Bonsoir la compagnie !
J'avais annoncé que je posterai samedi ou dimanche, c'est donc avec une certaine fierté que je poste ce soir, respectant ainsi le délai que je m'étais laissé. ^-^ Petite note à vous faire parvenir : comme je l'explique au début de ce chapitre, Elisabeth ne parle pas (encore) français. Certaines conversations lui échappent donc, et pour vous faire comprendre que ces conversations sont en français, j'ai décidé de mettre les paroles en question en gras. Concernant le long passage en italique, vous l'aurez compris, il s'agit d'un rêve, d'où les italiques (pour différencier du reste).
Nocturis : Merci beaucoup, je craignais justement d'avoir raté la scène de l'abordage, que je voulais mouvementée. Tant mieux si la réaction d'Elisabeth t'a surprise car c'était le but (-: Concernant Olympe de Gouges, j'aimerai en faire un personnage important de ma fic, car je pense que c'est vraiment une grande femme. En tous cas, elle jouera un rôle important pour Elisabeth. Quoi qu'il en soit, merci beaucoup pour ta review. Bonne lecture ^^
Disclaimers : Rien n'est à moi, tout est à Ubisoft (hormis les personnages historiques qui sont à eux mêmes). Seule Elisabeth sort de mon imagination
Novembre 1788, Paris
De tout ce qui m'a été donné de voir ou de rencontrer dans ma vie, je crois que rien au monde n'a atteint une plus haute place en mon estime que la capitale des français. Paris. Quel joli nom ! Court à prononcer, sans extravagance ridicule, le "rrr" donnant une sonorité agréable de franchise à ces deux syllabes... Parrrris. J'aime beaucoup, c'est poétique. Jusqu'ici, je n'avais jamais rencontré de mot avec pareil son. Personnellement, j'ai beaucoup de difficulté à le prononcer, car il n'a rien de naturel pour moi. Olympe m'a dit que c'est ce qu'on appelle "avoir l'accent anglais". Ca l'a fait beaucoup rire, même si pour ma part, je trouve ça plus ridicule qu'autre chose.
Mais pour tout vous avouer, cette petite affaire de "r" n'est pas ce qu'il y a de pire dans la langue française. Le pire...C'est la langue française en elle-même. Les conjugaisons, qui n'ont rien à voir avec l'anglais, la grammaire, à laquelle je ne comprends rien, et ces mots sonnants si bizarrement qui, apparemment, veulent dire quelque chose. La première fois que je les ai entendu, lors d'une balade de visite avec Cormac -ce dernier ayant relativisé sa colère à mon égard-, j'ai bien cru qu'ils n'avaient aucun sens. Mais je suppose que si, car les français semblent se comprendre entre eux lorsqu'ils baragouinent leurs inepties.
Olympe m'a un peu calmée dans mon angoisse naissant, m'assurant que si jamais je restais à Paris, elle se ferait un plaisir de m'apprendre le français. D'ici là, une chance pour moi que Cormac et ma bienfaitrice maitrisent tout deux parfaitement l'anglais, me servant pour l'instant de point d'ancrage dans cet océan d'inconnu.
Cependant, je dois bien reconnaître que Paris ne se résume pas qu'à cette douloureuse barrière de la langue. Comme je l'ai dit plus tôt, quelques jours après mon arrivée, Shay Cormac m'a proposé une petite ballade au sein de la capitale pour découvrir les lieux. En autre, mon capitaine -ou ancien capitaine maintenant- me présenta la basilique Notre Dame, le Louvre et la Palais des Tuileries. Les mots me manquent pour décrire ce que je ressentis durant ce moment incroyable. J'étais si heureuse, si enjouée, si pleine d'énergie, questionnant Cormac tous les trois pas que nous faisions !
- Rappelle-moi de te trouver un livre sur la construction du palais du Louvre. Ainsi, j'ai peut-être un espoir que tu me lâches avec tes questions.
