Chapitre 11 : Cinq ans plus tard

J'entrais en Première Chasse, le deuxième cycle d'étude de Beauxbâtons. Après un cycle de Banquets dont j'étais extrêmement fier, puisque j'avais réussi à me classer deuxième de la promotion, deux points derrière Athéna, j'avais obtenu mon Brevet avec les Félicitations du Jury. Ce qui signifiait que je pouvais faire des sorts de magie mineure chez moi, et qu'il me fallait absolument trouver le Baccalauréat que je comptais faire. Pour cela les élèves avaient un entretien prévu avec le Gardien des Clefs de Beauxbâtons, en l'occurrence M Poivressel, un vieux sorcier grisonnant qui avait la réputation d'être extrêmement sévère. Personnellement, je m'étais découvert un véritable amour pour les Potions, la seule matière avec l'Histoire où je surpassais Athéna, et j'étais donc résolu à devenir Alchimiste Patenté, l'équivalent sorcier des chercheurs. Je me rappelais très bien de mon entretien avec le Gardien des Clefs au milieu de ma Quatrième Chasse

« Damoiseau Eliham, avait-il dit en me voyant entrer, prenez place. Avez-vous une idée de ce que vous comptez faire plus tard ?

-Tout à fait, avais-je dit avec entrain, j'ai envie de poursuivre mes efforts dans le domaine des potions, puisque c'est ma matière préférée, et donc je voulais devenir Alchimiste Patenté. C'est pour ça que je souhaiterais commencer un Baccalauréat Alchimiste l'année prochaine.

-Vous êtes bien au courant, Damoiseau, avait commencé le vieil homme d'une voix sombre, que c'est le Bac le plus difficile à obtenir ? Alchimiste Patenté est également un métier très difficile et qui exige beaucoup du sorcier qui souhaite le devenir. Ce n'est pas que je veuille vous décourager, mais je doute...

-Maître, l'interrompis-je, qu'est-ce que vous insinuez ? Que je ne suis pas à la hauteur de mes ambitions ?

-Et bien, vous comprenez sans doute que les potions exigées lors d'un concours pour devenir Alchimiste Patenté seront bien plus difficiles que celles que vous faites cette année. Alors je ne doute pas que tant que les Potions vous semblent faciles, vous aimiez les pratiquer. Mais est-ce que la difficulté ne va pas finir par vous rebuter ?

-Est-ce que vous avez lu mon bulletin avant de m'interroger ? Je suis le meilleur des dix classes de Quatrième Banquet en Potions. J'ai eu la note maximale à tous les devoirs, et les Potions sont ma meilleure moyenne avec l'Histoire. Qu'est-ce qu'il faut que je fasse selon vous, que je m'oriente vers la Botanique où j'atteins difficilement la moyenne ? Ainsi, ce sera difficile, mais je serais habitué à la difficulté ?

-Oh, excusez-moi Damoiseau, je ne pensais pas que...

-Vous pensiez que je n'étais qu'un petit Issu-de-Moldu à la noix et que j'avais des notes moyennes, mais sans plus, c'est ça ?

-Pas du tout, bredouilla-t-il d'un ton qui confessait que j'avais touché au but, simplement, vous ne ressemblez pas exactement à...

-Ah, il y a une certaine apparence à adopter pour devenir Alchimiste ? J'aimerais bien le savoir avant de m'entraîner.

-Bien Damoiseau, votre entretien est terminé, je transmettrais votre vœu de passer en Bac A. Avant de partir, un deuxième choix au cas où vous ne seriez pas pris ?

-C'est inutile, si je ne suis pas pris en bac Alchimiste, alors c'est qu'il n'y aura personne en Bac A Première Chasse l'année prochaine. Je sais ce que je vaux Maître. J'aurais simplement aimé que les adultes qui s'occupent de mon orientation le sachent avant de me conseiller. »

Et j'étais parti avec un simple signe de tête. Je savais pertinemment avoir été insolent envers le principal responsable de la discipline de l'Académie. Mais j'avais une réputation de bon élève et je savais que la plupart de mes Professeurs, à commencer par Mademoiselle Delacour qui s'occupait des Potions saurait que je n'étais pour rien dans cette affaire. Au final l'affaire n'eut aucune suite, si ce n'est le fou rire d'Athéna et Louis quand je leur racontais la façon dont j'avais mouché le Gardien des Clefs et mon passage en Bac A.

Et lorsque j'abordais cette Première Chasse, cette cinquième année à Beauxbâtons, ce n'était absolument pas l'angoisse de la difficulté prochaine des cours qui m'étreignait le ventre. C'était plutôt l'angoisse d'être séparé de mes deux amis pour l'année. En effet, Athéna s'était orientée, logiquement, vers le Bac E, le Baccalauréat Enchanteur, qui était la voie suivie par la plupart des personnes se lançant dans la politique. Enfin Louis avait choisi le Bac Commandeur, car il souhaitait devenir un chasseur de Mage Noirs, ou Échevin. Nous allions donc être dans trois classes différentes et même si nous avions les mêmes matières pour une bonne part de notre emplois du temps, la répartition horaire différente impliquait que nous ne pourrions pas suivre les mêmes cours.

