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Paula et moi menions des recherches aussi importantes que passionnantes. Enquêter sur des meurtres était une source d'adrénaline au quotidien, le temps jouant contre nous pour élucider les meurtres était une source d'énergie incroyable. Mais ces recherches m'avaient manqué. J'aimais savoir que chaque découverte apporterait son lot de réponses a des questions que nous nous posions depuis des années. Et cela occupait mon esprit a autre chose que penser à Booth. La compagnie de Paula était importante. Elle me connaissait bien. Elle savait que les relations sociales n'étaient pas mon fort. Et depuis mon départ de Washington D.C, j'étais bien plus renfermée. Je ne désirais pas tellement parler aux autres. Bien sur, Paula étant mon amie nous parlions ensemble, mais jamais du Jefferson. Jamais de Booth. Nous parlions des recherches, nous parlions de Paula et de sa vie. Et je me contentais de l'écouter, comme Sweets le faisait pour moi.

Seule dans mon appartement, je me reposais après quatre jours de recherches intenses. Cela faisait plusieurs semaines que j'étais installée. Et jusqu'ici, mes communications avec Angela avaient été réduites au strict minimum. Alors je pris mon téléphone et décidais qu'il était temps de lui envoyer un nouveau message.

Tout va bien ici. Nos recherches avancent bien. Je vais mieux. A bientot.

Certes, le message était court, et certes je mentais. Mais Angela ne devait pas s'inquieter pour moi. Je ne savais pas quoi lui dire d'autre. Je ne voulais pas demander comment Booth allait, et je savais qu'Hodgins allait bien car la veille, elle m'avait envoyer une photo. Elle n'avait pas besoin de savoir.

Depuis mon départ du Jefferson, j'avais des difficultés. J'avais des difficultés a dormir, a manger, je ne savais plus comment être heureuse, ou comment couper court aux sentiments de manque et de tristesse que je ressentais. Depuis que j'étais arrivée, quelques semaines plus tôt, j'avais remarqué une perte de poids, des cernes importantes sous les yeux. J'étais lentement en train de couler et je n'avais personne pour me sortir la tête de l'eau. Je buvais le soir, parfois, quand la tristesse était trop importante, trop présente, je me surprenais a fumer une cigarette ou deux. Booth avait définitivement tout détruit en moi. Je n'étais plus moi. J'étais elle... Je me mettais en danger lorsque la douleur était incontrôlable. Car j'avais besoin de contrôler le monde autour de moi, ma vie. Et j'avais perdu ce contrôle. Le soir je pleurais toute l'eau que mon corps possédait. Mon corps était fatigué. Très fatigué. Paula avait beau essayer de comprendre, de m'aider de toutes les façons qui lui passaient par la tête, je me noyais. En continu. Chaque jour, chaque minute, chaque seconde, je me noyais de plus en plus et bientôt, je ne pourrais remonter à la surface. Plus rien ne faisait sens. Je perdais pied.

Le temps passait et mon corps se fatiguait de plus en plus. Je voulais la paix, la tranquillité d'esprit. Je voulais que Booth quitte mon esprit, qu'il cesse d'habiter mes rêves la nuit. Je voulais la fin de tout ça. Je me sentais atrocement mal. Et ce n'était plus seulement psychologique mais physique. J'avais perdu tellement de poids. J'en étais arrivé a des extrêmes. Des choses que Bones n'aurait pas fait. Jamais. Des choses que le Booth qu'elle aimait, le Booth dont elle pensait qu'il l'aimait aussi, l'aurait sauvée. Mais Booth était absent et Bones n'était plus.

Cherchant comment arrêter tout cela, je réfléchissais encore et encore. Et d'un coup, la solution m'apparut.

Je serai à Washington D.C après demain. Je viendrai te voir durant la nuit pour ne croiser personne. N'en parle pas. A bientot.

Je savais ce que je devais faire.