Chapitre 12
Mon imperfection.
Si l'imperfection devait avoir une image, se serrait cette rose blanche tâchée de sang.
On tombe toujours amoureux de l'imperfection, car elle est la seule qui nous ressemble.
J'étais toujours dans les bras froids mais protecteurs d'Edward. L'envie de de me fondre en lui, d'oublier toute cette histoire, ces révélations; juste m'oublier complètement dans cette étreinte réconfortante. Je fermais les yeux, dans le noir je voyais des images qui n'avaient pas lieu d'être, mon coeur me faisait mal, il y avait un trou béant dans ma poitrine et je ne trouvais rien pour le panser. Cette femme, ses femmes, ce monde auquel je n'appartenais pas, où je n'avais nullement ma place. Alors. Où étais-je destinée à être? L'idée saugrenue que mon corps devait se trouver entre ses bras froids et blancs et ma tête contre ce torse dure et immobile de toute respiration s'insinua dans ma tête. Je chassais cette idée de ma tête aussi vite qu'elle était venue.
J'avais peur de cette vérité tranchante mais pourtant si limpide. Le peu de chose que je savais sur moi disparaissait dans le tourbillon de l'ignorance. Je devenais aveugle au bon sens, sourde aux cris déchirant de la vérité, et captive aux chuchotements du mensonge. Je préférais largement vivre dans ce monde déchu que d'essayer en vain de gagner un ciel, un paradis interdit; un monde coloré aux portes fermées par un cadenas dorée. J'essayais désormais de me convaincre que j'avais ma place dans ce monde baigné dans les nuages sombre de la cupidité et où la mort vous prenait doucement dans ses bras, vous accueillant lentement dans cet autre monde. Je crois, je crois avoir trouvé une couleur infime dans ce gris éternel, une petite fille abandonnée pour son bien; une lumière douce mais faible dans les ténèbres oppressants. Mais je voyais ce visage percer dans la noirceur, celui d'un homme, celui qui me tenait en ce moment-même dans ses bras, sa tête dans mes cheveux bruns. C'était une couleur flou, une fleur que je regardais timidement éclore dans mon coeur.
Une rose blanche tâchée par des larmes rouges, aussi rouge que le sang immobile dans mes veines. Pourtant elle n'en perdait pas de son éclat, je la trouvais même plus belle ainsi, dans son imperfection. La perfection n'est pas réelle, on ne peut pas la toucher, la prendre dans ses bras, elle est faite pour n'être qu'une chimère dans l'esprit. Un but qu'on souhaite à tout prit atteindre, suivant un chemin sans réel direction, intemporel. Elle est faite ainsi, un simple idéal dans une pensée volage. La perfection est trop belle, sans défaut, un tableau sans tâches, sans démons, sans squelettes dans le placard. Une fleur blanche sans passé.
L'imperfection, elle est belle à sa façon, avec ses défauts, avec son passé, mais elle est là, présente et bien réelle. Elle n'a pas de réel but, elle suit le chemin, insouciante dans les moment paisible fougueuse dans les situations difficiles. Elle connaît ces mots qui définissent – parfois – si bien les hommes : Loyauté, Courage, Lâcheté... Elle reste fidèle à elle-même, elle apprend de ses erreurs, on ne touche pas à l'imperfection on ne fait que la frôler pendant quelques secondes; des secondes uniques où l'on embrasse la tentation, le pêché, où on accompagne la mort dans se mission. Une fleur blanche tâchée par un passé sombre.
Je revenais doucement à moi, j'avais peur d'ouvrir les yeux, de me retrouver dans ce manoir, dans cette pièce aux éclats rougeâtres. J'avais peur que ces bras froids que me serraient fort ne soient que le fruit de mon imagination. Que cette petite fille aux boucles blondes ne soit qu'un rêve. Peur de m'être brûlée en frôlant l'imperfection.
- Bella, parle-moi.
Ce n'était qu'un souffle se perdant dans le couloir sombre, atteignant mes oreilles dans une caresse indécente. J'avais envie de parler mais le faire serait comme... briser ce moment que je chérissais tant. Brisé ce moment de calme avant de retourner brusquement à la réalité. Je resserrais ma prise froissant la chemise blanche d'Edward.
- Je l'ai vu. Dis-je tout bas.
- Qui? Demanda Edward aussi bas que moi.
- Ma... mère.
- Tu n'es pas heureuse?
