Hello everybody !
Voici aujourd'hui le chapitre 7 de ma petite fanfiction. Au programme : des aventures en mer, un contretemps pour Elisabeth...Enfin, pas mal d'action. J'espère que ça vous plaira. Concernant les disclaimers, l'univers et les personnages ne sont pas à moi (ils sont à Ubisoft ou à eux mêmes dans le cas d'Olympe). Seule Elisabeth sort de mon imagination.
Just some 12th reader : Merci beaucoup pour ta review ! Je suis heureuse de voir que l'histoire commence à t'intéresser davantage. Effectivement, je ne compte pas faire de ma fanfiction une simple histoire de vengeance. Je pense qu'à un moment ou à un autre, vous verrez Connor, ce qui mènera à une confrontation avec sa demie-soeur (ce qui est inévitable au vu des sentiments de cette dernière). Cependant, je ne voulais pas articuler l'histoire uniquement autour de cela. En faite, je suis une grande passionnée d'Histoire et particulièrement de la Révolution Française. Je n'ai pas encore joué à Unity (mais je l'ai commandé pour Noël ^-^), aussi je ne compte pas me baser sur le jeu. Peut-être y aura t-il des ressemblances, mais ce n'était pas le but initialement. Je voulais surtout vous partager ma passion tout en mettant en "scène" l'un de mes personnages préférés (Haytham) au travers de sa fille.
Nocturis : Merci à toi aussi pour ta review ! (-: Elle me fait très plaisir. Moi aussi, j'adore les Kenway (surtout Haytham :love:). Cependant, comme je le disais plus tôt, l'univers d'Unity risque d'être altéré dans ma fic. J'en suis désolée.
Octobre 1788, Manche
- Capitaine, nous avons un problème.
Absorbé tel qu'il l'est dans la rédaction de son carnet de bord, je doute que Cormac ait entendu le moindre mot des paroles proférées par son quartier-maitre. Ce dernier, bien embarrassé à en juger au poids qu'il déplace successivement d'un pieds à l'autre, demeure devant le bureau où est assis son supérieur, dans la cabine de ce dernier. Apparemment, il attend une réponse qui ne vient pas. De là où je suis, c'est-à-dire adossée près de la porte d'entrée, j'entends parfaitement bien la scène mais ne peux la discerner que du coin de l'œil. Un vieux bandana sur la tête, les cheveux gras et le visage sali par les travaux, j'essaie de passer discrète, ce qui fonctionne plutôt bien depuis les deux premiers jours de notre traversée, je dois le reconnaître.
Shay Patrick Cormac ne sait pas que je suis sur son navire. Et je ne compte pas lui dire, tout du moins pas avant notre arrivée en France. Car maintenant que j'ai franchi le pas, que je suis sur ce bateau en quête d'aventures, je ne compte pas laisser passer ce qui sera peut-être ma seule occasion de me lier avec les Templiers ! Cormac est un fils que je tiens et que je ne lâcherai pas.
- Hum ?
Ah, enfin une réponse ! Ce n'est pas trop tôt ! Qu'est-ce qu'il peut être agaçant cet homme, lorsque tout semble bien en dessous de ce qui pourrait l'atteindre. Quoi qu'il en soit, ce simple bruit de gorge semble engager le quartier-maitre à poursuivre, ce qu'il fait d'un ton légèrement tendu :
- Capitaine, la vigie a remarqué il y a plusieurs heures de cela un pavillon britannique qui semble nous donner la chasse. En l'espace de quatre heures, la distance qui nous séparait de lui a diminué de plus de la moitié, et si cela continue, il nous abordera d'ici deux heures, tout au mieux.
Autant vous avouer tout de suite que ces paroles me font l'effet du douche froide. Immédiatement, je sens mes jambes s'amollir, et je dois m'appuyer davantage, le dos contre le mur, pour ne pas chuter. Et puis, je ne suis pas censée avoir entendue cela, ni même être ici, alors j'ai plutôt intérêt à ne pas attirer l'attention. La curiosité est un vilain défaut, et j'en ai aujourd'hui la preuve. Quelle idée ai-je eu de vouloir espionner mon capitaine ?!
