CHAPITRE 15
Mamaoutai
Les enfants Solo avaient passé une bonne partie de l'été sur Naboo avec leur père. Celui-ci avait doucement mais sûrement renoué avec son fils. Finn et Poe les avait rejoint pour deux semaines et Han avait pu constater à quel point ses enfants étaient heureux et équilibrés.
Ben rentrait en septembre à la faculté de Sciences et physique Appliquée de Coruscant, la plus distinguée et la plus cotée. Sa fille entrait en première littéraire avec tous les encouragements de ses professeurs qui félicitaient ses efforts et sa persévérance. Elle avait le souhait de devenir archéologue et pour cela elle avait redoublé d'ardeur en biologie. Les mathématiques et la physique restait ses bêtes noires mais avec l'aide que lui avait promis son frère, même éloigné, Han ne doutait pas qu'elle réussirait.
Finn, grâce à ses dons sportifs, avait eu une bourse et continuerait à étudier à la fac de Jakku. Il souhaitait devenir professeur des écoles. Avec lui en instituteur, ils ne savaient pas qui seraient les plus mâtures entre lui et ses élèves mais aucun de ses amis ne doutait qu'il serait un excellent prof, à l'écoute, bienveillant et fun. Quant à Poe, il entrait à l'école supérieure de l'armée pour devenir pilote, comme il en rêvait depuis tout petit. Le hasard faisant bien les choses, elle se trouvait aussi à Coruscant.
"-Tu ne pourras pas te débarrasser de moi aussi facilement de moi, Solo, avait-il glissé à Ben dans l'intimité d'une grasse mâtinée à paresser au lit.
-J'y vais d'abord pour travailler. Je compte bien être le meilleur alors ne compte pas sur moi pour sortir et folâtrer tous les soirs. Il va falloir être sérieux, Dameron.
-Très bien. je trouverai quelqu'un d'autre pour s'amuser.
Ben se jeta sur lui et le plaqua sur le matelas en lui maintenant les poignets au dessus de la tête.
-Ose faire ça et je t'arrache les membres un à un.
-J'aime quand tu es jaloux et violent tendance psychopathe, susurra Poe, bien content de son petit effet.
-Tu es un vrai c*nnard parfois.
Le futur pilote releva le buste et embrassa passionnément son petit ami.
-Je sais, fanfaronna t-il en s'écartant.
Excité par le chahut des deux jeunes hommes, BB8 sauta sur le lit.
-Casse-toi, petit avorton poilu à quatre pattes.
Et Poe le prit dans ses bras pour le soulever au-dessus de sa tête avant de lui faire un énorme câlin.
-Tu ne m'as toujours pas dit.
-Quoi?
-Pourquoi BB8?
-Et bien, en fait... »*
Quelques semaines avant la fin de l'été Han et Poe disparurent. Rey et Ben s'en inquiétèrent, surtout quand des nouvelles d'Alderaan parvinrent jusqu'à Jakku. L'Empereur Palpatine se trouvait en situation précaire. Acculé de toute part, par la résistance même sur Alderaan, réduite, affaiblie mais pas morte, surtout depuis la réapparition du légendaire Han Solo (c'était donc ça!), mais aussi par la communauté internationale qui avait fini par réagir. D'abord diplomatiquement, avec une pression accrue puis militairement, avec des frappes ciblées sur des points stratégiques.
"-Je suis sûr que Poe et son père sont avec lui, souffla Ben.
-Ne t'inquiète pas, ils ne le laisseront pas prendre le moindre risque, tenta de le rassurer Rey, elle-même fébrile.
La sonnerie du téléphone les surprit alors qu'ils étaient rivés au poste de télévision à suivre la moindre nouvelle petite info. Ils entendirent vaguement miss Kanata répondre et chuchoter. De son pas léger, elle les rejoignit.
-Les enfants, c'est pour vous. Votre père.
-Papa!
Rey se jeta sur le téléphone.
-Papa? Papa c'est toi? Tu vas bien?