Fort heureusement, nous étions toujours dans le même château, aussi je ne m'inquiétais pas trop. Celle qui me manquait beaucoup plus était bien entendu Claire. Bien qu'elle m'ait pardonnée depuis longtemps, je ne m'étais moi-même jamais pardonné de ne lui avoir pas avoué ma vraie nature plus tôt. Et je regrettais amèrement de ne pas pouvoir la voir plus souvent, de ne même pas pouvoir lui parler souvent, foutus sorciers rétrogrades avec leurs lettres qui mettaient plusieurs jours à traverser la France. Mais au moins, nous profitions pleinement des vacances, à un point où mes parents avaient l'impression qu'elle emménageait carrément chez nous chaque été. Cette année, je l'avais même emmené sur le Chemin de Traverse pour lui faire découvrir le monde dont je lui parlais sans cesse.

Mais pour l'heure j'étais dans une cabine en compagnie de mes deux amis sorciers à parler de ce que l'on avait fait durant nos vacances et de la façon dont on espérait que la prochaine année, notre première année dans la cour des grands, allait se passer.

« Moi, dis-je, ce qui me fait vraiment chier, c'est que je me retrouve encore avec trois heures de botanique. Ça veut dire que je vais devoir massacrer des plantes vertes pendant encore trois heures par semaine...

-Tu sais, se moqua gentiment Louis, tu es censé faire pousser les plantes, pas les martyriser.

-J'y peux rien moi, répondis-je d'un ton plaintif, si je n'ai pas la main verte. Toutes les plantes dont je m'occupe finissent par mourir. C'est à peine si mes parents me laissent tondre la pelouse, alors tu penses, m'occuper de Tentacula Vénéneuse et autres Snargalouf ?

-Ca, c'est clair que tu n'as pas la main verte, rigola Athéna, je crois que Madame Roseraie n'a jamais été aussi surprise que le jour où tu as réussi à faire mourir les Bulbefers. Tu te rappelles ces mauvaises herbes réputées increvables qu'elles nous montraient en Deuxième Banquet ?

-Tu vois que j'ai au moins un talent, répondis-je sur le même ton, au moins je n'aurais jamais de mauvaises herbes dans mon jardin.

-Si tu as un jardin un jour, confie-le à ta femme, m'avertit Louis en riant, sinon on verra un désert stérile derrière ta maison à chaque fois qu'on viendra te voir.

-En parlant de femmes, reprit Athéna sur un ton taquin, Louis, tu sais que tout Beauxbâtons te soupçonne te sortir avec Amélia Bellefleur ? Pourquoi nous on en sait rien ?

-Eh mais pas du tout ! Je la connais pas cette fille, c'est juste une Deuxième Chasse qui a flashé sur moi et qui m'a coincé dans un placard l'année dernière juste avant la fin des cours. J'allais quand même pas la stupéfixer ! Ou pire la gifler !

-Nan, tu t'es fait coincé par une fille qui a deux ans de plus que nous ? Ma parole, elles sont toutes à tes pieds, dis-je en riant.

-Ouais, enfin, ça m'arrangerait qu'elles arrêtent. Et puis moi je m'en fous, j'ai aucune envie d'être en couple avant d'avoir mon Bac, na !

-Même pas avec Perséphone de Belléclair * ? glissa malicieusement Athéna

-Euh, répondit Louis en rougissant, peut-être que je ferais une exception pour une certaine personne, oui. Mais bon, elle ne s'est jamais intéressée à moi.

-Attendez, les interrompis-je, vous parlez de qui ?

-Laurent, des fois t'as de la bouse dans les yeux, soupira Athéna. Ça fait au moins deux ans que notre cher Louis est amoureux de Perséphone de Belléclair, tu sais la petite brune aux grands yeux dorés de la Classe B ? Sauf que notre Don Juan qui fait tomber les cœurs de la moitié de Beauxbâtons est trop timide pour aller voir une fille de son âge.

-Mais attends, j'y peux rien moi, se défendit Louis. En plus elle est beaucoup trop bien pour moi, c'est une Belléclair, et moi je suis de double-lignée, et...

-Louis, le coupais-je à nouveau, qu'est-ce qu'on a dit sur la pureté du sang ?

-Eh c'est même pas une question de pureté de sang. C'est le fait qu'elle est l'héritière d'un demi-million d'écus, alors que je suis un pauvre fils de journaliste. On est juste pas du même monde.

-Mais vous allez à la même école depuis 5 ans. Vous avez eu les mêmes matières, avez passé le même examen. Et accessoirement, elle continue ses études, au lieu de faire sa petite héritière et de passer son temps dans son manoir à compter ses écus...

-Ouais, elle fait un Bac E comme toi, tout le monde sait que les trois-quarts de la noblesse sorcière passe par le Bac E pour devenir bailli...

-Et, disais-je avant que tu ne m'interrompes, elle retourne à Beauxbâtons pour suivre un bac C. Et si tu veux savoir, selon mes sources tu es dans la même classe qu'elle. Alors, toujours pas du même monde que toi ?

-Oh non, c'est une catastrophe !

-Louis Charles Thomas Sèvres, dis-je en me levant, tu...

-S'il te plaît, dit Louis très vite, ne prends pas ce ton là Laurent, tu ressembles à ta copine moldue et ça fait peur. »

J'éclatais de rire en même temps qu'Athéna en voyant sa mine effrayée, et il nous rejoignit vite. Mais je repris vite un air sérieux pour lui parler.

« Bon ok, je voulais pas forcément te faire peur. Tout ce que je voulais dire, c'est que tu dois arrêter de te dresser des barrières imaginaires, on a vu ce que ça a donné en Première Banquet. Et tu as été très bien accueillie quand tu as enfin accepté de les franchir, non ? Cette fille, elle ne m'a pas l'air d'être une petite aristocrate snobinarde, je veux dire elle consent même à mettre la main à la pâte pour chasser le mage noir. Je pense qu'elle ressemble plus à notre Athéna que à la caricature de fille de Noble que tu imagines sans doute. Tu ne crois pas que tu pourrais lui laisser une chance ?

