Merci à Mariee1 pour sa correction
Chapitre 4
Choix d'un jour, choix pour toujours ?
Les jours passèrent et cette peur au ventre me tenait toujours. Mon choix était fait. Je devais trouver une autre solution. Celle où, le jour où elle décidera de partir elle le pourra sans barrière pour l'en empêcher. Comment ? Cette question tournait dans ma tête dans un cycle infernal. Pourtant, je n'avais pas le temps, le sien s'écoulait doucement, à chaque minute qui passaient la petite Liliane s'éloignait de la vie. Je ne quittais pas son chevet, les choses s'étaient calmées dans le village tranquille de Forks. Je repassais en boucles les évènements qui nous avaient amenés ici.
Moi qui croyais que Forks n'avait pas d'histoire, je m'étais lourdement trompé. Des vampires, des loups-garous et quoi d'autre encore ? Ça ne suffisait pas d'avoir une personne avec ma nature des plus surnaturelle ? Apparemment non. J'étais assise sur le rocking-chair dans ma chambre regardant sans la voir la fillette endormie. Personne n'était encore venue la réclamer, personne même pas sa mère. Je me levais lentement et sortis pour monter à l'étage. Je devais trouver un moyen, n'importe lequel. Pourquoi, me demanda ma conscience. Voilà une deuxième bonne question. Malgré toutes les promesses que je m'étais faites, je ne les tenais à aucun moment ? J'aurais dû la laisser, ne jamais accepter de la déposer à l'école, cependant aurais-je dû la laisser mourir ? Jamais. Que se passera-t-il à l'avenir ?
Si j'avais refusé, rien ne lui serait arrivée. Si je m'étais tenu à mes résolutions on ne se serait jamais trouvé dans cette impasse. Si...Si j'arrivais à la sauver comment allait se dérouler la suite ? Et si dans le cas contraire je n'y arrivais pas, redeviendrais-je une nomade ? Avec des si on pouvait refaire le monde, dans mon cas cette journée fut catastrophique.
Les jours passèrent et mes recherches n'aboutissaient à rien de bien concret. La même solution s'imposait régulièrement dans mon esprit fatigué. Fatigué pour plusieurs raisons, mais dans le cas présent il était épuisé de cette situation. J'avais la réponse à tous mes maux, je ne voulais tout simplement pas l'admettre. Je souhaitais trouver une autre alternative qui pour mon plus grand malheur n'existait pas. Devais-je me résigner ? Et si... Elle pourrait m'en vouloir? Pourquoi m'inquiétais-je autant du regard qu'elle porterait sur moi ? Je lui sauvais la vie...en quelque sorte. Et si.. elle ne désirait pas vivre ? Elle n'avait plus aucun port d'attache. Et si en ce moment elle accueillait la mort les bras grands ouverts, m'en voudrait-elle ? Je détestais ne pas savoir, me poser autant de questions pour une simple humaine.
Je sortie en trombe dans le jardin, il fallait que je prenne l'air. Je rentrais dans la forêt, silencieuse, j'écoutais les pas des cerfs galopant dans les bois, les oiseaux chantés dans les arbres. C'était mon Paradis. Le seul que je pourrais toucher du doigt. Celui que je convoitais ne m'étais guère accessible et pourtant...
Je pliais nette. Tout mon corps me criait de rentrer à la maison, que je devais faire demi tour le plus vite possible. Et une seule et unique chose s'imposa dans mon esprit en alerte. Liliane.
Je courais le plus vite que je pus et rentrais dans un vacarme monstre. La porte par laquelle j'étais rentré entra en collision avec le mur. Silence. Je me précipitais dans ma chambre et soufflais un bon coup quand je vis que l'humaine était encore dans le lit. Mais pour plus de sécurité je gardais mes sens en éveilles.
