Partout où je tournais la tête, je voyais de nouvelles merveilles, que ce soit le magasin d'animaux de compagnie qui proposait hiboux, lézards, chats et autres crapauds, les balais qui passaient dans les rues en ramassant tous les détritus sans sembler être manipulés par personne ou encore les potions fumantes de l'apothicaire. Cependant, je ne pouvais pas trop m'extasier sur le paysage puisque je devais lire le plan et guider ma famille à travers ces rues plus qu'étrangères. C'est alors que j'entendis une voix derrière moi

« Eh toi, tu as besoin d'aide ? »

Je me retournais et vis une jeune file qui semblait avoir mon âge. Elle était un peu plus petite que moi, portait une longue robe argentée ornée de dragons dorés que je vis avec étonnement se déplacer sur le tissu et souriait d'un air aimable. Ses cheveux d'un noir de corbeau étaient réunis en une natte qui lui battait les fesses à chaque pas. Derrière lui se trouvait un homme grand et mince, il avait l'air sévère et portait une robe blanche. Ses cheveux grisonnants formaient une crinière autour de son visage aux traits fins. Je les regardais sans comprendre ce qu'ils me voulaient.

« Excusez-moi, je ne comprends pas...

-Bonjour, jeune homme, m'interrompit l'homme.

-Bonjour monsieur, répondis-je timidement.

-Messire serait plus approprié, je suis noble. Cependant, je vous excuse en raison de votre ignorance manifeste de ce genre d'affaires. Vous me semblez être issu de Moldu, me trompe-je ?

-Issu de... oui, c'est cela mons... messire, bafouillais-je.

-Cessez donc, Père, vous le terrifiez ! Excuse mon père, il adore se donner des grands airs.

-Athéna ! s'exclama son père.

-Comment tu t'appelles, demanda-t-elle sans se formaliser de l'intervention de son père.

-Laurent Eliham, dis-je d'une voix que j'espérais ferme, et toi ?

-Je suis Athéna de Blancbaston et voici mon père, François de Blancbaston. C'est ta famille ?

-Euh, oui, voici ma mère, Marie Eliham, mon frère aîné Georges et sa copine Amina Fofana et ma sœur aînée, Lucie. Mais pourquoi me demandais-tu si j'avais besoin d'aide ?

-Parce que tu as l'air complètement perdu, ce qui n'est pas étonnant si tu viens d'une famille de Moldus. Si tu veux, nous pouvons t'aider.

-C'est à dire ?

-Je suppose que tu vas en Premier Banquet, cette année ? Comme j'y vais aussi, je vais te montrer les boutiques et ce qu'il faut acheter.

-Euh... merci beaucoup, c'est très gentil.

-De rien, c'est normal. Il faut s'aider dans la vie, sinon comment peut-on espérer de l'aide quand on en a besoin.

-Madame, dis son père, daignerez-vous que nous vous guidions dans vos achats ?

-Avec joie messire, répondit ma mère, je dois vous dire que j'étais complètement perdue ici.

-Bien, alors c'est d'accord. Athéna, Laurent, que diriez-vous de commencer par les baguettes ?

-Avec joie Père, je trépigne de gaieté à la simple pensée d'avoir ma propre baguette.

-Bien sûr messire, répondis-je en souriant. »

Souriant pour la première fois, M de Blancbaston ouvrit la marche en compagnie de ma mère, fendant la foule qui semblait s'écarter devant lui. Je demandais alors à Athéna

« Pourquoi tout le monde s'écarte devant ton père ?

-Il est connu, nous sommes une famille très importante. Excentrique, mais importante.

-Excentrique ? Je ne vois pas en quoi vous êtes excentriques.

-C'est bien simple, très peu de membre d'une autre famille noble se seraient abaissés à adresser la parole à une personne issue de Moldu. Encore moins à la guider dans ses achats. Mais nous, les Blancbaston, respectons les personnes, toutes les personnes.

-Je vois. Chez les Moldus aussi, on aime pas trop les gens différents. Enfin, certaines personnes ne les aiment pas, comme tu peux le voir, ce n'est pas le cas de toutes, ajoutais-je en montrant mon frère qui tenait la main d'ébène d'Amina.