-Laurent...

-Quoi ?

-Tu sais que t'es chiant ?

-Pourquoi, demandais-je exaspéré.

-Parce que t'as toujours raison ! Ça m'énerve ! »

Et à nouveau nous éclatâmes de rire en cœur. Alors que j'essayais de reprendre mon souffle, la porte de notre compartiment s'ouvrit sur une jeune fille qui semblait avoir à peu près notre âge. Elle était plutôt petite, avait des cheveux bruns qu'elle avait coiffé en queue de cheval, des yeux dorés que je trouvais de toute beauté et un visage en forme de cœur. C'est alors que je compris qu'elle était sûrement la Perséphone dont nous étions justement en train de parler et un coup d'oeil à l'expression de Louis me le confirma.

« Salut lui dis-je avec un sourire, tu veux quoi ?

-Bah, rien de spécial, dit-elle en hésitant un peu. C'est juste que ça fait vingt minutes que je tourne dans le bateau et je trouve pas de compartiment libre.

-T'es toute seule ?

-Oui, un peu. Mes deux amis ne sont pas revenus à Beauxbâtons.

-Allez viens t'asseoir, dis-je en souriant. Tiens, prends ma place, ajoutais-je en lui indiquant le siège à côté de Louis, alors comment tu t'appelles ?

-Perséphone, Perséphone de Belléclair. Et toi, tu es Laurent Eliham, c'est ça ?

-Oui répondis-je en rougissant, je ne savais pas que j'étais si connu.

-Bah, t'as été le deuxième du Brevet, donc tu peux être sûr que tous les Nobles qui étudient en Chasse te connaissent, repérer les petits génies, c'est un peu notre boulot. Ou si on ne le fait pas nous-même, les parents nous le rappellent. Ah et salut Athéna, bien sûr.

-Salut Perséphone, répondit mon ami avec un grand sourire.

-Vous vous connaissez, dit Louis stupéfait.

-Louis, expliqua Athéna d'un ton las, nous sommes toutes les deux des filles d'une des dix plus puissantes familles sorcières de France, alors oui on se connaît depuis l'enfance. Globalement, tu connais tous les enfants sorciers de ton village ? Je connais tous les enfants sorciers de la Noblesse, c'est comme ça qu'on est élevé.

-Oh bonjour Louis, dit la jeune arrivante en tournant la tête vers mon ami, je ne t'avais pas reconnu tout de suite. Tu as beaucoup changé cet été. Mais pourquoi tu n'as pas rejoint le compartiment de Bellefleur ? »

Je souris en voyant que la jeune fille rosissait en regardant le beau jeune homme. Je fis un clin d'œil à ma voisine, c'était dans la poche.

« Mais je ne suis PAS avec Bellefleur ! Rugit Louis, c'est cette folle qui m'a sauté dessus ! Et si elle recommence, galanterie française ou pas, je la stupéfixie et je l'abandonne dans un placard !

-Eh bien, dis-je en rigolant, tes bons sentiments n'ont pas tenus longtemps.

-Bah faut bien que je fasse un exemple, je ne vais pas me taper toute la moitié féminine de l'Académie non plus.

-Donc si demain je me jette sur toi, glissa malicieusement Athéna, tu me stupéfixies et tu me jettes dans un placard pour que je reste dans la poussière pendant une heure ?

-Bien sûr que non, se défendit Louis.

-Ah tu flashes sur Athéna, ajoutais-je.

-Ah non pas du tout ! Mais c'est juste que... je sais qu'elle craque pas sur moi, et qu'elle n'est pas assez conne pour faire ça. Merlin, mais laissez moi tranquille !

-Sinon, nous coupa Perséphone, vous êtes au courant pour cette année ?

-Cette année ? demandais-je en cherchant vainement dans ma mémoire à quoi la brunette pouvait faire référence.

-Par le caleçon de Saint-Renaud, vous ne savez pas ce qu'il se passe cette année à Beauxbâtons ? Athéna, toi tu sais, bien entendu ?

-Bien sûr que je sais, mon père est toujours au courant de tout. Et si par mégarde il oublie de m'en informer, je m'assure de corriger cet oubli, ajouta-t-elle avec un sourire malicieux.

-Mais vous parlez de quoi à la fin, m'énervais-je !

-Cette année, Beauxbâtons accueille le Tournoi des Trois Sorciers, annonça fièrement Perséphone. Et c'est ma mère qui, en tant que Prévôt des Relations Étrangères, a participé à son organisation et va être l'un des cinq Juges du Tournoi.

-Le Tournoi des Trois Sorciers, murmura Louis les yeux exorbités.

-C'est quoi ce tournoi demandais-je.

-Le Tournoi des Trois Sorciers, m'apprit Athéna qui était habitué à mon ignorance des choses sorcières, est une compétition sportive entre les trois plus grandes écoles de magie d'Europe, Beauxbâtons, la meilleure des trois, Poudlard, chez nos voisins anglais, et Durmstrang, en Bulgarie, qui a une très sinistre réputation. Le Tournoi a eu une histoire mouvementée, causant la mort de plusieurs participants et même parfois de certains juges, ce pourquoi il a été arrêté en 1792, après qu'une Cocatris ait blessé les trois directeurs. On a essayé de le ressusciter en 1994, mais Voldemort en a profité pour faire son retour en Angleterre, un des compétiteurs est mort ainsi que l'un des organisateurs anglais, et l'Angleterre sorcière a été plongée dans une guerre de trois ans. Du coup on en a plus vraiment entendu parler, mais la France a décidé de faire une troisième tentative avec des vraies mesures de sécurité cette fois.

