Merci à Mariee1 pour la correction
Chapitre 1
Retour au bercail
J'errais depuis un siècle, des décennies sur cette Terre. Je l'avais vu évoluer dans les deux sens. Bon et mauvais. J'avais vu le monde se déchirer lentement et encore aujourd'hui aux XXIème siècle le carnage continuait.
Je ne m'aventurais plus près des humains, de personne en réalité, je me complaisais dans ma solitude, devenue une amie très chère mais pesante. Je parcourais le monde depuis près de cent trente ans, ne m'arrêtant jamais plus que quelques jours. Mais aujourd'hui la vie de nomade me faisait souffrir. Le contacte humain me manquait un peu plus chaque jours. Je souhaitais ardemment avoir une vie assez stable malgré ma nature.
En ce moment je me trouvais perché au sommet d'un arbre dans l'une des forêts denses près de l'Alaska. Je regardais le paysage qui s'étendait devant moi. Pourtant très éloigné des humains je pouvais entendre les cœurs des habitants vivant au bord de la forêt.
Je regrettais ma vie humaine. J'enviais ces humains qui ne savaient pas la chance qu'ils possédaient. Se plaignant dans leur malheur et leur vie morne. Se haïssant les uns les autres sans aucunes raisons valables et je les jalousais secrètement. Pour compenser se vide j'essayais de me souvenir de ma vie quand j'étais encore humaine. Mais les souvenirs devenaient plus flou jour après jour.
Je critiquais les humains mais je n'étais pas mieux. Je ne servais à rien, personne n'avait besoin et voulait de moi. Je commençais à penser que mon destin était déjà tout tracé. Mon instinct de préservation était bien trop grand pour que je puisse mettre fin à mon éternité. Et dieu qu'elle était longue. J'étais comme ces humains, je me morfondais dans mon malheur et ma tristesse. Et je ne faisais rien pour les atténuer.
Je sentis quelque chose d'humide s'écraser sur ma joue, puis sur tout mon corps. Il pleuvait. Mes ailes apparurent dans mon dos et se refermèrent sur moi. J'étais à l'abri de ce cocon de plume en acier, me rendant hermétique au monde extérieur. La pluie représentait – pour moi- une chanson triste, un appel à l'aide. Tout dépendait de notre interprétation face à cette douce musique.
Je ne savais pas combien temps j'étais resté ainsi mais quand la pluie cessa j'eus une révélation. J'en avais assez de vivre en exclue, il fallait que ça change et vite. Je me souvins de lieu où j'habitais pendant mes années mortelle : Forks.
Le voyage dura cinq jours, il aurait pu être moins long si je ne me fatiguais pas à une vitesse alarmante. Voler m'épuisait considérablement. Je me posais doucement dans la forêt environnante en pleine nuit pour ne pas être vu et fis disparaître mes ailes plus encombrantes. Je marchais pendant des heures jusqu'à trouver un sentier. Au lieu de le monter je le descendis, je dû marcher une heure tout au plus pour sortir de la forêt et voir les premières habitations. Je marchais le long des trottoirs en essayant de me souvenir où je vivais exactement à Forks.
Mes pas me menèrent devant une maison abandonnée depuis un certain temps déjà vu la façade, et j'imaginais le pire pour ce qui concernait l'intérieur. Une sensation de déjà vu s'insinua en moi, je l'avais trouvé, c'était elle. Ma maison.
La maison était – normalement – blanche aux volets bleus. La porte – la nouvelle – était faite en bois sombre. On aurait pu croire qu'elle était petite mais à l'intérieur il y avait beaucoup d'espace. Elle nous suffisait à mes parents et moi. Elle montait sur deux étages, ma chambre était au rez-de-chaussé et celle de mes parents à l'étage. C'était fébrile que j'avançais vers la maison délabrée.
