Disclaimer : Tout l'univers et les personnages de Twilight appartiennent à Stephenie Meyer !
Jacksonville !
16 octobre 2014 !
Point de vue de Bella !
Il est 17H45 en Floride ! Je suis partie de Seattle en fin d'après-midi, et j'arrive dans ma nouvelle ville à la même heure que lorsque l'avion a décollé. Le décalage horaire est minime, mais la distance avec Paul joue sur ma fatigue. Mes yeux ont du mal à rester ouvert lorsque Rosalie m'aide à me lever de mon siège. On met environs un quart d'heure pour arriver jusqu'aux bagages, et une fois qu'on les a récupéré j'insiste pour aller aux toilettes. Je me passe de l'eau froide sur le visage, espérant que ça me réveillerait de mon état de transe, mais ça ne marche pas tellement. Je crois que j'ai besoin de m'enrouler dans une couverture et d'entendre la voix de mon loup me parler encore et encore pour tenir le coup. Ça s'annonce plus dur que prévu. Je suis Rosalie – qui avait profité du passage aux toilettes pour masquer chaque parcelle visible de sa peau - sur le parking de l'aéroport et une fois dans le taxi, je sors mon téléphone et j'appelle Paul. Je ne m'occupe même pas du chauffeur qui demande où est-ce qu'il doit nous déposer. Je laisse à Rose le soin de s'en charger, ce qu'elle fait car le taxi démarre au moment où la voix chaude et rauque de mon amour se fait entendre.
« Bella ? »
« Ce que je suis contente de t'entendre. Tu me manques terriblement. »
« Tu me manques aussi. Tu es arrivé ? »
« Oui, on est dans un taxi. Je serai bientôt chez ma mère. »
« Tu me rappelles quand t'arrives ? »
« Dès que je serai dans ma chambre. Je t'aime ! »
« Je t'aime aussi. Euh, ma mère a fait à manger et elle a dit qu'elle me botterait le cul si je refusais de manger. »
« Vas-y, je te rappelle très vite. »
« D'accord. Je t'aime ! »
« Moi aussi. Bisous ! »
Je raccroche la première sinon, moi comme lui serions encore en ligne. La main de Rosalie – gantée de cuir – prit la mienne. Je la regarde. Elle avait mit une veste à capuche, qu'elle avait refermée et relevé la capuche sur sa tête. Elle est sans doute la vampire la plus sexy et féminine que je connaisse, et pourtant, même en survêtement, la capuche sur la tête par-dessus une casquette elle est toujours aussi belle. Je l'envie. Le taxi met vingt minutes à arriver devant chez ma mère. Le chauffeur a dû recevoir des instructions de Rosalie parce qu'il descend du taxi sans poser de questions. Rose me regarde soudain très sérieusement.
« Je vais aller me louer une voiture, et je serai garée pas très loin. » me dit-elle. « N'oublies pas ce que je t'ai dis. Le soir, tu t'enfermes dans ta chambre, et tu attends minuit pour m'ouvrir ta fenêtre. Et surtout, le plus important, tes parents ne doivent pas savoir que je suis là, et qui je suis. On ne doit pas éveiller les soupçons, ça pourrait guider Victoria jusqu'à toi. »
« J'ai pas oublié. » dis-je en la prenant dans mes bras. « Je sais qu'on va se revoir vite mais, merci d'être là avec moi. Je t'ai séparé d'Emmett… »
« Je n'aurai pas voulu être ailleurs. » me coupe-t-elle en s'écartant. « Ne t'en fais pas pour Emmett et moi. On sait tous les deux que ta protection est bien plus importante que le reste. Ok ? »
« Ok ! » dis-je en hochant la tête.
« Ta mère vient d'ouvrir la porte. Vas-y ! » me dit-elle en m'embrassant le front. « A toute à l'heure ! »
Je sors du taxi et le chauffeur remonte dans son véhicule. Je prends deux de mes valises et ma mère me rejoint pour prendre les deux autres mais avant, elle me prend dans ses bras et me serre très fort. C'est limite si j'étouffe.
