Joyeux Noël à tous !
Merci à vous qui avez lu cette fanfiction en discrétion ou alors en laissant un commentaire.
Pleins de Bacciolino à tous !
Chapitre 4 : Sauvetage.
Le matin venait de se lever sur la petite bourgade. Ce n'était pas le chant des oiseaux qui venait réveiller les aventuriers encore endormis, mais les pas lourds des passants sur la voie où ils s'étaient installés.
Shinddha et Mani furent les premiers sur le qui vive, les deux avaient pris le dernier tour de garde. Au grand désespoir de Shinddha, qui s'était retrouvé enroulé dans le fil de certaines des araignées. Grunlek s'éveilla doucement par les chatouilles de Nina. Aldo entendit les rires de Grunlek l'éveillant à son tour et se préparant à sortir quelques vers dont il avait le secret.
Théo n'avait pas tellement dormi, il était resté vigilant à tout ce qui l'entourait, devenir aussi petit qu'une souris, n'était pas la meilleure aventure qu'il a vécue, enfin, Balthazar Octavius Barnabé Lennon ronflait paisiblement dans son coin. Théo le regarda, l'air un peu sceptique avant de lui hurler.
« DEBOUT ! »
S'il avait pu, B.O.B aurait sursauté et serait retombé brutalement sur le sol, seulement voilà, il n'avait pas la possibilité de bouger son corps comme ses autres compagnons. Et il resta statique, les yeux grands ouverts observant autour de lui.
« Espèce de… ça va pas ! Tu veux me faire une crise cardiaque ? Et puis tu le sais mieux que quiconque que je ne peux pas me déplacer. À cause de qui ? Hein ? Je te signale ! » S'énerva le mage.
« Il a raison. Nous devons y aller maintenant. »souffla Grunlek l'air sérieux, la main sur la tête de Nina. « Nous devons pas perdre de temps pour tenter de nous retransformer. Nous ne savons pas comment vont être les habitants. S'ils vont bien nous accueillir et si surtout il y a des enfants. »
« Je veux bien… » souffla Mani intimidé, se cachant derrière Gawé. « mais comment on va faire pour se faire adopter ? Surtout, moi, je ne sais pas comment m'approcher des enfants. »
« Ne t'inquiète pas. Tu n'as qu'à rester avec Shinddha. Avec tous les enfants qu'il a, il doit s'y connaître. » sourit Aldo.
Le demi-élémentaire se mit à bouder à l'évocation des possibles enfants que ce dernier aurait eue. La tension retomba un peu des épaules des différents aventuriers.
Chacun prit leur disposition pour se préparer à la rencontre avec les jeunes humains. Aldo fut le premier à se mettre debout, afin de remonter une nouvelle fois la clé de Grunlek. Mani et Shinddha s'étaient approchés de la sortie afin de voir si la voie était libre. Théo était parti récupérer B.O.B sur le sol afin de le porter sur ses épaules.
Une fois la voie sécurisé, tous se mirent en marche vers le centre de la ville, du moins… ils essayèrent, car ne mesurant que 10 centimètres de haut, les chaussures des habitants paraissaient immenses. Le village bien que plus petit était fort mouvementé, les passants étaient nombreux. Et nos aventuriers faisaient à peine la taille de leur chaussure.
Personnes ne regardaient vers le sol. Personnes ne les voyaient.
Rapidement, les aventuriers se retrouvèrent éloignés les uns des autres, aux grands désespoirs de Grunlek. Entraînés par la foule les menant vers le nord du village, Shinddha et Mani s'étaient retrouvé à l'intérieur d'une boulangerie. Heureusement pour eux, les araignées de Mani formèrent un cortège pour les deux hommes, ensemble, ils purent grimper à l'intérieur de la bâtisse pour circuler plus librement et ne pas se faire écraser. Ils montèrent vers l'étage supérieur du bâtiment, là, des rires et des chants se firent entendre. Le boulanger n'était pas seul à habiter dans l'endroit. Trois enfants étaient en train de chahuter pour jouer avec une petite figurine. Deux jeunes filles rousses ayant entre 6 et 8 ans et un petit garçon blond, timide, chantonnant quelques comptines alors qu'il n'avait que 4 ans.
