Bonjour à toutes et à tous, ça va aujourd'hui? Voilà la suite de l'histoire, avec les Champions et un petit incident pour rappeler que c'est pas parce qu'on est sorcier qu'on peut faire n'importe quoi XD

Chapitre 12 : Champions et Potion

Tandis que les semaines passaient, je repris vite l'habitude des cours. Être en Première chasse était bien plus exigeant que d'être en Banquet, d'abord parce que les cours étaient plus durs, et de loin, surtout en Sortilèges et en Potion. Mais aussi parce que j'étais seul, j'avais été séparé de mes amis pour les cours, mais m'en faire de nouveau était presque impossible. Il régnait dans la classe un sentiment de compétition que je trouvais assez malsain, bien que je le comprenais parfaitement. En effet, nous savions tous que nous nous destinions à des carrières prestigieuses, Alchimiste, Forgeur de Sorts, Maître des Formes, etc...

Ces métiers étaient souvent très différents, mais ils avaient tous un point commun, nous étions des chercheurs. Hors les places étaient rares pour cette catégorie de personnes, tant dans le privé qu'auprès de la Régie de la Magie, la plupart étaient déjà prises et se libéraient rarement (les sorciers vivent vieux, et faire de la recherche ne tue pas autant qu'Auror), et nous savions donc très bien qu'une rude compétition allait nous attendre à la fin de l'Académie. Il nous faudrait trouver un Maître, passer des concours bien plus difficiles que l'examen du Bac, et affronter nos camarades pour ce faire. Aussi la plupart des élèves ne tentaient même pas de se lier d'amitié dans leur classe, les amitiés se feraient après l'école, lorsque nous travaillerions ensemble avec l'assurance d'avoir une place.

Alors je me contentais de Louis, Athéna et Perséphone. Je m'étais même fait au climat de la classe, faisant attention à ne pas laisser traîner mes notes de cours, et refusant toute tentative de dialogue avec un autre Bac A. Même les profs le savaient, ils ne nous poussaient pas à travailler ensemble, ni à sympathiser avec nos camarades. Ce qui était assez logique, les matières les plus importantes comme Potions, Sortilèges ou bien métamorphose étaient enseignées par des chercheurs comme nous, qui avaient accepté le poste de professeur moins par envie d'enseigner que par nécessité d'un vrai salaire. Je m'en aperçu notamment lorsque je trouvais un livre de Gabrielle Delacour en faisant des recherches pour son cours.

En parallèle de la quantité monstrueuse de devoirs que nous donnaient les enseignants, je suivais les Clubs de Potion, de Lecture et de Soin aux Créatures Magiques. Mademoiselle Delacour qui organisait le Club de Potions avec son collègue Monsieur Puyvenin m'avait averti que je risquais d'être surchargé, mais je lui avais assuré que je saurais gérer mon emploi du temps. Et en effet, je me plaçais en première place de ma promotion dès les premiers contrôles, mis à part en Botanique. Malgré cette matière, j'étais le premier de la classe, et bien que je n'y accordais pas beaucoup d'importance, je vis que ça m'attirait les jalousies d'un bon nombre d'élèves, m'isolant encore plus.

Enfin, je trouvais le temps de flâner sur la Plage le soir. Depuis la rentrée j'étais resté fasciné par les Sirènes et j'avais fait de nombreuses recherches à la Bibliothèque tout en tentant d'entrer en contact avec elles, sans succès. Malgré mes recherches je n'avais pu trouver aucun sort de traduction efficace, et je compris rapidement que l'intérêt des Sorciers pour les Créatures Magiques restait assez limité. Mais je ne me décourageais pas, j'avais un objectif et je voulais l'atteindre.

En Club de Potions, je me mis à plancher sur une nouvelle potion, une adaptation de la Potion de Méninges qui me permettrait d'apprendre rapidement la langue des sirènes. Mademoiselle Delacour était très enthousiasmée par mon projet, la plupart des membres du Club se contentaient de réviser leurs cours, voire de fabriquer des potions qui n'étaient pas au programme. Mais essayer de créer une nouvelle potion à partir d'une potion bien connue était un projet tout à fait différent, bien qu'assez peu original en dehors de l'école.

Je savais que j'allais avoir du mal, mais je ne me décourageais pas. Je n'ai jamais été un fainéant, et la découverte de la sorcellerie avait encore décuplé mon envie d'apprendre. La plupart des élèves me jalousaient parce qu'ils me voyaient triompher et obtenir les meilleures notes sans cesse, et ce avant même l'Académie. Mais je ne rougissais pas de mes capacités, elles étaient non pas dues à un don ou des prédispositions, mais à un solide travail, même hors période scolaire. Et bien que je m'étais moqué d'Athéna, j'étais d'accord avec elle, je n'allais pas rougir de ce que je savais faire simplement parce que des gens moins doués ou, surtout, moins travailleurs me jalousaient.

Au mois d'octobre, les quatre délégations étrangères arrivèrent à Beauxbâtons. Durant les deux semaines précédentes, on put sentir l'anxiété des professeurs augmenter. Les plus sévères firent pleuvoir mauvais points et retenues, d'autres nous donnèrent une surcharge de travail, voulant s'assurer que leurs élèves sauraient impressionner les étrangers, et la plupart nous accablèrent de recommandations pour ne pas ternir l'honneur de l'Académie auprès des écoles étrangères. Notamment auprès de Durmstrang qui avait sinistre réputation. Enfin, le 30 Octobre, les délégations arrivèrent par une fraîche soirée d'automne. Nous étions tous rassemblés devant l'entrée du Palais.

