Bonjour à tous, je poste la suite de Je t'aime à mourir entre deux épreuves de Bac, j'ai pris le temps d'écrire un peu pour me relaxer après les révisions... Ce chapitre promet de grandes avancées dans l'intrigue et il sera en deux parties parce qu'il est à vrai dire un peu long, je l'ai donc coupé en deux.
Merci à tous les reviewers fidèles ou moins fidèles, et à tous les lecteurs discrets.
Juju.15 : Les révisions, ça va, c'est les épreuves qui craignent plus ! A part pour l'histoire, je reste très incertaine quant à ce que j'ai produit pour la philosophie et l'anglais, on verra pour la littérature et l'espagnol lundi et mardi... Et toi, alors ?
Je t'aime à mourir
Chapitre 14 : Le vainqueur (Partie A).
JEFFREY
Le matin, nous trainâmes un peu dans la grotte. Nous mangeâmes toutes nos proies pour avoir la force de combattre les deux garçons de carrière dans l'après-midi. Nous élaborâmes une stratégie en nous câlinant.
– On doit garder l'effet de surprise, Jeff. Tu as un arc et tu sais t'en servir. Tu dois d'abord avoir Hunter en plein cœur, dans la tête ou alors dans la gorge.
– Pourquoi Hunter en premier ? demandai-je, confus.
- Parce qu'il t'a menacé pendant les séances d'entrainement, et que je ne laisse personne toucher à mon petit ami et s'en tirer après-coup.
Je rougis. Nicholas caressa ma joue puis dit :
– On part dans une heure. Pendant ce temps, je veux rester avec toi en amoureux.
– Peut-être que ce sera la dernière fois…
– Ne dis pas ça.
– Oui, mais si je meurs ? Ou si tu meurs ?
– Personne ne mourra, ok ?
Je baissai les yeux et fixai le sol rocheux.
– Bébé… Ne sois pas triste.
– Je ne suis pas triste. Juste inquiet.
Je relevai la tête en envoyant mes cheveux blonds sur le côté.
– Et si je te perdais à jamais ? soufflai-je. Si tu mourais et que je gagnais ? Toute ma vie je devrais penser que je n'ai rien fait pour essayer de te sauver, ou de mourir à ta place. J'aurais ta mort sur la conscience.
– Jeffrey, dit-il très sérieusement. Tu ne vas pas me perdre. Tu ne me perdras jamais, d'accord ? Je serai toujours là pour toi. Et si je venais à mourir, eh bien… Je serai là, dans ton cœur, pour la vie.
– Ah oui ?
– Oui, parce que je t'aime, et que tu m'aimes en retour. Pas vrai ?
– Ouais.
Il rit et posa ses lèvres sur les miennes. Pendant le reste de l'heure, nous restâmes l'un dans les bras de l'autre à nous dire des mots d'amour.
Quand enfin l'heure arriva, nous préparâmes nos affaires et je mis mon sac et mon carquois sur mon dos, et mon arc autour de mon torse. Je pris le petit coutelas que j'avais chipé à la fille du Sept et l'accrochai à ma ceinture. Je soupirai et m'accrochai au gilet de Nicholas, qui venait de finir de préparer son sac.
– Nicky, je veux pas y aller…
– Je sais, Jeffy, je sais. Mais on est obligés.
– Mais j'ai peur ! Et si-
– Stop. Tout ira bien, d'accord ?
Je hochai la tête et enlaçai Nicholas. Il me serra très fort contre lui. Il se leva, m'entrainant avec lui. Nous nous retrouvâmes debout, l'un contre l'autre. il chuchota à mon oreille :
– Je t'aime, Jeffrey, je t'aime tellement.
– Moi aussi. Je te veux à mes côtés pour toujours, Nicholas.
Des larmes avaient commencé à couler sur mes joues. Lorsque que je relevai la tête vers lui, il les essuya avec son pouce et prit mon menton dans sa main.
– Ne pleure plus. Ça va bien se passer.
– D'accord.
– Donne-moi ta main.
J'obéis et il me la prit gentiment. Nos sacs sur le dos, nous partîmes en quête des deux tributs restants. Au moment même où nous sortions de notre caverne, une pluie digne du déluge s'abattit sur l'île.
– Ils le font exprès, grommela mon petit ami.
– C'est le grand final, dis-je seulement.
