Notes d'auteur :

Salut tout le monde !

Voici le chapitre huit tant attendu. Appréciez-le à sa juste valeur ;)


LITTÉRALEMENT PARLANT


Daniel s'éveilla en sursaut entouré par l'obscurité et mit un certain temps avant de se rappeler où il était.

Seul l'écran de la télévision illuminait encore la pièce plongée dans le noir. Daniel se redressa dans le canapé et frotta avec vigueur ses yeux, espérant faire disparaître les dernières traces de Morphée de ses paupières lourdes. Il s'assit correctement et massa l'arrière de sa nuque douloureuse en bâillant.

Il était épuisé et ne souhaitait qu'une chose : un bon lit où terminer sa nuit.

Un souhait difficile à exaucer étant donné que le seul lit de la maison était occupé par une petite lilliputienne particulièrement adorable lorsqu'elle dormait. Le lit était trop petit pour lui de toute manière. Et il n'avait pas le cœur à déranger sa petite fille pour son seul bien-être. Un mal de dos et un micro-sommeil faisait partie du rôle de parents.

Sans compter l'approvisionnement en gâteaux au chocolat.

Daniel regarda en direction de la porte entrebâillée menant à la chambre de Trixie, guettant le moindre bruit suspect. Il n'y avait que le calme de la nuit. Il soupira et chercha à tâtons la télécommande sur la table du salon. Il la retrouva au bout de quelques secondes de recherche à l'aveugle et éteignit l'écran, plongeant alors la pièce dans une obscurité totale. Daniel reposa la télécommande sur le meuble avant de s'étendre plus confortablement sur toute la surface offerte par le canapé bon marché de Chloé. Il bougea, cherchant une position agréable que ne lui provoquerait pas de sciatique prématurée. Il ferma les yeux et essaya de retrouver le sommeil. Sommeil difficile à atteindre cependant, son esprit dérivant sur les raisons qui l'avaient amené à terminer sa nuit sur un canapé défraîchi.

Chloé avait encore accepté une enquête complexe à la dernière minute et faisait encore des heures supplémentaires, obligeant ainsi Daniel à veiller sur Trixie pendant que madame poursuivait les méchants avec son acolyte farfelu. Bien sûr, Daniel était toujours ravi de passer du temps avec sa petite lilliputienne, mais se bousiller le dos sur un divan avait tendance et réfréner ses ardeurs parentales. Il espérait arriver à se lever le lendemain matin pour amener Trixie en classe.

Daniel redressa les coussins sous son crâne et soupira à nouveau, épuisé. Il ne comprenait pas pourquoi Chloé passait les trois-quarts de son temps avec cet hurluberlu.

Franchement…Quelle personne censée s'amusait à se faire appeler Lucifer Morningstar ?

Même à Los Angeles, un tel nom était vraiment étrange. D'autant plus si vous affirmiez être le Diable en personne. Ce type aurait bien eu besoin d'une évaluation psychologique poussée. Et malgré cela ; Chloé travaillait avec lui, mettait sa vie entre ses mains incertaines et potentiellement dérangées. Daniel ne comprenait vraiment pas les motivations poussant son ex à faire confiance à cet individu.

Étant séparés, il n'avait plus vraiment son mot à dire sur les fréquentations privées et professionnelles de Chloé. Mais le fait que Lucifer approche d'aussi près Trixie le gênait malgré tout. Il avait une très mauvaise influence sur sa fille.

« Écoutes tes désirs. »

« Fais ce qui te plaît. »

De très bon conseils pour une enfant de huit ans, vraiment ! Très pédagogue ! De vraies leçons de vie, très utiles, pleine de moralité et de justice. Les contes pour enfants devaient en prendre de la graine ; Lucifer savait mieux que tout le monde les valeurs importantes à inculquer à une enfant !

« Abruti... »

Daniel se mit sur le flanc, grognant à la fois de frustration et d'inconfort. Ce Morningstar était une plaie ambulante au mieux. Aussi mature et responsable qu'une pomme de pin pouvait l'être...Et encore ! Passablement énervé et épuisé, Daniel jeta un regard au réveil posé sur la table du salon.

Trois heures vingt.

Il soupira à nouveau et essaye de se calmer. Dormir quelques heures de plus ne lui ferait pas de mal. Il laissa son esprit bouillonnant s'imprégner du silence alentour et de la chaleur de la pièce. Son corps se détendit lentement à mesure que le sommeil gagnait du terrain.