-Tu oublies le plus important Athéna, ajouta Perséphone qui semblait surexcitée à présent, le Tournoi des Trois Sorciers est devenue le Tournoi des Cinq Sorciers. Enfin, on a gardé l'ancien nom, mais deux écoles se sont ajoutées à la liste.

-Non ? Qui ça ? Attends, ne me dis rien, je suis sûr qu'il y a Belrifugio, l'école italienne. Ça fait quinze ans que tout le monde parle de l'Italie sorcière, ils n'ont pas pu l'exclure du Tournoi. Et ensuite, il y a Lauspeck, l'école allemande ! L'Allemagne est un des grands pays sorciers, elle a dû insisté pour venir, non ?

-Tu y es presque, sourit Perséphone. Il y a bien entendu Belrifugio, les Italiens ont étés intenables. Tu sais, leur pays se développe à toute vitesse, ils appellent ça la Seconde Renaissance et en sont extrêmement fier. Du coup ils veulent absolument épater tout le monde. Mais même si les Allemands, les Suédois et les Grecs ont tous essayé de s'imposer, aucune de leurs écoles n'ont vraiment la carrure pour le Tournoi des Trois Sorciers. Tu imagine, l'école grecque a été refondée cinquante-six fois, et l'école actuelle n'existe que depuis 3 ans. Aucun participant n'aurait eu une formation magique complète. Ils ont donc étés recalés, et c'est Koldovstoretz qui a été choisie.

-L'école de magie russe ? Je ne savais même pas que la Russie Sorcière existait encore.

-Mais si, et ils ont étés tellement arrogants. Ma mère était folle à chaque fois qu'elle revenait d'une entrevue avec Ivan Blagorod, leur Prévôt des Relations Étrangères. Toujours à prendre ses désirs pour des réalités, il parlait d'organiser le Tournoi avant même que l'on ait fini de discuter de sa candidature. Mais je digresse, au final l'Italie et la Russie ont étés acceptées, la France va accueillir le nouveau Tournoi, et cette année va être géniale. Ah et comme cinq écoles sont en en lice, on a décidé que ce serait organisé tous les deux ans. Ce qui signifie que nous pourrions nous présenter en Troisième Chasse. Enfin, si le Tournoi est une réussite cette année, bien sûr.

-Eh bien, que de nouvelles, dis-je abasourdi. Tu as de la chance d'avoir une mère aussi haut placé.

-Ton amie est la fille du Connétable de Brocéliande et Premier Baillis de Normandie, c'est pas mal non plus.

-Ouais, dit comme ça, c'est vrai que Athéna n'est pas n'importe qui. Bref, je propose que l'on se change, on va arriver dans quelques minutes à présent. »

Tandis que les filles partaient se changer dans les toilettes, Louis et moi restions dans le compartiment, après en avoir fermé les volets. Nous descendîmes ensuite du bateau pour être accueillis par la grosse voix rauque du Capitaine, « Les Premiers Banquets, avec le Directeur. Les Banquets vous allez avec le Directeur-Adjoint, il vous attend. Les Chasse, vous allez avec le Gardien des Clefs. Allez plus vite que ça, je dois ranger mon bateau moi. »

Nous nous dirigeâmes donc vers la droite où le Gardien des Clefs nous attendait. Il commença à faire l'appel, et je rejoignais l'unique classe de Bac A. Il y avait par contre trois classes de Baccalauréat Enchanteur et Commandeur, et deux pour le Bac Guérisseur. Toutes les classes comptaient une quinzaine d'élèves. Je tâchais de reconnaître quelques têtes connues dans ma classe, mais échouais. Je ne m'étais pas vraiment mêlé aux autres élèves durant mes années de Banquets, Athéna et Louis me suffisaient, et je m'en voulais un peu à présent.

Par contre je fus très heureux de constater que notre professeur principal serait Mademoiselle Delacour pour cette année, elle fit l'appel, puis se présenta rapidement et nous annonça qu'elle serait le professeur principal de cette classe pendant les trois années à suivre. Elle aimait bien suivre les élèves qu'elle recevait, comme la plupart des Professeurs de l'Académie, et elle nous dévisagea chacun à tour de rôle, comme pour bien imprimer nos visages dans sa mémoire. Ensuite elle nous demanda de la suivre.

« Je sais que c'est votre cinquième année à Beauxbâtons et vous avez l'impression de conaître le château comme votre poche, ou du moins comme votre propre maison. Mais je suppose que pas un seul d'entre vous n'est allé dans le Pavillon de Chasse pour l'instant. Alors nous allons faire comme en première année et vous allez me suivre pour une petite visite de ce Pavillon. Allons-y. »

En somme, le Pavillon de Chasse n'était guère différent de celui des Banquets, simplement plus petit, bien que les chambres soient légèrement plus grandes, pour notre grand bonheur. Il n'y avait toujours pas l'autorisation d'entrer dans l'aile du sexe opposé, et je ne vérifiais même pas si les sorts qui garantissaient cette interdiction avaient étés posés dans ce Pavillon là. Par contre, le couvre-feu passait de vingt-trois heures à minuit. Le Professeur Delacour nous suggéra enfin de nous rendre au Réfectoire pour y prendre le Déjeuner. En entendant les estomacs les plus bruyants gargouiller, elle éclata de rire, et nous convergeâmes vers la cantine avec la plupart des autres élèves de l'Académie.