- Fort bien, je ne vois pas ce qui t'inquiète, Gist. J'entends Cormac répondre calmement à son subalterne. Si ce navire veut vraiment nous aborder, qu'il le fasse ! Il en paiera le prix fort.
Un abordage. Un combat. Une tuerie. Je...Je peine à y croire. Je me souviens de ce jour où, traversant l'Atlantique pour aller en Angleterre, j'avais regretté que l'on n'ait pas croisé de pirates. Aujourd'hui, bien qu'ayant souvent rêvé de moments pareils, j'en viens à redouter ce qui m'enthousiasmait auparavant.
Car maintenant que le combat est proche, je sens ma mort arriver à grands pas elle aussi, et je ne veux pas mourir.
Les autres hommes d'équipage ne semblent pas savoir ce qu'il va arriver. Ou plutôt, ils doivent déjà avoir vécu tant de batailles que cela ne les affectent plus trop. Préparant les canons, les armes et tout le nécessaire dans le plus grand calme, ce stoïcisme m'effraie. Quoi ?! On court au massacre, et c'est tout ce qu'ils trouvent à faire ?! Mais je rêve, c'est impossible !
Pour ma part, je n'ai pas trop le cœur à me donner à ces préparatifs. Un des matelots m'a bien prêté une dague -une simple dague pour me protéger en cas de besoin, pour me protéger et ôter la vie à celui qui voudrait me la prendre- mais, dans le feu du combat, je me demande si je serais encore en mesure de me souvenir des cours d'Edward. Edward, mon pauvre Edward, dans quoi ai-je été me perdre ?
Contemplant d'un air absent l'étendue maritime et la tache noire du bateau ennemi se rapprochant toujours plus de nous, je me laisse aller à ces tristes considérations pendant de longues minutes, et ce jusqu'à ce qu'un marin me rabroue pour mon inactivité.
- Bougez jeun'homme, on est pas les seuls à bosser, nous, ici.
"Jeune homme". Dans une autre situation, l'erreur de genre à laquelle vient de se livrer mon camarade m'aurait fait sourire, mais désespérée comme je le suis actuellement, cela n'a aucun effet sur moi. Mais je veux bien avouer qu'avec cette tenue gaillarde que je porte, on puisse avoir le doute quant à mon genre. C'était un peu le but aussi : me faire passer pour un garçon pour dissiper le moindre doute à mon sujet.
J'ignore les paroles de celui qui vient de me parler. Je n'ai que faire de ses remarques. Il n'est pas mon supérieur. Je ne trouve alors rien de mieux que d'aller me cacher dans les quartiers de l'équipage, où je pleure à chaudes larmes cette vie que j'ai eu le malheur de quitter. Mais quelle mouche m'a donc piquée le jour où j'ai fugué ? Et Jennifer et Edward qui doivent être morts d'inquiétude à mon sujet... Mais je n'ai plus le choix maintenant ; je suis sur ce satané bateau et ne peut éviter l'abordage. Je vais devoir me battre. Cependant, une question me torture les méninges : serai-je capable de tuer pour sauver ma propre vie ?
Je suis brusquement tirée de mes lugubres pensées lorsque les premiers coups de canon retentissent. Ce coup de tonnerre, suivi d'un assourdissement bruit de bois qu'on disloque, suffit à propager un souffle de peur dans mes veines. Comme pour me soustraire à toute la barbarie que j'imagine en train d'éclater, je me contente de fermer les yeux et me recroqueville sur ma couchette, la paume des mains sur les oreilles. Je ne veux pas assister à tout cela. Et puis, avec un peu de chance, nos assaillants ne viendront pas propager le massacre jusqu'ici.
