Disclaimer : Tout l'univers et les personnages de Twilight appartiennent à Stephenie Meyer !


Point de vue de Bella !

Je suis réveillée depuis plus de cinq minutes, debout sur le pas de la porte de la chambre de Paul et j'écoute la réunion à distance. Je suis d'accord avec Harry, la priorité est d'enterrer mon papa avant de traquer Victoria. J'ai envie de hurler NON quand Edward propose de faire un marché avec les Volturi mais si Victoria peut dévier les visions d'Alice alors seul le meilleur des traqueurs pourra la localiser, même si cela risque de prendre du temps. Je ne veux pas quitter Forks, c'est ma ville, ma maison. C'est l'endroit où je sais que je vais passer le reste de mes jours car c'est ici que vit mon amour, mais je suis mineure et je vais devoir repartir vivre chez ma mère, je le sais. M'éloigner de Paul me fera du mal mais je ne me laisserai pas mourir, et il n'aura pas intérêt non plus. Je le sens en moi qu'il est sur le point d'exploser et je suis la seule à pouvoir le calmer, mais je ne veux pas le faire devant tout le monde. Les Cullen m'entendront les premiers. Alice a dû me voir me réveiller alors je chuchote :

« Dis-lui de me rejoindre, Alice ! »

J'entends ce que je désire et je vais m'asseoir sur le lit. Sur la table de nuit, il y a une photo de Paul et moi lors de mon dernier anniversaire que l'on a fêté chez moi. Paul et moi avons finit la soirée sur la plage de la réserve à contempler l'océan pendant plus d'une heure avant de rentrer au chaud chez lui.

« Mon amour ! »

Je lève la tête de la photo. Paul entre dans la chambre, ferme la porte dans un claquement et me rejoint.

« Comment tu te sens ? » demande-t-il.

« A moitié comateuse et je risque de m'effondrer d'un moment à l'autre, mais je vais bien. » dis-je. « Il faut qu'on parle. »

Je repose le cadre photo sur la table de nuit et m'asseye en tailleur sur le lit. Paul se tourne et plie une seule jambe sur le lit.

« Est-ce que je dois avoir peur de cette conversation ? » demande-t-il.

« J'en sais rien, peut-être. » dis-je en prenant mon courage à deux mains. « J'ai tout entendu et, Alice a raison je dois retourner vivre chez ma mère, du moins jusqu'à ce que Victoria soit mise hors d'état de nuire. »

« Pas question ! » claque-t-il.

Il veut se lever du lit mais je l'en empêche en attrapant son poignet. Il tremble, je le sens contre ma peau.

« Je ne veux pas avoir cette conversation. » me dit-il.

« Il va bien falloir alors assieds-toi ou bien j'appelle Sam pour qu'il t'ordonne de m'écouter, et je sais qu'il le fera. »

Oui je le menace car je sais qu'il est têtu. Il finit par se rasseoir.

« Bella, tu sais ce que ton éloignement va nous faire. » me dit-il d'une voix serrée.

« Oui je le sais, et je suis prête à courir le risque parce que je n'ai pas l'intention de laisser cette éloignement me tuer. » dis-je. « Et toi non plus tu n'as pas intérêt à te laisser aller quand je serai dans un autre état. »

« Tu ne peux pas me demander de te laisser partir. » me dit-il.

« Pourtant il le faut. » j'insiste. « Victoria ne pourra pas m'atteindre dans une ville où il y a du soleil toute la journée. On profite qu'elle est en cavale pour me faire quitter la ville, et même si je ne veux pas qu'Edward contracte une dette envers les Volturi, Demetri sera le seul à pouvoir la retrouver. Elle finira par revenir à Forks en finir avec moi mais la meute, les Cullen et toi vous l'attraperez et vous la tuerez. »

« Et si ça prenait des mois ? » demande-t-il.

« On tiendra, il le faut. » je réponds.

« Tu seras sans défense, à Jacksonville. » me dit-il.