« Maman… tu me serres trop fort ! » je réussis à dire.
« Désolée ! » dit-elle en me lâchant.
Je prends une grande respiration, et j'espère que Paul n'aura pas senti mon angoisse.
« Ma chérie, tu m'as manqué. » me dit ma mère. « Je suis contente de te revoir. »
« Moi aussi ! » dis-je en maudissant ce lien de loup à imprégné. Mon portable est en train de vibrer dans ma poche. « On peut rentrer ? Je suis fatiguée. »
« Oui, bien sûr ! » dit-elle en prenant mes deux valises restées par terre. « Tu as faim ? »
« Pas tellement, et puis il est encore un peu tôt. » dis-je en suivant le pas. « J'ai surtout envie de dormir. »
« Bien sûr ! » dit maman en me laissant entrer. « Ta chambre est là-haut ! »
On monte les escaliers, et j'entre dans ma nouvelle chambre. Je suis tellement fatiguée, et mon téléphone n'arrête pas de vibrer dans ma poche que je me pencherai sur la déco plus tard. Je pose mes valises et sors mon téléphone. Aïe ! Trois appels manqués. Je grimace.
« Tout va bien ? » me demande maman.
« Oui, juste mon copain qui m'appelle. » je réponds en la regardant d'un air pour dire 'Faut je décroche'.
« Dans ce cas, je te laisse te reposer et on discutera au dîner. » me dit-elle.
Elle me prend dans ses bras encore quelques secondes et finit par sortir. Je décroche tout en fermant la porte. Merde, y a pas de verrou !
« Oui ! »
« Ça va ? J'ai ressenti ton angoisse. »
« Juste ma mère qui me serrait un peu trop fort. »
Je l'entends souffler de soulagement à l'autre bout du fil.
« J'ai cru que tu avais eu un accident. »
« Avec un vampire comme garde du corps ? »
« Ouais, t'as raison. Désolé ! »
« Bien mangé ? »
« Euh, si on veut. J'ai emporté mon assiette dans ma chambre. »
« Tu veux dire le plat entier. »
« Tu me connais. Et toi, t'as mangé ? »
« C'est pas encore l'heure en Floride. Il n'est que 18 heures. »
« Ah, j'avais oublié le décalage horaire. »
« Tu patrouilles cette nuit ? »
« Oui ! »
« Ok alors, euh, je vais me reposer un peu mais si t'as envie de m'appeler, appelle, même si je dors. »
« Je t'appellerais à minuit. Je vais essayer de dormir aussi de mon côté. »
« Tu penseras à moi ? »
« Tu ne quittes jamais mes pensées, bébé ! »
On parle encore un peu, le temps que j'enlève mes chaussures, ma veste et que je fasse un tour dans ma salle de bain personnelle. Eh oui, ma chambre a une salle de bain. Trop génial. Je m'allonge dans le lit et, malgré la chaleur qui règne à Jacksonville en octobre, je m'emmitoufle dans ma couverture, tout en gardant le téléphone contre mon oreille.
« Voilà, dans mon nouveau lit. »
« Confortable ? »
« Non, puisque tu n'es pas là. »
« Elles vont être longues les nuits. »
« Je sais, mais on s'est fait une promesse. »
« Je sais ! Bon, où est Rosalie ? »
« Elle est allée louer une voiture. Il fait encore jour alors je ne crains rien. Elle me rejoindra à minuit. »
« Tu me promets d'être prudente ? »
« C'est plutôt à moi de te demander ça. Mais oui, je serai prudente. »
Je laisse échapper un bâillement malgré moi.
« Reposes-toi mon amour ! »
« Je t'aime ! »
« Je t'aime ! »
Là encore, je raccroche et je m'endors aussitôt rattrapée par le sommeil qui me nargue depuis que je suis descendue de l'avion.