Arrivés dans la grande salle je rejoignis mes deux amis et notais avec amusement que Perséphone n'avait pas quitté Louis, qui semblait ravi. Brièvement, je racontais ma visite du Pavillon, sachant qu'on avait tous eu la même, et nous parlâmes un peu de nos vacances en attendant que le service soit annoncé.

« Au fait, proposa Athéna, Perséphone, tu as un maillot j'espère ?

-Bien sûr, pourquoi ?

-Parce qu'on va se baigner pardi ! Ça fait quatre ans qu'on va se baigner ensemble à chaque rentrée, pour profiter de l'été, et j'ai bien envie d'essayer la Plage des Sirènes. Alors, tu es partante ?

-Génial ! D'habitude, je m'enferme dans la bibliothèque à la rentrée, mais un bain de mer me semble une bien meilleure idée.

-A a bibliothèque, si tôt, demandais-je. Enfin, j'adore lire, mais pas quand il fait un aussi beau soleil et que je retrouve mes amis sorciers après deux mois de vacances.

-Bah mes amis à moi squattaient la bibliothèque presque tout le temps. Honnêtement, ils étaient un peu barbants, mais chut. C'est des relations importantes pour ma vie future.

-Tiens d'ailleurs, dit Athéna en souriant, tu veux faire quoi plus tard ? Moi je vais prendre la suite de mon père, Louis va faire un excellent Échevin et Laurent sera un des plus brillant Alchimistes du siècle, mais toi ? Comme tu ne fais pas de Bac E, tu ne veux pas faire comme ta mère, je me trompe ?

-Non, tu as tout bon. Je vais essayer de devenir Femme-Lige.

-Et tes parents sont d'accord ? s'exclama Athéna.

-Ils n'ont pas leur mot à dire, fit-elle avec un sourire féroce. Mais ils ont fini par se faire à l'idée.

-C'est quoi une Femme-Lige, demandais-je.

-Eh bien, c'est un métier assez risqué, qui consiste à assurer la protection rapprochée d'un sorcier important. Il y a les Hommes-Liges Patentés, qui sont au service de la Régie et protègent les officiels, par exemple ma mère a toujours deux Hommes-Liges près d'elle, et quatre quand elle part à l'étranger. Et puis il y a les Hommes-Liges Traditionnels, ils se lient à une personnalité ou une famille en particulier et ne les quittent plus. Je compte devenir une Femme-Lige Patentée, les Traditionnels sont généralement de vieilles familles qui se transmettent le poste de génération en génération.

-En somme, tu deviens garde du corps, c'est ça ?

-Oui et non. J'assure les mêmes responsabilités qu'un garde du corps moldu, mais le contrat magique qui scelle un accord d'Homme-Lige a beaucoup plus d'implications. Je vais aussi être responsable de leurs secrets, et je risque de mourir si je trahis leur confiance. Un Homme-Lige est une personne en qui tu peux avoir une absolue confiance, du moins si le contrat te lie directement à lui. Il ne peut pas être corrompu, ne peut pas raconter n'importe quoi par erreur et a même généralement une résistance aux potions et aux sorts de confusion les plus courants. Si tu ajoutes à cela un entraînement de cinq ans pour parfaire la magie offensive et les capacités de résistance à la douleur ou à l'Imperium et tu comprendras aisément pourquoi il n'y a pas beaucoup d'Hommes-Liges au chômage, finit-elle en riant.

-Ouah, ça a l'air passionnant. Enfin, pour ceux qui aiment l'action.

-Bah ça dépend. Au vu de la réputation de la Guilde, autant dire que les sorciers protégés ne sont pas souvent attaqués. Donc contrairement à un Échevin ou à un Quartenier, 99% de la carrière dans la salle d'entraînement et à des soirées mondaines. Bref, un boulot qui a une très bonne réputation, mais où on peut s'emmerder comme un rat mort. Et même si la Guilde a une excellente réputation, ça reste un travail manuel, loin des honneurs auxquels une de Belléclair peut aspirer. D'où le fait que mon père a voulu me déshériter quand je lui ai annoncé ça l'année dernière.

-Ah ouais, ça plaisante pas dans ta famille. Moi j'ai dû expliquer pendant deux heures à ma famille ce que signifiait Alchimiste Patenté. Jusqu'à ce que ma mère résume par « Oui, bah tu veux faire chimiste quoi. ». On se sent tellement soutenu dans ces moments là...

-Bah, nous on te soutient, intervint Athéna.

-Merci répondis-je en rougissant un peu. Bref, on va chercher ces maillots ou pas ? A ce rythme, on n'aura pas fini de se changer qu'il faudra déjà aller dîner. »

Nous nous séparâmes donc pour aller chacun dans nos chambres. En me changeant dans la mienne, je remarque mon reflet dans la psyché qui est installé dans ma chambre et me détaille un moment en maillot de bain. Mouais, pas vraiment changé depuis mes onze ans, toujours un profil de crevette déplumée. Contrairement à mon frère qui a une carrure de rugbyman, ou à mon beau gosse d'ami, je dois peser une cinquantaine de kilos pour moins d'un mètre et demi. En même temps, j'ai jamais aimé le sport, je préfère me servir de mon cerveau. Et puis honnêtement, en quoi on a besoin de muscles quand on est un sorcier et un futur Alchimiste Patenté ?