« Non, chéri. » je le contredit. Ma décision est prise. « Aucun membre de la meute ne peut me suivre, Emmett et Jasper vont vous aider à surveiller la réserve, et pendant qu'Edward traquera Victoria avec Demetri et Alice – à moins qu'elle reste à distance c'est juste une hypothèse, Rosalie me protègera quand je serai en Floride. La journée elle restera à distance et la nuit elle sera avec moi. »

« Tu as l'air d'avoir pensé à tout. » dit-il, triste.

Je n'aime pas le voir dans cet état. Ça me fait mal rien qu'à l'idée de partir loin de lui, mais je ne ferai que le déconcentrer.

« Crois-moi, ça me déplaît autant qu'à toi, mais on n'a pas le choix. » dis-je. « Ecoutes, on a encore quelques jours devant nous alors, profitons-en. »

Il acquiesce. Ses épaules s'affaissent, résigné par ma décision.

« Tu t'allonges près de moi ou t'es fâché contre moi ? » je demande.

« Je ne suis pas fâché contre toi. » m'assure-t-il.

Je me penche et prends son visage entre mes doigts pour l'embrasser. Il me rend ce baiser avec plus de force et il m'allonge sur le matelas sans que je ne conteste son besoin d'approfondir.

« Je t'aime Bella, et je peux te promettre que cette garce ne l'emportera pas au paradis. » me dit-il.

Il frotte son nez contre le mien, me vole un baiser et s'allonge à côté de moi en remontant la couverture sur nous.

« Je vais mourir de chaud si on ajoute ta chaleur corporelle. » lui dis-je.

« Tu veux que j'ouvre la fenêtre ? » me demande-t-il.

« Non, je me déshabillerai s'il le faut. » dis-je en sachant très bien que ça va le faire réagir.

« Tu me cherches ? » déglutit-il.

« Oh tais-toi et serres-moi contre toi avant que je me remette à pleurer. » dis-je en m'allongeant sur le côté.

Il éteint la lumière de la lampe, me colle contre son torse et ne fait rien de plus que me tenir dans ses bras. J'ai envie de pleurer mais je sais que dans les jours à venir je vais pouvoir pleurer toutes les larmes de mon corps alors je me ravise. Paul a glissé sa main sous le t-shirt que je porte, et me caresse le ventre, ce qui m'apaise et m'aide à m'endormir. Le visage de mon père se dessine dans ma tête et m'arrache un couinement mais la voix de Paul me rassure et je m'endors pour de bon.

Point de vue de Paul !

14 octobre 2014 !

Elle m'a demandé de la laisser s'éloigner de moi. Comment je suis censé supporter la distance ? Je n'ai pas pu fermer l'œil de toute la nuit. Comment aurais-je pu dormir en sachant que dans quelques jours ma compagne montera dans un avion pour un autre état pour Dieu seul sait combien de temps ? J'entends ma mère se lever vers les six heures du matin, et je décide de faire de même. Je prends soin de ne pas réveiller ma Bella et rejoins ma mère dans la cuisine après un tour à la salle de bain.

« Bonjour mon fils, tu as pu dormir ? » me demande ma mère.

« Non ! » répondis-je en m'asseyant. « Bella veut partir. »

« Comment ça elle veut partir ? » demande ma mère en s'asseyant à côté de moi.

« Elle a entendu toute notre conversation d'hier et, elle est du même avis qu'Alice. » j'explique tout en tentant de garder mon sang froid. « Pourquoi elle veut partir ? Je peux parfaitement la protéger. »

« Tu sais mon chéri, je ne pense pas que ce soit une question de protection. » me dit ma mère.

« De quoi est-ce que tu me parles ? » je comprends plus rien là. Ma mère n'est pas censé être de mon côté ?

« Plus que quiconque elle sait que tu risquerais ta vie pour la protéger, mais il y a aussi la loi. » explique-t-elle. « Bella est mineure. Les demandes d'émancipations ne se délivrent pas sur un coup de tête, ni la mise sous tutelle. Je pourrai très bien faire une demande pour que Bella reste avec nous, mais sa mère est encore en vie, c'est une femme bien, et elle vit très bien. Aux yeux de la loi, Bella doit retourner vivre chez sa mère. »

« Je n'aurai pas la force d'attendre une année avant de la revoir. » dis-je en m'écroulant sur la table.