Là-haut, sur le pont, des cris guerriers et douloureux fusent. Malgré mes oreilles que je tente désespérément de boucher, je ne peux pas les ignorer. Et surtout, je ne peux pas m'empêcher d'imaginer les atrocités en train de se dérouler. Les matelots éventrés, le sang sur le bois, la peur dans leur regard agonisant. Par pitié, que cela cesse ! Que ceux que je connaisse et auxquels je tenais ne meurt pas ! Pas Shay Cormac ! C'est quelqu'un de bien, j'en suis sûre, et aussi mon seul espoir de me rebâtir en France. Et puis...C'était l'homme de main de mon Père et...
Père.
Qu'est-ce que j'ai honte de penser à toi, soudainement. Alors que je suis en train de mes cacher dans mes quartiers, que je prie pour ma propre petite vie. Le comble de la lâcheté. Je revois ton courage, ta force, ta fierté. Et je réalise qu'à cet instant précis, je n'ai rien de tout ça. Toi, au moins, tu as eu le cran d'aller jusqu'au bout, d'aller jusqu'à te faire tuer par Connor. Alors que moi...
Je pose un pied sur le sol en bois. Un nouveau tire de canon vient ébranler le navire, manquant de me faire chuter. Mais non. Un pas après l'autre, je me dirige vers la sortie.
Père, mon Père, je suis ta fille et je veux que tu soies fier de pouvoir le dire.
Avec ma mine défaite, j'ai l'air d'un condamné à mort qui monte à l'échafaud. C'est peut-être un peu ce que je suis, en faite. La dague dans ma main me parait moite et manque de glisser, aussi je dois resserrer ma prise dessus pour m'assurer que ce ne soit pas le cas.
J'ai peur, Père. Peur de mourir ici, stupidement comme tant d'autres, avant même d'avoir accompli la moitié de ce que tu as fait.
Je suis arrivée en haut des escaliers. Je pousse une porte, celle qui est censée donner sur le pont du navire.
Mais j'ai encore plus peur de décevoir le grand homme duquel je suis issue. Alors quoi qu'il arrive, pardonne-moi.
Je suis maintenant à l'air libre, et le spectacle qui se dévoile sous mes yeux est aussi ignoble que ce que j'osais imaginer. Partout, des corps, des mourants dans des mares de sang atroces. Cette image me donne brusquement la nausée. Mais je me ressaisis vite et, levant ma dague en position de combat, me trouve prête à me battre contre quiconque attenterait contre le pavillon de mon capitaine.
Mon capitaine, où est-il, d'ailleurs ? Dans la nuée des pirates et des matelots qui bourdonne autour de moi, j'ai du mal à distinguer les visages avec précision. Les bruits d'épées qui s'entrechoquent et des pistolets qui tirent créent une mélodie confuse à mes oreilles, tant que, malgré les cris qui raisonnent constamment en écho, je serais bien incapable de dire de qui ils proviennent.
Un homme -un pirate ennemi, à en juger par son air patibulaire- ne tarde pas à me repérer. Lorsque je tourne la tête vers lui, mon regard tombe immédiatement dans le sien, et je ne peux m'y soustraire. Il est âgé, peut-être la cinquantaine : ses cheveux gris en bataille et la longue cicatrice qui lui barre le visage témoigne de son expérience à la bataille. Evidemment, cette idée m'effraie, car je sens clairement le désavantage pesé sur mes épaules, mais je n'en suis plus à ce moment où je craignais pour ma vie. Je me mets donc en position défensive, et ce juste à temps pour parer sa première attaque qui visait à me passer le fer de par le ventre.
Surprise par la force de mon adversaire, je fais deux pas chancelants en arrière. Cette petite marque de faiblesse arrache au pirate un sourire moqueur, petit sourire qu'il conserve tout en multipliant les offensives à mon insu. Je me retrouve donc vite acculée, ne pouvant que reculer sous les assauts successifs, me protégeant tant bien que mal.