Les premiers arrivés furent les élèves de Belrifugio. J'étais au milieu des élèves, discutant avec Athéna des écoles de magie étrangères quand quelqu'un poussa un cri. Un des Premiers Banquets montra le ciel, et nous vîmes une forme s'approcher. Elle rayonnait de mille feux, et alors qu'elle s'approchait, nous vîmes un gigantesque char s'approcher, tiré par quatre chevaux du même acabit. Les chevaux n'avaient pas d'ailes et semblaient simplement galoper dans le vide, leurs crinières de flammes flamboyant à travers la nuit. Ils étaient menés par un homme gigantesque, dont la barbe rayonnait comme le Soleil et s'approchaient à grande vitesse.

Leur atterrissage ne se fit pas en douceur, et le char valdingua un peu, mais le cocher resta digne. Je m'inquiétais plus pour les passagers, réfugiés sous une tente carrée qui me rappelait un peu les tentes des légions romaines. Lorsque le char s'arrêta, nous vîmes que la pelouse était carbonisée là où il était passé, mais je regardais plutôt la tente s'ouvrir pour laisser sortir deux élèves qui firent apparaître un marche-pied près du char. Un homme descendit alors du véhicule, bien que petit et assez laid, il était digne et se drapait dans une robe de sorcier rouge. Il salua le Professeur Magnus d'un vague signe de tête et prit place à ses côtés avec l'air de quelqu'un qui ne trouvait pas les lieux à son goût.

Avant que nous pûmes commenter l'apparence des sorciers italiens, tous vêtus du même uniforme blanc avec une bordure rouge, Durmstrang arriva. Leur vaisseau sortit des eaux près de la Plage de Moby Dick, et ils sortirent comme une armée à la parade, rangés deux par deux derrière un grand sorcier aux cheveux noirs. Tous emmitouflés dans des capes de fourrures, on pouvait à peine distinguer garçons et filles, et ils se rangèrent à gauche de nous sans un mot. Leur directeur s'autorisa cependant quelques mots avec Magnus, qu'il salua comme un vieil ami.

Un bruit de tonnerre retentit alors. Je levais les yeux vers le ciel clair, mais un nouveau bruit de tonnerre retentit, et je sentis le sol trembler. Je vis alors avec stupéfaction ce qui ressemblait à un mortier géant s'approcher de l'école, porté par un immense pied qui sautait et retombait sur le sol lourdement, causant ce raffut. Baba Yaga, me glissa Perséphone, une des sorcières russes les plus connues. Après avoir sauté au dessus du char des italiens, plus par bravade que par nécessité, jugeais-je, il se plaça face au Palais et les Russes sortirent de l'étrange véhicule, empruntant une étroite échelle de corde. Ils étaient vêtus eux aussi de fourrure, mais semblaient bien moins disciplinés que les Bulgares et suivirent leur directrice en troupeau.

La directrice de Koldovstoretz était une jeune femme digne et martiale. Elle portait un manteau de fourrure, mais elle l'ôta en arrivant sur les marches du Palais et le tendit à un Elfe de Maison apparu aussitôt. Elle portait en dessous une robe assez chaude d'une belle couleur blanche mouchetée de noir, ainsi qu'une écharpe faite d'une peau de loup. Elle salua à peine le Directeur italien mais entra en grande conversation avec le bulgare et le français.

Poudlard arriva bonne dernière. Ils vinrent aussi par les airs, une étrange créature descendit sur le Parc. Je mis un moment avant de m'apercevoir qu'elle n'était pas vivante mais faite de métal enchanté pour bouger comme une créature vivante. Elle avait la tête d'un lion, un corps et des pattes de blaireau, des ailes d'aigle lui permettant de voler et enfin un serpent à la place de la queue. Athéna me chuchota que chacun de ces animaux étaient le symbole d'une des quatre maisons de l'Ecole et que les quatre réunis symbolisaient Poudlard.

Le serpent s'abaissa alors jusqu'à terre, devenant ainsi une rampe tandis que l'arrière train de la créature se fendait en deux pour laisser sortir les élèves, leur directrice en tête. Vêtue d'une robe aux motifs écossais, elle avait un air sévère, des cheveux blancs et des lunettes carrées. Mais je fus extrêmement surpris en voyant un autre adulte à ses côtés, grand, il avait des cheveux noirs en bataille, des lunettes rondes et ne semblait pas très à l'aise. Les anglais qui les suivaient semblaient les plus indisciplinés des élèves, ils bavardaient et se rangèrent en pagaille à nos cotés, n'hésitant pas à se mêler avec les élèves étrangers.

Les deux adultes rejoignirent les professeurs et la directrice anglaise salua son homologue français. Je vis le deuxième adulte sourire et commencer à parler avec Mademoiselle Delacour qui rougit légèrement. Le Professeur Magnus nous ordonna alors de rentrer dans la Salle des Festins, où tout le monde s'attabla. Madame de Belléclair prit une nouvelle fois la parole, commençant par souhaiter l'amitié entre les peuples, le rapprochements entre les élèves malgré les différences de culture et autres vœux habituels. « Comme certains d'entre vous ont pu le constater, nous accueillons en invité d'honneur M Harry Potter, vainqueur du dernier Tournoi des Trois Sorciers. »

Une ovation souligna ses paroles notamment chez les anglais. Les autres applaudirent poliment l'homme qui se leva, fit un signe timide de la main, et se rassit vivement, visiblement mal à l'aise. Mademoiselle Delacour lui dit quelque chose qui le fit rire et il se dé mère de Perséphone poursuivit son discours. « Comme vous le savez déjà, notre juge impartial va désormais choisir un Champion par école pour le Tournoi des Trois Sorciers. Les élèves venus jusqu'ici de pays étrangers sont normalement tous candidats. Cependant, si l'un de vous souhaite se désister à la dernière minute, c'est tout à fait compréhensible au vu des risques encourus pour ce tournoi, et aucune sanction ne sera prise contre vous. »

Au vu du regard du Directeur italien, il n'était pas prêt à respecter cette règle là, et je sentis que chez les bulgares non plus il n'y aurait pas beaucoup de désistement. « Mais il est temps de vous présenter notre juge. Monsieur Poivressel, la Coupe de Feu s'il vous plaît. Le Gardien des Clefs s'avança et plaça une grande boîte sur la table des Professeurs. Un coup de baguette la fit disparaître, dévoilant une grande coupe en bois qui n'aurait pas été très impressionnante si elle ne contenait pas une grande flamme bleue.

