Adolescences tardives
Disclaimer: Tout à JKR, sauf les personnages sortis de mon imagination...
Pairing: HGDM, what else?
Ahem… Coucou tout le monde… Ouais, ça fait longtemps. Comme me l'a fait remarquer une lectrice, 1 an 4 mois et 22 jours (aujourd'hui en tout cas) que je n'ai rien publié.
Bon celles qui sont allées faire un tour sur mon profil ont dû remarquer ma note qui indiquait que je suspendais toute écriture en raison de mes études, c'est-à-dire jusqu'à ce que je finisse mes deux années de prépa littéraire. Eh bien voilà, ces deux années sont finies (wow, c'est trop fou, vous imaginez pas à quel point ça me fait bizarre).
(Pour celles que ça intéresse, je vais crâner : Sous-admissible à l'Ens de Lyon, et ouiii ! Bon ça y est j'arrête de crâner)
La bonne nouvelle c'est que je ne « cube » pas, donc je reviens pour de vrai. Et ça fait longtemps que je n'ai pas écrit dites donc (enfin si j'ai beaucoup écrit, mais rien à voir, vraiment, et il faut que j'arrête de réfléchir en 3 parties, 3 sous-parties, aha).
L'autre bonne nouvelle c'est que même si j'étais déjà prolixe en longs chapitres avant (vous n'allez pas me contredire, si ?), je pense bien que je risque d'être devenue encore pire au niveau de la longueur, youpii Par contre le mauvais côté (il faut qu'il y en ai un), c'est que je suis complètement perdue en ce qui concerne mes capacités à écrire, pour de vrai, je doute de mon style, de ma véritable prétention à vous raconter quelque chose et à le faire bien. Je vais y travailler, mais je crois que je rencontre pour la première fois de ma vie la panne de l'écrivain. L'absence de confiance en soi et la trouille. La grosse trouille.
Alors voici pour vous, même si la nuit est avancée, enfin un nouveau chapitre de cette histoire que nous suivons ensemble. Ce n'est pas un chapitre tout nouveau, une grande partie était déjà écrite depuis longtemps, mais jamais complètement achevée, ou assumée … Puis il va falloir que je me jette à l'eau. Pour de vrai.
Je ne réponds pas personnellement aux reviews cette fois-ci, car je pense que vous avez déjà suffisamment attendu comme ça. Mais sachez que je vous remercie toutes (et tous ? Mmh), car au long de ces deux années, vos petits messages, vos témoignages d'appréciation, d'estime et d'amitié m'ont fait chaud au cœur. Chaque message me faisait également culpabiliser de prendre cette distance nécessaire… Si j'ai essayé de reprendre l'écriture l'été dernier, je n'ai pas réussi. Il faut que je prenne enfin la bonne distance et que je retourne à présent à ma passion de toujours : écrire.
Bonne lecture : )
« I wanna dream away with you tonight
We can go anywhere you would like
I wanna feel how I wanna feel forever
I want you»
_ Meiko, Reasons to love you
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Chapitre XXVIII
/ On a toujours des bonnes raisons. Même quand elles sont mauvaises /
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Hermione avait l'impression que sa tête était enveloppée dans un nuage de coton lourd et épais. Tout ce qu'elle entendait lui semblait étouffé, lointain, comme filtré au travers de nombreuses épaisseurs qui l'enserraient et la protégeaient. Son esprit, même, devait forcer cette nasse qui la maintenait assoupie pour se réveiller et prendre conscience de la situation. La jeune femme sentait une douleur sourde lui ceinturer le crâne comme en un cercle de ferraille, et ses membres lui semblaient lourds comme du plomb, s'enfonçant pesamment dans ce qui était vraisemblablement un matelas peu confortable. Hermione ne se souvint tout d'abord pas de ce qui lui était arrivé, de ses dernières actions avant son évanouissement. Elle resta là, amorphe et engourdie par les nombreuses potions médicinales qu'elle sentait transir son corps. Puis, lentement, alors que le nuage de douceur thérapeutique qui lui enveloppait l'esprit semblait perdre en épaisseur, les souvenirs lui revinrent. Le Département des Mystères, ses découvertes au sujet de son enquête, et enfin de quelle manière elle s'était laissée prendre au piège par les lieux et leur magie, ayant présomptueusement sous-estimé leur puissance. Elle se souvint de la puissance du sort qui l'avait propulsée contre un socle de pierre et de la violence du choc. Où se trouvait-elle ? Sans doute à l'hôpital, déduisit-elle. Avait-elle été arrêtée ? Selon toute logique, on avait dû découvrir son incursion, mais le vague souvenir d'une personne la soulevant et la rassurant la laissait perplexe. Qui l'avait sortie de la salle du Magenmagot ?
Alors que ses membres recouvraient leur sensibilité, elle put deviner une main qui enserrait la sienne. Elle était allongée dans un lit, cela était certain, et les bruits qu'elle pouvait entendre en fond laissaient supposer qu'elle se trouvait à Ste Mangouste. Les draps de tissu rêche et usé frottaient désagréablement contre sa peau. Une odeur diffuse de chloroforme flottait dans l'air, accentuant la nausée qui l'envahissait à mesure qu'elle reprenait conscience. Rassemblant ses forces, Hermione plissa ses yeux, dans une tentative pour les ouvrir. La lumière crue qui sinua entre ses cils lui fit comme un second choc dans tout le crâne. Elle poussa un gémissement sous la douleur. Elle sentit alors la main qui tenait la sienne la lâcher et des pas battre un sol qui devait être en carrelage. Quelques chuchotements lui parvinrent, et bientôt, une main lui releva le visage, appuyant doucement sa paume contre sa nuque, et Hermione sentit une forte odeur de sauge qui venait s'infiltrer par ses narines. On porta un flacon à l'orée de ses lèvres, et un liquide amer coula dans sa gorge. Une poignée de secondes plus tard, elle sentait son corps se désengourdir et retrouver ses sensations, tandis que la masse qui lui écrasait le front semblait s'alléger. Elle papillonna des yeux, et ne tarda pas à reconnaître les anciennes colonnades qui soutenaient le plafond voûté de l'hôpital Ste Mangouste. Des paravents de draps blancs étaient tendus de part et d'autre de son lit, l'isolant des autres patients de la salle. Elle posa le regard sur une infirmière, qui lui sourit.
- Bienvenue parmi nous, Mrs Weasley. Comment vous sentez-vous ?
Hermione grimaça.
- Fatiguée. J'ai plutôt mal à la tête.
- C'est normal, vous vous êtes blessée à l'arrière du crâne. Nous avons pu arrêter l'hémorragie rapidement, il n'y a pas eu de dégâts. Vous pourrez remercier Mr Shaklebolt, qui vous a amenée ici.
Hermione sentit que la main qui avait tenu la sienne précédemment s'emparait de nouveau de ses doigts. Avec effort, elle tourna la tête. Drago Malefoy se trouvait là. Il avait l'air fatigué, et il lui fit un léger sourire, l'air profondément soulagé.
- Je vais vous laisser, poursuivit l'infirmière. La potion devrait vous rendre des forces. Je reviendrai dans une heure pour voir comment vous allez.
- Merci, murmura Hermione.
La médicomage lui sourit, puis elle souleva le paravent et sortit. Hermione passa sa langue sur ses lèvres sèches, l'esprit encore embrouillé. Drago était là, à Ste Mangouste. Kingsley, c'était lui qui l'avait sortie du Département des Mystères. Hermione se souvenait de l'avoir rencontré avant sa descente. Qu'avait-il dit ? Qu'il veillait sur elle. La jeune femme sentit sa gorge se serrer. Elle ne pouvait se débarrasser de la certitude qu'il savait tout ce qu'elle faisait. Mais malgré tout, sa descente n'avait pas été vaine. Elle reposa son regard sur Drago, qui gardait le silence, comme s'il lui laissait le temps de se réveiller.
- Ma besace ? demanda-t-elle, la voix éraillée, inquiète de son carnet et de ses annotations.
- Avec tes effets personnels, répondit le jeune homme.
Il lui serra plus fort la main, et elle put sentir son pouce qui en caressait doucement le dos. Hermione ferma les yeux un instant, et inspira lourdement.
