Bonjour/Bonsoir tout le monde !

Alors voilà, tout d'abord, je voulais m'excuser auprès de vous si je m'étais un peu fait attendre pour la publication de ce chapitre. Cependant, j'ai été très occupé ces derniers temps et n'est pas eu tout le loisir d'écrire comme je le voudrais. J'ignore quand viendra la suite, mais je vais faire mon possible pour que cela ne tarde pas trop. D'ici là, je vous souhaite une bonne lecture !NB : Je tenais à vous spécifier que ma fic' ne prendra pas en compte Assassin's Creed Unity, pour la simple raison que je n'y ai pas encore joué (-: Certains personnages de cet opus apparaitront donc, mais très certainement dans des rôles différents du jeu. Vous êtes prévenus ^^

TP98 : Merci beaucoup pour ta review ! Ca fait toujours très plaisir, notamment lorsqu'on voit que notre histoire plait. J'espère que ce sera toujours le cas dans les prochains chapitres. Merci encore, en tous cas.

Disclaimers : Rien ne m'appartient, hormis les personnages d'Elisabeth et d'Edward. Le reste est à Ubisoft.


Septembre 1781, New York

Une heure du matin. Charles Lee -qui m'a finalement relâchée lorsque je me suis enfin calmée-, deux des hommes de Père et moi-même sommes postés sur les docks du port. Le premier semble préoccupé et, pour la première fois, ne me porte qu'une attention mineure, préférant converser d'un air pressé avec un quatrième homme. Les deux subalternes, quant à eux, restent assis sur une caisse de marchandises, prêt de moi. Le plus grand des deux, me voyant grelotter, m'a passé son manteau. Son camarade, pour sa part, s'efforce de tenter de me réconforter. Père m'a toujours dit que je me devais d'être une petite fille polie, aussi je ne dis pas à cet homme combien il m'agace à me répéter que tout va bien se passer alors que non, je vois bien que tout ne va pas bien se passer.

En lieu et place de cela, je préfère garder le silence. Je n'ai plus ni l'envie, ni la force de parler. Etrangement, ma colère contre Charles ainsi que le flot de larmes que j'ai versé m'ont purgée de ma vitalité : je suis telle une loque sans la moindre force. Mais pas sans la moindre volonté ! Et pour cause ; mes pensées inquiètes ne cessent de se diriger vers mon père, mon papa que j'aimerais tant aller retrouver. Que m'importe le danger, à la fin, tant que je suis avec lui !

J'avais bien songé à me lever de là, à partir en courant et à aller le rejoindre. Mais aucun illusion n'est permise quant au fait que les deux hommes assis auprès de moi sont là pour garantir ma sécurité. Et apparemment, cette dernière passe par le fait que l'on doit me conduire loin de mon père, dans l'immédiat. Et puis... Dans l'état actuel des choses, étant plus en forme et plus rapides que moi, ils n'auraient aucune difficulté à me rattraper.

J'attends donc, assise sur mon caisson de bois, que Charles en finisse avec son interlocuteur. J'ignore depuis combien de temps cela peut durer, mais je sais que je commence à en avoir sérieusement marre.

- Dites Monsieur, que j'essaie de dire à l'homme à ma droite de ma voix la plus polie, qu'est-ce qui est en train de se passer, exactement ?

Ma question semble mettre mal à l'aise l'agent de mon père. Celui-ci hésite, cherche ses mots, comme ne sachant pas exactement ce qu'il est en droit de me dire ou non.

- Un...Un léger conflit. Finit-il par m'avouer, avec un timbre de voix faussement rassurant. Ton demi-frère semble être dans les parages, et Maitre Kenway préfère que nous te mettions à l'abri pendant ce temps.

- A l'abri où ? Je demande presque immédiatement, intéressée par la réponse à venir.

- En Angleterre.

Cette fois-ci, ce n'est plus le sbire de Père qui m'a répondu, mais Charles lui-même. Apparemment, sa conversation avec le quatrième homme est terminée, car ce dernier s'éloigne pour s'en retourner dans ce qui semble être sa frégate.

- QUOI ?! Je m'exclame littéralement avec une grimace d'incompréhension. Mais Père ne voudrait pas...

- Ce sont là les ordres de ton Père, ma chérie. Me réplique pourtant le second de ce dernier, l'air sincèrement navré.

Je doute qu'il soit possible d'être plus surprise que moi à cet instant précis. Et plus désagréablement surpris, qui plus est ! Mais...Pourquoi ? Pourquoi Père a-t-il commandé cela ? Je suis donc de trop dans ses projets ? Où bien ai-je fait quelque chose de mal ?