« C'est notre chance. » souffla Shinddha, le doigt pointé vers les enfants. « Allons-y Mani. Nous allons pouvoir redevenir humains. »
« Mais, comment comptes tu les approcher ? Et puis, tu n'as pas peur qu'ils ne veulent pas nous retransformer en notre forme humanoïde ? »
« T'inquiète, j'ai un plan. Avec l'aide de tes araignées, nous pourrons bientôt goûter aux joies de la séduction. »
« Oh oui. De ta belle séduction. » souffla Mani à l'oreille de Shinddha, tandis que les araignées détournaient leur tête.
« PAS CETTE SEDUCTION ! » hurla Shinddha.
Le cri du demi-élémentaire alerta les deux jeunes filles et le petit garçon. Les descendants du boulanger cherchèrent du regard l'origine du bruit et virent tomber sur la table, Mani, Shinddha et les araignées.
Au début, les jeunes filles eurent peur des araignées. Seul, le petit garçon semblait être curieux.
« N'ayez pas peur, nous sommes venus vous offrir un spectacle fabuleux et merveilleux. » souffla Shinddha en saluant les enfants.
Mani regardait Shinddha avec un drôle d'air, s'interrogeant dans la manière dont il avait prévu de procéder afin de les séduire. Les deux jouets se lançaient des regards intrigués, quand Shinddha se mit à crier :
« BON TU LE FAIS OUI ? »
Surpris, Mani sursauta avant de murmurer
« D'accord, puisque tu le désires. »
Il s'approcha de Shinddha et doucement posa ses lèvres de laine sur la joue du jouet de paille, sous les yeux émerveillés des deux petites filles, qui s'imaginaient des histoires d'amour et d'eaux fraîches. Tandis que le petit garçon se demandait ce que les deux jouets vivant faisaient.
S'il le pouvait, Shinddha se serait mis à rougir. Au lieu de ça, il recula de quelques mètres et tomba au sol avant de bégayer.
« MAIS QU'EST-CE-QUE TU FOUS ! »
« Bah, tu m'as dit de le faire ? »
« De faire jouer tes araignées, donne nous un spectacle ! M'embrasse pas ! Je t'ai déjà dit que je ne voulais pas que tu me colles comme ça ! »
La réaction du demi-élémentaire fit rire les deux petites filles qui se mirent à se chuchoter quelques étranges discussions aux oreilles.
Mani claqua doucement des doigts pour faire réagir ses araignées.
« Allez, mes amies. Allez Hop ! »
Les araignées se regardèrent, surement car elle s'interrogeait sur la méthode à suivre, quand tout à coup, Nina se mit à bondir sur le dos d'Ake. Clem en fit de même. Les deux araignées se tenaient l'une contre l'autre, patte contre patte. Gae attrapa Gawe et l'envoya au-dessus de ses comparses. Elle se leva au dessus de cette pyramide d'araignée et fit un petit cri mignon signalant la fin de leur tour.
Le petit garçon applaudit les étranges araignées, les yeux emplis d'étoiles et de rêves. Mani se gratta la tête avant de saluer l'enfant. Ce dernier prit un ruban d'un cadeau qu'il avait reçu à son anniversaire.
Les jeunes filles se disputaient désormais le Shinddha en se demandant laquelle des deux aurait le droit d'avoir ce jouet si romantique. L'une d'entre elles attrapa le ruban de l'autre et entoura légèrement le cou de Shin, pour en faire un nœud papillon. Le petit garçon fit de même avec son ruban sur l'un des bras de Mani.
Le père inquiétait par les bruits de ses enfants arriva à l'étage demandant l'origine de ce remue ménage.
« Papa, papa, je te présente Baiser ! Il est mignon n'est-ce pas ? » disait une des filles en même temps que son petit frère.
« Regarde papa ! Voici HOP ! »
Des lueurs sortirent des deux jouets. Par surprise, les enfants les lâchèrent tandis que leur père les attrapa pour les emmener vers lui. Petit à petit, les jouets disparurent pour laisser place à nos aventuriers.