- Cela fait combien de temps que je suis là ?
- On m'a prévenu hier en fin d'après-midi. Tu es entrée à Ste Mangouste aux aurores.
- Oh… Qui t'a dit que j'étais là ? Tu n'es pas la personne qu'on songerait à prévenir.
- Curieusement, c'est Shaklebolt.
- Vraiment ?
- Oui. Il m'a écrit, tu prononçais mon nom dans ton inconscience.
Drago se permit un sourire goguenard. Hermione roula des yeux.
- Je dois vraiment aller mal, alors, se moqua-t-elle d'une voix encore fatiguée.
Le jeune homme se tendit au-dessus d'elle et l'embrassa légèrement, laissant ses lèvres caresser les siennes quelques instants. Lorsqu'il se retira, Hermione lui souriait.
- Ça va mieux maintenant?
- Oui, admit-elle. Ça va très bien. Tu es resté là tout ce temps ?
- Oui. J'étais inquiet, tu sais.
Hermione serra sa main, ses yeux se perdant dans les iris bleu pâle de Drago. Elle était touchée, et sa présence à ses côtés la comblait. Elle songea un instant à ses découvertes, et sentit son ventre se nouer. Elle voulait tout lui dire, ne pas lui cacher ses trouvailles. Être honnête. Mais ce n'était pas encore le bon moment. Elle tendit alors lentement sa main, et lui caressa la joue du bout des doigts.
- C'est gentil.
- Non, c'est… Normal. Je tiens à toi, tu sais, Granger.
- … Moi aussi.
Ils se sourirent presque timidement. Ils n'avaient ni l'un ni l'autre l'habitude de s'épancher, et ce genre de phrase, surtout entre eux, semblait maladroite. Hermione étouffa un rire.
- Sérieusement ? Tu es là depuis hier ?
- Oui.
- Tu as dormi ici ?
- J'ai insisté, l'infirmière a fini par céder.
- On ne peut pas te résister, c'est ça ?
- Tout à fait. Maintenant, à toi de m'informer… Comment par Merlin t'es-tu retrouvée ici ? Qu'est-ce que m'a écrit Shaklebolt, déjà ? « Une baisse d'énergie un peu alarmante et une plaie à l'arrière de la tête ». Tu imagines ma surprise en lisant sa lettre.
- Déjà que recevoir une lettre de sa part était étrange, sourit Hermione.
- Certes. Bref, dans quoi t'es-tu fourrée, Granger ?
La jeune femme pinça les lèvres, jetant un regard en coin à Drago. Celui-ci soupira lourdement, se froissant ses cheveux blonds sur le haut de la tête.
- Ce ne sont pas mes affaires, c'est ça ?
- Je n'ai rien dit.
- Tu n'en penses pas moins. Je parierai un hippogriffe que tu cherches une excuse à me fournir.
- …
- Tu vois.
- Désolée, marmonna Hermione.
- Tu ne me fais pas confiance ?
- Ce n'est pas ça, c'est… Je dois d'abord y réfléchir. À ce qui m'est arrivé.
Drago fit un sourire de travers, puis se permit de s'asseoir sur le lit. Prenant en coupe le visage d'Hermione, il la regarda d'un air désespéré.
- Ok, garde tes secrets Granger. Mais s'il te plait, évite de te retrouver à l'hôpital, je n'aime pas m'inquiéter pour toi.
- Promis Malefoy, je ferai gaffe.
Il se pencha vers elle et l'embrassa une nouvelle fois. Hermione se laissa faire complaisamment, savourant leur complicité et l'inquiétude dont faisait montre Drago. Il s'étendit légèrement sur elle, prenant appui sur le vieux matelas. Se retirant, leurs deux visage à quelques centimètre l'un de l'autre, il l'observa dans un sourire pince-sans-rire, et releva avec l'aisance de l'habitude une mèche de cheveux bouclés qui venait chatouiller le nez de la jeune femme. Elle étouffa un rire, et tendit ses lèvres, l'embrassant à nouveau. Heureuse malgré son état, elle oublia lentement tout le reste, chose dont elle devrait se mordre les doigts par la suite, car elle ne fit guère attention aux bruits qui auraient pu l'alerter. Elle entendit des voix discuter, mais ne s'en soucia pas. Ce n'est que lorsque le rideau qui entourait son lit se releva, livrant le passage à l'infirmière et à un visiteur, qu'elle repoussa avec mollesse Drago.
- Comme vous le voyez, Mr Potter, votre amie se remet très bien, dit dans un sourire la médicomage.
Elle sortit immédiatement, ne faisant guère attention à la stupeur qui avait saisi les trois personnes occupant le carré blanc qui entourait le lit d'hôpital. Drago se releva avec lenteur, s'asseyant plus commodément sur le lit, tournant obstinément son regard vers la main d'Hermione, qu'il tenait toujours. La jeune femme, elle, se redressa contre son oreiller, et elle sentait ses joues la brûler tandis que trop de paroles affleuraient vers ses lèvres, sans toutefois parvenir à les franchir. Face à elle, figé et la bouche entrouverte, les yeux verts passant rapidement de droite à gauche d'un air incrédule, se tenait Harry Potter, qui découvrait sa meilleure amie dans les bras de Drago Malefoy.
oOo
Lettre de Ronald Weasley à Hermione Weasley-Granger
À l'auberge du Nain vert, le 1er avril 2013
Hermione,
Les enfants sont bien arrivés en France, ils n'ont pas l'air trop fatigué par le voyage en poudre de cheminette. Le pays leur plait, nous sommes allés dans le sud-ouest, et ils semblent apprécier le printemps précoce dont bénéficie le pays. Rose essaie, bien entendu, de placer les six mots de français qu'elle connaît dès qu'elle le peut, quant à Hugo, il a l'air conquis par les pâtisseries locales. Harry m'a écrit que tu avais eu un léger accident, j'espère que ça va. Selon lui, tu ne dois pas te sentir très bien en ce moment. Il n'a pas disserté davantage, mais j'espère que tu ne vas pas te laisser submerger. En ce qui me concerne, comme tu t'en doutes, l'éloignement me fait du bien… Mais les enfants me manquaient atrocement, et je suis content de les voir enfin. Et… J'espère que tu me pardonneras ma « fuite », et que ça ne contribue pas à ton mal-être.
Je pense qu'on devrait s'écrire de temps à autre, ne serait-ce que pour les enfants. Enfin, pas que mon séjour en France doive s'éterniser, Kingsley m'a envoyé plusieurs hiboux pour le moins furieux. Je verrai, mais tu me connais, n'est-ce pas ? Mieux que quiconque, sans doute.
Je t'embrasse affectueusement.
Ron
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Hermione regardait avec anxiété les deux personnes qui lui faisaient face. Nerveusement, elle faisait rouler entre son pouce et son index une boucle de cheveux, et gardait obstinément les lèvres scellées. De toute façon, qu'avait-elle à dire ? Que pouvait-elle possiblement raconter qui changerait la situation ? Elle soupira lourdement, et se redressa contre les oreillers de son lit d'hôpital. Si son corps allait mieux, on ne pouvait pourtant pas nier qu'elle avait cher payé ses soins par la découverte qu'avait faite son meilleur ami, et que son humeur devrait en pâtir.
- Sérieusement, tu comptes vraiment rester silencieuse ? grinça Harry, le ton sec.
- Que veux-tu que je dise ?
- Ma version préférée est celle où j'ai été la victime d'un sortilège hallucinatoire, mais je crois que malgré toute ma bonne volonté, car Merlin sait que cette explication me soulagerait, je ne te croirais pas.
- Alors je n'ai rien à dire qui pourrait te contenter, grimaça Hermione.