Ceci, en langage "Cormac", est presque une marque de sympathie. Etrangement, en ces deux semaines qui se sont écoulées depuis que je l'ai rencontré au détour d'une ruelle londonienne, je me suis habituée au tempérament un peu froid et distant de mon protecteur. Bien sûr, cela ne me fait guère plaisir lorsqu'il me parle comme à un vulgaire subalterne, mais j'ai bien vite compris que derrière ses paroles exacerbées se trouvait un homme ayant de la sympathie pour moi. Sinon, pourquoi se serait-il mis dans un tel état lorsque j'avais failli me sacrifier pour lui ? Parfois, je me demande s'il en a toujours été ainsi de lui, s'il a toujours été si cinglant avec tout le monde. Je n'en sais rien, mais je suis bien déterminée à le découvrir.
Olympe de Gouges, quant à elle, pourrait être considérée comme le parfait opposée de celui qui semble, étrangement, être son collègue préféré. D'un naturel particulièrement doux et avenant comme j'en ai rarement vu, une seule chose semble pouvoir pousser à bout ses nerfs si calmes d'ordinaire : cette chose, c'est un comportement méprisant voir insultant envers la gente féminine. Et pour cause, ainsi qu'elle me l'a expliqué peu de temps après notre rencontre, il n'existe, selon elle, qu'une différence entre les hommes et les femmes : celle à laquelle on veut bien croire. Pour ma bienfaitrice, aucune inégalité naturelle ne justifie donc une quelconque forme de supériorité masculine, et encore moins ce qu'elle considère comme "des injustices sociales outrageantes". Ainsi, alors qu'elle lisait le journal un soir dans un des fauteuils du salon, je la vis se mettre brusquement hors d'elle, pestiférant contre un article qui, je puis le dire sans trop m'avancer, ne paraissait pas lui plaire.
- Tu entends ça, Elisabeth ?! Me dit-elle, ne semblant pas s'en remettre. On traine en justice une femme qui, selon l'opinion populaire, aurait "osé" tromper son mari ! Encore heureux qu'elle ose ! Dans ce pauvre pays, on marie les jeunes filles par arrangement entre familles, et on leur fait des ennuis lorsque le véritable amour prend le dessus !
Pour ma part, je dois bien avouer que je partage les colères d'Olympe, dans ce genre de cas. D'ailleurs, il semblerait que je ne sois pas la seule à me ranger à ses revendications, Cormac m'ayant brièvement expliqué un jour que, dans l'ordre des Templiers, il n'était fait aucune différence entre les membres selon des critères de genre. Ainsi, une femme -autant qu'un homme- peut gravir les échelons si elle s'en montre méritante et capable. Ces quelques mots m'ont fait sourire, car je n'oublie pas la raison pour laquelle je suis à Paris. J'ai une mission à accomplir, et même si cela doit me prendre toute ma vie, je veux devenir Grand Maitre de l'Ordre.
Bon, soit, avant cela, il serait tout de même mieux que je parvienne à intégrer ce dernier. Et pour cause, même si je vis depuis près de deux semaines sous leur toit, je ne suis pour l'instant qu'une simple hôte, et non un membre officiel de la communauté. Pour cette raison, beaucoup de choses me sont cachées : je n'ai pas le droit de m'aventurer hors de ma chambre seule dans le quartier général, l'identité des Templiers (hormis celles de Cormac et d'Olympe) ne m'est pas révélée...
- Estime-toi heureuse. M'avait glissé Cormac dans un sarcasme. Il n'est pas dans nos habitudes de garder une étrangère à l'Ordre au sein même de nos locaux. Seulement...Nous ne pouvons te renvoyer car nous ne nous voyons pas mettre à la rue la fille du défunt Master Kenway.
Pour une fois, j'aurai aimé ne pas être la fille d'Haytham Kenway (pardon Père !) pour être acceptée non pas comme la fille de ce dernier, mais plutôt en tant qu'Elisabeth. Je me revois pousser un long soupir à ces paroles, avant de déclarer à mon protecteur que j'allais me coucher.
- Père, dites-moi...Comment est-ce qu'on devient Grand Maitre de l'Ordre ?
