'a raconté certains détails… tenta de se remémorer Jenny. Je crois me souvenir qu'elle m'a dit que le Département est relativement vide. Peu de gens y travaillent. Comme nous sommes en pleine journée, et il doit y avoir des contrôles, le mieux serait de s'y rendre de nuit. Elle m'a dit également qu'il était malaisé d'y entrer, et encore plus de s'y mouvoir sans se laisser piéger par les nombreux mystères qu'il contient, ce qui semble être prévisible.

.- Cela m'inquiète.

.- Cela m'excite, badina Jenny.

.- Allons-y de nuit, au moins. Demandons conseil à Hermione. Tout ceci ne me rassure pas, si nous nous faisons prendre…

.- De quoi avez-vous peur ? Nous sommes en mission pour la Howitt.

.- Jenny, j'ai vu de quoi ils sont capables à propos de cette affaire. Ne les laissons pas soupçonner que nous sommes sur le point de découvrir quelque chose.

La jeune femme souffla légèrement et regarda l'avocat. Celui-ci semblait réellement inquiet et préoccupé.

.- Soit. Comme ça je pourrais vous rendre votre visage... Écrivons à Hermione et allons-y ce soir.

.- C'est le mieux que nous puissions faire, approuva Willehm. Et…

Il s'approcha de Jenny et lui effleura l'épaule. Elle releva le regard, étonnée.

.- Qu'y a-t-il ?

.- Je n'aimerais vraiment pas qu'il vous arrive quelque chose, Jane.

oOo

Lettre de Willehm Ellery à Hermione Weasley-Granger.

Le Chaudron Baveur, Londres, le 8 février 2013

Hermione,

Jenny et moi sommes bien passés par les bureaux du ministre, et nous soupçonnons que les informations que nous recherchons se trouvent au Département des Mystères. Des conseils à nous donner à ce sujet, des instructions sur la manière de s'y rendre ? Nous projetons de tenter de nous y infiltrer cette nuit, vous joindrez-vous à nous ? Votre expérience nous serait sans le moindre doute profitable. J'espère que tout se passe bien pour vous. Bien à vous,

Willehm Ellery

Lettre d'Hermione Weasley-Granger à Willehm Ellery.

24 Churchill Road, Birmingham, le 8 février 2013

Willehm,

J'ai croisé Jenny plus tôt au Ministère, elle m'a détaillé notre affaire. Je serai des vôtres ce soir, ne vous inquiétez pas. Nous nous retrouverons à la cabine téléphonique qui mène les visiteurs au Ministère, vers 23 heures, disons. Je ne sais pas si ma lointaine connaissance des lieux nous sera d'une grande aide, mais j'ose l'espérer. Peut-être découvrirons nous enfin le fin mot de l'histoire, et cela me réjouit bien que j'en doute. Il nous faudrait surtout de la chance pour ne pas nous égarer sur de fausses pistes. Sur ce, je vous dis à ce soir.

Hermione

oOo

Hermione sentit son estomac se nouer étrangement en reconnaissant ce long couloir, sombre et vide, et la porte lisse et noire qu'elle pouvait apercevoir au bout. Elle déglutit avec difficulté, alors que quelques images lui revenaient: des portes, encore et encore, qui tournaient, la traque, les sorts qui fusaient rouges ... Verts. Et ce qu'elle pouvait savoir de la disparition de Sirius. Non, pas de sa disparition, de sa mort. Elle avait entraperçu l'arche. Un simple voile, c'était tellement ridicule. Elle le sentait bien, revenir en ces lieux n'était pas aussi aisé qu'elle l'avait pensé. Elle n'avait pas tellement grandi, semblait-il...

