Bonjour à tous... Cette fois-ci nous essuyons un retard d'un mois... Quel sacrilège... Bonne année à tous... !

Je vous remercie pour vos reviews, auxquelles je réponds toujours :

Juju.15 : Moi ça va ! Comment démarre ton deuxième trimestre ? Tant mieux si tu aimes l'amitié naissante de Niff ! Pour Sebastian, il va falloir attendre un peu ! Je n'ai pas dit "Pas de Niff", j'ai dit "Peut-être pas de Niff" ! donc... A méditer ! Bonne année à toi !


Je t'aime à mourir

Chapitre 8 : Angoisse.

NICHOLAS

Lorsque je me réveillai, je découvris que le soleil était bien haut dans le ciel. Je pus donc voir complètement mon ami. Il était dans un piteux état. Ses vêtements étaient tachés et troués par endroits, ses cheveux très blonds devant et bruns derrière étaient sales et il y avait même des feuilles dedans, quelques petites cicatrices rayaient son visage ou ses bras. J'eus pitié de lui, avant de m'attendrir devant son air paisible alors qu'il dormait encore.

C'est à ce moment que je vis sa jambe. Le pantalon était déchiré sur toute sa cuisse. Jeffrey avait dû agrandir le trou. Le haut de sa jambe droite était couvert de sang écarlate et séché. Par-dessus, plus de sang coulait encore. La plaie était béante, vraiment pas belle à voir, et paraissait s'infecter. Je me penchai au-dessus de l'entaille et approchai mes doigts. J'éloignai les pans du jean noir du garçon qui tombaient sur la plaie et observait le sang couler le long de sa cuisse.

Il avait vraiment besoin de soins. Si des gens avaient voulu le sauver, il aurait déjà reçu un parachute. Il devait avoir raison, les sponsors se fichaient bien qu'il meure. Mais moi je ne voulais pas le voir mourir ou même souffrir. Il fallait trouver des sponsors, d'une manière ou d'une autre. Mais comment ?

Je lâchai le pantalon et regardai pensivement le blond. Je passai ma main dans ses cheveux. Pendant son sommeil, il fronça les sourcils et tourna la tête à droite puis à gauche. Il s'agitait et murmurait des mots incompréhensibles. Il émit un petit cri et murmura :

– Non, pas lui, je vous en prie… Prenez-moi mais pas lui…

Je souris faiblement en me demandant de qui il pouvait bien parler. Soupirant, je pris mon sac à dos, les deux gourdes de Jeffrey, et me préparai à partir. Alors que j'allais sortir de la grotte, je tournai la tête vers le blond. Il continuait de bouger en dormant.

– Nicholas, non…, chuchota-t-il. Vous n'avez pas le droit…

Je clignai des yeux et retournai auprès de lui. Je pris sa main et la portai à mes lèvres. Je l'embrassai sur le dos de la main puis m'enfuis de la caverne.

Le soleil illuminait la forêt. Il devait être onze heures. Je savais que la Grande Rivière était à quelques minutes de notre grotte. Lorsque j'arrivai, je jurai. Il y avait déjà des carrières : la fille du Un, celle du Deux, et le garçon du Quatre. Les trois autres n'étaient nulle part, ils devaient garder le camp. Je me cachai derrière un gros buisson. Après dix minutes, je me lassai. Ils ne partiraient pas. Peut-être devrais-je en tuer un ou deux ?

Je me baissai vers l'eau et remplis les trois gourdes le plus discrètement possible. J'étais très fort pour ne pas me faire remarquer. La preuve, ils ne me virent pas, trop occupés à jouer. Alors que j'allai partir, j'entendis le garçon dire :

– Vous savez où est parti celui du Trois ? Je dois le tuer.

– Pourquoi ? demanda celle du Deux, une fille à la peau mate. Qu'est-ce qu'il t'a fait, à part être né, bien sûr ?

– J'allais tuer cette chochotte du Six quand il m'a envoyé un couteau dans le bras. Juste là.

Il montra son bras gauche, où on pouvait encore voir une fine cicatrice.

– Blondie s'est échappée et je n'ai pas réussi à tuer Trois.

A l'intérieur, je bouillonnai. Il venait de traiter Jeffrey de chochotte et de Blondie. J'allais me faire un plaisir de tuer le garçon prétentieux du Quatre sans même qu'il s'en rende compte. Doucement, je fis le tour de la rivière. J'arrivai juste derrière l'endroit où les trois carrières s'amusaient. Ils ne me voyaient pas, grâce à la végétation abondante et aux buissons touffus.

Je choisis précautionneusement mon arme. Un couteau, plutôt léger, facile à manier et à lancer à distance. J'étais un professionnel en lancer de couteau ou de shuriken. Le tribut de carrière allait souffrir.

Je lançai mon couteau en plein dans le cœur du garçon. A ce moment-là, la fille du Deux, le sourire aux lèvres, se jeta sur lui pour essayer de le couler dans l'eau. Elle reçut le couteau dans la nuque. Un cri strident transperça l'air. La fille tomba dans l'eau, colorant le liquide de rouge. La fille du Un et le garçon du Quatre regardèrent dans tous les sens pour voir qui avait fait ça. Ils sortirent de l'eau et commencèrent à fouiller les environs.

Je m'enfuis en courant. Il était trop tard pour en tuer un deuxième. Alors que j'étais à environ dix mètres de la grotte et que j'avais commencé à marcher, le coup de canon annonçant la mort de la fille du Deux retentit. Je scrutai le ciel. Il commençait à se couvrir de nuages.

– NICK ! hurla quelqu'un.