Forks !
21 heures !
Points de vue de Paul !
Je raccroche à mon tour, posant mon téléphone sur ma table de nuit. Je me prends la tête entre les mains, souffle un bon coup et me lève de mon lit, attrapant au passage le plat de pâtes à la bolognaise que ma mère avait fait, et que j'ai englouti sans mal. Je rejoins la cuisine, et je nettoie le plat.
« Comment va Bella ? » me demande ma mère, qui est en train de nettoyer la cuisinière.
« Fatiguée, mais elle est bien arrivée chez sa mère. » dis-je en rinçant le plat. « C'est dur, mais elle s'accroche. »
« Et toi aussi. » me prévint-elle.
« Oui, je sais autrement tu me botteras le derrière. » dis-je en posant le plat sur l'égouttoir.
« Absolument ! » sourit-elle en m'embrassant sur la joue. « Allez, au lit avant ton heure de patrouille. »
Je l'embrasse à mon tour sur la joue et gagne ma chambre. Je m'écroule dans mon lit. J'ai dormi une heure avant le premier appel de Bella, mais j'ai encore sommeil. Sans doute un effet de l'éloignement. On n'a jamais été séparé aussi longtemps elle et moi, et la distance était loin d'être si grande. J'ignore comment je vais faire mais je vais tenir le coup. Je resterai fort, et en bonne santé pour le retour de ma Bella. Quand je repense au fait qu'elle m'ait avoué vouloir qu'on se marie à son retour, je souris comme un benêt et je m'endors avec cette idée. A minuit, mon réveil sonne. Je m'extirpe du lit, passe à la salle de bain et sors par la fenêtre de ma chambre. Je rejoins Jared dans les bois et j'éclate dans ma seconde nature. Je me sens beaucoup mieux. Allez, au boulot !
Jacksonville !
20h30 !
Point de vue de Bella !
Dormir trois heures sans faire de rêve c'est assez réparateur. Je m'apprête à rejoindre ma mère et mon beau-père pour le dîner et je me sens bien mieux. Je sens toujours le picotement au cœur dû à mon départ de Forks, mais je sens que Paul va bien, et cela me suffit. Je paniquerais quand je sentirais que quelque chose cloche. Hors, ce n'est pas le cas pour l'instant. Je m'assois à table tout en saluant mon beau-père.
« Toujours dans le plâtre. » je constate en désignant sa jambe droite.
« Malheureusement, et ça me gratte. » me dit-il en grimaçant.
« Ouais, je connais ça. » dis-je en me rappelant mon séjour à l'hôpital après avoir affronté James.
Quand Paul a su ce qui s'était réellement passé, il a faillit péter les plombs. Sans parler de ma cicatrice au poignet.
Flashback !
Quelques semaines plus tôt !
Point de vue normal !
Ils avaient décidés de passer l'après-midi chez Bella. Ne voulant pas traîner devant la télé, elle le fit monter dans sa chambre. Sa jambe lui tirait encore quand elle montait les escaliers, et une fois dans sa chambre elle s'asseya sur son lit et se massa là où James avait écrasé une bonne partie de ses os. Paul s'inquiéta immédiatement et s'agenouilla devant elle.
« Qu'est-ce que tu as ? » demanda-t-il. « Je ressens ta douleur. »
« Ce n'est rien, juste ma jambe qui me joue des tours depuis qu'un vampire a voulut me tuer… »
« Quoi ? »
Oh oh ! Bella avait oublié que personne en dehors des Cullen ne savait que son séjour à l'hôpital avait été causé par un vampire fou furieux qui avait fait de Bella sa prochaine cible. La bourde !
« Tu peux répéter ? » demanda-t-il.
« Oh, c'est vrai on ne vous a pas dit la vérité. » grimaça-t-elle.
« Quelle vérité ? » insista-t-il.