Je me détourne vite de la glace pour rejoindre les filles à la plage. Athéna a bien changé elle, par contre. Ses formes commençaient à se dessiner et elle n'avait plus du tout l'air d'une enfant, bien qu'elle ne semblait pas encore tout à fait adulte. Elle portait un maillot de bain une-pièce d'un bleu profond et décoré de coquillages rouges qui s'ouvraient et se refermaient. Perséphone avait choisi un maillot rouge en deux parties, le bas était décoré d'étoiles filantes dorées, tandis que le haut arborait des hippogriffes également dorés. Enfin Louis qui me rejoignit au même instant portait un short de bain vert décoré de pieuvres argentées. Je n'avais pas l'air très fin avec mon maillot moldu noir, mais tout le monde s'en fichait.

La Plage des Sirènes était un peu plus petite que celle de Moby Dick, mais beaucoup plus jolie. Nous commençâmes à nous baigner à grand coup d'éclaboussures et de jeux divers. Lorsque Athéna et Perséphone décidèrent de bronzer un peu, Louis commença à chercher des coquillages sur la plage. Très attiré par le large, je me lançai un sort de Têtenbulle et métamorphosais deux coquillages en une paire de palmes que j'enfilais rapidement. Je m'éloignais ensuite, plongeant vers les hauts-fonds pour tenter d'y repérer des poissons. Je vis un grand nombre de poissons colorés et m'amusais à essayer de les reconnaître selon les souvenirs du livre de biologie marine qu'on m'avait offert à Noël dernier.

C'est alors que je distinguer ce qui ressemblait à une tête plus loin, je m'en approchais et pus ainsi voir une belle jeune fille qui se baignait nue. Je la saluais en détournant un peu la tête, gêné de croiser une autre étudiante dans cette tenue. C'est alors qu'elle me tourna le dos et je vis avec stupéfaction qu'elle avait une queue de poisson à la place des jambes. Je remontais en vitesse à la surface et courrais vers mes amis, mi-excité, mi-apeuré.

« Ouah, fis-je en reprenant mon souffle, j'ai vu une jeune fille dans l'eau. Elle avait métamorphosé ses jambes en queue de poisson. Ça doit être pratique.

-Laurent, dit Athéna, mi-amusée, mi-consternée, ce n'était pas une fille, c'était une sirène.

-Y'a des sirènes dans la mer ?

-Pourquoi tu crois qu'on appelle ça la Plage des Sirènes rit Louis, elles s'amusent souvent dans ce coin. Si tu veux, on viendra un soir, c'est à cette heure-là qu'elles sortent de l'eau pour se peigner et discuter sur les rochers.

-Et elles parlent français ? demandais-je très intéressé.

-Pourquoi, tu comptes les draguer se moqua Athéna.

-Mais non, bien sûr que non, répondis-je en rougissant. C'est juste que c'est des créatures magiques, à moitié humanoïdes, aquatiques et très certainement intelligentes. Ça doit être génial de leur parler !

-Non, elles ne parlent pas français, répondit Louis. Enfin peut-être que certaines ont appris des langages humains, mais il ne me semble pas que ce soit le cas de ces sirènes là. Faudra assouvir ta curiosité sur autre chose.

-Mouais. Je vais voir, j'ai peut-être une idée pour contourner l'obstacle de la langue. Faudra que je fasse des recherches à la bibliothèque. Au fait, ajoutais-je pour changer de sujet, vous avez une idée de quand les clubs reprennent ?

-Dans quelques semaines comme d'habitude, répondit Perséphone, enfin je suppose. Tu es inscrit à des clubs Laurent ?

-Un peu, répondis-je en souriant. Je suis dans le Club de Lecture depuis que je suis arrivé, et en Troisième Banquet j'ai rejoint le Club de Potions, vu que c'est interdit aux moins de treize ans. Ah et je suis aussi inscrit au Club de Soin aux Créatures Magiques.

-Un vrai petit intello, sourit-elle sans que je sache vraiment si elle se moquait de moi ou si elle était sérieuse. Moi je suis uniquement inscrite au Club de Duel, où je croise Louis quelques fois.

-Moi répondit ce dernier, je suis aussi inscrit aux Club d'Echecs. Athéna est inscrite au Club de Lecture avec Laurent, mais elle fréquente aussi le Club de Quidditch.

-Eh ben, t'es plus sportive que je ne le pensais, rit Perséphone de son amie. Tu comptes tenter d'entrer dans une équipe ?

-Oui sûrement, celle des Chasse de l'Ombre vu que je viens de Normandie. J'avais été recalé de peu l'année dernière, mais je me suis entraînée dur cet été, on va bien voir.

-Comment ça se déroule le championnat, demandais-je. J'ai été voir quelques matchs avec Athéna, mais j'ai jamais vraiment compris le système.

-En gros, il y a six équipes à Beauxbâtons selon les répartitions géographiques et les niveaux. Par exemple la Normandie se trouve dans la Marche de l'Ombre, il y a aussi celle du Couchant et celle du Levant, mais bon on apprend ça en Premier Banquet. Donc il y a les Banquets de l'Ombre, du Couchant et du Levant, les Chasses de l'Ombre, du Couchant et du Levant. Ces six équipes s'affrontent tous les dimanches dans un tournoi amical. Chaque victoire rapporte un point, une défaite en fait perdre un et un match-nul, ce qui n'arrive presque jamais, ne rapporte pas de points. Et comme les comptes de points ne sont pas réinitialisés chaque année, le record actuel est de 93 points, détenu par les Banquets de l'Ombre depuis 1634. Actuellement c'est les Chasses de l'Ombre qui sont en tête avec 52 points.