Je m'arrêtai instantanément de marcher. C'était la voix de Jeffrey. Mon cœur battit à tout rompre. Est-ce qu'il avait un problème ? Avait-il besoin d'aide ? Allait-il mourir ? Est-ce que quelqu'un essayait de le tuer ? Je me précipitai dans la grotte et sautai au lieu de descendre le long de la paroi rocheuse. J'accourus vers le blond et lui prit la main.

– Jeff ! m'écria-je. Jeff, qu'est-ce qui se passe ? Tout va bien ?

– Nick ! souffla-t-il en commençant à pleurer. Oh, Nick ! J'ai cru- Quand le coup de canon- Je me suis réveillé et tu n'étais plus là, je- J'ai cru que tu étais mort !

Soulagé qu'il n'ait rien, je le pris dans mes bras et le serrai si fort contre moi que je pus sentir son cœur battre la chamade dans sa poitrine. Ses doigts agrippèrent mes habits et je caressai doucement ses cheveux trempés de sueur.

– Ssh, Jeff, je suis là… Calme-toi, je vais bien…

Il enfouit sa tête dans mon cou et sanglota bruyamment.

– Ne pleure plus, Jeff…

Il releva la tête et me fixa curieusement. Ses yeux étaient inondés de larmes et il tremblait de peur. J'essuyai ses larmes avec ma main et l'embrassai sur le front.

– Tu es brûlant. Tu as de la fièvre, je crois.

Il renifla et haussa les épaules.

– Qu'est-ce que je peux y faire, de toute façon ? On n'a rien pour me soigner.

– On a de l'eau. Ça pourrait faire baisser la température.

Je le fis s'allonger et déchirait un petit bout de pantalon de Jeffrey – les pans qui tombaient sur sa plaie. Je fis couler de l'eau sur le tissu et portait l'objet humide sur le front brûlant de mon ami. Il se détendit au contact de l'eau et ferma les yeux. J'épongeai son front en caressant de l'autre main ses cheveux doux. Nous nous regardâmes longuement sans rien dire. Puis il finit par dire :

– Ne refais plus jamais ça, d'accord ? Ne m'abandonne plus jamais.

– Plus jamais, confirmai-je à mi-voix.

Il hocha la tête et posa sa main sur la mienne, qui était maintenant sur le sol caillouteux.

– Qui est mort ?

– La fille du District Deux.

– Santana, murmura-t-il. Qui l'a tuée ?

– Moi, mais je visais le gars du Quatre.

Il soupira et caressa ma main. Après quelques minutes, je retirai le tissu trempé dans un mélange de sueur et d'eau.

– Tu as faim ? demandai-je.

– Un peu.

– Qu'est-ce que tu as dans ton sac ?

– Deux poissons, et des racines.

– Des poissons ? Tu sais pêcher ?

– Je vis dans le district de la chasse et de la pêche, Nick.

– Ah, oui. Moi j'ai quelques baies, des biscuits, du lard séché et même des noisettes.

– Tu veux faire un feu et manger mes poissons ? me proposa-t-il. Ils ne seront bientôt plus bons.

– D'accord, je vais aller dehors. Toi, tu restes ici et tu ne bouges pas.

– Où veux-tu que j'aille ? plaisanta-t-il.

Je ris et déposai un baiser sur sa joue chaude. Je pris les poissons, des allumettes et sortis. Je fis un feu et grillai les poissons. Après plusieurs minutes, je dissimulai les braises et le bois brûlé, puis descendis dans la grotte, le poisson fumant enroulé dans du tissu en main. Jeffrey se redressa en position assise et nous mangeâmes notre repas avec appétit.

Après le déjeuner, je proposai d'aller chercher des choses dans la forêt.

– Et qu'est-ce que tu veux aller chercher ? On a déjà assez de choses comme ça.

– Je ne sais pas, fis-je en haussant les épaules et en évitant son regard.

– Ne me dis pas que… Nick !

– Quoi ?

– Tu ne veux pas aller dehors pour tuer d'autres tributs, quand même ?

Je jurai intérieurement. On aurait dit qu'en à peine une nuit il avait réussi à m'apprendre par cœur.

– Euh, non, pas forcément…

– Nick. Ne me mens pas.

– Mais c'est le but des Jeux ! me justifiai-je. Et si tu veux gagner, il faut bien qu'on tue les autres.

– Nick. On ne peut pas gagner tous les deux.

– Je sais, soupirai-je.

Après une courte pause, il dit :

– On dirait que ça ne te fait rien de tuer.

– Pas tellement. J'ai déjà tué trois personnes pour le moment.

– Moi une seule. Et c'était par pure défense.

Je détournai les yeux.

– Je ne veux pas devenir un meurtrier, chuchota-t-il.

– Tu n'en es pas un, Jeff. C'est ta vie ou la leur.

Il me regarda longuement.

– Heureusement que tu es là. Je ne sais pas comment j'aurais fait tout seul. En plus, je vais sûrement bientôt mour-

– Chut, soufflai-je en posant ma main sur sa bouche. Ne dis pas ça.

Je me levai et pris mon sac et mes armes.

– J'y vais. Avec un peu de chance, je ne tuerai personne. A tout à l'heure.

Il me fixa avec un mélange de désespoir et d'inquiétude dans le regard.

– Attends…

Il tendit la main vers moi. Je retournai vers lui et le pris délicatement dans mes bras puis l'embrassai sur la joue.

– Sois prudent, murmura-t-il.

– Toujours.

Il déposa un baiser brûlant sur mon front et me laissa enfin partir. Les nuages recouvraient le ciel. Il allait sûrement bientôt pleuvoir.


Alors ? Est-ce que vous aimez cette amitié qui se construit tout doucement ? Dîtes-moi ce que vous avez pensé de l'angoisse de Jeffrey quand il a entendu le canon ! Pense-vous qu'il attache un peu trop d'importance à Nick ?