Elle passa une main sur ses yeux, souhaitant à son tour se trouver dans un très mauvais cauchemar. Ce n'était pas possible, elle n'avait pas prévu ça. Elle ne voulait pas ça. Elle avait le sentiment d'être au pied du mur. Harry, et à présent Ginny, à qui il avait tout dit, savaient qu'elle… Qu'elle était avec Drago Malefoy. Que la vérité de ces derniers mois n'était en fait qu'un voile, qu'ils venaient de percer. Hermione retira sa main et ses yeux prudents se posèrent sur son meilleur ami. Il ne la regardait même pas, ses traits étaient durs, implacables. Elle l'avait rarement vu aussi furieux, surtout contre elle. Il était assis sur une chaise face à son lit, et se tenait raide, les bras croisés. Un peu plus loin, assise elle sur le rebord du lit, Ginny, qui lui jetait des coups d'oeils incrédules. Elle ne semblait pas particulièrement fâchée, mais Hermione savait qu'elle ne la soutenait pas. Elle supposait que la rousse attendait pour donner son opinion clairement d'être seule avec elle. Ginny savait qu'Harry s'attendait à ce qu'elle soit en tout point du même avis que lui, pourtant elle avait appris combien il était important de séparer son statut d'épouse et celui d'amie. Ce fut finalement elle qui prit la parole, roulant peu discrètement les yeux vers Harry.
- Bon, je ne pense pas qu'on va aboutir à quoi que ce soit si je vous laisse faire. Donc, Hermione, tu es avec… Drago Malefoy ?
Ses lèvres se tordirent par réflexe lorsqu'elle prononça ce nom.
- En quelque sorte, avoua Hermione de mauvaise grâce.
- J'avais donc raison… murmura Ginny.
- Pardon ? l'interrompit son mari, choqué.
- Laisse tomber, Harry, je savais juste qu'Hermione avait quelque peu vu Malefoy, c'est tout. Mais pas dans le sens que tu crois, ajouta-t-elle précipitamment, voyant que le brun allait protester. Je savais seulement qu'Hermione et lui n'étaient plus ennemis, si l'on peut dire, et que sa présence l'aidait.
- Rien que ça ? Et ça ne t'est pas venu à l'esprit de me le dire ? grinça Harry d'une voix amère.
- Ce n'étaient pas tes affaires. Hermione me l'avait confié.
Elle soutint son regard quelques secondes, jusqu'à ce qu'Harry abandonne, agacé mais résigné. Il vrilla ensuite ses iris verts sur Hermione, qui paraissait se ressaisir en voyant la rouquine prendre le parti de la discussion posée.
- Bien. Passons le fait que je sois apparemment le dernier informé... Donc ma vision de Malefoy en train de t'embrasser sur ce même lit ne relève pas de l'hallucination. Très bien. Parfait.
- Je te sens énervé, grinça Hermione, sarcastique.
- Tiens donc, tu crois ?
Ils s'affrontèrent quelques instants en un silence obstiné, chacun semblant vouloir prendre le dessus sur l'autre. Hermione savait que ce n'était pas ce qu'elle devrait faire, mais elle se sentait progressivement de plus en plus furieuse contre son meilleur ami. Certes, ce qu'il avait découvert était surprenant, voir rebutant à certains égards, mais il pouvait au moins attendre ses explications avant de s'emporter contre elle. Elle était une grande fille, et il la connaissait assez pour savoir qu'elle ne faisait pas ce genre de choix au hasard.
- C'est pour ça, que tu as jeté Ron ? lâcha-t-il, la voix emprunte de dégoût.
- Nous y voilà, c'est ça qui te pose problème ? soupira Hermione.
- Non ce n'est pas juste ça, protesta Harry en se levant.
Il se rapprocha d'elle, et Hermione se sentit un instant comme une gamine, acculée par ces orbes qui la fixaient sévèrement.
- Hermione, comment te présenter ça ? soupira-t-il. Tu es avec Drago Malefoy, cette phrase ne te choque pas ? reprit-il d'une voix plus forte. Par Morgane, Hermione, tu es en train de te séparer de Ron, et le fait que tu te consoles avec quelqu'un peut sembler imaginable, mais bon sang de gobelin, entre tous, pourquoi Malefoy ? Il te manipule, Hermione, tu ne le vois pas ? Il déteste Ron, il t'aura mis des idées étranges dans la tête. Je te croyais plus intelligente, mais bon, je sais bien que tu es perdue en ce moment. Il t'a séduite dans je ne sais quel but et….
- Ferme-là, Potter, le coupa Hermione.
- Tu vois, il t'affecte même dans ton langage.
- J'ai dit ferme-là, répéta Hermione d'une voix plus forte.
Elle se redressa et se leva, faisant face à Harry. Elle grimaça alors qu'elle sentait une douleur sourdre dans son crâne, mais elle ne se rassit pas.
- Harry… Ginny aussi, ajouta-t-elle. Je n'ai pas de comptes à rendre. Oui, je suis avec Drago.
Elle sourit un instant alors qu'elle prononçait ce prénom seul, satisfaite de l'agacement qu'elle voyait apparaître sur les visages de ses amis.
- Ron et lui, ça n'a rien à voir, ce sont deux histoires différentes, poursuivit-elle. Si ces évènements se sont croisés, ils restent distincts. Je savais déjà depuis un moment que je n'étais plus bien avec Ron, que nous allions vers notre fin. Quand j'ai eu l'occasion de revoir Malefoy, c'était pour le moins fortuit, puisque ça avait pour but nos enfants, Rose et Scorpius. Puis nous nous sommes rendu compte que, si nous nous comportions de manière correcte l'un envers l'autre, nous nous entendions relativement bien.
- Par ce qu'on peut s'entendre avec Malefoy ? Il ne s'entend que lui-même, grinça son meilleur ami.
- Les désaccords du passé nous avaient toujours empêché de nous connaître réellement, mais je ne mens pas en disant que Drago Malefoy est, en dépit de certains aspects agaçants, une personne des plus fréquentables, répliqua Hermione.
- Je ne m'abaisserai pas à te rabâcher des propos de collégien, siffla Harry, mais malgré le recul que j'ai pu prendre, Malefoy reste l'incarnation du genre de personnes que tu te plaies à conspuer, à raison d'ailleurs.
- Eh bien je suis donc coupable de m'arrêter trop souvent aux apparences. Si vous connaissiez la personne derrière le nom… soupira la jeune femme. Je ne dis pas qu'il est charmant, loin de là, il est vaniteux, orgueilleux, narquois et d'une mauvaise foi assez peu commune, mais qui de nous est exempt de ce genre de défauts ?
Hermione releva les yeux et observa le visage de ses amis. Ginny ne semblait pas vouloir prendre parti si tôt, d'autant qu'au point où en était le récit de son amie, il n'y avait aucune nouveauté pour elle. Quant à Harry, il restait imperturbable, affichant clairement son incrédulité.
- Croyez le ou non, soupira-t-elle, mais je ne mens pas. Ne pensez pas non plus que malgré la sympathie dont j'avais besoin à ce moment-là, je n'ai pas hésité avec lui, que je n'ai pas pensé qu'il tentait de se jouer de moi. Nos discussions de départ n'étaient pourtant qu'une forme de camaraderie, des joutes verbales, et elles me distrayaient. C'était un peu de nouveauté dans ma vie, quelque chose de radicalement différent de tout ce je connais habituellement, et ça me faisait du bien.
- Et nous, on était là, tu te souviens ?
- Ah oui, tu fais mention de l'admirable ambiance qui m'entourait dès que je venais vous voir, sans oublier que Ron a un temps habité chez vous.
- Jamais nous ne t'aurions mal accueillie.
- C'était de nouveauté dont j'avais besoin, essuya Hermione d'un haussement d'épaules. Pourtant, lorsque nous avons commencé à changer dans nos rapports, à aller au-delà d'une certaine entente, je me suis bien entendu rétractée. Mais entre temps, ma situation avec Ron empirait, il y a eu l'épisode de Noël, sa mauvaise foi…
- On sait cela, Hermione, dit doucement Ginny, semblant commencer à comprendre de quelle manière les deux histoires s'imbriquaient.
- Minute, intervint Harry, je me souviens que Zabini a dit que vous vous étiez vus au Nouvel an.
Ses sourcils sombres s'étaient froncés, tandis que dans son esprit à lui aussi les souvenirs et les conversations étranges qu'il avait pu entendre prenaient sens.
- Comme je te l'ai dit, c'était fortuit. Jenny m'avait emmené à une soirée prisé par certains sorciers.