Cela faisait plus de dix minutes que je fixais la fillette de la porte. Je n'avais pas émis un mouvement depuis que j'étais de retour. Mon choix était fait. J'en assumerais les conséquences, les responsabilités en cas de problèmes, mais le véritable soucis ne se trouvait pas là. Non, le problème c'était moi. Voulais-je vraiment la laisser entrer dans ce monde ? Enchaînez au monstre que j'étais ? Ce que j'avais à lui offrir n'étais clairement pas une vie au Paradis, mais plutôt une damnation en Enfer. Serais-je capable de l'enchaîner sur cette terre maudite ? De la condamnée à une errance éternelle, alors qu'elle pourrait très bien avoir une place dans un monde meilleur ? De plus je n'étais rien pour elle comme elle n'étais rien pour moi. Alors, pourquoi me démenais-je ainsi ? Mon choix était fait.
Oui il l'était. Je l'aiderais comme je le pourrais, je lui laisserais le choix sur ce qu'elle désirera dans l'avenir. Je m'approchais doucement du lit et m'agenouillais je pris délicatement son poignet et lui demanda pardon. J'effleurais avec le bout de mes lèvres la plume noire sur sa peau crème et un halo de lumière bleu nous entoura Liliane et moi. Lorsque j'ouvris les yeux, un lys blanc avait remplacé la plume. Je souris légèrement. Maintenant ce n'était qu'une question d'heures voir de minutes. Je ne voulais pas qu'elle se réveille seule dans sa « nouvelle vie » alors je me rassis sur le rocking-chair, attendant patiemment qu'elle sorte des tréfonds de l'inconscience.
Je fermais doucement les yeux me perdant dans les méandres de mes souvenirs. Le seul encore intact, le seul qui avait - pour l'instant - échappé au temps était un moment que l'on pouvait qualifier de banal, anodin, sans importance. Mais pour moi, ce dernier souvenir était tendre, touchant, heureux, mais surtout unique.
Flash-back
Hiver 1890, jour de mon anniversaire tant attendu.
- Maman regarde ce que papa vient de m'offrir !
- Il est magnifique ce pendentif, me dit-elle
- Oui tu as raison, mais pas plus que toi, lui dit mon père. Ils se mirent à s'embrasser.
- Et moi je ne compte pas ! répliquais-je
- Serait-on jalouse Mademoiselle Swan, me dit sournoisement mon père avant de me faire mourir de rire à cause de sa moustache sur mes joues.
- Bon chérie, que veux tu faire pour ton neuvième anniversaire ?
- Que l'on passe un bon moment ensemble, c'est tout.
Fin du Flash-back
Je n'avais pas remarqué que ma main tenait fermant la fleur en argent que m'avait offert mon père le jour de mon neuvième anniversaire ; seul objet de ma vie humaine que je possédais encore. Seul souvenir de mes défunts parents. Un gémissement me sortis de mes pensées. Liliane commençait à émettre de léger mouvements.
Et enfin le moment tant attendu depuis une semaine se produit. Elle ouvrit les yeux. Je ne bougeais pas, restant immobile comme une statue sur la chaise à balance la regardant, essayant d'analyser ses mouvements. Elle devait sûrement être un peu perdue. J'allais aussi savoir si j'avais fais le bon choix. La sauver. Liliane se releva se mettant assise sur le lit, regardant partout dans la chambre, ses yeux ne s'arrêtaient sur rien de bien particulier. Pendant ce temps je l'admirais, elle s'était embellit, sa peau était devenue claire et pâle, sa chevelures semblait plus brillante et soyeuse. Elle possédait de grand yeux de biche, ses yeux bleus océan étaient devenus pervenche. Hypnotique. Déstabilisant. Le reste n'avait pratiquement pas changé, mais ce n'était que le début. Les années ne la rendraient que plus jolie encore.
Je sentis son regard brûlant sur moi, je la regardais prudemment dans les yeux, essayant de lui faire passer dans mon regard toute ma sympathie pour elle. Je n'éprouvais - pour l'instant - aucun autres sentiments à son égard. Un doux sourire naissait sur son visage d'ange, mais vite remplacer par une expression d'incompréhension.
- Tu vas bien ?, demandais-je le plus doucement possible.
- Je... je crois. Elle porta sa main sur son cou blanc, surprise. Sa voix était plus chantante qu'avant.
- De quoi te souviens-tu ?