« Je n'ai… pas dévalé les escaliers d'un motel et je ne suis pas partie de chez mon père parce que je voulais rentrer chez moi. » dit-elle en choisissant bien ses mots. « Les Cullen ont essayés de me protéger d'un vampire qui avait… un peu trop aimé mon odeur. Je suis parti en racontant des horreurs à Charlie. Alice et Jasper m'ont emmené loin mais je leur ai faussé compagnie parce que je croyais que James détenait ma mère. C'était faux. Et je me suis retrouvé avec toutes ces blessures et… euh… »
Elle remonta la manche droite de son pull et dévoila la cicatrice en forme de croissant de lune qu'avait laissée les dents de James.
« Il… il t'a mordu ? » s'étrangla Paul, qui commençait à trembler.
« Oui, mais je ne crains plus rien Edward a aspiré le venin hors de mon corps… » expliqua-t-elle avant de se rendre compte qu'il tremblait. « Paul, calmes-toi bébé ! »
C'était la première fois qu'elle utilisait un terme affectueux pour lui parler – il ne sortait pas encore tout à fait ensemble – mais elle s'en moqua. Elle posa les mains sur ses épaules pour tenter de le calmer.
« Paul, je vais bien, je ne crains plus rien. »
« Faut que je sorte. » grogna-t-il.
Mais Bella ne l'entendit pas de cette oreille. Elle ne voulait pas qu'il se transforme sous la colère. Qui sait ce qu'il pourrait faire ? Alors elle prit les devants. Elle prit son visage entre ses mains et l'embrassa… en plein sur la bouche ce qui prit Paul par surprise, et calma la bête en lui. Ses tremblements cessèrent, et Bella mit fin au baiser.
« Je vais bien ! » répéta-t-elle en le regardant dans les yeux.
« Je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit. » souffla-t-il.
« Avec toi je ne crains rien. » dit-elle avant de l'embrasser à nouveau.
Cette fois, Paul fut plus réceptif au baiser, et le lui rendit.
« Enfin ! » souffla-t-il.
Elle lui caressa le visage et, Paul avisa la cicatrice sur son poignet. Il le prit délicatement dans sa main, caressa le croissant de lune du pouce avant d'y poser sa bouche.
« Dis-moi que c'est la seule ! » souffla-t-il.
« Oui ! » acquiesça-t-elle en caressant ses cours cheveux noirs.
Paul souffla de soulagement en enfouissant son visage sur le ventre de Bella, qui écarta les jambes pour le serrer un peu plus contre elle. Quand il referma ses bras autour d'elle, qu'il remonta sa tête sur sa poitrine puis dans son cou, elle sentit ce lien invisible entre eux se renforcer, pour ne plus jamais s'en aller !
Fin du flashback !
Point de vue de Bella !
« Bella, t'es avec nous ? »
Je secoue la tête à la voix de ma mère, qui me sort de mes souvenirs.
« Désolée, j'étais ailleurs. » dis-je en buvant une gorgée d'eau.
« On a vu ça. » s'amuse Phil. « Alors, ta mère m'a dit que tu avais un nouveau petit copain ? J'espère qu'il s'occupe bien de toi. »
« Oui Monsieur l'Agent, il ne m'a pas maltraité une seule fois. » dis-je en pointant ma fourchette vers lui. « Ne commence pas avec tes questions. »
« J'ai bien le droit de m'en faire pour ma belle-fille. » se défend-il en levant les mains devant lui.
« Tu n'as pas à t'en faire. » dis-je pour le rassurer. « Paul est un vrai gentleman, c'est vraiment quelqu'un de bien. »
« C'est le coup de foudre ? » demande ma mère.
