Penny alla voir son oncle à la première heure le lendemain matin. Teddy, son cousin, était toujours auprès de son père.

- Je peux rentrer ? Demanda-t-elle en passant sa tête par le cadre de la porte.

- Oui viens je t'en prie ma grande, dit son oncle.

- Ça va tonton ? Se soucia-t-elle en regardant le visage livide de Remus.

- J'ai déjà connu pire, j'avoue que j'ai un peu honte que tu m'ai vu comme ça, mais ce serais arrivé tôt ou tard, soupira-t-il l'air résigné.

- Tu n'as pas à avoir honte ! S'exclama Penny.

- Coucou Penny, salua une voix qui ressemblait à celle de sa tante.

- Tante Dora ? Interrogea-elle en la cherchant dans la pièce.

- On l'a appelé grâce au réseau de cheminette, expliqua Teddy.

En effet dans la cheminé, au milieu des flammes, se trouvait le visage de Tonks.

- Comment tu vas Penny ? Demanda Tonks.

- Ça va très bien et toi ? Répondit Penny.

- Très bien aussi, mais vous me manquez tous les trois ! Admit-elle.

- Oh toi aussi tu nous manque ma chérie, assura affectueusement Remus.

- Je dois vous laisser, le devoir m'appelle ! Expliqua-t-elle.

- Au revoir maman, murmura son fils, triste de la voir partir.

- A bientôt Teddy !

Une semaine était passée au château, et les premiers cours particuliers de Penny allaient débuter. Fini les après-midi à traîner des heures dans la salle commune chaleureuse des Gyffondor. A l'occasion de son dernier jour sans cours supplémentaires, elle passa la soirée avec ses amis du Terrier : Ron, Hermione, Harry et Ginny. Ils étaient restés à bavarder un très longtemps au coin du feu. Ce moment passé tous les six rappela à Penny toutes les soirées passées dans la chambre des jumeaux au Terrier cet été. Les six amis s'étaient couchés très tard et le lendemain le réveille fut compliqué. Heureusement Alice, qui partageait le dortoir de Penny et Ginny, les réveilla à temps pour leur cours d'Histoire de la Magie. Les filles dormaient à moitié durant le cours du professeur Binns, et le son habituel de sa voix lente et monotone ne faisait rien pour arranger les choses.

- La journée va être longue, se lamenta Ginny en sortant de ce cours soporifique.

- Je ne te le fait pas dire... Je crois que ce soir je vais m'endormir sur le bureau de Mc Gonnagall, ajouta Penny l'air désespéré.

Et en effet la journée passa au ralentie. Penny eut du mal à suivre son cours de métamorphose, mais elle n'eut pas trop le choix étant donné qu'elle était en tête à tête avec le professeur Mc Gonnagall. Par chance, elle eut seulement à réaliser la métamorphose qu'elle avait faite la semaine précédente avec son cousin. Quand elle put enfin rejoindre son dortoir, elle ne réitéra pas la folie de la veille, et alla directement se mettre au lit. De plus c'était demain qu'aurais lieux son tout premier cours de vol, elle ne voulait pas risquer de tomber d'un balais.

- Ginny, tu pourras m'accompagner au terrain de Quidditch à 17h ? Demanda Penny durant le petit-déjeuner, je n'ai aucune idée d'où il se trouve.

- Oui pas de problème, j'attendrais avec toi si Olivier n'est pas là.

- Merci beaucoup, je suis un peu nerveuse, j'ai peur d'avoir le vertige, confia-t-elle anxieuse.

- Tu n'auras pas à ne t'inquiète pas. Je ne pense pas que tu voles haut pour ton premier cours, et puis tu verras c'est super de voler sur un balais ! S'enthousiasma son amie.

A 17h Ginny et Penny descendirent en direction du terrain de Quidditch. Plus elles se rapprochaient du terrain, plus Penny sentait son angoisse monter. En plus de voler pour la première fois, elle allait être seule avec Olivier. Même si en soit l'idée ne lui déplaisait pas, elle n'avait plus très envie d'éprouver l'étrange sensation de la dernière fois. A présent, Penny apercevait déjà les grands anneaux d'or du terrain de Quidditch qui dépassaient des gradins.

- Et voilà, on y est ! Annonça Ginny en s'engageant sur la pelouse verdoyante.

- Je vois ça, dit Penny en regardant autour d'elle les gradins aux couleurs des différentes maisons de Poudlard.

- On a un peu d'avance, dit Ginny, mais je pense qu'Olivier ne va pas tarder. Je vais rester avec toi le temps qu'il arrive, ajouta la sorcière en lui souriant.

- Ah super, la remercia Penny.