La surprise du patriarche laissa place à la fureur d'avoir berné des enfants par une aussi terrible ruse. Mani se cacha derrière Shinddha qui essaya d'expliquer la situation au père de famille. La discussion était houleuse et les enfants semblaient être triste d'avoir perdu leurs jouets. En voyant les yeux humides du petit garçon, les araignées sortirent de leur cachette. Mani les observa inquiet en les voyant retourner sur la table et regardant leur maître. Une sorte d'alchimie dans leur regard fit comprendre à l'elfe ce qu'il devait faire.
« Allez mes amies, allez hop ! » souffla Mani à la grande surprise de Shinddha et du père de famille.
Le petit garçon se tourna vers la table pour voir les petites araignées refaire leur numéro. Il applaudit et ses yeux rayonnèrent à nouveau de rêve face à ce petit spectacle.
Au même moment, au Sud de la ville. Grunlek fut attrapé par Aldo. Ils avaient dérivé entre les différentes chaussures des villageois, les roues des charrettes, les pattes de chien. Ils avaient slalomé entre les différents obstacles devant eux et avaient perdu la trace de leurs compagnons.
Un sac de toile tomba au sol juste devant nos deux compères. Aldo était prêt à l'éviter quand brusquement les mécanismes de Grunlek se bloquèrent et il chuta. Le nain tomba sur Aldo. Le troubadour et le mécanicien se retrouvèrent à l'intérieur du-dit sac.
« Mince. Grunlek ! » souffla le troubadour les mains sur le remontoir.
Un petit cliqueti, deux tours de clé et le nain s'éveilla à nouveau. Tous deux s'apprêtaient à sortir du sac, quand ils se sentirent soulevés.
Sans pouvoir agir, sans même pouvoir se libérer, Aldo et Grunlek se trouvèrent ballotés dans ce sac féminin, contenant quelques maigres affaires. Essentiellement des vêtements, une petite bourse avec quelques pièces et un morceau de pain, après quelques heures, ils sentirent le sac se poser sur une table. Une voix féminine annonça son retour dans la maisonnée.
« Maman ! » s'écrièrent une dizaine de voix auprès du sac. « Tu es enfin de retour. Tu nous as ramenés quelque chose ? »
« Oui, quelques vêtements de ma main, du pain… » commença la jeune femme en mettant sa main de son sac. Soudain, elle attrapa Grunlek.
Aldo surpris en le voyant s'élever dans les airs s'accrocha à sa jambe pour sortir de ce sac. Que fut la surprise de la mère de famille en voyant un si étrange objet, elle allait le lâcher brutalement, quand Aldo se mit à chantonner un petit air familier.
La femme fut conquise. Les enfants étonnés se dirigèrent vers les étranges objets.
« Nous allons vous monter un petit spectacle avant Noël. Asseyez-vous, prenez donc place et laissez la magie des mots et du talent mécanique de mon ami vous emmener au pays des rêves. »
La mère n'y voyait aucune objection, de tels objets pour elle ne pouvait être qu'inoffensif. Elle s'installa avec ses galopins dans la pièce, le regard rivé vers Grunlek et Aldo.
Aldo se prépara à chantonner une comptine, quand il vit Grunlek se figer, il redonna deux coups de clé dans son dos pour le faire fonctionner.
À la lumière de la bougie, Grunlek utilisa tout ce qu'il avait en sa possession pour bricoler des ombres avec des outils et des objets, Aldo raconta l'histoire d'un renne allant dans la forêt, à la recherche de son maître, afin de réaliser un de ses rêves : distribuer des cadeaux dans l'ensemble de la contrée et de voir les enfants ravis.
Pour imiter la forme du renne, Grunlek prit une chaussette qu'il plaça au bout d'un bâton et prit deux aiguilles à tricoter pour former les bois.
La magie opéra sur l'adulte comme sur les enfants. Ils furent bercés par la douceur de la voix d'Aldo qui racontait les péripéties de ce renne. Les yeux des enfants brillaient de mille feux en voyant les ombres se dessiner sur leur mur.
De temps à autre, Aldo faisait une pause pour remonter les mécanismes de son ami. Ce qui faisait grandement rire les enfants.
Une fois le spectacle terminé, enfants comme parent applaudirent leur prestation.