-Oui, je m'en doute rit-elle. Sinon, qu'est-ce qu'ils font tes parents ?

-Oh, rien de bien palpitant comparé à ce que doivent faire les tiens. Ma mère est directrice dans un lycée, c'est une école Moldue. Mon père est médecin.

-Mais si, c'est très intéressant. Ça doit être génial de diriger une école. Et ma mère est Médicomage, c'est comme médecin. Mon père, lui, est Bailli, c'est nos politiciens.

-Ah oui, tu viens vraiment d'une famille importante. La politique, c'est...

-Oh, tu sais, c'est normal. Nous sommes une famille noble, c'est de tradition que nous nous engagions en politique. D'ailleurs, mon père espère que je prendrais sa suite lorsque j'aurais fini mes études.

-Et toi, tu le veux ?

-Bien sûr, ce serait génial. Je l'ai déjà accompagné à Brocéliande, c'est passionnant. Brocéliande est l'endroit où se réunit notre assemblée législative. Ne t'inquiète pas, on va tout t'expliquer à Beauxbâtons.

-Comment ça, il y a des cours de soutien pour les Nés-Moldus ?

-Non, tu auras les mêmes cours que les autres, mais on l'enseigne à tout le monde. Tu verras, tu t'habitueras vite. Sinon, tu as d'autres frères et sœurs ?

-Non, je n'ai qu'eux. Et toi ?

-Oui, j'ai un frère de neuf ans et une sœur de sept. Et aussi un demi-frère de dix-sept ans.

-Un demi-frère ?

-Mon père était veuf, ma mère est sa deuxième femme. Ça a beaucoup fait jaser leur mariage d'ailleurs.

-Pourquoi ? Ce n'est pas courant chez les sorciers de se remarier ?

-Oh si, même, et surtout, chez les nobles. Ce qui posait problème, c'était le rang de ma mère, bien qu'elle soit une Médicomage connue jusqu'à l'étranger, elle n'était pas jugée d'assez bon lignage puisqu'elle descend de Moldus elle aussi. Mais mon père s'en fout, c'est un mariage de cœur. Avec sa première femme, il avait satisfait sa famille, là, il se satisfaisait lui même.

-Je comprends, c'est bien que ton père soit si ouvert. Généralement, les plus vieilles familles sont les plus réactionnaires.

-Ouais, mais on est pas comme ça, nous. Même si mon père reste très à cheval sur certaines choses, comme le messire.

-Ah oui, je n'ai pas bien compris cette histoire. Je ne peux pas l'appeler monsieur ?

-Non. Je vais t'expliquer, monsieur est réservé aux gens du commun que tu respectes. Pour les Nobles et les Baillis, il faut dire messire. Et Sire pour le Régisseur et le Connétable de Brocéliande. Sinon, on peut considérer que tu leur manque de respect. D'ailleurs, tu devrais m'appeler Damoiselle. C'est comme ça qu'on dit pour les jeunes gens que l'on respecte.

-Oh, bien sûr, excusez-moi Damoiselle.

-Mais non, rit-elle, moi je ne m'en préoccupe pas. Et puis je t'aimes bien, tu es sympathique, tu peux m'appeler Athéna. Et me tutoyer aussi. Mais à Beauxbâtons, on m'appellera sûrement Damoiselle et tu devras faire de même pour les autres enfants de Nobles.

-D'accord Athéna, dis-je en souriant.

-Les enfants, nous sommes arrivés, annonça le père d'Athéna en s'arrêtant devant une enseigne indiquant i Au Bâton de Sorbier /i . Entrez, nous vous suivons. »

Machinalement, j'ouvrais la porte et laissais passer Athéna avant d'entrer à mon tour, sans remarquer le regard admiratif de la jeune fille. La boutique était sombre, les chandelles peinant à suppléer la lumière du soleil bloquée par la crasse qui recouvrait la fenêtre. Derrière le comptoir, on devinait la silhouette d'un homme gras. Il semblait porter une simple robe noire et avait des cheveux graisseux et épais qui retombaient par paquets sur son visage. Son visage était mangé par une barbe épaisse et mal peignée qui semblait avoir retenu les restes de ses derniers repas. Quand il nous sourit, je faillis reculer en voyant les chicots noirâtres qui garnissaient ses mâchoires, du moins ceux qu'il restait.