Je mis mon anorak, le proposant d'abord à Nick qui me le céda gentiment. Je me blottis contre le brun, qui passa un bras autour de ma taille. Nous nous dirigeâmes ensuite vers la plage. Lorsque nous arrivâmes, le sable trempé ressemblait plus à de la boue qu'à autre chose. Nous cherchâmes des yeux les carrières mais ils devaient être cachés par leur campement.
– Où sont-ils ? marmonna le plus petit.
– Peut-être qu'ils ont pris de l'avance et qu'ils nous cherchent ?
Nick allait répondre quand quelqu'un le devança :
– Ou peut-être qu'on vous attendait ?
Nicholas et moi fîmes volte-face. Au-dessus de nous, sur la branche d'un arbre, Sebastian et Hunter étaient perchés. Ils nous souriaient de toutes leurs dents. Terrifié, je pris la main de Nick et déglutis. Le brun serra ma main, réconfortant. Hunter ricana et lança :
– Alors quoi ? Vous flippez ? Oh, comme vous êtes mignons, vous les tapettes, à vous tenir la main.
Si je le pris mal, je sentis Nick me serrer très fort la main comme s'il se retenait de monter dans l'arbre pour aller faire ravaler ses mots au carrière. Derrière, Sebastian patientait silencieusement, immobile.
– Ben alors, vous avez perdu votre langue ? Vous n'avez rien dans le caleçon. J'espérais un petit combat en corps-à-corps, mais je crois que finalement, on va vous tuer avec une arme. Je n'aime pas frapper les filles.
– Nous ne sommes pas des filles, dit Nick d'un ton sec.
– Ah non ? En tout cas tu tiens Blondie comme si c'était ta copine.
Je vis Nicholas se mordre la lèvre inférieure en fermant les yeux. Il se contenait pour ne pas exploser.
– Oh, on dirait que j'ai touché un point sensible.
Le brun rouvrit les yeux et lança un regard plein d'éclairs au garçon à la peau mate. Hunter fit un signe à Sebastian, qui avait toujours l'air aussi stoïque, et ils sautèrent de leur branche. Ils atterrirent majestueusement et se relevèrent dans une position provocatrice. Le tribut du District Un releva le menton, dédaigneux, et derrière lui, Sebastian avait une attitude hautaine mais sérieuse.
– Qu'est-ce que tu veux ? articula Nick. Pourquoi tu ne nous tues pas tout de suite ?
– C'est plus drôle si vous souffrez et si vous nous suppliez de vous épargner.
– Tu n'es qu'un enfoiré.
– Je sais, répondit le brun avec un grand sourire.
Je me collai contre Nick et murmurai :
– Comment on fait ?
– On le laisse parler et on attend le bon moment pour le tuer. Après on s'occupe de l'autre.
– Ça ne sert à rien de faire un plan B maintenant, fit remarquer Hunter. De toute façon, vous êtes morts.
– Dans tes rêves. On va gagner.
– Quoi ? Tous les deux ? s'esclaffa le carrière. Vous savez bien qu'il n'y aura qu'un seul vainqueur.
Je pus voir Sebastian baisser la tête et fermer les yeux, atteint par les propos du brun. Je savais très bien ce qu'il pensait. Il songeait qu'après, s'il ne restait plus que Hunter et lui, Hunter le tuerait sans hésiter.
– Vous ne pensez pas réellement gagner tous les deux ?
– Si.
Hunter rit de plus belle, s'attendant à ce que Sebastian le suive. Mais le châtain restait sans bouger, les yeux baissés, derrière Hunter. Le brun se retourna et demanda :
– Seb, qu'est-ce que tu as ? Tu es bizarre en ce moment.
– T'inquiète, ça va, murmura Sebastian.
Hunter haussa les épaules. Je me surpris à trembler de froid. La pluie commençait à s'infiltrer dans mes vêtements. Nick aussi avait l'air de geler. Hunter et Sebastian, vêtus de pulls et d'habits chauds, ne frissonnaient même pas. L'eau mouillait leurs cheveux et leur visage, mais ça leur donnait plutôt un côté effrayant.
– Bon, on va rester là jusqu'à ce qu'on crève de froid ? demanda Nick. Ou vous comptez vous battre comme des hommes ? Non parce que là j'ai l'impression d'avoir des lâches en face de moi.
– C'est toi qui parles de lâcheté ? Toi qui as pour petit ami un blond même pas capable de se battre seul. Tu te rappelles, lors des entrainements, quand il m'avait pris mon couteau et que toi, en bon garde du corps, tu l'avais aidé, hein ? Il ne sait même pas se défendre tout seul, ce pédé.