Je ne disais mot, est ce que j'étais... heureuse? Certainement, je n'éprouvais ce même plaisir que lorsque j'avais vu Charlie et Renée la dernière fois. Renée était une personne douce, elle était cette perfection que tout être vivant idéalise. Ava était plutôt l'imperfection, dangereuse, une fleur aux épine tranchante mais tellement réelle. Mais je n'étais pas heureuse de cette réalité. Cette femme avait avoué ne pas m'avoir aimé, que j'étais différente, que je ne faisais pas partie de ce monde, le sien. Alors quel était mon monde? Celui qui m'était destiné? Je n'étais ni triste, ni heureuse, j'étais... je me sentais juste vide...
- Je ne sais pas. Murmurais-je.
Qu'est-ce que cela représente réellement d'être heureux ou triste? Qu'est-ce que la colère et la haine? La joie et la peine? Je n'en sais rien. Pourquoi tant de sentiment pour une seule personne? N'est-ce pas inhumain de ressentir autant de chose?
- J'ai peur. Avouais-je à demi-mot.
- De quoi as-tu peur? Demanda Edward tout bas.
- De moi, de ne pas savoir qui je suis...
- Tu es Bella, juste Bella. Me rassura-t-il en me caressant lentement les cheveux.
Le couloir retomba dans le silence, je gardais les yeux fermé, égoïstement. Je laissa mes pensées divaguer, se faire doucement un chemin vers des souvenirs profondément enfouis derrière l'épaisse brume du temps.
- Liliane se demande où tu es, elle te réclame. M'informa doucement Edward.
Je levais lentement mon visage vers lui, il me regardait avec ses yeux dorés et je voyais briller quelque chose dans ses prunelles, quelque chose qui m'était inconnu. Je quittais à regret ses bras mais ne le montrais pas avant de me lever, je fus prise d'un léger vertige mais Edward me retint de justesse. Je le remerciais d'un léger sourire avant de disparaître dans la chambre où se trouvait Liliane. Lorsque je me retournais pour refermer la porte derrière moi, je le vis toujours au même endroit me fixer avec une lueur étrange, il finit par me sourire et partit sans un mot dans l'obscurité du couloir. J'avançais prudemment vers le lit où se reposait Liliane, elle avait les yeux fermés mais gémissait mon prénom, une supplique déchirante dans mon coeur. Je m'assis près d'elle et posais ma main sur sa joue en sueur l'aidant à sortir de son mauvais rêve.
- Bella, tu es là? Demanda la voix rauque de Liliane.
- Oui. Tu as fais un cauchemar. Tu veux me le raconter?
- J'étais dans une forêt et tu étais là et quand je voulais te rejoindre tu partais loin et je me retrouvais toute seule. Dit-elle, une larme coulant le long de sa joue. Tu ne vas pas me laisser seule, hein Bella, tu sera toujours avec moi?
- Toujours.
- Promis. Insista-t-elle.
Je lui pris sa petite main chaude dans la mienne froide mais cela ne semblait pas la déranger et lui fit la promesse de ne jamais la quitter et que si s'était le cas dans le futur, je ferais tout mon possible pour que nous soyons de nouveau ensemble. Je lui disais de dormir encore un peu avant que nous partions, je ne comptais pas m'imposer plus longtemps chez les Cullen mais ne partirais pas comme une voleuse. Je devais les remercier pour avoir sauver Liliane et moi dans la même occasion et avoir une certaine discussion avec Edward.
- Ne part pas. Me supplia-t-elle.
- Je suis juste là, je reviens, promis.
- Reste, jusqu'à ce que je me rendorme.
- Soit. Concédais-je.
Je me glissais dans les couvertures chaude près de Liliane qui se blottit contre ma poitrine et ferma les yeux mais n'était pas décider à dormir. Je restais là immobile, Liliane sur moi quand j'entendis la porte de la chambre s'ouvrir. Un fuseau de lumière venant du couloir pénétrait dans la chambre quand une silhouette se dessinait lentement. Je reconnus Edward et sentis Liliane s'assoir dans le lit, les yeux plisser pour voir l'intrus mais quand elle vit que ce n'était qu'Edward un sourire fleurit sur son visage d'enfant.
- Edward, tu veux bien chanter la berceuse pour que je m'endorme? Demanda-t-elle.
- Si ça ne dérange pas ta grande sœur. Lui répondit-t-il.
- Tu veux bien Bella? Me demanda Liliane les yeux pleins d'espoir. Ne pouvant rien lui refuser après les terribles épreuves qui lui étaient tombées dessus, je consentis à sa demande; étrangement heureuse d'un côté et gênée de l'autre.