- Maman... Elle est partie... Elle se cacha dans les couvertures et essaya en vain de camoufler ses sanglots.
Que devais-je faire dans ces moments-là ? Je n'avais jamais réconforté quelqu'un de ma longue existence. Devais-je la prendre dans mes bras, la rassurer, lui disant que sa mère allait revenir alors que c'était faux ? Bien qu'elle ne soit plus complètement humaine, elle le restait dans sa majeure partie. Je me rapprochais et relevais le drap sous lequel elle se cachait. Ses yeux étaient rouges et bouffit. Mais la chose qui me pris vraiment au dépourvu, fut le fait qu'elle se jette sur moi pour me serrer contre elle comme une noyée. Liliane posa sa tête sur mon ventre, son corps était encore parcouru de légers soubresaut.
- Vous...vous aussi...vous allez...me laisser ?
- Jamais, murmurais-je.
- On est une famille maintenant ? Elle releva la visage vers le mien, elle ne pleurait plus, mais elle gardait les marques rouges sur ses joues blanches.
Une famille ? Que voulait bien dire le mot famille. Ce mot était oublié depuis longtemps maintenant. Qu'était-ce qu'une famille au juste ? Pouvais-je être la famille de cette fillette ? Et elle pouvait-elle être ma famille au risque de souffrir après ? Les humains se lassent vite, ils ont un besoin constant de changements dans leur vie. Ne supportant pas la monotonie, les humains veulent toujours de nouvelles choses à faire, à voir, à découvrir. Leurs yeux étaient tout le temps émerveillés parce qu'ils voyaient, mais les miens voyaient un monde obscur dans lequel chaque chose nouvelles étaient un supplice. Il y avait des fois où je me sentais vieille, d'un autre temps.
À mon époque nous étions exécutés pour tout et n'importe quoi, emprisonnés - souvent - pour des raisons absurdes. Aujourd'hui les valeurs d'antan avaient disparu avec le temps. Et à mon plus grand damne j'avais assisté à tout ceci. Mon regard autrefois émerveillé par tout et n'importe quoi s'était transformé en un regard blasé par toutes ces choses. Lasse de voir le temps bouger autour de soi alors que nous étions nous-mêmes figés hors du temps.
- Une famille ? Qu'est-ce pour toi ? Liliane me fixa d'un air intrigué.
- Une famille...c'est...partager des choses ensemble, s'aider, apporter de l'amour les uns pour les autres...
Liliane avait une vision si enjolivée du terme famille qu'elle donnait presque envie d'y croire. Je regrettais déjà son innocence qui disparaîtrait bien vite. Adieu l'inconscience, adieu la joie enfantine et les rêves enchantés. Un jour où l'autre il fallait dire au revoir à toutes ces joies qui avaient un jour, bercé l'enfant que nous avions été. Accepter serait me lier encore plus que je ne l'étais déjà. Refuser serait...rendre la situation plus compliquée qu'elle ne l'était déjà.
- Soit. Je serai donc... ta grande soeur ?
Je me voyais déjà mal jouer le rôle de la grande soeur alors celui de la mère encore moins ; n'oublions pas que j'ai - normalement - seize ans. Bien sûr je poserais des limites à ne pas franchir pour le bon déroulement des évènements futur.
- Oh oui ! J'ai toujours voulu une grande soeur !
- Très bien, nous allons devoir changer ton nom de famille... à moins que...
- Non, j'aime bien Swan, déclara-t-elle après avoir demandé mon nom de famille.
Maintenant elle sautillait partout dans la chambre riant de bon coeur. Où était passé la petite fille timide qui avait franchi pour la première fois la porte de cette maison ? Les humains oubliaient si vite. Bientôt elle ne se souviendrait plus que sa mère l'avait laissée entre les mains d'une inconnue. Le souvenir d'Amanda ne serait plus qu'un douloureux moment oublié dans un tiroir fermé à double tours.
