Bonsoir à tous ! Oui, je sais. JE SAIS. Ça fait un mois que je n'ai pas posté l'épilogue de cette fanfiction. Je sais. C'est inexcusable. Il y en a même qui ont cru que la fiction était arrêtée et bien terminée au chapitre précédent. Pas du tout ! Voici ici l'épilogue qui, je l'espère, vous éclairera et vous redonnera le sourire après cet impardonnable retard (dû, entre autres, au bac, à mes activités estivales et à mon tout récent voyage en Irlande) ! Milles excuses.

Juju.15 : Coucou, ça va super et toi ? J'ai eu le Bac avec mention Très bien ! Je te remercie d'avoir lu et suivi cette fanfiction, ainsi que toutes les autres, et je suis très contente que tu aies adoré ! Bisous à toi, un énorme merci pour être si fidèle et adorable ! Tu es une de mes lectrices favorites et j'aime recevoir tes commentaires et impressions ! A très bientôt, j'espère et je te souhaite bonne chance pour la rentrée et pour tout le reste !


Je t'aime à mourir

Epilogue : La Tournée de la Victoire.

NICHOLAS

Quand je me réveillai, j'étais dans un lit d'hôpital, en tenue blanche ample. Je me massai les tempes et me rendis compte que j'étais relié par tout un tas de fils à une machine émettant des « bip » réguliers. J'avais un mal de tête terrible et des douleurs me lançant dans les côtes et le dos. Tout me revint rapidement à l'esprit.

Les Jeux. Les baies. Les Pacificateurs.

J'eus immédiatement envie de pleurer et fus pris de quelques nausées à ce souvenir, mais je réprimai ces sentiments. La peine laissa place à la colère et je serrai les poings. Ces Jeux m'avaient pris la chose qui m'importait le plus. Ils m'avaient enlevé Jeffrey. Bouillonnant de rage et de désespoir, je me saisis violemment du cathéter à mon avant-bras et l'arrachai dans un petit grognement de douleur. Je me levai ensuite pour sortir de cette chambre aux murs trop blancs et trop normaux pour accueillir un tribut traumatisé des Hunger Games. Je poussai la porte et me faufilai dans les couloirs sombres, ressentant des souffrances un peu partout dans le corps maintenant que je n'étais plus alimenté en antidouleurs.

J'étais encore, présumai-je, dans l'hovercraft qui m'avait recueilli à la sortie des Jeux. Guidé par mon instinct, j'atterris près d'une porte automatique. Elle s'ouvrit en décelant ma présence et j'aperçus April et le Président Figgings, discutant très sérieusement. Pris de rage, je me précipitai violemment vers eux, décochant une droite à l'homme le plus proche.

– Vous l'avez tué ! Vous avez tué Jeffrey !

Je frappai Figgins, qui tenta vainement de riposter. April lui vint en aide et me tira de toutes ses forces en arrière, alors que je me répandais en insultes et en coups. Ils firent rapidement appeler des Pacificateurs qui me maîtrisèrent, même si je me débattais comme un beau diable.

– Vous n'aviez pas le droit ! Bande d'hypocrites malsains ! Ça vous fait peut-être plaisir de tuer ma seule raison de vivre en me laissant le seul contentement d'être sorti vivant de cette fichue arène ? Mais j'en ai rien à faire de vivre ! Je préférerais mourir plutôt que d'avoir à vivre une seconde de plus dans un monde contrôlé par vous !

Je sentis une piqûre dans mon bras et glissai lentement dans le sommeil. Il ne servait à rien de lutter. J'étais déjà sous leur contrôle, à mon tour.


April m'avait vite raisonné à mon retour de ma chambre de soins. Mais c'était plutôt comme si je m'étais résigné. Que pouvais-je contre eux ? J'étais seul contre tous. April me secondait, bien sûr, et j'avais pu rapidement revoir Kurt, mon styliste plutôt sympathique, qui m'avait présenté ses condoléances en rappel à la mort de Jeff. Il avait ensuite sous-entendu que le styliste du District Six, Adam, était lui aussi en deuil et qu'il avait dû être aux petits soins avec lui. Mais avoir des personnes de mon entourage aussi attachées à l'homme que j'aimais ne m'aidait pas à avancer.