Liliane revint se blottir dans mes bras et des yeux je suivais Edward évoluer dans la pièce seulement éclairée par la lumière du couloir qui passait par l'entrebâillement de la porte, la lune étant cachée par les épais nuages gris. Je le vis s'assoir sur le divan près de la baie vitrée mais quand Liliane s'en aperçut elle lui dit que le lit était assez grand pour trois. Il vint nous rejoindre dans le lit mais ne se mit pas dans les couvertures comme moi précédemment, nous nous retrouvions face à face Edward et moi le corps menue de Liliane entre nous faisant barrage. Gênée, je mis ma tête dans les cheveux de la petite fille dans mes bras et fermais les yeux pour échapper à la tentation de regarder le vampire me faisant face. Seul le fredonnement d'Edward trahissait le silence dans lequel se trouvait la chambre. Je finis par m'endormir quand je sentis des lèvres froides sur mon front.
PdV Omniscient.
Bella venait de s'endormir et Edward n'avait pas pu s'empêcher de l'embrasser même chastement sur le front. Il la regardait dormir avec fascination, il regardait ses yeux bouger sous ses paupières closes, elle rêvait; rêver, cette chose qui lui était désormais interdite. Mais depuis la venue d'Isabella il semblait avoir trouvé son rêve éveillé. Il l'aimait de loin. Mais ce jour lorsqu'il avait sentit que quelque chose n'allait pas, il s'était précipité chez elle pour lui demander si tout allait bien; Bella lui avait demandé de tenir une promesse qu'il n'avait décemment pas put ternir quand l'angoisse s'était éprit de tout son corps alors qu'il jouait au piano en pensant à Bella. Au final, il avait bien fait de ne pas la tenir car cette nuit il avait faillit la perdre et se perdre lui-même par la même occasion. Quand il l'avait vu tomber sur le sol comme une poupée de chiffon, il croyait que c'était leur fin à tout les deux. Il avait eu tellement peur de la perdre. Mais tout cela était maintenant terminé, elle était là à quelques centimètre de lui avec cette petite humaine dans les bras.
Il ne souhaite qu'une seule et unique chose en cette instant précis, s'endormir lui aussi pour rejoindre son ange dans ses rêves. Alors il ferma les yeux, son esprit et sombra dans un sommeil factice, sourd et aveugle au monde extérieur.
Une douce lumière chaude enveloppa les trois individus étendus sur le lit et les protégea des cauchemars qui se glissaient perfidement dans l'esprit endormie.
Le jour se levait lentement, le soleil perçait les nuages gris baignant ainsi la chambre où se trouvait Bella, Liliane ainsi que Edward couchés dans le lit, cette vision était perturbante, ils ressemblaient à une famille à eux trois, les fins rayons du soleil finirent par disparaître derrière les nuages menaçants.
PdV Devon
Mon seigneur m'avait puni pour mon échec cuisant face à la fille. Mon corps se résorbait lentement, je regardais mon corps entier mutilé par la torture. Je levais le visage vers la glace sur le mur, les coupures sur mon visage n'avaient plus lieu d'être et je me revêtis de ma chemise noire avant de disparaître dans les innombrables couloirs de la forteresse.
Je me retrouvais devant une porte en bois sombre, étrange contraste avec les lieux mais à l'image de sa propriétaire. Je ne pris pas la peine de frapper et pénétrait dans la chambre, ceux que je vis ne me révulsa pas, deux corps, ceux d'hommes déchiquetés un peu partout jonchaient le sol au pied de la femme.
Elsa, ancienne succube venant du monde obscure s'étant ralliée à notre seigneur. La chevelure blonde de la jeune femme lui tombait dans le dos, deux mèches plus courte lui encadraient son visage fin et sans défaut. Des yeux aussi noirs que son coeur, une bouche rouge du sang de ses victimes encore à ses pieds. Elle était vêtue d'une robe rouge, lui tombant jusqu'à ses pieds. Elsa leva les yeux vers ma direction et sourit me montrant par la même occasion deux canines parfaitement blanches. Elle s'avança vers moi dans une démarche sensuelle, elle s'arrêta à quelques centimètres de moi, me regardant derrières ses longs cils noirs, les yeux interrogateurs mais envahis par son éternelle soif de vice. J'amenais ma main droite au coin de sa bouche pour ramasser une goutte de sang encore chaude, Elsa prit ma main avant que je ne l'enlève, la regarda suivant la ligne de ma veine remontant jusqu'au creux de mon bras. Elle lâcha ma main et me regarda longuement avant de commencer à me tourner autour.
- Que me vaut le plaisir de ta visite? Me demanda-t-elle de sa voix envoûtante.
- J'ai besoin de tes services. Déclarais-je d'une voix neutre.