Piqué au vif, je baissai les yeux et déglutis.
– Tu l'insultes encore une fois et tu es mort, Hunter.
Ce dernier rit.
– Vous n'êtes que des incapables. Même pas foutus de bouger pour ne serait-ce qu'essayer de nous tuer.
Soudain, je trouvais un bon argument et le balançai à la figure du plus grand :
– Tu dis ça mais c'est toi qui es resté planté sans rien faire devant le corps de Marley.
Le visage du garçon se décomposa. Derrière lui, Sebastian eut une moue embarrassée. Quand il vit qu'il ne trouvait pas les mots pour répondre, Sebastian soupira et baissa les yeux. En quelques secondes, Hunter s'était ressaisi, et il s'avança vers moi, menaçant. Je reculai d'un pas, apeuré. Je n'étais pas prêt à me battre. Je ne pouvais pas le vaincre.
– Ne redis plus jamais ça de ta vie. Je te jure que je vais te tuer, Six.
– Ne le touche pas, gronda Nick en se postant devant moi.
– Dégage, minus, je parle à ton copain.
Il poussa Nicholas, qui tituba et se retrouva à quelques mètres de moi.
– Nick ! m'écriai-je en tendant les bras vers mon petit ami.
Mais Sebastian, qui avait repris ses esprits, fit trois pas en direction du tribut brun et l'emprisonna dans ses bras. Hunter me poussa par terre et je tombai lourdement sur le sol mouillé. Il s'assit à califourchon sur moi et me dit entre ses dents :
– Tu vas mourir. Tu sais pourquoi ? Parce que tu ne mérites pas d'être ici. Tu ne mérites pas de vivre, ni de gagner les Jeux. Tu n'as fait que te cacher depuis le début. Tu n'as même pas encore tué.
J'aurais voulu répondre mais les mots ne sortaient pas de ma bouche, j'étais trop effrayé. Hunter empoigna le col de mon t-shirt et me secoua.
– Tu vas regretter ce que tu as dit sur Marley.
Je cherchai à tâtons quelque chose pour me défendre. Un bâton, une pierre, n'importe quoi. Alors que le plus grand continuait de dire des choses, plus énervé que jamais, je trouvai dans ma ceinture le tout petit couteau de la fille du Sept morte en mangeant mes baies au sureau mortel. Toujours en regardant Hunter dans les yeux, je pris délicatement l'arme dans ma main droite, tout en discrétion.
– Je te déteste. Depuis le tout début. Et je vais enfin pouvoir te tuer. Tu n'imagines pas combien je suis heureux aujourd'hui.
Il regarda derrière lui, où Sebastian gardait Nick prisonnier, et se pencha vers moi pour me murmurer à l'oreille :
– Je vais te tuer, Six. Puis je tuerai ton copain. Enfin je tuerai Sebastian. Et je serai le vainqueur.
– Jamais ! hurlai-je en plantant le couteau dans le ventre de Hunter, le plus violemment possible.
Le brun me regarda dans les yeux et fronça les sourcils. Il dit en butant légèrement sur les mots :
– Que… Qu'est-ce que tu m'as fait…
Je tentai de repousser le corps massif du garçon, mais il était bien trop lourd. J'essayai de rouler sur le côté mais Hunter m'empêchait de bouger. Si ça continuait, je finirai mort étouffé.
– Tu n'es qu'un… enfoiré, murmura Hunter dont la respiration se faisait sifflante.
Derrière, Nick me héla :
– Jeff ! Tu- Tu es toujours vivant ?
– Oui ! soufflai-je.
Nicholas se débattit dans les bras de Sebastian qui regardait le corps immobile de Hunter, hébété.
– Hunt' ? chuchota-t-il.
– Seb, dit Hunter avec difficulté. Où est-ce que… tu es ?
Sebastian relâcha instantanément mon petit ami et se précipita vers son amoureux. Il l'enleva de sur mon corps et le mit sur le dos. Quand il vit le coutelas dans son estomac, il hoqueta.
– Hunter, non !
Je me relevai et regardai la scène se dérouler. Nick vint près de moi et me tira vers lui. Nous nous reculâmes à quelques mètres d'eux, observant les au revoir des garçons avec perplexité, ne comprenant pas ce qui se passait.
Hunter avait les yeux fixés sur le regard émeraude du châtain.
– Seb… J'ai froid.
– C'est normal. Il pleut, idiot.
Hunter rit, ce qui lui valut une série de toussotements douloureux.