-Ca va, c'est plutôt intuitif. Et toi Athéna, tu comptes jouer à quel poste ?

-Je voudrais être poursuiveuse, c'est comme ça que je suis la meilleure. On verra bien si je suis prise, mais je pense vraiment avoir mes chances, j'ai un excellent niveau, et les deux meilleures poursuiveuses ont eu leur Bac l'année dernière.

-Pas de fausse modestie, dis-je en riant.

-Jamais répliqua-t-elle avec un sourire féroce. Je sais ce que je vaux, et je vois pas en quoi prétendre le contraire m'avantagerait.

-On rentre, intervint Louis, j'ai faim.

-J'arrive, répondis-je, j'ai laissé mes affaires plus bas. »

Je laissais mes amis partir en avant et laissais mon regard errer sur la mer calme. Je songeais aux sirènes et à ce que Louis m'avait dit d'elles. Et tandis que j'étais plongé dans mes pensées, je vis l'une d'elles sauter hors de l'eau, étrange mélange entre un dauphin et une nageuse artistique. Ses sœurs la rejoignirent vite, et rapidement une dizaine de sirènes faisaient des cabrioles au dessus de l'eau tandis qu'une douce lumière baignait la crique. Je souris devant ce spectacle, mais me forçais à bouger avant d'être en retard pour le Festin de Bienvenue.

Une fois dans la Salle des Festins, je me plaçais entre Louis et Athéna, comme à mon habitude, et attendis avec eux le discours du directeur. Le Professeur Magnus se leva et le silence se fit presque aussitôt. Âgé de plus d'un siècle, c'était un grand sorcier, dont les cheveux ne formaient plus qu'une mince couronne de neige sur sa tête, mais étaient largement compensés par une formidable barbe blanche qui lui courrait jusqu'aux genoux. Il était très respecté dans l'école et à l'extérieur, et sa voix familière tonna dans l'immense salle.

« Mes chers élèves, je suis heureux de vous accueillir pour une nouvelle année en notre compagnie. J'espère que vos vacances se sont bien passées et que vous vous faites une joie de retrouver votre vieille école. A tous les petits nouveaux, je vous souhaite bienvenue et j'espère sincèrement que vous trouverez ici une deuxième famille.

Cette année, se préparer un événement d'une grande importance, ajouta-t-il avec des pétillements dans les yeux, notre école va accueillir le Tournoi des Trois Sorciers. »

Des murmures s'élevèrent dans toute la salle, mais un geste du Professeur Magnus y mit fin. Il reprit alors son discours avec un grand sourire.

« Je vois que vous vous réjouissez autant que moi de cette nouvelle. Je voudrais cependant apporter quelques précisions, et pour ce faire je laisse la parole à Aurélie de Belléclair, Prévôt des Relations Étrangères.

- Tout d'abord, reprit une femme à l'air sévère qui ressemblait beaucoup à Perséphone, bien que l'on n'ait pas changé le nom historique de l'événement, ce sont Cinq Sorciers qui s'affronteront dans cette épreuve. Outre les écoles de Poudlard et Durmstrang, qui ont participé à tous les Tournois, nous accueillerons cette année les écoles de Belrifugio, en Italie et de Koldovstoretz, en Russie. Dans chaque école, tous les élèves de plus de dix-sept ans pourront se porter candidats, mais ceux qui ne sont pas majeurs devront demander l'autorisation de leurs tuteurs légaux**. Notre juge impartial jugera ensuite qui des élèves qui se sont proposés dans chaque école serait le meilleur pour représenter leur école.

Une fois les Champions choisis, chacun devra affronter trois épreuves qui testeront leurs capacités magiques, leur sens de l'improvisation et leur ingéniosité, entre autres choses. Ils seront notés par cinq Juges, les trois Directeurs, moi-même et mon collègue Kane Bergerac, Prévôt des Sports. Aucun abandon ne sera toléré, alors réfléchissez-bien avant de vous présenter. Je vous rassure, toutes les mesures de sécurité ont étés prises pour éviter toute blessure grave pendant le Tournoi. Mais cela reste une épreuve difficile qui n'est accessible qu'aux sorciers les plus expérimentés. Si vous ne vous en jugez pas capables, ne tentez rien, la sécurité passe avant une possible gloire.

Enfin, parlons de la récompense. Outre la gloire qu'apporte le fait de remporter le Tournoi des Trois Sorciers, le gagnant remportera une somme de 100 écus***, soit 60 000 heaumes. Nous avons également prévu de reverser 40 écus au deuxième. Cependant, organiser un tel Tournoi demandera du temps, c'est pourquoi le Directeur a décidé de réduire de moitié les matchs de Quidditch. En outre, nous aurons besoin des Terrains de Sports pour la Deuxième Tâche, ils seront donc indisponibles pendant les mois de Janvier et Février. C'est tout, merci pour votre attention et bon appétit. »

Lorsqu'elle eût fini son discours, le Professeur Magnus fit un signe au Gardien des Clefs qui ordonna de servir. Les premiers plats arrivèrent alors sur la table, et tout le monde se mit à manger en discutant de l'événement. Bien sûr pour nous quatre il n'y avait pas grand chose de nouveau, mais j'interrogeais tout de même Perséphone sur ce fameux juge impartial.

