Merci à : Guest et xenarielle93 pour leur review, les mise en favoris et en Alert.

Marci à Mariee1 pour la correction


Chapitre 17

Confier ses secrets.

Le baiser fut long et doux, aucun de nous deux ne voulait y mettre fin mais nous devions parler, cela devenait urgent pour notre propre bien. Je mis fin au baiser – je devais me l'avouer, à contre coeur – Edward ne dit rien et prit dans ses bras Liliane qui s'endormait contre nous. Alors que je m'apprêtai à les suivre de loin pour penser à tous les évènements qui venaient de se dérouler il y avait encore moins d'un quart d'heure, Edward attrapa ma main, me bloqua contre son torse avant de se mettre en route vers chez moi.

Tout le chemin jusqu'à la maison se fit en silence, silence seulement troublé par les légers ronflements de Liliane qui dormait contre l'épaule forte du vampire. J'ouvris la porte et nous pénétrâmes dans le séjour. Je pris Liliane dans mes bras avant de parler d'une voix incertaine :

- Est-ce que... tu restes ? demandais-je, serrant inconsciemment le petit corps de Liliane contre le mien.

- Je vais rentrer me changer et... je reviendrai un peu plus tard, dit-il en me regardant, les yeux insondables.

Avant de passer la porte, il posa ses lèvres contre mon front avant de disparaître dans un coup de vent froid. Je regardai l'encadrement de la porte vide de la présence d'Edward. Je refermai la porte sans un bruit et partis coucher Liliane pour une nuit bien méritée. Je recouvris son petit corps des couvertures et je m'assis un instant sur son lit ma main caressant lentement le dos de la sienne. Si petite et douce, je ne savais ce que je saurais devenue si je l'avais perdue cette nuit. Je m'en serai voulu pendant tout le reste de mon éternité. Je posai un baiser sur son front avant de sortir de sa chambre.

Je montai à l'étage et pris une longue douche amplement méritée et m'habillai d'un simple débardeur noir et d'un pantalon en lin. Je n'avais envie que d'une chose, dormir et ne me réveiller que le siècle suivant. J'étais littéralement épuisée. Je descendis éteignant les lumières et m'affalais sans grâce sur le divan la tête renversée, les images de cette nuit défilant dans ma tête jusqu'à entendre quelqu'un donner des petits coups à la porte. Je me levai sachant très bien qui était cet invité nocturne. Je fis tourner la poignée de la porte dans un mouvement exagérément lent et fini afin de l'ouvrir.

Sans surprise je tombais sur un Edward changé et les cheveux encore humides, quelques gouttes coulaient le long de ses mèches jusqu'à s'écraser contre sa chemise propre. Je m'effaçai pour le laisser passer et refermai la porte une fois qu'il eut franchi le seuil. Je passai devant lui et l'invitais à s'assoir sur le divan, je montais un instant à l'étage avant de redescendre la minute suivante. Je me mis derrière Edward toujours assit sur le divan et je mis la serviette – que j'avais prise plutôt – et lui mit sur la tête.

- Ne bouge pas, murmurais-je quand je le vis amorcer un mouvement pour se retourner vers moi.

Je continuai à passer la serviette dans ses cheveux jusqu'à ce qu'Edward mît sa main sur la mienne qui était dans ses cheveux. Il la prit et me fit contourner le divan jusqu'à ce que je me retrouve près de lui. Je n'osais pas dire un mot ou même le regarder, cette situation était nouvelle pour moi et je ne savais pas quel comportement adopter à son égard.

- Je suis désolé. Finit-il par dire, brisant ainsi le silence qui s'était installé dans la pièce. Je suis impardonnable. Dit-il en serrant la main qui ne tenait pas la mienne. Ses yeux étaient habités par la tristesse et la culpabilité, et je voulais tout faire pour fair disparaître cette tristesse dans son si beau regard.

- Rien n'est de ta faute. Et je t'ai pardonné... il me semble. Répondis-je en lui pressant gentiment la main.

- Si. J'ai. Osé. T'oublier, dil fermement, comme si ne plus se souvenir de moi lui était inadmissible. Bella tu es la seule chose que je ne veux pas oublier. Tu m'es importante, plus que tu ne le crois et...voir que le baiser d'une simple inconnue...

Je ne laissai pas finir sa phrase et posai ma main libre sur sa bouche. Je lui fis un sourire pour lui signifier que c'était derière nous mais au fond de moi, je savais pertinemment que le plus dur restait à venir. Mais chaque chose en son temps, et maintenant c'était Edward et moi.

Je fis glisser ma main sur sa joue pâle et lisse pour finir à la base de ses cheveux dans sa nuque. Je mis une faible pression pour rapprocher son visage près du mien et sceller nos lèvres ensemble.