- Dont Malefoy.
- Oui, lâcha Hermione. Mais, certaines aventures de la soirée m'ont décidée à cesser de le voir. J'étais résolue à éviter sa présence, et j'y réussissais bien. Malgré cela, c'est mon boulot qui cette fois-ci me força à le fréquenter. Notre… Attirance était indubitable.
Harry secoua la tête, un sourire exaspéré aux lèvres, alors que sa mâchoire se crispait.
- Ce que tu me racontes est encore plus mauvais que le pire des soaps. Votre attirance, et puis quoi encore ?
- Pour moi aussi ça sonnait faux, crois-moi, rétorqua Hermione. Pourtant les faits sont là. Drago Malefoy me séduit et m'attire. Sa personne, c'est-à-dire son caractère, ses manières, et ses mauvaises manières également, me touchent. Je ne le nie pas. On s'est revu lors des accords de la LSA et…
- Donc lorsqu'on a vu Zabini… Et le fait que je sois là ne t'a pas dérangé ? souligna Harry, l'air écoeuré.
- Nous avons décidé qu'il y avait peut-être quelque chose à tenter entre nous, poursuit Hermione sans prêter attention à son ami. Malgré tout ce que nous faisions pour réprimer ce qui arrivait, c'était bien là. Mais je n'étais pas prête, et je lui ai demandé du temps. Je voulais être sûre de moi. Je n'ai pas trompé Ron, tu sais, jamais.
Elle ne savait pas si ce « tu sais » s'adressait davantage à Harry ou à Ginny. Hermione se rassit, et acheva, fixant du regard le paravent blanc qui isolait son lit.
- J'ai dit à Ron que c'était terminé. Ce n'était pas comme s'il ne s'y attendait pas. Et ne crois pas que ça a été facile pour moi. Et avant que tu ne me lances encore une accusation, je ne me suis pas jetée immédiatement après sur Malefoy. J'ai attendu, j'étais encore incertaine. Je n'ai pas demandé le divorce à Ron pour me mettre avec Drago, je l'ai demandé pour moi-même. Comme je l'ai dit, ça n'a rien à voir. On ne s'est revu que fin février, et c'est là que …
- … Tu t'es mise avec Drago Malefoy.
Harry avait dit cela d'une voix à peu près calme, enfin. Hermione releva un regard timide. Son meilleur ami ne semblait pas ravi, mais la colère avait disparu de son visage, qui s'était rouvert. Si sa colère pouvait prendre flamme en un temps fort réduit, il savait la réprimer par la réflexion. Par ailleurs, son expérience lui conférait un pouvoir d'empathie qui le raisonnait mieux que n'importe quel discours.
- Oui.
- Et tu comptais le dire, un jour ? demanda Ginny, un peu rancunière de l'opiniâtreté dont avait fait preuve son amie quand, auparavant, elle l'avait engagée à parler.
- Peut-être… Je ne sais pas quoi en penser moi-même, donc tu penses bien que c'est un peu compliqué.
- D'après l'infirmière, Malefoy est resté toute la nuit à ton chevet, remarqua Harry, la voix hésitante.
Hermione croisa son regard vert. Il lui sourit, et elle sentit une bouffée d'affection lui étreindre le cœur pour son ami d'enfance. Harry… Elle était toujours surprise lorsqu'il faisait cela, et elle ne pouvait rêver d'un meilleur ami. Harry avait indubitablement mûri, l'instant de colère passé, il s'apaisait, et tentait d'appréhender les sentiments des autres. Elle lui rendit son sourire avec douceur.
- Oui, je sais. Kingsley l'avait prévenu.
- J'ai cru comprendre. Malefoy s'inquiétait pour toi, donc. Qui aurait cru voir ça ?
- Pas moi, admit-elle.
- Dis-moi Hermione, une dernière chose. Je dois encore digérer tout cela, c'est pour le moins une sacrée nouvelle, qui peine à passer.
Hermione acquiesça en silence, sachant qu'elle avait déjà obtenu plus qu'elle n'espérait de cette explication.
- Là, comme tu le remarques, je fais des efforts. Mais, enfin, ce serait trop bête de me brouiller avec ma meilleure amie pour une fouine telle que Malefoy, il ne le mérite pas.
- C'est ça tes efforts ? sourit la jeune femme.
- Non, ce que je veux dire c'est que je ne pourrais pas t'en vouloir longtemps. A Malefoy si, mais c'est normal, non ? Mais, je voulais savoir… Je te connais, je sais que tu es sensible, et romantique, même si tu t'en défends. Il te fait donc rêver, ce Malefoy ?
Le ton sérieux d'Harry rappelait à Hermione celui d'un grand frère consciencieux et inquiet. Elle lui prit la main et le rassura.
- Oui. Il… Il m'enchante pour tout te dire.
Harry sourit.
- Et tu l'aimes?
Hermione ne sut quoi répondre. S'il lui paraissait naturel de protester et de déclarer le contraire lorsque Jenny la taquinait à ce sujet, c'était bien plus difficile face à Harry. Ses yeux verts la fixaient avec une gravité peu commune, et elle savait que c'était important pour lui de savoir. Elle ne pouvait pas lui dire qu'elle ne l'aimait pas, ce n'était pas elle, et ce ne serait pas vrai. Malefoy n'était pas une aventure quelconque guidée par l'ennui, d'ailleurs elle n'était certainement pas une femme à aventures. Elle ne savait pas faire, toute indépendante qu'elle souhaitait être, elle ne tardait pas à s'attacher. Pour autant, était-elle réellement amoureuse de Drago Malefoy ? Ressentait-elle son absence comme un manque, le voyait-elle partout ? Imaginait-elle un avenir pour eux ? Supporterait-elle de le voir la laisser, rompre une relation qu'elle avait spécifiée, pour sa part, sans promesse ?… Hermione ferma les yeux et inspira lourdement, sentant un poids s'abattre sur sa poitrine alors que des images fortuites lui traversaient l'esprit. Elle avait peur des réponses qu'elle savait devoir donner, et s'accorda encore une fois du répit. Chassant obstinément ces pensées de son esprit, elle sourit à Harry, s'excusant implicitement, et changea de conversation.
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Lettre de Kingsley Shacklebolt à Hermione Weasley-Granger
Au Ministère de la Magie, QG des aurors, le 2 avril 2013
Hermione,
Je vous en prie, ne me remerciez pas, ce que j'ai fait est naturel. Si j'avais voulu vous dissuader de continuer votre enquête, je l'aurais fait depuis longtemps, aussi mon accord tacite m'incombait d'un devoir envers vous. Comme vous devez vous en douter à présent, je veillais à ne point trop vous laisser vous enfoncer en eaux troubles sans corde pour vous ramener sauve au rivage. Pour tout vous avouer, j'avais – et je m'en excuse – chargé votre ami Harry de garder un œil sur vous, et de me donner de vos nouvelles – votre excursion à Azkaban n'est pas sans m'avoir laissé des souvenirs et des inquiétudes. J'espère que vous me pardonnerez cette indiscrétion, et sachez que cet espionnage somme toute innocent – Potter n'a jamais su de quoi il en retournait réellement, il est trop tête brûlée pour que je le lui confie – ne dure que depuis les accords de la LSA. Je m'excuse encore une fois pour ce procédé peu protocolaire.
Cette explication est toutefois nécessaire : la nuit de votre descente au Département des mystères, Harry m'avait prévenu que vous lui aviez – encore – emprunté sa cape d'invisibilité. J'ai donc résolu de rester au Ministère, car vous voyant vous aventurer là-bas seule, je souhaitais garder vos arrières. Permettez-moi de vous faire remarquer qu'il était quelque peu inconscient de votre part de descendre là-bas sans la compagnie de Mr Ellery – j'ai appris que vous le fréquentiez – ou de Miss Rosier. Lorsque l'alarme a retenti, j'étais le seul en faction. Je l'ai rapidement arrêtée et je suis venu vous sortir… C'était le moins que je puisse faire pour vous avoir laissé vous aventurer là-bas.