Ma mère me caresse l'épaule comme elle a l'habitude de le faire quand je ne vais pas bien.

« Je sais que c'est dur, mon fils. » dit-elle en tentant de me réconforter.

« La distance va me tuer. » dis-je dans un murmure.

« Je t'interdis de dire une chose pareille. » me gronde ma mère. « Regarde-moi ! » Oups, je viens de la mettre en colère ça sent pas bon pour moi. Faut jamais mettre une maman louve en colère, surtout la mienne. « Si jamais tu t'amuses à te laisser aller au départ de Bella, je te mettrais le plus gros coup de pieds aux fesses que je t'ai jamais donné, tu entends ? Je me casserai peut-être la jambe mais je le ferai. Il n'est pas question que je perde mon fils parce qu'il ne se croit pas assez fort pour surmonter les effets négatifs de l'imprégnation. Tu vas accepter la décision de Bella, tu vas avoir confiance en elle et en Edward Cullen quand il dit qu'il a une solution pour arrêter cette garce de vampire. Tu vas te battre parce que si je sens que tu perds pieds, non seulement je te botte les fesses, mais t'auras un Alpha qui aura la permission d'une mère pour te remettre les idées en place comme il se doit. Compris ! »

« Oui M'dame ! » dis-je sans attendre.

« Bien ! » dit ma mère, satisfaite. « Maintenant tu vas me faire le plaisir de lever tes fesses de cette chaise et d'aller dormir au moins une heure. Rejoignez-moi toi et Bella à neuf heures à la morgue de l'hôpital. Elle doit dire au revoir à son père. »

« Oui maman ! » j'acquiesce en me levant de ma chaise.

Avant de retourner de ma chambre, j'embrasse ma mère sur la joue. Je retourne dans ma chambre et Bella est réveillée, au téléphone avec sa mère. Je vois qu'elle a pleuré, sans doute en annonçant à Renée le décès de Charlie.

« Non, maman ça va aller. Tu dois garder un œil sur Phil et sa jambe cassée. »

Je remonte sur le lit et Bella en profite pour poser sa tête contre mon épaule.

« Je sais maman. Oui je rentrerai après l'enterrement, faut que je m'organise. »

« Tu veux que je t'inscrive dans un lycée ? »

« Non, je pense que je vais suivre des cours à la maison. Je ne me sens pas prête à tout recommencer dans un nouveau lycée. »

« Comme tu voudras ma chérie. Appelles-moi si tu as besoin de quoi que ce soit. On se voit bientôt. Je t'aime ! »

« Je t'aime aussi ! »

Elle raccroche et pose son téléphone sur la table de nuit.

« Ça va ? » je demande en entourant ses épaules pour l'attirer contre moi.

« J'ai pas le choix. » souffle-t-elle. « Et toi ? Je sens que t'es fatigué. »

« J'étais avec ma mère dans la cuisine et, et bien quand je lui ai fais part de ta décision de partir le temps de tuer Victoria, et que la distance finirait par me tuer elle m'a rappelée que je ne dois pas dire ce genre de connerie devant elle. » j'explique en essayant d'oublier le regard meurtrier de ma mère. « Je veux pas penser à ton départ maintenant. J'ai ordre de dormir une heure avant de t'emmener à la morgue faire tes adieux à ton père. »

« Moi je n'ai plus sommeil. » dit-elle en tapotant ses jambes.

Je l'embrasse avant de m'allonger et de poser ma tête sur ses jambes. Aussitôt, elle passe ses doigts dans mes cheveux, sur mon front, sur ma joue, et je m'endors.

Point de vue de Bella !