« Voici la Coupe de Feu, répéta Madame de Belléclair. Jusqu'à demain soir, tous les élèves souhaitant participer au Tournoi devront écrire leur nom et le nom de leur école sur un bout de parchemin et le rendre à leur Directeur respectif. Au dîner de demain, les Directeurs mettrons les candidatures de leurs élèves dans la coupe de Feu, puis celle-ci désignera un candidat par école. »

Je vis alors Harry Potter marmonner quelque chose, et je compris qu'il était la personne qui avait été obligé de participer au Tournoi parce qu'un mage noir avait trompé la Coupe de Feu. Pas étonnant qu'il semble si mal à l'aise et n'ait pas envie de revoir le Tournoi des Trois Sorciers, il ne devait pas en garder un très bon souvenir. La Coupe de Feu fut ensuite retirée et l'appel du Gardien des Clefs fit apparaître les plats du festin. J'eus alors la surprise de découvrir des plats inconnus parmi la cuisine habituelle de l'Académie.

« Ça c'est russe, m'apprit Perséphone alors que je regardais avec suspicion une sorte de ragoût à la viande, les Elfes ont préparés quelques plats étrangers pour flatter nos invités. Je pense que tu peux goûter à tout, sauf peut-être à la cuisine anglaise. »

Je ris en l'entendant critiquer l'Angleterre. Apparemment, l'anglophobie française n'était pas réservée aux Moldus. Toujours curieux, je testais plusieurs plats étrangers. Je ris doucement en voyant l'air dégoûté des Anglais devant un plat d'escargot à l'ail, au moins l'animosité était réciproque. Bien que je n'en faisais pas vraiment une affaire, après tout, on était là pour le rapprochement des peuples. Une belle jeune fille rousse en uniforme de Poudlard me demanda alors en français si elle pouvait s'asseoir à côté de moi.

« Euh oui bien sûr, répondis-je en anglais. Tu n'avais pas de place ?

-Si, si, reprit-elle dans ma langue maternelle, mais je n'aime pas les gens par là en fait. Beaucoup trop bruyants et malpolis. Au fait, on peut parler en français, ne t'en fais pas, ma mère est française.

-Oh vraiment ? C'est cool ça, donc tu connais un peu la France, tout ça. Comment tu t'appelles ?

-Oui, je connais très bien la France. Je suis Victoire Weasley, et toi ?

-Laurent Eliham, répondis-je. Ça c'est Athéna de Blancbaston, Louis Sèvres et Perséphone de Belléclair, mes amis. Tu es candidate pour le Tournoi ?

-Bien sûr, sinon je ne serais pas venu. Mon copain est mort d'inquiétude à l'idée de ce qui pourrait m'arriver, mais je n'ai pas peur. Ma mère a participé au dernier Tournoi, ajouta-t-elle, alors j'ai envie de voir si je peux redresser l'honneur familial, elle a fini dernière.

-Comment s'appelait-elle, demandais-je poliment.

-Elle était la Championne de Beauxbâtons, Fleur Delacour.

-Attends, dis-je avec surprise, Delacour ? Comme Mademoiselle Delacour ?

-Oui. C'est ma tante qui est assise à la table des Professeurs. Tu la connais ?

-Elle est ma prof principale cette année, et ma prof préférée dans l'Académie. Mais comment ta mère s'est retrouvée en Angleterre ?

-Oh, elle a rencontré mon père en Angleterre, il... il rendait visite à Harry Potter, parce qu'il était comme sa famille. Ils sont tombés tout de suite amoureux et se sont mariés quelques années plus tard, alors qu'ils ne s'étaient vu que quelques heures le jour de leur rencontre. On habite en Angleterre, mais ma mère reste très attachée à la France. Je suis à Poudlard, mais je dois avouer que Beauxbâtons triompher me fera grand plaisir.

-Ca va, t'as deux chances sur cinq de gagner alors, dis-je en riant. Et la vie en Angleterre, c'est sympa ?

-Assez. Un peu plus humide que le Sud de la France, mais on s'y habitue. Beauxbâtons est très beau, presque autant que Pudlard.

-C'est parce que tu n'as pas vu le reste du château, dis-je pour plaisanter. Et la pluie je connais, je suis normand. Chez nous on a une blague, on dit toujours que l'Angleterre est une colonie française qui a mal tourné.

-C'est pas très sympa pour vos amis anglais, dit-elle en riant. Pourquoi vous dites ça ?

-Bah je suis Issu-de-Moldu, et les Moldus normands ont conquis l'Angleterre il y a mille ans. Du coup, on est un peu fier de notre coup. A ton avis, ça sera quoi la Première Tâche ?

-Je n'en sais rien. Pour l'instant, je vais déjà essayer de me qualifier.

-Chaque chose en son temps, dis-je en hochant la tête. »

Nous discutâmes ainsi pendant tout le repas. Athéna, assise à côté de moi, ne dit presque rien, et il y avait trop de bruit pour entendre les personnes situées plus loin. Nous finîmes par nous séparer dans les Jardins, quand je rentrais dans les quartiers des Chasse, tandis que Victoire montait dans leur étrange créature. Elle m'expliqua que le corps de la bête étai magiquement agrandi pour laisser la place à des dortoirs filles et garçons et fut très jalouse d'apprendre qu'à Beauxbâtons chacun avait sa chambre.

