Adolescences tardives
Disclaimer: Tout à JKR, sauf les personnages sortis de mon imagination...
Pairing: HGDM, what else?
Voicii, avec un léger retard, le chapitre XII promis !
Je sais, j'avais dit tout au plus dix jours d'attente, ça a été quinze, je suis confuse. Pas le temps, pas l'occasion de pianoter souvent sur mon ordinateur, malheureusement, et je néglige en ce moment même du boulot (philosophie, anglais, histoire-géo… On veut ma mort) pour un dernière relecture et mise en page du chapitre, avant de l'envoyer !
Heureusement que j'ai à présent une bêta lectrice, Queenz, qui m'a allégé la tâche, mais j'ai toujours cette manie de me relire une dernière fois, de changer des détails insignifiants mais sans lesquels je reste insatisfaite !
J'espère que le chapitre vous plaira, j'y ai mis beaucoup de cœur et de temps, je crois pouvoir dire qu'il est décisif ! On se revoit en bas, naturellement…
Bonne lecture !
Ps : La chanson mise en extrait… Écoutez-là, vraiment, elle est sublime :)
Réponses aux reviews anonymes:
Liaco : Coucou toi ! Je suis ravie que tu aies aimé mon chapitre, qui a certes beaucoup tardé ! Je me doute bien que Drago t'a manqué, mais ne t'inquiète pas, tu devrais être satisfaite pendant ce chapitre… En tout cas, j'espère que ça te plaira (département des mystères&co ;p) Gros Bisous
Lou29 : Helloo ! Merci pour la review, je suis contente que malgré la « petite » taille du chapitre, tu l'aies apprécié. Eeh oui, Hermione comprend enfin pourquoi elle a ce bon pressentiment à propos de Malefoy, et de fait, leur rencontre va être pour le moins mouvementée ! Mais je n'en dis pas plus … ;) Pour le Département des Mystères, je me suis fait plaisir : j'avais envie d'action, il y avait un mystère à résoudre… CQFD. ^^ Sinon, je suis bien contente de lire que je t'ai fait rire avec ma secrétaire écervelée… Il faut de l'humour avant de passer à l'angoisse ! Et de fait, pourquoi se priver de faire durer le suspense ? (Bon, c'était aussi le meilleur endroit pour couper un chapitre définitivement trop long). Pour la relation Jenny/Willehm, elle sera surtout en fond, mais je t'avoue qu'un peu de romance facile est agréable. Et Willehm méritait d'être heureux. Enfin, je suis touchée par ton compliment concernant le Département des Mystères. Je ne m'en souvenais que vaguement, mais l'endroit m'avait marquée, aussi je suis allée à la pêche aux renseignements, et j'ai surtout eu la chance de tomber sur un plan du Département, ce qui me facilite la tache ! En tout cas, j'espère que la suite te plaira tout autant ! Bisous
Juliette : Coucou toi ! :) Merci pour ta review, j'ai été ravie de la lire (je l'attendais un peu pour tout t'avouer). J'espère que ton bac blanc s'est bien passé, c'est pas évident d'enchaîner les épreuves :s En ce qui concerne « ne peut-on désirer qu'être heureux », essaye de partir sur « qu'est-ce qu'être heureux ? », ça risque de t'occuper ;). Bon, je réponds à présent à la review : oui, un peu de fleur bleue entre Jenny et Willehm, un peu de tendresse sans prise de tête qui détend des autres Drago ou Hermione. Ça ne restera qu'une romance de fond, mais ça me plaisait de l'introduire (comme d'offrir à Willehm la perspective d'être heureux). En effet, le couple Weasley est enterré (bon, tout n'est pas si joyeux non plus, mais au moins ça c'est fait). Je suis contente que tu aies aimé la réaction de Ron, je trouvais qu'il méritait plus que le rôle d'imbécile obtus qui lui est dévolu dans pas mal d'histoires. Quant à Neil… Je peux juste te dire que Oui, il sait des choses. D'où son éloignement, et la rancœur avec laquelle il est accueilli. En tout cas merci encore pour la review, et j'espère que le chapitre qui vient te plaira ! Gros bisous
Clem : Mercii pour la review ! Et oui, j'ai un peu coupé au moment fatidique ! ;) Enfin, je suppose que tu ne seras que plus heureuse de lire la suite :) Pour la romance, je crois pouvoir dire que tu vas être servie, quand à l'histoire secrète des Malefoy, elle sera un peu moins présente dans ce chapitre, mais reprendra dès le prochain ! Voilà, j'espère que la suite te plaira ! Bisous
CDAL : Haa, mercii pour la review ! Je suis contente que tu aimes mon histoire ! J'avoue que la vision du couple « Happy ever after » n'est pas trop mon truc, surtout que je n'ai pas eu l'impression de déceler une quelconque alchimie entre Ron et Hermione. Et puis Astoria qu'on ne rencontre qu'à l'épilogue me rend dubitative… Quoi que ça me permette de la voir à ma manière (je m'y suis même attachée, c'est dire !). De plus, le fait que les personnages n'aient pas vraiment eu l'occasion de vivre complètement leur adolescence m'a pas mal inspirée… Tout en essayant de respecter les caractères, bien entendu ! Bref, j'espère que tu aimeras la suite !
Natom : Hey ! Merci beaucoup pour la review, je suis ravie que tu aimes mon histoire et que ça ait occupé ton week-end (quoi que point trop n'en faut !). Tous tes compliments sont supers agréables à lire, et ne t'inquiète pas, je ne compte pas abandonner cette fic : c'est mon bébé, et je la finirai ! Bref, j'espère vraiment qua la suite te plaira ! Bonne lecture :)
"What if you / Could wish me away
What if you / Spoke those words today
I wonder if you'd miss me / When I'm gone
It's come to this, release me / I'll leave before the dawn
But for tonight / I'll stay here with you
Yes, for tonight / I'll lay here with you
But when the sun / Hits your eyes
Through your window / There'll be nothing you can do
[…]
I might not be leaving / Oh so soon
Began the night believing / I loved you in the moonlight"
[Joshua Radin _ What if you]
oOo
Chapitre XXII
// La vie est une valse, rapide et permanente, pleine de faux pas et d'envolées merveilleuses. //
oOo
Jenny, qui était entrée seule, s'était aventurée trop près du réservoir, dangereusement près. Des rubans de pensées surgissaient du bassin et l'entouraient de toutes parts alors qu'elle tentait de s'échapper, poussant des hurlements. Les souples lacets blanchâtres fendaient l'air avec fureur, prévenant toute tentative de fuite. Face à elle, essayant de lutter contre cette puissance malveillante, Willehm avait sorti sa baguette. Cependant il ne semblait en sortir que de faibles crépitements. Alors que les rubans commençaient à s'enrouler autour de Jenny et de l'agripper toujours plus fort, Willehm se retourna vers Hermione avec une mine désemparée. La jeune femme s'était comme statufiée dans l'entrée, livide.
.- Hermione..? Hermione!
La jeune femme sembla enfin réagir. Elle le rejoignit en titubant, ne pouvant détacher son regard du spectacle que lui offrait son amie.
.- Qu'est-ce que c'est? Vous étiez déjà entrée ici, non? Qu'est-ce que c'est que ces choses? Hermione?
.- Je.. C'est...
Elle n'arrivait pas à faire de l'ordre dans ses pensées.
.- Hermione, par Merlin, réagissez. Je n'arrive à rien avec ma baguette! Ces choses sont sûrement dangereuses pour Jane! Réagissez, bon sang.
.- Je... Je ne sais pas! protesta Hermine, la voix stridente. Je... C'est la salle des cerveaux, c'est ça. La salle des...
.- Cerveaux, oui, j'ai compris. Comment fait-on pour la sortir de là?!
.- Je...