Paul ne met pas longtemps à s'endormir. Je n'arrête pas pour autant de caresser ses cheveux. J'adore y glisser mes doigts, et je sais qu'il aime quand je le fais. Je sais que ma mère s'est retenue de pleurer tant qu'elle était au téléphone avec moi, et je sais aussi que maintenant qu'on a raccroché, elle doit être en train de pleurer. Ils ont beau s'être séparé quand j'étais bébé, ils étaient restés amis pour moi. Je ne veux pas penser au jour de mon départ et pourtant je ne peux pas m'en empêcher. Je demanderai à Paul d'en parler avec la meute et les Anciens, pendant que je parlerai aux Cullen. Je dois aussi organiser l'enterrement, me désinscrire du lycée et donc vider mon casier, rendre les livres à la bibliothèque etc… Paul a raison je ne dois pas y penser maintenant. Je porte mon regard sur mon amour, endormi la tête posée sur mes jambes. Le temps passe, et c'est le réveil de Paul qui me sort de ma contemplation. J'éteins le réveil et entreprend de sortir de son sommeil mon loup. Pour se faire, je glisse mes doigts le long de son dos puis sur ses abdos. Ça marche et il s'étire avant de se redresser.

« Maintenant qu'on a fait l'amour tu devrais arrêter de me réveiller comme ça. » me dit-il en sortant du lit.

« Rabat-joie ! » dis-je en soufflant. Je m'extirpe du lit et rattrape mon chéri au passage pour l'embrasser.

« Qu'est-ce qui me vaut un tel baiser ? » demande-t-il.

« A la fois pour te remercier et te rassurer. » je réponds en l'embrassant à nouveau. « On arrivera à surmonter tout ça. »

« Par tout ça tu veux dire, la distance ou la pétasse qui a tué ton père ? » demande-t-il.

« Les deux ! » je réponds. « J'ai bien l'intention de revenir à Forks avant mes dix-huit ans et retrouver l'homme de ma vie. »

« Bella, si je te demandais de m'épouser, tu dirais oui ? » demande-t-il. « Je sais que t'es contre le mariage mais… »

« Avec toi je suis prête à tout. » je le coupe. C'est pas poli mais je m'en fiche. « Je te dirai oui, mais je t'interdis de le faire maintenant, parce que ce serait une excuse pour pas que je m'en aille. »

« Je déteste quand tu fais ça. » soupire-t-il.

« Arrête de bouder, accepte le fait que je parte ou je demande moi-même à Sam de te botter le cul. » dis-je avant de rajouter pour détendre l'atmosphère : « Et allons prendre une douche. »

« Ensemble ? » dit-il en haussant les sourcils.

« Je n'ai plus aucun secret pour toi maintenant, et ça inclus mon corps. » dis-je en l'embrassant.

Je sais, je devrais être en train de pleurer, de hurler, de tout casser, mais je ne veux pas. Pas devant Paul. Pas maintenant. J'essaie de ne pas y penser tant que je suis dans ses bras, mais je sais aussi que dès l'instant où je serai seule, je m'effondrerais. Ma tentative de distraction semble marcher puisqu'il me soulève et me porte dans la salle de bain.

Hôpital de Forks !

Morgue !

Je suis prête ! Je me répète ce mensonge depuis plus de cinq minutes et quand Nora, ma chère belle-mère, soulève le drap qui recouvre mon père, je sais que j'ai fais une bêtise. Elle replie le drap au niveau des épaules de mon père, et je lui en suis reconnaissante. Je ne pense pas pouvoir en supporter davantage. Le corps de Charlie est blanc, aussi blanc qu'un vampire. Je me dis que je suis en plein cauchemar, que je vais me réveiller dans une minute, sortir de ma chambre, descendre dans la cuisine et prendre mon père dans mes bras, oublier ce maudit rêve mais ce n'est pas ce qui arrive. C'est la réalité pure et simple. Je m'effondre dans les bras de Paul et je pleure. Ce que j'aurai dû faire dès l'instant où j'ai ouvert les yeux ce matin, mais je voulais me montrer forte. Personne ne m'interrompt dans ma crise. Paul se contente de me serrer dans ses bras et malgré mon chagrin, je ressens à travers notre lien tout l'amour qu'il me porte. Cela m'aide à me calmer. Je sèche mes larmes et me tourne une nouvelle fois vers mon père, inerte sur une table d'autopsie.

« Je suis obligée de faire une autopsie, ma chérie. » me dit Nora.

« Je sais ! » dis-je. « Faites ce que vous avez à faire. »

« Je te promets de prendre grand soin de son corps. » me dit-elle. « Carlisle va rester et m'aider à rédiger le rapport que je donnerai à la police. »

« D'accord ! » j'acquiesce. « J'ai besoin de prendre l'air. »

« C'est normal ! » dit Carlisle.