Les bras de Morphée se rétractèrent soudain, perturbés par un bruit indistinct provenant de la cuisine. Daniel fronça les sourcils, mais garda les yeux obstinément fermés. Il voulait juste dormir...juste un peu. Le bruit se fit plus insistant, rapidement suivi d'autres. Daniel rouvrit les yeux, toute trace de sommeil disparue. Il se figea dans le fauteuil, tendant l'oreille. Des bruits de pas retentirent alors.

Ça ne pouvait pas être Trixie.

Lentement, il avança sa main vers la table du salon et chercha son arme de service. Ses doigts finirent par rencontrer la surface polie de l'arme à feu, saisissant d'une poigne ferme la crosse. Daniel se redressa le plus silencieusement possible dans le canapé et regarda prudemment vers la cuisine. L'ensemble de la pièce était toujours plongé dans l'obscurité, au même titre que le séjour. Il pouvait néanmoins distinguer une ombre se peindre dans les ténèbres ambiantes.

Une ombre humaine.

Il n'aurait pu être davantage précis. L'intrus fouillait la cuisine de toute évidence.

Daniel déglutit et s'évertua à calmer sa respiration. Il ne voulait pas agir de manière irréfléchie avec sa fille à quelques mètres. Il devait rester prudent. Ne pas se précipiter ou signaler sa présence à la personne se trouvant actuellement dans la fond de la pièce. Toujours lentement, il glissa du canapé pour s'accroupir sur le plancher, pieds nus. Il raffermit sa prise sur son arme avant de contourner prudemment le divan et atteindre le mur adjacent à celui-ci qui menait à la cuisine. Il plaqua son dos courbaturé contre le mur froid et longea celui-ci le plus silencieusement possible jusqu'à atteindre l'angle menant à la cuisine ouverte et le hall d'entrée. Daniel s'arrêta et risqua un rapide coup d'œil par-delà cet angle mort.

La personne, toujours difficilement identifiable dans l'obscurité, lui tournait le dos. Elle semblait fouiller et observer tranquillement les ustensiles de cuisine.

Attitude étrange de la part d'un cambrioleur ; il n'y avait rien de valeur dans une cuisine.

Daniel ôta le cran de sûreté de son arme et la pointa avec assurance vers l'intrus. Le bruit caractéristique du cran de sûreté perturba le calme environnant. L'intrus se figea, mais ne se retourna pas pour autant. Daniel le maintint en joue et chercha à tâtons l'interrupteur de la pièce.

— Ne bougez pas... dit-il, sur ses gardes.

Ses doigts rencontrèrent l'interrupteur et l'actionnèrent alors que l'intrus se retournait doucement vers lui. Une lumière douce inonda la pièce et éclaira le visage interloqué de Daniel et celui de Mazikeen, goguenard.

— Pas de pyjama rose ce soir ? lui demanda-t-elle, un sourire moqueur aux lèvres.


-xXx-


Mazikeen continua de sourire tranquillement à l'inspecteur crétin - Lucifer adorait l'appeler ainsi ; avait-il un nom d'ailleurs ? - et attendit patiemment que ce dernier baisse son arme. Il n'en fit rien, se contentant de la fixer avec des yeux de merlan-frit tout en la maintenant en joue. La démone regarda autour d'elle, intriguée par cet habitat humain. Pourquoi avaient-ils autant de choses dans une cuisine ? Elle avait du mal à comprendre leur mode de fonctionnement. Le désir, le sexe, la douleur...elle gérait ces notions-là et en profitait.

Le reste la laissait assez dubitative.

Elle reporta son regard sur l'homme à quelques mètres d'elle. Ses cheveux bruns étaient encore ébouriffés par le sommeil et ses yeux soulignés de cernes marquées. Une barbe naissante ornait le bas de sa mâchoire crispée. Il portait un T-shirt bleu délavé ainsi qu'un jogging gris. Inspecteur Crétin, alias Daniel Espinoza, cligna plusieurs fois des yeux ; une façon ridicule de s'assurer qu'il ne rêvait pas sans doute. Mazikeen en tira la conclusion qu'il ne devait pas souvent voir de belles brunes déambuler tranquillement dans sa cuisine la nuit.

« Un vrai puceau... » pensa-t-elle en croisant les bras, attendant toujours une réaction verbale de la part de Daniel.

