Notes d'auteur :

Bonsoir à tous !

Voici le chapitre sept :)

La publication dépend vraiment de mon humeur, donc ne soyez pas étonné si je publie parfois trois chapitres en une semaine et ensuite plus rien pendant deux semaines. ^^' Excuses d'avance pour ces montagnes-russes.

Enfin bref...bonne lecture et laissez-vous submerger par les commentaires ! :p


ET ÇA RIME AVEC CRÉTIN


Mazikeen soupira d'aise sous les caresses entreprenantes de sa proie.

Il embrassait et mordillait avec force la peau de son cou, faisant gémir la démone d'extase. Elle devait bien reconnaître qu'il savait y faire. Il connaissait les basiques, au moins.

Mais c'était loin d'être suffisant pour une démone. Pour Mazikeen. Elle n'était pas comme ces succubes dépravés qui étaient rapidement rassasiés à la moindre caresse calculée. Les penchants de Mazikeen étaient assez surprenants pour les mortels. Et terrifiants aussi, sans doute.

Elle prit sa conquête par les cheveux, amenant son visage à hauteur du sien. Il lui lança un regard perdu et enfiévré par le désir. Mazikeen lui adressa un sourire carnassier avant de lécher langoureusement les lèvres qui s'offraient si docilement à elle. Elle passa sa langue dessus et la fit habilement tourner autour de la sienne, laissant l'homme pantois entre ses bras. Elle mordilla violemment la lèvre inférieure de sa proie, ce dernier sursautant et gémissant contre ses lèvres. Il amorça un geste de recul, mais Mazikeen agrippa avec force son bras musclé et suça doucement le sang perlant de la légère morsure. Elle rompit le baiser, lui souriant de plus belle. Un sourire de prédateur, ses dents blanches tachées par le sang précédemment léché. L'homme écarquilla les yeux de crainte et de désir.

Il ne pouvait en être autrement en posant son regard sur elle.

Tous éprouvaient de manière instinctive une peur viscérale et un besoin de fuir le plus loin possible, mais le désir étouffait habilement ces instincts assez raisonnables.

« Les hommes...tellement prévisibles. », pensa-t-elle en poussant avec force sa proie sur le lit de Lucifer.

L'homme en question atterrit lourdement sur le lit, continuant de fixer Mazikeen, partagé entre ses craintes et son désir grandissant. La démone resta debout devant lui, le dominant de toute sa hauteur. Elle arracha sa propre robe en cuir d'une main, faisant sursauter sa proie. Une démonstration subtile de sa force avait le don de les impressionner et de les effrayer davantage. Elle laissa échapper un petit rire moqueur devant l'air choqué de l'humain étendu sur la couverture en soie noire. La lumière tamisée de la chambre accentuait l'aspect effrayant et désirable de Mazikeen. Portant toujours ses talons aiguilles, elle grimpa avec sensualité sur le lit, sa proie se reculant doucement à mesure qu'elle marchait vers lui, toujours debout sur les couvertures soyeuses. Il déglutit et observa la démone lever lentement sa jambe pour reposer son talon contre la bosse proéminente qui déformait le tissu rigide de son pantalon. Elle appuya doucement son talon contre la zone sensible, provoquant un long et langoureux gémissement chez sa victime. Elle sourit et appuya un peu plus. L'homme rejeta la tête en arrière, poussant un râle rauque.

Regarde-moi ! tonna-t-elle d'une voix impérieuse.

Il obtempéra, les joues rougies par le désir et suffocant un peu plus à chaque pression contre son entrejambe. La démone le dominait encore de toute sa hauteur. Elle ne portait plus qu'un string noir en dentelle et un soutien-gorge échancré du même tissu. Ses cheveux sombres et soyeux retombaient en cascades autour de son visage fin. N'importe quel mortel faible dans sa chair ne pouvait lui résister. Aussi désirable qu'un succube, mais ô combien redoutable...

— Je te fais mal ? lui demanda-t-elle d'une voix beaucoup plus douce.

