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3. Ne demande pas.
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« Bonsoir, Dean, » fit la voix de Castiel après que celui-ci soit entré dans la chambre du chasseur. Ce dernier lui sourit, incapable d'empêcher ses yeux de regarder l'autre de haut en bas, de bas en haut. Puis, quelque chose l'électrisa à l'intérieur de son esprit, comme s'il avait reçu un coup de taser, comme s'il venait d'être réprimander pour avoir mal agit. Alors, il détourna rapidement les yeux et s'éclaircit la gorge.
« Salut.
- Tout va bien ? » demanda l'autre en remarquant son changement d'attitude.
Dean regarda à nouveau Castiel pour voir que celui-ci s'était rapproché, n'étant maintenant plus qu'à un ou deux pas de lui. Il déglutit difficilement alors que ses yeux peinaient à se détacher de la peau de son cou, visible à travers le col ouvert de sa chemise. Il hocha deux fois lentement la tête.
Ce soir, sans raison aucune, son esprit lui demandait une justification pour vouloir embrasser la peau tendre présentée à lui, lui demandait une excuse pour tout ce qu'ils avaient pu faire avant, pour tout ce qu'il les avait imaginés faire. Même si cela faisait des semaines que Castiel s'introduisait sans bruit dans la chambre de Dean la nuit, autant de temps qu'ils avaient commencé à dormir ensemble, serrés l'un contre l'autre, ils n'avaient jamais été très 'loin'. Du moins pas aussi loin que Dean voulait aller. Ils s'étaient touchés l'un l'autre, avait goûté du bout de leur doigts chaque centimètre du corps qui reposait contre le leur comme on découvre un nouveau territoire, observant les réactions de l'autre, ce qui le faisait frémir, où la peau était la plus tendre et la plus sensible. Et Dean avait adoré ça.
Et il y avait tellement pensé, aussi. Les soirs où il était seul, lorsqu'il n'avait rien de spécial à faire, lorsque Castiel n'était pas là, lorsqu'il était là mais qu'il devait faire comme s'il ne rêvait pas de juste l'attirer près de lui et de pouvoir à nouveau goûter le parfum de ses lèvres, juste au cas où celui-ci aurait changé, juste pour être sûr. Il imaginait ce que l'ange pourrait lui faire, ce que lui pourrait lui faire. Il voulait savoir ce que cela faisait d'être à l'intérieur de lui. Il voulait – peut-être encore plus – savoir ce qu'il ressentirait à l'avoir en lui.
Mais à cet instant précis, son esprit lunatique voulait le forcer à trouver une raison de vouloir tout ça, d'avoir fait tout ça. Et l'envie n'était apparemment pas une réponse suffisante.
Castiel s'assit à côté de lui et posa une main sur sa joue pour tourner son visage vers lui. L'ange avait les sourcils froncés et étudiait Dean comme s'il était un livre ouvert, ce qui mit immédiatement l'homme mal à l'aise. Mais il n'essaya pas de s'échapper, attendant simplement le bilan de son étude.
« Tu … » commença Castiel avant que quelque chose ne change dans son regard. « Est-ce que tu veux que je parte ? » demanda-t-il en retirant sa main du visage de l'homme, commençant déjà à s'écarter de lui.
Oui. Non. Tout sauf ça. Oui, pitié. J'ai trop peur. Non, oui, peut-être, ne demande pas.
Castiel fronça les sourcils devant le débat intérieur de Dean qui se peignait sur son visage.
« D –
- Laisse-moi t'embrasser. »
Castiel sembla surpris de ses mots, clignant plusieurs fois des yeux comme s'il voulait s'assurer qu'il avait bien la réalité sous les yeux. Puis, ses muscles se détendirent et il hocha doucement la tête avec un doux sourire.
Mais Dean était paralysé sous ce regard qui contenait le ciel d'un jour d'été et pourtant toutes les étoiles de la nuit. Il était rempli de tellement de quelque chose que Dean n'osait pas prendre pour de l'affection, ne formulant même pas le mot amour, parce qu'il fait trop peur.
« Ferme les yeux, » demanda-t-il en murmurant. Ils étaient trop pour lui seul.