Respirant un grand coup, elle emboîta le pas à Jenny et Willehm qui l'avaient précédée dans le couloir. Le bruit des portes de l'ascenseur qui se fermaient avec un crissement métallique dans son dos la fit frissonner. Ce département et ses nombreux mystères impénétrables même pour les sorciers, aussi fascinant pouvait-il paraître, lui semblait à elle malsain. Pourtant, il n'y avait pas lieu de craindre quoique ce soit, elle n'avait pas à s'attendre à des mangemorts, à Voldemort. Non, tout cela était loin derrière elle. Loin, très loin. Le pire qui pouvait leur arriver était de se faire remarquer par la sécurité du Ministère. Mais il n'y avait pas de raison, non aucune. Ils pourraient surmonter cela, elle savait faire. Elle avait réussi à dupliquer la cape d'invisibilité d'Harry, quoique pour un temps limité car cet objet contenait une magie difficilement renouvelable. Elle était passée voir les Potter en début de soirée, et était parvenue à obtenir l'objet en question sans trop de difficultés. Chose qui était étonnante, car Harry ne l'avait guère questionnée. Comme s'il savait, et qu'il la laissait faire. Pourtant, il n'y avait pas la moindre raison d'imaginer qu'il ait pu deviner quoi que ce soit. N'est-ce pas?

Devant elle, Willehm et Jenny avançaient en regardant autour d'eux avec curiosité. Une fois arrivés devant la petite porte noire, ils jetèrent un coup d'oeil interrogateur vers Hermione. Celle-ci se contenta de plaquer sa main contre le panneau de bois, prenant soin de fermer son esprit. Elle savait que la simple garantie qu'elle soit une sorcière lui suffisait pour entrer. Pour autant, elle ne voulait pas que la porte enregistre son identité, aussi utilisait-elle les quelques notions d'occlumencie qu'elle avait pris soin d'apprendre quelques années plus tôt. Ce serait embêtant pour la suite de leurs recherches si le système de sécurité magique la fichait. Vingt années plus tôt, elle et ses acolytes n'en avaient rien su, mais ç'avait sans doute été un avantage pour que l'Ordre les localise et vole à leur secours. Cette mesure de sécurité qui incitait l'intrus à baisser sa garde et à se sentir en confiance était redoutablement efficace sitôt qu'un nom fiché était reconnu.

Ils pénétrèrent dans la salle centrale du Département, la pièce circulaire aux multiples portes, certaines connues, d'autres inexplorées, qui menaient aux autres salles de l'étage. Elle serait incapable de les reconnaître, et puis de toute façon, elle savait très bien que c'était peine perdue, puisque les murs allaient tourner sitôt que la porte qui donnait vers le couloir serait refermée. Elle retint celle-ci pour que ses amis puissent entrer, regardant avec appréhension la cage d'escalier. Elle espérait qu'ils pourraient sortir sans trop de peine. Alors que le battant claquait contre la pierre, comme prévu les murs arrondis se mirent à tourner à toute vitesse, provocant un vacarme de rocaille. Bientôt on ne put plus distinguer aucune porte. Hermione observa Jenny se rapprocher instinctivement de Willehm, l'air clairement inquiète. Puis, tout aussi soudainement, les murs s'immobilisèrent. Jenny tourna la tête vers son amie.

.- C'était quoi, ça?

.- Rien, c'est normal. Ils brouillent les pistes, pour que des intrus peinent à retrouver la sortie. En plus, tu ne peux ouvrir qu'une porte à la fois, et à chaque fois que tu la refermes, ça tourne, expliqua calmement Hermione, tentant de dédramatiser la chose.

Les yeux olivâtres de Jenny s'agrandirent de stupeur.

.- Et comment sommes-nous supposés sortir, au juste? protesta-t-elle, lançant un regard alarmé vers Willehm. Pas que je doute de toi Monette, mais tu as omis ce détail.

.- Rien de bien grave, éluda la susnommée. Je pense qu'on devrait s'en sortir avec un sort de localisation. Basique et simple, je le conçois, et il faudra s'y mettre tous les trois pour combattre la magie de cette salle. Mais j'ai de bonnes raisons de croire que ça devrait suffire.

.- Et si ça ne marche pas? releva Ellery, incertain.