Un hurlement de Jenny les interrompit. Elle était dangereusement proche du bassin. Les tentacules de pensées la maintenaient fermement. Hermione tenta de s'approcher, suivie de près par Ellery. Elle pouvait voir à quel point le jeune homme était terrifié, non pas pour lui-même, mais pour son amie. Il n'hésitait pas à risquer d'être lui aussi entravé par les rubans que déroulaient les cerveaux, ne supportant pas l'idée de se tenir à l'écart alors que Jenny se débattait, seule. La future médicomage croisa le regard concerné d'Hermione, et tenta de la calmer, alors que c'était elle-même qui était en danger.
.- Hermione, écoute-moi. Tu es brillante, tu es intelligente, tu as lu plus de livres que Willehm et moi réunis, et pourtant nous ne sommes pas du genre à paresser. Tu dois savoir quelque chose là-dessus, non?
.- Je... Je ne sais plus, je ne...
.- Hermione, calme-toi, ok? Tu vas trouver, je le sais.
La voix de Jenny tremblait un peu, elle semblait tenter de se convaincre elle-même de la véracité de ses dires. Willehm essayait de repousser les assauts de quelques rubans, qui commençaient à s'en prendre à lui. Soudain, il glissa sur le liquide verdâtre qui avait débordé du long bassin rectangulaire, et fut à son tour ligoté par les pensées des cerveaux. Il se mit à se débattre comme un beau diable, mais les liens semblaient se resserrer d'autant plus. Hermione agrippait nerveusement sa baguette, son cerveau à elle tentant de trouver une solution. La mine de Jenny devenait clairement angoissée, alors qu'elle était toujours plus proche du bassin. Hermione eut alors une impression de déjà-vu... De pareilles entraves...
.- Le Filet du Diable, dit-elle distinctement.
.- Pardon? s'étonna Jenny. On n'est pas en botanique là, et je ne pense pas que c'est le moment de préparer une potion...
.- Non, ce n'est pas ça. Ils agissent comme le Filet du Diable. En première année, Harry, Ron et moi, on avait été coincés dans une de ces plantes.
.- Tu... Quoi? hoqueta son amie.
.- Ellery, calmez-vous. Par pitié, cessez de vous agiter!
Hermione se rapprocha le plus qu'elle put et croisa le regard terrorisé de l'avocat. On ne voyait plus que le haut de son visage, alors que Jenny était elle bien moins étroitement ligotée.
.- Calmez-vous Willehm, Laissez faire. Plus vous vous débattrez, plus fort vous serez enserré.
Le jeune homme cessa à contrecœur de se défendre, et bientôt, en effet, il put respirer plus librement. Pourtant, Jenny et lui étaient toujours aussi entravés, et ils s'approchaient inexorablement de l'eau verte du bassin et des cerveaux blanchâtres et nacrés qui y paressaient mollement, semblaient peu perturbés par l'activité féroce de leurs pensées.
.- Et maintenant? demanda Jenny. C'était très bien jusque-là Hermione, tu vas encore trouver... l'encouragea-t-elle.
Le visage de la jeune fille grimaçait cependant de douleur. Hermione souffla lourdement. Il fallait qu'elle trouve, il fallait... Si seulement elle était entrée dans la salle avec Jenny, elle aurait pu la prévenir de ne pas s'approcher. Ces cerveaux restaient paisibles si on observait une certaine distance. Mais elle avait été encore une fois victime de ses émotions dans la salle précédente. Elle se haïssait d'être si fragile, elle était plus réactive, avant. Avant... Ses yeux parcoururent la longue pièce rectangulaire et vide, encadrée de bureaux. La lumière venait de lampes suspendues à de longues chaînes d'or. Cependant, la pièce était immense et la luminosité restait très faible, juste assez pour faire miroiter le sommet blanc nacré des cerveaux qui ondoyaient dans l'eau. Jenny et Willehm restaient silencieux, semblant attendre d'elle une solution miraculeuse. Hermione poussa un grognement de frustration.
.- Je ne sais pas, je n'ai aucune foutue idée. Ces choses n'ont aucun rapport avec le Filet du Diable, et de toute façon, on devait se laisser glisser et...
La jeune femme s'interrompit soudainement. Elle tenait une idée, un peu optimiste peut-être, mais au moins ne brassait-elle pas le vide. Elle regarda sa baguette. Malgré le peu de pratique de la magie que requérait son boulot, elle espérait qu'il lui restait assez de puissance magique et de concentration pour parvenir à lancer ce sort somme toute basique, en dépit du contrepoids magique de l'endroit. Après tout, elle était Hermione Granger, elle pouvait y arriver. Elle devait se faire confiance à nouveau. Elle était Hermione Granger. Elle sourit vaguement vers ses deux amis, tentant de les rassurer, puis elle leva sa baguette vers les cerveaux. La tenant solidement, elle esquissa un mouvement souple mais ferme du poignet et ouvrit la bouche.
.- Lumos, invoqua-t-elle d'une voix claire et forte, tentant de faire abstraction de tout ce qui l'entourait.
Le sort marcha et la lumière qui sortit de sa baguette fut telle qu'elle-même fut aveuglée. Elle maintint à deux mains sa baguette alors qu'elle sentait son énergie se glisser hors de son corps, aspirée goulûment par la magie de loin supérieure des lieux. Quand elle réussit à distinguer les silhouettes de ses deux amis qui se dégageaient des rubans de pensées, alors même que les cerveaux se recroquevillaient sous la lumière, elle relâcha sa prise et s'écroula, tombant à genoux sur le sol imbibé de liquide vert foncé. Sa tête lui tournait, elle était essoufflée. Elle entendit des bruits de pas claquant sur le sol, et une paire de bras la releva. Elle se faisait l'effet d'une poupée de chiffon. C'est alors que les rubans de pensées reprirent leurs assauts.
Les cerveaux semblaient furieux, loin de rester paisibles, ils bondissaient hors du réservoir, retombant dans l'eau avec fracas, l'air libre semblant exciter leur fureur. Hermione croisa le regard de Willehm, qui la tenait, et elle tenta de se remettre d'aplomb. Elle sentit avec bonheur le bras de Jenny se glisser autour de sa taille et c'est dans un flou de fatigue et de peur que tous trois se précipitèrent vers la porte la plus proche, n'échappant pourtant pas aux assauts vengeurs des rubans qui les heurtèrent avec violence. Toutefois, à leur grande horreur, lorsque Willehm voulut tourner la poignée de la porte, celle-ci leur résista, alors même qu'elle n'était pas dans les environs de la supposée salle de l'Amour. Ils échangèrent des regards effrayés alors que les rubans venaient gifler le mur au-dessus d'eux avec violence. Hermione força ses amis à se glisser au sol, pour éviter les rubans, et repéra au niveau du mur perpendiculaire une autre porte. Quelques mètres. Ils s'y glissèrent le plus rapidement possible, la peur leur donnant des ailes, et à leur grand bonheur, celle-ci ne résista pas.
Une fois la porte refermée, les trois compagnons s'écroulèrent, essoufflés. Ils étaient blessés, épuisés, terrifiés. Ce n'est qu'à l'obscurité ambiante qu'ils reconnurent le sol semblable à de l'eau sombre de la salle circulaire, où se reflétaient les torches à flammes bleues qui ornaient les murs. Hermione sentait ses bras la lancer, elle ne doutait pas de découvrir nombre de brûlures et d'hématomes sur son corps. Elle jeta un coup d'œil vers ses amis. Jenny tremblait légèrement, elle était restée longtemps enserrée dans les rubans de pensées, et après une hésitation, Willehm passa son bras autour d'elle et la ramena contre lui, lui frottant le dos avec une tendresse inquiète. Ils s'en étaient bien sortis, ç'aurait pu être pire. Pourtant, avec la paix et la monotonie de la vie quotidienne qu'ils connaissaient depuis quinze ans, l'expérience était en soi traumatisante. Tous trois convinrent qu'ils en avaient assez fait pour cette première excursion, ils n'avaient ni la force ni l'envie d'en faire plus. Sans mot dire, Hermione fouilla sa besace et sortit des fioles de potion d'énergie. Il était temps de rentrer.
oOo
Lettre d'Hermione Weasley-Granger à Drago Malefoy
24 Churchill Road, Birmingham, le 22 février 2013
Malefoy,
Ôte-moi d'un doute... Ne devrais-tu pas être rentré d'Amérique à présent? As-tu reçu mon message et m'ignores-tu délibérément? Je ne devrais pas être surprise, après tout tu fais preuve de génie lorsqu'il s'agit de m'ennuyer. Aie au moins l'obligeance de te manifester, même si la fantaisie de te dédire t'a pris.