– Ssh, ne dis plus rien, Hunt', tu vas te fatiguer.
– Seb, je suis… en train de… mourir, c'est ça ?
Le garçon baissa les yeux et passa sa langue sur ses lèvres trempées par la pluie.
– C'est peut-être mieux… finalement.
– Ne dis pas des choses comme ça.
Sebastian posa une main sur la joue mate du plus grand et renifla. Je me rendis compte que ce n'était pas des gouttes d'eau qui roulaient sur son visage, mais de vraies larmes. Sebastian n'avait jamais aimé Marley.
– Pourquoi tu… pleures ?
– Parce que… Hunt' je savais pas comment te le dire, j'ai pas réussi à te l'avouer… Depuis que les Jeux ont commencé, j'arrête pas de te regarder… Je pense que- Enfin, je veux dire que- Hunter. Je t'aime, sanglota le châtain.
Le brun observa silencieusement le visage de son ami et sourit faiblement.
– Je… le sais.
– Pourquoi tu n'as rien dit ?
– Je ne savais plus… où j'en étais… Je ne savais pas… ce que je ressentais… par rapport à Marley… et à toi.
– Qu'est-ce que tu essaies de me dire ? Je te plais ?
– Je n'en… sais rien.
Sebastian laissa couler d'autres larmes. Hunter fit un grand effort pour lever son bras et caresser la joue du garçon avec son pouce.
– Ne pleure… pas, Seb. Je n'en vaux… pas la peine.
Sebastian prit la main du brun dans la sienne et sanglota :
– Hunt' je veux pas que tu meures. Je t'aime tellement. S'il te plait, reste avec moi. Ne me laisse pas.
– Chut… écoute-moi.
Le jeune tribut aux yeux verts releva les yeux et fixa son amoureux.
– Je vais… mourir. Et toi, tu vas… gagner. Pour… moi. D'accord ?
– Non, je peux pas vivre sans toi.
– Sebastian… De toute façon, ça… n'aurait pas… marché… entre nous. Tu… le sais.
Hunter butait de plus en plus sur les mots et respirait de moins en moins bien. Je me blottis contre Nick. Celui-ci avait deux shurikens dans la main. Il se préparait déjà à tuer Sebastian. Hunter suffoqua et laissa retomber sa main sur le sol. Il chercha l'air, ouvrant et refermant désespérément la bouche.
– Hunter, non ! Reste avec moi. Tu n'as pas le droit de mourir, tu m'entends ? Tu n'as pas le droit !
Le châtain prit le visage du garçon entre ses mains et lui chuchota :
– Respire, je t'en prie, dis-moi que tout va bien, que tu ne meurs pas… S'il te plait, Hunter. Je t'aime, si tu savais comme je t'aime…
Sebastian se pencha vers Hunter, désespéré, et l'embrassa comme si sa propre vie en dépendait. Alors qu'ils se séparaient, le brun du District Un posa une dernière fois son regard sur le carrière au-dessus de lui et, dans un ultime effort, il souffla :
– Sebastian…
Son corps s'affaissa, et sa poitrine cessa de se soulever. Le coup de canon retentit. Sebastian poussa un cri de désespoir et cogna ses poings contre le sol. Il se jeta sur le corps de Hunter et pleura toutes les larmes de son corps.
– Qu'est-ce qu'on fait ? chuchotai-je à Nick.
– On lui laisse le choix. Sebastian ! dit-il plus fort.
Le châtain releva la tête vers lui, le regard triste et vide. Il renifla et regarda le corps sans vie du brun.
– Tuez-moi. S'il vous plait. Je veux le rejoindre.
Je baissai les yeux et finis par éprouver de la compassion pour lui. Nicholas s'approcha du châtain et dit « Désolé » avant de lui lancer les deux shurikens dans la poitrine.
– Merci, soupira-t-il en perdant la vie. J'arrive, Hunter…
Il se laissa tomber sur le corps du brun et ferma les yeux. Je reniflai et essuyai mes yeux qui commençaient à me piquer.
– Hé… Non, Jeffy, ne pleure pas…
Je me jetai dans les bras du plus petit.
– Tout va bien aller, ok ? Tu vois, on a gagné, c'est fini. Tout va bien. On va rentrer chez nous.
Voilà voilà... Alors ces révélations ? Vous ont-elles plu (surtout par rapport à Sebastian et Hunter) ? J'ai adoré écrire ce moment à la fois sadique et pathétique, oui je suis bizarre. La deuxième partie du chapitre arrive bientôt, tenez bon !