Je regardais l'heure matinal, aujourd'hui était une journée chargée et demain une épreuve considérable. Je laissais Liliane se rafraîchir pendant que je me dirigeais vers la cuisine. Je repensais à une conversation des voisins discutant juste devant ma porte. Cullen, comme Carlisle Cullen, le « médecin » vampire de la forêt et toute sa famille - ceux dans les bois également - venait d'emménager en ville. C'était bien ma veine des vampires plus des lycans dans la même ville cela allait faire carnage. Et encore je ne m'étais pas rajouté dans l'équation. Je devrais me la jouer discrète, donc j'allais devoir me fondre dans la masse, ce que je n'avais clairement pas entrepris de faire le premier jour. Je devrais aussi être plus maligne et plus rusé qu'eux si je ne voulais pas nous mettre en danger. Je n'étais plus seule à présent, je devais penser à celle qui était ma famille et dans le cas présent à Liliane.
Ils essayeraient probablement d'avoir des nouvelles sur la petite humaine disparue depuis maintenant une semaine et quelques jours. Ils surveilleraient le moindre de mes mouvements, la moindre phrase prononcée passera au rayon X. Je devais rester sur mes gardes, au pire.. Je n'aurais qu'à partir dans une autre ville...mais Liliane était-elle autant attachée que moi à cette ville ? Et pourtant si le besoin était je n'hésiterais pas à partir et revenir dans quelques décennies.
Vers l'après-midi nous partîmes pour Seattle lui faire une toute nouvelle vie. Liliane Stevens était morte de ses cendres était née Liliane Rose Swan. Puis après tout ceci réglés nous dûmes faire les magasins pour lui acheter de nouveaux vêtements. Au déjeuner elle me posa des questions sur moi, j'essayais de lui répondre en omettant certains...détails. Ce fut une journée agréable comme je n'en avais plus eu depuis cent trente ans.
Toute la nuit j'avais veillé sur le sommeil de Liliane ne trouvant rien d'autre de bien intéressant pour faire passer le temps. J'écoutais sa respiration calme et lente, ses murmures n'ayant aucun sens. Le soleil avait disparu derrière les nuages éternellement gris. Je me levais du canapé et préparais le petit- déjeuner pour ma nouvelle amie. Je déposais les plats sur la table, j'entendais déjà les pas de Liliane se déplacer dans la maison. Elle ne tarda pas à entrer dans la cuisine et de s'installer sur la chaise me faisant face. Ses yeux étaient encore clos et ses cheveux blonds en bataille. Je souris.
- Coucou !, me dit-elle d'une voix endormie.
- Bonjour, tu as bien dormi ?, lui demandais-je.
- J'ai fais un rêve étrange, m'informa-t-elle tout en commençant à manger son petit-déjeuner.
- Tu t'en souviens ?
Je n'avais pas encore abordé la journée fatidique qui l'avait mené à être liée à moi. Et je devais l'avouer, je faisais tout pour retarder le moment des révélations.
- Pas vraiment...j'ai l'air différente.
- Quel âge as-tu ?, demandais-je d'un coup.
- Sept ans. Pourquoi ?
Sept ? Vraiment ? Liliane était alors plus petite que la normal dans ce cas. Si je lui disais la vérité s'enfuirait-elle ? M'en voudrait-elle ?
Peut-être devrais-je lui dire le moins possible et attendre qu'elle soit plus grande. Mais les non-dits sont des poisons comme me le disait ma Mona. Que devais-je faire ?
- Pour rien, soit prête pour huit heures.
Je me levais et montais pour aller me doucher. Je pénétrais dans la salle de bain, déclenchais l'eau et rentrais dans la cabine. Je me plaçais sous le jet d'eau accueillant avec bonheur l'eau chaude sur mon corps froid. Je ressortie et m'habillais rapidement d'un chemisier gris clair, d'un slim bleu délavé et me chaussais de mes converses grises. J'attachais ma longue chevelure en une queue de cheval haute. Je descendis laissant la place à Liliane et allais m'asseoir sur la banquette. Comme le premier jour je regardais par la fenêtre, rien ne semblait avoir changé, la maison d'Amanda Stevens venait d'être mise en vente. La disparition soudaine de la jeune femme ainsi que sa fille n'avait pas ébranlé plus que cela les habitants de Forks. Seulement peut-être les personnes les plus proches, mais ils avaient fini par laisser tomber et étaient retournés dans leur routine habituelle.