Le lendemain, nous eûmes à nouveau le droit à un festin. Je me dis que ça ne devait pas devenir une habitude, sinon la moitié de Beauxbâtons allait prendre cinq kilos en quelques semaines. Nous vîmes avant le repas les Directeurs placer un par un les noms de leurs élèves. Victoire s'était à nouveau assise à côté de moi et anxieuse, elle me tenait le bras comme pour se rassurer. Je ne comprenais pas pourquoi cette fille m'attirait autant, elle semblait comme sa tante dégager une attraction magnétique qui faisait qu'on ne pouvait que l'aimer. Mais je ne me faisais aucune illusion, elle n'était pas mon genre, et de son côté elle m'avait dit qu'elle avait un copain.

Enfin la Coupe fut placée près de Madame de Belléclair, qui saisit le premier papier. « Le Champion de Beauxbâtons dit-elle d'une voix forte est... Mathieu Fofana ! » Une ovation secoua les Bac C, c'était un Troisième Chasse de leur promotion qui avait été choisi. Un grand jeune homme noir se leva et salua l'assemblée avant d'aller rejoindre les Directeurs qui le firent passer dans une petite salle. J'applaudis à tout rompre, je le connaissais un peu et savais qu'il était un excellent sorcier.

« Pour Durmstrang, reprit la Prévôt aux Relations Étrangères une fois le tumulte apaisé, Katrina Petrova ! » Nouvelle ovation du côté de Durmstrang. Aucun d'eux ne sembla déçu, ils saluaient leur camarade, tandis que les autres écoles applaudissaient poliment. Une jeune fille se leva, elle était plutôt petite, avec le nez de travers et des dents trop grandes quand elle sourit, mais son regard me fit frissonner, une fille dangereuse celle-là. Il allait y avoir du sport.

« Pour Belrefugio, Leonardo da Silva ! » Un beau jeune homme se leva aussitôt, levant les bras en triomphe. Il me fit beaucoup moins impression que la Bulgare, semblant plus imbu de sa personne qu'autre chose, mais je me dis que la Coupe de Feu ne l'avait pas choisi par hasard.

« Pour Koldovstoretz, Igor Petrovitch », cette fois ce fut un grand gaillard de plus de deux mètres qui se leva. J'eus peur en voyant ses épaules larges et ses muscles qui se dessinaient même sous l'uniforme épais de son école, ce type là était une brute. Fort heureusement, le physique n'était pas tout dans une épreuve de magie, sinon les autres n'auraient eu aucune chance.

« Pour Poudlard... Victoire Weasley ! » Cette fois-ci je fis plus qu'applaudir poliment, m'exclamant aussi fort que les anglais, malgré les regards noirs que me lancèrent quelques élèves de l'Académie. J'étais sincèrement heureux pour ma nouvelle amie qui eût un grand sourire et se leva pour rejoindre les autres. Je vis que tous les garçons la suivaient du regard et me jurais de pousser plus loin mon enquête. Il y avait quelque chose avec elle qui ne tournait pas rond. En tout cas la compétition s'annonçait serrée d'après ce que j'avais compris de mes conversations avec la belle rousse, elle n'était pas une midinette et avait de grandes compétences magiques.

Peu de temps après que Victoire ait disparu dans la petite salle où les Champions s'étaient regroupés, les plats furent amenés des cuisines par magie. Quelques minutes plus tard Victoire nous rejoignit, les professeurs voulaient juste leur expliquer le déroulement du Tournoi, mais ne leur avait donné aucune information réellement utile.

Le lendemain, je rejoignis le Club de Potions, où Mademoiselle Delacour fut ravie de me revoir. Elle sourit quand je lui dis que j'avais parlé avec sa nièce. Mais nous embrayâmes rapidement sur les potions, je lui confiai les difficultés que j'avais avec ma potion, et elle me conseilla de partir sur une autre potion, pour me changer les idées. C'était ce qu'elle faisait quand elle peinait sur une potion compliquée, elle se changeait les idées avec quelque chose de connu, et quand elle revenait sur son problème initial, elle avait souvent de meilleurs résultats. Je pesais un instant la proposition, et me mis au travail en décidant de retravailler la potion de babillage que nous avions étudié en cours la semaine précédente. Bien que j'aie obtenu la meilleure potion de la classe, je n'en étais toujours pas satisfait, comme toujours. Je n'estimais une potion réussie qu'après l'avoir préparé plusieurs fois, et notamment en testant des idées qu'il me venait en la préparant.

J'ouvris donc mon manuel de potions à la page dédiée à la potion et commençait à rassembler les ingrédients. Je commençai par rapper de jeunes pousses de plantes à pipaillons, puis je coupai trois racines de mandragores en fines lamelles. Au bout d'une dizaine de minutes, j'ajoutai cinq feuilles d'armoise, et le livre demandai de tourner six fois dans le sens des aiguilles d'une montre. Je tournai donc cinq fois dans le sens indiqué, puis une fois dans le sens contraire, comme à mon habitude, afin d'homogénéiser la potion.

Ensuite je lus rapidement les inscriptions, il fallait à présent ajouter trois ailes de scarabées bousiers. Je pris les ailes, puis je me dis qu'elles se dissoudraient mal dans une potion aussi peu acide et les émiettai dans un mortier avant de les verser. Et en effet la couleur bleu lavande demandée fut obtenu bien plus rapidement une fois les ailes émiettées. Je notai donc la nouvelle indication dans la marge du livre de potions que j'utilisai. M Puyvenin me vit faire et ne put s'empêcher de faire une remarque.

« A votre place, dit-il d'un ton sévère, j'éviterai de dégrader le matériel scolaire. Vous pourriez vouloir revendre votre vieux livre de potions ou même le donner à vos enfants pour faire des économies.

-Horatius, répondit Mademoiselle Delacour qui m'observait depuis quelques minutes, je pense que si Damoiseau Eliham désire vendre son livre de potions il en tirera un bien meilleur prix une fois annoté par un futur Maître des Potions. Très ingénieux l'idée d'émietter les ailes de scarabées, ajouta-t-elle à mon intention.

