Chapitre 2 : Trouver la solution.
La neige tombait en gros flocons sur la plaine, au sein du cratère. En règle générale, ce ne sont, pour le commun des mortels des ronds blancs qui tombent du ciel et s'effacent au contact de la main, cependant, pour nos aventuriers miniaturisés en jouets, l'apparence des flocons est plus complexe. Des cristaux de formes différentes qui viennent s'assembler sur le sol gelé et former une couche épaisse de cristaux. Comme des feuilles que l'on assemble les unes sur les autres pour fabriquer un tapis.
Pourtant, leur plus grande préoccupation n'était pas ce tapis classieux.
« Alors, l'un d'entre vous a une idée sur la raison pour laquelle on a été transformé et comment reprendre forme humaine ? » souffla Théo, qui portait B.O.B sur son dos
« Pour ta première question tu sais comment on a été transformé, imbécile de paladin qui ramasse tout et n'importe quoi ! » râla la poupée de porcelaine. « C'était un objet maudit et à cause de toi, nous sommes tous dans cet état. J'ai ouï dire par des anciens de l'académie, que de tels objets n'était pas à prendre à la légère. Par ailleurs, nous n'avons pas beaucoup de temps pour reprendre nos formes humaines. Souvent, la malédiction doit être brisée dans les trois jours qui surviennent après le sort. »
« Autrement dit, avant le 25 décembre. » récapitula Mani, resté derrière Shinddha.
« Mani, vas-tu me lâcher à la fin ! » soupira Shin en forme de poupée de paille.
« Bien. On sait le pourquoi. On sait dans combien de temps on doit agir. Maintenant, la question existentielle B.O.B c'est de savoir comment on retrouve nos formes humaines ! » demanda Grunlek dans un bruit de mécanisme rouillé.
« Désolé, mes théories se limitent à savoir quels sont les objets. Malheureusement, je n'ai aucune connaissance dans l'exorcisme de ces sorts. »
« Qu'est-ce qu'on vous apprend à l'école de magie. » enchérit Théo.
« Déjà à ne pas récupérer un objet comme celui-ci, bougre d'imbécile ! » s'énerva le demi-diable contre le soldat de plomb. « Et puis l'exorcisme c'est davantage dans ton église qu'on l'apprend que chez moi ! »
Théo se mit à bouder, comme si une corde sensible avait été touchée. Le paladin chercha un soutien envers Mani. L'elfe de laine resta prostré derrière le demi-élémentaire.
« Moi, je n'ai pu que déceler la magie qui en émanait. Ce n'est pas quelque chose que je sais désamorcer. »
« Je crois me souvenir de quelques récits anciens sur le sujet. » souriait Aldo dans sa forme de marionnette de bois.
« On t'écoute. De toute manière cela ne peut pas être pire que notre paladin. » engagea B.O.B.
« Dans des récits immémoriaux, on raconte que des bandits auraient volé un jouet à un jeune mage, il l'aurait préparé pour son petit frère, un objet magique rien que pour lui tenir compagnie. Les bandits se préparaient à vendre l'objet, quand ils entendirent l'objet rire. Le sort pour tenir compagnie à l'enfant n'était destiné qu'au membre de la famille du mage. Inquiets, les bandits auraient tenté de détruire l'objet et se sont trouvés envahi par une étrange lumière. Ils se réveillèrent comme nous, changés en jouets. Ils avaient un temps limité pour essayer d'effacer leur crime. Pour cela, ils devaient trouver un enfant qui acceptait de les prendre comme jouet et de leur donner un nom avant le temps imparti.
Deux des trois voleurs crurent à une mauvaise plaisanterie du magicien et tentèrent d'utiliser leur forme de jouet pour entrer dans les villes et villages, dans les maisons afin de voler le plus d'affaires et de richesses. Ils pensaient qu'après le temps imparti, ils reprendraient forme humaine.