« Merci beaucoup. » sourit l'aînée des enfants. « Nous n'avons pas beaucoup de moyens, mais recevez ceci de notre part. »
Elle noua au cou des deux jouets un ruban orange et un autre vert.
« Je peux savoir quels sont vos noms ? » demanda la benjamine, le doigt dans la bouche.
« Comment tu nous appellerais ? » répondit Aldo.
« Euh… Chanteur et Ressort. » riait la petite fille.
À ces mots, une lueur apparut dans la pièce. La mère ne semblait pas être inquiète, un peu comme si elle avait accepté la magie dans ce monde. Elle observa avec ses enfants dans ses bras la transformation de Chanteur et Ressort et vit apparaître devant ses yeux Aldo et Grunlek.
« Merci à vous. » enchaîna Grunlek en faisant une révérence à la mère et aux enfants. « Vous nous avez libérés d'un étrange sortilège qui sévissait sur nous. Nous vous devons une fière chandelle. »
« Je vous en prie, Ressort. » sourit la mère de famille. « Nous sommes heureux d'avoir pu vous aider. Merci à vous d'avoir partagé un peu de votre temps avec ma famille en ce jour de réveillon. »
Dans les ruelles, le froid, la neige et les autres intempéries sévissaient. Alors que certains avaient retrouvé formes humaines. D'autres avaient moins de chance. Ralenti par le poids qu'il avait sur le dos, et de son propre corps, Théo de Silverberg se voyait affaibli. Cela faisait des heures qu'il marchait avec B.O.B, le mage, sur ses épaules. Personne ne les avait remarqués. Ils avaient perdu leurs alliés. Et aucun enfant n'étaient visibles à leurs yeux.
Le temps défilait trop vite pour ses petits êtres et le stress se faisait ressentir. Surtout pour notre ami magicien, qui ne pouvait pas bouger. Il pouvait à peine serrer ses poings l'un contre l'autre pour rester accrocher au cou de son ami paladin.
« Tu crois qu'on va retrouver nos apparences ? Tu crois qu'on va s'en sortir ? Théo, as-tu vu un enfant dans les parages ? » ne cessait de répéter le mage.
La pression sur les épaules du paladin était d'autant plus forte, qu'il se sentait coupable de leur transformation. Après tout, s'il n'avait pas ramassé ce maudit objet, ils ne seraient pas dans cet état actuellement.
Le jour avait laissé place à la nuit. Les rues se vidaient et l'espoir dans les yeux du mage aussi.
« Qu'est-ce que l'on va faire ? Il ne nous reste plus que quelques heures avant de… »
« Stop. » s'énerva Théo. « Je t'interdis de penser à cela. Il ne faut pas désespérer. Je suis sur qu'on va s'en sortir. »
« Mais comment ? »
« Je vais trouver une solution. »
Pendant quelques minutes, un silence plana entre les deux êtres. Seul le bruit de la neige qui crissait sous le poids du paladin se faisait entendre.
Quand tout d'un coup, les cloches se mirent à retentir.
Il était 23h00. Il n'avait plus qu'une heure avant de ne plus revenir en arrière.
« Théo… » murmura le mage d'une voix faible.
« QUOI ! » s'énerva le paladin.
« Je crois que c'est la fin… »
« Ne dit pas de sottise ! On a encore une heure. »
« Je… Je n'arrive plus à bouger mes doigts. »
Théo se figea également. Il sentit ses jambes devenir raides. Incapable du moindre mouvement. Ses bras et ses mains qui maintenaient le mage ne lui obéissaient plus. Il devenait le jouet. Sa conscience était encore présente, mais son corps ne lui répondait plus.
« Je suis désolé… » souffla Théo.
« Au moins, il y a du bon dans cette histoire. Mon démon ne pourra plus jamais faire du mal. » riait doucement le mage avant que plus aucun son ne sorte de sa voix.
Théo voulut le faire interagir en lui hurlant dessus, en l'insultant. Hélas, sa voix était elle aussi bloquée au fond de son corps de jouet. Il ne pouvait même pas se retourner pour voir les dernières larmes du célèbre Balthazar Octavius Barnabé Lennon. Ils allaient être des jouets immobiles pour toute leur existence ? À observer le monde extérieur sans pouvoir l'influencer. Sans pouvoir tenter de se faire pardonner une dernière fois pour tout ce qu'ils ont traversé.