Par ailleurs, j'ignore si j'ai bien fait de prévenir Mr Malefoy, d'après ce que m'a conté Potter lorsqu'il est venu me voir après vous avoir rendu visite. Certes, vous aviez prononcé son nom, mais j'hésitais à interpréter cela comme le nom de l'héritier en question ou celui de la famille concernée par votre enquête – je suppose que cela devait concerner un peu les deux. Néanmoins, je suis moitié cause de votre embarras actuel, et je m'en excuse, quand bien même j'ignorais l'état de vos relations avec monsieur Drago Malefoy – surprenantes relations. Ne vous inquiétez pas pour Potter, il vous aime bien trop pour vous tenir rancune longtemps – et je suppose à juste titre qu'il n'est pas dans ses plans de vous, je cite, « abandonner à Malefoy ». Je vous souhaite de rapidement finir votre enquête, si ce n'est déjà fait, car elle devient dangereuse pour vous. Et n'oubliez pas mon conseil : songez à Narcissa Malefoy, la doyenne d'une famille en connaît souvent tous les secrets.
Votre sincèrement dévoué,
K. Shacklebolt
Lettre de Drago Malefoy à Hermione Weasley-Granger
Manoir Malefoy, Wiltshire, le 2 avril 2013
Hermione,
Je suis désolé que mon inconséquence t'ait trahie auprès de Potter. Je me disais bien que ce n'était pas prudent de rester auprès de toi, mais que veux-tu, j'étais inquiet. Tu vois, c'est un peu de ta faute quand même, quelle idée d'aller te blesser je ne sais où! Bon certes, j'aurais pu éviter de t'embrasser, mais tu ne semblais pas trouver cela gênant – et ne me donne pas l'excuse des médicaments qui te tournaient la tête. Enfin, toujours est-il que maintenant c'est fait, et que Saint Potter me hait encore plus – si cela est concevable.
Sans plus tergiverser, je voulais t'écrire que j'ai hâte de te voir, je n'ai pas trop apprécié de devoir partir de ta chambre à cause de Potty. Je dois avouer qu'il m'a presque effrayé l'espace d'un instant, sa mine était terrible, mais je prends ma part du blâme, j'aurais du m'empêcher de sourire en remarquant le comique de la situation. Il n'a pas du apprécier. Je suppose qu'à présent tu as eu le temps de t'expliquer avec lui, grand bien lui fasse. Enfin, s'il possède au moins une once d'intelligence, ce que je peine à croire, tu le sais, il ne saurait t'en vouloir longtemps – à moi, si, il m'en voudra longtemps, mais c'est moins grave. Tout cela m'a fait penser que Potter allait sûrement en parler à la Weaslette, et que ce ne serait pas trop m'avancer que de croire que notre relation sera bientôt connue – je ne suis pas assuré du silence de l'infirmière. C'est pourquoi je te préviens que je pense dire à certaines personnes, principalement ma famille et mes plus proches amis, la vérité à notre sujet. Ils le sauront bien assez tôt, et je préfère que ce soit de ma bouche. J'espère que tu n'y vois pas d'inconvénient, je sais que cette mise à jour te déplait, et je ne suis moi-même pas très à l'aise avec cela, mais je suis convaincu que c'est le meilleur parti à prendre.
J'espère néanmoins que le grand public ne saura pas cela avant quelque temps, car sinon je nous promets des jours pénibles, et je n'en veux aucun avec toi. J'espère que tu seras rapidement en état de sortir, que je puisse me dépêtrer de cette fichue inquiétude qui me rend pour le moins ridicule – je sais que tu le penses –, et que l'on se retrouve dans un lieu plus réjouissant que Ste Mangouste.
Je ne t'embrasse pas mais y pense fortement,
Drago
oOo
Jane Rosier regarda le panneau d'affichage d'un air incrédule. Sa mine perplexe semblait hésiter entre une joie intense et une vague de terreur qui pouvait la submerger à tout instant. Elle sentit la main tiède qu'elle serrait pour se donner du courage lui rendre sa pression, tandis que la voix surexcitée de celle qu'elle considérait comme sa meilleure amie résonnait avec des accents ravis dans ses oreilles.
- C'est bon Jen', tu l'as ! Félicitations, je suis tellement heureuse pour toi !
La main la secoua légèrement, comme pour la tirer de la torpeur qui la séparait du monde sensible. Jenny cligna des yeux et ne put retenir un cri de joie.
- Oui Monette, j'ai réussi, rit-elle nerveusement.
Quelques larmes roulèrent sur ses joues alors qu'un rire radieux la secouait. Elle n'y croyait pas, ce ne pouvait être qu'un rêve, un rêve merveilleux. Elle avait réussi, malgré tout, malgré ce que sa famille disait, elle venait d'être prise en première année d'internat au très prestigieux et convoité hôpital Ste Mangouste. Elle avait réussi son examen, et elle ne le devait qu'à elle. Jenny se retourna, et de joie, elle sauta dans les bras d'Hermione, qui semblait aussi comblée que son amie.
- Bravo Jenny, bravo, bravo, s'exclama Hermione, amusée et attendrie par la future médicomage.
- C'est réel, n'est-ce pas ? Ce n'est pas la liste des refusés ?
- Non, non, gloussa la brunette, tu es prise, sans le moindre doute !
- Merci Merlin, Morgane, Salazar … récita Jenny, au comble de la joie.
Elles se trouvaient dans le vaste hall d'entrée de l'hôpital, blanc et lumineux. Hermione venait tout juste de quitter sa chambre, à présent guérie, et avait convenu d'un rendez-vous avec son amie pour voir les résultats. Autour d'elles, d'autres exclamations de joie fusaient, tandis que des étudiants se retiraient silencieusement, la tête basse. Jenny se ressaisit, les yeux brillants et les joues roses.
- Je n'y crois pas…
- Eeh si, sourit Hermione, reprenant en main sa besace qui contenait ses quelques effets personnels, parmi lesquels son carnet.
La joie de Jenny faisait plaisir à voir, Hermione savait combien d'espoirs la jeune femme avait mis dans cet examen. Le hall étant bondé à la fois de patients et de jeune étudiants venant vérifier leurs résultats, les deux amies décidèrent de sortir prendre l'air, et après avoir descendu plusieurs rues londoniennes en devisant gaiement, elles choisirent de s'installer dans un petit parc, profitant du soleil généreusement tiède de cette matinée printanière. Outre les résultats de Jenny et la sortie d'hôpital d'Hermione, les deux complices avaient d'autres projets en tête. A l'instar d'Harry ou de Drago, Jenny était venu prendre des nouvelles d'Hermione, culpabilisant tout particulièrement de ne pas être descendue au Département des Mystères avec elle. Hermione lui avait confié ses découvertes, dont elle avait fait une copie qu'elle s'était chargée de donner à Willehm, et les deux amies en étaient arrivées à la conclusion, suite à la lecture de la lettre de Kingsley, qu'il leur restait une dernière démarche à faire avant de boucler pour de bon leur enquête sur la famille Malefoy. En effet, un question demeurait irrésolue : elles ignoraient toujours où pouvait se trouver l'illustre et controversé Lucius Malefoy. Si la suggestion de Kinglsey d'aller parler à Narcissa Malefoy semblait incongrue pour expliquer les divers méandres de ce qui s'était passé, on pouvait toujours espérer obtenir quelque chose d'elle concernant le lieu où se trouvait son mari, qui devait incontestablement être encore vivant.