Granger.
Ps: J'ai besoin de te voir.
oOo
Un coussinet empli de glace pilée à la main, qu'elle appliquait par moments sur son front, Hermione était assise à son bureau. Quel que soit le sort qu'elle utilisât, les contusions que lui avait faites l'expédition qu'elle avait menée au Département des Mystères ne semblaient vouloir partir qu'à la manière moldue, la forçant à arborer de disgracieux hématomes, flagrants témoins de son action. Heureusement, sa version de l'histoire, à savoir l'explosion d'une potion dont les séquelles résistaient aux sorts, semblait convenir à tous ceux qui s'enquéraient de son état. Par chance, Jenny n'était pas au bureau ces jours-ci, elle avait eu le droit de placer quelques jours de vacances, car elle devait enfin passer ses concours d'entrée à l'internat de médicomagie. Hermione espérait que la jeune sorcière réussirait avec brio, sans être gênée par ses brûlures, mais se félicitait aussi de cette situation qui les empêchait toutes deux d'arborer leurs blessures respectives, ce qui aurait sans le moindre doute attisé la curiosité. Quant à Willehm… Qui irait faire le rapprochement ? Le sorcier savait se faire discret, et puis, en tant que commis d'office, ne devait-il pas travailler avec de nombreux malfrats ? Le secret de leur incursion pour le moins mouvementée était sauf.
Pour autant, ils n'avaient pas découvert grand chose. Comme ils supposaient que leur présence n'avait pas été détectée, tous trois planifiaient une nouvelle tentative dans une poignée de jours. La petite porte close qui avait résisté à leurs assauts obsédait Hermione, et bien qu'elle n'ait pas la moindre garantie que les archives se trouvent derrière, elle était résolue à tenter une nouvelle fois de la passer. Sans pour autant attiser la colère des cerveaux, cette fois-ci. Toute à ses réflexions, Hermione griffonnait avec distraction ses rapports de routine. Bien que ce soit Miranda qui lui avait donné l'ordre de poursuivre ses recherches et qui lui avait offert certaines facilités, la vieille douairière ne semblait pas s'intéresser outre mesure à son enquête, tout du moins pas tant qu'elle n'aurait pas obtenu de résultats plus concluants. De plus Hermione n'était pas dispensée de ses travaux habituels, bien qu'elle ait remarqué que les dossiers trop conséquents lui étaient épargnés. Toutefois, la jeune femme n'était pas sûre de savoir si c'était là une faveur de sa chef ou si au contraire elle avait appris le désir de la magistrate de tirer sa révérence sous peu et voulait éviter les pénibles transactions de dossier. Hermione l'ignorait, et tout compte fait, elle s'en portait bien, tant elle était passionnée par l'enquête Malefoy, et tant elle se sentait trop distraite et détachée du reste de son travail ces derniers temps. En ce qui concernait Malefoy, elle n'avait pas eu de ses nouvelles. Elle le savait en déplacement, mais elle savait également que l'information pouvait circuler. Elle tentait d'ignorer le léger pincement qui la lançait au cœur, tâchant de paraître détachée. C'était l'affaire de Malefoy s'il ne voulait pas la voir, peu lui importait, ils ne s'étaient rien promis. Et puis après tout, ce n'était pas comme si elle avait été amoureuse de lui, non ? Une simple attraction, de la curiosité, voilà tout ce qu'Hermione se sentait capable d'accorder à ses relations avec l'héritier. De la fascination, aussi. Elle se refusait d'imaginer davantage, elle ne se sentait pas de taille à l'envisager. De toute manière, ce n'était pas comme si cela avait une véritable chance d'arriver, n'est-ce pas ?
La jeune femme s'accordait pour penser que la situation l'arrangeait. Elle avait encore trop à gérer, à considérer : Ron, l'enquête, le divorce, le Département des Mystères, la famille… Tout cela se mélangeait tant et si bien qu'elle n'osait y ajouter une nouvelle donne, c'était bien assez. Faisant tournoyer sa baguette au bout de ses doigts, elle fit s'élever son rapport fraîchement rédigé, celui-ci se plia en léger avion de papier, et quitta le bureau en glissant souplement au gré d'un courant d'air. Relevant les yeux, elle vit Harry qui, toquant au cadre ouvert de la porte, se penchait pour éviter la missive volante.
.- J'avoue tout monsieur l'auror, je suis coupable, le salua-t-elle avec un sourire ravi.
.- J'en étais sûr depuis le début, gronda Harry en haussant ses sourcils noirs.
Enjambant une chaise, il s'y assit à califourchon, appuyant ses coudes sur le dossier.
.- Comment va ma meilleure amie et néanmoins toujours belle-sœur ?
.- Comment va mon flambeur de beau-frère, que je vois bien plus traîner dans les couloirs qu'en mission à imposer la Justice ?
.- Pour ta gouverne, j'ai fini mon service depuis une demi-heure. Et je vais relativement bien, et oui, je vais en mission. Pas plus tard qu'aujourd'hui, je me tenais devant une réserve où des dragons avaient été sauvagement mutilés.
.- Un lien avec la filière Thorpe ?
.- On le soupçonne, acquiesça l'auror. Pourquoi, tu en as entendu parler ?
.- Plus ou moins, admit Hermione. Je connais le commis d'office. Enfin, ravie de savoir que tu t'actives, ça me rassurerait presque. Et je vais bien moi aussi.
.- Vraiment ?
Harry semblait l'observer d'un regard quelque peu concerné. Hermione pinça ses lèvres, mais se sentit tout de même touchée par la sollicitude dont faisait preuve son ami. Elle le connaissait, il devait vraiment s'inquiéter, bien qu'il ait semblé tout prendre avec recul depuis que sa situation avec Ron était connue de l'ensemble des Weasley.
.- Oui, vraiment.
.- Bien.
.- Bien…
La jeune femme scruta son meilleur ami entre ses cils. Elle le connaissait bien, et depuis tellement longtemps… Il paraissait nerveux. Nerveux et inquiet. Elle savait qu'il se faisait du souci pour elle, pour Ron, et que lui-même souffrait de la situation que traversaient ses meilleurs amis, même si, bien entendu, il n'en dirait rien. Elle le savait, car elle le connaissait. Il devait penser qu'elle était fragile, triste. Elle l'était bien un peu, mais elle ne mentait pas lorsqu'elle affirmait aller bien. Hermione joua quelques instants avec les crayons posés sur son bureau. Pendant ce temps, Harry ne disait rien, se contentant de laisser flotter son regard dans la pièce, mais elle pouvait le surprendre à lui jeter de petits coups d'œil. Ces derniers temps, il était venu lui rendre visite très fréquemment à son office. Le plus souvent à l'improviste, généralement sans but précis. Il disait avoir envie de la voir, d'être présent. Hermione appréciait cette attention, même si elle se demandait pourquoi son meilleur ami semblait perpétuellement aussi préoccupé. Considérant l'heure tardive, elle se demanda si elle pouvait lui proposer d'aller boire un pot sitôt qu'elle pourrait s'en aller.
.- J'ai presque fini, tu veux qu'on se voie ?
.- Tu as même fini, puisque je ne te vois pas travailler.
.- La faute à qui ?
.- Mea culpa, mille excuses.
.- Sérieusement, tu veux qu'on se voit ? Ne me dis pas que tu es encore venu « pour rien ».