Il hocha la tête de manière imperceptible, haletant. Mazikeen lui adressa un sourire innocent et releva doucement son talon pour l'enfoncer à nouveau avec force près de son entrejambe. Sa proie ferma les yeux et poussa un cri où se mélangeait douleur et désir. La démone laissa échapper un rire cristallin devant ce spectacle charmant. L'homme se redressa difficilement sur ses avant-bras et la fixa, toujours haletant.

— Si tu veux que j'arrête, il faut me le demander très gentiment, murmura Mazikeen en titillant doucement l'aine de son talon.

— S'il-s'il te plaît...Arrête, haleta-t-il dans un souffle.

La démone pinça les lèvres avant d'enfoncer à nouveau son talon contre l'entrejambe sensible. Sa proie poussa un glapissement de surprise.

— Mieux que ça ! dit-elle d'une voix forte.

— P-Pitié...Arrête, la supplia-t-il entre deux gémissements de douleur.

Mazikeen ferma les yeux d'extase en entendant ce simple mot.

Pitié.

Que ce mot lui manquait depuis son départ de l'Enfer…

Sans oublier le ton suppliant et larmoyant qui l'accompagnait. Ce mot sonnait comme une douce mélodie aux oreilles de la démone. Elle sourit et leva son talon. Sa proie relâcha un long soupir de soulagement. Il croyait en avoir fini avec la partie étrange et désagréable, mais seule Mazikeen décidait de l'issue et du chemin emprunté.

Personne d'autre.

Elle s'accroupit doucement devant lui et vint s'asseoir sur son torse musclé, continuant ainsi à le dominer. Elle n'était pas d'humeur soumise et câline cette nuit. Quoiqu'elle ne le fût jamais vraiment et ne le serait jamais avec qui que ce soit. Elle recherchait la passion douloureuse et brutale. Mazikeen caressa du bout de ses ongles l'intérieur du cou de sa conquête et descendit lentement sa caresse jusqu'à déchirer d'un coup sec la chemise, révélant ainsi le torse halé bien bâti offert à son bon plaisir. L'homme lui adressa un sourire gourmand et se redressa en s'aidant de ses bras, cherchant le contact de ses lèvres charnues. La démone pris délicatement le menton glabre de sa victime entre ses doigts pour le rejeter violemment contre le matelas.

Elle seule décidait s'il y aurait baiser ou non. Elle menait la danse.

Elle mordit sa propre lèvre inférieure entre ses dents blanches, submergée par le plaisir que lui procurait ce petit jeu. Toujours du bout de ses ongles, elle caressa le haut du torse musclé, accentuant la pression jusqu'à griffer la chair à mesure que sa main descendait vers la zone principalement concernée par cette activité charnelle. L'homme gémit de plus en plus fort à mesure que la démone accentuait la pression de ses ongles sur sa peau sensible.

— Que la partie commence... murmura-t-elle d'une voix suave en penchant son visage vers celui de sa proie.


-xXx-


Un grondement inhabituel, mais ô combien reconnaissable pour Mazikeen se répercuta dans tout son être, son corps se crispant contre celui de l'homme étendu sous elle.

— Ça va pas ? cru-t-elle l'entendre demander alors qu'elle se recroquevillait sur elle-même, tremblante.

Le grondement emplissait son corps et augmentait en puissance, provoquant des ondes douloureuses qui frappaient brutalement ses nerfs. Mazikeen hurla et se mit instinctivement en position fœtale, la mâchoire crispée. C'était comme être piquée par des aiguilles chauffées à blanc piquée de l'intérieur par des milliers d'aiguilles brûlantes et vibrantes d'une énergie néfaste et écœurante et ce, même pour une démone. Elle se crispa encore sous la douleur qui envahissait l'entièreté de son corps. Mazikeen sentit alors sa peau s'hérisser littéralement et reprendre sa couleur habituelle.

Habituelle en Enfer.