-Simple question de logique, dis-je en rougissant un peu, les ailes doivent se dissoudre pour agir, et c'est plus simple lorsqu'elles sont émiettées.

-Alors pourquoi ne pas les réduire en poudre, dit M Puyvenin d'un ton venimeux, elles se dissoudraient encore plus facilement.

-Parce que la poudre d'ailes de scarabées ne se dissoudrait pas lentement, mais agirait directement. J'ai déjà eu le cas avec une Potion de Coloration, au lieu d'obtenir le bleu des ailes, la potion a violemment réagi et s'est beaucoup trop acidifié pour être applicable sur la peau.

-Très bien répondu, approuva le professeur d'un hochement de tête, vous êtes en bonne voie Damoiseau Eliham. Excusez-moi, je pense que je suis un peu trop habitué aux habituels ânes bâtés, je ne pensais pas rencontrer un futur confrère dans cette école. »

Je rougis sous le compliment, mais retournai rapidement à la préparation de ma potion, qu'il valait mieux éviter de laisser mijoter trop longtemps. Tandis que j'ajoutais trois vibrisses de chat à la préparation, je laissai mes pensées vagabonder vers la potion que je recherchais. Peut-être qu'en ajoutant des ailes de scarabées à la préparation, j'obtiendrai quelque chose. Ou alors, il me faudrait recourir aux limaces harassantes macérées, non, la potion serait trop instable et je serais certainement le premier cobaye. J'ajoutai à la Potion de Babillage une plume de perroquet, et je songeai soudain à quelque chose, peut-être une plume de chouette.

Je laissai la Potion de Babillage reposer et pris un autre chaudron, déjà plein d'une mixture verte vif. J'y ajoutai deux plumes de chouette, puis après une hésitation, deux ailes de scarabées réduites en poudre. La potion se colora aussitôt en rouge sombre, et devint aussi liquide que de l'eau. J'hésitai encore une fois, puis j'ajoutai deux feuilles d'armoise et je remuai trois fois dans le sens contraire aux aiguilles d'une montre et une fois dans le sens contraire. La potion devint alors violette, et j'estimai qu'elle était prête. J'en mis dans un bocal, coupai le feu sous le chaudron et lançai un sort de stase dessus.

Quelques sorts basiques m'assurèrent que je n'avais pas préparé un poison mortel, et la potion ne semblait pas dangereuse. J'en avalai une bonne lampée et je vis tout tourner autour de moi, mes pensées filaient à toute vitesse et je ne contrôlai plus rien. Je m'assis et attendis que les premiers effets se dissipent. Jusque là, rien d'anormal pour une potion de Méninges. Lorsque j'estimai que mes pensées étaient suffisamment claires, je me levai et me dirigeai vers la bibliothèque pour tester ma nouvelle potion. Je sentis alors une immense douleur traverser mon front, comme si l'on me fendait la tête avec une hache. Je basculai à terre, renversant mon chaudron en essayant de me retenir à la table, et sombrai dans l'inconscience.

En ouvrant les yeux je vis les voiles blancs des lits de l'infirmerie. Je me redressai doucement et constatai que je ne ressentais aucune séquelle. J'appelai alors doucement quelqu'un, et Athéna apparut aussitôt à côté de moi.

« Laurent ! Tu es réveillé ! Par Merlin, tu nous a fait une de ces frousses !

-Désolé, dis-je en souriant, faut vraiment que j'arrête de tester mes potions sur moi-même. J'ai raté le déjeuner ? J'ai une faim de loup !

-Laurent, dit-elle d'un air consterné, tu n'as pas fait que rater le déjeuner. Tu as dormi pendant trois jours entiers. Mademoiselle Delacour était folle, et Louis et moi nous nous inquiétions aussi. Même Monsieur Magnus était inquiet et il était même prêt à faire venir ta mère pour tout lui expliquer.

-Mais... Comment ça se fait ? Je n'ai fait qu'arranger une Potion de Méninges, ça n'a rien de bien sorcier, pourtant. Voyons voir, qu'est-ce qui a bien pu causer cet accident...

-Laurent, ce n'est pas pourquoi qui importe, ce qui compte c'est que tu ailles mieux. Tu es sûr qu'il n'y a pas d'effets secondaires ?

-Athéna, dis-je après quelques minutes de réflexion, je n'ai plus aucune idée de la recette que j'ai utilisé.

-Mais on s'en fout de la recette ! hurla la jeune sorcière, ce qui me surprit, elle n'était pas colérique d'ordinaire et surtout pas vulgaire. Ce que je veux dire, Laurent, reprit-elle plus calmement, c'est que t'as fait peur à tout le monde, alors que tu saches ce que tu as utilisé ou pas, ça nous passe un peu au dessus de la tête.

-Athéna, répondis-je l'air un peu inquiet, je n'ai jamais oublié une recette de potion. J'ai l'impression que ça s'est attaqué à mon cerveau, sûrement à la zone de la mémoire. Du coup, moi ça me fait un peu peur.

-On verra ça plus tard. En attendant, ça va, t'as pas trop de problèmes à bouger ?

-Non, ça va, je vais bien. Ne t'en fais pas, ça va bien, juste un petit trou de mémoire. M'enfin, je m'en tire à bon compte je pense, ça aurait pu être largement pire. Faut que je fasse plus attention avec les potions, surtout quand je les teste sur moi-même. »

Athéna s'autorisa un sourire, puis partit chercher le Guérisseur en charge de l'infirmerie qui me laissa rapidement sortir. Comme je m'étais réveillé un dimanche, je n'avais pas grand chose à faire, et je décidai de rejoindre ma chambre pour voir comment se portaient tous mes petits animaux pendant mon absence. Alors que j'allai pénétrer dans ma chambre, je sentis une vibration dans ma poche et en sortit un petit miroir de poche. C'était le cadeau que j'avais offert à Claire pour ses quinze ans, à la mi-juillet, deux miroirs que j'avais enchanté moi même pour qu'ils puissent communiquer. Ainsi, nous pouvions nous parler malgré le fait que les téléphones portables ne marchent pas à Beauxbâtons.