.- Est-ce un mal ?
.- Non, sourit Hermione. Mais tu as l'air d'avoir quelque chose à dire.
.- Possible, souffla Harry.
.- Tu ne me diras rien ? Ou est-ce à moi de deviner ? Harry, tu as été extrêmement présent pour moi dernièrement, mais si tu as besoin de mon soutien, je suis là pour toi, tu le sais.
.- Ça n'a pas nécessairement grand-chose à voir avec moi, éluda son ami.
Hermione fronça les sourcils. Pour la première fois depuis qu'il était là, Harry soutint son regard. Il lui souriait, mais sa bonne humeur apparente semblait vacillante. La jeune femme se renfonça dans son fauteuil, curieuse, et décidée à patienter jusqu'à ce son ami se confie.
.- Comment va le boulot ?
.- Bien, comme d'habitude. Plus ou moins.
.- Plus ou moins ?
.- Tu savais que Kingsley était pressenti pour devenir Ministre de la Magie ?
Harry semblait avoir changé un peu trop brusquement de sujet.
.- Ah bon ? Ce serait une bonne chose, tu me diras.
.- Oui. Enfin, il manquera cruellement aux aurors, les brigades n'ont jamais été aussi performantes que depuis qu'il nous dirige.
.- C'est un brillant auror, c'est sûr, murmura Hermione. Tiens, ça me rappelle… Ron m'a dit que Kingsley lui avait parlé. Avant qu'on ne décide de se séparer, il a joué les psychomages avec lui.
.- C'est vrai ? Il avait menacé de le faire, maintenant je m'en souviens. Il ne supportait plus de voir Ron de cet état, et puis il t'a toujours bien aimé, releva Harry.
.- C'est étonnant tout de même, je ne le vois pas tellement dans le rôle de confident.
.- Kingsley est surprenant.
Hermione se souvint de la dernière fois qu'elle avait croisé l'imposant sorcier noir. Azkaban. Des frissons parcoururent son échine. Elle ne lui avait donné aucune explication quant à son malaise, ses recherches. Il n'en avait pas cherché. Pourtant, il avait lui aussi constaté la disparition de Lucius Malefoy. Elle se demandait s'il en avait référé…
.- Hermione… À propos de Ron, de votre séparation, il faut que je te parle de quelque chose, lâcha soudainement Harry.
La jeune femme releva la tête. Harry s'apprêtait à confier ce pour quoi il était venu la voir, elle le sentait. Il avait l'air tendu. Elle tendit la main en travers du bois de son bureau, l'encourageant à parler.
.- Oui, qu'y a-t-il ?
.- Tout ne va pas si bien que ça au travail, je t'ai menti. Ron a du mal et… Tu ne l'as pas revu depuis plus d'une semaine, je le sais. Il n'arrive pas à encaisser.
.- Oh… Mais…
.- Je ne sais pas si tu vas aussi bien que tu le prétends. Tu as la chance d'avoir déjà fait un certain travail sur toi-même, je suppose que Ron va aussi mal que toi, il y a quelques mois. Mais…
.- Quoi ?
.- Il a fait une demande de mutation.
Hermione fronça les sourcils, semblant ne pas comprendre. La pièce paraissait soudain extrêmement silencieuse, elle ne percevait aucun des bruits extérieurs, comme si elle était entourée de coton. Elle vit qu'Harry tentait de ramener son attention, mais elle ne parvenait pas à faire de lien entre les mots qu'il avait prononcés et une quelconque réalité.
.- Il a demandé à être muté comme auror à l'étranger, pour quelque temps. Il m'a dit qu'il n'y arrivait pas, que chaque endroit lui rappelait toi. Hermione, je te l'ai dit, tu es toute sa vie.
.- Il… Il va partir ? murmura la jeune femme.
.- Sa demande a été acceptée. Il part la semaine prochaine pour la France.
.- La France.. ? Mais… Les enfants, il abandonne tout ?
.- Hermione… Si tu savais comme je me sens mal de jouer ainsi les messagers avec toi. Je ne veux pas qu'il parte et… Je ne veux pas que tout s'écroule. Il propose de prendre les enfants pendant les vacances. Pour l'instant la mutation n'est qu'à durée déterminée, et je le connais trop bien pour savoir qu'il ne pourra pas rester trop longtemps loin de l'Angleterre, loin de sa famille. Mais il a besoin de cet éloignement, de prendre du recul. Et c'est moi qui dois t'annoncer ça.
La voix d'Harry était enrouée.
.- Ron s'en va.
Hermione sentit alors à quel point sa gorge était nouée, elle sentait ses contusions la brûler d'autant plus alors que ses émotions se livraient bataille à fleur de peau. Était-il possible de ressentir encore une si grande douleur ? Elle pensait que tout était loin, que tout était réglé, et pour le mieux. Et pourtant, elle se sentait vidée, abandonnée. Colérique, amère, honteuse aussi, et frappée de plein fouet par la tristesse. Alors que la pièce se floutait dans un écran de larmes, elle sentit les bras chauds d'Harry l'enlacer, la protéger. Il ne l'abandonnait pas, il était là. Lui, il était là, son dernier refuge. Ron s'en allait, il partait. La fuite, ce maudit réflexe qui surgissait chez lui aux pires périodes. Ron fuyait. Malefoy qui faisait le sourd… Son travail qui ne l'intéressait plus, les coups qu'elle se prenait dans son enquête. La famille qui lui en voulait. Harry était là, il la protégeait, encore et toujours. Ce n'est que lorsqu'elle sentit un liquide tiède couler dans son cou, qu'elle se rendit compte que lui aussi pleurait, qu'il était aussi meurtri qu'elle. Que lui aussi souffrait de cet abandon, qu'il n'avait que trop été abandonné. Qu'il s'était retenu tout ce temps, car c'était leur couple qui se déchirait, mais qu'il allait mal. Elle caressa tendrement ses cheveux, et lui laissa une place dans son fauteuil. Un cocon protecteur, à deux, pour panser leurs blessures dans la sécurité de leurs chaleurs respectives.
oOo
Lettre de Astoria Malefoy-Greengrass à Neil Dodge
Manoir Malefoy, Wiltshire, le 22 février 2013
Neil,
J'ai longuement hésité avant de te répondre, j'espère que tu n'es pas encore parti. Je ne sais pas si je ne suis pas en train de faire une énorme erreur, sans doute que oui, mais je dois te voir. Si ce doit être la dernière fois, autant que ça ne soit pas comme à cette effroyable soirée. Tu me manques, malgré tout. Malgré ma colère. Dis-moi où nous pourrons nous rencontrer.
Astoria
oOo
Les gens passaient à toute vitesse dans la rue, pressés, emmitouflés, luttant contre le vent qui soufflait en rafales impétueuses. De gros nuages lourds d'humidité s'accumulaient au-dessus des têtes, les anciens bâtiments de la capitale anglaise étaient enveloppés de leur masse grise. À tout instant, l'orage risquait d'éclater. Hermione observait tout cela au travers des épais carreaux sales du Chaudron Baveur, assise seule dans une table d'angle, tellement patinée par les années que le bois en était presque noir. Crispant ses mains sur une Bierraubeurre, elle se réchauffait. Elle devait retrouver Jenny et Willehm dans quelques heures, pour une nouvelle incursion au Ministère. En attendant, elle laissait passer les minutes sans sembler s'en rendre compte, le regard mélancoliquement perdu dans les silhouettes déformées qu'elle voyait au travers des antiques vitrines. Le vieil établissement était plutôt silencieux, il n'y avait pas grand monde. Son peu de lumière et son ambiance générale correspondaient assez bien à son humeur, qui était morose. Presque triste, mais plus tout à fait. Indifférente, imprégnée de lassitude, maussade. La jeune femme peinait à retrouver de l'entrain. Ron partait dans deux jours pour la France, et il était avec les enfants. Elle ne l'avait pas vu, et elle ne savait pas si elle en avait envie. Elle se sentait trahie, même si elle savait qu'elle n'avait aucune raison de penser ainsi. Cette situation, elle l'avait voulue, elle l'avait presque provoquée. Elle avait de son propre chef pris ses distances, aussi comment reprocher à Ron d'en faire de même ? Elle le vivait mal. Même l'enquête ne semblait pas suffisamment prometteuse pour soulever ne serait-ce qu'une once d'entrain en elle.
