Voilà un nouveau chapitre (court) que je trouve assez sombre, enfin vous me direz ce que vous en pensé.

Bonne lecture


Chapitre 13

La succube

Personne ne voit le visage de la mort, mais toujours celui de l'être aimé.

La mort n'aime pas faire souffrir, c'est pour cela qu'elle nous endort pour un sommeil éternel.

Les pas étaient secs et claquaient dans le silence oppressant du couloir sombre. Une longue traîne rouge serpentait sur le sol poussiéreux. La jeune femme franchit la porte menant aux escaliers principaux et descendis les marches une par une dans une démarche sensuelle mais ô combien mortelle. Dans les tréfonds de l'immense forteresse on pouvait distinguer les hurlements d'hommes et de femmes et les pleurs déchirants d'enfants apeurés. Elle déboucha dans un couloir plus sombre que les autres qui sentait la mort, des corps faibles recroquevillés loin des barreaux de fer, une main sortit de la cape rouge et caressait presque trop intiment les barres de fers froides. Plus aucun bruit n'osait sortir des bouches sèches des prisonniers, des malheureux, ceux qui n'avaient pas de chance, ceux qui allait avoir ce privilège de goûté à l'interdit avant d'atteindre le Paradis.

Une douce mélodie sortit des lèvres rouges de l'intruse, envoûtant telle une sirène ses victimes perdue au milieu de l'océan. Si la mort devait avoir un visage se serrait le sien. La mort – nous l'appellerons ainsi pour l'instant – avait des yeux onyx, aussi noir que la nuit, la peau blafarde et une chevelure à la couleur du soleil. Pourtant la seule chose que l'on retenait de ce visage était ses lèvres d'un rouge éternellement carmin, toujours aussi rougit par le sang de sa précédente victime. La mort n'avait aucune attache, elle se fichait de la souffrance des autres si elle pouvait étancher sa soif. Elle attendait qu'un homme rêve d'elle, sous une forme quelconque, un jeu tout simplement, un divertissement parmi d'autre. Elle se glissait sournoisement dans ce rêve emplit de luxure et de corps enchevêtrer l'un dans l'autre. Et lassée de jouer elle le dévorait.

Mais cette nuit, aucun ne rêvait de cette acte charnel qu'elle affectionnait tant, ses talons raisonnaient de le couloir comme une annonce, le verdict d'une sentence, d'une mise à mort. Soudain, plus aucun bruit ne se fit dans le couloir, juste la chanson funèbre continuait brisant le silence devenu pesant. Elle avait trouvé sa prochaine victime. Il ne rêvait pas du plaisir défendu, mais d'une femme, d'une vie, un sourire hantait ses songes. Un sourire idiot sur le visage endormie. Un sourire à peine perceptible n'acquit sur les lèvres rouges, et tout à coup la musique se tut. La femme n'était plus dans le couloir humide et si on regardait de plus près le rêveur, ne se trouvait lui non plus dans sa prison.

La Mort n'a pas de visage qui lui est propre, elle s'amuse avec les apparences, elle aime voir la douleur, une tristesse, une nostalgie poignante naître dans le coeur du perdu. Du condamné. Et ce soir ce condamné n'avait jamais rien fait de mal dans sa courte de vie. Il avait juste été imprudent, un malchanceux parmi d'autre. Un fils modèle, diplômé d'une grande école, une fiancée parfaite à tout point de vu, un mariage de rêve, une nuit de noce qui à mal tournée. Il n'avait pas de nom, ce n'était qu'un homme rêveur parmi tant d'autre, un perdu de plus, un condamné parmi des milliers.

