Merci à Mariee1 pour la correction


Chapitre 2

Ici et maintenant

J'avais passé toute ma nuit à lire, pour finir endormie sur le canapé du salon. Ce fut le contact de la mince chaleur d'un rayon de soleil égaré qui me sortis du sommeil. Aujourd'hui était mon premier jour au lycée de Forks. J'allais côtoyer des humains une fois de plus, mais je ferais tout ce qu'il faut pour ne pas me lier à eux.

Je montais lentement à l'étage pour prendre une douche. Rentrée dans la cabine je laissais couler l'eau chaude sur mon corps froid et engourdit. Je sortis dix minutes plus tard ; je m'enroulais dans un drap de bain et me positionnais devant le miroir. Il renvoyait le reflet d'une jeune fille aux airs d'ange. Des cheveux longs bruns ondulant jusqu'à sa taille de guêpe, un visage ovale et pâle comme la neige. Des yeux violets clair presque transparent, un petit nez légèrement retroussé, sa lèvre supérieure était plus remplie que l'autre. Elle était d'une beauté sage et naturelle, mais fatale pour ceux qui la contemplaient, ils se damnaient pour un supplice éternel.

Je prie les vêtements posés sur le meuble et m'habillais rapidement. Ma tenue était composée d'une tunique rouge à carreaux noir, un slim noir et des bottines également noir. Je complétais la tenue par une veste en cuir noir bien sûr. Je brossais mes cheveux les laissant lâchent. Je descendis dans la cuisine, je m'arrêtais dans l'encadrement de la porte. Si mon coeur avait battu il serait en train de mourir lentement. Je retournais sur mes pas et m'assis sur la banquette près de la baie vitrée. Je collais mon dos au mur, mes jambes repliées près de ma poitrine, mes bras autour de celles-ci. Mon regard ne voyait rien de particulier. Il voyageait vers les différentes personnes passant devant la maison.

Je constatais que la curiosité des humains n'avait pas faiblit à travers le temps. Elle avait fait pire que ça, elle doublait à chaque décennie. Les passants ne pouvaient s'empêcher de jeter un petit coup d'œil vers l'ancienne maison en ruine. De la curiosité, du questionnement, de la méfiance et des fois de la joie passaient dans leurs yeux émerveillés. Il était très tôt et pourtant ils partaient déjà travailler.

Les voisins les plus civilisés m'offraient un hochement de tête quand ils me virent près de la fenêtre. D'autres se contentaient de me fixer avec un peu trop d'insistance et continuaient leur chemin. Mon regard se posa sur une jeune femme à la vingtaine avec à ses côtés une petite fillette lui ressemblant s'engagea sur mon allée. J'examinais un peu plus la jeune femme. Grande blonde mince, pâle, ses cheveux étaient regroupés en une queue de cheval. Un visage ovale, des pommettes rosées par la fraîcheur du matin. Ses yeux avaient la couleur de l'océan, un nez droit et petit, des lèvres fines, mais un tant soit peu pulpeuses. Elle était vêtue d'un uniforme de serveuse bleue marine, son badge m'indiquait son nom : Amanda. C'était une humaine qui ne manquait pas de charme, si on oubliait ce bleu camouflé par du fond de teint sur sa joue. Typique. Pensais-je. Soit elle était maladroite, soit, elle se faisait battre. La deuxième option était plus plausible. J'oubliais, que les humains pouvaient se montrer violent et n'éprouvaient aucun regret pour leurs actes. Mais ils payeront leurs pêchés. Je payais le mien et pourtant d'aussi loin que je me souvienne je n'avais rien fait pour mériter ce châtiment divin. Je ne connaissais pas cette femme, mais pourtant je la détestais. Sans le savoir, elle faisait baisser mon estime pour ces êtres inférieurs, cassables, fragiles et j'y passe. Peut-être que je méritais mon sort. Je dénigrais les hommes, pourtant je ne disais que le strict vérité, certes douloureuse, mais le dicton ne disait-il pas : il n'y a que la vérité qui blesse ?