Des cloques purulentes et jaunâtres parsemaient à présent ses mains fines, maintenant recourbées comme des serres tranchantes. Sa peau rougeoyait des Flammes de l'Enfer par-dessus les plaies purulentes et rebutantes recouvrant maintenant tout son corps. Ses cheveux soyeux se flétrirent en de fins fils blancs ressemblant à s'y méprendre à quelques toiles d'araignées. Une onde d'énergie plus puissante que la précédente secoua l'intérieur de son corps et elle crispa ses serres sur la couverture, déchirant celle-ci d'un coup sec. Aux prises avec ses sensations désagréables, la démone sentit vaguement l'homme à ses côtés se redresser précipitamment et quitter le lit en trébuchant. Il disparut dans l'ascenseur, hurlant de peur. Elle ouvrit ses yeux désormais noirs et opaques, poussant un profond soupir de frustration. L'onde et le grondement s'atténuèrent de manière significative jusqu'à disparaître complètement, la laissant haletante sur les draps déchirés.

Mazikeen laissa sa respiration se calmer doucement et s'ébroua tel un chien se secouant pour sécher maladroitement son pelage. Par ce geste, elle effaça toute trace infernale de son apparence, redevenant ainsi aux yeux du monde une simple femme légèrement étrange. Elle roula sur le dos et fixa le plafond de la chambre, encore secouée par cette émanation démoniaque. Et secouée par ce que cela impliquait.

« Alü. »

Chaque démon réagissait imperceptiblement à la présence d'un autre démon sur Terre. D'autant plus lorsque le dit-démon utilisait ses pleins pouvoirs. Cela se traduisait par ce grondement et cette énergie écœurante qu'avait subi Mazikeen un peu plus tôt. Cette expérience était d'autant plus désagréable quand il s'agissait d'Alü. Cela laissait un goût âcre et amer sur le palais hypersensible de la démone très désagréable et difficile à effacer.

Maze savait qu'Alü n'avait pu être invoqué que par Lucifer.

Mais...Pourquoi ?

Ne savait-il pas que cela aurait des conséquences désastreuses sur sa condition physique étant donné sa toute nouvelle condition de mortel ?

Elle avait déjà vu Lucifer invoquer ce démon inférieur par le biais de sa bague. En Enfer et en pleine possession de ses pouvoirs. Immortel et purgé de toutes émotions humaines. En ce temps-là, cette action entraînait malgré tout un état de faiblesse assez important chez le Seigneur des Ténèbres. Alü avait beau n'être qu'un serviteur de classe inférieure, il devait se nourrir d'énergie démoniaque pour grandir et agir efficacement. Un processus douloureux et épuisant quel que soit sa condition, même pour le diable.

Alors ici, sur Terre...

En étant mortel, qui plus est...

Mazikeen déglutit difficilement, une angoisse soudaine pétrifiant l'intérieur de ses entrailles. Elle se redressa vivement et descendit du lit, cherchant frénétiquement des vêtements. Elle passa rapidement un débardeur noir aux bords en dentelle de même teinte ainsi qu'un pantalon moulant en cuir.

Elle descendit rapidement les marches marbrées de la chambre pour rejoindre le salon. Elle devait faire vite et se concentrer.

Utiliser ce démon ici ne pouvait signifier qu'une seule chose.

Lucifer était en danger.

Ou au minimum, dans une situation très délicate. Elle le connaissait suffisamment pour savoir qu'il n'utiliserait la bague et ses pouvoirs qu'en dernier recours. Le dernier des derniers recours. Cette invocation basique pouvait aisément le tuer. S'il était bien portant. La démone n'imaginait même pas les conséquences en cas de blessures graves.

Il y avait de grandes chances que ce soit pour protéger cette inspectrice. Mazikeen renifla de dégoût.

Risquer autant pour une fade humaine...

Mais c'était la seule explication plausible. Lucifer était maintenant obnubilé par cette Decker. La savoir en danger de mort aurait pu pousser son maître à invoquer un démon inférieur. Idiot, mais prévisible.

Mazikeen s'immobilisa au milieu du salon, non loin du piano, et ferma les yeux. Elle prit une profonde inspiration et expira lentement, détendant tous ses muscles et son esprit. Elle se concentra sur le goût doux et épicé que Lucifer laissait généralement sur son sillage. L'émanation démoniaque et oppressante du diable. Extrêmement puissante et entêtante, même sur Terre.

Elle chercha son essence et...ne sentit que le vide.