Ce que je ne prends pas en compte en reculant ainsi, c'est que je ne pourrai pas continuer cette manœuvre indéfiniment. Je ne réalise cela que lorsque mon dos se heurte au bastingage, me faisant perdre mes moyens sous le choc. Cette situation, fort désagréable pour moi, parut au contraire satisfaire pleinement mon vis-à-vis. D'un geste ample pour se donner savamment en spectacle, le vieil homme pointe son épée en ma direction, posant le fer contre ma gorge.
Cette position est une humiliation complète pour moi, et bien que réduite à l'incapacité de me battre, je ne peux m'empêcher de tourner au rouge, tant la rage est intense.
Mon adversaire veut me dire quelque chose -sûrement pour m'enfoncer dans ma gêne-, et c'est la raison pour laquelle je comprends son étonnement lorsqu'il me voit lui glisser entre les doigts. Et pour cause, bloquée contre le bastingage, il ne me reste plus qu'une possibilité de salue : celle de sauter à l'eau. Ou plutôt, de faire croire que je saute à l'eau.
Je ne suis pas vraiment sûre du succès de mon entreprise. Mais à défaut de mieux, je n'ai d'autre choix que de m'y essayer. Je ferme donc les yeux, et faisant basculer tout le poids de mon corps vers l'eau derrière moi, effectue une maladroite roulette arrière, prenant appui contre le rebord du bastingage.
J'imagine sans peine le regard incrédule de mon agresseur face à ce qu'il imagine être un abandon aussi simple que suicidaire du combat que nous menions. Cependant, pour s'en assurer, il n'hésite pas à s'approcher pour constater que je suis bien tombée à l'eau. Erreur fatale. Accrochée tant bien que mal aux cordes sur la coque du navire, je n'ai pas renoncé au combat et mieux que cela : je ne suis même pas mouillée. Avant même que le vieux pirate ne s'en rende compte, je me saisis de sa tête d'une main et la cogne violemment contre le rebord du navire. L'instant suivant, il s'écroule la face vers le ciel, le dos contre le bois du pont.
Je remonte alors à bord du Morrigan. Un instant, je sens un frisson d'horreur parcourir mes veines. Aurais-je...Aurais-je tuer un homme ? Le doute me reste quelques secondes durant, avant que je ne comprenne que mon adversaire est simplement inconscient. Et pour cause, malgré le mince filet de sang coulant de sa tempe, son torse se soulève à un rythme régulier, signe qu'il est encore en vie. Malgré que ce malandrin ait essayé de me tuer, j'en suis heureuse.
- Où est le capitaine de ce maudit vaisseau ?
A ces mots, prononcés avec autant de hargne que de vulgarité dans le ton, je suis contrainte de sortir de ma brève rêverie. L'abordage est encore bien loin d'être terminé et à en juger par les paroles que je viens d'entendre, la situation n'est pas à notre avantage. En effet, l'homme qui vient de parler n'est pas Shay Comarc mais plus -je le devine à son bandeau sur l'œil et son grand sabre- le capitaine du navire pirate. Lorsqu'il a parlé, les duels autour de lui ont cessé, comme pour porter sa voix plus facilement. Je profite de cet instant de quasi silence pour chercher mon capitaine du regard. Mais je ne vois rien, rien d'autre que des cadavres entassés partout.
- Le capitaine de cette petite barque n'a donc pas le courage de se montrer ? Exhorte de nouveau le pirate avec un soupir faussement las.
Cormac...Cormac...Mais où êtes-vous, à la fin ? Notre ennemi, lui, commence à s'impatienter. Il tire alors un pistolet d'une de ses multiples poches avant de crier à la cantonade, espérant se faire entendre de notre capitaine.
- Qui que tu soies, écoute moi bien. Soit tu ramènes ta sale tronche immédiatement et je te tuerai en échange, peut-être, de la survie de ton équipage. Soit tu te terres comme un lâche et je tire sur son baril de poudre. Nous coulerons tous.