Le bruit de trois petits coups sur la porte en bois me sortis de mes pensées. Le coeur de la femme battait à toute vitesse, alors que contrairement à sa fille - je suppose - ressemblait aux battements de coeur d'un petit oisillon, calme et fragile. Je me dirigeais vers la porte et l'ouvris.

- Bonjour Mademoiselle.

- Bonjour, puis-je vous aider ? Qu'elle mascarade.

- Oui, voilà. Je sais qu'on ne se connaît pas mais... je n'ai personne pour emmener Liliane à l'école. Me dit-elle nerveusement. Alors, je me demandais, si...

- Bien sûr, si ça peut vous dépanner. Répondis-je d'une voix douce.

- Oh, merci infiniment Mademoiselle... ?

- Bella Swan, appelais moi Bella.

- Bella, moi c'est Amanda, encore merci. Souffla-t-elle rassurée.

Amanda s'accroupit à la hauteur de Liliane et la sera fort, comme-ci c'était la dernière fois. Elle l'embrassa sur toutes les parties de son visage et lui sourit gentiment.

- Tu as la lettre ? Demanda sa mère. La petite fille hocha la tête. Tu es sage d'accord. Lui demanda-t-elle encore une fois.

Liliane hocha une deuxième fois la tête, je vis une larme qui tombait le long de sa joue. J'avais un mauvais pressentiment. On aurait dit que j'assistais à une séparation entre la mère et la fille. Et si ? Non elle ne pouvait pas...si ? On ne pouvait pas abandonner son propre enfant à une inconnue de sur plus. Amanda sera une fois de plus sa fille dans ses bras dans une étreinte désespérée ou était-ce, moi qui l'interprétais ainsi ? Amanda se releva et me donna la main de Liliane, puis partie vers sa voiture, lançant un dernier regard à la fillette. Je me faisais forcément des films. Je voyais le mal partout avec ces humains, ils allaient me rendre fou, alors que je venais à peine de mettre les pieds en ville. Non, cette mère voulait seulement que j'emmène sa fille à l'école parce qu'elle était elle-même dans l'incapacité de le faire. Voilà tout. Me rassurais-je.

Je referais lentement la porte et mis toute mon attention sur la petite chose à côté de moi. Elle me fixait, curieuse. J'étais perdue. Ne m'étais-je pas promis de me mêler le moins possible avec les humains ? Je soufflais discrètement. Il était encore tôt. Je commençais le lycée à huit heures et Liliane sûrement un peu plus tard. Il n'étais que sept heures moins dix. Décemment trop tôt pour son âge.

- Tu as sommeil ? Lui demandais-je prudemment.

- Oui. Affirma-t-elle si faiblement que je n'étais pas sûr de l'avoir entendue.

- À quelle heure commences-tu l'école ?

- Huit heures trente.

Décemment trop tôt, elle devait être âgé de quoi six ans ? Je la poussais gentiment vers le salon et l'assis sur le canapé. J'ôtais son sac, sa veste et ses chaussures pour qu'elle puisse dormir encore un peu. Mon dieu je devenais aussi misérable que ces humaines en pleine maternité. Liliane compris et se coucha docilement sur le canapé, la tête sur l'un des coussins, ses jambes repliées près de son petit corps. Elle s'endormit rapidement, je la couvris d'un plaide pour qu'elle n'attrape pas froid. Tous ces gestes me faisaient penser à Mona. Je m'assis sur la banquette et retournais dans mes pensées. Le ciel était dégagé ce matin. Il allait faire beau. Je me souvenais que dans ces contrés rare était le soleil. C'était comme-ci il fuyait cette ville sans histoire.