Mazikeen fronça les sourcils, les yeux toujours fermés et réessaya de capturer l'essence de son maître. Ce dernier pouvait bloquer ses pouvoirs, évidemment, mais il devait savoir qu'invoquer Alü alerterait sa garde du corps, non ? Pourquoi continuer à bloquer ses émanations démoniaques, en ce cas ? Cela n'avait aucun sens ! Aucun ! La démone poussa un soupir agacé. Cette situation prenait une tournure très étrange. Et ça ne lui plaisait pas du tout !

Changeant son fusil d'épaule, elle se concentra sur l'essence douce-amère du démon inférieur. Lucifer devait se trouver non loin d'Alü. C'était une déduction logique. Et pourtant, Mazikeen ne parvint pas non plus à situer le point central de cette énergie. Elle l'avait pourtant senti se répercuter dans ses chairs !

Elle pouvait toujours sentir de faibles traces de son énergie en elle, mais quant à la resituer avec précision...

Quelque chose la bloquait dans le processus. Et ce n'était certainement pas Lucifer. Impossible. C'était différent. Elle se sentait repoussée à chaque fois qu'elle approchait du but. Repoussée par quoi ? Elle aurait bien voulu le savoir !

La démone serra les poings de frustration et désemparée par son impuissance. Elle devait pourtant essayer de retrouver Lucifer. Que faire ? Fouiller chaque centimètre carré de cette satanée ville ? Beaucoup trop long. Appeler la police ? Option complètement inutile et ridicule. Que leur dirait-elle ?

« J'ai senti une émanation démoniaque étrange, mais je n'arrive pas à renifler sa position exacte...Un coup de main s'il vous plaît ? »

Non, non et non. Option refusée.

Amenadiel ?

Mazikeen pinça les lèvres, partagée.

Tant qu'elle arrivait à éviter ce crétin emplumé, elle avait tendance à beaucoup mieux profiter de ses journées. Pourtant, il avait admis plus tôt ne pas sentir lui aussi la présence de Lucifer. Il ne serait pas d'une grande utilité, donc...Excepté pour la sermonner de ne pas l'avoir pris au sérieux. Néanmoins, ne sachant pas dans quoi elle allait s'embarquer, avoir un ange à ses côtés pouvait toujours s'avérer utile. Elle rechignait à l'idée de faire à nouveau équipe avec lui. La dernière tentative de collaboration avait viré au fiasco. Pour tous les deux. Mazikeen soupira à nouveau, résignée.

Elle leva ses mains, hésitante avant de les joindre, paume contre paume. Elle ferma les yeux, dubitative.

« Amenadiel...Allô ? »

Elle se sentait ridicule.

Est-ce qu'un démon pouvait seulement contacter un ange ainsi ? Lucifer était l'exception à la règle, de par son ancienne condition d'archange. Elle persista cependant, faisant fi du ridicule.

« Am', tu avais peut-être raison tout à l'heure. Il se pourrait que Lucifer soit en danger. Si tu te soucies un tant soit peu de ton frère...Amènes-toi ! Allez ! »

Rien ne vint.

Soit il ne l'entendait pas, soit il s'en fichait royalement. Après tout, son boulot était de ramener Lucifer en Enfer, non de le protéger. Mazikeen baissa les bras, grognant de frustration tout en regardant le plafond d'un œil assassin. Il ne lui restait qu'une option : se concentrer sur Chloé. La trouver – Lucifer devant se trouver non loin d'elle – par des moyens plus classiques.

Elle attrapa sa veste en cuir noire posée sur le canapé et l'enfila rapidement. Elle releva les yeux vers le plafond tout en libérant les mèches coincées dans l'encolure de sa veste.

— Si tu arrêtes de bouder un jour... dit-elle cette fois-ci à voix haute, je serai en train de chercher un moyen de sauver Lucifer !

Elle se dirigea vers l'ascenseur et s'engouffra à l'intérieur de la cabine. Il lui restait une solution.

Une solution.

Et ça rimait avec Crétin.


À suivre avec « Littéralement parlant »


Notes d'auteur :

Prochain chapitre trèèèèèèèsssssss prochainement ^^

Merci encore de me lire ! A la prochaine ! :)

[Corrigé le 05/04/2018]