11.
Même Alérian, après toutes ses années « de pratique », ouvrit des yeux ronds.
- Guizol ?
- Oui, et je suis sous ma véritable apparence. En temps ordinaires, je dois me protéger. Désolé de t'avoir trompé, Gardien des Univers. Mais même avec toi je devais conserver mon camouflage…
- Sculpteur ? préféra relever le jeune homme à la crinière immaculée. Tu as fait les Juges ?
Guizol inclina positivement la tête.
- Je voulais, comment dire, faire comme des Golems. Mais mes créatures m'ont échappé, elles ont pris leur propre envol et personnalité. Mon intention était de créer des protecteurs, pas des destructeurs… J'ai échoué. Et j'ai pensé que rien ni personne ne pourrait les arrêter. Et puis tu as créé ta propre légende. Il fallait que nos routes se croisent, grâce à Itha. Mais là, je suis là, je suis à tes côtés, pour en finir avec mes créations. Tu peux le faire ?
Alérian dénia de la tête.
- Je ne peux pas attaquer la pierre. Je suis de feu, comme les Dragons, l'emblème de ma famille ! Et même mon énergie Surnaturelle ne peut m'aider…
- Voilà pourquoi je vais te donner une opportunité, une faille ! Fonce t'y plonger ensuite ! rugit Guizol.
- Mais vas donc t'éteindre dans les Enfers ! aboya Lovisthar en projetant une attaque tourbillonnante sur son ennemi Humain.
Alérian se releva, souplement.
- Tes frappes ne me feront rien. J'ai pris mes garanties ! Je suis là, encore et toujours, Lovisthar !
- Tu es Immortel ?
- Oui. On m'a fait son cadeau ! Et je vais m'en servir pour te dégommer, à jamais, monstruosité !
Le jeune homme ricana.
- Mais ce n'est pas à moi de te porter l'attaque décisive ! Guizol, fais-le, et ne chouine pas pour voir des petites bêtes dans un dessin animé à l'heure enfantine !
- Je ne suis pas vraiment un gamin ! grogna l'incriminé. Mais je comprends que tu veuilles me renvoyer ma comédie, même en cette situation, l'humour déplacé ça te détend, Alie.
Le Sculpteur serra les poings.
- J'y vais, suis-moi de près, Gardien des Univers, car tu n'auras qu'une seule chance de frappe !
- Je suis prêt !
Guizol se précipita, et dans la touche de ses poings de métal, il ouvrit une profonde fissure dans la statue de Lovisthar.
Alérian déploya ses ailes… avant qu'une frappe de Maya ne tente de lui fracasse les os.
A nouveau, Alérian se redressa.
- Tu ne me déconcentreras pas, maman. Tu m'as abandonné, tu ne m'as jamais avoué la vérité. Les Schnorkel m'ont tout donné, avant d'avoir l'immense de cœur de me renvoyer à la recherche de ma mère !
Le jeune homme rugit, comme un Dragon, ne lui manquant que le feu !
- Mets en veilleuse ta folie meurtrière, je vais atomiser ton tortionnaire et je vais te sauver !
Visant la fissure ouverte par Guizol, Alérian concentra sa puissance – sa chaîne de perles écarlates et sa rose noire de pendentif – étincelantes.
Et toute sa force concentré, Alérian dirigea son énergie sur la fissure, explosant la statue du Juge Suprême !
Alérian soupira.
- J'ai remporté ce combat. Mais le pire est à venir, face à ces bureaucrates de l'Alliance, vils ont me ratatiner !
- Nous serons là, Amiral, assura Phop Torsbim.
- Non, il n'y a que moi à rendre des comptes… Mais j'apprécie votre soutien. Vous n'avez pas à vous mouiller pour moi.
- Je serai toujours là, Amiral.
- Merci.
- Vous allez bien ?
- Je dois y repenser, mais je suis encore un peu sous le coup… Et Guizol a disparu après l'affrontement. Je ne sais pas s'il est rentré sauf… Et je le considère toujours comme un garçonnet !
Alérian vida le verre de limonade apporté par Beebop.
- Etes-vous encore… ? s'enquit le jeune Lothien au teint bleu et à la chevelure écarlate.
- Non. L'Immortalité m'a quitté quand j'ai vaincu cette créature ! Je ne suis plus que normal. Enfin, façon de parler et selon les points de vue.
Et Alérian éclata de rire, vraiment détendu !
