Le four à pain.

Balthazar Octavius Barnabé Lennon, un grand nom pour un petit garçon frêle et fragile. L'enfant vivait dans une boulangerie avec sa mère et son beau-père. Avant que le soleil ne se lève, le petit demi-diable se dirigeait vers les fours à pain. Marchant sur la pointe des pieds, il voulait faire une surprise à son père adoptif.

Il avait acquis depuis peu la maîtrise des flammes depuis quelque temps. Eduard de Silverberg lui avait enseigné la méditation et surtout la concentration sur les flammes.

L'enfant avait testé sur des légers feux de cheminée, toujours avec l'aval du paladin de la lumière, ou la surveillance de Florence, la matriarche des nomades. Jamais seul.

C'était la première fois qu'il descendait dans la boulangerie, là où était l'atelier à pain afin d'essayer ses pouvoirs. Il connaissait les risques. Il voulait bien faire. L'enfant se planta devant un des fours. Il alla chercher le nécessaire pour créer des braises avec la flamme d'une bougie qui l'avait permis de le guider dans la nuit. Il chercha quelques bûches pour mettre dans le four. Doucement, il plaça la bougie auprès des bûches. Il s'assit non loin, tendit les mains et se concentra sur la flamme. Il voulait la faire bouger. La transférer d'un endroit à un autre. De faire brûler le bois. Il ne voulait pas générer de flammes, juste les contrôler.

L'esprit du petit garçon se tendit. Il essaya d'imaginer le chemin d'un point A à un point B pour la flamme. L'étincelle bougea lentement, elle s'éloigna de la mèche de la bougie pour danser doucement vers le bois, Bob sentait la chaleur des flammes, le pétillement du brasier sous la pulpe des doigts, il ressentait la vie de cette flamme.

La sueur perla le long de son visage pour finir sa course dans le cou, quand le foyer se mit à s'allumer d'une douce flamme.

Le brasier s'intensifia, sans être trop puissant, il ne devait pas devenir un enfer sur terre. La bougie s'était éteinte, n'ayant plus de feu pour illuminer le sol où était assis Bob en sueur. Il entendit le bruit de pas lourd de son père adoptif. Un sourire se dessina sur son visage, il avait réussi sa mission sans brûler autre chose que le bois du foyer, sans mettre le feu à toute la maison. Seul, comme un grand. Il leva la tête pour voir le visage de son père adoptif, à la fois surpris et en même temps si doux envers lui.

"Qu'est-ce que tu fais levé à cette heure ci ?"

Bob tendit le doigt vers le foyer l'air heureux, bien qu'essoufflé par son effort.

"Le four est allumé papa. Tu pourras préparer ton pain. Il pourra bien cuire et comme ça tu n'auras pas besoin de t'occuper des flammes. J'ai réussi à l'allumer comme un grand."

N'importe quel parent qui était au courant que son fils était un demi-démon se serait énervé de le voir développer à un tel rythme ses pouvoirs. Mais Léonard n'était pas ce type d'homme. Il avait confiance en Edouard et en son fils adoptif Bob. Il attrapa l'enfant qui était exténué dans ses bras, pour le porter.

"Merci, tu as bien travaillé. Maintenant, je vais te ramener dans ta chambre. Ta mère viendra te réveiller un peu plus tard."

Bob se laissa faire, la tête sur l'épaule de son père, les yeux mi-clos, il sentait la chaleur du corps de cet homme fort et puissant, à la fois doux et sévère. C'était ces petits moments qu'il voulait partager avec son paternel adoptif. Ils ne pouvaient pas forcément passer beaucoup de temps ensemble, mais cet instant, c'était le leur. Quand Léonard l'emmener dans son lit, le bordait et finalement lui posait un léger baiser sur son front, en lui murmurant.

" Fait de beau rêve mon petit Bob."

Fin