Notre train se dirigeait à toute vitesse vers le District Douze, où ma Tournée de la Victoire était censée débuter. Je ne voulais pas y participer. Regarder toutes ces familles en deuil, dont j'avais peut-être tué l'enfant. Qu'adviendrait-il quand j'aurais atteint le District Six ? Mais je fus forcé, que ce soit par les menaces du Président, ou par la tendresse d'April, à assumer mon devoir de vainqueur.

Après seulement deux jours hors de l'arène, j'étais de nouveau sous le feu des projecteurs. S'enchaînaient les interviews avec Rod Remington et les rendez-vous beauté, mais je n'étais plus capable de m'adapter à la vie mondaine du Capitole. Je n'étais fait que pour la vie dure et oppressante des Districts, telle que je l'avais vécue dans l'arène. Ce serait par ce labeur que j'oublierais mes maux, et par-dessus tout la mort de Jeffrey. Et ce n'était pas en effectuant la Tournée de la Victoire que je parviendrais à cet objectif.

Au District Douze, l'ambiance était tendue. La faim et la saleté engendrées par la pauvreté épuisaient les habitants et les rendaient pareils à des fantômes. Les deux familles des tributs tremblaient de froid sur leur promontoire, sous la photo de leur enfant mort dans les Jeux.

April, près de moi sur l'estrade, posa une main sur mon épaule, m'encourageant à lire le discours qu'elle m'avait écrit au préalable. J'avais songé à ne pas m'en servir et à crier au monde les horreurs des Jeux et des Juges. Mais la fatigue et la résignation m'avaient poussé à n'en rien faire et à exécuter les ordres sans réfléchir. Je voulais tout simplement ne plus penser à rien.

Après un discours vantant les Hunger Games, les Districts et le Capitole, j'honorai les tributs, Blaine Anderson et Suzie Piment, et adressai un mot aux familles qui pleuraient sans autant se révolter.

Il en fut de même dans les Districts Onze, Dix et Neuf avec les familles de Jake Puckerman et Mercedes Jones, Finn Hudson et Emma Pillsbury, Rory Flanagan et Robin Sylvester dont la mère avait presque menacé de m'assassiner une fois que nous serions ensemble au Capitole — il avait fallu que des Pacificateurs la calment et s'assurent de ma sécurité en m'emmenant précipitamment dans le train jusqu'au District Huit, où j'eus à pleurer la mort de Sam Evans, qui avait blessé Jeff dans l'arène, et de Brittany Pierce. Le District Sept fut accueillant, même si mon ancien amant avait sans le faire exprès tué Tina Cohen-Chang, et que Wesley Montgomery avait péri lui aussi.

Mais ça n'avait été que les premiers Districts. Il m'avait seulement suffi de lire les discours d'April. A présent dans le train pour le District Six, je réalisai seulement que j'aurais bientôt en face de moi la famille entière de Jeffrey, exprimant au-dehors ce que je retenais à l'intérieur. Ce train roulant à toute allure vers le foyer des Sterling m'avait hanté depuis le premier jour sorti de l'arène avec des cauchemars de son suicide pour me sauver. J'avais beaucoup réfléchi, tout retourné dans ma tête, lors de ces nuits passées désormais seul dans ce train. Personne ne rejoindrait le train de ma vie à présent en marche vers un précipice certain.

L'arrivée au District me déchira le cœur, et je pris sur moi pour ne pas fondre en larmes devant ces caméras qui filmaient chacune de mes réactions. April avait une main compatissante dans mon dos, ou peut-être était-elle là pour me pousser à avancer. Avant d'entrer dans l'hôtel de ville, je jetai un regard d'ensemble à la Grand-Place. Tout le District Six y était rassemblé dans un silence endeuillé et respectueux. Mes mains tremblaient alors que j'étais doucement poussé vers le micro de l'estrade par mon mentor.

J'embrassai rapidement la foule du regard et mon regard se posa immédiatement sur le promontoire où la famille Sterling pleurait silencieusement. Ils étaient tous là. La mère de Jeffrey, ses trois petits frères. Je déglutis lentement et balbutiai dans le micro, commençant confusément à lire le discours d'April. Mais bien vite, je perdis le contrôle. Toute la population du District me fixait avec une hébétude glaciale, mais seuls les proches de Jeffrey attiraient mon attention. J'avais à peine remarqué l'entourage de Quinn sur l'autre estrade, qui restait digne. Non, tout ce que je voyais au milieu de cette foule était ces trois gamins qui portaient tous les traits de mon amoureux défunt, et qui semblaient porter leur mère effondrée. Je m'arrêtai brutalement dans mon discours. Je ne pouvais plus faire semblant.