Une ombre vint alors lui cacher le peu de lumière qui tombait sur elle. Elle attendit que le client passe, mais il semblait vouloir rester et envahir son recoin de tranquillité. Légèrement agacée, elle releva la tête, et plissa les yeux pour apercevoir l'inopportun. Dans la faible lumière d'une ou deux bougies presque entièrement consumées, à la cire fondue épousant la forme des bougeoirs, elle reconnut les éclats d'une chevelure blonde.
.- Qu'est-ce que tu fiches là ? grogna-t-elle.
.- Je suis venu te voir, quoi d'autre. Tu es sobre, Granger ?
.- Bien sûr idiot, tu ne reconnais pas une Bierraubeure ? siffla la jeune femme. Pourquoi tu te décides à venir me voir, maintenant ? Cela fait bien dix jours que je t'ai envoyé ma seconde lettre.
.- J'étais en voyage.
.- Merlin, quel obstacle. Va-t-en Malefoy, je n'ai pas envie de te voir, là.
La voix d'Hermione était tranchante. Elle était énervée, et elle en voulait à Malefoy. Elle se doutait qu'elle se déchargeait sur lui plus qu'elle ne le devrait, mais elle n'était pas d'humeur à supporter son calme olympien. Pour toute réponse, il tira l'une des lourdes chaises et s'assit en face d'elle, la vieille table les séparant.
.- Apparemment, tu es décidé à me contrarier, souffla-t-elle.
.- De mauvaise humeur ?
.- Non, sans blague.
.- Pourquoi voulais-tu me voir ?
.- Je ne sais plus, vraiment, je commence même à douter de pourquoi j'ai eu un jour envie de te connaître, de te fréquenter. C'est vrai qu'à part en de rares moments, tu m'insupportes.
.- Des regrets ?
.- Je n'ai pas envie de flirter, Malefoy, vraiment.
Le blond se repoussa dans sa chaise. Hermione l'observa plus attentivement. Dans l'absolu, cela ne faisait pas si longtemps qu'elle ne l'avait pas vu, pas plus de vingt jours, mais elle avait l'impression que cela faisait une éternité. De fait, beaucoup de choses s'étaient passées. Il avait l'air fatigué, et guère plus joyeux qu'elle. Elle fut prise d'un vague élan de compassion.
.- Tu as fait un bon séjour en Amérique ?
.- Peu agréable, mais c'est sans doute parce que j'ai du mal avec les Yankees.
.- Espèce d'aristocrate, se moqua la jeune femme d'une voix morne.
.- Ça doit peser dans la balance, j'imagine. Qu'avais-tu à me dire ? Dans ta lettre, il me semblait que c'était la raison pour laquelle tu m'écrivais, qu'il fallait que tu me parles.
.- Je ne sais pas… Tout est si compliqué.
.- J'ai cru le remarquer. Granger tu n'as pas à me donner une réponse. Je ne suis moi-même pas bien sûr…
.- Des hésitations ?
.- J'ai beaucoup repensé à tout cela alors que j'étais à l'étranger. C'est si invraisemblable. J'apprécie tellement de parler avec toi de façon normale, comme maintenant. Sans que le reste ne soit en jeu. Il faut que je gère ma séparation avec Astoria, le reste…
Malefoy avait fermé les yeux. Il semblait réellement éreinté, son habituelle assurance ne subsistait que dans certains réflexes. Hermione laissa le silence retomber. Qu'avait-elle cru ? Qu'il n'y avait qu'elle qui était en proie aux hésitations ? Leur relation n'allait pas de soi, c'était logique, vital, de tout reconsidérer.
.- Je me suis séparée de Ron, lâcha-t-elle.
Malefoy releva les yeux et son regard d'un gris très clair vint la percuter. Cette information semblait attiser son intérêt.
.- Tu n'es plus avec lui ?
.- Oui. Il ne reste plus que le divorce. Mais tout ceci est totalement indépendant de ta personne, ajouta-t-elle avec conviction.
Le jeune homme laissa un léger sourire narquois apparaître sur ses lèvres. Hermione déglutit. Certes, elle avait pensé à Malefoy alors qu'elle était avec Ron, mais leur séparation, leur mésentente remontait à plus loin. Elle ne pouvait nier que la présence de l'ancien serpentard l'avait motivée, lui avait donné le courage de ne pas laisser traîner les choses. Mais la fin d'un mariage qui avait été son rêve de jeune fille et les approches tortueuses de sa Némésis étaient deux choses antithétiques et qu'elle savait distinctes.
.- Ron s'en va, il a demandé à être muté en France, compléta-t-elle.
.- Tu as décidé que c'était le jour où je devais jouer les confidents ? railla Malefoy.
.- Merci de ta remarque pleine de compassion et de gentillesse, c'est exactement ce que je voulais.
.- Pardon, je voulais dire, c'est terrible, tu tiens le coup ? dit-il avec un sourire faussement plaignant.
Hermione souffla légèrement. Malefoy n'était pas vraiment le genre de personne avec qui elle pouvait discuter. Pas de choses personnelles du moins. Pourtant, il devait savoir, non ? Ses réactions moqueuses l'agaçaient. Semblant percevoir l'irritation de la jeune femme, Malefoy alla chercher sa main au travers de la table. Y apposant une légère caresse de son pouce, il la força à le regarder.
.- Excuse-moi Hermione, je ne devrais pas. Je sais que ce n'est pas facile, mais je pense aussi que je suis la dernière personne à pouvoir te soutenir. Même toi, tu apprécies plus Astoria que je ne supporte la pensée de Weasel. Mais c'est une bonne chose que tu aies mis les choses au clair. L'important, c'est que tu sois en adéquation avec tes envies, avec toi-même.
.- Oui… Tu sais, si je t'ai écrit, c'était pour te remercier.
.- Me remercier ?
Malefoy semblait étonné. Hermione se mordit les lèvres.
.- Drago, je sais ce que tu as fait pour moi.
.- Comment ça ?
.- Tu ne te souviens pas ?
.- Hem, non, pas maintenant, tout de suite.
Insidieusement, Hermione se sentit déçue. Il ne se souvenait pas. Ce geste n'avait-il donc pas eu une importance décisive pour lui ? On ne choisissait pas de sauver sa pire ennemie, qui appartient à un sang que l'on méprise, sans que cela ne nous marque, non ? La jeune femme plissa les lèvres.
.- Rien. Finalement, ce n'est peut-être pas si grave.
.- Granger, dis-moi.
.- Non, oublie.
Malefoy fronça les sourcils. Il voyait bien que la jeune femme lui cachait quelque chose. Elle semblait irritée, énervée. Il l'avait perçu dès qu'il l'avait vue. Il supposait qu'une des causes en était sa séparation d'avec Weasel, ainsi que le coup dur que celui-ci lui faisait subir. Mais il avait l'impression qu'elle lui en voulait. Pourtant n'était-ce pas elle qui lui avait demandé d'attendre ? Qui avait exigé de lui de la patience ? Il l'avait accordée sans sourciller, aussi perdu qu'elle dans ce qu'il leur arrivait. Tout cela était si nouveau, si déroutant. Pourtant, elle semblait lui en vouloir.
.- Granger, tu m'en veux car j'ai mis du temps à te répondre ?
.- Peut-être, rétorqua-t-elle un peu sèchement.
