Et voilà les amis, c'est la fin. Merci à tous de m'avoir lu et un grand merci à tout ceux qui ont posté des reviews ! :D. J'espère que cette fin vous plaira ;)

Bonne lecture ! :)


Epilogue

J'avais fait une nuit sans rêve. Et j'avais l'étrange impression que ça faisait des jours voire des semaines que je dormais. Et alors que je chassais lentement la brume de mon cerveau, les yeux encore clos, quelque chose me dérangea. La veille, je m'étais endormie assise dans un fauteuil près du lit de Castle et maintenant je me trouvais allongée, dans un lit. J'ouvris les yeux afin de savoir où je me trouvais. J'étais dans une chambre d'hôpital, mais pas celle de Castle. Les meubles n'étaient pas les mêmes, la couleur des murs était différente également. Une vague de panique monta en moi. Soit je n'étais pas dans le même service que Castle, soit je n'étais pas dans le même hôpital, mais ce qui m'inquiétait encore plus, c'est que je ne savais pas comment j'étais arrivée ici, ni pourquoi. Tout mon corps était engourdi au point qu'il m'était difficile de bouger. M'était-il arrivé quelque chose ? Je n'en avais aucun souvenir …

J'étais toute seule dans la chambre mais les fleurs autour de moi et les fauteuils déplacés indiquaient que des gens m'avaient déjà rendus visite. Cela faisait donc longtemps que j'étais là. La porte de ma chambre était ouverte mais aucun bruit ne me parvenait du couloir. Un silence de mort m'entourait. Aucune infirmière ne passait, aucun médecin, personne. L'idée me vint à l'esprit que je faisais peut être un cauchemar une fois de plus. Je ne comprenais pas pourquoi puisque toute cette histoire était enfin terminée. Tout semblait si réel autour de moi ! Mes yeux se posèrent sur un tableau blanc accroché en face de mon lit. Toutes sortes d'informations me concernant étaient marquées dessus. Lorsque je vis le poids qui était marqué, je me dis que ce n'était pas possible que j'ai autant maigri en une semaine seulement. D'après le tableau, je ne pesais plus que 42 kg ! Il est vrai que je n'avais pas beaucoup mangé ces derniers jours et la faim me tiraillait l'estomac. La date était indiquée elle aussi, juste au dessus. Deuxième choc. Il y avait une fois de plus de quoi s'inquiéter. Elle indiquait qu'aujourd'hui, cela faisait trois mois que mes amis s'étaient fait enlevés. Trois mois ? Ce n'était pas possible ! Il devait y avoir une erreur. J'entendis un bruit lointain dans le couloir. Quelqu'un venait ? Parfait ! J'allais pouvoir éclaircir ce mystère. Un médecin et deux infirmières rentrèrent dans ma chambre.

- Mademoiselle Beckett ! On m'a informé que vous étiez réveillée. Comment vous sentez vous ?

- Je vais bien, merci. Pourquoi suis-je dans cette chambre docteur ? Pouvez vous me dire où se trouve Richard Castle s'il vous plaît ?

- Calmez-vous mademoiselle. On vous a amené ici parce qu'on vous a retrouvé dans le coma il y a trois mois. Vos amis devraient vous rendre visite vers midi, comme tous les jours. Ils vous en diront plus que moi. En attendant, essayez de vous calmer.

Dans le coma ?! Mais comment ça dans le coma ? Je restais la bouche ouverte sans qu'aucun son ne puisse en sortir, choquée, les yeux dans le vide, alors que le médecin quittait la pièce. Les infirmières vérifièrent mes perfusions et mes constantes sur la machine afin de vérifier si j'allais réellement bien. Elles griffonnèrent quelque chose sur mon dossier puis elles quittèrent la pièce à leur tour. Une multitude de questions se bouscula dans ma tête, mais il n'y avait personne pour y répondre. C'était pire que de la torture. Et puis il n'avait pas répondu à ma deuxième question : je ne savais toujours pas où se trouvait Castle. Peut être parce qu'il n'était plus à l'hôpital depuis longtemps. Trois mois … La raison pour laquelle j'étais tombée dans le coma m'échappait. L'enquête était finie, tout le monde était en vie, il ne manquait plus que Conrad soit en prison mais tout le reste allait bien ! Je bus un grand verre d'eau ce qui me fit le plus grand bien. Ça me permit d'éclaircir mes pensées. Cependant, l'eau ne permettait pas de retrouver la mémoire. J'ai toujours détesté ne pas savoir. Et ne pas savoir ce qu'il s'est passé dans sa propre vie était le pire. Trois mois. C'est pour cette raison que j'avais perdu autant de poids. Est-ce que depuis tout ce temps ils avaient retrouvé Alex ?