Le garçon de cinquième année ne tarda pas. A peine deux minutes après leur entrée sur le terrain, il fit son apparition, un balai sous le bras. En le voyant, Penny sentit une vague d'angoisse la traverser. Il était encore plus beau que dans ses souvenirs, ce qui ne fit qu'accentuer sa peur. Olivier était également très grand, ou du moins bien plus grand que Ginny et Penny. Penny ne pouvait s'empêcher d'analyser le moindre de ses faits et gestes : de sa démarche déterminée à son sourire radieux, rien chez lui ne l'a laissait indifférente.

- Bonjour les filles, salua Olivier qui se trouvait maintenant tout près des jeunes Gryffondor.

- Salut Olivier, voilà Penny, ton élève, présenta Ginny.

- Enchanté Penny, tu verras je suis un gentil prof, rigola-t-il.

- Je te la confie alors, ce serais bien que je la retrouve en un seul morceau, sinon Teddy ne seras pas très content ! Taquina Ginny.

- Bien sûr qu'elle sera en un seul morceau ! Affirma Oliver.

- Bon allez, à tout à l'heure, dit Ginny, je viendrais te chercher quand tu auras fini Penn !

-Pas la peine Ginny, je la raccompagnerais dans tous les cas il faut aussi que je rentre au château moi, proposa Olivier.

- D'accord, on se voit pour le dîner alors.

- Oui toute à l'heure.

Penny suivit Olivier au milieu du terrain. Elle était toujours aussi anxieuse et s'obstinait à éviter le regard du garçon sous peine de se transformer en tomate. Pourtant elle ne pouvait pas passer tout son cours à faire ça. Quand il lui tendit le balai, Penny fit l'effort de relever la tête et tenta de se maîtriser.

- Tiens Penny, j'ai essayé de te prendre un balais en bonne état, mais tu sais les balais de l'école son tous assez vieux.

- Merci, ça fera très bien l'affaire, dit timidement Penny en regardant le vieux balai dont la peinture était écaillée.

- C'est la première fois que je donne un cours, alors si tu ne comprends pas n'hésite pas à me le dire, expliqua Olivier.

-D'accord, répondit-elle en hocha la tête.

- Aujourd'hui je vais juste t'apprendre à voler à quelques mètres du sol, on n'est pas pressés de toute façon on a toute l'année devant nous, dit-il en lui souriant.

Penny se sentit rougir et détourna brusquement la tête. Elle se trouvait tellement niaise de réagir ainsi, mais il fallait qu'elle accepte qu'il existe des sentiments qu'elle ne peut pas contrôler.

- Est ce que ça va ? Demanda Olivier qui avait remarqué le malaise.

- Oui oui, dit-elle précipitamment.

- On va commencer alors. Tu vas poser le balais à côté de toi, lever le bras au-dessus de lui puis tu dis "debout". Surtout concentre toi bien sur ton objectif.

- Ok je vais essayer, dit Penny avec peu de conviction.

Penny essaya de faire le vide dans sa tête et visualisa son objectif comme lui avait conseillé Olivier, puis elle dit doucement "debout". Le balais monta un peu mais retomba. Il faut dire qu'actuellement il lui était bien difficile de se concentrer sur un balai. Malgré tout, elle ne se laissa pas décourager et elle répéta avec plus de détermination "Debout". Aussitôt, le balai alla se nicher au creux de sa main.

- Super ! S'exclama son jeune professeur.

- Ça va peux être te paraître un peu absurde mais, pourquoi ne pas simplement ramasser le balai ? Questionna Penny.

- C'est pour que le balais soit en "lévitation". Si tu le ramassais et que tu l'enfourchais, il ne se passerait rien, expliqua-t-il.

- Ah d'accord, rétorqua elle trouvant sa question très stupide après l'explication d'olivier.

- Dans tous les cas c'était très bien ! Maintenant tu vas enfourcher le balai et pour décoller tu devras pousser dans le sol.

- Ok, euh je dois t'avouer que j'ai un peu le vertige donc si on pouvait commencer doucement ... fit elle, soudain prise de panique.

- Bien sûr, je vais te faire voler bas. Et puis tu n'as vraiment rien à craindre je serais là si il y a un problème, la rassura-t-il.

- Ok, bon, murmura-elle en prenant une grande inspiration. Aller j'y vais !

Penny hésita quelques fois avant de tenter un décollage, puis au bout de plusieurs tentatives infructueuses, elle sentit enfin son balai se soulever dans les airs. La sensation, bien que supportable, restait tout de même étrange. C'était comme si tous ses organes étaient subitement remontés.

- Ça va ? Demanda Olivier.