.- Laisse-moi te rappeler que j'étais à l'étranger. Et puis, tes messages étaient si succincts que mon secrétaire n'a pas jugé bon de me les communiquer, pensant que ce n'était pas bien important. J'avais du boulot, et puis, tu étais si évasive. Et moi aussi, il fallait que je voie les événements de façon plus claire. Avec Astoria, avec mes amis, ma mère aussi… Je brise la tradition en choisissant la séparation. Tu n'es pas la seule à vivre ça, mon action n'est pas aisée dans le milieu auquel j'appartiens.
.- Ce n'est pas un acte simple quel que soit le milieu, trancha Hermione.
.- Je suis passé à ton bureau, mais tu n'étais pas là. Ton amie, la Rosier, m'a dit que je pourrais sans doute te trouver ici. Je suis venu. Certes, j'ai pris le temps, mais j'en avais besoin moi aussi.
Hermione resta muette. Malefoy lâcha sa main et attrapa doucement son menton, caressant l'ovale de son visage.
.- Est-ce que tu veux me voir ou non ? Dis-le-moi, un mot. Je ne vais pas t'attendre si tu n'es pas certaine. Bordel Granger, ça fait presque un mois. Cette situation est suffisamment fragile pour ne pas laisser le temps l'étioler.
.- Il faut que j'y aille, souffla Hermione.
.- Pardon ?!
.- J'ai rendez-vous avec Jenny, je dois y aller. Malefoy, je te l'ai dit, je ne suis pas d'humeur à flirter. Comme tu l'as dit, tout n'est peut-être pas aussi facile.
Elle se dégagea de la main de Malefoy et enfila sa cape. Le jeune homme se redressa à son tour, et la suivit alors qu'elle serpentait entre les sièges. Alors qu'elle débouchait par la porte d'entrée en pleine rue moldue, Malefoy l'attrapa par le bras.
.- À quoi joues-tu Granger ?
Son ton était glacial, presque cruel.
.- À rien Malefoy, lâche-moi.
.- Après tout cela… Tu me jettes ?
.- On n'a pas formulé d'obligation, rétorqua Hermione.
Ils se fixèrent dans les yeux avec arrogance, chacun de plus en plus furieux. Malefoy ne comprenait pas l'attitude de la jeune femme, dès qu'il croyait qu'elle s'adoucissait, elle ne s'esquivait que mieux de ses bras. Elle l'agaçait impétueusement, et il se surprenait à éprouver pour elle les mêmes élans colériques que par le passé. Les mêmes, exactement les mêmes, comme s'ils ne devaient être liés que par cette tension frénétique qui s'agitait entre eux. Merlin qu'il la détestait, et qu'il la voulait en son empire ! Sa présence, sa personne lui étaient indispensables, ne serait-ce que pour attiser sa colère. Hermione sentait son pouls battre dans sa tempe. Elle ne savait pas ce qu'elle était en train de faire. Elle était fatiguée, harassée, énervée. Elle avait besoin de hurler. Malefoy était face à elle, c'était trop tentant. Tant de haine avait existé entre eux. Il l'énervait tellement, toujours. Elle désirait presque avidement cette tension étouffante qu'elle sentait en sa présence. De plus, il ne se souvenait pas… Elle aurait tellement voulu, elle aurait…
Le vent soufflait toujours plus fort dans la rue. Hermione s'écarta et commença à marcher rapidement, voulant fuir la déception qui l'habitait, le désir qui piquetait sa peau. Elle voulait Drago Malefoy, c'était si pressant qu'elle avait l'impression qu'elle allait devenir folle. Elle se sentait tellement vivante. Elle entendit les pas du sorcier claquer dans son dos. Il n'y avait que peu de passants, des embouteillages de voitures paralysaient la circulation. Hermione prit le risque de traverser une immense avenue complètement bloquée, slalomant entre les véhicules immobiles dont le klaxon était étouffé par les roulements du tonnerre qui retentissaient au-dessus d'eux. L'orage n'allait pas tarder à éclater. Les cheveux de la jeune fille collaient à son visage et l'aveuglaient, il lui était difficile de se déplacer, mais elle avait besoin d'établir cette distance, de sentir qu'elle faisait quelque chose.
.- Granger ! Tu vas t'arrêter, oui ?
Elle fit la sourde oreille et continua de courir. Elle ignorait totalement vers où elle allait. Arrivée dans un square, elle sentit que Malefoy la rattrapait, et bientôt, des bras puissants immobilisèrent les siens dans son dos. Elle ne pouvait plus bouger, et s'agitait vainement.
.- Malefoy ! Par Morgane, lâche-moi, ou tu vas le regretter ! Je connais des sorts informulés.
.- Moi aussi Granger, calme ta joie. Tu vas cesser de résister, oui ? C'est ridicule.
Il la relâcha enfin de sa poigne. Il la contemplait de ses yeux ombrageux, couleur tempête, et ses cheveux presque blancs formaient un halo inquiétant autour de sa tête. Leurs robes de sorciers battaient leurs corps avec de grands claquements, et Hermione devait se camper fermement sur ses deux pieds pour ne pas trébucher. Autour d'eux, le square était désert et les quelques arbres laissaient le vent prendre des sifflements stridents, puis s'engager en rafales entre les immeubles. De grosses gouttes d'une pluie froide commencèrent à s'écraser sur leurs joues blêmes, alors que le tonnerre roulait toujours plus fort.
.- Je t'ai dit que je dois y aller Malefoy, j'ai un rendez-vous.
.- Ah bon, et sais-tu au moins où tu te trouves ?
.- … Non.
.- Est-ce que nous devons ne plus nous revoir?
.- Non.
.- Alors quoi ? gronda le blond.
.- Alors quoi ? Mince Malefoy, tu m'énerves, je te déteste, je t'abhorre, tu n'es qu'un sale égoïste, un Malefoy imbu de lui-même, je ne te supporte pas et…
.- Vas-y continue, fais-toi plaisir, railla le jeune homme.
Furieuse, Hermione l'attrapa par les bords de sa robe, hissant son visage trempé à quelques centimètres de celui de Malefoy, les mâchoires crispées et le regard sombre.
.- Tu m'énerves, tu n'es même pas capable de te souvenir que tu m'as foutument sauvé la vie ! Mais pas la peine de t'en parler, puisque de toute évidence, tu n'en as rien à faire. Et puis tu me mets hors de moi, et je suis fatiguée, et je t'en veux car tu ne m'as pas écrit, tu m'as laissée seule alors que j'avais besoin de toi, et je te déteste parce que je hais le fait d'avoir besoin de toi ! Par Salazar, tu es vraiment la dernière personne dont je devrais avoir besoin, tu m'énerves à me mettre dans cet état ! Pourquoi je ne peux tout simplement pas être indifférente à ta présence ? Tout serait plus simple, comme tu l'as dit, c'est une passe difficile et…
.- Et je te déteste moi aussi Granger, la coupa le blond, le ton froid.
Hermione recula légèrement son visage, comme frappée d'un coup trop violent. Ses mèches bouclées et mouillées collaient à son visage, il était difficile de reconnaître la jeune femme rangée qu'elle était d'ordinaire. Tendue et harassée, elle fouillait le regard de son vis-à-vis, ses sourcils se joignant de colère et d'inquiétude.
.- Tu crois que c'est facile pour moi de me surprendre à t'apprécier ? poursuivit le blond, la voix tranchante, sa bouche formant un pli amer. De me rendre compte que je dépéris parce que je n'ai pas de réponse de ta part ? Ce qui pourrait très bien passer, et encore, si ce n'était qu'une simple attirance, devient franchement problématique maintenant que ça a pris une telle ampleur. Tu crois que c'est simple d'avoir impétueusement besoin de toi ? Alors même que tes petits airs de Gryffondor m'exaspèrent ? Sainte Granger, sacrée Hermione, l'amie de Potty ! Au-delà des préjugés que j'ai pu avoir pour toi dans le passé, tu es et tu restes tout ce que je déteste. Alors vraiment, tais-toi avec tes considérations !