Les minutes passant je décidai de me retirer pour reprendre un peu d'air, plongeant mes yeux dans les siens. Avait-il compris? Avait-il compris à travers ce baiser mes sentiments à jamais gravés dans mon être? Qu'il m'était impossible de ne pas lui pardonner? Que j'étais liée à jamais à lui – que je le veuille ou non - que c'était lui et moi désormais? Nos chemins s'étaient croisés pour qu'à la fin nos destinées s'entremêlent pour ne plus jamais se délier.

La tristesse avait disparu de son regard remplacé par une plainitude nouvelle, mais il était toujours habité par la culpabilité. Une culpabilité que finirait par s'effacer avec le temps. Ne disait-on pas : le temps panse les blessures? Je mis ma tête dans le creux de son cou et respirais à fond son odeur qui sans le savoir m'avait manqué. J'étais devenue dépendante d'Edward. Mon vampire. J'avais enfin trouvé mon point d'ancrage, Edward et Liliane étaient ce point, et je comptais bien les garder auprès de moi.

Je pense que je m'étais endormis car je me retrouvais dans ma chambre allongée dans mon lit, un petit corps chaud contre moi. Lorsque j'ouvris les yeux le soleil était déjà à son zénith, mais finit par disparaître par les éternels nuages qui caractérisaient si bien Forks. Liliane était logée contre moi, la respiration lente et le visage serein. Je passai longuement ma main dans sa longue chevelure blonde et mes yeux se posèrent sur le cadrant sur la table de chevet : sept heures. Je décidais de laisser Liliane à la maison aujourd'hui, elle avait besoin de se reposer et de se remettre de la nuit précédente.

Je me levai sans bruit et partis prendre une douche rapide avant de descendre. Aucune trace d'Edward dans la maison et je ne commençais fortement à croire que j'avais rêvé la venue d'Edward la nuit dernière. Et même tous les évènements qui avaient pu se passer. Alors que je descendais les escaliers, la tête ailleurs, des coups retentirent. J'allais l'ouvrir et vis Edward un sachet remplit de viennoiseries en tous genres à la main.

- Je croyais avoir rêvé. Avouais-je à voix basse, n'y croyant toujours pas. Entre. Dis-je en m'écartant pour le laisser passer.

Alors qu'il passait devant moi il posa ses lèvres à la commissure des miennes comme incertain sur le fait qu'il pouvait m'embrasser. Il entra dans la cuisine déposant son sac sur la table.

- Est-ce autant nouveau pour toi que pour moi? Demanda-t-il en se retournant pour ma faire face.

- Assurément. Répondis-je en me rapprochant de lui. Je ne sais pas vraiment comment me comporter avec toi...quelle...attitude avoir... comment qualifier ce que nous sommes...c'est si...

- Troublant? Termina-t-il à ma place.

- Oui. Je n'ai jamais ressenti ce genre de chose pour une personne avant. J'aime ce sentiment autant qu'il me fait peur. Avouais-je. Et...je ne veux pas te mettre en danger. Je me suis déjà montrée égoïste pour Liliane je ne peux pas l'être une seconde fois...

- Bella. Dit-il en prenant mon menton entre ses doigts. Ce que je ressens pour toi c'est indestructible, même avec tous les envoûtements du monde je reviendrais toujours vers toi. Bella. Je t'aime et ceci – il posa ma main sur son coeur endormit – t'appartient. Je t'appartiens corps et âme. J'attendrai que tu veuilles bien te confier à moi mais sache une chose, je serais toujours à tes côtés. Je t'ai enfin trouvé je ne vais pas te laisser maintenant.

Ne sachant quoi dire et n'étant pas encore prête à lui dire "Je t'aime" à voix haute n'empêche que je le pensais le plus fort possible, espérant ainsi qu'il puisse l'entendre. Je me blottis instinctivement contre lui et je savais que ma place était ici : dans les bras d'Edward.

Quinze minutes plus tard, une petite tête blonde vint nous rejoindre, se plaçant tout naturellement entre Edward et moi. Je laissais Liliane discuter de ses rêves à Edward qui souriait aux commentaires de Liliane pendant que préparait un plateau pour le petit déjeuner de ma petite humaine qui devait mourir de faim. Je déposai le plateau sur la table basse alors qu'ils rigolèrent tous deux, complices.

- Bella, Edward peut-il rester à la maison ? S'il te plaît. Me demanda Liliane avec la moue.

- Si ça ne dérange pas Edward, ça ne me pose pas de problème. Répondis-je.

- Cool ! S'exclama-t-elle avant de s'installer devant son plateau remplit de nourriture.

Je m'assis au côté d'Edward sans éprouver de gène, cela semblait naturel qu'il se trouve ici. Je débarrassai le plateau pendant que Liliane allait se laver, je fus suivi par Edward dans la cuisine, je sentais son regard brûlant dans mon dos. Il vint jusqu'à moi, m'enlaçant par-derrière posant ses mains sur mon ventre. Je posai les miennes sur les siennes.