– Je suis désolé, dis-je en rangeant le discours dans ma poche. Je ne peux pas faire ça.

Derrière moi, April et quelques Pacificateurs s'agitèrent. Je leur jetai un coup d'œil, puis relevai la tête vers le public, plus confiant.

– Je ne peux pas parler de vos enfants de cette façon. Ces discours qu'on écrit aux vainqueurs ne sont qu'un tissu de condoléances discrètes. Ils n'ont pas connu les tributs, ni l'arène. Je pense avoir quelque chose plus authentique à vous dire. Parce que j'ai connu Quinn, et j'ai… j'ai connu Jeffrey.

Ce prénom eut du mal à passer la barrière souffrante de mes lèvres. Je me tournai d'abord vers les Fabray. Ils avaient l'air soudainement intéressés, mais toujours aussi forts et stoïques.

– Je n'ai pas pu beaucoup croiser votre fille. Je pense ne pas me tromper en disant qu'elle était extrêmement vive d'esprit. Je suppose que vous êtes sans doute au courant de qui l'a tuée. C'était nous. Jeffrey et moi, je veux dire. Cette scène m'a déchiré le cœur, mais pas autant qu'à Jeffrey. Il l'aimait bien, mais nous devions faire notre devoir. Je suis navré que nous ayons dû faire ça, et vous devez me haïr pour être en partie responsable de la mort de Quinn, mais comme vous diront tous les vainqueurs, ce sont les dures lois des Jeux.

Je reçus un vif hochement de tête de la part du père. Il comprenait. J'en vins donc aux Sterling. La mère me lança un gentil sourire, qui me fit regretter ceux de la mienne, morte il y a longtemps. Je pris une grande inspiration et poursuivis :

– Je sais que c'est stupide, mais je ne connais même pas vos noms. Jeff et moi, on parlait souvent de vous et de combien il tenait à vous, mais jamais il ne m'a donné vos noms. On croyait tellement qu'on sortirait de là ensemble, on remettait tellement de choses à plus tard parce qu'on pensait avoir toute notre vie de vainqueurs devant nous. Mais croyez-moi, Jeff vous aimait. Plus que tout. Il a, je crois, déjà beaucoup sacrifié pour vous, et aurait été prêt à le faire de nombreuses fois encore. Il se portait beaucoup sur les autres, et c'est ce qui l'a tué. Il se considérait tellement peu qu'il a préféré se tuer pour que je vive.

La mère se cacha le visage de ses mains, tandis que les trois têtes blondes près d'elle restaient fortes et se mordaient les lèvres pour ne pas sangloter.

– Ce que je veux vous dire, c'est que si rien ne le ramènera, je veux que vous sachiez qu'il était l'être le plus parfait du monde. Il m'a appris beaucoup en l'espace de ces Jeux, et je ne peux pas croire que je l'aie laissé partir comme ça. J'aurais dû… J'aurais dû mieux m'occuper de lui, être plus attentif. Je suis vraiment, vraiment désolé de ne pas avoir été à la hauteur. Je m'en veux, tellement, et je sais que ça aurait dû être moi, et pas lui. Je n'ai juste pas été capable de l'arrêter. Je tenais à m'excuser en face. Tout est de ma faute, et je ne mérite pas d'être pardonné.

La femme blonde hocha lentement la tête de haut en bas et rapprocha ses garçons d'elle. Ils l'enlacèrent.

– Comme vous avez pu le remarquer, continuai-je, Jeff était beaucoup pour moi. Je l'aimais. Et peu d'entre vous ont compris notre amour, mais j'espère qu'au moins, vous, sa famille, avez compris et approuvé. Il était exceptionnel et ne méritait pas de se battre dans les Jeux. Il était trop bon pour ça, il aurait dû être à vos côtés. Au lieu de ça, sa belle vie a été inutilement gâchée… Cependant, avant de mourir, il m'a… Jeff m'a demandé de prendre soin de vous. Ce que je ferai. Si vous voulez de moi, bien sûr. Je n'ai plus de raison de vivre, et être près de vous me rapprochera de lui, et travailler à vous maintenir en vie me donnera l'impression de faire quelque chose de bien pour lui. Je ne pourrai pas survivre si vous me retirez ça.