Tout en parlant, il lui saisit brutalement les poignets, conscient de lui faire mal, coupable de voir une grimace de douleur se peindre sur la figure de la jeune femme. Mais il en avait besoin, diablement besoin, il s'était rarement senti aussi furieux, il n'avait presque jamais perdu contrôle de la sorte. Hermione se débattit avec vigueur, passant tout ce qu'elle avait de frustration en elle dans ce combat presque au corps à corps. Autour d'eux, la pluie forçait, et ils se retrouvèrent bientôt complètement trempés, leurs longs habits pesant avec lourdeur sur leurs épaules.
.- Sale Serpentard… Malefoy ! je te hais. Lâche-moi, laisse-moi... ! siffla Hermione, collant ses poings contre le buste qui la maîtrisait.
.- Vraiment, c'est ce que tu veux petite Gryffondor ? Tu veux que je te laisse à ta pauvre vie ?
.- Et toi, tu supporteras de vivre sans mon exaspérante présence, Milord ?
.- Fort bien, crois-moi, je ne sais pas pourquoi je m'attarde ici.
.- Eh bien vas-t-en, et nous serons ravis, et non pas stupidement en train de nous affronter sous un déluge de pluie, grinça Hermione avec gouaille.
.- Je ne vois vraiment pas pourquoi je m'acharne tant avec toi. Comme si tu en valais la peine, rétorqua Malefoy, la voix glaciale.
Ils s'affrontèrent du regard quelques instants encore, en chien de faïence, flirtant avec leur point de rupture. Ils en avaient conscience, ils savaient que la colère qu'ils déversaient avec tant d'âpres reproches était autant contre eux-mêmes que contre l'autre. Le blond passa soudain sa main derrière la nuque de la jeune femme et sans délicatesse, sans la moindre douceur il ramena son visage, ses lèvres pleines contre les siennes, s'en emparant tel un conquérant. Hermione ne tarda pas à répondre, forçant le barrage de ces lèvres qui l'attaquaient, répondant vivement à la moindre escarmouche, mordant légèrement cette bouche rougie qui l'assaillait sans relâche. Puis, tout aussi soudainement, elle se projeta en arrière, reculant d'un pas, deux, haletant et le regard perdu. Malefoy, échevelé, la contemplait avec férocité. La colère, le besoin étaient toujours là. Au-dessus de leurs têtes, le ciel était noir, ils ne voyaient plus que grâce aux quelques lampadaires qui leur accordaient leur halo. Hermione ouvrit la bouche, elle voulut parler, continuer sa diatribe contre celui qu'elle venait d'embrasser, mais aucun son n'en sortit. Il s'approcha alors et, sans le moindre égard, il passa sa main autour de ses reins, il collant son bassin au sien, aimantant son regard métallique au chêne de la jeune fille. Sans mot dire, toujours, Malefoy dégagea d'une main son visage, ramenant ses cheveux en arrière, mais avec une telle sévérité qu'Hermione ne put retenir un frisson de crainte. Soufflant lourdement, elle affronta ses yeux de glace, furibonds, alors qu'elle sentait la fureur palpiter dans tout son corps.
.- Eh bien Malefoy, qu'est-ce que tu attends pour t'en aller ?...
.- Granger.
.- On était fous de croire qu'il pourrait y avoir quelque chose. Tu l'as bien vu, nous sommes encore à l'état d'une haine d'adolescents, la haine la plus tenace de toutes.
.- Ferme-la Granger.
Un ange passa, instant fugace durant lequel ils maintinrent les barricades qu'ils avaient érigées entre eux à mesure que leur dispute avait éclaté. C'est alors que mus par toute la pression qui les habitait, ces barrières cédèrent, et ils joignirent leurs lèvres qui s'heurtèrent une fois encore sans douceur, se pressant fiévreusement l'une contre l'autre, s'embrassant de façon éperdue, sans tendresse. Enserrant la taille et l'arrière de la tête de la jeune femme, Drago Malefoy écrasait son corps contre le sien dans un but évident de ne plus rien laisser les séparer, comme s'il souhaitait ne faire qu'un avec la brunette. Celle-ci avait pendu ses bras autour de son cou et ses pieds étaient arqués en demi-pointe, tandis qu'elle tentait de se rapprocher toujours plus de la bouche du jeune homme, n'acceptant d'autre compromis que de sentir leurs lèvres unies. Leurs corps se caressaient sensuellement, et bientôt, leurs jambes s'entremêlaient tandis que tous deux luttaient encore et encore l'un contre l'autre, aucun ne voulant s'avouer vaincu, faible. La pluie formait un écran autour d'eux, elle rebondissait sur leurs têtes et formait une marre à leurs pieds, alors que le vent, toujours plus fort, semblait être complice de cette agression mutuelle, agression de sentiments et d'amours-propres bouleversés. Seuls les brefs éclairs permettaient de révéler leur présence, et l'ardeur qui se dégageait du couple ne laissait rien présager de leur antagonisme.
Hermione mouvait ses lèvres contre celles de sa Némésis avec délectation, elle ressentait enfin l'attente intolérable dans laquelle elle s'était trouvée avant de pouvoir les caresser à nouveau. Elle se sentait pleine, apaisée, et pourtant toujours tellement avide d'affronter le jeune homme, de sentir qu'il répondait à son besoin de lui. Ses mains agrippées à son cou annihilaient toute distance pouvant l'éloigner un tant soit peu d'elle, elle froissait ses cheveux détrempés, passant et repassant ses doigts dans sa nuque, dans son dos, maintenant la tête blonde contre la sienne. Drago embrassait les lèvres qui s'offraient à lui, sa langue caressait celle de la jeune femme sans délicatesse, sans douceur, mais avec une urgence qui révélait le besoin qu'il avait de sa présence. Il laissait l'eau froide couler sur leurs deux visages, battre leurs corps, les laver comme pour une renaissance, une absolution définitivement nécessaire. Enserrant ce corps féminin, si attirant, qui était pressé contre lui, il souleva Hermione de terre, passant son bras sous ses jambes alors qu'elle ramenait ses bras autour de lui, la tenant si étroitement qu'on eut pu croire qu'un seul être se trouvait là, et il transplana.
Ils arrivèrent à son appartement londonien d'Hampton's court. Hermione, grelottante de froid, se détacha de lui, laissant ses pieds retrouver le sol dans un bruit mat, et reconnut les lieux qui avaient abrité la naissance de leur relation, naissance bien plus véritable que le baiser aviné qu'ils avaient échangé lors du réveillon de la nouvelle année. Elle croisa le regard de Drago, assombri de désir. Il lui tendit la main, et elle la saisit, entrecroisant ses doigts avec les siens. Elle avait tout oublié, Jenny, l'enquête, Ron… Ne restaient que Drago et elle, seuls et ensemble. Les quelques miroirs qui ornaient le lieu réfléchissaient à l'infini l'image de leurs deux personnes aux mains entrelacées, se consumant d'une attente qui s'apparentait à la plus douce des tortures. Leurs pas mouillés firent un léger écho dans le hall sombre, alors qu'ils montaient les élégantes marches de l'escalier. Tout en dépassant les étages, ils pausaient, échangeaient d'autres baisers, qui se faisaient plus doux. Hermione pouvait sentir dans son dos les dures boiseries de la cage d'escalier qui attisaient sa sensibilité, tandis que Drago pressait son corps puissant contre le sien, et qu'à chaque palier il réclamait son dû. Alors qu'elle contemplait les larges épaules du jeune homme qui montait devant elle et qu'elle devinait les mouvements de son dos sous sa chemise de lin mouillée, Hermione sut vers où ils allaient. C'était tellement logique, prévisible… Magique. Lorsqu'ils entrèrent dans le grenier, lieu de rêves éveillés avec tous ses instruments d'astronomie, la jeune femme se sentit prise d'une légère émotion. Elle n'était plus en colère, plus agitée. La montée l'avait apaisée, comme si en progressant vers le haut elle s'était délestée de tout ce qui l'encombrait. Elle était heureuse. Drago la prit dans ses bras avec une certaine douceur, cette fois-ci, et elle ferma les yeux, fébrile. Contemplant le faisceau de lumière qui descendait de la coupole, elle sentait le buste du jeune homme s'emboîter dans son dos, sa joue caresser sa tempe et sa discrète odeur de verveine venir chatouiller son nez. Le jeune homme arqua sa tête et joignit ses lèvres avec celles de l'ancienne gryffondor, avec son fruit interdit, dans une grande tendresse. Il était conscient de l'exception du moment, il l'appréciait avec délice, le cœur battant. Il se sentait bien. Il sentait l'odeur d'iris de la jeune femme, il aimait son odeur, il aimait les lèvres qu'il sentait danser contre les siennes, leur douceur et leur goût, les petites mains qui volaient sur son corps, saisissaient quelques mèches de cheveux et se faisaient plus hardies. Il avait tellement attendu cela, sans doute plus que ce dont il avait conscience. Il l'avait attendue, et ses propres hésitations étaient plus le fait de l'habitude, du monde et de son éducation que de la perspective de la posséder, enfin. Il savait, il sentait qu'elle était spéciale pour lui. Granger avait toujours eu une place d'exception dans son esprit, quoi qu'il ait fait pour tenter de l'anéantir. Hermione ravissait son existence.