Hermione savoura les caresses tièdes du soleil sur son visage fatigué et inspira avec délices l'air certes pollué de la ville, mais qui avait l'avantage d'être bien moins confiné que celui de l'hôpital. Jenny la contempla un instant, elle pouvait deviner très aisément que l'esprit de la jeune femme n'était pas calme. Elles avaient quelque peu discuté des récents évènements, de l'attitude de Malefoy, de la découvert d'Harry. Jenny se doutait qu'en ce qui concernait l'enquête, le cœur d'Hermione penchait pour garder secret ce qu'elles apprendraient. Cette histoire de dette semblait la perturber, mais son amie soupçonnait que ce n'était là qu'un prétexte pour se mentir à elle-même et dissimuler l'attachement profond qu'elle commençait à éprouver pour l'ancien serpentard. Ce changement de cap dans l'attitude d'Hermione lui plaisait mais l'inquiétait également, son amie lui semblait vulnérable… Par ailleurs, elle n'osait le lui dire, mais son esprit, comme celui de Willehm, penchait pour la révélation des conclusions de leur enquête au grand public. D'une part, leur patronne commune, Miranda Howitt, était bien loin d'avoir oublié l'enquête, et de l'autre, Jenny ne pouvait se décider en son âme et conscience à laisser le Ministère s'en tirer à si bon compte. Il y avait là une faute grave de sa part. Elle savait que les Malefoy devraient faire face à des procès, mais malgré sa sympathie à leur égard, elle ne pouvait s'empêcher de penser que c'était leur devoir. Elle soupira, agacée par ces considérations, et sourit à Hermione.
- Bon, qu'as-tu décidé ?
- Eh bien, il me faut approcher Narcissa Malefoy, et j'ai pour cela un plan.
- Tiens donc, s'amusa Jenny, guère étonnée.
- Sachant que le secret sur ma relation avec Drago sera bientôt connu de tous, au point où ça en est, il a résolu de devancer les potins et d'en parler à certains proches, dont sa mère.
- Aïe. Quand tu dis proches, tu penses aussi à sa clique de serpentards ? observa Jenny, qui n'avait retenu que cette information.
- Je le crains, mais de toute façon Blaise et Selene Zabini savent déjà l'affaire. Ils pourront le soutenir.
- Hermione, si dans les prochains jours tu croises Pansy Parkinson, cours, la prévint Jenny le plus sérieusement du monde.
Hermione déglutit, faisait une grimace contrite. La vision pour le moins angoissante d'une Pansy Parkinson au sommet de sa fureur lui traversa brièvement l'esprit.
- C'est malin, déjà que cette mesure ne m'enchantait pas, maintenant j'ai peur.
- Courage, sourit Jenny, l'air mi-amusée, mi-compatissante.
Elles échangèrent un regard complice, alors qu'un couple de vieillards passait près de leur banc. Les deux amies attendirent qu'ils s'éloignent de leur pas lent, attendries par leurs bras étroitement liés.
- Bref, j'ai envoyé un hibou à Narcissa, lui demandant de la rencontrer. Elle doit maintenant savoir que je suis en relation avec Drago, et ma démarche semble naturelle…
- Sauf qu'elle ne l'est pas, remarqua Jenny. Hermione, tu veux lui tirer les vers du nez, que penses-tu qu'elle va faire quand elle saura que tu enquêtes sur sa famille ? Elle va prévenir ton cher Drago, et…
Elle se tut en voyant la mine résolue d'Hermione. Elle se sentait un peu mal-à-l'aise, elle sentait qu'il y avait des moments où son amie n'était pas elle-même, où elle poussait et enterrait la vraie Hermione dans un recoin de son être pour se forcer à avancer opiniâtrement en négligeant ses intérêts et ses sentiments.
- On n'est pas obligées, Hermione, si tu veux, je peux m'en charger. Je peux lui parler, mon nom de famille me servira d'introduction, et tu ne gâterais rien entre Malefoy et toi. De toute façon, on sait déjà l'essentiel de l'affaire, on voulait comprendre pourquoi il y avait des irrégularités dans le dossier de Lucius, on le sait maintenant, c'est bon.
- Mais on ne sait pas où il est, lui, répondit mécaniquement Hermione.
- Est-ce que tu veux vraiment le savoir ? Le demander à Narcissa ? Risquer de perdre Drago Malefoy ?..
Hermione tourna les yeux vers elle et lui fit un faible sourire, comme si elle puisait dans ses ressources.
- Jane, je te remercie de ta proposition, mais je vais faire ça moi-même. Tu crois vraiment que je vais lui demander directement ? Je ne suis pas si bête. Je compte prétendre que je crains l'opinion de Lucius, l'évoquer sans en avoir l'air. Je verrai ses réactions.
- Et tu crois quoi ? Qu'en torturant cette femme en lui parlant de son mari, tu vas trouver la solution ? Hermione, peut-être qu'il faut laisser tomber, là.
- Tu ne comprends pas, murmura Hermione, j'en ai besoin. Il faut que je finisse cette foutue enquête, ou je ne serais pas tranquille. J'en ai besoin, j'ai l'impression que lorsque je cesserai de m'interroger sans cesse, je ne serai plus coupable de trahison envers Drago.
- Pourtant, tu le seras toujours, répliqua Jenny.
- J'ai besoin de finir cette enquête… répéta Hermione.
Ses épaules s'affaissèrent et elle baissa la tête, fixant ses genoux. Elle savait qu'elle s'obstinait inutilement, qu'elle avait déjà beaucoup donné, trop peut-être. Elle n'avait plus l'âge et l'innocence nécessaires pour avancer coûte que coûte, cet aveuglement enfantin aux sentiments des autres qui l'avait portée à Poudlard. Elle n'était plus une adolescente fière et courageuse, mais pourtant… Elle avait toujours impétueusement besoin de savoir, de boucler la boucle de ce qui avait été commencé voilà quelques mois. Elle ne pourrait être tranquille en laissant une ouverture, il lui fallait fixer ce qu'elle avait ébréché par sa curiosité. Elle sentit le regard de Jenny l'observer avec circonspection, mais elle n'y fit guère attention. Hermione aurait aimé que son amie la soutienne, mais même si ce soutien lui tenait à cœur, il ne lui était pas indispendable.
Quelques heures plus tard, en début d'après-midi, Hermione se retrouva donc face à Narcissa Malefoy, qui la recevait dans le petit boudoir qu'elle occupait d'ordinaire lorsque des invités venaient. Elles se trouvaient dans un château cossu du Sussex que la sorcière aimait habiter la majeure partie de l'année. Les deux femmes, après les politesses d'usage, étaient restées silencieuses, et Hermione n'osait prendre la parole, intimidée malgré elle face à la prestance de la mère de Drago. Elle se rappelait l'avoir vue près de quinze ans plus tôt, et malgré les années, la Lady restait d'une élégance et d'une grâce difficilement comparables. Malgré le but informatif dans lequel elle avait décidé de cette entrevue, Hermione était nerveuse, elle qui se souciait peu de l'opinion d'autrui, craignait de ne pas faire bonne impression. Elle n'avait pas informé Drago de sa visite, mais elle savait que malgré ses intentions peu louables, cette démarche approfondissait encore leur relation.
Hermione releva les yeux vers Narcissa et celle-ci lui accorda un léger sourire, mais la jeune femme ne put dire si c'était une preuve d'amabilité ou de simple politesse. Finalement, la maîtresse des lieux engagea la conversation.
- Drago m'a dit que vous aviez eu un léger accident récemment, si je ne me trompe ?
- Oui, c'est cela. Je me suis ouvert l'arrière de la tête en tombant, répondit sommairement Hermione.
- Merlin, vous avez dû faire une sacrée chute. Tout va bien à présent, j'espère ?
- Comme vous le voyez, Milady, je suis devant vous, sourit Hermione.
Narcissa sembla hésiter un instant, contemplant son invitée, puis lui dit :
- Appelez-moi Narcissa, au moins. Vu nos relations respectives avec Drago, je ne veux pas d'une telle distance entre nous.
- C'est aimable de votre part.
- Mon but n'est pas d'être aimable, mais si mon fils m'a parlé de vous, c'est bien que vous avez quelque mérite.
Hermione n'était pas sûre du sens à attribuer à ces paroles, mais elle s'en contenta, n'osant pas poursuivre la conversation. À son grand damne, elle se sentait intimidée, et espérait que si elle se laissait guider par son hôte, elle pourrait de quelque manière parvenir au sujet qu'elle souhaitait aborder avec elle.
- Hermione, je peux vous appeler par votre prénom ?
- Bien entendu.
- J'ai cru comprendre que vous êtes mariée à Ronald Weasley, est-ce juste ?
- Vous pouvez difficilement l'ignorer, admit Hermione.
Harry, Ron et elle étaient célèbres depuis la fin de la guerre, et pendant un temps, les journaux s'étaient emparés du moindre fait survenant dans leur vie privée.
