Merci à Mariee1 pour la correction
Chapitre 3
Eux sa mort
Mes pas se stoppèrent tout seul. Devant moi se tenaient un groupe d'hommes accompagnés de trois femmes, à leur côté un grand homme à la peau cuivrée. Devant eux, deux hommes tout de noir vêtu, regardaient leur adversaire avec dédain. J'étais au beau milieu d'un chaos total, aucun ne m'avait vu, trop occupés à se fixer les uns les autres.
J'examinais de plus près le premier groupe - enfin de ce que je pouvais voir, étant dos à moi je ne pouvais rien voir de bien particulier. Dans leurs maintiens on supposait qu'ils ne cherchaient aucun acte de violence. Des postures civilisées, mais méfiantes. Je remarquais quelque chose de bien étrange, leurs coeurs ne battaient pas. Aucun son. Rien. Le vide. Pourtant je les entendais dormir tranquillement dans leur prison de glace. Des vampires, peu importe, ils étaient aussi le mal incarné. Ils étaient sûrement là pour les enrôler..
Je les connaissais très bien pour les avoir déjà vu dans un siècle auparavant. Ils m'avaient tous trompée, sans remords, sans honte, ils m'avaient manipulée. Des démons voilà ce qu'ils étaient, les enfants du diable. Puis tous se tendirent, j'étais repéré. Je marchais lentement, chacun de mes pas étaient soigneusement calculés. Je me situais désormais entre les deux groupes, position que je ne trouvais pas des plus ingénieuse. Tous les regards étaient tournés vers moi, ce qui eut le don de me rendre...nerveuse? Le silence planait dans l'immense forêt, des sourires suffisant et malsain fleurissaient sur les deux visages des manipulateurs. Alors que les huit autres se demandaient si j'étais de leur côté.
- Tiens, mais qui voilà ! Nous ne t'attendions plus, ma chère, dit le premier.
- Le maître t'a cherché partout, soupira le second théâtralement.
- C'est trop d'honneur, répliquais-je acerbe.
- Nous avons ordre de te ramener de gré ou de force à la cité, reprit Devon - le premier.
Devon ressemblait à un dieu grec et aussi blanc, froid et dur que le marbre. Ses cheveux courts étaient noir corbeau, il possédait des yeux bleus presque blanc, un sourire malsain sur ses lèvres fines et rose. L'ange de la mort dans toute sa splendeur. Il damnait les humains à une souffrance éternelle dans le gouffre des Enfers, se nourrissant de leurs pêchés et de leurs peurs les plus secrètes. Son don ? Devon provoquait une douleur physique - il pouvait vous briser de l'intérieur - qui entraînait par la suite, s'il le désirait la mort. Cette souffrance pouvait durer des heures, des semaines, des années, sans qu'il ne sans lasse pas. Au contraire il aimait la douleur qu'il faisait endurer. Il avait une obsession pour les gémissements de douleur, le fait que sa victime aille jusqu'à le supplier pour abréger ses tourments. Il aimait plus que tout se sentir puissant, rabaisser le faible pour montrer sa puissance.
- Je crains que vous ne vous soyez déplacés pour rien.
- Vois-tu, nous avons de quoi te faire changer d'avis, me répondit Aaron. Il claqua ses doigts et apparut devant mes yeux la petite Liliane inconsciente à ses pieds.
Chaque ange noir avait son subalterne - un démon - avec lui et Aaron était exactement ça pour Devon. Aaron était un peu plus petit que l'ange à ses côtés et avait une musculature fine. Il possédait une visage d'enfant, il devait être figé dans ses quatorze ans. Il avait des cheveux blonds aux yeux vert impérial - étrange diriez-vous. Quand on devenait un de ces être impurs - un démon - les yeux se fonçaient considérablement. Il devait avoir un certain charme lorsqu'il était humain. Ses lèvres étaient légèrement retroussées sur ses dents blanches et tranchantes. Il possédait le don de l'illusion. Sa spécialité et la faiblesse de tout être sur terre. Aaron utilisait nos peurs, nos pêchés, notre souffrance contre nous. Son don et celui de Devon réunit représentait une fin lente et douloureuse. J'étais heureuse que Liliane se trouve inconsciente sur le sol. Je devais ruser.
- Je n'ai que faire de cette humaine, dis-je désinvolte.
- Je vois, alors ça ne te ferai rien si je la tuai ?, me demanda Devon rentrant dans mon jeu, pas du tout convaincu. Allons Bella, soyons sérieux...
- Je ne vous le conseille pas, le coupa Aaron.