L'attente était interminable. Je me forçais à penser à rien afin d'éviter toutes ces questions sans réponses, les yeux fixés sur l'horloge. Kévin et Javier rentrèrent dans ma chambre à midi seize et vingt cinq secondes exactement. Enfin ! Un grand sourire s'étira sur leur visage quand ils posèrent les yeux sur moi. Ils étaient apparemment contents que je sois réveillée. Je leur souris en retour mais le mien était plus crispé que le leur : Castle n'était pas là.

- Yo Beckett ! Tu nous as manqué !

- Heyyyy les gars ! Castle n'est pas avec vous ? lançais-je d'un ton innocent en essayant de leur faire un petit sourire.

Les leurs disparurent aussitôt et je compris que j'avais loupé quelque chose de grave. Mais quoi ? Ils prirent des fauteuils et s'installèrent près de moi. Je ne les quittais pas du regard, attendant une réponse. Je les connaissais suffisamment pour savoir qu'ils ne me faisaient pas une blague idiote. Non, ils étaient on ne peut plus sérieux ce qui faisait monter l'angoisse en moi.

- Tu ne te souviens de rien Beckett ? chuchota Kévin en plongeant son regard bleu azur dans le mien.

- Me souvenir de quoi ?

Ils se regardèrent, inquiets. Je pus lire de l'hésitation dans leur regard. Ils pesaient le pour et le contre, essayant apparemment de savoir si, dans mon état, je pourrais encaisser la nouvelle.

- Me souvenir de quoi les gars ? Écoutez, s'il vous plait, je me suis réveillée il y a environ une heure et on m'a annoncé que ça faisait trois mois que j'étais dans le coma. Je ne me souviens pas pourquoi et j'en peux plus d'attendre des réponses alors répondez-moi. Pourquoi est-ce que je suis là ?

Esposito prit la parole en premier. Il me dit que lorsqu'ils étaient encore prisonniers, Conrad avait montré quelque chose à Rick. Il ne savait pas ce que c'était puisque Castle avait été isolé dans la chambre. En tout cas, quand Alex retourna dans la chambre pour aller le chercher, Castle avait réussi à se libérer. Il avait ensuite réussi à frapper Conrad à la tête et à s'échapper, les yeux rouges de pleurs et très énervé. Il leurs avait promis de revenir les chercher le plus vite possible mais il n'était jamais revenu. Par ma faute. Rick m'avait retrouvé chez moi, se croyant en sécurité là bas, prêt à tout me raconter. Mais je ne savais pas que c'était lui et pour cause de fatigue et parce que Conrad m'avait perturbée, je lui avais tiré dessus. La suite, je la connaissais. Moi qui pensait avoir fait un simple cauchemar. Javier continua son récit car il ne savait pas que je m'en souvenais. Étant incapable de prononcer le moindre mot, je le laissais finir. Cette nuit là, les secours arrivèrent une dizaine de minutes après mon appel. Ils avaient trouvé Castle mort sur le lit et moi tombée sur le sol de ma chambre, inconsciente. Certains s'occupèrent de m'emmener à l'hôpital. Les autres ambulanciers réussirent à réanimer Castle et lorsqu'il fut suffisamment stable, ils l'emmenèrent dans l'ambulance. Mais cette dernière n'arriva jamais à l'hôpital. Les policiers retrouvèrent les ambulanciers morts sur le bord de la route quelques heures plus tard, mais aucunes traces de Castle. Ils ne savaient même pas s'il était encore en vie ou non. Conrad avait laissé une enveloppe à mon nom avec les ambulanciers indiquant qu'il avait gagné, comme prévu. Suite à cet incident, je ne m'étais jamais réveillée, jusqu'à aujourd'hui.

Alex, de son côté, avait continué à mettre en scène les flaques et les boites à musique même si je n'étais plus dans la partie. Il continua de jouer avec Gates. Pourquoi elle ? Parce qu'en bon capitaine, elle prit soin de moi. Cette dernière vint me voir tous les jours, comme les gars, en espérant que je me réveillerais, pour me raconter les nouveautés de l'enquête. J'avais donc rêvé toute la fin de l'enquête grâce aux récits de Gates. Sauf que c'était elle l'héroïne, pas moi. J'avais perdu cette partie là. Mais Espo ajouta que si elle les avait retrouvés, c'était grâce à moi, car me raconter ce qu'il se passait lui avait fait comprendre que les boites à musique pouvaient en fait être des indices. Mais ce n'était pas franchement un réconfort. Non, c'était elle qui avait réussi. Moi, j'avais échoué. J'avais perdu à ce jeu stupide, et pire encore, j'avais perdu Castle. Esposito arrêta de parler, me laissant dans mes pensées. Mais en le regardant, enfin en les regardant, je sentis qu'ils ne m'avaient pas tout dit. Javier était crispé, le regard dans le vide. Ryan était crispé lui aussi, les yeux fixés sur son partenaire, essayant de savoir s'il devait aller plus loin. Une larme coula sur ma joue. J'étais toute confuse et en colère contre moi-même. Je m'excusais auprès des gars de les avoir abandonnés si lâchement.

