Bijour les gens !
Moins d'humour au programme de ce chapitre mais on commence à entre dans le vif du sujet...
Bonne lecture ! ^^
Jack atterrit sans un bruit à l'orée du bois.
La traversée de l'Atlantique s'était faite sans aucuns problèmes et l'arrivée en Europe avec la même facilité. Il avait atteint le Royaume-Uni au levé du jour.
North lui avait confié, juste avant d'aller chez Jamie : « Va en Angleterre et trouve la forêt de Sherwood. Le repère de Fauna, l'esprit des animaux, être là-bas ! Je pensais que Pitch lui avait demandé aide mais, maintenant, je me demande si elle n'a pas préparé mauvais coup toute seule… »
Le jeune homme ne connaissait pas cette immortelle et tentait d'imaginer quoi elle pouvait bien ressembler.
Il s'aventura dans l'endroit célèbre qui aurait jadis caché le mythique voleur justicier en se disant que, dans tout les cas, elle devait être puissante pour pouvoir métamorphoser les gardiens aussi facilement…
Sherwood, malgré la saison, présentait peu d'arbres bien feuillus mais constituait un environnement empreint de magie.
Frost contempla avec curiosité les végétaux tordus, penchés, étendus et sculptés par Père Temps et Mère Nature. Il passa devant le fameux arbre de Robin des Bois et tomba sur un abri fait de branches qui devait certainement servir à abriter des animaux.
Le garçon aux cheveux blancs remarqua alors des traces de pas entourant la petite construction et s'en éloignant.
Des pas d'ours ou d'une autre grosse bête de même genre.
Le gardien décida de suivre les marques et s'éloigna du sentier qu'il parcourait bien sagement.
Ecartant fourrés et buissons pour se frayer un chemin, les couvrant au passage d'une mince pellicule de givre qui fondait immédiatement, il faillit écraser plusieurs rongeurs qui dormaient paisiblement.
Il croisa la route d'autres bêtes telles qu'un superbe cerf et un renard qui s'enfuit dans son terrier.
C'était étrange car ce bois n'était pas réputé pour être aussi habité. De plus, plus l'esprit de l'hiver semblait s'avancer là où les traces l'emmenaient, plus les arbres avaient de feuilles…
Il se trouvait bien loin de son paisible sentier, désormais.
Toutes sortes d'animaux le regardaient lorsqu'il passait devant elles, se réveillant ou tournant la tête à son approche, sans pour autant lui emboîter le pas, le stopper ou l'attaquer.
Il arriva enfin là où sa piste se terminait : devant une majestueuse grotte recouverte de lierre et où l'on sentait la vie grouiller à l'intérieur comme à l'extérieur.
Jack resserra sa prise sur son bâton et s'aventura dans l'antre qui, songea-t-il, était bien plus accueillante que celle du croque-mitaine.
Dedans, il y découvrit un espace chaleureux éclairé par un grand feu. L'unique pièce comportait un lit de paille, une table basse grossièrement taillée dans du bois, plusieurs paniers garnis de fruits et d'autres choses comestibles ainsi que des livres et des flacons, contenant des liquides bigarrés, posés ça et là sur le sol.
De petits écureuils, des souris, des rats, des chats sauvages et même des oiseaux occupaient des niches creusés dans la pierre et profitaient de la chaleur qu'offrait le foyer.
Pas de doute, c'était bien le lieu où habitait Fauna…
Rares devaient être les humains qui le trouvait car il était situé dans une partie reculée, quasiment oubliée et invisible, de Sherwood.
Le jeune homme se demanda s'il fallait mieux attendre l'occupante du repaire, au risque de devoir se battre, ou repasser plus tard, préparé et peut être épaulé.
Quand quelque chose posé sur le seul meuble attira son attention…
La nuit avait été particulièrement dure pour les victimes du maléfice.
Carmen avait quitté le bâtiment la dernière, à vingt-deux heures, et avait tout éteint et fermé.
Sab s'était endormi facilement, comme d'habitude, mais ses compagnons de cellules avaient eu du mal à trouver le sommeil en grande partie à cause du seul pensionnaire de la SPA à être arrivé avant eux – un yorkshire abandonné par ses maîtres – qui n'avait pas cessé d'aboyer ou de japper jusqu'à minuit passée. Finalement, ils s'étaient tous écroulés de fatigue.
Pitch, lui, n'avait pas fermé l'œil.
Il avait passé la nuit à regarder la pleine lune par la seule fenêtre ouverte, face à sa prison, et s'était laissé taquiner par le courant d'air qui en sortait par moment.
Au matin, lorsque le marchand de sable se réveilla, il lui jeta un regard hostile et se retourna pour ne pas l'avoir dans son champ de vision en permanence.
Vers huit heures, Zak débarqua et alluma le couloir central, réveillant brutalement ceux qui y dormaient profondément.
"Salut les cocos !" lança-t-il, de très bonne humeur. "Bien dormis ?"
« À ton avis ?! » pensa ironiquement Bunny, ayant soudainement l'envie d'enfermer le blond dans l'une des cages pour lui montrer ce que ça fait de passer une nuit dedans.
Boris vint à neuf heures et Carmen à dix heures.
Cette dernière n'était pas seule…
Les chats entendirent le second à être arrivé s'exclamer :
"Sally ! Ça f'sait une paye ! Qu'est'c'tu d'vient, ma grande ?!"