Le perron était poussiéreux, des débris en tout genre jonchaient le sol boisé. La peinture sur les volets s'écaillaient et la porte était dans un état pitoyable. Tremblante je pris la poignée brisée entre ma main blanche et la tourna lentement et finis par pousser la porte. Au mouvement de celle-ci un grincement strident se produisit et de la poussière tomba sur moi. Il faisait sombre et il ne devait plus avoir de courant depuis longtemps. Mais par un heureux hasard je trouvai une bougie, j'allumai. Une fois le hall éclairé, je faillit crier, des toiles d'araignées, des centaines...un frisson me parcourut l'échine. Je coupais cette vision d'horreur pour mettre focaliser mon attention autre part. Le mobiliers étaient recouverts de grands draps blanc, les tableaux décrochés des murs, se trouvaient au sol, eux aussi recouvert du tissu blanc.
Rien n'avait changé, je me voyais assis sur le divan écoutant mon père me raconter une de ses nombreuses histoire, je sentais l'odeur de la viande qui chauffait dans le cuisine, embaumant la salle de séjour. Il y avait toujours le piano à queue dans le coin de la pièce, mais il devait être inutilisable désormais. J'étais à la maison. Nous étions une famille de classe moyenne, mon père était le shérif du compté et ma mère s'occupait du foyer et de mon éducation.
Le jours pointait le bout de son nez, il était temps de remettre cette vieille maison en état. Et enlever ces locataires et vite ! Mais je ne pouvais pas le faire seule, il me fallait de la main d'œuvre. Je soufflais. Bon pour commencer j'allais devoir me procurer des papiers, et une voiture – sans savoir conduire c'était pas gagné – et le problème d'argent était déjà résolut.
J'étais devenue la seule héritière d'une vieille femme que j'avais aidé lors d'une de mes rares escales dans les villes. J'étais resté tout le long de sa convalescence, mais je ne mettais pas préparée à son décès. Le temps que j'avais passé avec Mona avait apaisé ma solitude mais après sa mort je détestais les mortels et leur promesse, leur faiblesse. Mais aussi moi et mon immortalité. Elle m'avait mentit en me disant que c'était juste une petite grippe, elle avait juste omit de me dire qu'elle était mourante. Je m'étais fais passé pour une nièce éloignée pour pouvoir rester près d'elle. C'était avec plaisir que je m'étais occupé d'elle, aucune pitié juste le plaisir de me sentir utile pour une fois. Et un beau jour alors que je rentrais du marché, Mona était partie. Pourtant, elle allait bien quand j'étais partie, elle riait, souriait, elle faisait même du sarcasme. Mais, elle avait succombé à la maladie. Elle avait patiemment attendue que je parte pour mourir. La seule chose qui me restait d'elle fût une lettre et tout ses biens. Je n'étais pas partie comme une voleuse, non j'avais attendue stupidement qu'elle se réveille, comme quoi elle me faisait une farce, étant joueuse pour son âge avancé. J'avais perdue ma grand-mère voilà comment je le voyais à l'époque. Mona eut droit à des funérailles digne d'une reine. Tous les villageois était venu pour lui rendre un dernier hommage. Je n'avais ni parlé, ni pleuré, restant muette dans la douleur. J'étais resté cloîtrée dans sa maison recluse. J'étais morte une seconde fois. Je l'avais détesté de me faire ressentir un tel degré de souffrance, puis la culpabilité de ne pas avoir été là pour lui dire adieu, de lui en vouloir pour avoir suivit le cour de son histoire. Puis la joie, elle ne souhaitait qu'une chose rejoindre son défunt époux. Elle l'avait rejoint mais elle m'avait laissée seule. Me laissant seule dans ma triste éternité.
Puis un jour, j'avais disparue en regardant en arrière certes, je m'étais arrêté au cimetière pour lui dire au revoir. Pour lui dire d'être heureuse. Et merci, j'apprenais de mes erreurs. Je m'étais promis de ne plus m'attacher à un être fragile qui pourrait un jour ou l'autre partir comme elle dans un sommeil sans fin. Non je ne désirais plus me lier à quiconque.