Ce dernier ouvrit la bouche pour la refermer aussitôt, interdit. Mazikeen arqua un sourcil, perdant peu à peu patience. Elle n'avait pas le temps pour ces sottises. Vraiment pas. L'inspecteur baissa enfin son arme et sembla retrouver la parole :

— Qu'est-ce que vous foutez ici ?! s'exclama-t-il, son visage exprimant à la fois colère et incompréhension totale.

Mazikeen soupira bruyamment et déambula dans la cuisine, attrapant et inspectant des objets traînant sur le plan de travail.

— J'ai besoin de vous, dit-elle en reposant une minuterie excentrique près du micro-ondes.

Elle se tourna vers Daniel, qui affichait une mine perplexe.

Que les humains étaient long à la détente !

Elle avait l'impression de devoir utiliser des mots simples pour être comprise. Daniel posa son arme sur le plan de travail et s'appuya sur celui-ci. Il regarda en direction du salon avant de lui lancer un regard assassin.

— Et ça vous donne le droit d'entrer par effraction chez moi en pleine nuit ?! Vous êtes complètement marteau ! lâcha-t-il dans un souffle.

— Techniquement, ce n'est pas chez vous ; c'est la maison de votre ex, rectifia la démone en lui adressant un sourire aimable.

L'inspecteur crétin pinça les lèvres et soupira bruyamment avant de poursuivre :

— Chez moi...chez mon ex, ça revient au même ; ça ne se fait pas, c'est clair ?!

Elle haussa les épaules, indifférente. Respecter le savoir-vivre humain, et puis quoi encore ? Faire la cuisine ? Elle tapota de ses ongles le bois poli du plan de travail, agacée.

— Lucifer n'est toujours pas revenu. Il est sûrement avec sa Chloé adorée. Je m'inquiétais, alors j'ai pensé passer vous voir...Vous pouvez les retrouver ? lui demanda-t-elle calmement.

Elle avait préparé ce petit discours avant d'arriver chez l'inspectrice Decker. Lui raconter la vérité n'aurait fait que ralentir davantage les choses. Mazikeen le savait très bien. Les détails démoniaques et surnaturels ne faisaient pas bon ménage avec les humains. Plus particulièrement avec les crétins de la race. Le crétin concerné fronça les sourcils, perdu.

— Vous ne pouviez pas l'appeler tout simplement ? demanda-t-il.

— Lucifer n'a pas de portable. Ce n'est pas normal, d'accord ?! Il n'est jamais revenu aussi tard d'une enquête en compagnie de sa détective chérie ! s'emporta-t-elle.

Elle s'approcha de lui et continua d'une voix pressante :

— Vous savez les retrouver, non ?

Daniel soupira, mais elle pouvait bien voir qu'elle avait éveillé son inquiétude. Elle pouvait presque voir les pensées défiler dans ses yeux. Il semblait partagé entre l'envie de la balancer en cellule pour le reste de la nuit et vérifier ses propos. La démone espérait qu'il pencherait pour la seconde option. S'évader d'une cellule était simplissime pour elle, mais ça lui ferait gaspiller davantage de temps. Temps que Lucifer n'avait pas ; elle en était certaine. L'inspecteur toujours aux prises avec les diverses options s'offrant à lui, ne semblait pas disposé à lui donner une réponse rapide. Mazikeen soupira et inspecta le salon. Elle voyait chaque détail de la décoration comme s'ils étaient en plein jour ; un don standard de démon.

— Vous avez changé le fauteuil de place, non ? lui demanda-t-elle, rompant le silence qui s'était installé depuis quelques instants déjà.

— Pardon ?

Daniel la fixa sans comprendre. La démone montra du doigt le salon et le meuble concerné.

— La dernière fois que je suis venue pour tuer Chloé, le canapé était à l'autre bout du salon, près de la porte vitrée... expliqua-t-elle.

Daniel la dévisagea longuement sans un mot, abasourdi. Il cligna plusieurs fois des yeux avant de s'exclamer :

— Venue tuer C-...Quoi ?!

— Papa...Qu'est-ce-qui se passe ? Avec qui tu parles ? demanda une petite voix ensommeillée.

Ils se retournèrent tous deux vers Trixie. Cette dernière les observait de ses yeux bouffis de sommeil, traînant d'une main sa peluche sur le sol du séjour. Elle adressa un sourire éclatant à Mazikeen qui le lui rendit volontiers.

Elle appréciait cette petite humaine.

Elle avait une vision unique des choses qui l'entouraient. Un peu comme Mazikeen.