Après un dernier regard envers mon père, que je ne reverrai plus jamais, je sors de la morgue avec Paul. Une fois sur le parking de l'hôpital, je prends une grande inspiration pour ensuite l'expulser de mes poumons. Je mets plusieurs minutes à me reprendre pour ne pas craquer en plein parking. Je me sens mieux… un petit peu. Les bras chaud de Paul m'encerclent avant qu'il ne dise :

« La sangsue blonde est là ! »

« Elle s'appelle Rosalie ! » dis-je en le frappant doucement dans les côtes.

Doucement parce que je n'ai pas envie de me casser la main. Je m'écarte de lui pour voir Rosalie s'approcher vers nous.

« Alice a vu que tu voulais nous parler, alors je suis venue te chercher. » me dit-elle. Elle regarde Paul et au vu de son sourire je sais qu'elle va lui rendre la pareille. « Belle bécane, le chien ! »

On est venu avec la moto de Paul, sur laquelle il vient de s'asseoir.

« Elle était à mon père. » dit Paul.

« Et elle marche toujours ? » raille Rosalie.

« Vous avez finit, ou je dois faire l'arbitre ? » j'interviens, sans m'empêcher de sourire.

« Je t'attends dans la voiture. » me dit Rose.

Elle s'éloigne. Je fais face à Paul, pose mes mains sur ses épaules tandis que les siennes se posent sur ma taille.

« Je veux que tu ailles voir Sam, qu'il rassemble la meute et que tu leur expliques ce que j'ai décidé. »

« Ouais, ton départ ! » souffle-t-il.

« On ne va pas revenir là-dessus, hein ? Je n'ai pas envie de me disputer. » dis-je en l'embrassant sur le front.

« On ne va pas se disputer. » me promet-il. « Dans combien de temps je passe te chercher ? »

« Tu le sentiras. » dis-je. Avec notre lien, on sait tout le temps quand l'un a besoin de l'autre. « Mais ne viens ni en voiture ni en moto. »

« Si c'est pour faire comme la dernière fois, c'est non direct. » me dit-il.

« Allez s'te plaît ! » je fais ma boudeuse.

« Non, la dernière fois les gars se sont foutus de ma gueule parce que tu me grattais le ventre. » me rappelle-t-il.

« Oh allez, je suis sûre qu'ils l'ont tous fait au moins une fois. » dis-je en essayant de ne pas rire. « S'te plaît ! »

Je lui sers mes yeux de petits chiots que j'ai appris à force d'avoir côtoyé Alice. Il ne peut pas y résister, et les filles de la meute sont très fortes aussi à ce petit jeu. Même Leah s'y est mise.

« C'est bon, t'as gagné ! » cède-t-il. « Mais je vais me venger. »

« Même pas peur ! » dis-je en l'embrassant. « Je t'aime ! »

« T'as de la chance parce que moi aussi je t'aime ! » dit-il en me rendant mon baiser. « Dépêches-toi, la sangsue prend racine dans sa bagnole. »

Je m'éloigne après un dernier baiser, et je monte dans la voiture de Rosalie une fois que mon Paul s'éloigne avec sa moto.

« Ça m'a l'air torride entre vous deux. » dit Rosalie en démarrant.

« Non, on s'aime c'est tout. » dis-je en regardant par la vitre.

« Je suis contente pour toi. C'est quelqu'un de bien… pour un loup. » me dit-elle en s'engageant dans le sentier de sa maison.

« Merci, ça me touche que tu me dises ça. » dis-je en lui souriant.

« Tu sais, ce n'est pas parce que tu n'es pas destiné à finir avec Edward qu'on va arrêter d'être sœur. » me dit-elle sans quitter la route des yeux. « Tu vas vivre une vie pleine et humaine et, c'est ce que j'ai toujours voulu que tu comprennes. »

« Je le savais mais, merci encore ! » dis-je avant de bâiller.