Lentement, il la fit tourner sur elle-même, attendri par ce petit visage, encore extrêmement juvénile, les yeux à moitié fermés, un sourire flottant sur ses lèvres rosées. Hermione battit des cils et ouvrit plus grands ses yeux noisette, plissant légèrement ses lèvres. Drago tendit sa paume vers sa joue et l'enveloppa doucement, traçant les contours de son visage, appréciant de sentir la peau tiède au bout de ses doigts. Il fit descendre se main dans son cou, vers l'encolure, et il défit, avec une certaine maladresse, le fermoir qui retenait sa cape sur les épaules de la jeune femme, alors qu'elle l'imitait, non sans une légère appréhension. Ils firent tomber leurs capes au sol dans un bruit sourd. Les habits mouillés glissaient sur les peaux avec un léger bruissement, étouffé et sensuel. Drago saisit les boutons du chemisier de la jeune femme et les défit avec lenteur, précaution, un par un, ouvrant la voie pour ses baisers. Hermione posa sa main sur la sienne et l'accompagna alors que le tissu s'ouvrait, béant, laissant voir une peau blanche, deux seins retenus d'une délicate étoffe noire. Il la sentait se tendre, soupirer lourdement, imprimer des pressions plus appuyées contre son cou. Hermione saisit les épaules de Drago et les enferma entre ses doigts alors qu'il parcourait sa jugulaire, piquait sa clavicule de baisers. Ses mains erraient dans son dos puissant, s'accrochaient au tissu qui, bientôt, passa par-dessus la tête blonde, les laissant tous les deux torses nus.
Le souffle entrecoupé, ils se contemplèrent, le regard brillant, hésitant. Homme et femme, ils n'étaient plus que cela face à l'autre. Drago ramena le visage d'Hermione près du sien et appuya légèrement ses lèvres contre les siennes, les effleurant d'un baiser. Laissant glisser son visage dans le creux de son cou, il passa ses bras dans son dos féminin, entraînant la jeune femme contre lui, appréciant cette chaleur pleine et entière qui ranimait son corps froid. Il sentit les mains d'Hermione se glisser contre son torse, moins embarrassées, et la jeune femme remonta son visage, l'embrassant avec une profondeur plein de promesse. Se mordant légèrement les lèvres, selon son habitude, mais le regard voluptueux, elle saisit la main de Drago et l'attira vers le matelas posé au sol, les laissant s'agenouiller dans l'amas de coussins. Face à face, sans plus de défi, elle sentit sa peau frémir lorsqu'elle avança ses mains vers son bas-ventre, dégageant les fermetures du pantalon. Elle sourit plus largement lorsqu'elle le vit se coucher sur elle, dégageant ses jambes de leur étau. Leurs lèvres se retrouvèrent avec passion, brûlantes, ne se détachant que par instants. Leurs mains, elles, se cherchaient, se reconquéraient, s'entrelaçaient sensuellement, débarrassaient les corps des tissus humides qui les entravaient. Elle reconnut deux doigts qui se glissaient entre l'élastique de sa jupe et sa peau nue, elle arqua son dos en retrouvant les lèvres abandonnées une poignée de secondes plus tôt. Leurs mains, toujours, se crispaient sur les tissus, s'embrassaient lascivement, mêlaient leurs doigts fiévreux. Remontant entre les jambes, épousant les courbes, elles faisaient naître des soupirs partagés, alors que les regards assombris et avides des deux amants ne se lâchaient presque jamais. Lorsque que dans la lumière nocturne, baignés d'éclairs, ils ne firent plus qu'un, le sentiment d'achèvement et de plénitude qui les envahit ne les fit que s'enlacer davantage, encore. Toute leur tension, tous leurs doutes, toute leur fatigue mais surtout tout leur désir insatiable et pourtant intolérable de l'autre se trouvèrent comblés.
Plus tard, alors que leurs têtes reposaient près l'une de l'autre, cheveux blonds et bruns mêlés, et qu'ils se regardaient, leurs corps nus savourant leur contact, Drago embrassa doucement Hermione sur le front. Sa mine sérieuse, presque émue, la fit frissonner. Il s'approcha de son oreille et lui murmura.
.- Hermione…
.- Oui ?
.- Je t'ai menti, en fait.
.- …
.- Je t'ai bien sauvé la vie. Ne me demande pas pourquoi, je ne sais plus, même si j'en suis heureux. Et jamais je n'ai été plus fier de l'avoir fait que maintenant, que depuis ces deux mois où je te redécouvre. Tu m'es spéciale, Hermione Granger.
La jeune femme esquissa un sourire surpris. Il l'avait entendue, elle pensait qu'il avait complètement oublié. Elle était étonnée par la déclaration, ne s'y attendant pas, oublieuse de tout tracas alors qu'elle se donnait plus pleinement que jamais. Elle planta son regard dans les orbes pâles de Drago, il avait l'air sérieux, un brin rieur peut-être. Il tendit sa main vers elle, et de son pouce, il remit derrière son oreille une mèche ondulée qui barrait son front blanc. Hermione retint son souffle, frissonnant de ce simple geste. Le jeune homme resserra ses bras autour d'elle, inspirant l'odeur de ses cheveux, de leurs corps. Une idée du paradis. Très tendrement, il déposa un baiser sur les cheveux d'Hermione, et ensemble, ils perdirent leur regard dans la coupole qui les surplombait, subjugués par leurs complices célestes, les étoiles, terrassés par le moment présent. Impressionnés, bouleversés comme deux adolescents tardifs.
oOo
Hé hé … ;)
Alors, avez-vous aimé, ou me jetez-vous des cailloux ?
C'est pour le moins l'un des plus importants chapitres de l'histoire, non ? Surtout que je vous fait mariner depuis 22 chapitres. Pour les fans de l'enquête, pas d'inquiétude, ça reprendra bien vite !
Sinon, je me débarrasse de Ron, en profitant pour mettre en scène Ryry.
Astoria semble vouloir revoir Neilounet d'amûrr. (Si si)
Les cerveaux sont bien embêtants, mais plus de peur que de mal… (Je les apparente à des sortes de méduses, d'où les brûlures).
Et enfin… Est-il besoin de commenter ?
Une dispute qui aurait pu tout gâcher mais qui finalement se finit sous les étoiles, que demander de plus ?
Voilà, n'hésitez donc pas à reviewer, donnez-moi votre avis, tout ça, je me suis tout de même bien mis la pression pour ce chapitre !
Puis remerciement, encore, à ma bêta : Queenz.
Pour la suite, elle n'est pas encore écrite, mais je compte avancer pendant les vacances (dans deux semaine pour moi … Erf)
Bisous à tous !
Olivia alias Stellmaria