Le sbire fixait les vampires que je devais l'avouer complètement ausculté. Seul comptait l'ange et le démon. Mes yeux fixèrent le clan, le grand à la peau mate avait disparu, un cri de loup se fit entendre dans les bois. Les vampires étaient en position d'attaque dès qu'ils avaient vu l'enfant. Sûrement l'odeur du sang.
- Nous voudrions seulement récupérer l'enfant, s'exclama calmement le blond. LE seul qui était resté dans une posture humaine avec la femme à ses côtés.
Récupérer ? Les vampires étaient-ils si immonde ? Sans foi ni loi ? Pensaient-ils constamment au besoin de sang ? N'avaient-ils jamais de remords face à leur victime ? À cet innocent qui s'éteignait dans leur bras après avoir fini de s'abreuver ? Prenaient-ils tant de plaisir de voir de la peur dans les yeux de leur proie que cela les incitait à continuer encore et encore ? Une colère soudaine monta en moi, je ne savais pas d'où elle venait, mais elle disparue aussi vite qu'elle était apparue.
- Aaron réglons ce petit problème, ordonna l'ange noir.
Les corps des vampires s'immobilisèrent et tombèrent comme des poupées de chiffons sur le sol. Bientôt des cris prirent possession d'eux, le tonnerre couvrait leur douleur. Devon et Aaron me tournaient le dos au corps endormi, c'était le moment d'agir. Mes ailes apparurent dans mon dos, je lâchais le monstre en moi. Ma vision se voila, mon corps s'éleva à deux centimètres du sol, le tonnerre frappait encore plus fort, les arbres se pliaient sous la violence soudaine du vent. J'attrapais le petit corps et le colla contre ma poitrine, mais je fus violemment projeté dans un énorme chêne. Fatalement je dus lâcher Liliane, je pestais contre moi.
J'entendais de gros coeur battre accompagnés de pas lourds, je levai le regard et tombais sur d'immenses loups. Je feulais, c'était à cause d'eux que j'avais dû lâcher la fillette. Je montais en hauteur, je voyais son corps au beau milieu de cet enfer. Aaron avait laissé tomber son emprise sur les vampires, qui eux étaient revenus parmi nous. Deux loups encerclaient Liliane alors que les autres attaquaient Devon et Aaron. Pauvres fous. L'ange et le démon déployèrent eux aussi leurs ailes. Ça n'annonçait rien de bon. Devon se mit à la même hauteur que moi alors que le démon restait à quelques centimètres du sol. Les loups perdus dans le pouvoir actif du sbire. Les yeux de Devon devinrent complètement blanc. L'atmosphère se refroidit d'un coup. Le vent se fit encore plus violent si c'était possible. Le bruit d'os qui se brisaient me donna la nausée. Les feulements de douleur des loups se firent entendre. L'aura noir de Devon m'encercla. Je me trouvais donc dans l'incapacité de faire le moindre mouvement. Je sifflais.
Je ne pouvais que regarder la scène qui se déroulait devant mes yeux. Aaron s'enfonça au coeur de la forêt suivi de près par cinq vampires et des loups. Une douleur violente dans mon ventre me ramena dans ma situation des plus particulières. Puis un impact dans un arbre, qui céda sous ma force inhumaine. Je tombais lourdement au sol, la terre se fissura à cause de la collision. Les deux loups restés se jetèrent sur Devon qui esquiva sans difficulté leurs assauts. Le vampire blond s'approcha avec la femme près de Liliane. Je repris aussi vite mes esprits et attrapa la petite fille avant les deux vampires.
- Je suis médecin, je ne lui veux aucun mal, me dit le blond.
- Vous êtes des vampires, feulais-je. Il montra ses deux mains en signe de paix.
Malgré tout le boucan Liliane ne se réveillait toujours pas. Je posais doucement mon oreille sur sa poitrine. Il était là, trop faible pour qu'elle soit simplement évanouie. Mes yeux passèrent sur tout son corps et ce que je vis me glaça d'horreur. Une marque. Le monde s'écroula. Un plume noir. La mort. La peur. Je tremblais de colère. Comment avait-il put ? Une enfant. Pourquoi ?
- Tu es tombé sur mon cadeau.
- Un cadeau ? Une marque, la sienne, celle de la mort. Il l'avait condamnée. Plus rien ne comptait que la mort douloureuse que j'allais lui infliger.
- Je ne vois pas pourquoi tu te mets dans cet état. Tu détestes les humains autant que moi, dit-il désinvolte.