Alors, l'ange ferma les yeux et il était soudainement plus simple de réfléchir et de ne plus se laisser submerger. Il s'approcha lentement de Castiel, comme si c'était leur premier baiser, comme si c'était le premier de leur vie entière et que c'était si terrifiant qu'il devait prendre son temps. Parce qu'après tout, ils n'avaient aucune idée de ce qu'ils faisaient alors ils pouvaient prendre tout le temps du monde.
A moins d'un centimètre des lèvres de Castiel et alors qu'il sentait son souffle brulant ricocher sur les douces lèvres qui s'entre-ouvraient, il ferma les yeux et l'embrassa. Ils avancèrent lentement, à tâtons, redécouvrant ce geste comme pour la première fois. Et comme à leur premier baiser, lentement, ils accélérèrent et prirent de l'assurance, pénétrant avec sûreté la bouche de l'autre, taquinant sa langue, suçant et mordant ses lèvres juste pour les sentir s'étirer en un sourire. Parfois, ils devaient s'écarter, juste une seconde, parce que les petites bulles de bonheur qui explosaient en eux les faisait ricaner comme des enfants de primaire. Et rien que pour ça, c'était parfait.
Puis, Dean tira sur la cravate de Castiel, l'attirant vers lui alors qu'il s'allongeait, faisant grimper l'ange sur le lit par-dessus lui. Celui-ci passa un genou de chaque côté de l'homme, s'appuyant sur ses coudes alors qu'il prenait en main le baiser. L'homme aux yeux émeraude se laissa faire, parce que c'était bien trop agréable pour résister, et laissa à la place ses mains caresser le dos de l'autre. Il passa ses mains sous la chemise de Castiel, puis il décida de la déboutonner.
Il perdit rapidement le fil des mains qui s'agitaient. Sur les vêtements, puis sous eux et contre la peau, enlevant les morceaux de tissus qui semblaient soudainement les séquestrer, touchant la peau maintenant nue, caressant chaque partie qu'ils trouvaient. Leur baiser devint essoufflé et Castiel plongea dans le cou de Dean, celui-ci plongeant une main dans ses cheveux et agrippant les mèches sombres parce qu'il avait vraiment, vraiment besoin de se retenir à quelque chose.
Il mordit le lobe d'oreille qui était à sa portée, puis embrassa son cou, puis ses lèvres, posa des baisers sur ses joues, son nez, ses yeux, son front, recommençant le processus, dans le même ordre, dans un autre ordre, il était perdu et il adorait ça. Il s'arqua, heurtant ses hanches contre celle de son ange, gémissant à chaque fois que leurs érections se frottaient. Il se laissa finalement porter, totalement, entièrement, laissant à Castiel la possibilité de le briser entre ses bras, si c'était aussi bon que le reste, il s'en fichait éperdument.
Sa voix finit simplement par demander, par supplier pour plus, murmurant à l'oreille de Castiel d'une façon rauque et suave, le priant intérieurement en sachant qu'il le sentirait, qu'il saurait à quel point Dean le voulait, comment il le voulait.
Les mains de Dean tremblaient légèrement sur le corps de son amant et ce fut Castiel qui le calma, l'embrassant doucement, tendrement, en un simple geste qui diminua le caractère pressé qui s'était établi jusqu'ici. Ils avaient le temps.
Dean respirait à nouveau presque normalement, mais ses mains tremblaient encore, sursautant sur la peau de Castiel comme s'il n'osait plus le toucher, comme s'il pensait qu'il allait lui faire du mal, le briser. Il l'avait déjà fait, cela pouvait recommencer, on ne sait jamais. Mais ça n'avait aucun sens et, s'il ne s'était pas senti aussi confus, il aurait pu s'énerver contre lui-même.
Sa tête tournait, comme s'il était sur un interminable manège à sensation, comme s'il y avait quelque chose dans l'air qui embuait son esprit, un encen, une drogue, le parfum addictif d'un ange. Il fut bientôt hypnotisé par la façon dont l'ange fermait les yeux et mordait sa lèvre inférieure, la façon dont les traits de son visage se crispaient. Une mélopée de soupir dont le souffle chaud et court frolait sa peau, la marquant d'une brulure qu'il ne voulait jamais perdre.
Il y avait tant de maladresse, dans les gestes qu'ils n'étaient pas certains de devoir faire, dans ceux qui apparaissaient comme des réflexes. Une main qui tire les cheveux avant de se crisper dans l'air. Une carresse dont ils n'étaient pas sûrs qu'elle soit agréable.