« Tu penses que ça va être ta mère qui va choisir les candidats ?

-Tu es fou ? Laisser le pays organisateur choisir pour se retrouver accusé de tricherie à la première épreuve perdue par une école étrangère ? Non, bien sûr que non. Elle m'a dit que ce serait un ancien objet magique.

-La Coupe de Feu intervint Athéna. C'est la Coupe de Feu qui choisit les Champions depuis l'invention du Tournoi. Mais au dernier elle a subi un puissant sortilège de confusion, tu penses qu'elle a été réparée ?

-Oui, je pense. Par contre ma mère m'a dit que la Coupe ne serait pas laissée au milieu de l'école cette fois. En fait, les candidats devront noter leur nom et leur école sur un bout de parchemin qu'ils remettront à leur Directeur, lequel les mettra tous ensembles dans la Coupe sous les yeux des cinq Juges. Et en attendant, la Coupe est conservée dans une salle secrète de Beauxbâtons par des sorciers des cinq pays membres.

-Eh bé, sifflais-je, pas mal de précautions pour la protéger.

-C'est parce que en 1994, un sorcier avait utilisé un sortilège pour faire croire à la Coupe que quatre écoles participaient. Du coup, cette fois-ci ils ont proposé de faire noter le nom de l'école, pour que la Coupe ne soit pas bernée par ce stratagème, et de la garder étroitement.

-C'était si grave que ça ? Je veux dire, on avait qu'à dire au deuxième Champion de l'école de ne pas participer.

-Laurent, me dit Athéna, quand tu te portes candidat, c'est un contrat magique. Si tu le brises, tu peux y perdre ta magie, voire ta vie. On ne sait pas trop, personne n'a essayé, mais les conséquences peuvent être catastrophiques. En plus cette année-là l'un des deux Champions de Poudlard est mort, alors ils veulent à tout prix éviter ce genre de problèmes.

-Je comprends, la rassurais-je. Donc si je récapitule bien, ce Tournoi est extrêmement difficile et on peut perdre sa magie voire sa vie en abandonnant. Vous pensez vraiment qu'il y aura des candidats ?

-Ne sous-estime pas la capacité de l'Homme à vouloir être héroïque me rétorqua mon amie d'un ton sarcastique, les morts n'ont jamais freiné les candidatures. D'ailleurs, tu remarqueras que le Tournoi a été arrêté après la blessure des Directeurs, et non pas après l'une des vingt-sept morts qu'a causé le Tournoi.

-Des morts ? Mais ils sont fous !

-Ne t'en fais pas, me rassura Perséphone, cette fois-ci toutes les mesures de sécurité ont étés prises pour qu'il n'y ait aucun problème. »

Je hochais la tête, puis la conversation continua. Les deux Nobles avaient des tas d'anecdotes à raconter sur le Tournoi, j'appris ainsi que c'était Beauxbâtons qui avait remporté le Tournoi le plus de fois, et que Poudlard avait proposé d'arrêter le Tournoi parce que deux des trois champions étaient morts. Comme à l'édition suivante la Cocatrice avait blessé les directeurs, la décision avait été unanime. Depuis, les trois pays avaient de nombreuses fois tenté de ressusciter le Tournoi, et cette année, c'était la quinzième fois qu'ils essayaient. Cependant, la seule fois où le Tournoi avait bien été organisé, c'était en 1994 avec les conséquences désastreuses connues.

Une fois rassasiés, chacun retourna dans sa chambre en se souhaitant bonne nuit. Une fois dans ma chambre, je récupérais les affaires amenées par les Elfes. Je sortis notamment une grande cage où trois hiboux m'accueillirent avec des cris de joie et que je posais près de la fenêtre, la porte grande ouverte. Sur une étagère je posai le terrarium où vivait mon python morellia viridis, que j'avais appelé Cléopâtre. Je sortis également un cadre de photo représentant Claire que je posais sur la table de chevet en compagnie d'un autre où l'on voyait ma famille au complet, Papa, Maman, Georges, Lucie, Amina et même Marc le nouveau copain de Maman. Enfin je posais sur une étagère le grand terrarium qui abritait la colonie de fourmis que m'avait offert Claire il y a cinq ans. Je me blottis enfin dans mon lit, ravi de retrouver Beauxbâtons, ma deuxième maison.

* Si vous trouvez que ce nom ressemble beaucoup à celui d'un certain français dans une fic nommée Les Bâtisseurs de Alixe... c'est voulu ;)

** Dans la France sorcière, c'est bien 18 ans l'âge de la majorité, ce n'est donc pas une erreur de préciser qu'il faut l'autorisation des parents pour participer.

*** D'après mes calculs, cela représente 1385 gallions, soit un peu plus que la récompense du véritable Tournoi. En euros on est sur une différence d'à peu près 2 500 euros. Mais bon, les nombres ronds ça fait plus classe, et je pense que quand on organise des festivités de cette ampleur, on est plus à 3000 euros près XD

PS : beaucoup de notes de bas de page pour ce chapitre dites donc ^^

Un petit mot pour la fin, je n'ai pas envie de faire du chantage à la review, déjà parce que c'est malhonnête, et pis bon je sais très bien que ça marche pas. Mais je demande à la petite dizaine de lecteurs qui suivent cette histoire, s'il vous plaît laissez des reviews. C'est pas grand chose pour vous, mais c'est très important pour moi ;)