Mon premier Noël avec toi.
Cela faisait quelques mois déjà que tu es avec nous. Un petit être frêle et fragile et pourtant bien présent.
Tu es pour moi, la plus grande merveille du monde. Une étincelle dans la nuit. Une étoile brillante et me souriant dans cette douce nuit d'été à la Réunion.
Noël va bientôt arriver. En métropole Française, le froid a surement fait des ravages. Et peut-être que mon collègue et ami Bob est sous la couette en train de trembloter de froid et de fièvre.
L'idée reste dans mon esprit un instant, avant de revenir au sujet principal : toi. Ma petite étoile dans ce ciel d'hiver. En ce soir de Noël. Ton premier Noël avec nous.
Ta mère, ma femme est joyeuse. Elle chantonne quelques chants de Noël en préparant ton biberon et notre repas. Ce soir, pas de grande fête en famille. Nous nous retrouverons un peu plus tard. Cette soirée, nous voulons la passer qu'avec toi.
Tu ne t'en souviendras peut-être pas. Mais qu'importe. Nous souhaitons rester ensemble. Dans notre famille. Notre cocon du soir.
Le repas est simple mais délicieux. Tu avales goulument ton repas également. Je laisse ta mère se reposer. Je la retrouverai plus tard dans le canapé. Je te prends tendrement dans mes bras. Tes yeux commencent à s'humidifier avec des larmes aux coins des yeux. Quelque chose te rend triste. Peut-être une peur nocturne ? Peut-être que tu souhaites que je te change.
Je m'occupe immédiatement de tes petites fesses toute choupi. Lingette, couche, et petits gants de toilette. Je commence à prendre le coup de main.
Une fois toute propre et habillée, on se dirige dans ta chambre. Elle n'est pas bien grande, mais suffisamment pour que tu puisses t'épanouir et vivre de longues années à l'intérieur.
Tu t'accroches à moi, avec ta force de bambin sur mon t-shirt. Tu me regardes avec des yeux suppliant.
Tout doucement, je m'assois sur une chaise à bascule. Et en regardant le ciel à l'extérieur je me mets à chanter maladroitement.
« Une berceuse touche,
Tes oreilles douces.
Pour t'emmener,
Dans tes rêves.
Une douce étreinte,
Mi aim a ou.
Jusqu'à nos retrouvailles. »
Je te répète cette comptine en douceur. Pas d'autres paroles, juste celle-ci. Tu te berces. Tu t'endors dans mes bras avec un petit sourire malicieux. Je tourne légèrement ma tête pour voir ma femme, ta maman, qui me regarde au coin de la porte, l'air attendrie.
« Vous êtes adorable tous les deux. Je vais aller chercher l'appareil photo. Ne bouge pas, Gabriel. »
FIN.