« Bien le bonjour messire de Blancbaston, je suppose que c'est pour cette chère Athéna ? Et qui vous accompagne ? Des amis à vous ?

-Monsieur Frênaie, quelle joie de vous revoir. Je viens pour une baguette pour ma fille. Nous accompagnons également cette chère famille de Moldus qui aurait besoin d'une baguette pour son plus jeune fils, Laurent.

-Bien sûr, bien sûr. Les enfants, suivez moi dans l'arrière boutique. »

J'hésitai un instant, puis je suivis Athéna. En passant derrière le bureau, je sentis une épouvantable odeur m'assaillir, comme si quelque chose pourrissait dans la boutique depuis des lustres. Me retenant de vomir, j'entrais dans l'arrière-boutique par une petite porte dont le bois était si vermoulu qu'on avait l'impression de pouvoir l'émietter d'un seul doigt. La pièce qui s'étalait devant moi ne ressemblait pas du tout à ce que je m'imaginais.

Je pensais que les baguettes seraient toutes exposées et que je n'aurais qu'à choisir celle qui me conviendrait. En fait, il n'y avait que des boîtes, des centaines de boîtes les unes sur les autres, rangées dans des étagères selon un classement fantasque auquel seul le gros homme semblait comprendre quelque chose. Il était déjà en train de s'activer, allant d'une étagère à l'autre pour prendre telle ou telle boîte, faisant avancer son énorme masse d'une manière que je n'imaginais pas possible pour quelqu'un de cette corpulence.

« Damoiselle, veuillez prendre place, les dames d'abord comme on dit. Comme vous le savez, c'est la baguette qui choisit le sorcier et non l'inverse. Aussi, vais-je commencer par prendre quelques mesures, écartez les bras, tenez vous droite et laissez-vous faire. Damoiseau, ce sera à votre tour ensuite. »

Je mis un temps à comprendre qu'il s'adressait à moi, je n'étais pas encore habitué à ce genre de langage. J'observais bien ce qu'il faisait à Athéna afin de savoir ce qui m'attendait. Malgré tout ce que j'avais déjà vécu, je ne pus réprimer un sursaut en voyant un gros mètre-ruban rouge surgir et commencer à mesurer Athéna. Il prenait des mesures de son bras gauche, de sa poitrine, de sa tête et de divers autres parties du corps. Au bout d'un instant, il lut le parchemin qui était apparu à côté du ruban. Il hocha la tête et prit plusieurs boîtes.

« Tenez Damoiselle, essayez celle-ci, 25cm, bois de sapin et cheveux de Vélane, rigide. »

Athéna prit la baguette mais aussitôt le gros homme la lui arracha en marmonnant « Non, ça n'ira pas. » Puis, plus clairement « Celle-ci ? 32 ,25cm, bois de frêne et ventricule de Dragon, extrêmement rigide. » Cette fois-ci, Athéna put agiter la baguette avant de se la voir confisquer « Non, non, non, ça ne va pas du tout. Plutôt ceci, 25cm, bois de houx, crin de licorne, souple. » Athéna prit la baguette avant de la lâcher d'elle-même.

« Elle m'a brûlée, s'exclama-t-elle

-Cela arrive, répondit le vendeur, essayez-en une autre. Voilà, 32cm, bois d'ébène et corail, extrêmement souple. »

Cette fois-ci, dés qu'Athéna prit la baguette, celle-ci produisit une lumière vive qui entoura la jeune fille avant de disparaître. Le gros homme hochait la tête, l'air ravi « Parfait, voilà celle qui vous conviendra. Dites à votre père qu'il me devra trente Heaumes. A votre tour jeune Damoiseau, quelle est votre main de prédilection ?

-Euh... je suis droitier.