- Elle est heureuse. Murmura Edward à mon oreille. Elle t'aime et elle a peur de te perdre depuis hier soir. Tu devrais lui parler, elle n'ose pas venir te voir.

- Comme peux-tu savoir tout ça? Demandais en me retournant sans sortir de son étreinte. Mes mains serrant les côtés de sa chemise alors que les siennes se trouvaient désormais dans mon dos.

- Ses pensées. Dit-il simplement.

- Tu veux dire que tu peux lire dans les pensées? Demandais-je statufiée. Et les miennes? Demandais-je après une minute d'hésitation.

- Tu sais ce que je suis, n'est ce pas. Dit-il d'une voix basse. Ce n'était pas une question il savait que je savais ce qu'il était. Et bien certains de mon espèce possèdent des dons et moi, je peux lire dans les esprits...sauf le tien. Expliqua-t-il. À mon plus grand regret. Finit-il par ajouter.

- Heureusement que tu ne peux pas les lire parce que dans ma tête se trouve un vrai champ de bataille. Ris-je doucement.

Je m'arrêtai directement de rire lorsque le visage d'Edward se rapprocha dangereusement du mien.

- J'aime ton rire. Dit-il dans un souffle avant de poser ses lèvres sur les miennes.

Je me dégageai pour reprendre mes esprits. Alors que je levai les yeux, je croisais le visage souriant d'Edward qui ne fit rien pour m'empêcher de sortir de son étreinte. Liliane descendit au même moment et je la rejoignis pour lui demander ce qu'elle voulait faire aujourd'hui. J'avais décidé de donner toute mon attention à la petite fille et je lui parlerais quand nous serions toutes les deux. Edward avait raison, je devais apaiser ses craintes.

Nous avions passé la journée à jouer dans un parc, je ne me souvenais pas depuis quand je n'avais pas ris. Le soir venue, Edward nous quitta et je fis manger Liliane après un bain bien mérité. Je l'ai mis au lit et la bordais dans ses couvertures. Je m'assis près d'elle passant ma main dans ses cheveux blonds.

- Liliane... il faut qu'on parle de ce qu'il s'est passé hier soir dans la forêt. Lui dis-je doucement pour ne pas lui faire peur.

- Bella... Toi aussi tu vas partir? Demanda-t-elle d'une petite voix.

- Non, tu es ma petite fée, tu te souviens? Elle acquiesça. Et je ferais tout pour te protéger. Je ne laisserais jamais quelqu'un te faire du mal. Jamais. Je ferai tout pour qu'il ne t'arrive rien …

- Tu me le promets?

- Je te fais la promesse que je serais toujours là.

Liliane s'endormit sur mes dernières paroles et moi je quittai la pièce, silencieuse. Plus tard, dans un futur proche je ne savais pas encore que je ne tiendrai pas cette promesse.

Nous passâmes tout le week-end qui suivit à jouer ensemble à faire des gâteaux que ni Edward ni moi ne mangerait mais si cela faisait plaisir à Liliane nous étions prêts à toutes les folies. Je repensais à la conversation que j'avais eue avec Liliane sur la famille et je prenais plaisir à penser que j'avais trouvé la mienne en regardant Edward et Liliane rire parce qu'elle avait mis de la mousse au chocolat sur le visage d'Edward.

*C*

Un long cri de douleur raisonnait dans les galeries inertes et froides de la grande batisse. Dans une pièce sombre le corps mutilé d'un homme jonchait le sol imbibé de sang.

- Tu me déçois Devon. Je ne te demande qu'une chose. Une seule. Et il t'est impossible de me la ramener. Incapable.

Un cri encore plus fort et douloureux raisonna dans la pièce. Le corps au saule gesticulant sur le sol poisseux, les ongles se plantant dans le bois. LE corps presque inerte de vie s'éleva dans les airs contre sa volonté et les yeux de l'ange noir auparavant fier fixaient sans le voir les yeux carboneux de son bourreau, son maître. Ce dernier se rapprocha de son serviteur la face mauvaise et murmura de manière menaçante à l'ange noir en face de lui :

- Une dernière chance pour toi Devon. Une dernière. Ramène-moi. Isabella.

Lente et douce demande, l'ultimatum était lancé, Devon ne pouvait plus se permettre d'échouer. Le corps de Devon tomba misérablement sur le sol recouvert de sang alors que son maître le contournait sans un regard avant de disparaitre derrière la porte menant à un long couloir, enfermant l'ange dans le noir.

L'ange se mit à rire d'un rire sans joie. Son démon aussi dans un piètre état s'approcha de lui et parla d'une voix faible :

- Et le maître ne sait même pas qu'elle s'est liée à ce vampire.

Non, il ne savait pas et jamais il ne devrait le savoir, sinon une punition pire que celle qui venait de lui être infligée, pire que la mort l'attendait au bout. Quoi de plus pire que de souffrir torturer sans jamais que la mort ne vienne vous prendre pour abréger votre supplice.