Les trois garçons levèrent la tête vers leur génitrice qui opina légèrement. Soulagé, je souris tristement et murmurai un « Merci » à peine audible. Je remerciai également la famille de Quinn, ainsi que le District Six et fis un dernier commentaire sur les Jeux, avant de me faire raccompagner par des Pacificateurs et une April émue.

– C'était très beau, Nicholas. Plus que mon discours.

– C'est parce que ça venait du cœur, April, soufflai-je.


Les jours suivant furent moins éprouvant. J'eus simplement à lire les discours d'April à nouveau, sans réfléchir, pour les deux Districts d'après : le District Cinq, où je m'adressai aux familles de Matt Rutherford et de Sugar Motta, et le District Quatre où j'honorai les morts de Brody Weston et de Kitty Wilde. Mais je dus forcément me rendre dans mon District natal, le Trois, car la famille de Rachel Berry y était en deuil. Je devais également faire face à ma propre famille. Mon père. Mon grand frère.

J'entrai sur l'estrade sous les acclamations de mon District. Je souris malgré moi, n'osant pas lever la tête de mes pieds pour faire face à ma famille. Au lieu de quoi j'observai longuement l'entourage de Rachel Berry. Il y avait seulement deux hommes, et je me souvins qu'elle m'avait dit au cours d'un de ses multiples monologues qu'elle avait été élevée par son père biologique et son oncle maternel. Ils se tenaient par les épaules. Je lus rapidement le discours d'April sur les Jeux et le District Trois, puis celui étant spécialement destiné à la tribut défunte. Je plissai les yeux sur le carton blanc immaculé. Pour ma famille, il n'y avait pas de discours, simplement un petit mot écrit à la main : Parle avec ton cœur.

Prenant mon courage à deux mains, je redressai la tête vers la deuxième estrade. Mon père et mon frère avaient le visage grave, devant un portrait de moi souriant et entouré de fleurs et d'étoiles scintillantes.

– Je…

Je toussotai discrètement.

– J'aimerais maintenant m'adresser à la deuxième famille du District Trois, les Duval. Ma famille. Nous avons été séparés quand mon nom a été tiré pour participer aux Jeux, mais pas une seconde je n'ai arrêté de penser à vous, qui m'aviez tout appris de la vie. Vous m'aviez préparé à tout. Nous avons, quand maman était encore en vie, souffert de la faim et de l'oppression, j'ai appris à me battre avec toi, Trystan, quand nous n'étions encore que des gosses. Mais vous ne m'avez pas préparé à l'amour. Je sais que ça a dû être dur pour vous, de me voir avec Jeffrey, car je sais que… ça n'est pas ce que vous auriez aimé pour moi, mais… Je suis comme je suis. Je n'ai pas à justifier mon attitude ni mes penchants. Je pense que si vous m'aimez assez, vous comprendrez. Jeffrey était l'unique personne à me faire sourire, et pour qui j'étais prêt à-

Je me stoppai. Je voyais mon père secouer lentement la tête et descendre de l'estrade pour se frayer un passage dans l'assemblée, se dirigeant vers le village. Je restai bouche bée. Il partait. Pendant mon discours. Il fuyait son fils.

– Père ! m'écriai-je après avoir repris mes esprits, un peu blessé. Reviens !

Il ne se retourna pas. Je savais ce qu'il pensait. Que je ne valais pas la peine d'être écouté si je n'avais pas choisi la bonne voie. Trystan semblait gêné. Il passa une main dans ses cheveux et grimaça en me fixant.

– Trystan…, murmurai-je dans le micro.

Il forma les mots « Je suis désolé » sur ses lèvres et partit lui aussi, me laissant seul.

– Non ! criai-je. Vous ne pouvez pas… Vous…

Je fermai un instant les yeux.