-Bien, faites comme vous avez vu votre amie faire. »

Je me plaçais comme Athéna l'avait fait. Le mètre me mesura, puis le gros homme me proposa une baguette en disant « 23cm, bois de houx, crin de licorne, très souple. » J'eus à peine le temps de tendre la main qu'il la reprenait et en prenait une autre. « 25cm, bois de rose et cheveux de Vélane, assez flexible. » Je pris la baguette avant de lui rendre sans savoir pourquoi. « Je vois qu'elle ne vous convient pas. Celle-ci, peut être, 29,5cm, bois d'if et plume de phénix, plutôt souple. » Cela continua ainsi durant une dizaine de minutes, chaque baguette ne semblait pas me vouloir comme maître et j'avais de plus en plus peur de ne pas être un vrai sorcier ou qu'il n'y avait aucune baguette qui me conviendrait dans cette boutique.

« Étrange, dit le gros sorcier en reposant une énième baguette. A moins que... attendez un instant. » Il bondit avec une vivacité surprenante vers une coin encore plus sale et plein de toiles d'araignées que le reste de la pièce. Il sortit une boîte crasseuse et l'ouvrit après avoir soufflé l'épaisse couche de poussière qui reposait dessus. « Tenez Damoiseau, celle-ci pourrait vous convenir. »

Je pris la baguette sans un mot et aussitôt, une douce chaleur m'inondait le ventre, comme si je me tenais auprès du feu lors des longues soirées d'hiver. Je compris que c'était ma baguette et sourit au gros homme qui hochait la tête. « 27,5cm, bois d'acacia et ventricule de dragon, extrêmement rigide, voilà une baguette bien particulière Damoiseau Eliham, je ne vends que rarement des baguettes d'acacia à des sorciers de premier cycle. Cela vous fera trente Heaumes. »

Je hochais la tête à mon tour et allait rejoindre ma mère. Athéna me suivit et le gros vendeur fit un signe de la baguette pour ranger toutes les baguettes avant de nous suivre. Il récupéra les soixante Heaumes avec un sourire puis nous sortîmes de la boutique. J'étreignais ma baguette avec joie, j'étais un sorcier « bien particulier », cela me remplissait de fierté. M de Blancbaston nous conduisit à une autre boutique, une librairie cette fois-ci. Le reste de la matinée se passa ainsi à errer dans les rayons de la librairie en bavardant avec Athéna et en suivant les conseils de son père.

Ainsi, je pus faire l'acquisition de tous mes livres. Nous allâmes ensuite à la boutique d'animaux de compagnie. Celle-ci était un magasin pimpant, où l'enseigne d'un rose criard annonçait Un Tours de Hibou. Je vis Georges lever un sourcil devant la nullité du jeu de mot. Je pouffai puis nous y entrâmes tous. La vendeuse était une petite femme qui avait réussi l'exploit de trouver des vêtements encore plus tapageurs que son enseigne, sa robe orange fluo jurant horriblement avec le chapeau jaune pétant au moins aussi grand qu'elle. J'eus énormément de mal à me retenir de rigoler et Amina dût ressortir de la boutique pour camoufler ses éclats de rire.

Athéna s'avança vers la sorcière et dit d'une voix ferme « Bonjour Madame Chagall, ce serait pour un animal de compagnie.

-Bien sûr Damoiselle, que voudriez vous comme animal ?

-Un chat si possible. »

Je souris en entendant la précision, la boutique était tout simplement remplie de chats, on ne pouvait faire un pas sans risquer de heurter l'un de ces animaux. Il y en avait de toutes les tailles et de toutes les couleurs. Je vis même un gros chat violet qui balançait la queue avec une expression que j'aurais presque interprété comme un sourire si les chats pouvaient sourire. La sorcière posa quelques questions à Athéna avant de l'amener vers un panier contenant une portée de chatons tout juste sevrés. Mais avant qu'Athéna ait pu les examiner, une créature émergea du fond de la boutique et lui bondit dessus.

Je poussai un cri de stupeur mais la jeune fille attrapa l'impudent et semblait sourire. Je pus voir un animal semblable à un chat mais avec de grandes oreilles et surtout une queue de lion. Il avait un pelage ocellé et ronronnait de contentement dans les bras d'Athéna. La vendeuse sourit et prit la parole.