— Maze ? Qu'est-ce que tu fais là ? demanda la petite, complètement éveillée.

Daniel s'accroupit à hauteur de sa fille, tournant ainsi le dos à la démone. Il caressa doucement la joue de l'enfant et lui demanda d'une voix douce :

— Qu'est-ce que tu fais hors de ton lit, p'tit singe ? Retourne te coucher, allez ! Il est encore très tôt.

Trixie étouffa un bâillement sous sa main avant d'expliquer :

— J'ai soif.

L'Inspecteur crétin soupira avant de se relever. Il se tourna vers Mazikeen, lui adressant un regard circonspect. Il soupira à nouveau avant de s'exclamer :

Vous, vous restez là ! Donnez-lui à boire pendant que je passe quelques coups de fil. Plus vite je contacte Chloé, plus vite vous déguerpissez ! marmonna-t-il entre ses dents. C'est faisable, pour vous ?

Mazikeen hocha la tête. Daniel regarda à nouveau sa fille et la démone, indécis. Il finit par s'éloigner dans le salon, laissant Trixie et Mazikeen seules-à-seules. Trixie se balançait légèrement d'avant-en-arrière sur ses pieds, continuant de fixer la démone d'un air émerveillé. Elle finit par s'approcher d'elle pour se hisser sur une chaise haute de la cuisine, continuant à regarder la nouvelle venue.

— Tu peux me donner à boire, s'il te plaît ? demanda-t-elle alors.

Mazikeen haussa les épaules et se dirigea vers le frigo. Elle était barmaid, après tout. Ça ne lui posait de problème de la servir. Elle inspecta le contenu du frigo et en sortit deux bières fraîches. Elle claqua la porte du réfrigérateur à l'aide de ses talons et revint vers Trixie. La démone décapsula les bières avec ses dents sous le regard émerveillé de la petite et en tendit une à cette dernière. Trixie la prit précautionneusement entre ses deux mains. Mazikeen s'accouda au plan de travail devant Trixie, bière en main.

— Alors...quoi de neuf ? lui demanda-t-elle.

— J'ai un petit copain ! annonça fièrement la petite fille, les joues rosies d'excitation.

Mazikeen arqua les sourcils, perplexe. Un copain ? Décidément, cette petite était étonnante. Tenir un homme en son pouvoir à cet âge...Impressionnant. Elle lui sourit et but une gorgée avant de lui demander :

— Il est bon au pieu ?

La jeune enfant la dévisagea, fronçant ensuite les sourcils.

— Ça veut dire quoi ?

Mazikeen se redressa un peu et la regarda sans rien dire pendant quelques secondes, dubitative.

— Le sexe...tu ne fais pas ça avec ton copain ?

Trixie fronça davantage les sourcils, encore plus intriguée et secoua vigoureusement la tête en signe de négation. Mazikeen soupira de déception. Une relation sans sexe...Inconcevable. Inutile. Ennuyeux. Et tellement décevant. Elle jeta un coup d'œil à l'inspecteur, toujours accroché à son portable et faisant les cent pas près du canapé.

— C'est quoi le sexe ? demanda la petite, curieuse.

Mazikeen but une autre gorgée d'alcool avant de répondre distraitement :

— Demande à ton père. Il s'en rappelle peut-être, qui sait ?


-xXx-


« Vous êtes bien sur la messagerie de Chloé Decker. Je ne suis pas là pour le moment. S'il s'agit d'une affaire professionnelle, vous pouvez me contacter à ce n-... »

Daniel raccrocha avant la fin du message et composa rapidement le fixe de Chloé au commissariat. Il fit les cents pas dans le salon alors que la tonalité résonnait inlassablement à son oreille. Au bout de la trentième, il raccrocha et jura.

Ce n'était pas normal.

Mazikeen avait raison. Quelque chose clochait.

Chloé faisait toujours en sorte d'être joignable pendant une enquête en cours. Elle était mère de famille ; c'était une explication suffisante à sa disponibilité téléphonique à toute heure du jour comme de la nuit. Une habitude rapidement adoptée par les parents du monde entier.

Daniel recomposa une fois encore le numéro de portable de son ex et retomba une fois encore sur son répondeur. Il raccrocha et fit les cents pas, réfléchissant à toute vitesse.

Comment la retrouver ? Comment ?

Il composa rapidement un autre numéro et continua de déambuler nerveusement autour du canapé au son des tonalités.