Joignant le geste à la parole, le cruel capitaine tend le bras vers le fameux baril de poudre duquel il parlait. A une vingtaine de pieds de lui, et peut-être à une quinzaine de moi. Shay, lui, demeure introuvable. Il n'a quand même pas pris la fuite, cet andouille ? Nous avons besoin de lui, besoin de notre capitaine pour nous donner des ordres et espérer nous en tirer. Mais non, il demeure invisible, le pauvre bougre !
- Et bien soit, dans ce cas...
- C'est moi que tu cherches, pirate ?
Je crois ne jamais avoir été aussi soulagé qu'à ce moment où Cormac fend la foule pour arriver jusqu'à nous. Ses traits sont tirés, fatigués par l'abordage compliqué que nous avons subi. Un peu de sang éclabousse sa figure, mais apparemment pas le sien, car notre capitaine ne semble blessé nul part. Au contraire, un léger sourire insolent flotte sur ses lèvres tandis qu'il s'approche de son ennemi. Cinq pieds à peine les séparent, et Cormac voit parfaitement le canon de l'arme pointé sur sa poitrine.
- Enfin ! S'exclame le pirate. Je t'ai attendu !
- Rien ne t'empêchait de repartir si l'attente était trop longue.
Je retiens ma respiration. Idiot, imbécile, idiot, imbécile...Ces deux mots tournent en boucle dans ma tête. Il va se faire tuer s'il joue à ce petit jeu avec ce monstre ! Et je ne veux pas perdre Shay Patrick Cormac, moi !
- Cela ne fait pas partie des options que je t'ai proposé. Lui rappelle notre ennemi avec un sourire froid, l'arme toujours braquée.
- Tu devras pourtant t'en accommoder. Réplique immédiatement le Templier. Car c'est le seul choix que je te laisse, moi.
A ces mots, le capitaine pirate éclate de rire. Je ne voix pas trop ce qu'il y a de hilarant là dedans, tendue que je le suis en observant cette scène.
- Tu crois sincèrement que tu es en position de négocier ? Lui demande de manière rhétorique notre assaillant. Mon équipage est plus nombreux et mieux armé que le tien. Nous vous avons écrasé. Et tu oses penser que tu maitrises la situation ?
Un long silence s'installe. Apparemment, Cormac n'a rien à répondre à cela. Lentement, je ne peux m'empêcher de m'avancer -fort discrètement- comme si une force m'attirait vers les deux hommes. La peur me noue l'estomac et je peine à respirer.
- Je maitrise la situation.
- Tu n'as pas cette chance.
- Je crée ma propre chance.
Les paroles, à ce stade-là, me traversent sans m'atteindre. Je ne fais plus trop la différence entre les deux voix. Une seule chose m'attire comme un papillon : le capitaine pirate qui est soudainement devenu rouge sans que je ne sache trop pourquoi. Peut-être le coup de la colère, ou d'autre chose ?
- Adieu, stupide capitaine.
Le coup de feu, porté par le pirate, fait mouche. La stupéfaction s'abat sur l'assemblée, et même sur le meurtrier, pour tout dire. Shay Cormac n'est pas tombé. Toujours droit comme un pique, son regard digne et fier se teinte d'un sentiment d'incompréhension lorsqu'il voit un corps s'interposer entre son agresseur et lui, avant de tomber sous le coup.
Et ce corps, c'est le mien.
Du reste, je me souviens très peu. Je revois Cormac se jeter sur moi, me retourner pour constater l'étendue des dégâts, pâlir en voyant ma tenue se colorer de rouge vif au niveau du coeur, ou des poumons, je ne sais pas trop. Je l'entends vaguement crier, mais j'entends très mal ce qu'il dit. Seulement quelques mots parviennent jusqu'à moi.
- Elisabeth ! Oh non, Elisabeth, idiote ! S'époumone t-il, partagé entre colère et peur.