Père. Mon Père. Mon cher et unique Père. Là, devant moi, dans sa belle tenue que je lui ai toujours connu, avec son joli tricorne. Une partie de moi, la partie consciente que tout ceci n'est qu'un rêve aimerait me jeter sur lui pour le serrer dans mes bras et profiter de ces courtes retrouvailles. Mais je n'y arrive pas. Je n'y arrive pas car mon rêve est plus fort que ma pauvre conscience que tout ceci n'est pas réel. J'oublie donc que mon Père est mort, j'oublie que j'ai 15 ans et que je me trouve à Paris, et ne suis plus que la petite Elisabeth, à New-York, assise sur les genoux de son papa.
- Et bien... Vois-tu, ma belle, il faut d'abord devenir un simple Templier. Cela commence par un entrainement long et difficile. Cela peut durer parfois une année entière. Durant cette année, tu es confiée aux soins d'un mentor, qui se charge de t'apprendre ce qu'il y a de bon à savoir. Puis, lorsqu'il juge que tu es une bonne apprentie, tu es intronisée dans l'Ordre.
- Et ensuite ? Je demande, fort intéressée par ce qui m'est révélée.
- Ensuite...Il faut parvenir à faire ses preuves dans les missions qui te sont confiées. Plus tu les exécutes avec brio, plus tu gagnes la confiance de tes supérieurs et tu montes les échelons. Le dernier est celui de Grand Maitre. Mais une condition doit être remplie pour cela.
- Laquelle, Père ? Je questionne de nouveau, faisant le plus grand calme pour entendre la réponse qui sollicite toute mon intention.
- Il faut que le précédent Grand Maitre, en l'occurrence moi-même, soit mort. Répond mon Père avec une moue de tristesse.
Un grand froid suivit ces paroles. Mon regard reste planté dans celui de l'homme que j'admire tant tandis que mon cerveau, lui, fonctionne sans relâche. Mais quelque chose m'échappe.
- Je ne comprends, Père. Je me contente d'avouer, un peu perdue dans mes pensées.
Mes quelques mots arrachent un sourire forcé à mon cher paternel, qui enchaine bien vite :
- Ce n'est pas bien grave, tu as toute la vie devant toi pour comprendre. Et j'espère bien que tu t'y retrouveras confrontée le plus tard possible.
- Mais c'est quoi, "mort" ? J'insiste, véritablement curieuse.
Ma question semble plonger mon Père dans un profond embarras, car il baisse les yeux et ne répond pas immédiatement. Dans le salon, le tic-tac de l'horloge semble faire plus de bruit, tout comme nos respirations. Je ne réalise pas combien je devrais être heureuse de voir le souffle s'échapper des lèvres de mon Père, souffle qui devrait, à l'heure qu'il est, avoir cessé d'être. Quant à ces grands yeux remplis d'amour à mon égard, je ne prends pas assez le temps d'en profiter, ne me rappelant guère qu'aujourd'hui, ils n'existent plus. Enfin, ces fortes mains qui me pressent le dos pour me maintenir contre lui me font l'effet de quelque chose de magique, mais de parfaitement quotidien, ce qui n'est bien sûr plus le cas.
- Etre mort, chérie, c'est quand quelqu'un chose disparaît en nous et s'en va quelque part où elle ne souffre plus.
- Ca veut dire que tu vas t'en allé ? Que tu vas me laisser tomber ? Je demande, soudain sur le qui-vive.
Là, s'en est trop pour mon Père. Son sourire devient tremblant, et je vois de moins en moins d'assurance dans ce regard d'habitude si serein.
- Il le faudra bien, un jour, ma grande. Mais tu t'en sortiras, car tu ne seras pas seule. Il existe plein de monde, et ils seront là pour toi lorsque je ne le serais plus.
- C'est toi que je veux, pas eux...
Mais il est trop tard, ma conscience a définitivement repris le dessus, m'arrachant définitivement à la chaleureuse atmosphère de ma maison new-yorkaise et au bras de mon Père. Non ! Non ! Je veux me rendormir, retrouver ce que je viens juste de quitter et qui me semble pourtant déjà loin ! Je veux pouvoir dire à Haytham Kenway ces quelques mots que je n'ai pas eu le temps de lui prononcer. Non...