.- Ça marchera. J'ai déjà vu la carte ministérielle d'un Langue-de-plomb. Ils l'utilisent pour entrer et sortir du Département. Je suis presque sûre que le système repose sur un concentré d'une "Incantation de la Boussole". Des ennemis pourraient au contraire s'évertuer à invoquer des sorts pour débloquer les portes ou empêcher les murs de bouger, alors que les Langue-de-plomb utilisent un sort qui n'agit pas directement sur la salle. Plus simple, plus efficace et plus pratique, détailla calmement Hermione, un léger sourire aux lèvres.

Cela avait du bon de traîner parfois au quartier général des aurors. Jenny éclata d'un rire joyeux qui alla résonner contre les hautes pierres grisâtres.

.- Miss Je-sais-tout, hein Monette? Pourquoi ça ne m'étonne presque plus..?

.- Héhé.. ricana Hermione, tu crois vraiment que je serais retournée dans cet endroit sans avoir pris toutes les précautions?

.- Mmh, un point pour toi.

.- En tout cas, je vois que votre intelligence n'est pas que le fruit de l'admiration, renchérit Ellery. Je me demande pourquoi vous-même vous n'avez pas fini chercheuse.

Hermione laissa ses lèvres s'écarter un peu plus. Elle ne pouvait guère le nier, elle prenait plaisir à cette diversion faite d'agréables compliments. Cela la distrayait tout en lui réchauffant de concert les joues et le coeur. Elle n'était pas peu fière de sa découverte, dont elle avait émis l'hypothèse voilà des années alors qu'elle passait la majeure partie de son temps avec les aurors. Elle n'avait pas cru que cela lui servirait... Par mesure de précaution, elle avait pris dans la vieille besace de cuir qu'elle portait en bandoulière quelques fioles de potion énergisante, car obtenir un sort de Boussole concentré et puissant ne serait pas aisé. La jeune femme détacha sa cape d'invisibilité de ses épaules, et la rangea dans sa besace, alors que ses compagnons l'imitaient. Elle regarda autour d'elle. Les portes étaient fondamentalement identiques, et la forme ronde da la salle faisait perdre tout repère. C'en était déroutant. Résolument, elle se tourna vers la porte la plus proche et en tourna la poignée. Jenny et Willehm s'approchèrent d'elle, et le jeune homme, d'un signe déterminé, montra qu'il voulait les précéder dans la pièce. Hermione fut tentée de répondre que de toute façon, elle risquait de mieux les défendre que lui, mais elle avait le sentiment confus que ce geste de galanterie était en partie adressé à son amie. Et puis, ce n'était pas comme s'ils risquaient de rencontrer des monstres sanguinaires, non? Quoique, elle ne pouvait pas prétendre connaître toutes les salles du département, seulement un petit nombre.

Ils pénétrèrent dans un mince couloir baigné d'une lumière bleutée. Un faible bruit cristallin semblait remplir l'air. Ils avancèrent à pas prudents et arrivèrent dans une salle aussi splendide qu'étrange. Hermione la reconnut immédiatement alors qu'un vague sentiment de trouble s'emparait d'elle. Des astres par milliers, millions, emplissaient la pièce dont on ne voyait ni le sommet ni le côté opposé. Les étoiles et les planètes bruissaient doucement et il semblait que les sonorités cristallines qui résonnaient dans leurs oreilles provenaient d'eux. Ils projetaient également un éclat diffus, plus ou moins fort, de façon continuelle ou non. Étrange et envoûtante, cette salle était un mystère en elle-même.

.- La salle des planètes, chuchota Hermione. Même Luna trouvait que c'était un drôle d'endroit. Je ne pense pas qu'on y trouvera grand chose.

.- Pourquoi est-ce que j'ai l'impression de flotter, demanda Jenny, l'air abasourdi.

.- Une sorte de brouillard anti-gravité? hasarda Willehm.

.- Je le pense. Quelque chose du genre, tout du moins.

.- C'est sublime, lâcha le jeune homme.

