Bonjour chers lecteurs, je suis extrêmement désolée du retard mais c'est les vacances et… je n'ai aucune excuse. Si, j'ai une excuse. Vous devez sûrement vous aussi vous dire que, paradoxalement, c'est pendant les vacances qu'on est le moins disponible. Non ? Bref, je remercie tous mes fidèles reviewers, surtout DoctorLoveRose, Juju.15, DamianGreen9836 et agrcn.
Bonne lecture pour cette deuxième partie de dernier chapitre (ne vous inquiétez pas, j'ajouterai un épilogue) !
Je t'aime à mourir
Chapitre 14 : Le vainqueur (Partie B).
JEFFREY
Nous nous assîmes sur un tronc d'arbre, sous la pluie, et attendîmes l'hymne annonçant la fin des Jeux. Il s'écoula plusieurs minutes, où nous n'osions pas bouger. Mais rien ne vint. Au fond de nous, nous savions ce qui se passait. Nous savions que seul l'un d'entre nous devait gagner. Soudain, la pluie s'arrêta et le soleil revint comme par magie. Une voix off, celle de Rod Remington, nous fit soudain sursauter :
– Bonsoir, tributs. Nous vous félicitons d'être arrivés jusqu'ici. A présent, vous pouvez rentrer chez vous. Mais prenez garde! Seul l'un de vous deux pourra gagner les Jeux. Puisse le sort vous être favorable!
Nick me regarda. Mes lèvres étaient retroussées dans un rictus de dégoüt.
– Je hais ces Jeux ! hurlai-je en tombant à genoux, tête baissée.
Il s'accroupit près de lui et posa une main sur mon épaule toute tremblant. Mais ce n'était plus de froid. C'était de peur. Peur de le perdre, peur de mourir.
– Hé, on a dit qu'on gagnerait à deux, on gagnera à deux, tenta-t-il de me calmer.
– Tu ne piges jamais rien ? grondai-je. On ne gagnera pas !
– Est-ce qu'ils ont vraiment besoin d'un vainqueur, Jeff ? intrigua-t-il piteusement. Non, ils veulent seulement nous détruire, nous montrer qu'ils sont les plus forts et qu'ils peuvent nous obliger à nous entretuer pour leur propre amusement.
– Ce que tu dis n'arrangera rien. Un de nous deux va y passer.
– Non. On gagnera ensemble, ou on ne gagnera pas.
– Qu'est-ce que tu veux dire ?
– Soit on en réchappe, soit on y reste, mais toujours ensemble.
Je secouai la tête.
– Tu crois vraiment qu'ils vont nous laisser faire ça ? Tu crois qu'ils vont laisser deux gamins des Districts détruire leur petit jeu ? Aussitôt qu'on sera sortis, si on sort, ils nous feront exécuter. Tous les deux.
Il se mordit la lèvre. Il voulait que j'aie tort, que je me trompe. Mais il n'y avait rien de plus vrai dans mes paroles. Le Capitole ne nous laisserait jamais gagner. Pas si facilement.
– L'un de nous doit mourir, Nick, soufflai-je douloureusement.
Il posa ensuite une main sur la mienne et murmura :
– Vas-y. Gagne ces Jeux. Tu le mérites plus que moi.
– Non, vas-y toi. C'est grâce à toi si je suis encore vivant.
– Je ne veux pas te tuer. Et je ne te tuerai pas.
– Moi non plus je ne te tuerai pas.
Nous nous assîmes par terre. L'humidité de nos vêtements nous frigorifiait et nous tremblions.
– Ecoute, Jeff, j'ai longtemps songé à ce moment, et je me suis toujours dit que ce serait moi qui mourrais pour te sauver. Tu as plus besoin de gagner que moi. Je veux que tu ailles retrouver ta famille, qu'ils soient fiers de toi, et que tu me gardes une petite place dans ton cœur. Rentre dans ton District, trouve-toi un bon compagnon et vis heureux. C'est tout ce que je te demande.
– Non, Nick. Je ne trouverai pas de bon compagnon. Le bon compagnon, c'est toi. Je te veux près de moi pour toujours. Nick, je t'aime. Tu es le seul que j'aie jamais aimé. Je voudrais passer ma vie avec toi. Tu comprends ?
– On ne peut pas passer notre vie ensemble. Pas si l'un de nous doit mourir maintenant, dit-il et sa voix se brisa dans un sanglot discret.
Je fermai lentement les yeux. Ma décision fut rapide, et définitive. La seule vision de Nicholas en train de pleurer avait achevé de me convaincre, et rien au monde, pas même ma vie, n'aurait pu m'empêcher de vouloir le sauver. Je tranchai de façon nette la question silencieuse qui se posait entre nous depuis le début des Jeux :
– Ce sera moi. Ce sera moi qui mourrai.
Nick secoua lentement la tête, n'osant toujours pas relever ses yeux pleins de larmes. Pour attirer son attention, je sortis de ma ceinture le coutelas de la fille du District Sept qui avait précédemment servi à tuer Hunter, et le plaçai contre ma gorge.
– J'ai dit : ce sera moi. Et maintenant, choisis : est-ce que tu préfères me tuer, ou je le fais moi ?
Mes mots étaient pleins de haine. Je me haïssais pour avoir à faire ça, pour devoir le faire souffrir, mais c'était la seule option si je voulais qu'il reste vivant.
Nicholas avait réagi au quart de tour et, oubliant ses sanglots, il s'était levé à ma hauteur et avait mis ses deux mains en avant, me priant calmement d'arrêter.