Je n'ai pas le temps de chercher à départager ces sentiments et ferme les yeux lourdement.
?
La première fois que je me réveille, j'ai l'impression que quelques secondes à peine se sont écoulées. Mais apparemment, ce n'est pas le cas. Je... La tête me tourne furieusement lorsque je crois constater la douceur de ce sur quoi je me trouve. Un matelas, des draps, sûrement. Mais comment ? Les quartiers de l'équipage ne sont pas si confortables, que je sache. Et puis, les vagues qui ne tanguent plus, la porte... C'en est trop, je retombe tout aussi brusquement dans un sommeil profond.
La seconde fois, mon moment de lucidité est un petit peu plus long. Lorsque j'ouvre les yeux, la première chose que je remarque, c'est que je ne suis pas seule. Quelqu'un se trouve à mon chevet. Bien que je puisse le voir avec perfection, mon cerveau ne parvient pas à formuler une pensée sur l'identité de cette personne. Sa main, posée sur la mienne, la serre doucement, ce qui me rassure un peu. Je constate aussi que je me trouve dans le même lit qu'auparavant. Et je me rendors.
Novembre 1788, France
- Mon Dieu...Mon Dieu, Olympe, par tout ce..., pourquoi ?...parmi tous les êtres sur Terre,...rencontré cette fille, l'enfant de... Kenway ? Et pourquoi cette... s'est-elle donc...pour moi, l'idiote ?!
- Shay, si tu arrêtais avec tes ruminations..., nous pourrions peut-être...une discussion digne de ce nom.
- "Mes ruminations stupides" ? Mais tu ne comprends...! J'ai tué la fille de mon patron !
- Ton ancien patron, Shay. Et puis, tu ne l'as pas tuée, c'est elle qui s'est interposée entre la balle et toi.
- Qu'importe, c'est la même chose.
Peu à peu, la conversation entre les deux personnes qui m'entourent devient de plus en plus clair, et des bribes de paroles que je percevais quelques secondes auparavant, je comprends maintenant l'intégralité de leur échange. Mes yeux demeurent parfaitement clos, mais quelque part au fond de moi, la conscience a repris le dessus. Mon cerveau a quitté les brumes, et je peux maintenant reconnaître avec perfection la voix de Shay Cormac à mes côtés. De la personne qui l'accompagne, je ne sais un peu près rien, hormis qu'il doit s'agir d'une femme du nom d'Olympe, selon les mots de mon capitaine.
- Le médecin a dit qu'elle ne devrait pas tarder à se réveiller. Déclare cette "Olympe" d'une voix étrangement douce.
- Je l'espère. Réplique presque immédiatement le Templier. Ou Master Kenway va revenir du Paradis pour m'étriper !
- Il n'en aura pas l'occasion.
Ma voix est faible et éraillée par mon silence forcé des derniers jours, mais mon sourire ferme sur mon visage pâle. Mes yeux, de nouveau ouverts, se fixent sur le jeune homme devant mon lit avant de glisser sur la femme avec nous. Elle est grande, elle est belle avec sa jolie perruque blanche. Son allure majestueuse et la douceur qu'elle dégage lui donne une prestance de reine. Le genre de personne a qui je donnerais ma confiance immédiatement.
- TOI ! Rugit brusquement Cormac, une fois que l'information lui est montée au cerveau. Comment ?! Comment oses-tu ?! Me suivre, c'était déjà aller contre mes recommandations de retourner chez toi mais...T'interposer entre le pirate et moi ! Tu imagines ce qu'il aurait pu se passer ?!
Face à ces presque hurlements de la part du capitaine, qui semble avoir perdu tous ses moyens -sous le coup de la peur ?-, je n'ai rien à répondre. En bon marin, j'attends patiemment que la tempête se calme, jetant un coup d'œil désespéré à la femme près de nous pour qu'elle intervienne en quelque manière que ce soit. "Olympes" comprend bien vite ma détresse et fait quelques pas vers Cormac, le repoussant de moi d'un geste du bras.