La neige continuait à tomber, indifférente au sort de ces deux jouets. Le silence macabre plana sur leurs deux têtes. Dans cette ruelle, personne ne pouvait voir le regard de détresse du paladin, ni les larmes du pyromage. Personne ?
Pas réellement. Dans la rue noire, une petite ombre était en train de courir. Elle possédait des vêtements amples, sales et déchirés par endroits. Un chapeau qui couvrait à peine le haut de sa tête et des mitaines aux mains, pas d'écharpe, les chaussures trouées, le nez rougi par le froid. L'ombre d'un petit garçon qui devait avoir à peine une dizaine d'années portait dans ses bras un sac très léger. Il courait dans la ruelle, et peut-être habitué par l'obscurité, vit les deux jouets.
Il s'en saisit sans aucun remords, les installa avec grande précaution dans son sac et repartit avec.
B.O.B et Théo voyait bien en ce petit garçon, que ce n'était pas un enfant de riches. Ils sentirent qu'ils étaient entraînés contre leur gré dans une course dans les ruelles, pour arriver dans une maison abandonnée. Tout était en ruine. Une bonne partie du toit était trouée. Aucune chaleur apparente dans la demeure, mais le visage du petit garçon rayonnait de joie.
« Je suis rentré Claire. » souffla le petit garçon.
Tout doucement, il posa le sac sur le sol et se dirigea vers Claire.
« Eliot. Je suis contente que tu sois rentrée. Je suis désolée grand frère. Je n'ai rien pu récupérer pour fêter Noël. Je n'ai pas trouvé de quoi manger, ni même un cadeau pour toi. Justes deux rubans offerts par une gentille couturière. »
« Ne t'inquiète pas Claire. J'ai été chez le boulanger. Il m'a offert quelques miches de pain. Et puis, j'ai un autre cadeau pour toi. »
Le petit garçon fouilla dans son sac. Il sortit dans un premier temps, les miches de pain qu'il avait en sa possession. Puis, avec une grande délicatesse, il attrapa les deux jouets trouvés au sol.
« Regarde Claire ! Une poupée de porcelaine et un soldat de plomb. »
Pour la première fois, Théo et B.O.B purent apercevoir le visage de la petite fille. Elle devait à peine avoir 6 ans. Les cheveux roux sales, longs parcourant le long de son dos. Les yeux émeraude brillants à l'apparition de ces deux jouets. Un corps si menu, qu'on pourrait croire qu'elle allait s'effondrer d'un moment ou un autre.
« C'est incroyable Eliot ! »
« Héhé. » sourit le petit garçon. « Qui sait, les anges ont peut-être eu envie de nous offrir un petit présent. Parce que l'on a été sage et gentil ! »
« Tu crois ? »
« J'en suis sur ! C'est parce que toi et moi, on ne s'abandonnera pas. On restera une famille ! On saura relever tous les dangers ! Et vivre un jour une grande fête ! »
« Une grande fête ? Et tu crois qu'on trouvera un papa et une maman ? »
« Oui, on trouvera un papa et une maman. Notre maman sera en train de cuisiner des bons petits plats dans la cuisine. Tu mettras la table en chantonnant avec elle. Tandis que je serais avec papa qui coupera du bois. Je lui amenérai des bûches qu'il coupera avec sa grande hache, pour réchauffer la maison. Et puis après, on fêtera Noël à trois en mangeant les bons petits plats. Des légumes, des fruits, un peu de viande et du pain. Et puis après on recevra une poupée que maman aura tricotée et une statue de bois que papa aura taillé. On ira se coucher ensemble et on rêvera de notre vie, des bonnes actions qu'on l'on va faire avec papa et maman. »
« Ce serait merveilleux. » bailla Claire, les yeux songeurs face à ce rêve.