Sept heure sonnait, j'entrepris de réveiller doucement la petite fille profondément endormie. Après une minute je pus voir ses beaux yeux d'un bleu intense. Elle me sourit timidement, je lui rendis, elle sembla éblouit un court instant. Je lui proposais ma main en lui demandant si elle avait faim. Liliane hocha vigoureusement la tête. Je la laissais se chausser seule et partie dans la cuisine. Je restais immobile devant les placards ouverts sur un tas de nourriture. Je ne savais pas quoi lui faire. Je ne m'étais plus demandée ce que mangeait les humains depuis longtemps. N'ayant pas le besoin de me nourrir je ne m'occupais plus de ce genre de futilité. Le bruit de pas se rapprochant de moi me sortis de mon dilemme intérieur. Je me retournais vers la fillette.

- Que veux-tu manger ? Elle haussa simplement les épaules. Garder son sang froid. Quelle ironie le mien était gelé. J'ai des biscuits et du lait tu en veux ?

-Oui.

Je remplis un verre de lait et mis les gâteaux dans un plat pour qu'elle se serve librement. Liliane s'assit devant son repas et commença à le manger lentement. Pour ma part ne trouvant rien de mieux à faire je m'installais sur la chaise en face d'elle. Je la détaillais.

Liliane avait un teint crémeux, la seule partie colorée était ses joues rosies par la gêne. Elle avait un visage de poupée, de grands yeux bleus expressifs, de jolies pommettes hautes, un petit nez, une fine bouche semblable à un bouton de rose. Ses cheveux mis-long formaient deux tresses de chaque côté de son visage d'ange. À son cou, un médaillon en or pendait, laissant apparaître un fermoir ovale. Elle portait une chemise légère verte, un jean usé bleu et de vieilles baskets à ses pieds. Liliane poussa l'assiette maintenant vide de nourriture et s'assit droit comme un I. Quand elle vit que je la fixais, elle fit de même. Je la trouvais courageuse pour son jeune âge. Elle ignorait je suppose consciemment son instinct de survie qui lui disait clairement de s'enfuir. Ni tenant plus elle détourna le regard, elle marmonna quelque chose d'incompréhensible et rougis. Je souris, les humains ne gardaient pas longtemps le contact visuel avec moi. D'habitude je le fuyais, préférant regarder les choses plus intéressantes.

L'heure de conduire la fillette à l'école sonnait. Elle s'installa docilement sur le siège passager et j'enclenchais la première. Liliane regardais par la vitre, l'air sérieux. L'établissement scolaire n'était pas très loin, à deux rues de chez moi. La petite descendit en me remerciant avec sa petite voix. J'étais en retard pour mon premier jour dans le lycée de Forks. Voilà que j'allais faire bonne impression. D'un seul coup je serais fortement le volant entre mes mains, des frissons parcouraient tout mon corps. J'avais la nette impression d'être observé. Mon intuition me disait de me méfier. Je regardais sur le côté, mais la sensation ne s'en allait toujours pas.

J'arrivais vers neuf heures sur le parking. J'avais raté une heure et quelques minutes de la deuxième heure. Je me dirigeais lentement vers l'accueil, je n'avais pas hâte de me retrouver dans une salle remplit d'adolescents sous hormones. Je rentrais dans la petite pièce surchauffée, une dame d'un âge mûre se tenait derrière le comptoir. Elle me sourit, mais elle restait méfiante. Je souris autant bien intérieurement qu'extérieurement, mais pour des raisons complètement différentes. Son souffle se coupa, elle essayait vainement de reprendre une certaine contenance. Je m'approchais du comptoir et posais mes mains à plat sur la matière lisse.

- Vous êtes la nouvelle élève ?, me coupa la secrétaire dans mon élan.

- C'est exact.

- Et la ponctualité vous connaissez ?, me demanda une voix bourru dans mon dos.