Mais il est trop tard. Plus exactement, il est trop tard depuis le 21 septembre 1781. Malgré moi, je sens les larmes me monter aux yeux, larmes que je peine à contenir. Mon regard balaie l'environnement autour de moi : je suis dans ma chambre du quartier général, la même dans laquelle je me suis réveillée à mon arrivée ici. Tout est plongé dans une obscurité telle que je devine sans peine que nous devons nous trouver au beau milieu de la nuit.
Un détail attire soudain mon intention. Un détail minuscule qui aurait pu paraître parfaitement inaperçu si mes yeux n'étaient pas tombés sur lui à cet instant précis. Une toute petite raie de lumière qui passe sous ma porte et disparaît dans le couloir aussi brusquement qu'elle n'est apparue. J'ai toujours été une jeune fille particulièrement curieuse. Et à ce moment-là, la curiosité prend un tel pas sur ma douleur lancinante de mon rêve passé qu'il me semble oublier complètement ce dernier et je me lève d'un bond. Puis, ouvrant avec mille précautions la porte en bois de ma chambre, j'ai juste le temps d'entrapercevoir Cormac, une bougie à la main, tourner au détour du couloir.
Je n'hésite pas un instant. En faite, il serait plus juste de dire que je ne réfléchis pas un instant. Lui emboitant un pas de loup, je laisse entre nous une distance de sécurité suffisante pour ne pas me faire remarquer, tout en prenant en compte la discrète lumière de sa bougie -il serait stupide pour moi de me faire repérer à cause de mon ombre-. Ainsi, il ne nous faut pas deux minutes pour arriver jusqu'à une porte que Cormac pousse pour entrer dans une nouvelle pièce. Je n'ose pas l'y suivre, car j'ignore si d'autres personnes se trouvent à l'intérieur. Bientôt, je me dis que j'ai bien fait, car au moins quatre différentes voix me parviennent, signe que...Attendez, c'est bien un conseil qui se tient à l'intérieur ?! Génial !
Lentement, doucement, je laisse mon dos glisser contre l'un des murs du couloir, me positionnant de telle manière à me fondre dans l'obscurité, tout en gardant un œil sur une partie de ce qui se passe à l'intérieur, Cormac ayant laissé la porte entrouverte derrière lui. De là où je suis, je peux voir mon "détestable" protecteur et l'un de ses collègues -un grand, blond et un peu gros-, échangeant tout deux avec des interlocuteurs que je ne distingue pas. Le sujet de leur conversation m'échappe. Ou tout du moins pour l'instant.
- Shay, je doute que ce soit là une bonne idée dont vous nous faites part. Avance calmement une voix dont je ne peux voir le propriétaire.
- Ecoutez, je sais que vous êtes quelqu'un de sage, que vous ne voulez que le bien de l'Ordre et de l'Humanité, mais je vous prie de me croire...Réplique Cormac d'une voix se voulant convaincante. Je la connais depuis quelques temps maintenant, et j'ai pu juger de sa motivation, de son courage. Elle sait ce qu'elle veut, et je suis certain qu'elle pourrait être un bon élément pour l'Ordre si on lui laissait l'intégrer et qu'on lui dispensait l'entrainement...
"Elle", "Qu'on lui laissait l'intégrer" ?! Mais... Suis-je en train de rêver, ou je ne me fais pas d'illusions ? Ils sont en train de parler de moi ! Je peine à conserver un calme olympien et trépigne sur moi-même, tentant de me déplacer pour voir davantage la scène. Mais je ne peux m'y résoudre, de peur de me faire remarquer.
- Je comprends les raisons que vous avancez là, Shay. Mais réfléchissez un instant. Vous nous avez déclaré qu'elle était l'enfant de Master Kenway, mais où est sa mère ?
- Morte, je crois. Répond sans hésitation mon protecteur.