- Oui oui c'est juste un peu bancal, déclara-t-elle d'une voix tremblante.

- Tu vas te pencher légèrement en avant pour avancer et après tu pourras redescendre.

La jeune Gryffondor s'exécuta tout de suite après en faisant très attention et en tenant fermement son balai. Olivier resta juste à côté d'elle, pour corriger sa position et pour stabiliser le balai. Penny était tellement tétanisée que le contacte avec Olivier ne lui Après quelques allers-retours à une vitesse très réduite Olivier lui expliqua comment redescendre. Son atterrissage fut compliqué, parce que Penny n'osait pas se pencher en avant de peur de tomber. Le garçon attrapa le balai et la fit atterrir en douceur.

- C'était pas mal du tout ! La félicita-t-il.

- Merci, heureusement que tu m'as aidé à descendre sinon je serais restée bloqué en haut ! Avoua Penny.

- Avec plaisir, je suis là pour ça. Ça ne te dérange pas qu'on aille ranger le balai avant de rentrer au château ?

- Non pas du tout ! Approuva-t-elle de plus en plus à l'aise avec le jeune homme.

Ils se rendirent dans une sorte de petite cabane où étaient entreposés les balais de l'école. Penny déposa le sien sur un emplacement vide et Olivier pus refermer la porte avec une petite clé en or. Tous deux reprirent le chemin du retour, dans la douce fraîcheur qu'avait apporté l'automne.

- Alors c'est toi le capitaine de l'équipe de Gryffondor ? S'intéressa Penny pour engager la conversation.

- Oui exactement, c'est ma première année, répondit Olivier une pointe de fierté dans la voix.

- Tu joues à quel poste ? Continua Penny.

- Je suis gardien, l'informa-t-il.

- Tu dois très bien savoir voler, ajouta la jeune fille admirative.

- Je me débrouille, dit-il en faisant un petit sourire en coin qui fit fondre le cœur de Penny. Tu as déjà assisté à un match ?

- Non jamais, c'est ma première année donc je n'en ai pas vraiment eu l'occasion.

- Tu pourras venir en voir un, on joue notre premier match contre les Poufsouffle octobre, proposa-t-il.

- Ce serait avec plaisir, s'exclama-t-elle en continuant de mener une guerre intérieure entre son cerveau et ses sentiments qui devenaient de plus en plus envahissant.

Penny et Olivier arrièrent dans les grands escaliers de marbre de Poudlard que les jumeaux firent irruption derrière eux pour se mêler à leur conversation.

- Alors Olivier tu nous as trouvé une nouvelle recrue ? Blagua Fred.

- Je crois qu'elle manque un peu d'entraînement, répondit Olivier.

- Si j'arrive à voler un peu plus haut ce serais déjà un exploit donc, si vous voulez gagner les prochains matchs il vaudrait mieux que je reste dans les gradins, ajouta la jeune sorcière.

- Oh tu serais toujours plus douée que Ron, plaisanta George.

- Quand est-ce qu'on commence les entraînements capitaine ? Enchaîna Fred.

- Jeudi prochain normalement. J'espère que vous vous êtes entraînés cet été ! Questionna Olivier sur un ton de reproche.

- Bien sûr ! Répondirent ironiquement les jumeaux en choeurs.

- Ah je n'y avais pas pensé avant mais si tu veux voir ce qu'est le Quidditch tu peux venir voir notre entraînement ! Proposa Olivier à Penny.

- Euh oui, pourquoi pas, accepta-t-elle.

Ils étaient à présent devant le tableau de la grosse dame qui garder l'entrée de leur salle commune. Penny s'avança pour lui donner le mot de passe, mais elle entendit de petits rires dans son dos. Quand elle se retourna, elle vit Olivier jetait un regard noir au jumeaux. Elle supposait que ces rires avaient été provoqués par la proposition d'Olivier. Cependant Penny ne voulait pas se faire de films.

- Bon, merci pour le cours on se voit mercredi du coup ? Dit-elle finalement.

- Oui à mercredi Penny, répondit-il en lui souriant.

Penny se dépêcha de monter dans son dortoir pour faire un point sur la situation. Par chance, personne n'était dans la pièce elle pourrait donc réfléchir tranquillement.

Ce sentiment qu'elle avait éprouvé la dernière fois au dîner n'était donc pas un événement isolé. La situation était grave, un mois à peine était passé au château et elle avait déjà réussi à se gâcher la vie. Penny n'était pas dupe, même si elle ne voulait pas l'accepter, elle savait qu'elle ressentait bien plus que de la sympathie à l'égard d'Olivier. Elle savait également que ce serait compliqué, voire impossible de faire machine arrière maintenant que les sentiments s'étaient installés. Elle était en colère contre elle-même, désormais elle serait obligée de se supporter durant ses cours de vols. Elle trouvait ses pensées et ses réactions niaises et ridicules, même si elle avait essayé de ne rien laisser paraître.