Une voix féminine encore inconnue leur parvint :
"Salut Boris ! Maman m'a dit que t'avais attrapé des chats bizarres alors je suis venu voir ça !"
"Toujours fana des trucs pas nets, hein ? Viens voir…"
Les pas lourds de l'homme s'amenèrent près des cages où se trouvaient les félins, suivit par le « tap-tap » de chaussures à talons.
Ils virent d'abord des jambes frêles et des guêtres couleur bonbon rentrées dans des bottines à semelles compensées puis le visage d'une jeune fille se pencha sur la cellule des gardiens.
Elle avait des yeux maquillés aux pupilles lavande. Une couche de rouge-à-lèvre sombre couvrait ses lèvres fines qui s'étiraient en un sourire ravi. Une frange rosée lui tombait sur le front tandis que ces cheveux noirs étaient relevés en deux couettes, aux extrémités étaient teintes également, et que des mèches ébène tranchaient sur la pâle peau de son cou. Elle était vêtue d'une robe courte violette enfilée par dessus un t-shirt clair dont les manches longues couvraient à moitié ses mains aux ongles vernis.
Sally contempla les quatre bêtes et étouffa une exclamation.
"On les a peint ou quoi ?! C'est plutôt joli…"
Elle se releva et demanda à Carmen, sa mère :
"On peut les prendre à la maison ?"
"Sûrement pas."
"Mais tu m'avais promis un chat !"
"Alors choisis-en un, mais un seul…"
La lolita soupira de dépit et reporta de nouveau son attention sur les pauvres animaux puis balaya la pièce du regard, à la recherche d'autre choix, et, en se retournant, croisa le regard du dernier prisonnier…
Elle se baissa précipitamment et le détailla, surprise.
Boris avait raison : elle adorait tout ce qui sortait de l'ordinaire et principalement les choses obscures.
Ce chat solitaire la captivait. Elle était séduite par son côté chétif, sa noirceur, sa mine triste et, surtout, ses prunelles d'or aux éclats d'argent.
Elle ouvrit la cellule et Zak se frotta l'arrière du crâne, l'air gêné.
"Je ne sais pas si c'est franchement une bonne idée… Il est plutôt difficile : il mord, il griffe,…"
La méchée ignora son avertissement et pris la petite terreur à deux mains, la sortant de sa cage.
Accroupie, elle le leva à bout de bras et pencha la tête sur le côté.
"C'est celui-là que je veux…"
Quand Jack revint à Burgess, le soleil commençait à peine à se coucher.
Lorsqu'il retourna chez Jamie, il su que quelque chose ne tournait pas rond…
Il alla s'appuyer sur le rebord de la fenêtre de la chambre de l'enfant et le vit assis sur son lit, accablé.
L'esprit de l'hiver toqua contre la vitre avec son bâton et le petit brun vint lui ouvrir.
"Jack !" s'écria-t-il en se jetant sur lui. "Je suis tellement… Tellement désolé !"
Il avait les larmes aux yeux et paraissait catastrophé.
"Qu'est-ce qui s'est passé Jamie ? Où sont les chats ?!"
"Par-don…" sanglota le garçon. "J'ai rien…Pu fai-re…"
Le jeune homme s'agenouilla devant son ami et lui posa une main sur l'épaule.
"Calmes-toi… Ça va aller… Racontes-moi ce qui s'est passé…"
"Eh bien y'a eu le chat noir qui s'est fait poursuivre par Habby… Puis ils sont tous sortis dans la rue… Et là le camion…"
Aïe aïe aïe… L'immortel avait commencé à se demander ce que Pitch avait bien pu faire à ce pauvre chien mais, maintenant, il s'inquiétait par rapport aux autres, imaginant le pire…
"On les a emmenés, Jack !"
Ça faisait quelques minutes à peine que la SPA avait complètement fermé.
Les chats essayaient de trouver de nouveau le sommeil, tentant d'ignorer les plaintes du yorkshire abandonné, quand l'ouverture de la fenêtre fut élargit lentement.
Des pieds nus atterrirent juste devant la porte à barreaux puis la pointe d'un bâton claqua sur le sol.
"Alors ? Je vous ai manqué ?"
Tooth poussa un cri de joie, North un cri de victoire, Sab… dormait et Bunny grogna un « C'est pas trop tôt… », heureux malgré tout de revoir son camarade.
Jack avait réussi à trouver le bâtiment grâce aux indications de Jamie – après avoir réussi à le calmer – puis avait attendu la fermeture pour pouvoir délivrer les animaux.
Il se baissa, fit cliqueter le verrou et tira le battant de la cage, laissant les gardiens se dégourdir enfin les pattes.
Mais il manquait quelqu'un à l'appel…
"Où est Pitch ?..."
La bonne humeur s'écroula comme un château de carte.
Ce fut le père-noël qui répondit :
"Une fille l'a emmené…"
Elle avançait presque prudemment.
On aurait dit que les buissons s'écartaient sur son passage tellement elle semblait acceptée de cette forêt.
Des mulots la suivaient, cherchant des caresses ou de la nourriture mais elle s'arrêta soudainement.
Majestueux, le cerf venait à sa rencontre.
Il la laissa passer sa main sur son flanc dans un geste empli de douceur et posa sa tête aux bois ramifiés contre la sienne.
"Parle mon ami… Qu'as-tu vu… ?"
Il plongea son regard plein de sagesse dans le sien.
Alors elle laissa un sourire éclairer son visage.
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