« Laurent, ça va ? Tu vas bien ? Tu es réveillé ?

-Salut Claire, dis-je avec un grand sourire, alors Athéna ou ma mère t'a prévenu pour mon petit malaise ?

-MAIS QU'EST CE QU'IL T'ES PASSE PAR LA TETE ! TU AS BRICOLE JE NE SAIS QUELLE POTION ET ENSUITE TU AS VOULU L'ESSAYER SUR TOI ? C'EST QUOI QUI VA PAS CHEZ TOI ? T'ES SUICIDAIRE OU QUOI ?!

-Mais, Claire, tentais-je d'argumenter, je fais ça souvent. C'est pas grand chose, d'ordinaire c'est des potions déjà connues que je teste. Bon là elle était un peu modifiée, mais j'avais vérifié qu'elle n'était pas dangereuse.

-Belle vérification, persifla-t-elle, trois dans le coaltar, ça va c'est pas dangereux ? C'est à partir de quand que tes sorts détectent quelque chose ? Une semaine de coma ?

-Bon ok, ça n'a pas été une grande réussite, mais bon même les meilleurs peuvent faire des erreurs, tu sais ?

-Ouais ben t'as intérêt à pas faire des erreurs trop graves tu m'entends ? Je te préviens que si jamais tu fais un truc grave genre t'empoisonner, tu vas le regretter.

-Tu ferais quoi, dis-je en ricanant, me tuer ?

-Ne me provoque pas Laurent Antoine Eliham, siffla-t-elle d'une voix glacée, ça fait trois jours que je me fais un sang d'encre pour toi, et je te préviens que je peux faire beaucoup de choses quand je suis énervée.

-D'accord, battis-je aussitôt en retraite, je suis désolé c'était stupide. Bon je te laisse, je dois m'occuper de mes animaux. »

Elle coupa la communication et je respirai un peu plus librement. Parfois ma meilleure amie me terrifiait. Je retournai donc vers mes différents animaux, mais il n'y avait pas grand chose à faire. Minerve, Apollon et Hadès chassaient seuls et j'eus juste à lancer un sort de récurage pour nettoyer leur volière commune. Je sortis ensuite un grand pot réfrigéré contenant le mélange d'insectes et de fruits que je donnais aux fourmis, en décongelai une bonne portion et la versai dans leur aire de chasse. Je les observais un instant détecter la nourriture, que j'avais un peu éparpillée, et la rapatrier au nid.

Enfin je pris un deuxième bocal et en sorti un rat. Un coup de baguette le décongela et l'amena à la température que je souhaitais, puis j'ouvris le terrarium de Cléopâtre et lui présentai la proie. Comme d'habitude, elle l'attrapa très vite et l'avala presque aussitôt. Je la regardai faire, puis je la pris de son terrarium pour l'examiner, parce que je savais qu'elle était en période de mue et je ne voulais pas courir de risques de ce côté là. Je la laissai vaquer sur mes épaules, et lui demandai pour m'amuser.

« Alors comment ça va aujourd'hui ?

-Très bien, merci de demander, répondit le serpent. »

Je faillis la lâcher de surprise. Je remis aussitôt le reptile dans son terrarium, et respirais plusieurs fois pour me calmer. Je devais encore être fatigué, j'avais cru que le serpent m'avait parlé.

« Bon, dis-je à voix haute, soit j'ai besoin d'une bonne nuit de sommeil, soit je deviens cinglé.

-Tu as dormi trois jours, je doute que ce soit la fatigue.

-Tu as raison. Et je ne pense pas être cinglé.

-Tu as l'air tout à fait sain d'esprit. Après je ne connais pas beaucoup d'humains.

-Attends... est-ce que je suis en train de parler à un serpent ?

-On dirait.

-Mais qu'est-ce que c'est cette histoire !

-Je ne sais pas. Quelle histoire ?

-Rien, c'est une expression. Je reviens, je pense que je devrais parler à quelqu'un. Quelqu'un de mon espèce.

-A plus tard. »

Je refermai la porte, sortit de la pièce et respirai un bon coup. Je venais de parler pendant quelques instants avec un serpent. Un serpent que je côtoyais depuis trois ans. Et qui ne m'avait jamais répondu avant, même quand je lui parlais. Soit la potion de Méninges modifiée avait plus attaqué mon cerveau que je ne le craignais. Soit elle avait eu des effets secondaires qui me permettaient de parler aux serpents. Je résolus alors de faire quelques recherches à la Bibliothèque du Palais, la plus fournie de l'Académie, pour voir si déjà il était possible de parler aux serpents.

« Hé salut Laurent, m'interrompit une voix de jeune femme, tu es réveillé ! Ça fait plaisir.

-Victoire, saluais-je avec un grand sourire. Et toi ça va ?

-Très bien. Qu'est-ce que tu fais ?

-Je vais faire des recherches à la bibliothèque. Est-ce que tu sais si certains sorciers peuvent parler aux serpents ?

-Bien sûr ! On appelle ça être fourchelang. Voldemort était un fourchelang, comme beaucoup de mages noirs, donc ça n'a pas une très bonne réputation, mais mon Oncle Harry en était un aussi. Enfin, il l'était à cause de Voldemort qui l'avait marqué.

-Harry Potter est ton oncle ? Le même Harry Potter qui a gagné le tournoi des Trois Sorciers en 94 et vaincu le plus puissant mage noir du XXe siècle ?

-Euh... oui. Je t'ai déjà expliqué que ma mère avait épousé Bill Weasley. Ben Harry a épousé Ginny Weasley, la petite sœur de Papa. Du coup, c'est mon oncle par alliance. Ah et mon petit-copain, Teddy, est son filleul, et quasiment son fils adoptif. Si tu veux, je peux te le présenter. Il pourra peut-être t'aider pour ces histoires de fourchelang.