La mort, debout regardait se rêveur égaré dans les limbes de l'enfer, il n'avait pas encore prit conscience qu'il allait mourir ce soir, cette nuit, la mort ne se consacrerait qu'à lui, juste lui. Il rêvait encore de cette douce femme au sourire malicieux. La jeune femme blonde regarda le visage souillé par la poussière, la sueur et le sang séché. Sa longue chevelure devint d'une jolie couleur caramel, de long cils noirs assombrissait ses yeux émeraude, des lèvres roses et pleine sur un visage angélique. La mort n'a pas de visage, elle ne fait que jouer avec les apparences. Elle se pencha légèrement sur le visage tourmenté, son souffle froid se répercutant sur le visage de l'homme. Il ouvrit les yeux, la bouche entrouverte un souffle dans l'immensité, un prénom murmuré dans le silence, un geste tendre dans une chambre close.

- Marie.

Une faim dévorante dans l'estomac, une brûlure écrasante dans la poitrine. Une envie. Un besoin. La femme frôla les lèvres sèche de l'homme, un sourire voilé par les larmes, une prise de conscience violente et brut. Une mort... certaine. La porte s'ouvrit soudainement alors que la jeune femme en avait finit avec sa victime. Elle ressentais son corps revivre, se réchauffer, quitter la mort pendant quelques heures avant d'être à nouveau privé de cette chaleur qu'elle idolâtrait.

- Deux visites en trois jours, tu es amoureux? Demanda la femme sa voix envoûtante.

- SI je ne te tue pas pour cet affront c'est essentiellement parce que j'ai besoin de toi. Dit l'intrus.

Le regard de l'homme se posa sur ce qu'il restait de l'homme au pied de la femme qui disparut comme si jamais rien ne s'était passé entre ses quatre murs. Il avança dans la chambre, et s'assit sur un fauteuil près de l'âtre. La jeune femme qui avait reprit sa véritable apparence s'avança vers l'homme dos à elle. Elle posa ses deux mains sur les épaules finement sculptées, les faisant descendre lentement le long du corps de son invité, lui soufflant à l'oreille :

- Tu as l'air soucieux.

- As-tu finis? L'homme prit les deux mains de la femme avant qu'elle ne s'aventure dans des contrés inconnus. Il est temps de se mettre au travail. Dit l'homme en observant les flammes danser dans le foyer.

- Je te ferais plier, tu verras, tu m'appartiendras. Dit-elle. Pour une nuit. Souffla sensuellement la blonde à l'oreille de l'homme.

Il se leva brusquement, les poings serrés, les phalanges blanches à cause de la force exercée. L'homme sortit deux photos e sa poche et les laissa choir sur la table basse en verre. Sur la première une jeune fille brune aux yeux violets, la seconde un jeune homme aux cheveux cuivre et aux yeux dorés. Les yeux de la jeune femme brillèrent instantanément. Elle prit entre ses doigts blancs et fin la deuxième photo, caressant fébrilement le visage immobile sur le papier.

- C'est cette fille que je veux, l'autre tu en fais ce que tu veux. Déclara l'homme d'une voix détachée où ne transperçait aucune émotion.

- Vivante je présume.

- Elle s'appelle... Débuta l'ange noir.

- Isabella Fever, fille d'Ava Reine déchue du monde obscur et de Jason Fever. Devant l'air perturbé de l'ange elle ajouta : N'oublie pas d'où je viens.

- Elle se nomme Swan désormais et ce vampire et tombé d'amour pour elle. Dit-il en désignant la photo qu'elle avait dans les mains.

- Et comment comptes-tu la faire venir à toi? À quoi je sers au juste?

- Faire ce pourquoi tu es douée, charme le vampire, fais le oublié Isabella, fais en sorte qu'il tombe amoureux de toi. Joue comme tu sais si bien le faire. Dit l'ange en prenant une mèche blonde entre ses doigts avant de l'embrasser durement sur la bouche.

L'ange prit les cheveux blonds dans sa poigne et fit basculer la tête de la femme en arrière. Il se glissa tout près de son oreille dans un souffle chaud qui la fit trembler de plaisir et disparu dans un brouillard invisible. Laissant la succube haletante, une faim et un désir ardant dans la poitrine. La blonde s'agenouilla sur le sol où reposait la photo qui lui avait glissée des mains et alla s'assoir à la place encore tiède que son invité avait occupée il y a quelques instants plus tôt. Elle prit la photo qu'elle avait délaissée, et regarda le visage à jamais figé dans l'adolescence. Elle retomba dans ses souvenirs...

