8.

Opposé à cinq croiseurs Pirates, le Firestarter avait affaire à forte partie.

Alérian fronça les sourcils.

- Les manœuvres de ces bâtiments, ils se sont inspirés des tactiques de mon père ! Et jusqu'ici, cela leur a porté chance en atomisant toutes leurs cibles !

- Mais leur parcours s'arrête ici, siffla Phop Torsbim entre ses dents, concentré.

- Je vais le faire, Lieutenant, assura Alérian, se trouvant soudain un atome crochu avec son Second. Je prends la Barre. Beebop relaye mes ordres pour nos tirs !

- A tes ordres, Amiral, fit l'Ordonnance blanche et rouge de l'Amiral du Destroyer.

- On encaisse terriblement, Amiral, signala Doc Machinar depuis son Centre Hospitalier. Des blessés viennent en masse… Tu ne peux pas épargner ton équipage ?

- Si seulement je le pouvais… Des décès ? souffla ensuite Alérian sur la fin de sa question, angoissé au possible.

- Non. Pas encore. Faites au mieux, Amiral !

- A tes ordres, Doc Chef.

Alérian se reconcentra sur le combat. Ses tourelles de canons crachant à tout va un feu dévastateur, causant de sérieux dégâts aux croiseurs, bien qu'en surnombre.

- A l'abordage ! rugit alors le jeune homme à la chevelure de neige.

- Pardon ? s'étrangla Phop Torsbim.

- On va investir ces bâtiments encore pressurisés. Il y a des prisonniers, esclaves, à mettre en sécurité. Et trouvez-moi un certain Guizol !

- A quoi ressemble-t-il ? s'enquit Kropion, le Caméléon géant garde du corps d'un insaisissable Amiral, et surgissant toujours quand on l'y attendait le moins. Ça m'aiderait ?

- Je ne sais pas. Un colosse, comme toi, pour avoir les moyens et la puissance pour mettre à terre un Juge Suprême ! Cherche ce genre de malabar !

- Oui, Amiral.

- Merci.

- Je sécurise les lieux, tu pourras y venir dès que je t'y autoriserai !

- Je ne me pointe que lorsque j'en ai envie… marmonna Alérian.

Kropion cligna de l'œil à l'adresse de son Amiral de patron et d'ami.

- Et toi, tu as encore une idée derrière la tête, mon petit frère de cœur ! Je ne te poserai aucune question. Je t'obéis. Tu peux quand même me dire quelque chose ?

- Je cherche un géant nommé Guizol. Il est parmi les prisonniers. J'aurai à lui parler…

Alérian se racla la gorge, but plusieurs gorgées du verre d'eau glacée apporté par un attentionné Beebop.

- Il m'est important, s'il te plaît, Kropion.

- Je ferai comme tu m'en pries, Alie.

- Merci…


En Amiral, Alérian remplit une nouvelle ligne dans son Livre de Bord, concernant la mission affectée au Caméléon, puis se détendit, songeant que la fin d'un calvaire pouvait toucher à sa fin, mais n'osant croire que cela serait aussi simple – cela ne l'avait jamais été !

Depuis Heiligenstadt, Albator s'était mis en communication avec Warius.

- Mon garçon aîné, comment va-t-il ?

- Il fait son boulot ! renseigna un peu sèchement l'Amiral à la retraite de la Flotte Indépendante. Il est un peu débordé, mais il assure !

- Maya, elle va venir ? souffla le grand brun balafré. J'ai des armes légendaires, mais elles ne peuvent rien contre une déesse de Mort !

Warius esquissa une grimace.


Et ensuite, Albator s'était mis en contact avec son fils aux cheveux blancs.

- Alie tu as toujours réussi des miracles. Je suis certain que tu peux encore y arriver cette fois-ci ! Et ton foyer autant que le mien seront saufs !

- Dana et tes enfants sont en sécurité ?

De la tête, Alérian approuva à la question de son père.

- Warius me l'a promis. Ils sont cachés. Ils sont en sécurité. Warius y a veillé. J'espère qu'ils pourront rentrer avant que je ne doive me rendre à nouveau devant le Conseil de l'Alliance de l'Union Galactique. Je vais tout faire, mon papa !

- Je compte sur toi, mon grand chéri.

- Et j'aurai bientôt l'arme absolue près de moi. Un géant Guizol !

- Avec tous mes espoirs, Alie.


Heureux, en dépit des circonstances, Alérian se sentit soulagé comme jamais !

Fidèle à sa parole, Kropion était venu à l'appartement de son Amiral.

- J'ai trouvé ton Guizol.

- Bien, qu'il entre.

Mais quand les portes de l'appartement de l'Amiral du Firestarter s'ouvrirent, ce dernier s'étrangla à la vue de son visiteur !

- Mais tu n'as que cinq ans !

- Six ans ! rectifia dans un sifflement le dénommé Guizol !