Je me retournais, le directeur se tenait droit dans toute sa gloire. L'homme pouvait-il se montrer plus vaniteux, hypocrite, sans état d'âme qu'il ne l'était déjà ? Cet homme représentait à lui seul toutes ces caractéristiques. Je haïssais ce genre d'individu. Sûr de lui, croyant avoir un pouvoir unique sur une tiers personne. Je ne lui répondis pas et reportais mon attention sur la femme.

- Je suis désolée Madame, mais j'ai dû emmener une voisine à l'école primaire et je suis arrivée en retard, je suis désolée. J'exprimais une fausse moue repentie.

- Mademoiselle je vous parle !, cria l'homme derrière moi.

Je vis un petit tas de feuilles devant moi que je supposais m'être destinée, je les pris sans cérémonie, sans un regard pour l'homme devenu rouge de colère. Je remerciai quand même la secrétaire et partie pour mon cours. Il ne fallait pas être devin pour savoir que j'allais avoir des problèmes. L'humain se sentait tellement supérieur, se croyant tout en haut de la chaîne alimentaire, s'il savait... Oui s'il savait mais voilà, le problème actuel : l'être humain préférait vivre dans une totale ignorance que de voir la vérité. Trop dur à accepter.

J'arrivais en salle 254, le cours de mathématiques. Je frappais à la porte et une voix féminine se fit entendre. J'entrais donc dans la salle de cours la tête haute, sans gène d'avoir pratiquement deux heures de retard. Bien sûr Mademoiselle Miller me sermonna pour ce retard mais laissa passer pour mon premier jour d'école. Tous les élèves de la classe me regardaient, certains avec envie d'autres – surtout les filles – avec haine et jalousie. Je ris sous cape. Toute la matinée je n'écoutais rien en cours, préférant largement me perdre dans des souvenirs vagues. J'ignorais parfaitement les regards insistant des mâles dans la classe, ils n'étaient plus des hommes sensés et réfléchit, mais tout simplement des animaux en manque. Déroutant.

À la pause déjeuner je suivais la foule pour aller au réfectoire. Je prie un plateau - bien qu'inutile - il fallait jouer le jeu. Je n'y posais qu'une pomme et une bouteille d'eau et m'assis à une table - celle la plus éloignée. Le malaise que j'avais ressenti ce matin ne s'était toujours pas dissipé, tous mes sens étaient en alertes. Je jetais des regards par les grandes baies vitrées, fixant la forêt calme. Je n'étais plus dans le self mentalement parlant, j'écoutais tout ce qu'il se passait dans les bois sombres. Je vis un corbeau se poser près des fenêtres me fixant avec insistance. Il se tramait quelque chose, il s'envola et s'enfonça dans la forêt et disparu. Ils étaient là. Je me levais sous les yeux inquisiteurs des lycéens et sortis à l'extérieur. Je traversais le parking sous les sifflements des garçons adossés à leur voiture. Je les fixais avec le regard le plus noir que je possédais et ils ne purent que reculer sous la peur croissante. Un bruit de collision se fit entendre, le ciel bleu devint vite gris presque noir. Les lycéens ainsi que les professeurs étaient tous sortis pour voir le phénomène. Le ciel tonnait, on pouvait voir des éclairs dans sa noirceur absolue. Un combat avait lieu dans les bois, autour de moi la foule s'agitait pour rentrer dans les véhicules et partir se mettre à l'abri. Je restais figé devant ce spectacle, faisant abstraction de l'agitation m'entourant. Mon regard fixe sur la forêt, silencieuse en apparence, mais infernal à l'intérieur. J'entendais les animaux fuir un point très particulier, ils bineraient, mais je ne comprenais pas pourquoi une bataille se déroulait avec des humains à distance.

Je rentrais tranquillement dans ce que l'on pouvait facilement qualifier de chaos maintenant. Et qu'elle fut ma non surprise quand je tombais sur...


Merci à Meniemmett, Sabrinabella, Artistaa, Camzoune, TIXXiT ainsi que vanessa pour leur review et toutes les Story Alert.

JasperLoveLune