J'étais tombée amoureuse de Rick. Je savais que c'était dangereux et c'est pour ça que je ne voulais pas tomber amoureuse. Mais il était différent. Il me faisait me sentir différente, spéciale. Cette nuit là, j'avais tiré sur lui. Le pire cauchemar de toute ma vie n'était en fait pas un cauchemar mais la triste réalité. Il était mort sous mes yeux et je l'aimais tellement fort que ça avait été trop dur à supporter. A tel point que je m'étais auto plongée dans le coma, pour ne pas faire face à la réalité qui m'entourait. Conrad m'avait troublée et j'avais commis la pire erreur que je n'aurais jamais cru faire un jour. Alors après ça, qu'est-ce que les gars pouvaient m'annoncer de pire ? Je séchais mes larmes et me redressais dans mon lit. Je fermais les yeux et pris une grande inspiration. Puis je rouvrais les yeux, fixant un point invisible au loin.

- Kévin … crache le morceau … dis-je d'une voix qui ne semblait pas m'appartenir.

Il tourna son regard vers moi et Esposito releva la tête également. Puis ils se regardèrent comme si le simple fait que je dise ça les avait arrêtés sur leur décision et que tout d'un coup, ils pensaient qu'ils ne devaient pas me dire ce qui les perturbait tant.

- Beckett … souffla Espo.

- Je veux savoir. Maintenant.

Kévin prit une grande inspiration et se décida à parler. Il savait que de toute façon je ne les lâcherais pas tant qu'ils n'auraient pas parlé. Effectivement, la situation pouvait être pire. Non seulement j'avais rêvé tout ce Gates m'avait raconté, mais en plus, j'avais embelli la situation. Kévin m'expliqua le plus calmement possible que Martha avait paniqué dans son cercueil et qu'elle avait manqué d'oxygène plus rapidement que les autres. Malheureusement, Gates et les secours étaient arrivés trop tard et elle était décédée dans sa propre tombe. Mon père lui était vivant mais de justesse. Il avait manqué d'air lui aussi mais pas au point de mourir. Son cerveau avait manqué d'oxygène et il avait parfois des moments d'absence mais rien de grave selon les médecins. Il était tout de même encore à l'hôpital en observation, et il était aussi en train de se remettre lentement de ses blessures physiques.

Alexis était devenue une étudiante fanatique. Elle étudiait comme une folle pour étouffer le chagrin qui l'entourait suite à la mort de sa grand-mère et la disparition de son père. Elle avait pour habitude d'exceller mais là, elle battait tous les records. Elle passait tout son temps libre dans sa chambre à l'université à étudier et elle ne sortait plus faire la fête avec ses amis. De temps en temps, elle rentrait passer le week-end avec Lanie mais elle n'avait jamais remis les pieds au loft depuis sa sortie de l'hôpital. Cependant, elle venait me voir tous les dimanches, avec ses devoirs, sans parler, juste pour être avec moi. Et lorsqu'il était tant pour elle de partir, elle s'approchait de moi, prenait ma main dans la sienne, et me soufflait à l'oreille 'Ne meurt pas Kate. S'il te plait ne m'abandonne pas toi aussi'.

Lanie était revenue travailler au preccint au bout de deux semaines de convalescence. Mais comme tous les autres, elle consultait un psychothérapeute régulièrement. Les gars ajoutèrent qu'elle s'était renfermée sur elle-même. Ils m'expliquèrent que Conrad avait été particulièrement violent avec elle juste avant que Castle ne s'échappe mais aussi après : il lui avait reproché l'évasion de Castle et il lui avait fait payé. Depuis ça, Lanie était devenue froide et ne parlait que pour dire le strict minimum. Sauf quand elle se rendait à mon chevet. Elle était venue me voir quelques fois en même temps qu'Alexis et elles m'avaient parlées pendant des heures. Malheureusement, je ne m'en souvenais pas. Une nouvelle larme coula sur ma joue. Et rapidement, d'autres suivirent.