Une seconde et leurx yeux s'ouvraient dans ceux de l'autre, une foule d'émotion se bousculant sur leurs visages, dont l'autre ne put en analyser ne serait-ce qu'une seule. L'immobilité de leurs deux corps, un regard qui dure car le moment est figé dans le temps comme il sera fixé dans leurs mémoires. Puis, sans savoir qui initia le mouvement, l'un d'eux bougea les hanches et l'autre soupira. Soudainement, ne plus savoir comment agir n'avait aucune importance, parce qu'il y avait de la beauté dans leur excuses murmurées contre la peau de l'autre, au creux de son oreille, avec empressement.
Une fois de plus, les poumons de Dean semblaient avoir oublié comment respirer et cela n'avait aucune importance. Il n'arrivait à concentrer son attention sur rien, parce que les bruits qu'émettait Castiel étaient proche d'une symphonie et qu'il était enivré de son odeur, parce qu'il n'arrivait plus à ouvrir ses yeux et qu'il touchait autant la douce peau de son amant qu'humainement possible, parce qu'il se sentait en lui et que c'était bien trop merveilleux. Ses lèvres étaient entre-ouvertes, tentant de happer de l'air, mais seul des gémissements et des soupirs s'en échappaient. Ça n'avait jamais été aussi bon de toute sa vie et il voulait que Castiel sache exactement ce qu'il ressentait. Il entendit les mots passer ses lèvres alors qu'il le lui disait, encore et encore, autant de fois qu'il le pouvait.
En un instant presque brutale, les ailes de Castiel apparurent, écartées au maximum, ses plumes ébouriffées, un léger tremblement les secouant comme une brise dans les branches des arbres. Les yeux de Dean s'écarquillèrent lorsqu'ils se retrouvèrent face à la mer sombre, encouragé à aller au bout de son extase alors que les mains de l'ange se contractaient dans son dos. D'un geste saccadé, il vient carresser la base des ailes et Castiel gémit dans son cou. Il s'y retient comme si sa vie en dépendait lorsqu'il vint en lui et sentant l'ange venir aussi en contractant chacun de ses muscles, il sut que l'autre mettait tous ses efforts pour ne pas le briser.
Puis, ils s'écartèrent l'un de l'autre, Dean s'allongeant en arrière avec un son entre le soupir et le grognement, Castiel roulant sur le côté. Une de ses ailes s'étendit sur le corps de l'homme aux yeux émeraude et, d'un geste devenu un réflexe, celui-ci enfouit ses doigts dans celle-ci. Dean passa un bras sous le ventre de Castiel pour l'attirer contre lui, embrassant sa tempe et ses mèches de cheveux mouillées de sueur alors qu'il lui murmurait d'autres compliments. Celui-ci sourit et le fit taire en embrassant ses lèvres, juste assez pour le rendre confus et avoir la chance de lui rendre ses mots.
Ils restèrent là longtemps, nus l'un contre l'autre, à concourir pour être celui qui flatterait leur amant. Dean finit par avoir le dessus, lorsqu'il rendit son ange muet en le chatouillant. Il hurla que c'était de la triche, mais l'homme s'en fichait.
Après un certain temps, ils se rhabillèrent, à contrecœur mais ils ne savaient pas quand Sam ou Charlie allaient rentrer et ils ne voulaient prendre aucun risque. Ils allèrent dans la cuisine. Dean but un verre d'eau et Castiel insista pour le faire manger. Il fit semblant de trouver la préoccupation de l'ange envers sa santé ridicule, mais il souriait largement dès que l'autre tournait le dos. L'ange faisait semblant de ne pas le savoir.
« C'est bon, Cas, j'ai assez mangé, je t'assure, » l'arrêta Dean alors que l'interpelé tentait de se relever pour reprendre quelque chose dans le frigo.
Castiel le regarda dubitativement, mais l'autre sourit d'un air presque machiavélique. Il tira sur le bras de son amant pour que celui-ci se penche, avant de lui murmurer comme une confidence. « On pourrait retourner dans la chambre … tu sais … voir à quel point il peut être facile de faire apparaitre tes ailes. Juste pour … le savoir. Tu sais, expérimenter, les besoins de la science.