« Il est tard, Claire. Allons dormir. Je vais rester près de toi pour être bien au chaud. »
« D'accord Eliot. Mais, avant ça. Garde le soldat de plomb. Il est pour toi. Moi je garde ce mage en porcelaine. »
« Oh ! Merci Claire. »
L'horloge était en train de sonner les coups de 23h45. Il ne restait plus qu'une quinzaine de minutes avant que tout ne soit terminé. Soit les enfants leur donnaient un nom, soit ils les laissaient ainsi pour l'éternité.
« Tient grand frère. Un des rubans. Cela servira d'écharpe à ton soldat de plomb. Il ne faut pas qu'il attrape froid. »
La petite Claire accrocha au cou du paladin un ruban blanc. Elle fit la même opération sur le mage.
« Dis grand frère. Comment tu vas appeler ton soldat de plomb ? On ne va pas toujours l'appeler ainsi ? »
23h55.
À ces mots, Théo et B.O.B avaient encore un peu d'espoir. La possibilité de croire que dans quelques minutes ils redeviendraient humains. Qu'ils pourront bouger et sortir de cette malédiction. Dans son cœur de demi-diable, B.O.B avait pitié pour ces deux enfants, il ne connaissait pas leur histoire, mais ces deux orphelins vivaient pauvrement et ne rêvaient pas de richesse. Mais bien d'une vie basique, normale, leur permettant de subvenir à leurs besoins vitaux.
« Je ne sais pas Claire. Je ne sais pas. Dors, la nuit porte conseil, j'espère trouver une idée d'ici demain. »
« D'accord Grand frère. On dira les noms ensemble. »
L'espoir se changea en terreur, tristesse et désespoir en entendant ces mots. Ne pouvant pas émettre de son pour les avertir. Les larmes ne coulaient plus sur leur visage. Plus rien ne pouvait les sauver ?
Pendant ce temps, Mani, Shinddha, Aldo et Grunlek s'étaient retrouvé dans la place du village. Nos quatre aventuriers avaient réussi à fausser compagnie de leur hôte. En douceur pour Aldo et Grunlek, leur indiquant qu'ils avaient des amis à retrouver qui avait subi le même sort. Avec plus de difficulté pour Mani et Shinddha. Les deux n'étant pas du tout sociable durent rivaliser d'ingénierie et de conquête du cœur de l'enfant pour parvenir à leurs fins.
« B.O.B ? THEO ! » hurlait Shinddha Inquiet.
« Vous croyez qu'ils n'ont pas réussi à se sortir de ce sortilège ? » demanda Mani inquiet.
« Il nous reste encore quelques minutes. Tout n'est pas perdu. » souffla Aldo.
« Bien séparons-nous et essayons de les retrouver au plus vite. » proposa Grunlek.
Tous acquiesèrent à l'idée. Ils se préparaient à partir chacun dans leur coin à la recherche du paladin et du demi-diable, quand ils virent des ombres sortirent d'une ruelle, obscure et lugubre, d'une démarche posée et calme.
Face à eux se trouvaient Théo et B.O.B portant chacun un enfant endormi dans les bras. On pouvait lire sur le visage de B.O.B beaucoup de tristesse et de compassion pour la petite fille qu'il tenait dans ses bras. Il la réchauffait avec l'aide d'un morceau de tissu et d'un peu de magie.
Théo lui aussi avait quelques traits d'émotion sur le visage. Il n'aurait jamais pensé ressentir cela pour un gamin. Cette peur de rester à tout jamais être un jouet à tout jamais et cette jouissance de retrouver son corps. La possibilité de se mouvoir, des bonheurs simples et pourtant essentiels pour vivre.
"Qu'est-ce qu'on va faire d'eux ? "demanda Grunlek en observant Théo et B.O.B
"Il nous faut trouver une famille pour ses deux enfants." soufflait B.O.B.
Mani et Aldo proposèrent les deux familles qu'ils ont rencontrées. Ensemble et avec l'aide de Grunlek et Shinddha, les familles se rencontrèrent. Ils leur proposèrent de garder les enfants. Ils firent mieux, formèrent une famille ensemble.
C'est ainsi que B.O.B et Théo abandonnèrent les enfants dans de meilleures mains. Ils ignorèrent que le seul souvenir des enfants sur les deux jouets était qu'ils ont rêvé que c'était le présent des anges. Ils pensaient que c'étaient les anges qui ont offert leur famille.
Fin