Tout le monde se demandait où était passée la petite nouvelle de Forks. Je ne sortais que rarement depuis une semaine, faisant de bref apparitions pour qu'on n'entreprenne pas des recherches inutiles. De plus je ne m'étais rapproché d'aucun autre habitant de Forks. Une main se posant sur mon épaule me sortis de mes pensées. Je détournais la tête pour tomber sur une Liliane souriante. Je lui souris en retour, c'était l'heure de jouer une nouvelle fois à la mascarade humaine.
Nous montâmes dans le véhicule et nous dirigeâmes dans un premier temps à l'école primaire. Avant que Liliane ne sorte de la voiture je lui dis :
- Liliane, fais attention.
- D'accord, m'assura-t-elle sans vraiment comprendre.
- Tu es spéciale Liliane.
Liliane hocha la tête, sortie de la voiture et disparue parmi la foule devant l'école primaire. Je démarrais et pris la direction du lycée. Arrivé au lycée je me garais et sortie prestement de la voiture. Je sentais les regards brûlant des humains qui me fixaient sans gène. Les murmures s'élevèrent au fil de mon ascension vers les bâtiments. Je passais malencontreusement devant les vampires qui eux me regardaient avec froideur, sauf un, il semblait en plein débat mental, je fis tout pour ne pas leur rendre leurs regards hostiles. Je rentrais dans les couloirs surchauffés et allais régler mon absence. Ceci fait, je me dirigeais vers le gymnase. Les vestiaires étaient encore vide, j'en profitais pour me changer et pénétrais dans la salle de sport encore vide. Je m'assis sur les estrades. Je devais m'en tenir au plan. En avais-je un au moins ? Les élèves commencèrent à rentrer dans le gymnase brisant par la même occasion le silence tranquille dans lequel je m'étais plongée.
Monsieur Clark nous informa qu'aujourd'hui nous allions faire volley. Je restais dans les gradins regardant les élèves jouer, enfin jouer était un grand mot. Les filles préféraient parler que se décoiffer en jouant et les garçons jouaient certes, mais mataient les filles à l'occasion. Je vis au fond de la grande salle deux des Cullen, debout, me fixant un peu trop à mon goût. Ils étaient pathétiques.
Je les examinaient de plus près, il y avait une fille. Elle était petite avec des cheveux noirs jais partant dans tous les sens. Des traitx fins, des yeux dorés ainsi que la peau typiquement blanche qui définissait les vampires. Mais je stoppais net devant ce regard caramel. L'homme à ses côté avait des aires de dieu. Des cheveux cuivrés en batailles, un visage fin ciselé dans le marbre le plus parfait. Un nez droit, des lèvres fines et je pourrais continuer longtemps. Mais tout ceci n'était qu'illusion, les vampires étaient confectionnés pour séduire leurs victimes pour finalement aspirer leur source vitale.
- Mademoiselle Swan vous ferez équipe avec Monsieur et Mademoiselle Cullen, cria Monsieur Clark. Il ne manquait plus que ça.
Je descendis des gradins, en face de moi les deux Cullen s'avançaient. On aurait dit que je me trouvais dans un mauvais film américain. Nous nous stoppâmes laissant un espace de sécurité entre nous. Les élèves avaient arrêtés leurs occupations pour regarder les dualistes, parce que c'était à quoi nous ressemblions. La voix du professeur de sport nous rappela à l'ordre. La fille vampire se plaça d'un côté du terrain, moi de l'autre, le garçon restant à l'écart. Que la partie commence.
Les passes se succédèrent sans jamais toucher le sol. Tout le monde s'étaient regroupés autour du terrain que nous occupions, le professeur regardait l'insu du match avec un oeil appréciateur. Aucune de nous deux n'étaient essoufflée, nous feignîmes donc comme d'un commun accord l'épuisement. Le cours se finit et je restais là à fixer le vampire cuivré devant moi. Il ne m'avait pas lâchée du regard, examinant mes moindres faits et gestes. Ça finissait par être lassant et pénible à la longue.