Me voyant si triste et si perdue, Charles Lee s'approche de moi et s'accroupit pour être à ma hauteur. Puis, posant ses deux mains sur mes épaules, il prend sa voix la plus douce possible pour m'expliquer ce qui suit.

- Ne crois pas que Maitre Kenway se sépare de toi de son plein gré. Mais la situation l'exige, pour le bien de ta propre vie. Il nous a demandé de t'envoyer par le premier navire en Angleterre, où tu y retrouveras Mademoiselle Scott, sa demie-soeur, qui t'accueillera à bras ouverts. Cependant...Je suis désolé de t'avouer que je ne vais pas pouvoir t'accompagner, moi non plus, dans ton périple. Mais rassure-toi, tu ne seras pas seule : je laisse avec toi Edward, l'homme qui est ici même, pour te protéger le temps de la traversée.

Presque immédiatement, je lève une tête déboussolée vers l'homme que m'indique Charles. Il s'agit du grand monsieur qui m'a prêté son manteau un petit peu plus tôt. Il n'a pas l'air méchant, au contraire : ses longs cheveux châtains en bataille lui donnent davantage l'air d'un adolescent que d'un homme mûr. Je n'ai jamais été très douée pour estimer l'âge des gens, mais à première vue, je dirais qu'il doit avoir entre 20 et 25 ans. Cependant, je me dis bien vite de ne pas me fier à cette apparente candeur car si mon père lui a réellement commandé de m'escorter dans ce voyage, c'est qu'il doit avoir plus de ressources que ce que l'on pourrait se figurer dans l'immédiat.

- Monsieur Spielfirgue accepte de te prendre à bord de sa frégate. Continue l'homme de main de mon père, un soupçon de tristesse sur son visage. Mais le départ est dans cinq minutes. Alors tu vas prendre tes affaires et monter à son bord, en compagnie d'Edward. Et moi, je te dis au revoir ici.

- Mais...Non. Je réplique encore une fois, bien qu'ayant compris que cela ne servait plus à rien. Je ne veux pas ! Enfin...Cela va bien s'arranger et...

- Et tu rentreras à New-York à ce moment-là. Me réponds Lee avec un accent persuasif.

Mais dans le fond, je sais que cet homme me ment. J'ai le douloureux pressentiment que je ne remettrai jamais les pieds sur ma terre natale. Et qui dit exil, dit loin de mon père, et je ne l'accepte toujours pas ! Néanmoins, les hommes de ce dernier semblent en faire bien peu cas, car de nouveau, je sens deux grandes mains me soulever pour me conduire jusqu'au bateau. Il s'agit d'Edward qui, sur un ordre de Charles, s'est saisit de mes affaires et de moi-même pour m'arracher définitivement à ce que j'aime.

Et le même éclatement de pleurs reprend. Cette fois-ci, ce n'est plus Lee que je frappe, mais son subalterne. J'ignore où je retrouve cette force pour crier à pleins poumons, mais celle-ci se dissipe bien vite. Je sens à peine que nous venons de monter sur le navire, qu'il me semble tomber dans une léthargie profonde. Quelques minutes plus tard, les yeux rouges de larmes et le visage bouffi, je m'endors, la tête sur l'épaule de celui en charge de me protéger.


Octobre 1781, Océan Atlantique

L'Atlantide. C'est le nom du bâtiment sur lequel je me suis trouvée embarquée, bien malgré moi. Je n'aime pas ce nom. Papa m'a déjà raconté, il y a longtemps, la légende de cette île qui aurait été engloutie par les flots. Disparue aux yeux de l'espèce humaine. Et c'est exactement ce que je n'aime pas dans la situation actuelle : cette île, disparue comme mon père a disparu à l'heure de ce jour. Edward essaie bien de me consoler en me disant que ce voyage n'est que provisoire, que nous retournerons bientôt tout deux en Amérique, mais je peine à y croire.

Cela fait maintenant près d'un mois que nous naviguons en haute mer. Les premiers jours, comme le craignait mon protecteur, je n'ai rien voulu avaler, ni sous forme solide, ni sous forme liquide. Il m'a fallut risquer l'inanition pour me reprendre un peu en mains, jusqu'à oser m'aventurer un peu sur le pont où je passe le temps en regardant les hommes d'équipages. Parfois, je me dis que la vie de loup de mer ne doit pas être désagréable. Mais mon désir de devenir un jour templière se rappelle à moi, et un affreux remord me saisit alors le cœur. Papa...