Tous trois peinaient à détacher leur regard, alors qu'ils s'avançaient de quelques pas dans la pièce et qu'ils observaient planètes et comètes graviter au-dessus et autour d'eux. Hermione plissa les yeux. Dans l'obscurité presque totale, elle peinait à voir, mais devinait à intervalles égaux de petites portes de bois qui devaient donner vers les salles adjacentes. Willehm suivit son regard et, haussant les épaules, s'arracha à sa contemplation et marcha vers une des portes, sur leur droite. Après tout, il ne servait à rien de tergiverser puisqu'ils n'avaient aucune idée du chemin à suivre et du lieu où des archives pourraient être mises. Il tourna la poignée, mais la porte refusa de s'ouvrir. Voyant qu'elle résistait alors qu'il essayait plus fort, il sortit sa baguette et lança un Alohomora. Le sort sembla aspiré par l'air ambiant. Il regarda vers les deux jeunes femmes, l'air dépité.

.- Ça a absorbé mon sort, grogna-t-il. Cet endroit est vraiment saturé par la magie.

.- Je me demande ce qu'il y a dans cette salle, avança Jenny. Peut-être qu'il y a d'autres entrées? Si c'était les archives secrètes...

.- Une chance sur douze que ce soit la bonne porte, ajouta Hermione. Il y a douze portes dans la salle circulaire. Mais bon, je ne suis pas sûre qu'il n'y ait pas d'autres portes cachées. Je connais au moins... six salles. Et je sais qu'il y en a une septième, qui est scellée, ça pourrait être celle-ci.

.- Et qu'est-ce que c'est, comme salle? demanda son amie. Une salle du temps, puisque de toute évidence, cette salle est une salle de l'espace.

.- Il y a une salle du temps, admit Hermione, mais la salle scellée est celle de l'Amour.

.- De l'Amour? s'étonna Willehm.

.- Oui. La plus grande magie qui soit nous a dit Dumbledore. C'est cette force qui a sauvé Harry, après tout. Aucun sort ne peut ouvrir cette salle, à ce que j'en sais. Je serais curieuse d'y entrer, mais elle ne nous intéresse pas pour nos recherches. Peut-être cette porte est une des celles qui y mènent ?..

Les trois compagnons restèrent silencieux quelques instants, puis Willehm partit vers un autre mur, et tenta d'ouvrir une seconde porte, gageant qu'il ne retomberait plus sur la salle de l'Amour. Et de fait, la porte s'ouvrit sans problèmes. Il y pénétra, et après avoir échangé un regard, Jenny et Hermione le suivirent. La jeune femme entra la dernière et le temps que ses yeux s'accommodent à la nouvelle lumière, elle aussi faible mais d'un blanc cru, elle se sentit prise d'un haut le corps. Plus loin, lui tournant le dos, ses deux amis avançaient, inconscients de son malaise. Ils marchaient sur de hauts gradins de pierre brute, longeant les vieux murs de la pièce, qui était rectangulaire. Hermione sentit la tête lui tourner, elle s'approcha, sentant ses jambes devenir flageolantes. Elle sentait des larmes lui venir, une nausée la prenait et elle peinait à respirer. Ses yeux étaient fixés vers le centre de la pièce. Elle s'assit avec maladresse sur la dure pierre. Willehm et Jenny se tournèrent alors vers elle, surpris puis inquiets. Elle était livide. Ses yeux semblaient s'être figés. Enfin, comme si elle avait été présente et non pas inconsciente comme ç'avait été le cas, elle contemplait cette arche en ruine, à moitié écroulée. Cette arche qu'on aurait dû raser, songea-t-elle amèrement. Ses yeux restaient captivés par le doux balancement d'un voile lacéré au centre de cette arche, voletant alors même qu'il n'y avait pas de vent. Elle ne pouvait détacher son regard de ce balancement ironique, qui laissait entendre de faibles murmures.

.- Hermione?

La voix de Jenny était un peu aigue, effrayée par l'apathie de son amie.

.- C'est la Salle de la Mort.

.- Oh...

Jenny marcha rapidement vers elle et la prit dans ses bras. Willehm, incertain, s'approcha lui aussi. Parvenant à esquisser un maigre sourire, Hermione s'écarta de Jenny.

.- C'est bon, ça va aller. Juste... Le choc, mas ça ira.