« C'est tout à fait ça ! » je réponds en plantant ma fourchette dans ma viande. « L'interrogatoire est terminé ? »
Ils se mettent à rire et cessent de me cuisiner au sujet de mon Paul. A la fin du repas, je débarrasse la table et je fais la vaisselle pendant que ma mère s'occupe de Phil. Le pauvre, avoir une jambe cassée n'est pas facile. Je me souviens encore des premiers jours suivant mon agression par James. J'avais du mal à faire un pas sans avoir mal, et mon père – ou bien Edward – était tout le temps à proximité pour m'aider. Le pire c'était pour descendre ou monter les escaliers. Je suis bien contente de ne plus avoir de plâtre. La vaisselle finit, je suis fatiguée. Je prends congés et monte dans ma chambre. Rosalie ne sera pas là avant deux heures, alors je prends ce temps pour prendre une longue douche. En quittant Paul, j'ai piqué son gel douche qui lui sert aussi de shampoing. Il a rigolé à ce moment là mais ne me la pas repris. L'odeur de son gel douche envahit la salle de bain pendant que je m'en recouvre le corps tout entier, ce qui m'aide à me détendre. C'est comme si mon loup était dans la douche avec moi. Je sors de la douche et m'enroule dans une serviette avant de me sécher les cheveux. Rosalie a pensé à mettre mon sèche-cheveux dans mes valises. Elle a pensé à tout. Une fois au sec dans un short et un sweat à capuche de Paul – oui je lui ai aussi piqué ses fringues – je retourne dans ma chambre. Ma mère est assise sur mon lit.
« T'as osé abandonner Phil ? » je demande en riant.
« Oh, il a à peine touché le canapé qu'il s'est endormit. » me répond-elle. « Je suis venue voir si tu avais besoin de quelque chose. »
« Je te dirai ça quand j'aurai déballé mes affaires. » dis-je en sortant un cadre photo d'une valise.
Je vais m'asseoir à côté de ma mère tout en tenant le cadre entre mes mains. Cette photo avait été prise lors de mon dernier anniversaire. Nous avions chacun la même. C'est ce soir là que je lui ai dis que je l'aimais. On était déjà un couple avant ça, mais dire le mot « Je t'aime » est loin d'être facile, même quand vous savez que votre petit-ami est votre âme-sœur.
« Il est mignon. » constate ma mère.
« C'est vrai. » dis-je en me mordant la langue.
Mignon ? Paul ? Canon serait plus juste !
« Et très différent d'Edward. » dit ma mère. « Quelque chose de mal c'est passé entre vous ? »
« Non, on s'est un peu éloigné et, on s'est rendu compte qu'on était trop différent, et qu'on n'était pas si amoureux que ça. » dis-je en mentant bien sûr. « Mais on est toujours amis. »
« Bien sûr ! » dit ma mère. « Mais es-tu sorti avec Paul avant ou après avoir rompu avec Edward ? »
« Maman, pour qui est-ce que tu me prends ? » dis-je, vexée qu'elle puisse penser que j'aurai pu tromper Edward. « Paul et moi on est devenus amis avant tout, et je n'étais plus avec Edward. »
C'était faux… un peu. Edward et moi ne savions plus où nous en étions quand j'ai rencontré Paul pour la première fois. Jacob s'était éloigné de moi sans que je ne sache pourquoi, et quand je l'ai confronté, Sam et le reste de la meute est intervenu. L'arrogance de Paul m'a rendu dingue et je l'ai frappé. Il s'est mit à trembler et il s'est transformé. C'est à ce moment que j'ai su pour les loups-garous. Edward avait été en colère contre moi parce que je m'étais mise en danger, mais personne ne m'avait dit que les Quileute – y compris mon meilleur ami – pouvaient se transformer en loup géant. Je n'ai pas le don d'Alice. Et c'est le lendemain que j'ai appris par Paul lui-même que s'il avait été en colère par mon geste, c'était parce qu'il s'était imprégné de moi juste avant. Il n'avait pas compris – ou plutôt le loup qui vivait en lui n'avait pas compris pourquoi son âme-sœur l'avait frappé. Il m'avait fallu au moins une semaine pour faire le tri dans ce que je ressentais. Paul passait souvent par ma fenêtre pour qu'on puisse parler. Edward ne restait plus avec moi, grâce à Rosalie qui voulait que je choisisse de rester humaine. C'est ce qui a fait pencher la balance. Plus je passais du temps avec Paul, plus j'en tombais amoureuse et j'oubliais Edward.