- Mes services? Tu sais que je ne fais rien gratuitement.
- Je sais.
- J'ai entendu dire que le seigneur t'avais puni pour avoir échouer à ta mission, toi, le Grand Devon, l'ange noir le plus redouté dans notre monde. Je regrette de ne pas avoir vu ça de mes propres yeux.
- Vas-tu m'aider oui ou non. Demandais-je durement, l'attrapant par le bras pour qu'elle arrête de tourner autour de moi, me faisant ainsi la proie et elle le prédateur, celle qui avait le pouvoir.
- Et ton démon, il ne peut pas t'aider lui. Dit-elle d'une voix suffisante.
- Ne joue pas avec moi Elsa, j'ai horreur de ça et tu le sais. Dis-je la mâchoire serrer. J'ai besoin d'une femme pour ce travail. Dis-je plus calmement.
- Donc tu as pensés à moi? Quel honneur tu me fais là. Dit-elle en s'échappant de ma prise qui s'était desserrée. Et qu'est-ce que j'aurais à y gagné si je t'aide?
- La dévotion d'un vampire.
Un sourire carnassier fleurit sur le visage séducteur d'Elsa. Je venais de réveiller la succube avec la tentation suprême. Que le jeu commence...
PdV Bella
J'ouvris lentement les yeux, je me retrouvais seule dans l'immense chambre, j'entendais la voix de Liliane en bas, je me levais et descendais la rejoindre. Je regardais tout autour de moi, jusqu'à atteindre enfin ceux qui semblait être la cuisine. Je vis la femme que je n'avais vue qu'une fois. Ses cheveux caramels lui tombaient sur les épaules, elle portait une chemise violette et une jupe droite de la même couleur. Quand j'entrais dans la pièce, silencieuse, elle servait la petit déjeuné de Liliane, lorsqu'elle me vit, son visage s'illumina.
- Comment vas-tu? Tu as bien dormis? Me demanda-t-elle de sa voix douce, je la regardais immobile, elle me prit doucement le bras et me fit assoir près de Liliane. Je suis Esmée, la mère d'Edward. Tu dois avoir faim.
- Grande soeur Bella ne mange jamais. Dit Liliane après avoir bu son verre.
- Vraiment?
- Je n'ai pas beaucoup d'appétit le matin. Mentis-je.
- Bella, tu veux venir te promener avec moi? Me demanda Edward en pénétrant de la cuisine. Je hochais la tête, regardant une dernière fois « ma petite soeur » prendre son petit déjeuné en compagnie d'Esmée, et suivis Edward dehors.
Nous pénétrâmes dans la forêt luxuriante et marchâmes pendant un long moment avant de déboucher dans une petite clairière. Je marchais jusqu'à son centre, des fleurs de toutes les couleurs m'entouraient, je m'enivrais de leur fragrances sauvages mais subtiles. Je sentais le vent jouer dans mes cheveux, les yeux perçants d'Edward fixant mon dos. Je fermais les yeux, je sentais des gouttes d'eau tomber sur mon visage doucement puis plus violemment, mais ça ne me dérangeait pas plus outre mesure. Lorsque je rouvris les yeux, Edward se tenait devant moi tout aussi trempé. Il me fixait avec ses yeux brillant, une main se déposant lentement sur ma joue, je me mordis violemment la lèvre mais Edward la dégagea de son doigt, le passant sur mes lèvres rouges. Je le vis pencher la tête vers moi, sa main désormais sur ma nuque, il avançait lentement, et moi je restais immobile, mes yeux faisant la navette entre ses yeux et ses lèvres fines. Quand je sentis leur douceur sur mes lèvres je fermais lentement les yeux, je mis mes mains sur ses avants-bras et me laissais emporter par la chaleur qui envahit tout mon être.
Les deux s'embrassaient alors qu'une lumière blanche les enveloppa dans son étreinte, sa lumière perçant les arbres et les nuages gris.
Elle l'avait trouvée, sa fleur blanche tâchée de sang.
Alors? Verdict?
Les "citations" sont de moi.
On n'aime, on n'aime pas du tout?
Questions?
Chapitre 13 : Elsa (titre provisoire)
Merci à : xenarielle93, elo-didie, arty et lucie227 ainsi qu'aux Story Alert et mise en Favoris.
Réponse à arty : Je suis vraiment désolé encore une fois pour le temps que j'ai mis à publier le chapitre 11 et 12 peut-être?
Réponse à lucie227 : Je n'y vois d'objection particulière, laisse moi l'adresse j'y ferais un tour à l'occasion ^^
P'tite Vampire^^