– Je pensais qu'étant donné que je risquais de mourir dans cette arène, cette partie de moi ne vous aurait pas dérangés si au moins je sortais des Jeux vivant… Vous n'avez pas changé, crachai-je amèrement alors qu'ils étaient déjà loin.

Je jetai un regard d'ensemble à la foule et conclus :

– Je suis navré pour l'intolérance de ma famille. Apparemment, pour certains, la victoire n'est pas suffisante pour s'expier. Merci au District Trois d'avoir participé aux Hunger Games, qui déchirent les familles des perdants autant que des gagnants.

Je tournai le dos à ma patrie et quittait l'estrade d'un pas ferme et fier. April mit une main dans mon dos, compatissante. Je fermai un instant les yeux. Ma famille m'avait publiquement renié. Je les rouvrai. Je n'avais pas besoin d'elle.


Les deux derniers Districts, le Un et le Deux, furent étrangement très accueillants, et de petites filles en robes blanches m'apportèrent des présents sur l'estrade en me congratulant. Si la famille de Santana Lopez, du Deux, de Hunter Clarington et de Marley Rose, du Un, ne me témoignèrent pas un intérêt particulier lors de mon discours, celle de Sebastian Smythe tint à me remercier. Pour l'avoir sauvé, pour l'avoir gracié. Je hochai la tête et exprimai mes regrets. Sebastian avait été l'un des nôtres, avec Jeffrey, et nous avions vraiment été compatissants et déchirés lorsqu'il avait fallu le tuer.

De nouveau dans le train, je soufflai de soulagement. La Tournée de la Victoire était terminée, et je retournai dans mon District au Village des Vainqueurs. Mais j'avais demandé à ce qu'on me conduise d'abord dans le District Six.

En arrivant, beaucoup me regardèrent avec suspicion mais tous furent agréables et m'accueillirent finalement à bras ouverts. Je n'étais pas comme tous les autres vainqueurs, selon eux, je ne voulais pas ma victoire, et ils se sentaient proches de moi, parce que j'avais été proche de l'un des leurs.

J'arrivais enfin sur le pas de la très modeste maison des Sterling – ou plutôt ce qui leur servait de logis. Je frappai trois coups hésitants. Un enfant m'ouvrit. C'était le plus jeune de la famille.

– Maman ! cria par-dessus son épaule le gamin d'une dizaine d'années. Nick est là ! J'peux t'appeler Nick, pas vrai ?

– Bien sûr, dis-je d'une voix douce.

Il me laissa entrer. Le logis était pauvrement meublé et doté d'une seule pièce servant à la fois de chambre et de cuisine, avec une baignoire dans le coin. Un de ses frères était en train de faire à manger, épluchant des pommes de terre et surveillant le feu. L'autre frère était absent. La mère était sur le seul lit, double, de la pièce. Elle se redressa et haussa les sourcils avec un sourire triste.

– Bonjour, Nicholas, dit-elle d'une voix faible.

– Bonjour, madame.

– Appelle-moi Joann. Pourquoi cette visite ? J'ai vu que la Tournée de la Victoire avait pris fin. Et je suis désolée pour ce qui s'est passé avec ta famille.

– Ce n'est rien. Je ne me sentais pas chez moi avec eux de toute façon. J'appartiens au monde de Jeffrey.

Elle hocha la tête.

– Ross, lança-t-elle au plus jeune, va prévenir Riker, il doit être en chemin pour la maison.

Il obtempéra tandis que l'autre garçon, environ un an plus vieux que son petit frère, disposait sur la table des assiettes ébréchées et des couverts sales.

– J'aimerais en effet vous aider, repris-je. Vous pourriez… Vous pourriez emménager avec moi au Village des Vainqueurs du District Trois.

Elle s'empourpra et secoua légèrement la tête, ne disant pourtant pas un mot, comme si elle n'y était pas autorisée. La porte s'ouvrit soudain sur la tignasse blonde indisciplinée de Ross et sur un garçon plus grand d'au moins dix centimètres. Il devait avoir onze ou douze ans, mais avait déjà l'air d'un homme. Cela se voyait à ses traits sérieux et son calme exemplaire pour un jeune adolescent. Riker – car ça devait être lui – portait un arc en travers de sa poitrine, qu'il déposa à l'entrée. Le garçon se dirigea poliment vers moi, professionnel, et me tendit une main, que je serrai.