- Donc aucune trace de Conrad ?

- On a vraiment cherché mais non, rien. Et Gates a été obligée de fermer l'enquête. Ça fait trop longtemps qu'on a pas de piste. Mais officieusement, on cherche toujours des indices.

Je sortais de l'hôpital dès le lendemain. Et une semaine plus tard j'étais de retour au preccint.

Je suis assise à mon bureau, attendant que les gars ramènent un des suspects de notre enquête en cours, les yeux fixés sur la date affichée par mon ordinateur. Aujourd'hui, cela fait six mois que Castle a été kidnappé. Six mois que ce calvaire a commencé. Les choses commençaient enfin à se tasser. Alexis va beaucoup mieux maintenant et Lanie parle un peu plus. Les gars sont un peu distants mais ils vont biens. Et mon père est sortit de l'hôpital depuis deux semaines. Quant à moi, je fais de mon mieux pour ne pas penser à cette semaine là. Mais aujourd'hui, c'est compliqué de ne pas y penser. Respire Kate, respire. Les gars viennent d'arriver. Une autre personne les suit. Ils m'informent que c'est un journaliste et qu'il aimerait écrire un article sur nous. Qu'est-ce qu'il veut celui là encore ? Il se présente comme un écrivain du New York Times et me demande s'il peut me suivre pendant une ou deux semaines pour écrire son article. Comme Castle. Et il veut me suivre, comme Castle. Je refoule cette pensée. Non, cet homme n'a rien en commun avec Castle. Il est petit, blond et avec des lunettes. Et de toute façon, je ne l'autoriserais pas à rester plus que ce que Gates acceptera. Je n'ai pas besoin d'un partenaire. C'est Castle mon partenaire, et je sais qu'un jour il reviendra.

Mon téléphone sonne. Je laisse le journaliste en plan pour aller décrocher. Un docteur se trouve à l'appareil. Il m'annonce que Richard Castle vient de débarquer aux urgences. Je le remercie et sans plus attendre je cours à ma voiture. Et le journaliste ? Tant pis. Je n'ai pas le temps de m'occuper de lui, aujourd'hui est le plus beau jour de ma vie ! Je branche le gyrophare et me rends en moins de dix minutes à l'hôpital. Je rentre dans sa chambre, plus heureuse que jamais, un grand sourire étirant mes lèvres. Lorsque je vois son visage, j'ai l'impression de pouvoir respirer pour la première fois depuis des mois. Ses yeux. Qu'est-ce qu'ils m'avaient manqués ses yeux bleu océan. Un sentiment de sécurité m'envahit. Il me dévisage des pieds à la tête avant de me demander si on se connait. Quoi ? Mais bien sûr qu'on se connait ! Il ne m'a pas reconnu. Et il ne m'a même pas fait une blague cochonne, rien. Est-ce vraiment lui ? Un docteur me prend alors par le bras. Une fois que nous sommes sortis de la chambre, il m'explique que Castle ne se souvient de rien, même pas de son nom. La dernière chose dont il se souvient, c'est que sa mission était de se rendre ici. Cependant, cette perte de mémoire peut être que passagère mais les chances sont minimes.

- Vous devriez essayer de devenir son amie détective. Car s'il ne retrouve jamais la mémoire, il aura besoin de quelqu'un sur qui s'appuyer. Et puis, vous pourrez peut être l'aider à retrouver sa mémoire en lui faisant visiter des lieux où il avait l'habitude de se rendre. Quoi qu'il en soit, je vous tiendrais au courant de son état.

J'ai l'impression que mon cœur vient de se briser en mille morceaux. Mes amis vont encore en prendre un coup. Être son amie ? Je ne sais même pas si j'en suis capable. Mais j'ai besoin de lui. Je l'attends depuis si longtemps. Et apparemment, il a aussi besoin de moi. La question est de savoir si je peux vivre avec ça ou non. Je ne connais pas encore la réponse. J'ai besoin de temps pour réfléchir. Les médecins l'ont emmené pour lui faire des examens. Je pars en courant de l'hôpital jusqu'à ce que je me sois rendue dans le parc de jeux de Central Park. Je m'assoie sur la balançoire où lui et moi nous étions trouvés quelques années plus tôt, les larmes aux yeux, à bout de souffle. Mon cœur me fait horriblement mal et ce n'est pas parce que j'ai couru. Aujourd'hui n'est pas un des plus beaux jours de ma vie. Aujourd'hui, est le jour où mon calvaire recommence. Aujourd'hui, l'homme de ma vie m'a oubliée et apparemment, je ne lui fait plus aucun effet.

FIN