- Ronald et moi sommes en instance de divorce, poursuivit-elle. Cela fait un moment que nous nous entendons plus. Il est en France, actuellement.
- C'est vrai que pour certains, un divorce n'est pas une procédure si dérangeante, remarqua Mrs Malefoy.
Hermione accusa la légère distance qu'avait placé la belle femme blonde. Pourtant elle décida de défendre sa cause.
- Nous sommes jeunes, et lorsqu'une histoire d'amour ne fonctionne plus, mieux vaut s'offrir une seconde chance. Un divorce reste toutefois pénible quelle que soit la classe sociale, Narcissa, si c'est ce à quoi vous faites allusion.
- Vous ne pourrez nier que la chose est bien plus acceptable pour vos proches que pour ceux de mon fils et de son épouse.
Narcissa avait relevé un sourcil élégant. Elle semblait tester son invitée, en la plongeant la tête la première dans le sujet sensible.
- Alors Drago et Astoria auront eu le privilège d'être des précurseurs, répondit Hermione, peinant à dissimuler une pointe d'ironie.
- Ne vous êtes vous jamais demandé si votre divorce n'était pas une erreur ? Vous pourriez vous être égarée, il n'est pas toujours simple de voir clair.
- Excusez-moi si je conçois des soupçons abusifs, mais m'accusez vous de divorcer à cause de la relation que j'ai avec Drago, voire pire, insinuez vous que je suis la cause de son divorce, demanda la jeune femme, blessée.
La maîtresse des lieux prit un air contrit, admettant par son silence sa pensée. Elle n'avait pas voulu offenser son invitée, sa délicatesse ne le souffrait pas, mais son instinct de mère la poussait à protéger au mieux son fils.
- Narcissa, reprit Hermione, je ne suis pas une intrigante.
Sa voix s'était nouée.
- Mon divorce comme celui de Drago sont deux évènements indépendants. Dois-je préciser, en guise d'argument, qu'il est d'autant moins vraisemblable que l'un de nous deux ait détruit le mariage de l'autre que nous étions des ennemis de longue date. Vous le savez, Mrs, je ne doute pas que Drago vous ait confié nos querelles personnelles, comme vous n'ignorez pas notre antagonisme quant à mon amitié pour Harry Potter, qui s'oppose d'une certaine manière à votre famille. Si nos mariages respectifs n'avaient pas été en fin de parcours, nul doute qu'aucun ennemi n'aurait pu les briser. Je ne veux pas ramener des souvenirs pénibles en faisant mention des raisons qui pouvaient nous éloigner, mais je peux vous assurer que la relation existant entre Drago et moi est tout sauf futile, et puisqu'elle a réussi à naître malgré notre opposition première, je me permets de croire à son importance et à sa valeur.
Hermione se tut, le souffle court. Elle n'avait pas prévu de s'emporter ainsi, elle avait peur d'avoir blessé son hôte, mais les soupçons de celle-ci l'avait heurtée. Elle n'avait jamais vu l'histoire sous cet angle, elle refusait de se considérer comme la maîtresse de Drago Malefoy, celle qui détruisait son couple. Narcissa paraissait ébranlée par ce discours, et presque spontanément, elle tendit sa main pour serrer celle d'Hermione. La véhémence qu'avait mise Hermione à défendre sa relation avec son fils et à la laver de tout soupçon était touchante et était la plus digne preuve d'affection qu'elle put donner. Ses yeux brillants, ses joues rougies, toute la chaleur de ses paroles se teintaient d'un accent de sincérité qui ne pouvait être mis en doute, et Narcissa se conforta dans la certitude que son invitée lui avait parlé à cœur ouvert. Son visage se dénoua alors et devint plus expressif, comme si elle délaissait son masque pour s'excuser auprès de la jeune femme.
- Je suis désolée d'avoir formulé de tels soupçons à votre encontre Hermione. Bien sûr, je sais que vous êtes spéciale, sinon, mon fils ne m'aurait jamais parlé de vous, il ne vous aurait pas même mentionnée. Et de même, je sais qui vous êtes Hermione Granger, comment pourrais-je l'oublier ? Je me souviens même vous avoir croisée lorsque vous étiez adolescente. Vous n'êtes pas une inconnue, finit-elle sur un sourire.
La brunette ne répondit rien, étonnée par cette aménité de la part de Narcissa Malefoy. Celle-ci relâcha sa main et leur versa du thé, poursuivant son explication.
- Je sais également quel genre de femme vous êtes. Honnête, intègre, intelligente, peut-être trop idéaliste, mais vous vous débrouillez bien. Je sais que vous êtes fidèle en amitié, engagée, réfléchie, et altruiste. Oui, je sais tout cela de vous, et pas uniquement à cause des magazines. Ce sont des choses qui se devinent à vos actions. Je peux comprendre pourquoi vous plaisez à Drago, et je peux même soupçonner pourquoi il vous plait, même si votre relation reste une immense surprise. Quant à mes soupçons, sachez que ce n'était qu'une hypothèse mal formulée et qui correspondait peu avec ce que je devrais penser de vous.
- … Merci, murmura Hermione, touchée. Je me doute que la situation n'est pas aisée pour vous.
- J'en ai vu des pires, éventa Narcissa.
Hermione lui sourit, et but une gorgée de thé. Le goût sucré de ce mélange aux fleurs et fruits estivaux finit de la rasséréner. Elle observa Narcissa Malefoy. La Lady paraissait s'être ouverte, et lui offrait une résistance bien moins froide que ce qu'Hermione aurait pu croire. Les Malefoy semblaient tous avoir pris du recul… Tous, certes, mais il en manquait un.
- Vous me faites bien meilleur accueil que je ne l'espérais, avoua Hermione. Mais je ne peux m'empêcher, bien malgré moi, de penser à votre mari… Son aversion à mon égard est connue.
Narcissa eut un instant d'abandon, durant lequel son visage exprima une certaine lassitude mêlée de mélancolie.
- Lucius a toujours eu des opinions particulières, admit-elle. Néanmoins vous savez qu'il est emprisonné…
- Certes, mais il apprendra bien rapidement pour votre fils et moi, ajouta à contrecœur Hermione, se flagellant mentalement pour ce qu'elle considérait comme du rentre-dedans.
- Je puis vous assurer qu'il n'en saura rien.
- Comment… ?
Hermione laissa sa question en suspens, n'osant s'aventurer plus loin. Narcissa ne sembla pas s'en rendre compte, la mine réfléchie, elle semblait étudier attentivement ses différentes options. Finalement elle sourit à Hermione, et conclut le sujet.
- Lucius est très malade, il n'en a plus longtemps à vivre. Je vous le dis en stricte confidence. Je crois bien qu'il ne saura jamais votre relation avec mon fils, bien que je regrette qu'il ne le puisse pour revenir lui aussi de ses erreurs de jugements.
Hermione ne sut quoi répondre. Elle avait le ferme sentiment que Narcissa lui mentait, sinon elle n'aurait pas tant hésité, mais étrangement, elle sentait dans la tristesse de la voix de son hôte comme une preuve irréfutable de vérité. Respectueuse, elle laissa le sujet se clore, gênée d'avoir même osé l'aborder.
oOo
- Drago … Est-ce vrai ? Que ton père va mourir ?
Le jeune homme releva la tête, pris de court par la question. Hermione n'avait pas été très loquace ce soir, et il supposait qu'elle se sentait encore fatiguée par son mystérieux accident. Ils étaient tous deux allongés dans le grenier de sa demeure londonienne, côte à côté, la tête à l'envers de l'autre, le regard perdu dans le ciel piqueté d'étoiles qui les surplombant. Ils étaient silencieux depuis quelques minutes, savourant juste la présence de l'autre, sans nul besoin de s'agiter. Du moins Drago avait l'impression que c'était le cas, mais la voix étouffée d'Hermione révélait qu'elle était perturbée.
- Je crois, répondit-il. C'est ma mère qui te l'a dit ? Elle m'a appris que tu étais venu la voir.
- Oui, ta mère m'a dit qu'il est malade.