- N'a t-elle donc pas un tuteur légal ? Quelqu'un a qui demander l'autorisation de prendre la petite sous notre aile ?
- Elle a vécu un temps chez sa tante, en Angleterre. Mais me rencontrant durant la mission que vous m'aviez confié, Elisabeth a choisi de s'enfuir à bord de mon bateau pour rejoindre l'Ordre.
L'homme en face de Cormac -et hors de ma vue- ne répond pas immédiatement. Me basant sur le profond respect que semblait lui témoigner le capitaine, je peux avancer sans trop me risquer qu'il doit s'agir d'un haut gradé, peut-être même du Grand Maitre. Qu'importe ! En cet instant, je ne veux qu'une chose : l'entendre accepter ce que Cormac lui demande !
- Ecoutez, Shay, j'ai un mauvais pressentiment. Cette fille, de ce que vous m'en avez raconté jusqu'ici, me semble très impulsive et un peu tête brûlée. Son comportement risque de présenter un danger pour l'Ordre...
- Je vous assure que non, Master. Et puis, si vous me laissiez prendre en charge son entrainement, je vous promets de faire d'elle une Templière que vous ne regretterez pas.
Un soupir parvient jusqu'à mes oreilles. Un très large sourire fend alors mon visage. Le supérieur vient de céder.
- J'espère pour vous que vous avez raison, Shay. Je vous fais confiance. Occupez-vous donc de cette petite Kenway si cela vous tient tant à cœur, mais jurez moi que vous ne lui ferrez pas plus de fleurs sous le seul prétexte qu'elle est la fille d'Haytham.
- Je vous le jure.
Je réalise soudain qu'il est tant pour moi de me retirer, avant que Cormac ne fasse de même et me découvre derrière la porte. En un fragment de seconde, je suis de nouveau debout et me mets à courir comme une folle en direction de mes quartiers, ceci sans le moindre bruit, bien entendu.
Lorsque je repousse la porte de ma chambre, je peine à ne pas lâcher un cri de joie. Par contre, je ne nie pas avoir fait quelques pas ridicules avant de me laisser tomber sur le lit. Templière ! Mon rêve va enfin s'accomplir ! Cormac va me prendre comme son apprenti !
Sans même me glisser sous les couvertures, je ferme les yeux avec un grand sourire. Je ne les rouvrirai que le lendemain matin.
- Allez, debout là-dedans !
La voix du capitaine du Morrigan me tire très brusquement de mes rêves -rêves où n'apparaissent malheureusement plus mon cher Père. Je réalise alors que je n'ai pas bougé durant mon sommeil : je suis toujours allongé sur le dos, souriant tant que mes joues m'en font mal. Je me demande un instant pourquoi je souris comme ça. Mais lorsque la réalité de la veille -ou plutôt, de la nuit- me revient en mémoire, mon sourire s'élargit d'autant plus. Je me lève immédiatement, criant d'une voix tonitruante :
- Une seconde !
Je crois ne jamais m'être habillée aussi rapidement que ce matin. Moins de deux minutes plus tard, je me trouvais vêtue de mon habituel pantalon de toile marron et de ma chemise blanche usée. Ouvrant la porte d'un geste vif, je faillis me heurter à un Cormac souriant, mais d'un sourire sarcastique :
- Bon, inutile de m'étaler sur ce qui s'est passé cette nuit, tu dois connaître la nouvelle, puisque tu as fait preuve d'un comportement insolent en osant me suivre au conseil.
Je n'avais pas encore ouvert la bouche, il vient de me la clouer pour de bon. Intimidée, gênée de m'être fait repérer si facilement par mon tout nouveau mentor, je ne sais pas quoi dire pour me faire pardonner, et craint que ma formation ne s'arrête avant même d'avoir débutée.
- Sache que j'aime ce comportement insolent. Il te mènera loin, si seulement tu apprends à t'en servir à bon escient.
Je souris à Cormac qui, pour la première fois, me rend mon sourire. Il ne faut cependant pas que je m'y habitue, car il disparaît bien vite.