- Bien sûr, » répondit Castiel, ses yeux emplis d'une lueur complice et joueuse – et, oui, Dean pouvait s'habituer à cette nouvelle part de son ami. « Vous en savez peu sur les anges après tout.
- Tout à fait. Je serais vraiment inconscient de laisser passer l'opportunité d'en savoir plus.
- Ce serait du gâchis, » confirma Castiel. Il s'était rassi et les deux hommes se rapprochaient un peu plus à chaque seconde. Leurs yeux semblaient se défier pour savoir lequel craquerait en premier et fermerait la distance entre eux. Ils avaient tous les deux énormément envie de craquer et pourtant assez d'esprit de compétition pour s'en empêcher.
« J'ai beaucoup d'idées, » ajouta Dean. « Alors, je crois qu'on a beaucoup … d'expériences en perspective.
- Je me plierai à chacune d'elle, » répondit Castiel avant de finalement perdre et de prendre les lèvres de son amant entre les siennes. Dean sourit largement alors que le baiser reprit. Il posa une main sur la cuisse de Castiel, s'approchant encore plus près de lui.
Il était à deux doigts de repousser par terre tout ce qu'il se trouvait sur cette table et d'y allonger Castiel, lorsqu'un bruit sourd leur parvint. Un claquement, un grincement, un craquement et des pas sur le sol de pierre, un grincement et un claquement. Dean s'accrocha néanmoins aux lèvres de son ange, parce qu'il savait qu'ils avaient quelques instants avant que quelqu'un n'arrive près de la cuisine, parce qu'il était physiquement incapable de simplement le lâcher.
Finalement, Castiel fut plus fort que lui, rompant leur baiser et glissant sa chaise loin de Dean alors que Sam l'interpelait depuis le hall du bunker.
« Je le hais, » marmonna Dean. « J'arrive ! » hurla-t-il en direction de son frère. Il se leva, puis s'immobilisa avant de faire un pas. « C'est pas … visible ? » demanda-t-il et l'ange fronça les sourcils avec incompréhension. « Je me suis pas regardé dans un miroir, alors est-ce que t'as été sage, ou est-ce que j'ai genre des marques visibles dans le cou ou des trucs dans le genre ? Parce que je risque d'avoir du mal à me justifier. »
Castiel le regarda le visage vide d'expression pendant une seconde, puis il secoua simplement la tête. « Okay, » fit Dean avec un petit sourire dans sa direction. Il posa un baiser sur le front de l'ange et fit plusieurs pas dans la cuisine avant de se retourner. « C'est que partie remise, je te préviens, » dit-il et un sourit naquit sur les lèvres de Castiel.
L'ange regarda ailleurs une seconde avant que ses yeux ne se posent à nouveau sur Dean, « J'espère bien. »
Dean mordit sa lèvre inférieure en quitta la pièce, il se passa une main dans les cheveux et se demanda s'il avait la même odeur que Castiel maintenant. Lorsqu'il vit Sam dans la bibliothèque du bunker et que celui-ci posa les yeux sur lui, il avait l'impression que ce qu'il venait de faire était écrit en larges lettres rouges sur son front. Mais son petit frère agit avec lui avec un tel naturel, qu'il comprit que celui-ci ne se doutait de rien.
« Je suis tombé dessus par hasard, mais regarde, c'est vraiment bizarre – » Et Sam prit son ordinateur pour lui présenter un article. Dean sut qu'ils allaient à nouveau partir sur une chasse. Il se félicita mentalement lorsqu'il réussit à rester neutre quand Castiel entra dans la pièce et s'intéressa à l'affaire. Et il réussit même à se faire croire qu'il n'en avait rien à faire du regard frôlant l'indifférence de l'ange à son égard, comme s'il n'était qu'un simple ami.
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Notes:
Bon, je sais que tout ce début de fic donne une autre impression mais tout ne va pas tourner autour du lemon (loin de là). Bref, j'espère que ce chapitre vous aura plu. J'en profite pour vous remercier encore une fois de me lire, cela me touche vraiment (je sais je me répète mais c'est vrai).
Je m'excuse aussi des fautes d'orthographe restantes, mais j'ai trop de boulot la semaine qui vient et si je ne poste pas ce chapitre maintenant, je sais que je ne vais pas le faire avant trop longtemps.
A bientôt tout le monde :)
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