3.

Sans surprise pour un jeune balafré à la crinière de neige, s'il avait été au courant pour la communication en cours, Warius avait contacté son ami Pirate, borgne et balafré, barrant un cuirassé à la surpuissance phénoménale !

- Albator, où en es-tu ?

- Je suis sur le retour de la Terre.

Warius tiqua.

- Quoi, tu rentres, vraiment, chez toi ? !

- Alie est entre tes mains, Warius. Je peux me retourner presque paisiblement. Et si Lovisthar ou Maya… Je dois être au près des miens, que je puisse quelque chose ou non !

- Mais… Alie… ?

- Il va s'en sortir. Il me l'a promis. Et là je le crois. Et surtout s'il me dit pouvoir protéger ma famille, je ne peux que lui faire entière confiance ! Tu t'inquiètes ?

Albator soupira.

- Et toi, où en es-tu ? préféra rétorquer le capitaine de l'Arcadia.

- Je me rapproche de la Terre. Alie ?

- Prêt à repartir pour toutes ses folies.

- Tu es le plus près…

Albator eut un rugissement.

- Arrête-le, sédate-le, défonce-lui le crâne pour le mettre dans le coma – il demeurera en vie… Et je me fous s'il nous en veut à mort par la suite !

Albator se racla la gorge.

- Rien de tout cela n'est envisageable, j'y ai pensé moi aussi quand j'étais auprès de lui, même s'il ne pensait qu'à me virer ! Veille sur lui, je te prie. Tu sembles être le seul de nous deux qu'il tolère…

- Alérian ne doit pas songer à… En fait, je ne sais plus quels mots mettre sur la situation actuelle et les réactions de notre ami à la crinière de neige !

- J'y gamberge pour deux !

- Nous y ramons tous les deux, rectifia Warius.


Chalandra et ses enfants l'accueillant, Albator serra les siens contre son cœur.

- Je suis là.

- Tu es de retour, mon magnifique borgne et balafré, amour de mon cœur ! Combien de temps ?

- Peu, mais j'en savourerai chaque instant, je peux te l'assurer !

- Alie va mal ?

- Alie ne va jamais bien !

- Mais là est plus mal que durant tout le passé ? insista Chalandra en passant la main dans ses boucles rousses où la coloration estompait les premiers cheveux gris.

- Oui, souffla Albator. Et je ne peux rien.

- Voilà pourquoi tu es revenu.

- Vous êtes menacés, je dois pouvoir être là !

- Merci, mon immense amour !


Itha absente de son Sanctuaire de Déesse Dorée continuant néanmoins de se reconstruire en son absence, Alérian s'était invité sans prévenir.

- Nous ne sommes que les Suivantes nouvelles créées, s'excusa une créature diaphane, en robe vert d'eau, la chevelure de jais, sans bouche, les yeux éternellement clos. Nous ne pouvons t'aider, Alérian Rheindenbach von Shurkelheim.

- Je viens juste entendre des certitudes, de mes déductions, rectifia le jeune homme. Itha, votre Déesse suspend le temps au Sanctuaire de Lovisthar, mais le reste de la chronologie continue de s'écouler. Et ma mère est toujours en liberté, folle possédée, et soumise à ce taré… Il me faut aussi la sauver !

- Et si ce n'était pas possible ? avança la Suivante. Dans tous combats, il y a des sacrifices ?

- Ma mère, même morte, a toujours été là dans les moments les plus inhumains et mortels de ma vie. Si je pouvais seulement faire quelque chose pour elle ? C'est obligé ! Et puis, je ne m'imagine pas sauver un seul univers sans la libérer, elle.

Alérian se racla la gorge.

- Elle m'a sauvé, de sa lumière de Déesse de Paix. Je ne peux l'abandonner bien qu'elle soit une Déesse des Ténèbres !

- Tu es fou ! siffla la Suivante. Oui, normal, tu es Humain, tes sentiments te trahissent, te brident, et sont ta faiblesse. Il faut t'en libérer, sinon tu ne gagneras jamais contre Lovisthar.

- Je le sais. Tu ne m'apprends rien, hautaine Suivante.

Alérian esquissa un sourire.

- Bien que je devine que malgré son combat, ta Déesse parle à travers toi, Suivante. Je te remercie. Tu me confortes dans mes décisions !

- Non !

- Si !


Alérian revenant dans sa chambre, se réveillant, il serra fortement le pendentif de rose noire à son cou.

- Je dois mettre la main sur l'Arkenrock !