Elle se gare devant la grande villa des Cullen. En entrant dans le salon, je les vois tous – sauf Carlisle qui est encore à l'hôpital avec ma belle-mère – assis soit sur le canapé ou autour d'une table. Alice semble concentrée – sûrement à traquer Victoria. Emmett regarde Edward et Jasper jouer aux échecs tandis qu'Esmé lit un livre. A mon entrée, ils arrêtent tous leurs activités et Edward en profite pour déplacer un pion.

« Echec et mat ! » dit-il à son frère.

« Pourquoi est-ce que je m'entête à jouer contre toi ? » demanda Jasper.

« Parce que t'aime te faire battre. » le charrie Edward.

« C'était rhétorique comme question. » réplique Jasper.

« Ouais, je sais ! » dit Edward, avant de me regarder. « Salut ! Comment tu te sens ? »

« Bien, du moins autant que je peux l'être. » dis-je en allant m'asseoir à côté d'Esmé.

Elle me tend les bras et je m'y engouffre. Elle m'a manquée.

« Alice a dit que tu désirais nous parler. » me dit Esmé.

« Oui ! » j'acquiesce en regardant Alice. « Excuses-moi pour ce que j'ai dis hier. »

« C'est oublié ! » me dit-elle. « Tu ne le pensais pas, je comprends. Maintenant dis-leur pourquoi tu as voulu nous parler. »

« Oui ! » dis-je en prenant une grande inspiration. « J'ai entendu votre discussion hier et, je suis d'accord avec Alice je vais retourner vivre à Jacksonville, du moins le temps que vous coincez Victoria. »

« Ça risque de prendre des semaines, voire des mois vu comme elle est maligne. » me dit Jasper.

« Je sais, et c'est pour ça que je suis venu vous demander une faveur. » dis-je en les regardant tour à tour, surtout les garçons.

« Tout ce que tu voudras. » me dit Emmett.

« Je veux que toi et Jazz vous restez aider la meute à protéger la réserve, et Forks. » dis-je. « Victoria reviendra un jour ou l'autre, et Jazz je sais que tu peux les entraîner, mieux qu'ils ne savent déjà se battre. Vous pouvez les aider à surveiller Forks de nuit, enfin tout pour qu'ils puissent se reposer de temps en temps. Certains sont encore au lycée. »

« Si les Anciens sont d'accord, ça ne me dérange pas. » dit Emmett.

Je porte ensuite mon regard sur Edward.

« Je sais que je n'ai aucune chance de te dissuader de demander l'aide des Volturi, mais est-ce que je peux te demander d'être prudent ? Je ne veux pas qu'ils t'obligent à reboire du sang humain. »

« Ça n'arrivera pas. » m'assure-t-il. « Je ferai attention, c'est promis. »

« Alice… »

« Je reste à Forks. » me coupe-t-elle en souriant. « Quelqu'un doit surveiller Angela quand elle n'est pas avec la meute. Et si Victoria prépare un genre de guet-apens je serai déjà sur place. »

Je lui rends son sourire en essayant de ne pas pleurer. Elle ne m'en veut pas que je ne « veuille » pas d'elle à Jacksonville. Elle est bien plus efficace à Forks.

« Et toi, qui te protègera ? » demande Emmett. « Tu seras peut-être dans une ville que les vampires préfèrent éviter à cause du soleil, mais tu ne dois pas rester seule. »

« Je ne le serai pas. » j'assure en ajoutant : « Si Rosalie est d'accord j'aimerai qu'elle m'accompagne. Je ne prendrai aucun risque, je ne vais pas retourner au lycée en plus. Et, aussi si Emmett est d'accord. »

« C'est à Rose de décider. » me dit-il en me faisant un clin d'œil.

« Je suis d'accord ! » répond immédiatement la concernée.

Soulagée, j'expire tout l'air comprimé dans mes poumons.

« Super ! Maintenant que c'est réglé faut que j'organise les funérailles de mon père. »

« Laisse-nous nous en occuper, on y tient. » me dit Esmé.

J'ai du mal à contenir mes larmes et je décide de ne plus les contenir. Je me prends la tête entre les mains et j'explose. Je pleurs pour la énième fois, me laissant aller dans les bras d'Esmé qui me réconforte, et ma tête finit sur ses genoux !