- Calme toi donc, Shay. Il n'est pas bon de lui crier ainsi dessus alors qu'elle est tout juste réveillée. Tu risquerais de lui faire du mal. Le persuade t-elle gentiment.
Les paroles de ma bienfaitrice semble dissuader le marin de continuer. Refermant la bouche, il tourne les talons avant de faire les cent pas dans la salle. J'en profite pour remarquer que cette dernière est très luxueuse, tendu telle qu'elle est de rideaux pourpres aux fenêtres et décorée de magnifiques tableaux. Un lit, ce lit sur lequel je repose actuellement, trône au centre de la pièce. Indubitablement, je ne suis plus sur le Morrigan.
Finalement, Cormac semble prendre sur lui et, contenant sa rage tant bien que mal, lance à l'adresse de sa collègue plus que pour moi-même :
- Je vais transmettre la nouvelle du réveil de notre invitée aux autres. Et prendre l'air, au passage.
Et sur ce, il sort sans plus de cérémonie. La femme, elle, reste avec moi. Attirant vers elle le dossier d'une chaise que je n'avais pas remarquée, cette étrange reine s'assoit élégamment, me fixant d'un œil amusé. Mon sourire à moi a disparu, mais le sien apparaît en me voyant si désemparée.
- Tu dois certainement te demander ce que tu fais là. Me concède t-elle avec grâce. Et bien...Durant ton voyage clandestin à bord du Morrigan, vous avez été attaqué par des pirates. Leur capitaine a voulu s'en prendre à Cormac et, courageuse comme tu es, tu t'es interposée pour recevoir le coup à sa place. Tu t'en souviens, n'st-ce pas ? Heureusement pour toi, la balle n'a pas percé le cœur -lequel cas tu ne serais plus là- mais à frôler l'un de tes poumons. La blessure, cependant, était importante et tu as perdu une grande quantité de sang, ce qui a entrainé ton évanouissement. Shay est parvenu à stabiliser ton état jusqu'à votre arrivée quelques heures plus tard dans le port de Paris, via la Seine. Là, nous t'avons pris en charge pour te soigner comme il se devait. Le temps de ton rétablissement, notre médecin t'a prodigué des potions pour rendre ton sommeil profond et t'épargner des douleurs superflues. Tu as déliré un moment mais maintenant, l'effet de la potion a cessé et ta blessure s'est arrangée.
Je fais un geste pour me redresser sur mon oreiller, mais ce geste m'attire une grimace de douleur.
- Elle s'est arrangée, certes, mais tu n'es pas complètement guérie. S'empresse d'ajouter la jeune femme. Tu devras attendre quelques semaines avant de ne plus rien sentir.
Je souris à mon vis-à-vis pour la remercier de sa gentillesse. Une question me vient alors à l'esprit, réalisant que je n'en connais pas vraiment la réponse.
- Qui...Qui êtes-vous ? Je bégaie difficilement, la bouche encore pâteuse.
- Je m'appelle Olympe. Olympe de Gouges. Me répond immédiatement ma bienfaitrice.
- Et...Où suis-je actuellement ?
A cette question, le sourire d'Olympe s'élargie. Apparemment, elle s'apprête à m'annoncer quelque chose qui, elle le sait, me fera plaisir. Et pour cause, grâce à Shay, ma parenté avec Haytham Kenway ne lui est pas étrangère, et peut-être mes aspirations templières non plus. Ce pourquoi elle ménage son petit effet en m'annonçant solennellement :
- Au quartier général de l'Ordre des Templiers, à Paris.
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Ce chapitre m'a pris beaucoup de temps et d'énergie, mais je vais tâcher de me mettre très vite au travail pour le suivant. J'espère le poster samedi ou dimanche prochain, pour fêter le début des vacances ! (-:
A très bientôt
XXX