-Oh, oui, j'aimerais beaucoup. Merci Victoire.

-Y'a pas de quoi. Et puis de toute façon j'allais lui rendre visite là. »

J'emboîtai le pas à l'anglaise qui se dirigea vers la Chimère de Poudlard. Nous passâmes par le passage de l'arrière-train, et elle me conduisit devant une petite porte argentée à laquelle elle frappa. Quelques secondes plus tard, une voix claire nous invita à entrer.

« Victoire, dit M Potter avec un grand sourire et dans la langue de Shakespeare, quel bon vent t'amène ! Tu veux prendre le thé avec moi ? Et qui est ton ami ?

-Salut Tonton, répondit-elle dans la même langue, c'est Laurent, un français que j'ai rencontré en arrivant. Il est sympa et avait des questions sur les fourchelangs, alors je me suis dit que tu pouvais l'aider.

-Eh bien, je vais voir ce que je peux faire. Alo's Lau'ent, reprit-il en français, quêlles sont tes quêstions ?

-Si vous voulez, dis-je poliment, on peut parler anglais. Je me débrouille pas trop mal dans la langue de Shakespeare. Et ça m'attriste de vous entendre ainsi écorcher celle de Molière, ajoutais-je in petto.

-Avec joie, je dois avouer que mon français n'est pas très bon. Pourquoi est-ce que tu te pose des questions sur les fourchelangs ?

-Eh bien voilà, dis-je lentement, je bosse depuis plusieurs semaines sur une potion, une Potion de Méninges modifiée qui était censé me permettre d'apprendre la langue des Sirènes plus rapidement. Finalement, elle m'a fait tomber dans les pommes et je suis resté à l'infirmerie pendant trois jours. Donc, je me réveille aujourd'hui, je rassure Athéna, une de mes amies, et je vais dans ma chambre. Et là, je m'aperçois que je comprend ce que me dit mon serpent !

-Tu as un serpent chez toi ? m'interrompit Victoire.

-Ben oui. C'est de plus en plus populaire chez les Moldus, et j'ai toujours aimé toutes les bestioles. Et mon python m'a parlé aujourd'hui, ce qui est assez perturbant vu que je l'ai depuis trois ans. Donc la question que je me pose, c'est est-ce qu'il est possible de devenir fourchelang.

-Très bien, répondit M Potter. Alors la réponse est oui, on peut devenir fourchelang, dans certains cas. Je le suis devenu lorsque Voldemort m'a « marqué comme son égal », et j'ai ensuite perdu cette faculté. Mais je ne savais pas qu'une potion pouvait provoquer cet effet.

-Je ne pense pas qu'elle existe. Et comme j'ai complètement oublié les modifications que j'ai faite, elle est sûrement perdue. Donc vous voulez dire que je sais parler aux serpents maintenant ?

-Oui, c'est exactement ça. Je comprends que ça puisse te faire peur, mais...

-Mais c'est génial ça ! Je me demande jusqu'à quel point ils peuvent tenir une conversation avec un être humain. Il faudra que je prenne des notes la prochaine fois que je parlerais avec Cléo.

-Cléo ?

-Cléopâtre, c'est comme ça que j'ai appelé mon morellia viridis. Au fait, dis-je en regardant le sorcier aux cheveux noirs, vous êtes Harry Potter ?

-Euh... oui, Victorie ne m'a pas présenté ?

-Si, si, dis-je en réfléchissant. Je me demandais juste... vous savez que vous êtes célèbre.

-Hélas, dit-il en soupirant, je suis obligé de me déguiser rien que pour aller sur le Chemin de Traverse.

-Nan, mais célèbre chez les Moldus, dis-je en riant.

-Comment ça ? Je n'ai plus eu de contact avec les Moldus depuis... mes dix-sept ans peut-être.

-Ben, vous êtes le héros d'une série de bouquins sur les sorciers. Enfin, moi je l'ai jamais lu, mais mon frère adore et il s'est mis en tête de me les offrir à chaque Noël. Pour l'instant ils trônent sur mon étagère, il faudra que je me force à les lire un de ces jours.

-Attends, des livres moldus ? Sur les sorciers ? Et moi en particulier ?

-C'est à peu près ça. Vous, Voldemort et tout ce qu'ils s'est passé pendant vos sept années à... Poudelard ? Comment vous dites en anglais ?

-Hogwarts. Voilà qui est très singulier. Est-ce que je pourrais t'emprunter ces livres ?

-Bien sûr ! Je n'en ai pas grand chose à faire. Si vous voulez je peux les donner à Victoire et elle vous les apportera, vu que j'ai pas le droit d'aller seul ici. Même accompagné, je ne sais pas si j'ai le droit. Merci pour le thé, à une prochaine fois Mr Potter. »

L'homme me salua et je repartis, encore une fois escortée par Victoire qui semblait estomaquée. Alors que nous marchions dans le Parc, je vis un sorcier de Koldovstoretz s'approcher vers nous à grands pas et me héler.

« Eh toi, dit-il en criant.

-Oui, répondis-je aimablement. Que veux-tu ?

-Je t'interdis de toucher à cette fille ! Elle est à moi, elle a besoin d'un homme fort pour la servir.

-Je... Premièrement, Monsieur, Victoire est juste une amie, que j'ai rencontré il y a quelques jours, alors je ne vois pas ce dont vous parlez. Et deuxièmement, je pense qu'elle est suffisamment grande pour savoir ce qu'elle veut et elle n'appartient à personne. C'est quoi cette mentalité ? On est plus au XIXe !

-Ah mais je vais pas me laisser raconter n'importe quoi par un morveux, répondit le russe. Je te défie en duel.