Allô... répondit une voix ensommeillée.

— Marcus ? C'est Dan Espinoza. J'aurais besoin que tu retraces la position d'un portable pour moi, c'est très urgent !

OK, donne le numéro ; je te fais ça à la vitesse supersonique ! répondit son collègue, beaucoup plus alerte.

Il donna le numéro complet du portable de Chloé et attendit au bout du fil, de plus en plus nerveux à mesure que les minutes passaient.

Si Chloé était blessée ou pire encore...

Il s'efforça au calme. Paniquer ne servirait à rien et n'aiderait certainement pas la mère de son enfant. Au bout de quelques minutes qui lui parurent des années, la voix de Marcus résonna au bout du fil.

J'ai réussi à te sortir la dernière position enregistrée avant la désactivation de la carte SIM ; je ne sais pas si ça peut t'aider...

— Envoie ! le coupa Daniel en prenant un stylo et un bout de papier sur la table du salon.

Il gribouilla rapidement l'adresse approximative qu'avait réussi à dénicher Marcus. Il remercia ce dernier avant de raccrocher rapidement et de se diriger d'un pas vif vers la cuisine, le papier froissé en main.

Il se figea un instant en voyant Mazikeen et Trixie converser joyeusement autour de plan de travail, chacune ayant une bière en main.

« Non mais qu'est-ce-que-... ! »

Trixie amena le goulot de la bouteille à ses lèvres et il se précipita vers elle, agrippant le bras menu de sa fille. Il s'empara de la bouteille non-entamée, heureusement, et la reposa sur le comptoir en bois poli.

— Nonnononnon Trixie'babe ! Ça, c'est une boisson pour adultes ! dit-il calmement en lançant un regard haineux à la jeune femme brune.

Cette femme était aussi irresponsable que Lucifer. Il n'aurait jamais pensé cela possible. Les dégâts qu'ils devaient tous deux provoquer lorsqu'ils étaient réunis dans une même pièce...

Il éloigna de quelques bons centimètres le breuvage alcoolisé de sa fille avant de renseigner Mazikeen :

— Il y a effectivement quelque chose de louche. J'ai pu retracer le parcours de Chloé jusqu'à un quartier abandonné au nord de la ville. C'est pas loin de la nationale cinq...aux environs de l'avenue Nevada.

Il vit Mazikeen se redresser rapidement et partir d'un pas décidé vers la porte d'entrée. Daniel la devança et bloqua l'accès à la porte principale, obligeant la jeune femme à s'arrêter devant lui. Cette dernière le foudroya du regard et essaya de le contourner, sans succès. Il soutint son regard et dit d'une voix décidée :

— Je viens avec vous !

Elle soupira bruyamment tout en levant les yeux au ciel et croisa les bras sur sa poitrine, le jaugeant.

— Je travaille mieux seule... rétorqua-t-elle en tentant d'agripper la poignée de la porte, sans succès.

— Ce n'est pas négociable !

Elle lança à Daniel un regard assassin avant d'hausser les épaules en signe de reddition. Il se permit un sourire victorieux avant de se rapprocher de sa fille, toujours assisse sur la chaise haute. Il lui caressa affectueusement les cheveux et plongea son regard dans celui de Trixie.

— P'tit singe, va falloir que j'aille aider maman. Je vais t'amener au commissariat et une très bonne amie à papa va prendre soin de toi en attendant, d'accord ?

— Maman a des ennuis ? demanda Trixie, anxieuse.

— Non, ma chérie. Elle a juste besoin d'un coup de main. Et comme ça, elle pourra rentrer plus tôt et te ramener un bon petit-déjeuner, OK ? Qu'est-ce qui te ferait plaisir ?

— Un gâteau au chocolat ! s'écria la petite, ravie.

Daniel sourit et embrassa sa fille sur le front avant de l'envoyer se changer dans sa chambre. Il attendit qu'elle s'engouffre dans celle-ci avant de se retourner vers Mazikeen, restée étrangement silencieuse depuis tout à l'heure.

Mazikeen avait tout simplement disparu, ne laissant derrière elle qu'une porte entrouverte et un léger courant d'air balayant les pieds nus de l'inspecteur.

Daniel venait de se prendre un vent.

Littéralement parlant.


À suivre avec « Largement préférable »


Notes d'auteur :

Pour l'allusion au pyjama rose : je fais référence à une scène hilarante de l'épisode six de la première saison ^^

[Corrigé le 08/04/2018]