Elle se revoyait dans les jardins avec une de ses « amies » lorsqu'elle vit leur princesse rentrer avec un humain. Les murmures retentissaient dans les couloirs, dans les salons, dans les chambres. Un humain? De surcroît en vie ici? Mais qu'avait en tête cette chère princesse. Un cris, une mort. Du sang sur les fenêtres, sur le sol, une ombre, un chant funèbre. La princesse était devenue reine. Deux cris, deux morts, une pièce blanche tâchée de rouge, une lumière aveuglante, une danse funeste. La reine était devenue mère.

Elle se souvenait de ce bébé toujours malade loin de son père. Le teint livide, le corps tremblant, une fièvre montante, du sang le long de ses joues blêmes. Elle se souvenait de ses deux enfants qui jouait dans une chambre à la couleur dominante rouge. La blonde caressait lentement la chevelure brune de sa sœur en mal. En mal de vie, en mal d'amour. Une lumière trop faible dans les ténèbres qui l'entouraient en permanence. De ses yeux bleus sans joie lorsqu'elle était seule dans son lit, des lèvres toujours closes dans le silence de la chambre d'enfant. Un petit poisson dans un océan peuplé de requin. Une fillette qui ne pouvait pas s'épanouir à la lueur de la lune éternelle. Une petite fille douce et avec un coeur qui bat.

Un rythme constant qui ralentit de jour en jour, d'heure en heure, une force et un amour véritable mais une préférence prononcée dès la naissance. Un corps qui tombe à genoux une main sur la poitrine, une femme impassible derrière une porte à moitié ouverte, une autre qui s'élance pour le soutenir. Une reine amoureuse. Un regard méprisant pour ces être inoffensifs, une mélodie qui s'échappe des lèvres rouges, la mort au dessus d'un berceau commun. Deux bébés se tenant par la main, endormis. Deux princesses pour un seul trône.

Elle se souvient, c'étaient un jour quelconque, la lune était pleine, le paysage toujours aussi rougeoyant. Un bruit, un corps qui tombe comme une poupée désarticulée, un pleure perçant, un cris suraigu, déchirant. Un homme. Un humain inerte sur le sol. Notre roi. Une femme dissimulée derrière une porte, elle voit tout, elle entend tout, on l'appelle Obra car c'est une ombre caché dans l'obscurité. Elle n'a pas de visage propre, c'est la mort, parfois elle revêtit ce masque blanc à l'expression impassible.

Elle se voyait habiller les deux petites filles; la blonde portait une robe noire avec dans ses cheveux un ruban rouge, signe qu'elle appartenait à ce monde à l'unique couleur. L'autre n'en portait pas, les cheveux lâchent, elle n'était rien dans ce monde. Une femme blonde à la fenêtre, un regard vide vers les jardins où se tenait une femme et deux filles, une à ses pieds une autre dans ses bras. Un bouquet de fleur abandonné sur une pierre froide. Une ombre. Un silence. Un cris perçant dans la nuit. Une princesse, un trône.

Elle en était une parmi tant d'autre dans un monde en perdition, un monde obscur, un monde où ne règne que plaisir et mort.


Chapitre court je le conçois mais étant donné qu'il n'est centré que sur une seule personne.

Le prochain chapitre est un court d'écriture et vous saurez si Bella ouvrira enfin son coeur. De l'action mais aussi beaucoup de question.

Vous avez deviné de qui parle ce chapitre?

Les citations sont de moi.

Réflexions? Questions

Chapitre 14 Doutes (titre provisoire)

Merci à xenarielle93, bellardtwilight, elo-didie, lea, Cleo ainsi qu'au Alert Story et mises en Favoris.

P'tite Vampire^^