Seul, le plus jeune, Mokono avait peur de cette magie, il s'éloigna de ses camarades pour tenter de se faire adopter par des enfants. Il parcourra les rues et les maisons, avant de tomber dans la maison d'un bûcheron. Là, une petite fille accueilla Mokono. Le voleur ne raconta pas son crime et lui promit d'être son ami, de s'amuser avec elle, de la faire rire du mieux qu'il le pouvait. La petite fille du bûcheron accepta. Ils discutèrent, jouèrent à des jeux pendant le temps imparti. Puis un jour, l'enfant vit que son jouet ne marchait plus, qu'il parlait difficilement. Elle était triste et lui mit un ruban pour en faire une écharpe et l'appela par le nom qu'elle avait choisi : Chiyoko.
A cet instant, le voleur reprit forme humaine devant la petite fille épatée. Il lui promit à elle et sa famille de les servir sous le nom de Chiyoko, de ne plus être un voleur et de les aider dans les tâches quotidiennes. La famille l'accueilla comme un membre de leur maison.
Quant aux deux autres voleurs, après le temps imparti, ils devinrent à tout jamais des jouets. Le mage les récupéra et les offrit à son petit frère. »
Un frisson parcourait l'ensemble des échines des jouets. La menace de rester sous cette forme à tout jamais terrifiés certains, comme Shinddha ou Mani. Grunlek était déjà en train de réfléchir au temps à parcourir avant la prochaine ville. B.O.B soupirait en sachant qu'ils devraient tenter de convaincre des enfants à leur donner un nom et un ruban.
« C'est quoi cette histoire pour les mômes. Tu vas pas nous faire avaler que si dans trois jours on ne trouve pas un gosse, on restera des jouets à tout jamais. » S'énerva Théo, incrédule face à cette histoire.
« Euh… Théo, je dois te rappeler plusieurs points. Le premier : regarde la composition de notre équipe. Nous avons un demi-élémentaire d'eau, un demi-diable, un elfe, un nain et un immortel, déjà, ça ce n'est pas dans la norme, c'est quelque chose d'incroyable qu'un humain comme toi arrive à entrer dans un groupe aussi hétéroclite. Deuxième point : tu lances de la foudre, mon gars, Shinddha forme de la glace, Mani fait voler par le pouvoir de la pensée ses lames, Aldo peut passer ses couteaux dans l'espace et le temps et moi, je peux me transformer en diable et cramer toute une forêt. Enfin, troisième point : ON EST EN JOUET !
Alors comment tu peux dire que cette histoire ne soit pas crédible ? Je te rappelle qu'il y a quelques minutes, on était tous en forme humanoïde et qu'après avoir touché un jouet nous sommes devenu des objets vivants ! Alors permet moi de te dire que oui, je crois que dans ces contes il y a une part de vérité ! Et avec les informations de l'académie des mages, on sait que le délai pour reprendre nos formes humanoïdes est de trois jours. »
Le paladin de plomb se tu, il se sentait coupable et boudeur, il ne voulait pas accepter que le diable eût raison, qu'il avait commis une faute et que le seul moyen de les aider est d'aller trouver un enfant., d'être adopté par lui. Théo n'aimait pas vraiment les enfants. Il l'avait prouvé par ailleurs, avec le coup de bouclier sur la petite fille.
« D'après mes informations et notre taille. Je peux estimer qu'il nous faut environ… » commença Grunlek avant de se figer une nouvelle fois.
« Shin, Mani. La clé. » Soupira Aldo.
Les deux désignés se postèrent derrière le nain mécanique pour remonter l'instrument et ainsi connaître la fin de la phrase de Grunlek.
« deux jours pour arriver dans le village voisin, si on chevauche les araignées de Mani. Par contre, je ne pourrais pas vous affirmer qu'il y a des enfants. »
« Bien, alors ne tardons pas. Mettons-nous en route. » souffla Théo avant de s'approcher d'une des créatures de l'elfe.
Les cinq araignées se mirent en position pour être montées. Toutes étaient reliées à une mèche de Mani, ainsi aucun des membres ne pourrait être perdu. Les araignées devaient toutes se suivrent. Mani monta sur Gawé et prit la tête du convoi, Théo monta sans aucun souci sur Gae, Shinddha et Aldo lui passèrent B.O.B afin qu'il puisse être attaché au paladin et ne pas tomber de la monture. Grunlek grimpa avec douceur et un grand respect sur Nina, Shinddha préféra s'accrocher à Clem et Aldo chantonna en s'approchant d'Ake.
« Allez mes amies, en avant pour l'aventure. »
A suivre...