Dans mon jeune âge d'immortel, pour moi tout était éternel. Plus rien n'avait de fin. Mais Mona m'a fait ouvrir les yeux.
Depuis ce jour j'avais arrêté de prendre une pose dans les villes, je ne voulais plus connaître cette souffrance, je ne voulais pas que ma solitude soit apaisée par un humain, elle serait encore plus forte quand il aurait disparu. Ce fut ma dernière année où je fréquentais une ville. Ce fut aussi le commencement de ma vie de nomade.
Je sortie de mes pensées noirs, je n'avais même pas remarqué que je pleurais. Je repris tout aussi vite mes esprits et me posais mentalement, pour réfléchir à ce que je devais faire. Si je devais vivre chez les humains un certain temps, mieux vaux le faire bien.
Bon tout d'abord il me fallait une voiture pour pouvoir me déplacer aisément. Je sortie de la maison et marchais sans but précis n'ayant qu'une chose en tête : une voiture. Je relevais le regard, je me retrouvais un peu plus loin dans la rue. Quelque chose attira mon regard. Une Chevrolet rouge délavée à plateau se tenait devant moi. Un homme d'une quarantaine d'année se tenait juste à côté, il posait une pancarte il était écrit dessus : A vendre.
C'était mon jour de chance. Je m'approchais doucement de lui et toussais pour lui signifier ma présence. Il sursauta.
- Oh, que puis-je pour vous Mademoiselle ?
- Je suis nouvelle en ville et je n'ai aucun moyen de transport, et j'ai vu votre pancarte, lui dis-je calmement.
- Je vois. Il réfléchit. Attends ici veux-tu. J'acquiesçais.
Le vieil homme se dirigea vers sa maison où se tenait une femme, son épouse peut-être. Il lui parla de mon vœux d'acheter la voiture. Puis il revint vers moi et me posa quelques questions.
- Où habites-tu petite ?
- La vieille maison au bout de la rue. L'informais-je. Il avait les yeux rond.
La maison blanche en bas, tu n'es pas sérieuse? Il me scruta intensément. Si.
- Cette maison n'a pas été occuper depuis soixante ans, petite. Tes parents vont avoir du boulot pour la remettre sur pied. Mon regard s'assombrit.
- Mes parents sont décédés Monsieur. Cette maison appartenait à ma famille autrefois je suis là pour lui redonner sa jeunesse.
- Pourquoi, c'est une perte de temps, petite.
Il commençait clairement à m'énerver avec ses «petite» et ses questions plus indiscrètes les unes que les autres. J'étais là pour la voiture pas pour lui faire un dessin de ma vie. De plus je détestais mentir et j'allais devoir le faire s'il continuait à me demander des informations sur ma vie. Se méfiait-il de moi? Qu'avait-il à craindre d'une jeune fille de seize ans? Enfin plus tout à fait mais j'étais figé dans mes seize années.
- Un vœux de mes parents. Mentis-je. Il m'examina sous toutes les coutures pour finir de prendre quelque chose dans sa poche arrière de pantalon. Les fameuses clés.
- Tiens, prends-les. Il me tendit le trousseau. Garde ton argent pour les réparations.
- Merci Monsieur.
- Appelle moi Joe, après tout nous sommes voisins. Me sourit-il.
Je hochais la tête et me présentais pour me montrer polie. Il l'avait fait par charité c'était certain. Je détestais ce genre d'individu. Pire si c'était par pitié. Ensuite il enleva l'affiche devenue inutile pour repartit dans la vieille maison. Ça avait été plus facile que je ne l'avais pensé. Je montais dans le véhicule prudemment et démarrais. Maintenant tout était une question de réflexe et de bon sens.