-Oui, ma fille. Ne t'inquiète pas, tout va très bien ici. Personne n'est blessé.
La jeune fille ne retint plus les larmes qu'elle contenait depuis trop longtemps. Ben qui avait collé sa tête contre celle de sa sœur pour entendre aussi soupira de soulagement. Il savait à qui son père faisait allusion en parlant de "personne de blessé". Il prit le combiné des mains de Rey qui tremblaient trop.
-Ici tout va très bien aussi, papa.
Han sourit à l'autre bout de la ligne. Il ressentait toujours une émotion particulière à entendre son fils l'appeler papa.
-Nous sommes très fiers de ce que vous faîtes là-bas.
-Cela me touche beaucoup, mon fils.
Soudain sa voix sembla se briser un peu.
-Attends, il y a quelqu'un ici qui voudrait te parler aussi.
Ben entendit des bruits à l'autre bout du fil puis un souffle, des sanglots.
-Allô?
-Allô? Mon chéri?
Le jeune homme se figea. La voix était plus grave et éraillée que dans ses souvenirs mais il l'aurait reconnu entre toutes.
-Maman? murmura t-il.
-Oui, mon garçon, c'est moi.
La voix s'était brisée sous l'émotion.
-Maman.
Les deux enfants Solo rirent et pleurèrent à la fois.
-Maman, c'est moi, Rey, tu m'as tellement manqué! Comment vas-tu?
-Je vais bien. j'étais emprisonnée par l'Empire mais j'ai été à peu près bien traitée. Et puis il y a quelques jours un vaurien à passer sa grosse tête par la porte de ma cellule et m'a dit que mes vacances aux frais de sa majesté étaient finies et qu'il était temps de me remettre au boulot.
-Hey! J'ai pas une grosse tête! s'offusqua Han.
Tous rirent. Les chamailleries taquines des deux époux étaient revenus aussi vite que leur amour et leur affection mutuels.
-Vous revenez quand? les questionna Ben alors que des grésillements se firent soudain entendre sur la ligne.
-Très bientôt, mon chéri. Il me tarde de vous serrer dans mes bras.
-A nous aussi, maman.
-Je vous aime.
-Nous t'aimons aussi.
-Et moi aussi je vous aime, les enfants.
-On t'aime papa. A très vite.
-Hey! Solo! Tu m'oublies pas, hein? cria soudain une voix très loin.
-Je t'aime, Poe." s'écria spontanément Ben.
Dans l'allégresse générale, il n'avait plus aucune gêne ou timidité à exprimer ses sentiments.
Puis ils raccrochèrent alors que la liaison devenait trop mauvaise.
Quand l'avion se posa sur la piste, Rey serra très fort la main de son frère. Après des jours d'attente, ils y étaient. Bientôt ils la serreraient dans leurs bras et sur leurs cœurs. La porte de l'appareil s'ouvrit avec une lenteur désespérante puis enfin, une silhouette se découpa et descendit les quelques marches qui la ramènerait sur le sol.
La jeune fille ne se retint plus et courut au devant d'elle.
"-Maman!
Elle se jeta dans les bras de la femme petite, fragile après ses années de captivité mais la mine fière, déterminée et le sourire aux lèvres.
-Ma petite fille!
Elle la serra contre elle, baisant ses cheveux doux et odorants. Ben s'avança à son tour, plus en retrait. Leïa finit par s'écarter de sa fille et se tourna vers lui.
-Mon grand fils. Regarde-toi! rit-elle. Tu es devenu un homme aujourd'hui.
-J'ai eu 18 ans il y a 12 jours.
-Oui, c'est vrai, mon Dieu! s'émerveilla sa mère. Bon anniversaire, mon garçon. Tu aimes ton cadeau?
Elle lui ouvrit les bras.
-Oh oui!"
Et il prit sa mère dans ses bras. Leur père les rejoignit et enfin, après plus de 7 ans de séparation, ils reformèrent leur famille.
*Vous y avez cru, hein!? :P Vous n'avez qu'à imaginer votre propre explication! ;)