-Mais vous êtes fous ?! Les duels sont rigoureusement interdits ! J'ai pas envie de me faire renvoyer moi ! En plus je suis un alchimiste moi, pas un commandeur ! »

Sans répondre, il sortit sa baguette et me lança un maléfice informulé. Je me baissai vivement et il frappa Victoire à la place, l'envoyant s'écraser par terre les quatre fers en l'air. Je sortis aussi ma baguette, sans trop savoir quoi en faire et tentais de lancer un Experlliarmus, pour mettre fin au duel. Mon adversaire s'en débarrassa facilement, et contre-attaqua avec un Furunculus. Je sentis des boutons me pousser sur le visage et commençai à courir en zig-zag pour essayer d'éviter les mauvais sorts. C'est alors qu'une voix rauque lança un Stupéfix et je me retournai pour voir le Russe tomber par terre et y rester, statufié.

Le Professeur Magnus en personne se précipita vers nous et réveilla Victoire et le Russe. Puis il nous amena tous les trois à son bureau où Madame Petrova nous rejoignit, la directrice de Koldovstoretz. Elle semblait folle de rage et vu la mine du russe, il s'était mis dans de beaux draps. Le Professeur Magnus se tourna vers nous et nous regarda avec consternation.

« Jamais, dit-il d'une voix tremblante, jamais je n'ai vu des élèves se comporter de manière aussi abjecte. Monsieur Bakounine, qu'est-ce qui vous est passé par la tête. Attaquer un élève de deux ans votre cadet ? Dans une école qui a la bonté de vous accueillir ?

-Je... je suis désolé Professeur, Madame la Directrice. Je ne sais pas trop ce qu'il m'a pris. Je n'ai aucune excuse.

-Monsieur Magnus, intervint Victoire d'une voix penaude, je suis désolée, je pense que c'est ma faute. Je suis un peu vélane, et il se peut que mes charmes aient fait tourné la tête à M Bakounine. J'espère que ça ne se reproduira plus.

-Ah. Très bien Mademoiselle Weasley, dans ce cas cela excuse quelque peu la conduite de notre jeune invité, répondit le Directeur en appuyant le dernier mot. Cependant cela n'excuse pas tout et surtout pas d'ignorer les règles que Madame Petrova a fixé sur les duels à Beauxbâtons qui sont tout de même assez simples, interdiction absolue de se battre en duel avec des personnes qui ne font pas partie de l'Ecole Koldovstoretz. Et cela n'excuse pas non plus de continuer à attaquer un adversaire qui a de toute évidence capitulé.

-En conséquence de quoi, reprit Madame Petrova, je vous renvoie en Russie. Vous prendrez un Portoloin demain-matin.

-Ce sera tout, dit le Directeur. Vous pouvez partir jeunes gens. »

Une fois dehors et que je me fus assuré que le russe était parti je demandais à Victoire ce qu'était une Vélane.

« Oh, les Vélanes sont des créatures magiques. Elles ressemblent à des humains, des humains d'une incroyable beauté. On connaît surtout les femmes. Elles peuvent faire tourner la tête à n'importe qui du sexe opposé, voire du même sexe. Mon arrière-grand-mère est une Vélane, et j'ai reçu un peu de ses pouvoirs. Bon, beaucoup moins qu'elle, tout comme ma grand-mère et ma mère sont plus puissantes que moi. D'après ma grand-mère mes enfants ou mes petits-enfants n'auront presque aucun pouvoir des Vélanes et au final, nos descendants seront juste des humains. Des humains plutôt beaux, mais sans plus rien de magique.

-D'accord, je comprends. Et... tu as essayé tes charmes sur moi depuis qu'on se connaît ?

-Euh... non pas vraiment. En général j'essaye d'éviter de le faire, déjà parce que je suis en couple, et ensuite parce que c'est pas très sympa. Ce pauvre Bakounine devait juste y être particulièrement sensible. Bon, je te laisse à plus ! »

Et elle s'en fut, me laissant en plan. J'en profitai pour rejoindre Athéna et Louis qui discutaient dans le Salon.

« Salut les amis, dis-je en m'asseyant à côté d'eux.

-Laurent ! Tu nous a fait une peur bleue, me dit Louis. Je suis désolé de pas avoir été là à ton réveil, je m'entraînais avec Perséphone. Elle est rudement forte en duel.

-D'ailleurs elle est où Perséphone ?

-Oh, elle avait des recherches à faire à la bibliothèque. Et toi ça va ? T'as l'air tout patraque encore.

-Ca va, dis-je en souriant. C'est juste que ça a été une rude journée.

-Qu'est-ce que tu as fait encore se moqua Athéna. Je t'ai quitté y'a quoi ? Trois heures ?

-Eh bien en trois heures j'ai appris que ma potion m'avait permis d'apprendre le fourchelang, j'ai rencontré Harry Potter, puis je me suis fait défié en duel par un des élèves de Koldovstoretz, j'ai été convoqué dans le bureau du Directeur pour la première fois de ma scolarité et l'élève en question a été renvoyé et enfin j'ai appris que Victoire Weasley était la nièce de Harry Potter et avait un huitième de sang de vélane dans les veines et que c'est pour ça qu'elle est si belle et que l'élève russe m'a défié en duel. Plutôt rude comme journée, répétais-je.

-Bah dis donc, dit Athéna en souriant, suffit qu'on te laisse seul cinq minutes et il t'arrive des tas d'aventures. Je vais faire plus attention à l'avenir, j'ai pas envie que tu fasse sauter l'école, ou pire que tu te fasse mal. »

Nous éclatâmes tous les trois de rire. Je me sentais alors plus que bien, avec mes deux meilleurs amis sorciers, dans ma seconde maison. Il ne manquait que Claire pour que mon bonheur soit complet. Mais je savourai tout de même cette joie d'avoir quinze ans et d'étudier dans une des meilleures écoles de sorcellerie du monde.

Alors? Vous en pensez quoi? Harry¨Potter? Le duel? Les Champions? Bref dites moi tout ça en review ;)