Soudain, la porte s'ouvrit, c'était Ginny. Elle vint s'assoir à côté de Penny.

- C'était comment ce premier cours de vol ? Demanda-t-elle à Penny.

- Euh c'était, bien, très bien même, répondit elle encore plongée dans ses pensées.

- Ah ouais, tu n'as pas eu trop peur ? Questionna-t-elle.

- Si un peu mais ça a été je ne suis pas monté trop haut, dit Penny.

- Olivier a été gentil avec toi ?

- Oui très, il est vraiment ... sympa, dit-elle en essayant de ne pas rougir.

- Cool je te l'avais dit ! Dit moi, tu fais vraiment une drôle de tête, tu es sûre que ça va ? S'inquiéta-t-elle.

- Bien sûr que ça va, pourquoi ça n'irait pas hein ? Dit-elle précipitamment.

- Aller Penn je vois bien qu'il y a un truc qui cloche, il faudrait être aveugle pour ne pas le remarquer ! S'exclama Ginny.

- Bon ok, il y a un truc, vraiment pas grand-chose, avoua Penny.

- J'en étais sûre !

- Tu me promets de ne le répéter à personne, même pas à Hermione !

- Je serais muette comme une tombe, Promis Ginny en glissant son index sur ses lèvres.

- Ok, donc, tu sais la dernière fois au dîner quand tu m'as montré Olivier, j'ai ressentis des trucs bizarres comme une sorte "d'attirance", expliqua-elle l'air dégoûté, et bah je croyais que ça ne recommencerais pas mais ça me l'a refait aujourd'hui pendant le cours de vol.

- Mais c'est trop mignon fait pas cette tête !

- Je crois que "mignon" n'est pas là bon le bon mot pour décrire la situation... Je dirais plutôt, absurde ou stupide ou encore ridicule, j'ai encore plein de synonymes en réserve ! Énuméra-t-elle.

- Bien sûr que non, c'est super d'être amoureuse !

- Oh non berk, rien que ce mot me donne la nausée, s'exclama-t-elle en faisant semblant de se mettre deux doigts dans la gorge.

- Pourquoi tu dis ça ? Demanda Ginny de plus en plus étonnée par la réaction de son amie.

- Parce-que quand je suis amoureuse je perds le contrôle de moi-même. Je deviens débile, je rigole comme une idiote, je rougi à tout bout de champ, et surtout je fini toujours par souffrir ...

- Je croyais tu n'avais pas de garçons dans ton orphelinat ?

- Oui mais j'en ai déjà croisé. A une période on partageait nos cours d'anglais avec les élèves d'un autre orphelinat de garçons. C'était horrible j'étais folle amoureuse d'un garçon de ma classe, j'ai dû lui adresser la parole deux fois.

- Oui mais là c'est différent. Déjà tu vas voir Olivier tous les mercredis pendant presque toute l'année, seul à seul et en plus vous partagez la même salle commune ! Releva Ginny.

- Je ne veux pas espérer pour ne rien avoir à la fin ! Se lamenta Penny.

- Je ne vois pas pourquoi tu n'aurais rien à la fin ! Tu es gentille, intelligente et super jolie, c'est totalement faisable ! Et puis ce n'est pas comme si Olivier était un garçon inaccessible ! S'exclama Ginny.

- C'est super gentil de me faire tour ses compliments, mais ...

- Aller penny je croyais que tu étais une Gryffondor ! Coupa son amie.

Cette phrase sonna comme un défi aux oreilles de Penny. Après tout pourquoi ne pas essayer ? Les arguments qu'avait avancés Ginny étaient tout à fait justes, elle aurait beaucoup d'occasion de voir Olivier cette année, alors pourquoi ne pas tenter sa chance.

- Disons que je vais essayer. Je n'ai pas dit que je le ferais mais imaginons que je le fasse. Comment je suis censée mis prendre ? Demanda-t-elle un peu perdue.

- Bonne question mais on va bien trouver ! D'abord, sois toi-même, n'en fait pas trop surtout, et essaye de t'intéresser à ce qu'il aime ça devrais marcher ! Dit-elle enthousiaste.

- Bon c'est d'accord, mais je me laisse un délai de deux mois si je vois qu'il n'y a aucun espoir j'abandonnerais. C'est d'accord ? Conclu Penny

- C'est d'accord, marché conclu ! S'écria-t-elle