Flashback !
Point de vue normal !
Quelques mois plus tôt !
Bella était assise dans son lit, sous la couverture et lisait un livre pour les besoins d'un devoirs d'été, quand un bruit attira son attention. Elle leva la tête vers la fenêtre et vit Paul.
« Je peux entrer ? » demanda-t-il.
« Oh euh, oui ! » répondit-elle en refermant son livre. « T'es pas censé patrouiller ? »
« Non, j'ai échangé mon tour avec Embry. » dit-il une fois dans la chambre. « J'avais envie de te parler. »
« Oh, ok euh, assieds-toi. » dit-elle en lui faisant de la place à côté d'elle. Elle le vit hésiter. « Je te promets de ne pas te gifler. »
« Ce n'est pas ça euh, j'ai peur de ne pas me contrôler, si je m'assieds à côté de toi. » dit-il, mal à l'aise.
« Comment ça ? » demanda-t-elle.
« C'est l'imprégnation, Bella. » répondit-il. « Tant que je ne sais pas ce que tu veux qu'on soit, j'aurai toujours peur de déraper, et je ne veux pas te blesser. »
« Paul, viens t'asseoir, tu ne me feras rien. » dit-elle en tapotant à nouveau l'espace à côté d'elle.
Il hésita encore avant de céder et de s'asseoir à côté d'elle, restant face à elle, une jambe pliée sur le lit.
« Est-ce que tu vas bien ? » demanda-t-elle en posant sa main sur la sienne.
Ce contact le fit tressauter légèrement.
« Eh, détends-toi, qu'est-ce qui t'arrive ? » demanda-t-elle d'une voix douce.
« Bella, je t'ai expliqué ce qu'est l'imprégnation, mais je ne t'ai pas dis ce que ça risque de me faire si tu choisis Edward. » répondit-il en levant les yeux vers elle.
« Paul, tu me fais peur là. » avoua-t-elle sans pour autant lâcher sa main.
« Si tu veux qu'on ne soit seulement ami, je le respecterai, mais je ne supporterai pas de te voir avec un autre. » dit-il. « Ça risque de me tuer. »
« J'ai envie qu'on soit ami, c'est vrai. » dit-elle avant de poursuivre : « Je veux apprendre à mieux te connaître, me faire pardonner de t'avoir giflé mais, tu n'as rien à craindre en ce qui concerne Edward. Je me suis rendu compte que je n'étais pas aussi amoureuse de lui. Sans doute parce qu'on a passé les dernières nuits à parler toi et moi. »
Paul porta sur elle un regard plein d'espoir.
« Surtout ne me presse pas, d'accord ? » demanda-t-elle. « Quand je serai prête à ce qu'on soit plus que des amis, tu seras le premier au courant. »
« Est-ce que… est-ce que j'ai le droit de te prendre dans mes bras ? » demanda-t-il. « J'en ai besoin. »
Elle acquiesça avant de demander :
« Tu veux bien rester jusqu'à ce que je m'endorme ? »
« Bien sûr ! » dit-il en sentant son loup s'apaiser.
Bella attendit que Paul ne s'allonge à côté d'elle avant se blottir contre lui. Son cœur, étrangement, se mit à battre à l'unisson avec celui du loup, qu'elle pouvait sentir battre contre sa main qu'elle avait posée sur sa poitrine. Paul referma ses bras autour d'elle et embrassa le sommet de son crâne.
Elle avait prit sa décision définitive deux jours plus tard. Elle avait demandé à Edward de la rejoindre à leur clairière, et lui avait tout expliqué.