J'arrivais miraculeusement indemne – après avoir demander mon chemin – à Seattle. Ici j'allais pouvoir me fournir des papiers à jours. Et oui je doutais sérieusement qu'ils acceptaient les papiers de plus de 130 ans. Je tournais dans les rues bondées cherchant une adresse précise sans la trouver. Au bout d'une demi heure, je trouvais enfin le local tant recherché. Je sortis du véhicule et pris la direction du vieux bâtiment. Sur la porte était gravé : J. Jenks.
Je pénétrais dans le lotissement et arrivais directement devant la secrétaire. Grande brune aux airs de sainte, elle faisait plus âgée à cause de son tailleur cintré noir. Ses lunette rectangulaire noir et son chignon où aucuns cheveux ne dépassaient.
- Oui, que puis-je faire pour vous ?
- J'aimerais faire de nouveaux papier.
- Bien. Suivez-moi, je pense que Mr Jenks peut vous prendre.
Nous traversâmes un long couloir blanc et nous nous arrêtâmes devant la porte du fond.
- Monsieur, une cliente pour vous.
- Faite la rentrer, Lise.
La dite Lise ouvrit la porte et me demanda silencieusement d'entrée ce que je fis en lui adressant un petit sourire; elle me le rendit, puis s'en alla. Je reportais mon attention sur la petite salle. Les murs étaient beiges, un grand tableau accroché sur le mur de droite, une bibliothèque standard collée au mur opposé. Un tapis circulaire rouge et beige sur le sol parqué, le bureau – où demeurait un nombre incalculable de papiers, était disposé au milieu de la pièce carré. Une grande baie vitrée s'élevait derrière celui-ci, faisant pénétrer les faibles rayons du soleil.
Mon regard se posa sur l'homme debout en face moi. Assez grand et svelte. Il avait des cheveux bruns coupés court, un visage virile sans plus. Des yeux bleus aciers qui donnaient une impression de froideur mais son sourire chaleureux affirmait le contraire. Il portait une chemise blanche rentrée dans son pantalon droit noir, sa veste était posée sur son fauteuil. Me sortant de mon étude je n'attendis pas la permission pour m'asseoir.
- Alors que puis-je pour vous Mademoiselle ? Me demanda-t-il en prenant place dans son siège.
- Swan, et il me faudrait de nouveaux papiers. Les raisons sont confidentielles.
- Bien sûr Mademoiselle Swan. Alors que vous faut-il? Me demanda-t-il en prenant de quoi écrire.
- Un acte de naissance, carte d'identité – je lui tendis une photo de moi – permis de conduire et un compte bancaire. Citais-je.
- Bien, c'est noté Mademoiselle Swan, une date?
- Le plus vite possible. Dis-je.
- Une semaine vous convient-il ? Je peux vous faire immédiatement votre permis de conduire. M'informa-t-il.
- Très bien.
Il s'absenta quelques minutes puis revint avec le permis en question. Je le pris et le remerciais puis pris congé.
Une semaine plus tard j'avais eus tous mes documents, j'avais réussi à trouver des ouvriers pour la maison et bientôt elle serait presque fini. Ils étaient restés travaillés plus longtemps pour pouvoir admirer la propriétaire des lieux. Admirer ? Mater était plus juste. Pervers. Encore quelques jours pour le toit et l'électricité et tout serait bon. La semaine suivante la maison avait reprit sa splendeur d'antan. Les tableaux de famille avaient été entreposés dans le grenier. J'avais été agréablement surprise qu'ils n'aient pas été jetés. J'avais essayé de reproduire exactement le même décor mais je savais qu'il y avait des différences, près de deux siècle d'écart c'était déjà une grande différence.
J'étais de retour au bercail et dans moins de deux jours j'allais au lycée.
Tout d'abord je voudrais remercier : Sabrinabella, Sarah, Menieemmett et Artistaa pour leus reviews. Ainsi que toutes les Story Alert.
JasperLoveLune