Un mois. Et dire que je ne sais même pas ce qu'il est devenu. Pour tenter d'apaiser un peu la douleur, Edward m'a conseillée de lui écrire dès que j'en ressentirai le besoin, afin de lui "dire" ce qui me pesait sur le cœur. Personnellement, je trouvais l'idée un peu stupide d'écrire à quelqu'un qui ne recevrait jamais le courrier en question. Ce à quoi le jeune templier m'a répondu qu'on se chargerait de lui envoyer mes lettres dès notre arrivée. Cela a achevé de me convaincre.

Je suis donc là, assise sur ce bureau qui tangue au rythme des vagues, une vieille plume à la main, cherchant les mots que je souhaite coucher sur le papier. Ces derniers ne tardent pas à venir, et je me mets donc à rédiger ce qui suit :

" Mon cher Père,

Je t'écris depuis l'Atlantide, où je suis retenue depuis une trentaine de jours maintenant. Le temps y est long, tu ne t'imagines pas. Je crois que je m'ennuierais fermement si seulement mon esprit était libre de le faire, mais je suis si contrariée que je n'en ai pas le loisir. Tu me manques, Père. J'aimerai que tu sois là, j'aimerai passer ces longues heures avec toi pour que tu me fasses rire en me racontant des histoires, ou que tu me consoles lorsque j'ai peur de la tempête au-dehors. Edward tente tant bien que mal de faire tout cela, mais malgré toute sa bonne volonté, ce n'est pas pareil. C'est toi que je veux, pas lui.

C'est d'ailleurs sur son initiative que je t'écris cette lettre. Selon lui, le faire pourrait "me faire du bien", pour le citer. Il a peut-être raison, peut-être pas. Je n'en sais rien. En faite... Je n'ai pas l'impression de savoir beaucoup de choses en ce moment. Juste que malgré le monde qui peuple ce navire, je me sens drôlement seule. Encore plus que le jour où notre chien, Tim, est mort. Parce que ce jour-là, je t'avais toi. Et que ce n'est pas le cas aujourd'hui.

Mais je suis une grande fille. C'est toi-même qui me le dis si souvent. Alors je vais tenir bon, car c'est ce que tu veux. Je n'en doute pas. Et puis, je tente de voir le bon côté des choses : quand je rentrerai à la maison après ce voyage, j'aurai plein de choses à te raconter, et tu seras heureux de m'entendre te les raconter. D'ici là, je reste avec Edward, comme tu l'as ordonné à ce dernier. D'ailleurs, j'y pense ! Tu devrais lui permettre de monter dans l'Ordre, car il le mérite bien.

Je t'embrasse très fort.
Ta templière.

PS : Pardon pour les fautes s'il y en a. "


Novembre 1781, Océan Atlantique

Les semaines, puis les mois passent. Les jours se ressembleraient tous désagréablement -tant que j'en perdrai le fils du temps- si quelques rares évènements ne venaient rythmer notre quotidien de temps en temps. Une quinzaine de poissons volants sautant au-dessus du navire et venant s'y échouer, une baleine à l'horizon, ou l'épave d'une autre frégate flottant à la dérive. Le jour où nous voyons cette dernière, le soleil est sur le point de se coucher. Comme tout le monde à l'annonce de ce cadavre de navire, je viens m'appuyer contre le bastingage pour voir ce qu'il en est. Et comme le reste des matelots, je peux constater que seul le plus haut des mâts de ce bâtiment demeure encore à l'air libre, le reste étant déjà noyé sous les flots.

- Sûrement l'œuvre de quelques pirates. Fait remarquer l'un des hommes d'équipage. Leur abordage doit remonter à quelques heures, il me paraitrait donc étonnant qu'ils soient encore dans les parages. Nous sommes tranquilles.

- Oh. Dommage. Je murmura platement en regardant celui qui a énoncé ces propos.

Contre tout ce à quoi je m'attends, un grand silence suit mes paroles. Silence qui n'est rompu que par mon interlocuteur, qui me demande avec un accent choqué de répéter ce que je viens de dire. Je m'exécute sans broncher.

- J'ai dit que je trouvais cela dommage que les pirates ne soient plus dans les alentours. Leur présence aurait pimenté un peu notre voyage.