- Alors je suppose que oui, il va bientôt mourir, murmura Drago.
Il sentit la paume chaude de la jeune femme serrer la sienne, et une douce tiédeur l'envahit. Sa présence l'apaisait, et à présent il se rendait compte qu'elle lui avait manqué. Pour autant, ce que Narcissa avait confié à son amante l'inquiétait… Elle ne lui en avait rien dit.
- Comment cela, tu supposes, demanda Hermione.
- Je ne vois pas souvent mon père. Je sais… Je sais que son état est mauvais, hésita le blond. Mais cela fait des années, ajouta-t-il. Si ma mère affirme qu'il n'en a plus pour longtemps, c'est que cela doit être vraiment le cas.
Hermione fronça les sourcils. Elle sentait que ce qu'elle avait dit à Drago le surprenait, son ton légèrement peiné ne pouvait se dissimuler derrière sa feinte indifférence. Elle se redressa et le contempla, allongé à ses côtés, ses cheveux blonds enrobant son visage de fils presque argentés dans la lumière bleutée de la nuit. Ses iris très clairs brillaient d'un éclat particulier. La voyant apparaître dans son chant de vision, il lui sourit, et porta sa main à ses lèvres, qu'il embrassa doucement.
- Je suis content que tu sois allée voir ma mère. Je sais quelle est ton opinion sur notre relation, et ton geste me touche, Granger.
Hermione sourit, attendrie. Elle ne pouvait empêcher son cœur de faire des soubresauts nerveux, et malgré tous ses efforts, elle se sentait infiniment bouleversée par l'homme face à elle. Ensorcelée, envoûtée, charmée, elle paniquait presque car il lui semblait n'avoir jamais ressenti cela auparavant, n'avoir jamais été autant dépossédée d'elle-même.
- Je ne sais pas trop pourquoi je l'ai fait, avoua-t-elle. Mais ta mère est une femme charmante.
- Je sais, sourit Drago. Elle t'aime bien, je crois.
- Vraiment ?
Drago se redressa et l'embrassa légèrement, étonné comme toujours de tenir une telle jeune femme entre les bras. Sa tendresse, son intelligence, ses mines adorables, son mauvais caractère même, il ne pouvait s'en passer. Alors que ses lèvres quittaient le velours des siennes, il la retint un instant dans son bras, à quelques dizaines de centimètres de lui. Ses cheveux fous bouclaient avec volupté autour de son visage fin, ses grands yeux sombres l'embrasaient d'un simple regard, surplombant son nez délicatement piqué de quelques tâches de son et sa bouche charnue dont les lèvres s'ourlaient d'un sourire. Il s'était entiché d'Hermione Granger. Il était amoureux, éperdument.
- Tu sais, poursuivit Hermione, je pense que je vais t'imiter, parler de toi à certaines personnes. Bon presque tout le monde est au courant de mon côté, grimaça-t-elle, mais il doit bien y en avoir un ou deux à qui ça a pu échapper.
Elle laissa échapper un rire, espiègle.
- Je pense surtout à Ron. Il m'a écrit, tu sais ? Les enfants sont chez lui pour les vacances. Je veux qu'il sache pour toi. Parce qu'il mérite de savoir, et l'apprendre par la presse pourrait le tuer.
- Je ne vois pas où est le souci, s'amusa Drago.
- Sérieusement, je veux lui dire parce que malgré mes hésitations, j'ai envie que notre histoire dure, avoua-t-elle, vrillant son regard dans le sien.
Le jeune homme sentit son cœur bondir dans sa poitrine. Il n'était ni émotif, ni romantique, mais le pouvoir qu'obtenait l'ancienne griffondor sur ses sens dépassait l'entendement. Il n'était pas homme à se sentir courageux et téméraire par le simple regard d'une personne posé sur lui, par plus qu'il n'avait l'habitude de s'attacher rapidement à quiconque. Mais Granger n'était pas n'importe qui, elle n'était pas nouvelle dans sa vie, elle était là depuis longtemps, elle avait presque toujours été là. Marchant à ses côtés sans qu'il ne se soucie d'elle, même si toujours présente en filigrane sur le tableau de sa vie. Pourtant, il lui semblait l'avoir toujours attendu, il ne s'était jamais senti aussi complet et entier que depuis qu'ils s'étaient apprivoisés. Aimés, peut-être… Lui, il l'aimait, il le savait à présent, mais elle ? Il voulait le lui dire, lui jurer fidélité et tendresse, tous ces serments qu'il n'avait eu de cesse par le passé de trouver désuets et hypocrites, paroles vides de sens à ses yeux. Ces serments lui semblaient à présent les plus sincères présents dont il voulait couvrir la jeune femme. Mais il était encore trop tôt… Il le savait, elle fuirait s'il se confiait de la sorte. Il se contenta donc de lui sourire, ravalant le flot de mots qui grondait en lui.
- C'est une promesse, ça, je me trompe ? remarqua-t-il.
- Peut-être, répondit la brunette, malicieuse.
- On n'est jamais sûr, avec toi, grogna-t-il.
- C'est bien ce qui te permet de savourer chaque instant, constata-t-elle, mutine.
Elle étira ses doigts vers lui, les laissant effleurer le visage pâle de Drago. Malgré elle, elle tremblait. Elle avait peur, elle était terrifiée. Elle voulait lui avouer l'enquête, tout lui dire. Lui demander en toute sincérité ce qui était arrivé à Lucius. Ne plus chercher, ne plus fouiller, ne plus lui mentir. Elle voulait tout cela, comme l'on se débarrasse d'un fardeau trop lourd, pénible, harassant. Mais elle ne voulait pas qu'il la quitte. Jamais, lui chuchotait son cœur. Hermione se sentait mourir d'angoisse à l'idée qu'il ne veuille plus la voir. Intrinsèquement, elle le haïssait de l'empêcher de se concentrer, elle le détestait de changer ses objectifs, ses principes les plus solidement ancrés. Comme une rafale, avec la violence que supposait son prénom, il ravageait tout. Et elle tremblait d'une angoisse délicieuse.
- Ton père… Tu n'as pas peur qu'il meurt ?
- S'il meurt, hésita Drago, comme s'il en doutait, beaucoup de choses vont changer.
- Vraiment ?
- Oui. J'aimerais que tu restes avec moi à ce moment-là, Granger.
Hermione sentit la tension qui vibrait dans ses orbes de glace. Comme un feu enfoui. Une détermination de fer, qui la surprit un instant. Mais la douce étreinte des bras de Malefoy autour d'elle l'apaisa aussitôt, et elle se blottit contre lui. À genoux, face à son amant, enlacée dans ses bras, elle se sentait bien, forte. Elle huma son odeur. Elle allait lui dire, tout lui avouer, ne plus lui mentir. Jenny, Willehm, Kingsley, tous la condamneraient. Mais son cœur savait que c'était la bonne chose à faire. Elle l'écouta plutôt que sa raison, pour la première fois de sa vie, cette dernière fut anéantie. Elle ne voulait plus être raisonnée. Sa relation avec Malefoy dépassait toute logique. Elle allait tout lui dire mais… Demain, songea-t-elle en sentant le jeune homme resserrer son étreinte.
- Je te promets que je resterai avec toi, Malefoy.
Elle promit sans ciller, sûre d'elle.
oOo
Hmm… Verdict ? Ouais, ça fait longtemps, il faut se remettre l'histoire en mémoire (moi-même il faut que je m'y remette, quand je me relis, je me dis « mon dieu, comment ai-je pu tisser une telle intrigue ? J'en suis où maintenant ? Y'avait une logique à la base, je dois la retrouver ! ») Ouais, je me dis tout ça, c'est flippant. Comme ça vous êtes pas rassurés du tout, désolée ( :
Bon, je ne demanderai pas une avalanche d'avis, ce serait un peu trop après cette absence... Mais quelques-uns, pour jauger le tout, condamnation ou non !
En tout cas à la prochaine (je me fixe un mois pour m'y remettre correctement, c'est parti !)
A la prochaine les amis ! (rooh, ça fait longtemps que je ne l'ai pas fait, j'ai le droit)
Baisers
Olivia, alias Stellmaria