« C'est peut-être mieux comme ça. » dit-elle à la fin de son récit. « Le fait qu'un loup-garou ce soit imprégné de moi veut tout dire, n'est-ce pas ? On n'est pas fait l'un pour l'autre, toi et moi. »
« Non, et même si ça me fait mal je n'ai pas le droit de t'empêcher de vouloir être avec lui. » dit Edward. « Mais sois prudente, les loups ne sont pas très fiable. »
« Il ne me fera pas de mal, ça fait plus d'une semaine qu'il passe ses nuits avec moi pour parler. » avoua-t-elle. « Mais si ça peut te rassurer, alors oui je serai prudente. »
« On reste amis ? » demanda Edward.
« Bien sûr, on a vécu pas mal de chose tous les deux, et puis tu m'as sauvé la vie. Deux fois ! » répondit-elle en souriant.
Il sourit. Bella le prit dans ses bras mais, au bout de quelques secondes Edward se tendit.
« Il n'a pas l'air content. » dit-il en s'écartant.
« Non, je peux le sentir. » soupira Bella. « Va falloir que je m'y fasse à sa jalousie. »
« Bonne chance ! » la taquina-t-il. « Au revoir Bella ! »
« Au revoir, Edward ! » dit-elle en reculant. « Remercie Rose pour moi. »
« Pourquoi ? » demanda-t-il.
« Elle saura pourquoi. » répondit-elle en se retournant.
Elle entra dans les bois et sauta dans les bras de Paul, qui s'était transformé en humain pour la cueillir comme il se devait. Il la fit tourner, la faisant rire.
« Je suis tellement heureux. » dit-il en la reposant.
« Rappelles-toi, laisses-moi du temps pour nous. » dit-elle.
« Tant que je peux te prendre dans mes bras, le reste je m'en fiche. » avoua-t-il.
Fin du flashback !
Point de vue de Bella !
Je sors une nouvelle fois de mes pensées en sentant ma mère me secouer.
« T'arrêtes un peu de rêvasser. » me dit-elle en riant.
« Désolée ! » dis-je sans l'être vraiment. « Est-ce qu'on peut continuer cette conversation demain ? Je pense trop à Paul pour l'instant. »
« Quelque chose me dit que ça ne changera pas d'ici demain. » sourit-elle en m'embrassant sur le front. « Bonne nuit ma chérie ! »
« Bonne nuit maman ! »
Elle sort de la chambre et ferme la porte derrière elle. Je regarde l'heure sur mon téléphone. Dans une heure, Rosalie sera là. Je n'ai pas vraiment sommeil alors au travail ! Je pose le cadre photo de mon amour et moi sur ma table de nuit, et je vide mes sacs. Ma mère a pensé à meubler la pièce, ce qui m'est bien pratique. Je déballe toutes mes valises, range mes vêtements dans la penderie. J'empile mes livres sur la commode le temps de trouver une meilleure place. Mes produits dans la salle de bain, mon ordinateur portable sur le bureau, et j'éparpille un peu partout le reste de mes photos. J'en ai une de mon père. Je la pose à côté de celle de Paul et moi. Une fois mes valises vides, je les range dans la penderie quand mon téléphone émit un bip. Il est minuit. La fenêtre de ma chambre est une large vitre coulissante, alors sans tirer les rideaux, je fais glisser la vitre et Rosalie entre aussitôt dans la chambre. Je referme la vitre et la verrouille.
« Je suis là, comme prévu ! » me dit-elle, les yeux dorés qui brillaient.
« Comment tu feras pour te nourrir ? » demandai-je, inquiète pour cette partie là.
« Ne t'en fais pas pour ça. » me rassure-t-elle. « Maintenant, au lit avant que ta mère ne décide de la jouer moralisatrice. »
J'abdique et obéis à mon garde du corps vampirique. Je me glisse sous ma couette, et je ferme les yeux dès que Rosalie plonge la chambre dans la pénombre. Première nuit loin de mes amis, loin de ma maison, et surtout loin de mon amour. Et ce ne sera pas la dernière !