Je sentais la confrontation d'ici. Sa « soeur» je suppose passa à côté de moi m'offrant un sourire réservé qui ne devait pas être habituel. Elle semblait plus énergique frôlant même l'hystérie. Je reportais mon regard sur l'Adonis qui n'avait pas bougé d'un centimètre. Ses sourcils étaient froncés à l'extrême il semblait dans un dilemme de taille. Ses mains formaient des poings parfaits qui rendaient ses mains déjà pâles d'une blancheur exceptionnelle. Je me retournais faisant par la même occasion voler mes cheveux et je crus entendre un grognement animal et je savais très d'où venait ce son, mais aucun humain normalement constitué ne l'aurait entendu donc je feignis l'ignorance et partie me changer.
Le reste de la matinée se passa de la même manière, les murmures n'avaient pas cessé depuis mon arrivée, les regards perçants des Cullen dans mon dos non plus d'ailleurs. À la pose de midi je m'assis à la même place que le premier jour. Je reproduisais les mêmes gestes que la première fois. Mon plateau devant moi, moi n'y prêtant aucune attention préférant m'évader par l'immense fenêtre me faisant face.
Je trouvais un coin sec, un miracle dans cette ville et m'allongeais à même le sol. Je fermais les yeux et pensais à Liliane, j'avais fais le bon choix en la sauvant son attitude me le prouvait, enfin je crois. Je détestais être incertaine dans mes décisions. Des pas frôlant l'herbe humide m'indiqua que je n'étais - pour mon plus grand malheur - seule. Je rouvris les yeux et m'assis en tailleur. Tous les Cullen se tenaient devant moi dans toute leur splendeur, ils formaient une ligne parfaite. Je soufflais, défaitiste de ne pas pouvoir avoir la paix au moins une heure. C'était dans ces moments-là que ma vie de nomade me manquait. Le fait d'être seule quand nous le souhaitions, pouvoir échapper à toutes les présences indésirables aussi. Des fois je me disais que c'était le paradis, mais en vérité c'était loin de l'être. Je me relevais regardant les Cullen d'un air faussement intimidé.
- Bonjour je suis Alice, voici mes frères, Emmett et Edward. Ma soeur, Rosalie son frère qui est mon petit-ami, Jasper. Tu es Isabella. Plus une affirmation qu'une question.
- Bella, mais si vous en veniez aux faits. Mince je crois que j'aurais pu m'abstenir.
- Seulement faire connaissance, me dit la prénommée Alice.
- Vraiment ? N'y croyant pas une seconde. Vraiment il faut que je me taise.
- La petite fille a disparu, qu'en as-tu fais,me demanda le ténor de la dernière fois, mais au lieu d'être douce elle était froide et tranchante.
- Je ne vois pas de quoi tu parles, fis-je désinvolte.
- Tu n'es pas humaine tu n'as rien à faire ici.
Ce n'était pas l'un des Cullen qui venaient de parler, mais une voix plutôt grave derrière mon dos. L'indien de la dernière fois se trouvais dans mon dos. Malchance quand tu nous tiens.
- Je ne vois vraiment pas de quoi vous parlez, maintenant si vous voulez bien m'excuser.
Et je partis dans de grandes enjambées vers ma prochaine heure de cours. Au loin j'entendis le loup-garou prévenir les vampires :
- La meute la cherchée partout, elle est introuvable. Sam a ordonné qu'on la surveille de près.
- Nous n'avons pas de preuve qu'elle est tuée l'humaine.
- Vous la défendez alors qu'elle connait ces deux hommes ? Elle est dangereuse !
- Nous la surveillerons, trancha l'un des deux frères dont je ne connaissais pas encore la voix.
Je rentrais rapidement dans le bâtiment des sciences. Je m'étais trompé, sa disparition n'avait pas passé si inaperçue que cela en fin de compte. Je sentais que cette semaine allait être bien noire.
Merci à : miss-cullen1, elo-didie, Lola, Menieemmett, TiXXiT ainsi que Sabrinabella pour leur review
JasperloveLune