Pourquoi ? Voilà une bonne question. Je ne connaissais malheureusement pas la réponse à cette question. Peut-être était-ce pour me donner bonne conscience. Une preuve que malgré ma nature, j'étais quelqu'un de bien. Peut-être que parce que je n'avais pas pu sauver Mona, je voulais sauver Liliane ? Une transposition ? Je n'avais pas pu sauver ma Mona alors je le faisais avec cette petite humaine ? Tant de possibilités pour une question simple. Je posai Liliane par terre et fixais Devon. Les deux vampires étaient partis voir l'état des deux loups à terre. Il ne restait que nous deux. La vie et la mort. Le blanc et le noir. Le cygne et le corbeau. Bien sûr je n'étais ni la vie ni la mort, j'étais bien plus. J'étais les deux à la fois. Je me mis en position de combat il en fit de même.
Et un duel commença. Coups après coups, feintes après feintes, aucun de nous deux ne voulait faiblir. Je prie une plume noire - maintenant devenu lame - dans ma main. Le frôler, seulement le frôler. Je répétais ce mantras dans ma tête. Après quelques minutes de vaines tentatives pour le toucher mes efforts furent récompensés. Une lente agonie le prie. Il tomba à genoux, ravalant ses cris il appela Aaron - qui apparut la seconde suivante à ses côtés. Puis tous deux disparurent. Je m'écroulai au sol, essoufflée, je me dirigeai vers la fillette à quatre pattes. Les vampires partis à la poursuite d'Aaron étaient revenus, je sentais leur regard sur moi, mais ni prêtai aucunement intérêt. Certains restaient silencieux, d'autres grognaient plus je m'approchais de la petite chose couchée sur la terre humide.
Le ciel noir avait reprit son éternel couleur grise et maintenant il pleuvait. Le vent lui s'était calmé. Je prie Liliane dans mes bras tout en me relevant. Mes ailes disparurent, je pouvais très bien rentrer par le moyen aérien, mais je n'avais plus de force. Je peinais à rester debout. Je marchais lentement pour sortir de ce champ de bataille.
- Qui êtes-vous ? Me demanda un doux ténor. Qu'allez-vous faire de cette enfant.
- Rien qui ne vous regarde. Et je disparue.
J'arrivais près de ma voiture. Je regardais autour de moi, aucun dégât. C'était comme-ci aucune tempête n'avait eu lieu. Je posais Liliane sur le siège passager et lui mis la ceinture de sécurité. Je montais dans la voiture et démarrai. Pendant tout le trajet j'étais perdue dans mes pensées. Allait-elle survivre ? Ne mettais-je pas promis de ne pas faire une seconde fois l'erreur de me lier à un être humain.
Arrivé à la maison je reprie la petite dans mes bras et rentrais. Je me dirigeais dans ma chambre et la déposais sur le lit. Je m'agenouillai près du lit, je fixais cette plume noire sur son poignée crème. Avais-je le droit ? La sauver signifiait me lier à elle, mais elle serait en vie. Je pouvais la sauver, mais je ne voulais qu'elle soit enchaînée à moi. Elle devait grandir dans l'ignorance, évoluer parmi les siens, faire des erreurs et apprendre de celles-ci. Faire des études, se fiancer, se marier et avoir des enfants. Si elle se liait à moi, jamais elle n'aura cette vie normale que moi-même je désirais ardemment.
Je chuchotais :
Petite fleur fleurit,
Dans ce cœur plein de vie.
La vie est si précieuse
Malgré la route joueuse.
Danse ta joie, petite fleur fleurit
Vie dans la joie, petite fleur jolie.
Garde espoir, il faut y croire
Pour vivre, il faut le vouloir.
Quelqu'un t'attend,
Il attend la fin de tes tourments.
Il prit pour sa petite fleur jolie.
Écoute le son de sa prière et vie.
Ouvre tes beaux yeux bleus.
Fait revivre ce si beau teint crémeux
Laisse fleurir à nouveau ton si beau sourire
Laisse nous entendre ton merveilleux rire.
Pour la première fois depuis longtemps j'étais triste. La cause – une petite humaine. Encore. Sa main dans la mienne, je priais – pour la première fois dans ma vie. Une seule larme coula le long de ma joue blanche pour atterrir sur la plume noir. Je fermais les yeux et me repassais cette désastreuse journée dans ma tête.
Merci à : TIXXiT, Camzoune, Sabrinabella, Lola, chlo, lyraparledor, Menieemmett et Artistaa.
Alors verdict?
JasperloveLune