– Enchanté de faire enfin ta connaissance, Nicholas. Notre grand frère semblait beaucoup t'apprécier.

– Riker dit que t'étais l'amoureux de notre Jeff, souffla Ross.

– Et qu'il est mort pour toi, aussi, ajouta Rocky.

– Les enfants ! tonna leur mère. Laissez Nicholas tranquille.

Ils se turent après que j'eus confirmé leurs affirmations. Joann les entraina plus loin, me laissant seul avec Riker. Il avait vraiment l'air d'être devenu l'homme de la famille et prenait ses responsabilités à cœur.

– J'ai cru comprendre l'autre jour que tu voulais rejoindre notre famille ? Nous nous débrouillons bien seuls, mais c'est gentil de proposer.

– Je veux vraiment faire quelque chose pour vous. Je vous le dois.

– Et à quoi tu penses ?

– J'ai déjà fait l'offre à ta mère-

– La prochaine fois, adresse-toi directement à moi, coupa-t-il fermement sans pour autant être méchant. Je vois toujours personnellement ce qui est mieux pour mes frères et elle.

– Bien. Je voulais que vous veniez vivre avec moi au Village des Vainqueurs.

– Du District Six ? s'enquit-il.

– Je ne suis pas sûr qu'on me laisse y entrer. Je pensais plutôt à celui du District Trois. J'ai une grande maison, vous y êtes les bienvenus.

Il considéra la chose pendant un moment et hocha la tête.

– J'y réfléchirai, merci de ta proposition. Tu te joindras à nous pour le dîner, Nicholas ?

– Je n'oserai pas abuser de votre hospitalité…

– Je croyais que tu voulais vivre plus près de Jeff ? sourit-il pour la première fois. Et si on a l'intention de vivre avec toi, il vaut mieux que tu t'y habitues dès maintenant.

Je lui souris, et nous échangeâmes un regard complice. Il assista Rocky pour cuisiner ce qu'il venait juste de rapporter de la chasse, et nous dînames ensemble. La famille de Jeffrey était tout aussi extraordinaire que lui, simple, modeste, mais au grand cœur. Et je retrouvai en chacun de ses frères une partie de lui. Son sérieux et sa dévotion pour les autres en Riker, sa nature calme et timide chez Rocky et enfin son intrépidité en Ross. Je les aimais déjà tous. Bientôt, ils seraient tous dans ma maison au District Trois, puisque toute la famille avait accepté unanimement de m'y rejoindre.

Le devoir que je m'étais fait d'aider et d'aimer les Sterling comme je l'aurais fait pour Jeffrey porterai sous peu ses fruits. Mon but était d'apprendre à ces garçons la vie, et de les préparer à tout. Jamais ils n'auraient à souffrir de la faim et de l'oppression, et je leur apprendrai à se battre. Ils ne seraient plus jamais seuls. Ils auraient un nouveau grand frère pour s'occuper d'eux. Et, si le sort leur était favorable, ils ne participeraient pas aux Hunger Games et ne trouveraient pas le même destin funeste que celui qui fut leur frère et mon petit ami.


Voilà, nettement plus optimiste, n'est-ce pas ? J'espère que cela vous aura rassasiés. Je termine donc ce Crossover, j'ai beaucoup aimé l'écrire, même si j'ai souvent posté avec du retard… Je suis impardonnable. Bref ! Si vous avez aimé, laissez-moi une review ou envoyez-moi un Message Privé, c'est pareil pour moi, du moment que j'ai vos impressions, bonnes ou mauvaises ! Je tiens à remercier plus particulièrement DoctorLoveRose et Juju.15 qui me suivent constamment, ainsi que DamianGreen9836 et agrcn qui sont tout aussi présents ! Merci aux autres lecteurs plus discrets, qui ne se manifestent pas mais qui existent. Si vous voulez lire d'autres de mes fanfictions, passez sur mon profil, j'ai un style assez varié. A bientôt, j'espère ! Bonne rentrée à tous, et puisse le sort vous être favorable ! (Oh, ma Playlist que j'écoute en ce moment vient de se mettre sur « Tributes Parade », de la Bande Originale de Hunger Games ! LES GENS C'EST UN SIGNE. Hum. Tout le monde s'en fout. Salut.)