- Allez, viens vite, j'ai tout le quartier général à te faire visiter et mes collègues à te présenter.
C'est parti.
Je n'aurai jamais cru que derrière une si petite façade puisse se dissimuler tant de pièces, tant de secrets et de merveilles. En faite, je crois surtout qu'il me faudra plusieurs mois avant de me repérer parfaitement dans ce dédale de couloirs que constitue le QG des Templiers. Ou plutôt, notre QG, car je fais maintenant parti de l'Ordre, comme je l'ai toujours rêvé.
Je dois bien avouer que pour l'instant, rien ne saurait être plus génial que ce qui est en train de m'arriver. De Jennifer Scott, d'Edward, je n'ai plus aucun souvenir, ou tout du moins plus aucun remord. Tout ce qui compte, c'est l'instant présent, et le futur que j'entrevois au sein de l'Ordre. Je me doute bien que les choses ne seront pas toujours aisées, mais je suis prête à tout pour évoluer dans cette nouvelle grande famille et pour montrer à tout le monde que j'ai ma place ici.
Ce premier matin, ou plutôt cette après-midi maintenant, car la journée passe vite, je disais donc que cette après-midi marque pour moi le début de quelque chose que j'espère grand. Shay Cormac, après m'avoir fait visité les lieux dans leur intégralité, décide, comme il me l'avait annoncé à mon réveil, de me présenter à ses collègues. Ceux-ci sont regroupés dans une grande salle d'un salle baroque magnifique, certains discutant en petits groupes, d'autres consultant des cartes où, j'imagine, ils prévoient leurs missions.
- Camarades, je vous présente Elisabeth Kenway, ma nouvelle recrue.
Parmi toutes ces têtes, je crois apercevoir l'homme blond un peu gros de cette nuit. Lui, ainsi que tant d'autres, me serrent la main et m'accueillent avec de grands sourires de bienvenues. Je crois qu'il s'appelle Alfred, mais j'ai un doute. Trop de prénoms à retenir en trop peu de temps.
Un homme un petit peu singulier attire davantage mon attention. Très propre, très soignée, sa jolie perruque blanche recouvre élégamment sa tête tandis qu'une veste vert bouteille lui couvre le buste. Et pourtant, malgré cette tenue qui pourrait dégager une certaine noblesse, ce personnage n'a rien de grandiose. Et c'est exactement cela qui le rend intéressant et... Lui confère une forme de noblesse supérieure.
Affaissé sur une table, seul au milieu des groupes, il me semble qu'il est en train de griffonner des formules compliquées sur une feuille volante. En le voyant ainsi, je n'ai qu'une envie : m'approcher pour voir ce qu'il étudie ainsi, et étudier avec lui. D'ailleurs, il me fait l'effet d'un superbe génie.
- Le Chimiste, tu nous entends depuis ton monde ? Lui lance Cormac, en se moquant gentiment.
L'homme plongé dans son travail relève soudain la tête. En nous voyant, le capitaine et moi, il nous sourit et se lève avec grâce pour s'approcher de nous. Je remarque alors qu'il doit faire à peu près ma taille, même si sa carrure élancée le fait paraître plus grand.
- Je te présente ma nouvelle apprentie, Elisabeth. Lui annonce mon mentor d'un ton amical.
- Enchanté, jeune fille. Déclare en retour le "Chimiste". Je m'appelle Antoine. Antoine Lavoisier.
Même si je ne comprends pas toute la phrase prononcée par mon interlocuteur, le dernier nom suffit à me faire réaliser qui se tient en face de moi. Mon cœur loupe un battement.
Voilà pour aujourd'hui. C'est plus court que les chapitres précédents, mais c'est déjà pas mal, non ?
N'hésitez pas à laisser des reviews, ça fait toujours très plaisir, et je me fais un devoir d'y répondre ^-^ De plus, ça me motive davantage à écrire, je vous l'avoue. D'ailleurs, je pense partir sur un rythme de publication chaque dimanche, en espérant m'y tenir.
Bonne semaine, et joyeuses fêtes si on ne se revoit pas avant !
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