.- C'est là que...

.- Oui.

Hermione laissa son regard se perdre dans l'ondoiement narquois du voile, dans l'exécrable apparence de cirque d'exécution romain qu'avait cette pièce. Elle regarda ses amis.

.- Allons-y. Cela ne sert à rien de rester, rien de ce qui nous intéresse n'est ici, souffla-t-elle d'un voix dure.

Elle croisa soudain le regard bleu délavé d'Ellery. Il avait les sourcils foncés. De toute évidence, il ne comprenait pas. Il reporta son attention vers l'arcade, et alors, son regard s'agrandit. Il se retourna vers la jeune femme et attrapa fermement son avant-bras. Il avait l'air de vouloir lui dire quelque chose. Mais alors Jenny qui s'était éloignée les appela. Elle avait trouvé une nouvelle porte. Celle-ci céda sans problèmes sous sa poigne, et leur faisant un geste pour les enjoindre à la suivre, elle entra. Hermione jeta un regard vers Ellery, dubitative.

.- Quoi?

.- Black... Il est passé dans l'arche.

.- Il est mort, et oui, il est tombé au travers du voile, répondit un peu trop froidement Hermione.

.- J'ai dû travailler sur son cas, pour valider mon diplôme d'avocat. Juridiquement, il restera un cas de jurisprudence. Toutefois, le... Le fait qu'il soit passé par l'arche, bien qu'on ne sache pas exactement quelles sont ses fonctions... Empêche magiquement parlant son amendement. Techniquement, il est innocent, ainsi que sur les papiers, mais les registres magiques garderont à jamais son statut de... de coupable.

.- Qu...

.- C'est l'arche, la coupa-t-il, l'air ennuyé. Elle b... bloque tout changement, c'est comme une malédiction. On ne sait pas ce qu'il y a derrière, mais on a constaté qu'il était impossible de changer le statut magique de quiconque y passe. Comme le statut de Black, qui est figé.

Hermione resta muette. Willehm avait l'air extrêmement gêné. Son balbutiement en témoignait. Il avait l'air sincèrement affligé, embarrassé d'être porteur d'une si triste nouvelle. Ses yeux pâles étaient voilés. La jeune femme n'était pas sûre d'avoir voulu savoir ça. Elle qui croyait que Sirius était enfin blanchi. Harry qui croyait... Sirius avait dû être maudit, trois fois maudit. Black, la mauvaise étoile, la sombre augure. Elle s'apprêtait à remercier malgré tout Willehm pour son honnêteté lorsqu'ils entendirent un hurlement strident. C'était la voix de Jenny.

Réagissant au quart de tour, ils se ruèrent vers la porte, restée entrouverte. Ellery prit rapidement de l'avance sur elle et la dépassa. Quand Hermione débarqua dans la pièce, elle la reconnut sans mal et son coeur manqua un battement, lui donnant l'impression de manquer d'air. Son amie semblait entravée, ligotée de rubans blancs humides, alors qu'à proximité d'elle un bassin bouillonnait et laissait apercevoir des masses blanchâtres. La salle des cerveaux. Salle ô combien dangereuse...

oOo

End. ;)

Comme je vous l'avais dit, c'est plus court. Pour vous faire mariner, un petit suspense… Héhé.

Certes, pas de Drago (enfin, Hermione a finalement sa révélation !), mais un chapitre la semaine prochaine, au plus tard dans dix jours, promiiis !

Le temps que je remanie ce qui devait être la suite, mais qui a fini par être tellement long que… Bref, au moins y a-t-il de l'enquête, ze return au Département des mystères (je remercie le site EHP que je suis allée consulter pour ne pas raconter n'importe quoi), mais aussi le retour de la jolie Jenny, qui commençait à vous manquer (d'après vos reviews) !

Voilà voilà, espère que vous avez aimé ! Et comme d'habitude, serrez donc la pince à Mister Go… Si si, il vous manque, je vous assuuuure !

(Eh ho, faut me croire ;p)

Bisous à toutes et à tous !

Olivia, alias Stellmaria