Au vu de la mine abasourdie de tous les marins, ainsi que des sourcils froncés d'Edward, j'en conclus que je viens de dire une boulette. Mais c'est vrai, non ? Ce serait tout de même distrayant, et j'aurais enfin l'occasion de prouver à tous ces hommes que je ne suis pas qu'une fillette inoffensive comme ils semblent le croire. Cependant, ces mêmes hommes ne semblent pas voir cela du même œil que moi, et ne tardent pas à protester vivement. Mon protecteur prend alors la parole, défendant ce qu'il appelle "ma naïveté" contre la colère outrée des matelots.

Lorsqu'il est enfin parvenu à détendre un peu l'atmosphère, le jeune templier me prend à l'écart pour me parler discrètement. C'est alors qu'il me murmure à l'oreille.

- Je croyais que tu voulais être comme ton père !

- Bien sûr que je le veux ! Je réplique, à mon tour outrée.

- Et bien apprend donc à ne pas dire ce qui pourrait t'attirer des ennuis ! M'explique t-il, la colère ayant laissée place à une sorte d'inquiétude affectueuse. Maitre Kenway n'est pas si maladroit que tu peux l'être. Et je ne serais pas toujours là pour réparer tes erreurs. Alors fait attention. S'il te plait.

Le ton soudain moins rude et presque suppliant de mon grand ami me va droit au cœur. Je lui réponds donc :

- Oui, bien sûr Edward. Pardon, Edward.


Décembre 1781, Londres

- Prépare-toi ma grande, nous n'allons pas tarder à arriver en vue du port.

- J'arrive Edward !

Docilement, je m'approche de ce qui avait été ma couchette durant plus de trois mois. Je me saisis alors de mon vieux sac de toile -le même que m'avait passé cette nuit-là mon cher père- et m'applique à remettre dedans mes quelques affaires. Quelques vêtements, surtout, dont un vieux foulard que le Maitre de l'Ordre m'a offert peu de temps avant que tout ne bascule. Et bien sûr, mes nombreuses lettres que j'ai écrite à l'homme que j'aime le plus au monde durant notre traversée. Hormis cela, je n'ai plus rien. Et dans un sens, cela m'est bien égal. Tout ce que je veux se résume à un nom, et je ne l'ai plus.

Je sors donc sur le pont et y retrouve Edward. Ce dernier me sourit.

- Qu'est-ce que tu as grandi ces derniers temps, ma belle. Me dit-il avec affection. Cela ne m'étonnerait pas que tu aies pris quelques bons centimètres. Et, ton visage ! Il a mûrie, on ne dirait plus une petite fille de 9 ans !

Un peu gênée par cette affection paternelle que me porte mon protecteur, je ne sais pas trop ce que je dois dire. Alors je me contente de lui renvoyer un maigre et pâle sourire forcé. De toute façon, un spectacle ne tarde pas à retenir son attention, et je m'en trouve tranquille.

Londres. La fameuse ville où Père désirait m'envoyer vient juste d'apparaitre au détour du fleuve. Je dois bien reconnaître que cette capitale à de l'allure avec ses innombrables rues qui s'étalent devant nous ainsi que son énorme clocher que je découvrirai plus tard comme s'appelant Big Ben. Mais dans l'immédiat, je ne me réjouis guère de notre arrivée imminente. Lorsque je m'approche de Londres, je m'éloigne de New-York, ainsi que de mon père. Et cela m'attriste.

Moins d'un quart d'heure plus tard, nous débarquons. Pour tout dire, je dois bien concéder que je me suis sentie un peu perdue -voir même beaucoup- en posant le pied sur le sol anglais. Tant que par automatisme, je me suis saisie de la main d'Edward, me laissant guider par cet homme qui doit me protéger parmi cette foule d'inconnus.

Le pauvre jeune homme, bien que tentant de garder son allure sereine, n'est pas moins perdu que moi. Demandant son chemin à ceux qu'il pense en mesure de l'aider, il avance à tâter dans cette énorme ville que ni lui, ni moi ne connaissons. C'est pourquoi il nous faut une bonne heure avant de nous orienter correctement dans la capitale, et une heure de plus avant de nous retrouver face à une énorme bâtisse des plus élégantes.

Edward lève alors la main vers l'énorme anneau qui permet de faire savoir notre présence, et le laisse retomber lourdement plusieurs fois de suite.


Voilà, c'est tout pour aujourd'hui ^-^ J'espère que vous aurez aimé. Bien sûr, n'hésitez pas à me laisser une p'tite review, positives ou non, j'accepte tout, du moment que c'est constructif.

A bientôt

XXX