« On dirait qu'il vous a adopté. C'est un Fléreur, une créature magique. Celle-ci est une femelle. Il vous faudra une autorisation de la Prévôté des Créatures si vous voulez le garder, mais elle fera une merveilleuse compagne surtout qu'elle vous apprécie. Elle n'a pas encore de nom, donc vous pourrez la nommer comme bon vous semble.

-Mmmm, bien, je voudrais l'appeler Roxane, qui signifie Reine.

-Très bon choix, approuva son père.

-Et toi mon petit, dit Madame Chagall en m'adressant la parole, que voudrais-tu comme animal ?

-Eh bien... je ne sais pas trop, je suis Moldu, alors...

-Que dirais-tu d'un hibou ? Ils sont très utiles, ils peuvent livrer le courrier, tu sais ?

-Eh bien... pourquoi pas ? Comme ça, je pourrais envoyer des lettres à ma famille, c'est ça ?

-Oui, c'est ça. En hiboux, nous avons des Grands-Ducs, des Effraies, des Hulottes, un peu de tout quoi. Viens voir, ils sont par là. »

Je la suivi dans une arrière-boutique où l'on pouvait voir une volière contenant près d'une centaine d'oiseaux de nuit. Je les observais, tâchant d'en trouver un qui me plairait. Puis je me décidais pour une petite chouette chevêche que je trouvais mignonne. La vendeuse l'examina et me fit savoir que c'était une femelle d'un an qui n'avait pas encore reçu de nom. Je choisis de la prénommer Minerve, j'aimais beaucoup les légendes parlant d'Athéna ou Minerve, la mythologie gréco-romaine étant les seuls récits fantastiques que j'appréciais.

Lorsque je revins dans la boutique, je vis Athéna commencer à rire en voyant ma nouvelle compagne. Je lui lançai un regard interrogateur et elle dit tout en continuant de rire :

« Je me disais que c'était assez ironique que tu prenne une Chevêche d'Athéna alors que je m'appelle Athéna. T'as fait exprès ?

-Euh... non, je ne savais pas que ça s'appelait une Chevêche d'Athéna. J'ai juste pris celle qui me paraissait la plus mignonne. C'est la vendeuse qui m'a dit quelle était sa race... Je l'ai appelée Minerve d'ailleurs...

-T'inquiète pas, c'est pas grave, dit-elle en voyant ma gêne, moi aussi je la trouve très mignonne. »

Nous sortîmes ensuite de la boutique. M de Blancbaston voulut alors prendre congé de nous puisque nous n'avions plus d'achats à faire. Mais ma mère l'avertit que nous n'avions aucun moyen de retourner chez nous puisque nous n'étions pas venus en voiture. Il offrit alors gentiment de créer un Portoloin pour nous ramener si nous lui donnions l'adresse exacte où nous souhaitions nous rendre. Après que ma mère eut fourni ce renseignement, M de Blancbaston créa un Portoloin à partir d'un vieux journal qui traînait.

Lorsque nous revînmes à notre maison, mon premier réflexe fut de me pincer pour m'assurer que je n'étais pas en train de rêver. Malgré tout ce que nous avions vécu, je ne pouvais imaginer que j'étais réellement un sorcier, ni même que j'avais vraiment rencontré Athéna. Mais nos achats clamaient que tout ceci était réel, d'ailleurs même le Portoloin nous le disait, bien qu'il ait perdu tout son pouvoir, puisque c'était un exemplaire de La Dépêche du Mage et que l'on voyait les personnages sur les photos bouger.

Je consacrais mon après-midi à ranger mes nouvelles acquisitions et à échafauder une excuse plausible avec ma mère pour expliquer ma désinscription du collège et ma disparition de la ville. Il fut enfin admis que ma famille déclarerait à ceux qui poseraient trop de questions que j'étais inscrit à un internat pour enfants surdoués, ce qui était la vérité en un sens. Lorsque mon père rentra et qu'on lui exposa toute l'affaire, il faillit s'évanouir de stupeur mais prit assez bien la chose par rapport à ce que je craignais.