– Jeffrey, qu'est-ce que tu fous ?
– C'est la seule solution, Nick…, commençai-je à pleurer tandis qu'un peu de sang coulait sur ma gorge. Si on veut qu'au moins l'un de nous réussisse, il faut faire ce sacrifice…
– Pose ce couteau ! Tout de suite ! cria-t-il avec autorité. Ne fais pas quelque chose de stupide, je t'en prie.
Je reniflai mais n'obtempérai pas. Il s'avança rapidement et se saisit de mon poignet qu'il tordit fort. Je couinai et laissai tomber l'arme au sol. Je fondis en larmes, m'asseyant brutalement sur l'herbe encore humide. Nick me prit dans ses bras en me serrant contre lui à m'étouffer, me chuchotant des mots apaisant, me disant qu'on allait trouver une solution, qu'on allait s'en sortir.
Je n'écoutai pas. Il ne restait plus beaucoup de temps avant que les Juges se lassent et nous envoient des mutations génétiques ou des Pacificateurs pour nous faire éliminer tous les deux. Alors que Nick me caressait tendrement les cheveux et le dos, sa tête appuyée sur mon épaule, je tendis discrètement le bras vers mon sac tout proche. Fourrant ma main à l'intérieur, je la refermai soigneusement sur l'objet de ma recherche et approchai mon poing fermé de ma bouche. Nicholas m'embrassa doucement la joue et reposa son menton sur mon omoplate, pleurant et gémissant combien il m'aimait. Je portai ma main remplie de baies au sureau mortel à ma bouche et prononçai ma dernière phrase avant de rejoindre tous les autres tributs de ces soixante-dixièmes Hunger Games :
– Je t'aime à mourir.
NICHOLAS
Je ne compris pas tout de suite les paroles de Jeffrey, assourdi par les sanglots qui secouaient mon corps. Je raffermis mon étreinte sur son corps, comme pour l'empêcher de partir, et lui répondis que je l'aimais aussi, que je l'aimerai toujours. Mais Jeffrey restait silencieux, même son corps paraissait muet, et seul un coup de canon des Jeux troubla cet instant de paix. Je relevai immédiatement la tête. Un hovercraft se dirigeait vers nous, secouant les feuillages des arbres et les grains de sable alentours. La confusion m'envahit. Mes neurones firent à contrecoeur le lien entre l'aéronef et le coup de canon, et je baissai instantanément les yeux vers Jeffrey. Son corps gisait entre mes mains, tête pendant en arrière, yeux clos, et sa bouche entrouverte était barbouillée de jus rouge mortel. Il avait mangé les baies. Un haut-le-coeur me saisit et je réprimai une envie de vomir.
– Jeff ! hurlai-je avec désespoir. Jeff, non !
Il resta inerte dans mes bras et je tendis le cou vers le ciel, hurlant mon désarroi à l'hovercraft qui descendait vers nous.
– Mesdames et messieurs, après de poignant adieux, nous avons finalement un vainqueur pour ces soixante-dixièmes Hunger Games: Nicholas Duval, du District Trois! rit gaiement Rod Remington dans son micro.
Mais je ne les laissai pas s'approcher, et tint fermement le corps sans vie de Jeffrey. Je criai de rage, de douleur et de haine envers le Capitole, j'en voulus à la terre entière pour la perte de mon meilleur ami et de mon petit ami. L'hovercraft descendait de plus en plus près, tentant de saisir le cadavre du blond avec ses pinces géantes, mais je le retenais aussi fort que je le pouvais, m'accrochant à lui tant que j'en étais capable.
– Jamais ! Vous ne l'aurez jamais ! leur hurlai-je avec une voix éraillée.
Mais, en essayant de protéger Jeffrey, je reçus une des pinces métalliques dans la tête et tombai de côté. Le choc et l'étourdissement passés, je me remis sur mes genoux tant bien que mal pour me jeter à nouveau sur mon petit ami. Le blond n'était plus là. L'hovercraft avait profité de mon inattention pour me voler mon amour. Je me relevai en titubant et criai aussi fort qu'il m'était possible, extériorisant mon deuil et ma peine. En baissant les yeux vers les restes de Jeff laissés au sol, je remarquai la dague de la fille du Sept que je l'avais obligé à lâcher plus tôt. Je me précipitai dessus et la posai violemment sur mon cou. Du sang perla assez vite, sans pour autant que j'essaie de me trancher la gorge. Mais je l'envisageai.
– Vous l'avez tué ! leur dis-je. C'était lui qui aurait dû gagner ! Je ne veux pas être votre vainqueur ! Vous n'aurez pas de vainqueur !
Je m'apprêtais à exécuter mes menaces, quand des Pacificateurs sautèrent d'un deuxième hovercraft m'étant destiné et me plaquèrent au sol, m'empêchant de commettre l'irréparable. Je me débattis, tentant de reprendre le couteau pour m'ôter la vie et rejoindre Jeffrey dans sa solitude éternelle, mais je fus stoppé par l'armée du Capitole qui m'assomma violemment.
Dans mes dernières secondes de conscience, je songeai à la vie qu'aurait eu mon défunt partenaire si j'avais pu le sauver. Il aurait certainement plus mérité la victoire que moi. Après tout, il était la seule chose qui me restait. Et il m'avait été enlevé.
Ne me tuez pas, s'il vous plait ! J'étais bien obligée de faire quelque chose... Serai-je un jour pardonnée pour ce crime ? Laissez des reviews (même incendiaires) !
