16.

Main dans la main, Alérian et Danéïre s'étaient dirigés vers la cuisine.

Elle passa un index sur le nouveau collier arboré par son mari.

- ça te donne un look plus androgyne que jamais !

- Sexuellement ambigu, après ce que je t'ai fait cette nuit ? ironisa le jeune homme. Je pense avoir plus que prouvé ma virilité.

- Oui, vous n'avez pas été très discrets, pouffèrent Alden et Alastor depuis ladite cuisine où ils prenaient leur petit déjeuner. Heureusement que nos oreilles ne sont plus chastes depuis longtemps !

- Je l'espère bien pour vous, mes deux grands garçons, se réjouit Alérian en les embrassant.

Alastor le jeune homme balafré sourit à son père.

- Nos petites sœurs vont bien nous rejoindre pour la journée ?

- Oui, nous allons tous pour une virée en ville, plaisirs pour chacun dans un premier temps, et on se retrouvera au restaurant pour terminer la soirée.

Les deux jeunes gens sourirent de toutes leurs dents.

- Merci pour cette sortie, papa !


Et le programme avait été respecté à la lettre. Les deux grands jeunes gens qu'étaient devenus les fils d'Alérian s'étaient divertis de leur côté, avant de rejoindre le parc où les jumelles s'ébattaient dans toute l'insouciance de leur âge.

Vous vous êtes bien amusés ? s'enquit Alérian.

- On a retrouvé nos copains et copines. Oui, on en a bien profité, firent en chœur Alden et Alastor.

- J'en suis heureux.

- Mes grands chéris, sourit Danéïre.

Alden glissa son bras sous celui de son père à la crinière de neige, et Alastor sous celle de sa mère, chacun utilisant leur main libre pour tenir leurs petites sœurs.

- Où va-t-on se goinfrer, papa ? On a très faim ! firent les quatre enfants.

- Je vous emmène au lagon artificiel qui a été créé au grand jardin tropical. Poissons et fruits de mer à volonté !


Au soir, Alden et Alastor avaient quitté le foyer familial pour rejoindre celui qu'ils créaient à leur tour, prenant leur place dans la lignée des balafrés, laissant leurs parents en tête à tête une fois les jumelles prises en charge par leur nounou Mécanoïde.

Danéïre se blottit contre l'épaule de son époux.

- On devient vraiment deux vieux croûtons, tu ne trouves pas ? gloussa-t-elle. Les oisillons quittent le nid l'un après l'autre.

- Alden n'a encore que vingt ans, il ne va pas se marier d'ici demain ! protesta Alérian.

Danéïre pouffa.

- Je te signale qu'à son âge je venais de le mettre au monde !

- Misère, ce ne sont pas les enfants mais toi qui me file un sacré coup de vieux !

- Oh, pauvre papy Alie, imagine alors ce que sera quand un de nos fils aura son propre rejeton !

- Oh purée…

Mais pour démentir ses propres propos, Alérian éclata de rire.

- Mon corps et mon âme sont peut-être éreintés par les affrontements, Naturels et Surnaturels, mais je me sens si jeune, ma Dana. Et je te dois tous mes bonheurs, avec ceux que mon père m'a offert de son côté.

- Tu es si beau, et tu sembles si apaisé, murmura Danéïre en caressant la joue balafrée de son mari. Je ne m'attendais à ce que tu me reviennes ainsi après avoir dû défaire le Juge Suprême et avoir été obligé d'affronter ta propre mère !

Le jeune homme à la crinière immaculée eut un soupir.

- Ce fut pire que ce que j'avais pu imaginer… avoua-t-il. Mais tous mes amis étaient là, même s'ils vont devoir en payer le prix…

- Que veux-tu dire ?


Itha avait pris les mains d'Alérian entre les siennes.

- Je dois te dire… Si tu as eu le Conseil de l'Alliance Galactique, nous avons l'Assemblée Surnaturelle. Denver et moi t'avons aidé, bien plus que nous ne l'aurions dû. Nous avons à répondre de nos actes et propos.

- Je vous reverrai ?

- Je ne sais pas…

Alérian passa la langue sur ses lèvres, ses cœurs manquant quelques battements, de la panique aussi dans ses prunelles d'émeraude.

- Pourquoi m'avez-vous tous aidé ?

- Parce que Lovisthar est ses Juges étaient une menace pour tous ! Nous devions tous nous liguer contre lui, avec toi, Alérian, Gardien des Univers !

- Merci à vous tous… Mais, vous mes amis, et ceux qui ont m'ont aidé, sans que je ne les connaisse et là je pense à Guizol, ils risquent un blâme, comme toi et Denver ?

- Oui, tous. Lovisthar a joué aussi là-dessus. La destruction de notre unité mais pas par la force ! Et il a gagné !

- Oh non… gémit Alérian.


Mais loin des terribles souvenirs, trouvant la paix absolue dans les prunelles grises de sa femme, Alérian se détendit comme jamais, à bon port, et calme au possible.

FIN